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interviewSénat (sur YouTube)· 3 juin 2026 92 min

Universités : audition de Campus France

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Madame la rapporteur, chers collègues, nous avons le plaisir de recevoir cet après-midi madame Donne Nissar. Vous êtes directrice générale de de comp France et merci d'être venu jusqu'à jusqu'à nous. Je vais vous rappeler quelques points mais que vous connaissez déjà sur notre commission d'enquête.

Elle a été constituée à l'initiative du groupe les républicains qui en a donné le rapport à madame Laurence Garnier et notre travail c'est d'essayer d'identifier les leviers je cite permettant d'améliorer la qualité du service public de l'enseignement supérieur dont l'université constitue le socle. votre l'établissement public que vous dirigez est placé sous la tutelle conjointe du ministère des affaires étrangères et du ministère chargé de l'enseignement supérieur. [rires] vous nous direz ce que vous pensez de cette cotutelle et la façon dont elle elle fonctionne.

Et votre votre mission est au cœur des enjeux du rayonnement international des universités françaises mais aussi de la pensée française, ce qui n'est pas une petite chose. De plus, votre expérience de de diplomate vous avez œuvré en Chine dans le domaine de la coopération scientifique rend pour nous votre expérience et votre expertise particulièrement précieuse. Nos sujets d'intérêt peuvent être résumés en quelques interrogations.

C'est force et faiblesse du modèle universitaire français. Et comme vous connaissez un peu le système chinois, vous vous nous direz euh ce qui ce qui les oppose et puis vous pourrez glisser quelques remarques sur le classement de Shanghaiï qui nous a intéressé aussi dans le cadre cette commission. Quel pourrai être les marqueurs de l'excellence académique des universités ? on retrouve la question du du du classement et comment on pourrait renforcer le rayonnement international de de nos universités.

Ce que je vous propose, c'est de vous laisser la parole pour une dizaine de minutes et et pour un un proposiminaire et ensuite je passerai la parole à un autre rapporteur qui vous questionnera et je vous demanderai de faire des réponses concises, ce qui permettra d'enchaîner de façon dynamique les questions et les réponses. Je suis obligé de vous rappeler les formats d'usage d'une commission d'enquête et de vous rappeler qu'un faux témoignage devant cette commission est passile des peine prévu aux articles 434 134-14 et 434-15 du code pénal. Et je vous invite madame la directrice générale à dire toute la vérité, rien que la vérité en levant la main droite et en disant je le jure j'ai pris acte de votre serment.

Je souhaite par ailleurs que vous nous fassiez part de vos éventuels liens d'intérêt en relation avec l'objet de notre commission d'enquête. Je suppose que vous n'en avez pas. Merci.

Et je vous rappelle enfin que cette audition est diffusée en direct sur le site internet du Sénat. Madame la directrice générale, je vous laisse la parole pour 10 minutes. Madame le rapporteur, mesdames et messieurs les sénateurs, merci de cette invitation qui me donne l'honneur donc de m'exprimer devant vous. [soupir] Euh simplement redire que évidemment je m'exprime d'un point de vue peut-être un peu particulier qui est celui de Campus France qui ne sera pas le même sur ce sujet de l'excellence académique que bien sûr celui des établissements, celui du HCS, mais l'excellence vue peut-être du système français vu par le prisme des mobilités étudiantes et scientifiques internationales qui de notre point de vue constitue un révélateur juste justement extrêmement concret de la compétitivité aussi scientifique et académique d'un pays.

Je ne reviens pas effectivement sur ce qu'est Campus France, vous l'avez dit, un établissement public sous double tutelle dont les missions principal sont la promotion de l'enseignement de l'offre de l'enseignement supérieur français à l'étranger, de favoriser l'accueil des étudiants et des chercheurs étrangers en France, notamment par un important dialogue avec l'ensemble des administrations qui font la chaîne de l'accueil et puis évidemment les établissements et puis la gestion de programmes de bourse principalement pour le compte des ambassades de France et du ministère de l'Europe et des affaires étrangères, mais d'autres d'autres bailleurs également et l'animation du réseau des alumnies. Peut-être un pas un petit peu un zoom un petit peu arrière avant de d'en venir à vos à vos questions sur ce qui fait les forces et les faiblesses du système français. La première chose, c'est de dire que pourquoi effectivement ce sujet de l'internationalisation de l'enseignement supérieur français est un de enfin en général pardon est un est un est un marqueur communément en tout cas admis, observé et en tout cas un levier d'excellence au sein d'un d'un système d'enseignement supérieur.

Nous avons aujourd'hui des étudiants internationaux en mobilité qui représentent une portion extrêmement infime de cette population étudiante mondiale, 2,7 % d'entre eux qui arbitre de fait entre les grands systèmes universitaires mondiaux. Il compare bien entendu en tout premier lieu la qualité des formations, la qualité des capacités de recherche mais aussi euh les débouchés professionnels, le coût des études, la qualité de vie, mais aussi la fluidité administrative et les conditions d'accueil et de séjour. bien sûr de ça n'est pas un fait nouveau que la recherche soit par nature un un objet éminemment international.

Cela fait des siècles, mais en ce qui concerne l'enseignement et la formation, les dernières années ont vu une accélération de d'une forme de mondialisation et un accès à l'éducation internationale qui s'est considérablement massifiée, même si je le disais, il concerne encore une proportion extrêmement faible de la population euh étudiante mondiale. Ce qu'il faut bien comprendre pour comprendre aussi le contexte dans lequel cette excellence et l'attractivité de l'enseignement supérieur français doit être observée, c'est le fait que la croissance de la population étudiante en mobilité qui a été de 27 % entre 2019 et 2023 est plus que proportionnel à la croissance de la population étudiante mondiale qui n'a cru que de 17 % pendant la même période. Et donc premier constat de force heureusement, c'est celui que la France demeure, une grande puissance académique qui se situe parmi les 10 premiers pays d'accueil dans le monde. [grognement] avec 443500 étudiants étrangers inscrits dans notre système d'enseignement supérieur l'année dernière, ce qui représente à peu près 15 % de notre population étudiante dont environ 2 tiers d'étudiants qui sont en mobilité diplomante.

Nous nous situons à la 8e place mondiale. Pour l'accueil de doctorant, notre pays est même le 4e pays au plan mondial. [grognement] Nous occupons également une place centrale, je dirais euh à la fois au plan des mobilités, mais plus généralement de la construction de l'espace européen, de l'enseignement supérieur et de la recherche.

Donc, une place centrale dans cet espace européen. premier bénéficiaire du des mobilités du programme Erasmus 4e pays de réception de ces mobilités 2è pays participant en nombre d'établissements aux alliances européennes d'université et le premier dans les master Erasmus Moundus. Mais le constat que je veux former devant vous, c'est celui aussi que malgré cette position qui est encore favorable, nous avons affaire aujourd'hui à une compétition mondiale qui s'est considérablement intensifiée.

Donc je l'ai dit, nous avons une forme de de mondialisation, de massification de de la demande d'éducation à l'international et une croissance française de ces de ces mobilités internationales étudiantes euh donc dirigé vers la France qui est certes continue mais reste inférieur à la dynamique mondiale. donc 20 % sur la même période de de 2018 à 2023 dont je vous parlais et surtout quand nous nous comparons à euh de grands compétiteurs qui aujourd'hui ne sont plus seulement uniquement les grands pays d'accueil classiques qui sont évidemment les grands pays développés de l'OCDE, mais aussi un certain nombre de pays émergents notamment et maintenant même plus seulement de grands émergents, mais de petits émergents. Euh, nous voyons que euh avec 20 % de croissance, nous sommes loin du compte par rapport à nos à nos compétiteurs.

Je vous cite quelques chiffres sur la même période. 73 % de plus pour les mobilités étudiantes dirigées vers le Canada, 66 % pour le Royaume-Uni, 44 % pour l'Espagne, 36 % pour l'Allemagne et surtout 141 % de plus d'étudiants qui se dirigent vers la Turquie ou bien sûr, et ça c'est moins nouveau, la Russie et la Chine qui continuent d'occuper des positions extrêmement fortes, 6e et 10e pays d'accueil avec bien entendu euh des conséquences aussi en terme voilà d'influence politique que vous pouvez imaginer. Et donc notre attractivité n'a cessé de progresser ces 30 dernières années, mais elle progresse moins vite que nos concurrents.

Et non seulement la compétition évidemment porte toujours sur le prestige académique, l'influence culturelle, politique, mais elle est devenue encore intensifiée dans le domaine de la compétitivité économique puisque l'ensemble des pays développés traverse aujourd'hui un contexte démographique favorable qui les place dans une situation de concurrence encore intensifiée pour l'attraction de talents qui font défaut sur notre sur notre marché. Voilà, de la main d'œuvre qualifié. Parmi donc si on liste un peu maintenant de façon plus systématique les grandes forces du système français.

D'abord l'excellence effectivement et la qualité en tout cas de ses formations et de sa recherche qui reste de toutes les façons toujours le premier critère de choix des étudiants et des scientifiques internationaux en mobilité. De fait euh nos établissements ont progressé dans les classements internationaux qui qu'on le veuille ou non et malgré des limites euh réelles, et j'y reviendrai peut-être tout à l'heure sur le sur le classement de Shangï euh reste un marqueur communément admis de l'excellence académique et en tout cas un point de repère essentiel pour les étudiants, pour les chercheurs internationaux comme pour les établissements eux-mêmes dans la recherche de partenaires étrangers. Cinq de nos établissements sont aujourd'hui dans le top 100 des trois de trois classements majeur QS, Shangai et le classement du Times Fire Education, mais nous disposons de plutôt moins d'établissements que dans les rangs inférieurs de classement que certains autres de nos grands concurrents.

Parmi les autres forces qu'on peut citer, évidemment le fait que notre système est intégralement irrigué par la recherche euh avec euh une donc il est adossé à une recherche publique de haut niveau avec des enseignants chercheurs, des liens étroits évidemment avec les laboratoires. fait et c'est plutôt un fait un peu plus nouveau de ces dernières années d'une bonne articulation qui est en tout cas perçue par notre partenaire étranger entre l'enseignement et le monde du travail, donc au travers du développement des stages, de l'employabilité, de l'apprentissage pardon, des formations professionnalisantes et donc il y a une perception favorable plutôt de l'employabilité des diplômés de l'enseignement supérieur français. un système d'innovation, un écosystème pardon d'innovation reconnu avec la Frenchtech et puis euh un coût euh des études relativement accessibles à l'échelle internationale du fait d'un financement public très conséquent de l'enseignement supérieur.

On voit que tout ceci nous permet d'attirer plutôt des étudiants qui sont assez avancés dans leur cursus. Il y a une, on va dire une en tout cas une préférence des facto du système français à l'accueil de masterant doctorant. 51 % des étudiants étrangers en France qui sont inscrits au niveau master, 9 % au niveau doctoral.

C'est un positionnement relativement sélectif, donc comparable à celui de l'Allemagne ou de la Grande-Bretagne et qui nous distingue de d'autres de nos concurrents comme les grands pays, certains grands pays glanc-axon comme l'Australie et le Canada qui privilégient le niveau bachelor dans une logique beaucoup plus quantitative que la nôtre. À l'université, toutefois, on voit une situation inversée. La majorité des étudiants internationaux sont étrangers, pardon, sont inscrits en licence à 53 % et à 40 % en master et 7 % en doctorat, mais avec des proportions croissantes à l'intérieur de chaque euh niveau en proportion d'étudiants.

Les étudiants internationaux sont surtout, comme partout dans le monde, présents en France dans les disciplines scientifiques et technologiques. 33 % d'entre eux à l'université sont inscrits en Steam, 10 % en santé médecine et on peut enfin si on compare un peu les périodes de le CDO, on voit que nous avons une vraie on a deux points de force effectivement en tout cas il y a une préférence marquée dans les étudiants qui se dirigent vers la France entre d'un côté l'estime pour une trentaine de % comme je le disais et puis un ensemble droit économie gestion gestion pour une un peu moins d'une trentaine de pourc. Et s'agissant du doctorat, je l'ai déjà dit, euh nous av nous sommes le 4e pays d'accueil avec 25400 doctorants étrangers, soit 37 % de l'ensemble des doctorants, ce qui prouve la contribution essentielle à la vie des laboratoires de ces de ces jeunes scientifiques.

Je j'en viens peut-être en passant sur des choses plus récentes à peut-être au aux faiblesses que nous pouvons constater ou en tout cas des fragilités. La première fragilité peut-être, c'est celle de la d'une certaine forme de complexité de notre système qui peut apparaître vu de l'étranger euh comme fragmenté, multiple, divers, difficilement lisible, plus de 3500 établissements d'enseignement supérieur en France. C'est vraiment une singularité française quand je regarde aussi à l'échelle européenne et une multiplicité de statut et de de procédures voilà de voilà différent de nombreuses réformes aussi qui ont eu lieu ces dernières années où parfois nos partenaires se perdent un petit peu.

Deuxième facteur de fragilité, une complexité une certaine complexité persistante des démarches administratives à l'heure où ben cette expérience administrative devient aussi quasiment importante pour des étudiants qui ont le choix entre différents systèmes d'enseignement supérieur de valeur que la réputation académique avec des vraies difficultés encore de délais de visa de délais de des grands études de séjour d'accès au logement ou au services bancaires. un calendrier, [raclement de gorge] ça a été relevé par la Cour des comptes dans son récent rapport de sélection qui est plus tardif que celui de nos concurrents et qui du coup nous fait perdre en ligne souvent un certain nombre d'étudiants plus justement souvent dans la dans la catégorie de l'excellence qui ont le choix d'aller vers d'autres systèmes en cours de route parce que ils reçoivent des réponses d'autres systèmes d'enseignement supérieur plus rapidement Et c'est particulièrement euh en particulier enfin le cas euh à notre regret euh peut-être des élèves qui sortent de des Bacheliers qui sortent de l'enseignement en français à l'étranger et qui euh doivent passer par parcours sup et qui donc ont des réponses seulement en juin quand une démarche d'expatriation devient très difficile à organiser en moins d'un mois. Euh et donc euh également et c'était l'un des objets de la de la stratégie gouvernementale dans sa première phase, donc bienvenue en France euh la politique d'attractivité de de un une nécessité d'améliorer encore nos conditions d'accueil dans les établissements d'enseignement supérieur.

Les progrès réels ont été accomplis grâce aussi en partie au label bienvenu en France que le le Campus France que le ministère de l'Europe de l'enseignement supérieur nous a confié et qui vérifie la qualité de l'accueil des internationaux et qui a permis de fait une professionnalisation progressive des services d'accueil dans les établissements. Les moyens demeurent aujourd'hui inégaux entre les établissements et les territoires dans un contexte, on le sait aussi, où les tensions budgétaires sont fortes dans les établissements publics. Le logement, j'en ai déjà parlé et puis malgré les progrès accomplis là aussi sur les formations en anglais, un certain nombre de un déséquilibre dans leur dans leur répartition.

Euh parmi les 1700 et quelques formations dispensées en anglais aujourd'hui dans les dans les établissements d'enseignement supérieur euh 80 % sont euh concentrés euh au niveau master euh et nous sommes encore en de ça pour l'instant euh voilà de l'offre d'autres d'autres concurrents. Et enfin, je veux insister sur notre capacité d'investissement aussi dans certains des outils qui permettent de d'attirer l'excellence à commencer par un outil cher au cœur de Campus France qui est celui des bourses mais on pourrait parler aussi des chers de professeurs. Tous nos grands pays concurrents disposent de politiques de bourse ambitieuses.

Pour vous donner une une idée, l'Allemagne au travers de notre homologue dispense 67000 bourses par an, le Royaume-Uni environ 29000 et du côté français, nous disposons d'à peu près un petit peu moins de 11000 bourses du gouvernement français et je ne parle pas non plus du rôle clé joué par les bourses dans l'ascension du modèle chinois, dans l'ascension du modèle turc et Notre durée en plus moyenne des bourses du gouvernement français compte tenu voilà de la baisse des enveloppe voté par le parlement ces dernières années a eu tendance à se raccourcir ce qui fragilise notre attractivité face à des pays qui proposent un financement complet et pour toute la durée des études. Donc, j'en viens peut-être maintenant à vos questions plus spécifiques sur les différences entre le modèle chinois et le modèle français. Je dirais principalement que le modèle chinois euh c'est un modèle en fait c'est un modèle de concours.

C'est c'est surtout ça qu'il faut qu'il faut bien comprendre. Euh et euh l'effet euh de ce concours d'entrée à l'université à l'échelle d'un pays euh comme la Chine euh a longtemps fait effectivement que euh un certain nombre de d'étudiants euh avaient euh un intérêt euh objectif euh à poursuivre des études à l'international qui pouvaient leur permettre de cranter un diplôme, on va dire de de meilleur rang que leur ce que leur père permettait de faire leur leur point de sortie au gao aujourd'hui, on voit surtout et c'est le fait le plus majeur de ces dernières années, une évolution, une mutation de la demande chinoise et la période de la la période de post-covid a a été finalement le moment d'un grand croisement, on va dire, entre l'Inde et la Chine dans les dans les courbes en terme terme de nombre d'étudiants internationaux en mobilité, jusqu'ici la Chine avait toujours été le premier pays d'envoi, l'Inde des passés devant. Et on voit bien que ceci est lié aussi à une mutation de la demande chinoise qui elle-même est liée à la mutation du système chinois. et la et la et ça et et simplement sa monté en qualité euh énorme.

Aujourd'hui, vous avez des univers au départ si le classement de Shangaiï avait pu être perçu par les établissements français, par les autorités françaises comme un une sorte de machine de guerre contre voilà justement des modèles occidentaux, des en tout cas des des dominations d'un de des systèmes académiques occidentaux jusque-là. On peut on peut dire que aujourd'hui euh voilà la la réputation des établissements chinois, elle n'est pas usurpée. Il y a des très grands établissements chinois euh qui vendent des masters euh quasiment aussi chers que des masters euh britanniques.

Donc il faut être bien conscient que aujourd'hui il y a une attractivité en fait qui qui est réelle aussi du système du système chinois à l'égard de certains de certains pays. Nous avons à y chercher évidemment aujourd'hui compte tenu des de de la progression des capacités de recherche chinois et bien des intérêts qui ne sont plus seulement celui de comprendre la Chine et d'apprendre la langue mais véritablement d'acquérir un certain nombre de savoir-faire. Donc euh voilà ce classement de Shangï euh ce qu'on peut aussi simplement ce que ce que je vous propose madame la directrice c'est de laisser la la place à notre à notre rapporteur.

Alors nous on a une contrainte horaire sévère c'est que à 16h nous devons auditionner le candidat choisi par le président de la République pour la pour pour la présidence et la direction générale du CNRS. Donc à 16 on est parti. [rires] Voilà.

Donc je vais laisser la parole, je ne voudrais pas faire s'écrouler le système. Donc je vais laisser la parole à notre rapporteur et puis euh en vous demandant d'être très concise sur euh sur les réponses, ceci dit, vous pourrez revenir sur le modèle chinois parce que ce que ce que n ce que vous nous avez dit était vraiment très intéressant et on nous l'a confirmé. Hm hm.

On l'a confirmé euh par rapport notamment aux étudiants chinois qui arrivent aujourd'hui en France et qui ont plus tout à fait le même niveau que ce qu'ils avaient par le papier, qui n'ont plus tout à fait le même niveau et qui n'ont pas non plus euh simplement les mêmes attentes. C'est-à-dire que ce que je voulais dire par la mutation de la demande, c'est que comme les les Chinois ont en proximité d'excellents établissements, ils ne sortent plus nécessairement de chez eux, ils n'y sont plus nécessairement incités et par ailleurs, le gouvernement a mis le focus ces derniers temps sur la formation professionnelle. Tout à fait.

Madame la rapporteur, la parole. Merci monsieur le président. Merci madame la directrice pour vos propos.

Je me joins au propos du président pour vous demander des réponses extrêmement concises. On a beaucoup de questions à vous poser. On a une contrainte horaire forte comme l'a rappelé le président.

Donc merci de vous prêter au jeu des questions-réponses. Vous pourrez de toute façon détailler vos réponses dans le questionnaire écrit qui vous a été transmis en amont de cette audition. Euh vous avez évoqué dans votre propoliminaire un certain nombre de chiffres, notamment le fait que la France accueille aujourd'hui 440000 étudiants internationaux.

C'est un nombre qui a doublé entre 2000 et 2019 euh et qui a augmenté. J'avais 17 %, vous avez dit 23 % au cours des 5 dernières années. 17 % vous avez raison. 17 % d'accord. 17 %.

Très bien. Tout dépend du périmètre qu'on prend. 20 % pour les mobilités diplômantes, 17 % pour l'ensemble des mobilités.

D'accord. Très bien. Donc 17 % le chiffre est bon.

Merci. Que vous avez mis au regard d'un certain nombre d'autres pays sur les 5 dernières années he pas sur les 20 qui les ont précédés où nous on a constaté en France un doublement de l'accueil de ses effectifs et dans le même temps, la France n'a cessé de reculer dans les classements d'attractivité pour les étudiants internationaux. On était le 2e pays en 1980, le 4e en 2017, le 7e en 2022, le 8e aujourd'hui.

Donc on a l'impression que plus on accueille, moins on est attractif. Comment est-ce que vous expliquez ce paradoxe apparent et comment y remédier ? Euh d'abord, je pense que euh il faut, si vous voulez, euh relativiser ces ces grandes comparaisons internationales. tout simplement nous comparons euh en fait des chiffres en valeur absolue dans des pays de taille excessivement différente euh avec aussi, c'est vrai, des des traditions d'accueil différentes qui font que bien entendu dans l'évolution actuelle, je dirais de ce marché dont je vous que je vous décrivais, ceux qui étaient ceux qui partent de position élevée évidemment éidemment ont tendance naturellement à se faire prendre des parts de marché par d'autres et c'est le phénomène qu'on voit aussi notamment avec les États-Unis qui certes restent le premier pays d'accueil mais connaissent une baisse des mobilités étudiantes internationales et scientifiques dirigé vers eux dès avant l'arrivée de l'administration Trump.

Donc euh je ne dirais pas que nous sommes moins enfin enfin je je répète ce que j'ai dit, c'est-à-dire que l'attractivité a progressé en France euh et euh et on le on voit bien que ces ces étudiants cherchent la qualité de nos établissements. Mais effectivement, vous avez raison, le problème c'est l'attractivité relative et c'est bien exactement tout le sujet de mon propos et le sur l'insistance que je mets sur le fait ou en tout cas le risque d'une forme de décrochage entre la France et ses comparateurs les plus proches que sont notamment l'Allemagne ou que sont le Royaume-Uni. Et euh on voit bien que euh l'Allemagne qui a un système globalement euh qui est organisé de façon comparable avec une majorité publique, avec euh peut-être les mêmes handicaps en terme linguistique et cetera, tire son épingle du jeu de façon extrêmement impressionnante et est devenu le le 4e pays euh voilà d'accueil.

Donc euh je je je pense que donc là c'est pas un effet volume entre guillemets par rapport à la Chine ou à des géants euh des démographique. Non, il y a des il y a il y a aussi des facteurs qualitatifs. J'en suis je suis absolument d'accord avec ça et c'est pour ça que je vous listais un certain nombre de ces fragilités de notre de notre système.

Et je pense que la principale peut-être difficulté aussi qui a été relevé aussi par la Cour des comptes dans son récent rapport, c'est finalement un message en terme de cohérence des politiques publiques qui est peut-être moins fort du côté de la France que de certains de ses concurrents. justement sur notre notre souhait d'accueillir ces étudiants internationaux et pourquoi faire. Parfait.

Merci. C'est la transition toute trouvée avec la Cour des comptes que vous avez évoqué. La Cour des comptes qui évoque dans son rapport de février dernier le risque de maintien de formation à faible perspective d'insertion professionnelle ne parvenant plus à recruter d'étudiants que par la voix des candidatures d'étudiants internationaux.

Quelles sont les formations concernées par ce qu'évoque la Cour des comptes selon vous ? Mais la Cour des comptes a dans mon souvenir surtout recommandé que le la forte proportion des de de d'étudiants internationaux puisse agir comme un signal en quelque sorte pour regarder effectivement et évaluer les formations en question. Ce sur quoi nous nous attirons l'attention et c'est notre expérience, c'est que il y a des des formations avec de très fortes proportions d'étudiants internationaux qui sont des formations d'excellence.

Au contraire, ça n'est pas le un signal euh univoque et c'est bien euh l'importance qu'il y a justement à ce que le HCS puisse évaluer très précisément effectivement quelles sont les formations concernées. Et il est tout à fait naturel lorsqu'un établissement voilà met sur pied un master en commerce international dispensé en langue anglaise que effectivement une proportion plus importante d'étudiants internationaux s'y retrouve et la donnée manquante et c'est là par contre où peut-être votre commission aussi pourra faire l'indifférence que nous que nous n'avons pas aujourd'hui c'est que nous ne disposons pas de de données désagrégé dans un CERSUP par exemple par nationalité donc en tout cas par qui différencierait étudiants nationaux et étudiants internationaux. Si nous pouvions disposer aussi euh de telles données, euh cela faciliterait euh à la fois l'orientation des étudiants internationaux et peut-être le repérage de tes euh formations euh qui euh feraiit euh du remplissage.

Euh donc là, ce que vous nous dites, c'est que ce qu'évoque la Cour des comptes sur ces formations, donc là je parle pas de formation d'excellence, je parle de formation à faible perspective d'insertion professionnelle. Vous vous ne savez pas les identifier. Vous ne savez pas nous dire lesquels je pense sont concernés.

Je pense que ça n'est que les mieux à même de les identifier euh c'est le ministère de l'enseignement supérieur, les établissements et le HCERS. Je pense que il faut aussi savoir et comprendre qu'est-ce qu'on appelle une formation à faible perspective d'insertion. Je vous donne un exemple très simple. un étudiant qui vient faire euh un cours de français langue étrangère, il n'a pas vocation nécessairement euh à faire euh carrière en France comme professeur euh de français. il a même plutôt vocation à retourner chez lui éventuellement euh faire profession de professeur de français chez lui.

Et donc euh voilà, vous allez avoir des formations qui vont comporter un certain nombre d'étudiants internationaux en face de de prop en proportion importante. Ah oui. Alors le le français, langue étrangère est une est un exemple parmi d'autres.

Mais effectivement qui l'université française n'a pas forcément non plus vocation à dispenser des cours de français. On est à l'université, c'est pas la même chose que des cours de langue qui peuvent par ailleurs être tout à fait nécessaires pour ces étudiantsl. On va en parler après.

Et en influence, euh nous avons intérêt pour si nous voulons préserver l'influence de notre langue euh à former des professeurs de français euh aux méthodes les plus euh euh les plus modernes et les plus et les plus performantes en pédagogie. On va en reparler. Merci madame.

Euh donc vous nous avez dit, vous avez répondu à ma question. Merci pour les chiffres que vous nous avez donné sur la répartition des étudiants internationaux entre euh les différents niveaux, licen master, doctorat qui sont sensiblement différents à l'université par rapport aux à l'accueil de l'ensemble des étudiants internationaux. He vous nous avez redonné les chiffres.

Euh est-ce qu'il y a dans les travaux que vous menez une forme de régulation de l'admission des étudiants internationaux en fonction des filières prioritaires ? par exemple des filières en tension ou pas. Alors, je pense que d'abord il convient de rappeler avant toute chose que ce sont les établissements avant tout qui sont responsables et souverains en matière d'admission.

Et donc la régulation euh elle se elle s'exerce d'abord et avant tout à leur à leur niveau par les choix d'admission qu'ils font. Euh voilà sur les candidatures qui leur sont euh qui leur sont soumises. Je comprends bien, mais comme dans le même temps, la Cour des comptes nous dit qu'il y a des risques de maintien de certaines filières justement uniquement par ces étudiants internationaux, vous comprenez que ça interroge ?

Je comprends que ça interroge. Euh je comprends que euh de toutes les façons, si vous voulez, euh nous sommes dans une situation où la population étudiante française va baisser à partir de 2028. Donc, il va y avoir une contraction de cette population étudiante.

Effectivement, pourra malheureusement [raclement de gorge] se poser la question de savoir si des situations telles que celles qu'on constate dans certains de nos pays voisins, je pense par exemple au Portugal, je pense par exemple à certaines universités espagnoles où la baisse démographique a fait que voilà, on a peut-être rempli parfois les universités encore avec effectivement des étudiants internationaux. Donc c'est un risque, c'est un risque réel qui est lié aussi euh à la situation démographique euh générale. Euh c'est un c'est un risque à réguler encore une fois euh par le système euh et par euh et par les les établissements en tout premier lieu. pour répondre à votre question par rapport à ce que peut faire Campus France qui encore une fois pour être aussi extrêmement clair n'intervient pas dans les décisions d'admission et n'est pas non plus en charge même des des procédures relatives à l'administration des candidatures.

Donc il faut il faut il faut le rappeler. Nous sommes dans un système aujourd'hui où simplement l'admission académique relève en premier lieu des établissements. Les pouvoirs publics de leur côté, eux effectivement définissent des orientations stratégiques qui peuvent influer et influencer les politiques d'attractivité et de promotion voilà de l'enseignement du système d'enseignement supérieur français à l'étranger.

C'était bien l'objet de la stratégie bienvenue en France. C'est bien l'objet de la nouvelle stratégie Choose France for Higher Education. Donc les ambassades de France, les établissements sont incités euh à promouvoir prioritairement euh certains niveaux et en particulier effectivement les niveaux master, doctorat et certains secteurs considérés comme stratégique pour la compétitivité de notre pays et en particulier les secteurs scientifiques, technologiques, le numé enfin tous les secteurs France 2030.

Euh mais euh c'est une logique qui est une logique d'orientation et d'incitation. Ce n'est pas une logique de régulation. Il n'y a pas euh de quota euh qui serait euh défini par avance, ni par nationalité euh ni par euh discipline.

Ce qui d'ailleurs euh à mon avis est une bonne chose parce que une logique de quota, c'est à mon sens une logique antinomique avec une logique d'excellence. Et aujourd'hui euh on peut se féliciter de ce que euh la logique euh de sélection de l'enseignement supérieur français, c'est une logique de d'excellence et pas une logique de contingentement géographique ou sectoriel. Merci madame la directrice.

Donc si je résume, euh Campus France n'agit pas sur les définitions des politiques publiques en amont pour accueillir des étudiants internationaux. Vous n'agissez pas non plus sur leur sélection qui est à la main des universités et des établissements. Vous n'agissez pas évidemment sur leur entrée en France les visas qui relèvent du ministère des affaires étrangères.

Je résume ce que vous nous avez dit hein. Je vais je vais vous préciser mon propos. D'accord.

Est-ce que vous agissez sur comment vous agissez en fait sur l'admission de ces étudiants ? À quel moment est-ce que vous vous agissez précisément sur l'admission de ces étudiants ? Alors bon, d'abord en tant qu'opérateur, ça n'est pas évidemment nous qui définissons la stratégie d'attractivité.

En revanche, nous avons à la mettre en œuvre et la partie de la mise en œuvre que nous faisons, c'est notamment euh celle qui concerne la communication de cette offre de formation française auprès des auprès des étudiants internationaux euh et aussi le travail de qu'on qu'on dit de promotion si vous voulez de d'organisation du travail de de marketing de de des établissements d'enseignement supérieur de salon professionnel, de salon étudiant et en revanche effectivement je vous précise bien que contrairement contrairement à ce que leur nom a l'air de de dire les espaces campus France qui sont des services des ambassades de France qui sont impliqués euh dans euh une forme de filtrage des candidatures en amont du choix euh ou en aval du choix des établissements, du choix d'admission des établissements ne sont pas des services dépendants de campus France. Nous les formons mais ce ne sont pas nos personnels. Oui.

Donc on est d'accord, on dit la même chose madame la directrice, je le crois effectivement. D'accord. D'accord.

Très bien. Bon, c'est parfait. [rires] Je me permets d'avancer, hein, excusez-moi, on est obligé d'avancer un peu à Marche forcée.

Euh je regarder cet article du monde du début d'année qui explique que le motif étudiant est depuis 2022 la première voie d'entrée régulière en France avec un certain nombre d'augmentations, une dynamique importante. Euh les chiffres parlent de même. L'Italie + 43 %, l'Espagne + 44 %.

Ça rejoint les propos que vous avez eu tout à l'heure sur Erasmus. En revanche, la Chine - 5 %. Là aussi ça interroge.

Euh et aussi beaucoup de d'étudiants en provenance de pays pauvres, plus 34 % en provenance d'Afrique sub-saharienne, + 50 % au Congo, + 106 % au Bénin. Euh est-ce qu'on est toujours dans une logique d'excellence ou est-ce qu'on est parfois voir de plus en plus ? et on vous demande de répondre librement à cette question puisqu'on a bien compris que vous étiez un maillon de la chaîne, un outil au service de la diplomatie française.

Ce que certains d'ailleurs assument pleinement qu' faire le dernier opuscule de France Université qu'il le porte de manière très assumée. Euh alors euh [grognement] est-ce qu'on est toujours dans une logique d'excellence euh dans la dans le travail de de filtrage, de sélection euh que font euh l'ensemble des acteurs qui interviennent dans la sélection, à savoir les établissements et puis euh les différents services des ambassades de France, Espace Campus France, services culturel, consulat qui interviennent. Oui, je peux vous garantir que c'est la logique d'excellence qui prévaut.

Maintenant, de la même façon que euh effectivement notre nombre de visas délivrés à des étudiants chinois baissent euh parce que nous subissons un contexte un contexte général qui fait que comme je vous le disais, cette demande chinoise aujourd'hui euh elle a baissé après euh après la crise de la COVID. Ça a été il y a eu un coup d'arrêt des des mobilités internationales chinoises partout dans le monde, pas uniquement dirigé vers la France. les euh nos grands concurrents euh britanniques, allemands ont constaté la même la même chute.

Et bien, nous subissons aussi euh bien entendu euh des situations euh existantes dans un certain nombre de pays en développement où euh un certain nombre de personnes peuvent se dire que elles vont peut-être euh tenter une vie meilleure par ce biais là. Mais très sincèrement euh on ne peut pas dire si vous voulez que massivement euh euh une enfin on peut ce que je veux dire c'est que à l'intérieur de chaque flux euh venant de chaque pays, il y a des situations différentes et donc il y a des situations d'excellence et il y a des candidats d'excellence à détecter même au milieu voilà de ce de de d'un flux de candidature qui effectivement doit être filtré dans des pays où il y a une forme de pression migratoire. Voilà, donc c'est cette logique d'excellence qui guide toujours en tout cas les actions mais évidemment des des services compétents de l'État mais évidemment il faut tamiser je dirais un nombre de candidatures beaucoup plus beaucoup plus important.

Voilà. Mais il est extrêmement crucial aussi que euh des candidats d'excellence, par exemple de système tel le système marocain où nous avons des des étudiants brillantissimes qui sortent de classe préparatoire marocaine qui vont d'ailleurs rarement à l'université plutôt dans les écoles qui vont plutôt dans les écoles système public hein souvent donc voilà puisse continuer évidemment à à à à être accueilli et oui L'accueil des étudiants internationaux rev aussi des enjeux diplomatiques en terme d'influence. On le voit bien quand par exemple un des rares indexes qui existe sur la mesure du soft power et qui est fait par un institut anglais qui s'appelle HEPI avec l'Institut Caplan mesure le soft power par le nombre de chefs d'État et de gouvernements qui ont été formés dans un système universitaire.

Voilà. Autre que le leur. Merci.

Merci. Un dernier point sur ce sujet avant qu'on aborde la question des procédures d'admission et puis j'aimerais qu'on puisse aussi évoquer la la question de la précarité étudiante sur avant de parler des procédures d'admission. Vous parliez à l'instant du soft power, ça n'appelle pas forcément de réponse de votre part.

Le ministre de l'intérieur nous dit que plus la moitié des étudiants originaires des continents américains et asiatiques quittent la France dans les 2 ans suivant l'obtention de leur premier titres. Tandis que la majorité des étudiants d'Afrique et du Moyen-Orient, ils sont encore présents 7 ans après. C'est une remarque qui n'appelle pas de réponse de votre part. simplement la question du soft power fonctionne si effectivement les étudiants internationaux sont en mobilité internationale.

S'il s'appuie sur les visas étudiants pour rester comme ça semble être le cas d'une partie de ces étudiants issus de pays pauvres dont il est pas question de juger le souhait de rejoindre le la notre pays ou ou l'Occident d'une manière générale, vous conviendrez que le soft power en est quand même largement amoindri. Un mot sur la procédure d'admission maintenant. Comment candidatent les étudiants internationaux pour venir rejoindre les établissements français ?

Il y a une plateforme qui s'appelle étude en France. Comment est-ce qu'elle s'articule avec la procédure parcours sup ? Puisqu'il semble que beaucoup d'étudiants étrangers présentent leur candidature via parcours sup.

Je fais état d'enseignants qui nous disent qu'ils ont euh des lettres de motivation qui sont souvent strictement identiques et qui arrivent par dizaines voire par centaines sur des formations via Parcours Sup. H donc qu'est-ce qui fait qu'un étudiant international peut candidater à des formations via parcours sup ? Euh alors euh oui, la euh plateforme à laquelle euh doivent s'adresser euh les étudiants internationaux donc vari en fonction de leur nationalité d'une part et de le du type de formation auquel euh ils euh postulent.

Pour ce qui concerne les ressortissants de l'UE, des pays de la ELE, de Monaco et d'Andor, ils doivent s'inscrire sur Parcours Supère s'il postule en master. Donc les plateformes qui sont les plateformes nationales opérées par le ministère de l'enseignement supérieur. pour les ressortissants de pays tiers qui sont soumis donc à obligation de visa.

Ils doivent en principe général s'adresser effectivement à la procédure étude en France et donc à la plateforme étude en France qui est disponible dans 73 pays qui représentent à peu près 95 % des flux de visa de long séjour étudiant. Cette plateforme elle est effectivement pour tous les pays. J'arrive.

D'accord. Pardon. Non mais c'est pour comprendre parce que des enseignants sont différentes.

Donc pour les 73 pays où cette procédure est disponible. D'accord. Mais à l'intérieur et c'est là que ça devient un peu plus compliqué.

à l'intérieur même de cette procédure, vous avez deux cas de figure. Vous avez soit euh donc des établissements qui sont on dit connecté à la plateforme, c'estàdire en fait adhérents à la plateforme et qui ont choisi de confier une étape de préfiltrage des candidatures aux ambassades de France et donc aux espaces Campus France et ensuite au services culturels qui valident ce préfiltrage fait par les espaces Campus France où vous avez où vous avez un certain nombre d'établissements qui eux ne sont pas adhérents de la plateforme et qui qui préfèrent prendre en main leur processus intégralement leur processus de sélection et qui vont admettre enfin auquels les étudiants doivent s'adresser en direct pour se faire admettre et ensuite seulement passer par la plateforme étude en France qui là aussi donnera lieu à de toute façon un entretien de filtrage, quelle que soit la plateforme à laquelle les étudiants ressortissants de pays tiers s'adressent et à quelqu à quelques établissement qu'il s'inscrivve. Il y a à la fin un entretien Campus France et un avis sur la candidature qui est formulée par un universitaire au sein d'un service culturel et de coopération.

Vous avez une troisième situation qui concerne des [raclement de gorge] étudiants ressortissants de pays tiers mais qui s'inscrivveent dans des formations de niveau supérieur qui sont dispensées dans des établissements du secondaire. Exemple classe préparatoire aux grandes écoles BTS. Ceux-là doivent s'adresser effectivement aux établissements par le biais de la plateforme Parcours Sup, mais là aussi, ils auront à passer en plus un entretien étude en France avec leur espace campus France pour filtrer, préfiltrer cette candidature et en vérifier euh la qualité avant que les établissements ne se décident.

Je sais que c'est un système complexe malheureusement effectivement plusieurs plateformes de candidature et des situations un peu fragmentées. Mais il y a un filtrage de campus France sur chaque pas de campus France des espaces campus France c'estàd des ambassades de d'un service qui est dans les ambassades de France. Voilà.

D'accord. OK. et qui va mener systématiquement un entretien avec le candidat qui permettra de vérifier la qualité de son dossier académique, d'où vient-il, de quel établissement, quelle note a-t-il eu, quel résultat a-t-il eu à son diplôme du secondaire ? de vérifier l'adéquation de ce profil avec les prérequis de la formation à laquelle il postule et qui sont remplis par les établissements renseignés par les établissements dans les plateformes de candidature et que donc les les espaces Campus France vérifient. de vérifier le cas échéant si la formation à laquelle l'étudiant postule le requiert le niveau de langue avec d'une part le test de français qu'il doit produire ou la certification de français mais un véritable entretien qui permet de vérifier s'il y a une une différence ou pas et de détecter donc dans les détecter dans la documentation académique d'éventuelles fraudes de la part du candidat et enfin de vérifier la motivation et la maturité aussi du projet.

D'accord. Donc toutes les candidatures là, les 4400 étudiants qui viennent étudier. Non, pas les 4400 parce que là-dedans il y a aussi des Européens.

Donc Ah, vous avez raison. [rires] Oui. Donc effectivement, il faut il faut que par ailleurs ce 443000 c'est un stock, ça n'est pas un flux.

Nous avons plutôt nous avons 117000 visas par an. Donc ces 117000 effectivement sont passés dans les mains euh de tous les espaces campus France des ambassades de France des euh on va dire la petite centaine de pays dont viennent ces étudiants internationaux. D'accord.

Donc il y a un préfilé d' et l'avis qui est rendu ensuite sur proposition de l'espace campus France par un attaché de coopération universitaire ou scientifique qui est un universitaire et un enseignant chercheur [soupir][souffle coupé] n'est qu'un avis que les établissements sont libres de suivre. Ah donc c'est pas un filtrage. Tout remonte aux établissements.

Non, c'est un filtrage puisque vous avez des candidatures qui vont être écarté par exemple si le candidat se présente à l'entretien Campus France et que l'espace Campus France détecte qu'il a fraudé sur son document académique, sur son diplôme de fin d'étude secondaire ou sur ses notes, sa candidature est écartée. C'est ça de moins à traiter pour les pour les commissions pédagogiques des établissements. si euh il ne présente pas le niveau de français euh qu'il devrait ou qu'il dit avoir avec sa certification, sa candidature alors bah c'est on va parler un petit peu de ça aussi euh avant de parler de la précarité.

Le niveau de français, comment et où est-il comment par qui et où est-il évalué ? Euh beaucoup de présidents d'université nous ont parlé d'un niveau de langue très largement insuffisant de la part d'un certain nombre d'étudiants internationaux. qui, comment euh et par quel moyen euh évalue le niveau de langue française des étudiants.

Je parle évidemment de ceux qui postulent dans des filières en français. Euh dans des filières anglophones, on peut concevoir que les choses soient un peu différentes. Tout à fait.

Euh d'abord donc il faut que vous sachiez que pour l'entrée euh pour une candidature d'entrée en première année, donc en en L1, un niveau de français euh de niveau B2 équivalent dans le cadre de référence européen est exigé de toutes les façons pour tout le monde. En revanche, effectivement, c'est à chaque formation et directeur de formation de définir le niveau de français attendu. Le candidat doit systématiquement C'est B2 ou c'est pas B2 ?

Pardon, c'est B2 pour la une entrée en L1. Mais si vous entrez en L2, si vous entrez en L3, si vous entrez en master, ça dépend complètement de ce que le directeur de formation aura estimé être le niveau adéquat pour suivre cette un test, il y a une un peu comme le dossier de candidature, effectivement les candidats doivent systématiquement présenter soit ce qui est le test le plus courant, ce qu'on appelle le TCF qui est un test de français, soit une certification de français d'ILF DF Delf qui tous sont administrés par un autre opérateur qui est France éducation internationale qui dispose d'un réseau de centre d'examen à l'étranger qui sont situés dans les alliances françaises et dans les instituts français en général. Et donc ces certifications sont exigées effectivement euh pour pouvoir postuler euh voilà parce que beaucoup de présidents d'université remettent en cause le le la qualité même parfois l'authenticité de ce type de document en évoquant des autocertifications.

Ça c'est une situation là j'étais très étonnée de ce que vous a dit effectivement madame Rota. Nous n enfin nous n'avons pas que ça ça n'est ça n'est pas que madame Retaillot d'ailleurs he pas que madame Rayot. Alors après que si vous voulez est-ce que un niveau B2 est totalement suffisant pour suivre un enseignement en français ?

Mais c'est un vrai sujet aussi. Et par ailleurs euh enfin euh les établissements euh c'était un des objectifs de bienvenu en France mais c'est aussi une réalité. Euh effectivement euh parmi les pratiques de bon accueil doivent pouvoir proposer des cours de renforcement aussi euh une fois euh une fois sur place.

Euh mais vous avez raison, il y a des exigences, il y a une certification euh qui est exigée. Encore une fois, ça n'est pas la même chose non plus. Il y a une différence qualitative et de niveau entre un étudiant qui présente un test, un simple test comme le TCF et puis un étudiant qui va être beaucoup plus euh euh fluente, pardon, enfin qui parle plus couramment et qui présente une certification.

Euh mais euh en tout cas euh c'est obligatoire euh mais pour vous ce point euh peut être amélioré enfin même quand vous dites est-ce que B2 est suffisant il y a bah alors il y a des formations he il y en a pas en général c'est B1 ou B2 ce qui est demandé voilà mais euh mais alors des formations des formations bien sûr. Ah d'accord c'est les c'est c'est pas c'est pas l'état français qui fixe le niveau de langue. Ce que je vous ai expliqué, c'est que l'État français a fixé un niveau obligatoire uniquement pour l'entrée en licence mais pour le reste ce sont toujours les établissements qui fixent le niveau à atteindre pour suivre leur formation.

C'est compris. Pardon, effectivement, vous l'aviez précisé. Je vous prie, désolé, c'est une matière un petit peu complexe.

Euh point sur la précarité étudiante. Euh là aussi, vous avez évoqué tout à l'heure 11000 bourses étudiantes, ce sont vos chiffres pour les étudiants internationaux. C'est bien ça.

Oui. Euh, vous avez évoqué la question du logement. Certains chiffres disent que les étudiants internationaux occupent 30 % du parc des crousses.

Est-ce que ce chiffre vous pouvez le confirmer ou pas ou l'infirmer ? Ça nous intéresserait de le connaître. Euh, [grognement] une question sur la précarité puisqueeffectivement plusieurs présidents d'université nous ont fait part de la précarité de beaucoup de ces étudiants internationaux.

Certains évoquent quand même la prostitution de certaines jeunes filles. Euh, il semble que Campus France s'assure que les étudiants à leur arrivée en France dispose d'une somme. De mémoire, c'est 7200 €.

Là aussi, vous pouvez corriger [grognement] euh comment est-ce qu'on s'assure de la suffisance de ces ressources matérielles puisque certains nous relatent des étudiants qui doivent travailler, faire des petits boulots n'ayant en plus pas le niveau de langue requis et donc forcément sont précipités dans la précarité, dans l'échec étudiant et dans tout ce qu'on ne souhaite pas. Donc est-ce que vous pouvez nous redonner les chiffres notamment sur la question du logement ? Est-ce que vous pouvez nous dire si vous avez un suivi socio-économique des étudiants qui arrivent en France et comment est-ce qu'on pourrait s'assurer que les ressources qu'il prétend d'avoir sont suffisantes puisqu'il semblerait que certains réseaux mal intentionnés retirent aussitôt les ressources mises sur le compte des étudiants pour les transférer à d'autres étudiants qui postuleront à leur tour pour des mobilités internationales.

Alors euh est-ce que déjà vous confirmez tout ce qui nous a été dit ? sur le logement. Je vous Il y a un rapport entier de la Cour des comptes sur sur ce sujet qui vous confirmera effectivement le chiffre de 30 % des proportions.

En tout cas, je vous je vous y renvoie. D'accord. Très bien.

Sur la somme demandée par Campus France. La Campus France ne demande pas de somme. Les la ceux qui le service qui est chargé de vérifier les ressources finan si les ressources financières du candidat sont suffisantes pour se maintenir en France.

C'est le consulat, c'est le ministère de l'intérieur. Cette somme est fixée à la fois réglementairement euh pas à à 615 € euh par mois. Ouais, effectivement, ça fait partie des choses que la Cour des comptes a relevé.

C'est une c'est un niveau qui nous qui nous situe assez bas parmi les autres pays européens. Il est communément admis justement que ce seuil de ressources qui n'avait pas été qui n'avait pas été révisé depuis 2011 et qui effectivement est d'à peu près 60 % seulement du seuil de pauvreté n'est pas suffisant pour pouvoir se maintenir correctement dans des bonnes conditions en France. Et ça atteint d'ailleurs enfin ces situations de précarité lors lorsqu'elles existent évidemment elles nuisent à la réussite et je dirait de façon plus générale aussi à la réputation de l'enseignement supérieur français quand des étudiants se retrouvent en expatriation dans une situation de difficulté.

Sachant que le niveau de vie moyen en fait est plutôt de enfin il faut réunir 850 € par mois. Donc euh il a été euh suite aux recommandations de la Cour des comptes euh déclencher une concertation interministérielle qui euh aboutira prochainement avant l'été à une révision de ce seuil de revenu qui sera désormais indexé sur un pourcentage du SMIC brut et se rapprochera justement du niveau des 850 € par mois. D'accord.

Je rappelle simplement que la vérification des ressources des étudiants internationaux pour l'obtention d'un visa de long séjour et euh réglementé à l'origine par une directive européenne qui euh prévoit euh que euh les ressources de l'étudiant doivent faire l'objet d'un examen dans le cas d'espèce et que celui-ci, le demandeur de ce visa, peut prouver ses ressources par différents types de moyens. C'est cette vérification à laquelle procèdent euh les consulats. Voilà.

Maintenant, en ce qui concerne les la précarité des étudiants internationaux et l'existence de données fiables sur les background socio-économiques et justement la facilité ou non à vérifier les ressources. C'est une question très délicate. Nous avons des données qui sont parcellaires et qui manquent à mon sens de précision.

Je vous renvoie à une revue, enfin une parution récente de la revue française des affaires sociales qui a fait paraître en avril-juin un numéro spécial sur les conditions de vie des étudiants euh qui justement essae de différencier entre vraiment pauvreté, précarité, vulnérabilité qui relève que de façon générale, pas seulement pour les étudiants étrangers mais aussi pour les étudiants quels qu'ils soient, l'estimation de La précarité étudiante est difficile parce que il y a toujours d'important enfin vu l'importance des transferts intrafamiliaux, vu parfois des situations très différentes, voilà, entre des étudiants selon qu'ils soient des cohabitants ou pas qui et et qui sont encore renforcés dans le dans cette difficulté d'appréciation par le fait que évidemment un étudiant international euh dans des systèmes qui souvent ne sont pas bancarisés, un consulat ne va pas pouvoir lui demander sa feuille d'imposition. Donc il y a une vraie difficulté à contrôler ça et par ailleurs, nous avons des données contradictoires entre d'un côté par exemple des enquêtes de l'observatoire de la vie étudiante qui effectivement voilà a fait un échantillonnage et une enquête où il n'est pas précisé s'il s'agit d'étudiants étrangers résidents ou d'internationaux mais qui montrent des taux préoccupants de 40 % d'étudiants. Ouais. en précarité.

Nous avons d'autres données tout aussi sérieuses produites par le service statistique du ministère de l'enseignement supérieur euh qui dans son enquête sur la réussite des étudiants euh a ressorti des données socio-économiques qui montrent que il y a plutôt un profil socio-économique plus élevé chez les internationaux que chez les Français. Et donc nous avons un besoin un vrai besoin de données sur ce point-là et il y a certainement de notre point de vue un effet un peu de loupe si vous voulez entre euh des étudiants internationaux qui se dirigent effectivement souvent vers les aides d'urgence du CRU ou vers l'aide alimentaire lorsqu'ils sont en précarité parce que aussi euh ben ce sont les aides euh parmi les seuls auxquels il ils ont accès. Et on a voilà, on a probablement un peu un effet loupe avec parfois des distinctions qui sont pas totalement fait entre étrangers et des gens qui ont passé une frontière pour venir étudier chez nous.

Oui. Puis bon, selon que vous venez du Bénin ou des États-Unis, c'est peut-être pas tout à fait la même chose non plus. Donc évidemment que ça reflète des réalités tout à fait différentes euh et on ne limite pas la question de la précarité à ces étudiants internationaux. simplement ceux-là sont sans doute là aussi plus à la mercie de réseau que les étudiants français.

Et c'est peut-être la dernière question que je voulais vous poser. Est-ce que vous avez connaissance, vous madame la directrice générale de réseaux euh qu'on peut improprement appeler commerciaux qui instrumentalise l'arrivée sur notre territoire d'étudiants internationaux plutôt évidemment en provenance de pays pauvres qui cherchent à immigrer euh en France via les visas étudiants. J'ai je enfin la question que vous posez de ces intermédiaires qui sont qui peuvent cach enfin qui d'une part voilà peuvent escroquer simplement sans parler éventuellement de filière d'immigration mais en tout cas peuvent escroquer les étudiants internationaux.

Oui, bien sûr, il y en a et ça commence surtout dès leur pays. Ça c'est la première chose. La deuxième chose, c'est et des situations où effectivement des officine locales peuvent être aussi des têtes de pont, notamment d'établissements français parfois peu scrupuleux euh qui peuvent cacher éventuellement des filières plus graves.

Il y a eu des affaires dans le passé, ça existe et nous nous escontons, nous espérons beaucoup que le Parlement adoptera prochainement le projet de loi sur la régulation de l'enseignement supérieur. C'était hier soir, madame la directrice. [rires] Ce matin ?

Ce matin ? Ce matin ? Oui, ce matin si tu veux.

J'ai un Voilà. Oui. Oui, mais bien sûr.

Ça fait effectivement partie des sujets. Vous avez entiement raison. Euh ces étudiants évidemment euh sont dans une situation de vulnérabilité par rapport à ces euh à ces à ces pratiques euh qui peuvent être donc frauduleuses simplement déjà. premier point et puis ça peut être effectivement des choses des choses plus graves.

Euh donc oui, absolument et justement la consigne qui est donnée aux ambassades de France, aux espaces campus France en particulier, c'est d'être d'exercer la plus grande vigilance par rapport à aux relations avec ces ces officines qui peuvent bien sûr donc vouloir aussi éventuellement procéder à des enfin être l'origine de tentative de corruption et cetera. Donc ça n'est pas une situation si vous voulez exceptionnelle par rapport au visa étudiant. Ça se produit aussi sur d'autres types de visas.

Ça existe. Mais par contre la différence c'est effectivement d'éventuelles officines françaises en France aussi parfois à la réception effectivement des des étudiants internationaux qui encore plus que nos nationaux peuvent être à la mercie de pratique frauduleuses d'un certain types d'établissement. Merci.

Je vais passer la parole à Delziane et ensuite à Max Brisson. Vous faites des questions chers collègues et madame la directrice, des réponses toutes aussi courtes parce que dans 10 minutes, nous sommes partis. Il nous reste 20 bonnes minutes.

Je vais Non non, allez, il faut monter quand même un osage tr étages, c'est conséquent. Oui, moi je prends l'ascenseur. Moi tout va bien avec ma pâte.

Madame la directrice générale, merci. Je vais aller rapidement puisquon on a très peu de temps au final, je le regrette un peu. Euh je vais aller vite.

Vous avez évoqué énormément de choses. Moi, ce que je voulais mettre en exerg, c'est le fait que notre pays est passé de la 4e à la 8e place en terme d'attractivité. Euh, j'avais eu l'occasion en QAG justement d'interroger le ministre à l'époque.

L'Allemagne et le Japon nous étaient passés devant dans les classements internationaux. Et moi, je voulais vous demander euh comment est-ce que vous interprétez, comment vous analysez la cohérence de la stratégie aujourd'hui qui vise à augmenter l'attractivité de notre pays mais en augmentant aussi fortement les frais d'inscription ? C'est en lien avec ma deuxième question et en ayant un impact sur un un accompagnement financier des étudiants étrangers très faibles en France.

J'insiste sur le point que vous avez évoqué tout à l'heure. Je voulais parler d'augmentation des frais de scolarité. J'ai bien dans mon deuxème point.

Ma question, vous avez évoqué le classement Caplan ? Moi, j'en parle régulièrement ici, le soft power à la française pour avoir travaillé auprès d'institution comme la vôtre, votre ancêtre avant qu'on puisse France sur l'importance et notre capacité en France à permettre ensuite à travers les étudiants étrangères qui sont venues dans notre pays d'être les décideurs, d'être les personnalités influentes. Pardon ?

Question ? Oui, je vais la poser président. [rires] Ma question, elle allait dans ce sens-là, mais je pense que on a besoin dans le cadre du travail que nous menons aujourd'hui sur l'excellence académique de notre pays de rappeler ces éléments-là.

Et ce classement Caplan Ouais, ouais, je vais prendre les 10 minutes donc et le classement Caplan effectivement c'est bien que vous en parliez parce que aujourd'hui lorsque l'on parle aussi de ces futurs influenceurs, c'est ma deuxième question. Est-ce que vous pensez que les nouveaux droits différenciés aujourd'hui à hauteur de 4000 € en master font une sélection par l'argent ? Voilà ma question précise, monsieur le président.

Est-ce qu'il y a une sélection par l'argent aujourd'hui ? Est-ce qu'on ne loupe pas les profils intéressants qui n'ont pas forcément les moyens financiers de venir en France ? Dernier point, ma troisème et dernière question. [grognement] La Cour des comptes a relevé un délai moyen de 62 jours pour l'obtention d'un visa étudiant et recommande la mise en place de titres de séjour plus rennuel dans ce contexte et ça nous nous auditionnons demain les équipes du ministère des affaires étrangères euh dans ce contexte.

Comment campus-france peut-elle faire en sorte de de promouvoir l'attractivité de notre pays à l'international alors que les étudiants étrangers qui viennent en France avec ce recul fort, mais c'est ma dernière question au président, voyez, j'ai pas pris plus de 10 minutes, font face à une forte instabilité administrative. Je vous remercie. Alors, je vais vite euh d'abord pour dire que je ne vois pas nécessairement de contradiction si vous voulez entre l'objectif d'attractivité et l'imposition de [raclement de gorge] droits différenciés.

Ceux-ci sont une pratique euh courante des plus grands pays d'accueil. Euh alors bien évidemment euh c'est particulièrement le cas dans des systèmes anglo-saxons euh comme le système britannique, le système canadien, le système australien, mais c'est aussi la pratique d'un certain nombre de pays euh européens euh qui sont euh aussi venus à des systèmes de pays de droits différenciés, euh y compris euh quand ils sont proches d'une autre, je pense par exemple au pays nordique euh dans la semi-gratuité qu'ils procurent à leur à leur à leur internationaux. Donc ce que je veux dire c'est que c'est une cette démarche là des droits différenciers, elle est elle est bien comprise en fait.

Elle est déjà très assimilée par les étudiants internationaux. On l'a d'ailleurs vu lors de la de la du lancement de la de la première phase enfin de l'introduction de ces droits différenciers en France. Après une première phase initiale un petit peu parfois dans certains pays de réaction. il y a eu une assimilation de ce processus et on ne peut pas dire que l'attractivité étudiante a reculé en France comme je vous le disais dans les nombres.

La deuxième chose euh c'est que euh ce qui est euh la nouvelle étape qui est qui a été lancé par le par le ministre, ça n'est pas une augmentation, c'est une application généralisée. Donc il y a pas il y a pas de changement si vous voulez dans ce que je vous disais euh sur l'économie générale qui est que comparativement à ces à ces concurrents, la France continue d'être un système euh voilà relativement peu cher euh ou d'une part euh et bien euh ces droits euh ne représentent qu'à peu près 30 % de la valeur euh de la formation. Euh et par ailleurs euh je le répète où euh voilà comparativement à des pays où un master coûte 40000 livre, bien entendu, nous sommes dans un système qui reste dans un équilibre raisonnable conforme d'ailleurs à nos exigences constitutionnelles, comme vous le savez, de rester dans une certaine modicité de ces de ces droits.

Donc je je pense que nous sommes dans cet équilibre raisonnable. La France ne fait pas partie des pays où il y a le plus de différentiel, je dirais entre les droits des nationaux et les droits des internationaux. Nous continuons à avoir des droits extrêmement modiques aussi égaux à ceux des des Français et des Européens par exemple pour les doctorants.

Et donc vous voyez que quand on maintient par exemple ses droits au même niveau pour les doctorants, on concilie euh voilà des objectifs droits différenciés sur les niveaux licen master et un objectif d'attractivité de façon parfaitement naturelle et et raisonnable. là où euh je enfin ces ces droits servent simplement à euh je là où je ne vous rejoins pas si vous voulez, c'est sur le le thème de dire euh et certains disent euh euh que euh il y a pas de rapport entre euh ces droits différenciers et l'objectif d'accueil. Il y a totalement un rapport.

Euh l'objectif c'est que ces droits différenciés puissent aussi euh et c'est ce qu'on verra et c'est à la décision évidemment des présidents d'établissement euh puisse servir à améliorer les conditions d'accueil des étudiants dans les dans les dans les établissements et à faire le cas échéant aussi des bourses d'excellence pour pouvoir permettre l'accès à des étudiants méritants mais qui ne pourraient pas donc s'acquitter de ses droits différenciés de de la même façon que un certain nombre d'exonérations seront à la main des présidents comme l'exige là aussi notre constitution. Voilà donc sur les titres de séjour pluriannuel effectivement c'est un sujet sur lequel Campus France mène un plidoyer depuis plusieurs années déjà auprès du ministère de l'intérieur et de nos autorités pour euh essayer d'aller vers un alignement euh de la durée des titres de séjour avec la durée du cycle euh universitaire. Euh c'est notamment euh particulièrement important par exemple pour les doctorants.

Et de ce point de vue-là aujourd'hui euh la Cour des comptes a relevé qu'il y a de fortes disparités euh entre d'une préfecture à l'autre dans l'octroit de ces titres de séjour pluriannuel à situation pourtant comparable. Euh et euh et il y a aussi euh une différence effectivement avec euh avec nos concurrents internationaux et des situations merci aujourd'hui de rupture de droit qui peuvent effectivement être préjudiciables. H Max Brisson.

Merci euh monsieur le président. Je voudrais d'abord saluer votre Constance. Euh vous avez répondu à Dalan de la même manière que vous avez répondu à une interview dans l'étudiant en 2024 où vous aviez indiqué qu'il n'y a pas eu d'effets dissuasifs aux droits différenciés.

Mais vous avez rajouté, on peut se demander à quoi cela sert puisqu'ils ne sont pas appliqués. Je voudrais vous faire réagir sur ce sujet. La deuxième chose, vous avez dit aussi dans la même interview, il y a des talents que la France peut avoir intérêt à accueillir et à intégrer.

J'aimerais que vous expliquez cela. Enfin, dernière dernière point, dernière remarque. Vous avez beaucoup parlé d'objectif d'excellence.

Est-ce que vous pensez que cet objectif d'excellence, il est compatible avec une approche très quantitative menée au plus haut niveau de l'État, particulier par le chef de l'État qui fixe des objectifs très globaux, je crois, de 500000 étudiants étrangers. Est-ce que toute cette politique, alors que vous avez dit que les quotas s'éloignaient des objectifs d'excellence, est-ce que cette politique globale, volontariste et quantitative peut être conciliable avec des objectifs d'excellence ? 5 minutes s'il vous plaît. [soupir] Euh alors d'abord, sachez simplement que je me suis enfin j'ai j'ai récusé la façon dont dont l'étudiant avait avait retranscrit mes propos.

Donc ça c'est une première chose. Euh je maintiens et là et là je suis dans la constance effectivement que le principe de droit différencier ne me paraît pas incompatible avec une politique d'attractivité. La preuve les Britanniques le font, les Canadiens le font, beaucoup de pays le font.

Euh donc ça je je le maintiens. Euh effectivement euh la vraie euh le vrai objet de ma de ce que je disais, c'était justement de dire que euh ce qui ne s'est pas produit jusque-là et qui et et et c'est bien l'objectif de cette nouvelle phase de la stratégie d'attractivité, c'était que ce cercle vertueux par lequel les droits différenciés puissent servir à financer l'accueil des étudiants ne s'est pas produit suffisamment dans la première phase de la stratégie. bienvenue en France.

C'est ça que je voulais dire et aujourd'hui l'objectif, il est très clairement d'une généralisation de ces droits à la fois pour rapprocher le coût réel des formations avec voilà euh ce qui est acquité, mais euh simplement pour financer cet accueil et aussi permettre à ceux qui en ont le plus besoin de bénéficier d'exonération et cetera et améliorer les conditions d'accueil. Donc ça je le je le je le dis et je et je le maintiens sur le fait que nous avons intérêt à intégrer un certain nombre d'étudiants internationaux. Aujourd'hui euh la les flux étudiants sont ensuite le premier euh flux de migration professionnelle en France et dans la situation où nous sommes et qui et celle que je vous décrivais tout à l'heure d'une entrée dans une décroissance de la population étudiante, d'un manque de main d'œuvre qualifié sur certains segments euh voilà de de de l'emploi.

Nous sommes comme la plupart des pays européens dans cette situation, comme la plupart des pays développés, divers démographique qui fait que nous avons peut-être intérêt à rechercher en complément en complément seulement parce que bien entendu l'objectif ça doit être de former nos nationaux à occuper ces emplois d'avenir mais il y aura forcément un moment un moment de friction d'origine mais je répète l'excellence elle est partout elle est au Maroc, elle est au Cameroun, elle est aux États-Unis et la question est voilà quel est le niveau c'est pas une question de nationalité de l'excellence académique étudiant pas Ah alors ça c'est autre chose. Et là, j'en reviens à la question de madame la rapporteur et sur la rétention des étudiants et [grognement] voilà. Et pour dire la chose suivante, si on regarde les choses à différents moments du temps et c'est comme ça qu'on peut vraiment apprécier l'effet justement de ces mobilités internationales, nous voyons que en réalité le profil de ces mobilités internationales étudiantes, il est largement celui d'une mobilité circulaire. les gens effectivement les les étudiants internationaux euh en France euh dès la première année euh suivant leur diplomation sont déjà d'après notre nos enquêtes alumnie mais aussi d'après les chiffres observés sur les titres de séjour et remonté à l'ECDE partent pour 44 % d'entre eux soit repartent dans leur pays soit vont ailleurs soit et bien effectiv effectivement, il il reste enfin pardon, donc je me trompe, excusez-moi.

Donc vous avez ce que je veux dire, c'est que il faut regarder des coortes à 5 ans, à 10 ans et cetera. Et vous voyez euh grosso modo très souvent des étudiants internationaux qui font une première étape de carrière dans le pays où ils ont fait leur étude, leurs études et c'est valable pour la France comme pour d'autres. 47 % de toute façon des étudiants internationaux qui font une mobilité ont l'intention de faire de premières étapes de carrière dans leur pays d'étude.

Et ensuite au bout de 5 ans, si on regarde et bien vous avez une décroissance du nombre d'étudiants qui reste et encore à 10 ans encore moindre. Et si je compare un petit peu malheureusement alors que cette immigration étudiante c'est la première source d'immigration professionnelle, on peut constater que en France nous avons un taux de rétention moindre que nos voisins allemands qui je ne crois pas soi particulièrement laxistes et qui donc ont des taux de rétention à 52 % à 5 ans. Là où la France c'est 33 % et à 10 ans 45 % pour l'Allemagne 19 % seulement pour la France.

Et la grande différence, c'est justement dans la clarté de l'objectif euh tel qu'il a été défini maintenant par les autorités allemandes et en interministériel en Allemagne, de d'articuler ses mobilités euh étudiantes avec les besoins de l'économie allemande en profil qualifié. Voilà. ce qui est précisément l'objet de cette nouvelle étape de la stratégie d'attractivité française TRS for higher education et qui visera en particulier justement et un travail interministériel a été entamé à cet effet à définir des filières d'accord mais qui n'est pas fait à ce stade.

C'est juste ce que si qui est tout qui est en cours mais qui n'est pas déployé à ce stade. valider si vous voulez voilà parce que nous avons mené des des travaux dans des groupes de travail mais il y a tout à fait un référentiel de secteur qui a été défini voilà par les établissements et les administrations travaillant main dans la main. Monsieur le président, il reste une minute.

Je reviens sur ce que vous nous avez confirmé sur les logements cru madame la directrice 30 % c'est ça et je vous remercie d'avoir confirmé ce chiffre. Oui. Est-ce comment vous expliquez le différentiel entre des étudiants étrangers qui sont 15 % de la population étudiante mais qui occupent 30 % des CRU ?

Il faut comprendre que euh une grande partie euh des logements crues sont occupés souvent par des étudiants euh en mobilité courtes. Oui. et que les établissements euh leur réservent très fréquemment des chambres en crousse, notamment dans le cadre des échanges Erasmus, pour pouvoir euh faire en sorte que ces étudiants se logent, soit donc dans le cadre d'échange Erasmus, soit par exemple dans le cadre de d'accord euh interuniversitaire avec des partenaires étrangers par mesure de réciprocité quand nos propres étudiants et bien sont logés sur le campus de l'université partenaire.

Donc vous avez euh une grande partie de ces occupations qui ne sont pas des occupations euh longues. C'est ça que jeannée à l'année. Voilà.

D'accord. Merci. Merci.

Merci beaucoup madame. Merci.