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interviewfranceinfo — 8h30 franceinfo· 3 mai 2024 23 min

Rencontre entre Emmanuel Macron et les syndicats agricoles, plan Écophyto, intempéries...Le "8h30 franceinfo" de Marc Fesneau

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:01
Présentateur

Bonjour Marc Fénault.

0:04
Invité

Bonjour. Deux heures de réunion hier à l'Elysée entre Emmanuel Macron et le monde agricole. Le président devait y partager, je cite, sa vision de l'agriculture. A la sortie, on a vu des syndicats plutôt dans l'expectative, plutôt mitigés, voire déçus. Qu'est-ce qui se passe ? Pourquoi ça coince encore ?

0:20
Marc Fesneau

Non, je ne crois pas que ça coince encore. Il y a plusieurs séquences dans la crise que nous avons traversées. Le moment où les agriculteurs sont allés dans la rue pour exprimer un certain nombre de choses. J'ai déjà eu l'occasion sur cette antenne de vous dire ce que j'en sentais, c'est-à-dire à la fois une crise de sens. C'est qu'est-ce que vous voulez de nous ? Vous, responsables publics, vous, citoyens. Et puis un certain nombre de sujets de crise qui étaient sur la table. Et puis un moment où nous avons travaillé avec les organisations syndicales pour essayer de trouver des solutions et de porter un certain nombre de propositions.

Et puis hier, le temps, donc on a fait 64, puis 6 ou 7 propositions de plus. Le Premier ministre Gabriel Attal a réindiqué un certain nombre de choses le week-end dernier. Puis hier, c'était un temps avec le Président de la République où les filières ont pu exprimer, les filières, les organisations syndicales, ce qui était leur attente pour l'avenir, au fond. Un temps un peu plus long. Et le Président de la République, il a dit autour de 3 ou 4 axes qu'était sa vision. La première, c'est de produire plus. Et il faut qu'on réaffirme l'idée qu'on a besoin dans ce pays de produire plus.

1:09
Invité

D'ailleurs, on y reviendra.

1:10
Marc Fesneau

Le deuxième sujet, c'est de faire en sorte qu'on puisse faire face aux transitions. Le troisième sujet, c'est les sujets de concurrence déloyale. Et comment on pose cette question en particulier dans le cadre européen, c'est un élément, me semble-t-il, très important. Et donc, c'est dans ce cadre-là qu'il faut qu'on fasse les choses. Et puis, il y a un sujet qui m'occupe par les temps qui courent, qui est le sujet du renouvellement des générations. Il n'y aura pas de souveraineté. Il n'y aura pas de souveraineté retrouvée. Il n'y aura pas de capacité à faire face aux défis si on n'assure pas le renouvellement des générations. Donc, je crois que c'était un moment d'échange.

Le Président de la République a dit qu'il était prêt, d'ailleurs, à aller plus loin sur un certain nombre de sujets.

1:39
Locuteur non identifié

Et notamment une concertation cet été pour construire un projet d'avenir. C'est ce que le chef de l'État a dit au syndicat. L'accélération également sur un nouveau volet égalim, cette loi qui assure des revenus décents aux agriculteurs. Quelle différence concrètement avec les prix planchers ? Ça veut dire qu'on abandonne définitivement cette idée de prix planchers. Nouveau volet égalim, qu'est-ce que...

2:01
Marc Fesneau

C'est la même philosophie depuis le début, depuis 2017, à la vérité. La première loi, c'était la loi de 2018 qui avait été portée par Stéphane Travers, qui était une loi qui visait à faire en sorte qu'on se préoccupe enfin de la question du revenu agricole en construisant le prix par la marche avant. Le travail qui est fait par deux parlementaires aujourd'hui, qui est un travail qui était prévu au moment de la crise, on a lancé ce travail-là, est un travail pour regarder dans la loi égalim, ce qu'il y a à modifier. Qu'est-ce qu'il y a à modifier ?

Il y a un certain nombre d'opérateurs de la grande distribution qui dévoient les règles en allant chercher des centrales d'achat européennes pour se soustraire aux règles françaises. Il y a des opérateurs dans la chaîne alimentaire, grande distribution et parfois transformation, qui ne respectent pas la règle qu'on construit le prix par la marche avant. C'est-à-dire qu'on a un prix de référence, prix plancher si vous voulez l'appeler ainsi, qui est construit à partir... Ça dépend de ce qu'on appelle un prix plancher. Si un prix plancher, c'est un prix qu'on fixe, et on dit que c'est le prix pour lequel à chaque fois on paye la marchandise, ça risque d'être assez vite un prix plafond.

Parce que vous voyez bien qu'un opérateur, si vous lui dites telle marchandise coûte 100, il va dire que ça coûte 100. Et quand ça coûte 120, parce qu'il y a d'autres contingences, il dira que j'ai un prix de référence qui est 100. Non, on construit les prix par des indicateurs de référence, et c'est là-dessus qu'il faut qu'on travaille, et c'est là-dessus que les parlementaires formuleront, comme l'a dit le président de la République, des propositions pour l'été prochain. Mais c'est une loi qui a plutôt fonctionné là où elle a été mise en application. Je pense à la filière Lédière. Elle a fonctionné un temps. Alors, c'est ce que j'allais dire, mais merci de la relance, si je peux dire.

Elle a fonctionné quand nous n'étais... Ce n'était pas une loi qui avait été construite en période inflationniste. Reconnaissons que nous n'avions pas connu depuis une vingtaine d'années d'inflation forte. Or, avec l'Ukraine, on a eu une inflation éruptive, exponentielle, pendant quelques temps. Et donc, dans des temps normaux, elle fonctionne. Il y a eu des ajustements de prix, quand même. On ne peut pas dire le contraire. Mais il y a besoin de réfléchir sur le temps long, ce que peut être une loi qui permet de rémunérer les agriculteurs. Parce que le sujet de l'agriculture, c'est le sujet de la rémunération. Il me semble que c'est un élément absolument central pour leur avenir.

J'ajoute qu'il y a un certain nombre de filières qui n'avaient pas fait le choix de rentrer dans l'égalime. Le président de la République l'a redit hier, d'ailleurs. La filière fruits et légumes, pour des raisons qu'on peut comprendre, n'avait pas fait le choix. La filière viticole, pour des raisons qu'on peut comprendre, on n'avait pas fait le choix. La contractualisation n'est pas assez aboutie, par exemple, en filière viande bovine. Et donc, il faut qu'on ajuste nos dispositifs à cela.

4:10
Invité

Est-ce qu'à l'issue de la discussion d'hier et dans les perspectives qui sont données d'avoir de nouvelles concertations d'ici l'été, est-ce que vous avez l'impression que la crise est terminée ? Est-ce que vous dites au syndicat, arrêtez de vous mobiliser ? Je n'ai pas d'ordre à donner au syndicat. Non, mais j'attends ce que vous voulez dire.

4:26
Marc Fesneau

On est dans le dialogue. Non, mais je vais vous répondre. Mais on est dans le dialogue. Le président n'a pas dit qu'on lance de nouvelles concertations. Il a dit je vous donne rendez-vous à l'automne ou en janvier en fonction de ce que vous aurez envie qu'on se dise pour essayer de dresser des perspectives et se donner une stratégie sur les 5 à 10 années qui viennent.

4:39
Locuteur non identifié

Donc, c'est une nouvelle étape ?

4:41
Marc Fesneau

Oui, c'est une nouvelle étape. Mais dans l'intervalle, moi, ma préoccupation comme ministre de l'agriculture sous l'autorité du Premier ministre, c'est de faire en sorte que les mesures que nous avons posées sur la table, les agriculteurs, non seulement les découvrent, mais en plus, elles soient visibles dans leurs cours de ferme. Parce que quand vous dites on va simplifier, entre le moment où vous le dites, le moment où c'est perçu, il y a parfois un temps qui est assez long parce que parfois, pour simplifier, c'est un peu compliqué, j'allais dire.

5:02
Locuteur non identifié

D'ailleurs, les syndicats attendent des concrétisations.

5:04
Marc Fesneau

Mais il y a déjà des concrétisations. On a eu des concrétisations sur les aides qu'on a faites sur le bio, les concrétisations des aides sur la viticulture.

5:10
Locuteur non identifié

Les agriculteurs bio attendent encore ces aides ?

5:12
Marc Fesneau

Non, je parle des aides d'urgence. Sur les aides bio de la PAC, j'ai demandé à ce qu'on accélère. Alors, c'est vrai que la première année de la PAC, c'est toujours un moment un peu compliqué. Et malheureusement, dans la chronologie, c'est toujours les aides bio qui sont payées en dernier. Et donc, il y a un petit retard d'abord. Mais il y a surtout une chronologie qui est comme celle-là. Et ça fait 20 ans que ça dure comme ça. Donc, il y a cette attention-là. Et par ailleurs, il y a des simplifications, des décrets qui ont été portés, y compris avec mon collègue Christophe Béchut.

On a bien travaillé ensemble pour essayer de se poser à chaque fois la question quand on a une norme, parce qu'on a besoin de normes, qu'elles ne viennent pas entraver la volonté d'entreprendre des agriculteurs.

5:44
Invité

Donc là, par exemple, quand le patron de la FNSEA, Arnaud Rousseau, dit qu'il veut des résultats dans les 4-5 mois... Mais c'est bien l'objectif. C'est bien l'objectif. C'est bien l'objectif.

5:54
Locuteur non identifié

C'est pas un ultimatum qui vous dit ? Non, non, mais c'est pas un ultimatum. Il n'y a pas un risque de reprise de la contestation à l'automne ?

5:58
Marc Fesneau

Vous êtes avec des partenaires sociaux, en l'occurrence agricoles. Ils vous disent qu'on a besoin que des choses se déclinent par rapport à vos annonces que vous avez faites. C'est quand même assez légitime que des partenaires sociaux et des syndicats agricoles vous le disent. Il y a des choses qui sont déjà sur la table. La politique agricole commune, en moins de deux mois, on a fait ce qu'on met d'habitude deux ans à faire. C'est-à-dire qu'on a modifié un certain nombre de règles pour les rendre plus lisibles et pour les rendre plus compréhensibles pour les agriculteurs et plus opérationnels à la vérité, y compris dans les objectifs environnementaux qui sont les nôtres.

Ça, c'est sur la table. Dès cette année, ça va s'appliquer.

6:27
Présentateur

On est de retour avec Marc Fénaud,

6:35
Locuteur non identifié

ministre de l'Agriculture sur France Info. Vous devez présenter une nouvelle version du plan Eco-phito qui est mis sur pause depuis maintenant trois mois. Ce plan de réduction des pesticides qui fera même l'objet d'un texte à part. Est-ce que vous confirmez que demain, les agriculteurs français n'auront pas à réduire davantage l'utilisation des pesticides ? Seulement les plus dangereux, c'est ça ?

6:57
Marc Fesneau

Non, ce n'est pas tout à fait ça. D'abord, Eco-phito, c'est quoi ? C'est un plan stratégique. Ce ne sont pas des éléments réglementaires. C'est un plan stratégique. C'est celui qui a été construit à partir du Grenelle de l'environnement avec un objectif de réduction de 50% des produits phytosanitaires. C'est un élément important pour nous parce que c'est un élément de la stratégie de compétitivité et de souveraineté. Pour qu'on puisse faire face au défi du non-renouvellement d'un certain nombre de molécules et des nécessités parfois de retrait de certaines molécules au niveau européen, on a besoin de trouver des alternatives.

Et donc, nous présenterons lundi avec Agnès Pannier-Nachet qui est en charge de ce dossier le plan tel qu'il avait été préparé à l'automne, à la vérité, avec un certain nombre d'éléments d'évolution. D'abord, une appropriation plus grande sur les sujets d'alternatives. Je rappelle l'alternative aux produits phytosanitaires. Je rappelle que nous avons mis sur la table 250 millions d'euros sur la recherche d'alternatives, le matériel qui est nécessaire pour pouvoir appliquer ces produits, pour faire en sorte qu'on dote les agriculteurs d'outils pour protéger leur culture. Puis, deuxième élément, c'est sans doute à cela que vous faites référence, on modifie un indicateur.

Auparavant, on calculait la réduction sur un indicateur qui était juste tout produit confondu. Le nodule. Le fameux nodule qui est devenu célèbre

8:04
Locuteur non identifié

dont on a beaucoup parlé, effectivement.

8:06
Marc Fesneau

Je ne suis pas sûr que grand monde savait ce qu'était le nodule il y a trois mois et demi, mais ce n'est pas grave, on a tous gagné en culture. Mais ce nodule était juste le calcul de toutes les molécules de produits phytosanitaires sans distinction entre ceux qui étaient très toxiques, ceux qui portaient un risque éventuel et ceux qui n'étaient pas toxiques. C'est-à-dire qu'on faisait une réduction à l'aveugle. Et par ailleurs, il y a un indicateur qui s'appelle H1R1 qui est un indicateur européen qui est issu d'un règlement européen que nous avons voté.

8:30
Locuteur non identifié

Et qui est très contesté par les ONG environnementales. Il peut être contesté comme on veut,

8:33
Marc Fesneau

mais c'est comme si on nous disait... Il est jugé trompeur, notamment. Non, non, mais il n'est pas trompeur. C'est l'indicateur européen. Si nous avons un jour une réglementation européenne, c'est celui qui s'imposera. Alors, c'est comme si nous décidions en France d'avoir un indicateur de réduction des gaz à effet de serre et que les autres pays du monde avaient un autre indicateur. Le mieux, c'est quand même... On était mieux disant

8:49
Invité

et d'une certaine manière, on revient en arrière.

8:51
Marc Fesneau

Non, il n'est pas mieux disant parce que moi, je vais vous dire l'important sur la question des produits phytosanitaires. Ce n'est pas de dire à l'aveugle, je veux aller vers le zéro. C'est de réduire ceux dont on sait qu'ils peuvent produire une toxicité. Et nous avons avancé parce que ce qu'on ne sait pas assez sur les molécules qui étaient jugées les plus à risque, CMR1 et CMR2, avec des risques les plus avérés, on a réduit de 95% pour l'un et de plus de 70% pour l'autre.

Et donc ça, il faut aussi en tenir compte parce que notre sujet, on peut quand même partager ça y compris avec les associations environnementales, c'est de faire en sorte qu'on réduise l'utilisation des produits les plus à risque. Il y a des produits phytosanitaires qui ne sont pas à risque. Pardon de vous le dire.

9:27
Locuteur non identifié

D'où ma question au départ, ça veut dire que les pesticides non à risque pourront continuer d'être utilisés.

9:32
Marc Fesneau

Mais pourquoi il serait interdit ?

9:34
Locuteur non identifié

Est-ce que ça veut dire que vous maintenez quand même l'objectif de réduire de moitié d'utilisation L'objectif serait ce que même.

9:38
Marc Fesneau

Dans le plan éco-phyto, l'objectif reste le même et je voudrais savoir au nom de quoi on demanderait à l'agriculture de supprimer des molécules qui ne sont pas à risque quand...

9:46
Locuteur non identifié

À risque pour la santé mais il y a la pollution des sols, des nappes également.

9:50
Marc Fesneau

Je ne dis pas à risque. J'essaie d'être précis dans mes propos. C'est quand même curieux cette propension à faire en sorte qu'on prive l'agriculture de la chimie quand tous les secteurs d'activité, les vêtements que nous portons, ce qu'il y a sur cette table, les médicaments que nous prenons, c'est de la chimie. Et c'est des choses qu'on porte qui sont en contact avec nous. On sait aussi

10:08
Invité

qu'on découvre au fur et à mesure qu'il y a des tas de choses qui sont extrêmement néfastes à notre sens.

10:12
Marc Fesneau

Dès lors qu'on a un risque qui est avéré, l'objectif du gouvernement comme de tous les gouvernements européens d'ailleurs, c'est la réduction et la suppression des cas échéants.

10:19
Invité

En tout cas, ça c'était pour le plan éco-phyto. Il y a une autre des promesses pendant la crise, c'était d'écrire dans la loi le caractère d'intérêt général majeur de l'agriculture. Premier feu vert des députés à l'Assemblée hier soir, à quoi ça sert réellement ? Est-ce qu'on n'est pas là purement dans le symbole ?

10:35
Marc Fesneau

Non, on n'est pas purement dans le symbole. Quand vous avez un projet d'installation, quand vous avez un projet agricole, il faut qu'on puisse, quand il y a un contentieux administratif, d'ailleurs, on a eu un des débats avec les parlementaires qui était intéressant ces derniers jours, c'était dire mais il y a peu de contentieux donc en fait, vous préparez ce qu'est le contentieux administratif. Mais la vérité, c'est oui, on a besoin d'écrire dans la loi que le juge puisse juger en opportunité sur l'intérêt général majeur que représente la souveraineté alimentaire.

11:00
Locuteur non identifié

Pour Arnaud Rousseau, le patron de la FNSEA sur le plan juridique, ça positionne l'agriculture en équilibre avec l'environnement. Ça veut dire que demain, agriculture égale environnement, ce sera...

11:09
Marc Fesneau

Mais je ne connais pas de trajectoire et de transition et de volonté politique qui ne puissent pas s'exprimer dans une volonté d'équilibre parce que s'il n'y a pas d'équilibre, à la fin, on sacrifiera notre agriculture. Or, il y a quelque chose dont je suis certain et dont personne ne me démentira, c'est qu'il y aura tous les jours Donc, c'est bien cet équilibre qu'il faut trouver et nous avions au niveau européen parfois, au niveau national parfois, donné le sentiment qu'à chaque fois, c'était l'agriculture qui trinquait. La volonté, c'est qu'on puisse continuer à produire. Le président de la République l'a réaffirmé encore hier.

Il faut qu'on trouve un point d'équilibre parce qu'on a en même temps besoin de mener des transitions. Les transitions, je le dis souvent, elles ne sont pas faites contre le monde agricole. La nécessité de réduire l'utilisation des produits phytosanitaires, en particulier pour la qualité des sols ou pour la biodiversité. La nécessité de faire face au dérèglement climatique. C'est une nécessité aussi pour le monde agricole. Si on ne sait pas faire ça, ils ne pourront plus produire non plus. Donc, c'est bien un équilibre qu'il faut trouver et j'assume l'idée

12:05
Invité

qu'il faut qu'on trouve un équilibre. Marc Feneau, au début de cet entretien, vous parliez de la nécessité de produire plus en France. À travers ce texte, ce projet de loi d'orientation agricole, vous voulez aussi rassurer les générations futures d'agricoles mais on sait que les débats sont compliqués. Par exemple, la gauche vous accuse de favoriser les grandes exploitations au détriment des plus petites. Est-ce que vous assumez de défendre un modèle où il y aura plus de grandes exploitations ? Mais j'assume de défendre

12:28
Marc Fesneau

un modèle où il y aura des grandes exploitations et des exploitations plus modèles. Vous regardez le modèle italien, il y a des petits maraîchers partout et il y a de très grandes exploitations, d'ailleurs beaucoup plus grandes que les nôtres. Et je trouve que, parfois pas vous, mais la caricature qui est faite, une espèce d'image d'épinal vue de quelque chose ou de quelque part où les gens ne voient pas la réalité du monde parce qu'on ne va pas nourrir les gens avec un poulailler de 50 poules et cette espèce d'image d'épinal qu'on entretient, on a besoin de produire, on a besoin de bâtiments d'élevage.

J'avais un débat avant-hier avec les parlementaires qui était de dire on n'est pas souverain en matière d'élevage. Oui, on n'est pas souverain en matière de volaille. C'est 50% de la production. Ça veut dire

13:06
Locuteur non identifié

que notre souveraineté alimentaire passe par ces grandes exploitations ?

13:09
Marc Fesneau

Mais ce n'est pas grande forcément. On a besoin en revanche d'avoir des bâtiments d'élevage pour mettre des volailles. Oui, si on veut retrouver notre souveraineté et ne pas livrer notre pays à une alimentation qu'on dénonce par ailleurs. Parce que tous ces gens-là viennent vous expliquer que les volailles venant d'Ukraine, que les volailles venant du Brésil, que les volailles, ça ne va pas, ce n'est pas le bon modèle, etc. Il n'y a qu'une solution. C'est qu'il va falloir qu'on ait des poulaillers en France.

13:31
Invité

Ce n'est pas très compliqué en fait dans la vie. Donc il faut jouer notamment sur le foncier ? La question du foncier est un peu très important. Non,

13:35
Marc Fesneau

je finis juste sur la question des bâtiments. Donc il faut qu'on assume cette volonté de permettre aux agriculteurs de pouvoir, pour retrouver sa souveraineté, il faut qu'on ait plus de bâtiments hébergeant des animaux pour l'élevage. Deuxième élément, la souveraineté, c'est aussi la question foncière. Et c'est vrai qu'on est dans un moment... Alors nous sommes un des pays, pour ne pas dire le pays d'Europe, qui a le prix du foncier le plus bas, mais qui a beaucoup augmenté ces dernières années et c'est un frein. Vous êtes jeune agriculteur et notamment hors cadre familial, mettre... Ce qu'il faut mettre sur le foncier, c'est très lourd.

Alors c'est pour ça que dans la loi, on a un certain nombre de dispositifs. Et par ailleurs...

14:07
Invité

Un dispositif, un groupement foncier agricole d'investissement. Certains vous disent que vous êtes en train de faire de la financiarisation de l'agriculture.

14:16
Marc Fesneau

D'abord, il y a des amendements qui ont été portés qui seront débattus, c'est l'article 10, qui seront débattus dans les heures qui viennent. Moi, je n'ai aucun problème. Je suis d'accord avec l'idée qu'il ne faut pas qu'on financiarise. Deuxième élément, l'agriculture française, elle est de nature privée. Je veux dire, soit par le système bancaire, soit par des investisseurs que ça fonctionne. Mais il faut faire attention à pas financiariser. Donc, il y aura des balises qui seront mises dans le texte.

14:36
Locuteur non identifié

Et simplement, pour revenir très rapidement sur les annonces du plan Eco-Fito, vous nous parlez, vous, ce matin, de 250 millions d'euros qui seront mis sur la table.

14:44
Marc Fesneau

Oui, c'est 150 millions d'euros pour la recherche d'alternatives. Toutes filières confondues. Et ça, c'est déjà sur la table. Enfin, je veux dire, d'ailleurs, y compris dans la pause, les programmes de recherche ont été lancés et continuent. C'est d'ailleurs deux fois plus que ce qui est aujourd'hui le cas pour les plans Eco-Fito. Oui, oui. Moi, je pense que le principal défaut, parce que pour faire des grandes déclarations, souvent en France, nous sommes assez bons et assez forts. Et depuis le Grenelle, on dit...

15:04
Invité

Vous le dites pour vous ? Mais collectivement,

15:07
Marc Fesneau

non, mais c'était pas pour vous, en tout cas. C'est un grief collectif parce qu'on a tendance à dire il n'y a qu'à Faucon. Donc, 150 millions de chaque année. Chaque année, en termes de moyens, c'est dans la planification écologique souhaitée par le Premier ministre et les premiers ministres successifs et le Président de la République parce que la recherche d'alternatives, ce n'est pas one shot. C'est tous les ans que les charveurs... et les chercheurs sachent qu'au fond, on va leur donner les moyens de trouver un certain nombre d'alternatives aux produits actuellement utilisés. Donc, c'est une volonté très forte du gouvernement.

C'est sans doute ça la principale rupture de la stratégie que nous avons, c'est d'y mettre les moyens.

15:44
Présentateur

Nous sommes de retour

15:48
Locuteur non identifié

avec le ministre de l'Agriculture, Marc Fénaud, sur France Info. Des viticulteurs se réveillent ce matin, désemparés devant leurs vignes dévastées par la grêle qui accompagnaient les orages dans Lyon avant-hier, terre du Chablis. Est-ce qu'on a une idée de l'ampleur des dégâts ?

16:04
Marc Fesneau

Pas encore tout à fait, mais on a le sentiment que sur 25% du vignoble, on est entre 80 et 100% de pertes. Alors, quand il y a des épisodes de grêle comme cela, il faut toujours attendre un peu pour regarder comment réagit la végétation. Parfois, elle réagit très mal. Et souvent, c'est le cas. Et parfois, elle redémarre. Il faut regarder sur chaque plan et sur chaque parcelle comment ça se passe. Manifestement, on aura des dégâts qui seront très lourds sur un certain nombre. Surtout que ce vignoble avait subi des épisodes pas intenses, mais quand même existants de gel il y a quelques jours. Puisque vous savez qu'on a été en bordure dans beaucoup de régions d'épisodes de gel.

Donc, la solidarité nationale va se mettre en oeuvre. D'abord au travers et principalement au travers des systèmes assurantiels qu'on a mis en place. On oublie souvent ça. On a un dispositif assurantiel qui a été modifié en 2022 et qui permet de subventionner l'accès à l'assurance et de faire en sorte qu'il y ait toujours un étage, même quand on n'est pas assuré, où on est indemnisé à partir d'un seuil de perte. Et donc, on va activer ces mécanismes. Alors, la difficulté pour la vigne et pour ces productions-là, c'est qu'il faut qu'on puisse mesurer et au fond, c'est à la vendange qu'on sait.

Donc, on va regarder les mécanismes intermédiaires qu'il peut y avoir mais j'ai demandé à mes équipes et à mes services qui sont très mobilisés sur tous ces sujets d'aller voir avec les agriculteurs, les viticulteurs sur le terrain pour mesurer l'ampleur des dégâts. Parce qu'il y a des dégâts immédiats. On a toujours été au rendez-vous ? On a toujours été au rendez-vous. Mais par le mécanisme en particulier d'assurance récolte, ce qu'on appelle le troisième étage, l'indemnité de solidarité nationale.

17:25
Invité

Est-ce que ces intempéries se gèlent il y a quelques jours ? Est-ce que vous y voyez aussi l'illustration du dérèglement climatique ? Absolument. Est-ce que ça veut dire, je termine ma question, que demain, on aura du mal à se protéger ? Vous parliez des assureurs, par exemple. Est-ce que demain, les agriculteurs risquent de ne pas avoir d'assureurs pour les accompagnés ? Mais c'est une très bonne question.

17:41
Marc Fesneau

On a devant nous un sujet de la résilience et de la résistance des systèmes assurantiels. C'est d'ailleurs pour ça qu'on en a fait cette réforme. Face à des événements climatiques qui vont être de plus en plus violents. Le gel n'est pas plus tardif. C'est le démarrage de végétation qui est plus précoce, qui fait que le gel arrive sur une végétation qui est déjà très lancée. C'est ça qui fait les épisodes. Et reconnaissons, j'ai commencé au ministère de l'agriculture par des épisodes de grêle, de tempête et d'orage. Et tous les ans, on a ces épisodes-là et nous aurons aussi parfois des épisodes de sécheresse. Donc ces excès climatiques viennent déséquilibrer les systèmes assurantiels.

Ça veut dire qu'il faut regarder si notre système est bien robuste. Et y compris dans la nouvelle PAC, comment ça peut être renforcé. C'est 2027, mais il faut s'y préparer dès à présent. Et puis deuxième élément, c'est voir comment on peut protéger mieux nos cultures. C'est-à-dire que sur le gel, sur la grêle, il y a des systèmes de protection qui parfois sont efficients et donc il faut donner ce qu'on fait d'ailleurs. Juste pour le grand public,

18:31
Invité

comment est-ce qu'on protège une vigne par exemple ? Alors vous avez des... Pas pour la grêle ?

18:36
Marc Fesneau

Oui, par exemple. Vous avez des canons qui viennent disperser anti-grêle, qui viennent disperser des produits qui sont tout à fait homologués, sans risque, disperser et dissoudre les grêlons. Vous avez parfois des filets par à grêle, c'est-à-dire que vous mettez un filet par-dessus. Et en fait, alors ça marche pour des grêlons de taille raisonnable. Compte tenu de la nature de grêlons, je ne sais pas s'ils seraient fonctionnés. Mais voilà,

18:55
Locuteur non identifié

c'est des systèmes plutôt physiques. De la grosseur d'une balle de... Oui, je ne suis pas sûr

18:58
Marc Fesneau

quand je dis que je ne suis pas sûr, je sais que les filets par à grêle ne sont pas assez costauds pour ça. Mais il y a des systèmes... Mais ceci dit, c'est des investissements très lourds. Et donc il faut regarder comment on peut trouver un équilibre économique avec ces systèmes de protection.

19:11
Invité

Marc Fénault, l'agriculture est évidemment un sujet majeur des élections européennes. Le scrutin est dans 5 semaines. On le rappelle, c'est le 9 juin prochain. Vous le mettez avant ou après l'écologie dans vos priorités sur la liste renaissance ? Mais je refuse ce débat

19:24
Marc Fesneau

de mettre une espèce de hiérarchie entre les uns et les autres. Je l'ai dit tout à l'heure, si nous n'arrivons pas à mener la transition écologique et les sujets de lutte contre le dérèglement climatique, plus 4 degrés, c'est mortel pour l'agriculture.

19:35
Locuteur non identifié

D'accord, mais quelles sont vos propositions sur l'écologie depuis le début de la campagne ?

19:39
Marc Fesneau

Mais les propositions sur l'écologie depuis le début de la campagne, Valérie Ayé l'a rappelé encore hier, c'est des propositions qui tournent autour de la poursuite de ce que nous avons fait en termes de décarbonation de nos économies. Et c'est ce qu'a dit le Président de la République autour du fait qu'il faut qu'on ait un grand plan européen qui permette d'accompagner ces transitions. Parce que sur quoi on bute sur ces transitions ? C'est la capacité des citoyens, la capacité des entreprises à être accompagnées. Et donc l'idée que nous ayons un grand plan européen d'investissement qui permet qui ? D'investir sur les énergies renouvelables ou décarbonées en général.

Qui permet de pousser les feux comme on le fait sur les voitures électriques. Qui permet aussi de travailler sur les questions de recherche et d'innovation. Parce que nous pouvons être en retard sur un certain nombre de ces sujets-là. C'est comme ça qu'on arrivera à résoudre et à faire face à ce défi en particulier ce défi climatique.

20:23
Locuteur non identifié

Vous y croyez encore à la dynamique derrière Valérie Ayet. On voit que c'est compliqué pour la candidate de la majorité présidentielle qui est presque au coude à coude avec le socialiste Raphaël Glucksmann. Loin derrière Jordan Bardella du RN.

20:36
Marc Fesneau

Mais pour la connaître je connais Valérie Ayet comme une personne qui est solide qui est compétente et qui est sérieuse. Ce qui n'est pas tout à fait les qualités que je reconnais à M. Bardella. Et à un moment dans une campagne qui n'est pas lancée objectivement.

20:49
Invité

des débats tous les jours, des longs débats on en parle beaucoup.

20:52
Marc Fesneau

Vous le savez très... Ce n'est pas parce que vous en parlez beaucoup et que nous parfois nous parlons d'un certain nombre de sujets que les gens que je croise dans mon village de Marche Noire m'en parlent. Je vous assure que ce n'est pas un sujet de conversation quotidien.

21:01
Invité

Qu'est-ce qu'ils vous disent sur le terrain à Marche Noire ?

21:03
Marc Fesneau

Ils sont plutôt sur les sujets qu'on n'a pas évoqués mais qui se font à l'actualité sur ce qui se passe dans un certain nombre d'universités sur les violences entre les jeunes et la vieux... Comment dirais-je ? Les phénomènes de violence dans la société, ça, ça occupe plus nos concitoyens aujourd'hui que le sujet européen. En même temps, ce qui se joue le 9 juin, c'est un sujet central, c'est l'Europe stop ou encore. Parce que c'est ça la vérité. Et l'Europe encore, ça nous permettra de faire face aux défis que vous avez évoqués du dérèglement climatique et de faire face aux défis immenses qui est celui de la guerre et la paix ou la paix sur le continent.

Si nous ne sommes pas plus unis, si nous ne sommes pas plus avancés sur un certain nombre de sujets au niveau européen, ce n'est pas la France toute seule qui défendra ses intérêts. Donc, c'est plutôt comme ça qu'il faut défendre les choses et moi, je pense que Valérie Aïa a toutes les qualités. Il y aura une liste dans les quelques heures ou quelques jours qui viennent qui permettra aussi... Le modem sera bien servi ou pas ? Ce n'est pas la question d'être servi, mais le modem sera respecté comme il l'a toujours été dans ce type d'accord et je n'ai plus aucun doute.

Je n'en avais pas beaucoup mais je n'en ai plus aucun compte tenu de ce que je sais que je sais et je trouve que la question c'est la question que chacun fasse sa part d'effort. Quand vous faites une liste c'est toujours compliqué. Vous êtes obligé de faire des choix. Il n'y a rien de pire que faire des choix, j'en suis. J'ai fait quelques investitures dans ma vie donc je sais que vous faites plus d'adversaires et d'ingrats disaient certains que d'amis. Mais ce n'est pas grave. Je pense que c'est bien que nous ayons une liste qui soit équilibrée qui représente l'ensemble des forces de la majorité et puis qui s'élargisse aussi je pense à l'UDI ce qui est un élément important pour nous.

22:19
Invité

Et la liste de Valérie sera dévoilée d'ici demain. Merci beaucoup Marc Fédon ministre de l'Agriculture et de la Souveraineté Alimentaire d'avoir été l'invité du 8.30 France Info ce matin. Victoria Cossa merci beaucoup on se retrouve bientôt pour de nouvelles interviews.