Manuel Bompard, coordinateur de LFI, est l'invité de la matinale de franceinfo
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
Bonjour Manuel Bonpard. Alors avant de parler de l'impact de la guerre au Moyen-Orient sur le pouvoir d'achat des Français, hier c'était un hommage national à à Lionel Jospin. Alors bien sûr on se rappelle des 35 heur de la CMU, mais à un an de la présidentielle, c'est aussi le symbole de l'effacement de la gauche le 21 avril 2002 au premier tour de la présidentielle. il ne franchira pas ce premier tour.
Est-ce que ça voit pas un message pour la future présidentielle euh d'un premier ministre qui à l'époque a fait une campagne plutôt au centre et puis surtout d'une gauche très éclatée ? C'est une [grognement] bonne question d'abord. C'est c'est un souvenir.
Alors moi pour la génération qui est la mienne, sans doute que c'est la dernière expérience d'une gauche offensive, j'ai envie de dire au pouvoir. Donc c'est c'est plutôt un souvenir qui a un souvenir intéressant. Après effectivement, ça pose aussi la question d'une campagne présidentielle, celle de 2002 où quand vous prétendez faire une campagne au centre, en tout cas moi c'est l'enseignement que j'en tire, mais à la fin vous perdez parce que le peuple et ben il veut des projets que soient des projets clairs et quand il veut voter à gauche, c'est pour transformer la société.
Donc moi ça m'encourage plutôt dans la logique de la gauche de rupture qui est celle qu'on a rebâti avec Jean-Luc Mélenchon et qui sera présente dans la prochaine élection présidentielle. 2017-2022, la gauche n'était pas non plus au 2è tour. Vous pensez que 2027, il pourrait y avoir un candidat que ce soit social-démocrate ou de la gauche radicale au deuxème tour Bah moi, écoutez, quand je tire le bilan de des dernières échéances électorales, en particulier des élections municipales, dimanche dernier, ce que j'observe c'est qu'au sein de la gauche, vous avez une gauche qui est en dynamique, c'est la gauche de rupture que l'on représente qui dirigeait jusque-là zéro villes dans les villes de plus de 50000 200000 habitants qui en dirigera désormais deux avec Sandy et et Roubé pour pour la France insoumise et puis de l'autre côté une gauche plutôt d'accompagnement qui plutôt a tendance à se tasser lors de ces dernières échéances électorales.
Donc je pense que la force, la dynamique, elle est du côté de la gauche de rupture. Et donc moi, j'appelle celles et ceux qui veulent avoir l'année prochaine une un candidat de gauche en mesure de pouvoir l'emporter à l'élection présidentielle et donc de se qualifier au second tour. C'est la première étape, de venir nous rejoindre, de venir nous aider parce que c'est de ce côté-là qui a la force et la dynamique pour permettre à ce pays de tourner la page de la Macronie, de battre l'extrême droite et puis d'ouvrir une nouvelle page de notre histoire, la justice sociale, la justice fiscale, la transition écologique, la démocratie.
C'est tout ça qu'on va apporter dans cette échéance et cette bataille présidentielle. Alors, on reviendra sur les municipales avec euh euh quand même un maintien pour les Républicains, pour les socialistes, une percée euh euh du Rassemblement national, mais aussi la présence de la France insoumise dans un certain nombre de villes. Vous l'avez rappelé, on parlera en particulier de Saint-Denis tout à l'heure, mais bien évidemment ce qui intéresse directement les Français au-delà de ces campagnes électorales, c'est l'impact sur le pouvoir d'achat de la guerre au Moyen-Orient.
On est presque à un mois de de début de cette attaque d'Israël et des États-Unis sur l'Iran. On a l'impression que pour les mesures pour les Français, le gouvernement dit depuis 3 semaines, il est urgent d'attendre. Vous vous proposez par exemple le blocage des prix, le Rassemblée national une baisse de la TVA, les socialistes un chèque énergie.
Pour l'instant le gouvernement dit le déficit ne le permet pas. J'imagine que c'est une réponse qui ne vous satisfait pas. Absolument pas.
Le gouvernement fait absolument rien sur ce sujet. Ça fait, vous l'avez dit, depuis un mois qu'on sait que ça va avoir des conséquences et que ça a commencé à avoir des conséquences sur le pouvoir d'achat des Français et des Français. On a un gouvernement qui a annoncé quoi ?
Des contrôles dans moins de 5 % des stations services qui changent absolument rien au au problème qui est posé. Ils ont dit au distributeur d'être vertueux. Est-ce que ça porte ses fruit ?
Ça c'est les gouvernements Macronis qui vous font des demandes qui supplieent. Ben non, ça porte pas ses fruits. Aujourd'hui, vous avez carburant qui a atteint quasiment 2,15 € en moyenne pour le gasoil, plus de 2 € pour l'essence.
Les gens qui n'ont pas d'autre choix que de prendre leur voiture, ils sont confrontés aujourd'hui à ces difficultés. Donc la seule mesure qui permet de régler ce problème, c'est de bloquer les prix. On a déposé une proposition de loi sur ce sujet.
Il y a il y a désormais plusieurs la réponse est non. Bah oui, mais je j'observe qu'un certain nombre de pays le font au sein de l'Union européenne en particulier. La Croatie l'a fait, la Grèce l'a fait, même en dehors, la Corée du Sud a annoncé l'Italie TV aussi.
Ouais, mais là, il faut distinguer bien les choses. Ce qu'il faut faire, c'est bloquer les prix. un article du code du commerce qui permet de le faire.
Les autres mesures qui sont proposées, y compris celles proposées par le Rassemblement national ne règle absolument aucun problème. Quand vous renoncez à l'augmentation des taxes sur l'augmentation des prix, c'est la propulsion de monsieur Bardè, ça veut dire qu'au lieu d'augmenter les prix de 30 centimes, vous les augmentez de 24 centimes. C'est 20 % les taxes sur l'augmentation du prix.
La belle affaire, ça règle absolument aucun problème. Quand tu as proposé un chèque énergie, ça revient à payer avec l'argent de des Françaises et des Français les marges des raffineurs. Parce que quelle est la conséquence de cette situation ? des grandes entreprises du raffinage, de la distribution qui s'en mettent plein les poches sur le dos de tout le monde.
C'est à ça qu'il faut s'attaquer. Les Français vous vous entendent mais eux ce qu'ils aimeraient bien voir c'est que ça baisse puisque en fait les Français ont fait leur mesure eux-mêmes. C'està-dire que la consommation même de carburant est en train de baisser.
Bah pour que ça baisse il faut bloquer les prix au prix auquel ils étaient avant qu'ils augmentent. C'est la seule solution qui permet d'avoir un impact immédiat sur les prix. C'est pas une mesure absolument loufoque.
On l'a déjà fait en France. On l'a fait pendant la crise sanitaire par exemple sur le gel hydroalcoolique. On l'a fait pendant la Première Guerre du golf en France.
C'était le gouvernement de Michel Recard à l'époque qui a pris des mesures de blocage des prix et d'encadrement des marges. C'est la seule solution pour faire en sorte que les prix n'augmentent pas sur le carburant. Il faut commencer par ça et il faut le faire aussi sur le gaz et le gouvernement ne fait rien.
Est-ce que pour l'instant le cas ? On nous a annoncé éventuellement des mesures la semaine prochaine. C'est ce qu'a dit Roland l'escur.
Oui, mais c'est maintenant qu'il faut agir. Oui, mais euh qu'est-ce que qu'est-ce qui peut se passer pour les Français ? Et bah ce qui va se passer, c'est que vous allez avoir des gens qui vont renoncer à des déplacements, ce qui est déjà apparment le cas.
Voilà, vous allez avoir des gens, c'est déjà le cas, qui euh vont devoir se serrer encore plus la ceinture alors qu'ils sont déjà dans des situations qui sont des situations extrêmement difficile. Et le rôle d'un gouvernement, c'est quand même de protéger les Français d'une crise dont ils sont absolument pas responsables. Et le déficit pour vous, c'est pas un bon argument de dire "On ne peut pas perdre un peu plus d'argent que mais précisément parce qu'on est dans une situation budgétaire qui est complexe, précisément pourquoi tout ce qui est échec, énergie et cetera sont pas les solutions ? précisément parce qu'on est dans cette situation que ce qu'il faut mettre à contribution, c'est les grandes entreprises qui vont profiter de cette situation comme une forme d'effet d'oben.
Si vous bloquer les prix, ça n'a aucun impact sur le déficit. Par contre, ceux que vous mettez à contribution, c'est ceux qui font et qui ont fait déjà après la guerre en Ukraine par exemple des records de bénéfices, des records de dividendes versés aux actionnaires. C'est eux qu'il faut mettre à contribution.
C'est la seule solution pour faire en sorte que ça soit pas les Français qui payent les prix de cette situation et que ça soit pas non plus le budget de l'État qui soit à nouveau mis à contribution. Donc on a compris, c'est votre proposition. notre proposition et j'espère qu'elle pourra être reprise.
Alors, vous parliez des municipales, vous avez euh remporté Saint-Denis au premier tour hein, ce qui était quand même une surprise même si c'était l'un de vos vos objectifs. Et donc le le maire a fait une proposition qui est assez liée au programme de la France insoumise hein, concernant le désarmement de la police municipale. En tout cas, on va être précis, il propose dans un premier temps de priver les policiers municipaux du fameux LBD, du lanceur de de balle de défense.
Est-ce que c'est une première étape ? Est-ce que c'est un symbole puisque d'autres maires comme par exemple monsieur Guot n'est pas forcément favorable à ce désarmement ? Est-ce qu'on est dans la symbolique pour dire regardez on est élu pour appliquer notre programme ?
Non, d'abord on est élu pour appliquer notre programme et donc quand j' entends décrit d'orfis sur cette proposition, elle a été au cœur du programme de Bali Bagaco. Si les habitantes et les habitants de SI ont voté pour sa liste avec les insoumis, les communistes, bah ils connaissaient son programme. Donc c'est d'abord ils ont donné une validation à cette proposition.
La logique générale, c'est de dire "Attendez, il y a une police municipale, il y a une police nationale. Il y a un certain nombre de rôles qui sont dévolu à la police nationale et c'est pas à la police municipale de se substituer au rôle de la police nationale." C'est pas un message qui pourrait être envoyé, que ce soit à Saint- N ou ailleurs, euh aux délinquants au au narcotrafic en disant "On est en train de faciliter la tâche de la délinquante dans certaines villes." Absolument pas. cette idée qui est maintenant répondue dans le débat public que le niveau d'armement de la police municipale serait lié à l'efficacité de la lutte contre la délinquence est absolument absurde.
Reg pareil pour la vidéo et je dis pareil pour la vidéo mais regardez par exemple le Rassemblement national qui nous donne des leçons en permanence sur ce sujet les neuf villes qui étaient dirigées grandes villes qui étaient dirigées par le Rassemblement national dans cette ville sur neuf la délinquence a augmenté depuis que le Rassemblement national est au pouvoir. Donc vous voyez, il faut sortir de ces idées un peu basiques consisterait à dire plus on va donner d'armes à la police municipale, plus ça va être efficace. C'est absolument pas le cas parce que sinon vous avez qu'à donner des chars d'assaut aux policiers municipaux.
C'est évidemment pas ça qu'il faut. Il faut une police de proximité. Il faut que la police municipale soit prenne en charge les les missions qui lui sont d'évolu et ensuite évidemment faut un bras de fer avec l'État pour que les effectifs de police nationale soient aussi au rendez-vous.
Et c'est ça qui est efficace. C'est cette politique qui est efficace pour lutter contre la délinquence et pour faire en sorte de rétablir aussi un lien entre la police et la population qui est essentiel si vous voulez qu'on puisse vivre en paix en tranquillité dans nos communes et en particulier dans nos communes populaires. Et pour finir sur ce sujet-là, est-ce que au-delà de cette symbolique euh du LBD, euh le maire de Sani va aller au-delà ?
Bah, je crois qu'il a dit que il s'inscrivait dans une démarche qui était une démarche progressive. sa première étape c'était ça et puis ensuite qu'il allait évaluer les équipements qui étaient à la disposition de la police municipale pour voir ceux qui sont pertinents, ceux qui le sont pas et évidemment de le faire en discussion avec les habitants, avec la police municipale, il s'agit pas d'imposer des décisions, mais de le faire en discussion et je crois que c'est la bonne manière de fonctionner, c'est la bonne démarche et c'est ce qu'on attend d'une mairie insoumise et communiste puisque Sen a été gagné par l'alliance de la France insoumise et du parti communiste. Alors, l'un des enjeux des municipales, c'était pour vous d'être implanté localement parce que je rappelle qu'en 2020, il y avait pas de de liste estampillé, mais vous souteniez des collectifs citoyens.
Ce sont les sénatoriales. Je rappelle que le corps électoral ce sont des grands électeurs et parmi eux, 95 % ce sont les les élus des communes. Vous avez déjà calculé l'impact possible.
Par exemple, dans le Rô, vous faites de bons scores avec plusieurs villes gagnées. Vous pourriez y avoir des sénateurs. Est-ce que c'est un objectif déjà ? ou c'est un objectif et je pense que la France a soumise dans les prochaines années, peut-être dans les prochains mois d'ailleurs parce que la première renouvellement des élections sénatorielles aura lieu au mois de sept rentrera au Sénat pour l'instant on n'était pas présent au Sénat.
Maintenant le personne n'avait voulu vous aider à gauche. C'est vrai. Bah là je j'ai l'impression j'ai entendu quelques déclarations un changement de ton.
Euh donc j'en j'en prend acte et je pense que c'est le résultat de notre percé euh aux élections municipales. Maintenant, je vais quand même dire que le premier objectif des élections municipales, c'est et des en particulier des communes dans lesquelles on l'a remporté, c'est de transformer la vie des gens qui habitent avant tout. C'est pas les objectifs politiciens qui doivent l'emporter.
Mais bien sûr, le mode de scrutin est fait de telle manière que percer au municipal comme on a pu le faire, ça doit se traduire aussi par une représentation au Sénat. Alors, il nous reste un petit peu de temps. On l'a dit, au soir du 2e tour, on a directement commencé à parler de la présidentielle, en tout cas pour ceux qui veulent d'éventuellement des primaires, ce qui n'est pas le cas de la France insoumise.
Euh est-ce que toutes les planètes sont alignées pour que Jean-Luc Mélenchon se déclare rapidement à la présidentielle si votre candidat ? Il me semble que ce sera votre candidat. On verra ça.
Mais d'abord, je veux dire que toutes les planètes sont alignées pour que la France insoumise se déploie désormais au lendemain de l'élection municipale et se projette dans la ligné, c'est que vous avez quand même vos adversaires de gauche sont assez divisés, que vous avez réussi en partie votre paris sur les municipales et que de fait comme vous ne voulez pas de primaire, la voie est ouverte pour une déclaration de candidature. Évidemment, on a un programme, on a des équipes dans l'élection municipale. La France assouis encore renforcée, elle va avoir plusieurs plus d'un millier d'élus locaux.
On a gagné 10000 militants qui nous ont rejoint dans cette campagne. Donc oui, on est en dynamique dans la préparation de l'élection présidentielle. Après, nous, on a toujours dit les choses de la même manière.
On tend la main aussi à toutes celles et ceux, y compris dans les autres formations politiques, qui veulent mener cette bataille de la campagne présidentielle avec nous. Mais il faut le faire sur la base d'une ligne claire, d'un programme clair et pas dans des aventures où on comprend plus rien, où on va mettre dans une même primaire des gens qui proposent des choses différentes et qui à la fin ne soutiendront pas le vainqueur. Donc ça ça peut pas être la solution.
Mais par contre, nous on travaille à une candidature qui peut être commune à d'autres s'ils le souhaitent et on est prêt à en discuter avec eux. Mais pour ça, il faut qu'on soit d'accord sur le programme qu'on a envie de présenter aux électrices et aux électeurs. On va patienter encore un peu.
Merci Manuel.
Manuel Bompard