Éric Zemmour, Liberté d'expression, grève : Les CONFESSIONS de Geoffroy Lejeune
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
Analyse automatique
Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie
Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 30 %Attaque 9 %Défensif 61 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:33OuverteRéponse directe
Comment vous sentez-vous avant cette première ?
- 1:15OuverteRéponse directe
On se dit quoi quand on devient directeur de la rédaction à 27 ans puis au cœur d'une crise médiatique ?
- 1:58OuverteRéponse directe
Quel âge as-tu, où as-tu grandi ?
- 2:35OuverteRéponse directe
Comment tu as vécu cette période de l'intérieur ?
- 3:19OuverteRéponse directe
Est-ce qu'il y avait de la politique à la maison ?
- 5:08OuverteRéponse directe
À quel moment tu deviens journaliste ou tu te dis que tu veux devenir journaliste ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:00Fait
« Quand il y a des polémiques aujourd'hui, c'est du combat politique pur et dur. »
- 5:41Geoffroy LejeuneFait
« J'étais allé manifester contre le pauvre François Fillon, s'il savait. »
- 10:11Geoffroy LejeuneFait
« La presse écrite est morte, de toute façon la France est foutue. »
- 11:59Geoffroy LejeuneFait
« Moi en fait je pour le coup j'ai jamais été convaincu par les arguments de ceux qui voulaient le diaboliser. »
- 12:28Geoffroy LejeuneFait
« Chevènement vient au tribunal pour dire écoutez, moi j'ai été ministre, j'ai eu le nez dans les statistiques. Malheureusement il a raison. »
- 14:41Geoffroy LejeuneFait
« Il y a un espace pour toi, tu devrais y aller. »
- 19:28Geoffroy LejeuneFait
« C'était un concours de circonstances, je m'étais pas spécialement préparé et ça m'est tombé dessus. »
- 21:44Geoffroy LejeuneFait
« On était habitué à être un peu au fond de la classe, on était habitué à être beaucoup tapé. »
- 29:04Geoffroy LejeuneFait
« Les gens en face ne croient pas à ce qu'ils disent. Quand il y a des polémiques aujourd'hui, c'est du combat politique pur et dur. »
- 45:25Fait
« Moi je suis né en 1988 et il se trouve que cette semaine j'ai revu le film Itinéraire d'un enfant gâté qui a été tourné en 1988 et j'ai eu l'impression de regarder un film des années 60 »
Temps de parole
- ?100 %
≈ 0 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
Modèle mistral-small-latest · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
Les intervenants ne sont pas encore identifiés sur ce transcript — l'identification des locuteurs est en cours de traitement et apparaîtra prochainement.
J'avais compris un truc c'est que en réalité, les gens en face ne croient pas à ce qu'ils disent. Quand il y a des polémiques aujourd'hui, c'est du combat politique pur et dur. Après l'affaire Ramadan, d'ailleurs, j'ai j'ai eu pendant quelques semaines des gardes du corps. On m'avait dit il faut que tu caches tout ça. En fait, on arrive on il y a [musique] des ordinateurs et cetera. On ne sait pas se servir des logiciels pour fabriquer le journal. Je pense que ce pays est en danger de mort sincèrement, c'est pas très original de le dire. Pourquoi tu as les yeux qui ? Parce qu'on m'a parlé de de mes enfants. Aujourd'hui, nous avons le grand plaisir d'accueillir quelqu'un que vous connaissez peut-être mais superficiellement, Geoffroy Lejeune. On va essayer d'en
savoir plus sur son profil, son parcours, qui il est. Geoffroy Lejeune, journaliste et directeur de la rédaction du Journal du Dimanche depuis 2023. Un plaisir de vous recevoir cher Geoffroy Lejeune. Comment vous sentez là avant la première ? [rires] Oui, c'est drôle parce que en fait, on a beaucoup même se connaître un peu et et faire parfois des plateaux ensemble et tout. Il y a une petite pression. Voilà. C'est ça, je ressens cette pression. Cette pression, c'est vous. Alors, on va parler vraiment librement. Moi, je pense que c'est important de savoir un peu qui se cache derrière ce jeune homme que l'on voit à la fois on sent que vous êtes ferme, on sent que vous êtes doux, on sent que vous êtes déterminés. On a envie de savoir qui vous êtes et votre parcours. Déjà,
première question qu'on se retrouve directeur de la rédaction à 27 ans puis au cœur d'une crise médiatique quelques années plus tard, on se dit quoi ? J'ai ? On se dit rien du tout parce que je me dis pas que j'ai réussi parce que il y a tout tout est tout est encore à faire et ensuite on se dit rien du tout parce que moi j'ai rien choisi en réalité. C'est c'est-à-dire que quand quand j'ai été plus jeune nommé directeur de mon précédent journal, c'était un concours de circonstances, je m'étais pas spécialement préparé et ça m'est tombé dessus donc j'ai pas eu vraiment le temps de réfléchir. Et et et puis vous faites on se tutoie ou on se ? Comme comme comme tu veux. On peut se tutoyer si tu es plus à l'aise. Ça va être plus facile parce que sinon c'est
et et tu fais référence à mon arrivée au journal du dimanche qui a été mouvementée on va dire et et là je l'ai pas du tout choisi moi j'avais plus de travail j'avais été viré de mon précédent boulot et on me propose cette opportunité incroyable évidemment j'accepte parce que j'avais j'en avais très envie et et après il y a des conséquences que moi j'avais pas choisi et on les subit en réalité donc donc j'avais pas spécialement c'était pas dans mes plans j'aurais préféré que ça n'arrive pas mais c'était là il fallait le gérer donc voilà c'est un peu subi tout ça. On va en parler hein tout à l'heure effectivement de ces moments peut-être particuliers on a envie de connaître effectivement l'envers du décor comment Geoffroy Lejeune dont on a vu le nom un peu partout
comment il a vécu cette période de l'intérieur. J'aime bien votre regard ton regard parce que tu te dis tiens je m'attendais pas à cette question. Bon on va se poser toutes les questions d'abord moi j'ai envie de savoir qui est Geoffroy Lejeune. Quel âge as-tu où as-tu grandi quel a été ton ? Alors j'ai à l'heure où on parle j'ai 37 ans déjà c'est pas si jeune que ça j'étais jeune homme à un moment puis maintenant c'est ça s'en va. Euh ensuite alors moi je toi tu as pas d'âge c'est la chance que tu as [rires] je suis sûr que personne n'est capable de donner ton âge moi j'en suis incapable. Et en fait ouais j'ai 37 ans je je viens d'une famille de six enfants avec des parents qui qui s'aiment beaucoup j'ai eu beaucoup de chance j'ai reçu beaucoup d'amour
j'ai là-dessus j'ai vraiment pas un parcours abîmé ni ni boom ni ni blessé j'ai beaucoup de chance là-dessus. Euh je suis très proche de mes frères et sœurs et en fait j'ai grandi dans beaucoup beaucoup de villes différentes parce que mon papa était militaire et donc il déménageait quasiment tous les deux ans donc je suis né à Avignon j'ai gardé mes attaches disons à Avignon parce que j'y suis retourné quand j'avais 14 ans mes parents ils sont et cetera donc donc c'est là-bas quand on me demande d'où je viens je dis que je viens d'Avignon mais on n'a pas spécialement d'attaches familiales historiques là-bas et après j'ai été euh dans l'est de la France, j'ai été en région parisienne, j'ai été en Bretagne, euh dans l'Ouest aussi à Angers, enfin bref, on a été un peu
partout, à Marseille. Euh et donc j'ai l'impression d'avoir quand même pas mal pas mal circulé dans dans ce pays. Euh et et ça m'a donné une déjà je connais donc je connais beaucoup d'endroits dans en France et ça c'est une chance et surtout ça m'a donné une capacité d'adaptation parce que quand j'étais petit en fait euh tous les ans euh tous les 2 ans pardon, je repartais de zéro, je devais me refaire des copains, euh je quittais des gens que je connaissais j'allais dans un endroit que je connaissais pas, dans une école que je connaissais pas, avec des profs que je connaissais pas. le caractère. Et en fait ouais, je me revois petit me dire "Allez, on recommence." Euh donc il y avait toujours un peu de tristesse en partant et puis tu arrives à la rentrée, moi je suis né le 3 septembre.
Donc mon anniversaire quasiment à chaque fois c'était le jour de la rentrée. Et et donc je fêtais mon anniversaire avec des gens qui qui me connaissaient pas. Et et et et en plus parfois les maîtresses quand elles font le premier appel de la première journée de classe, elles voient la date de naissance à côté, elles disent "Tiens, il y en a un qui est né aujourd'hui, c'est ?" Et c'était le nouveau. Et et donc et je devais repartir de zéro un peu tous les ans mais en fait ça m'a ça m'a beaucoup beaucoup apporté parce que bah il faut se sociabiliser, il faut et donc je pense que ça a développé quelque chose chez moi d'une capacité en fait à rentrer en contact avec des gens que je connais pas et à être assez à l'aise avec ça alors que normalement c'est un peu difficile de de de de nouer des
relations et cetera. Moi c'est moi c'est vrai que c'est quelque chose que que du coup j'ai appris très jeune. Capacité d'adaptation et ça c'est une clé importante dans la vie. Pour moi c'est une des valeurs clés les plus fondamentales dans la vie aujourd'hui, l'adaptation. Bah je suis d'accord. En tout cas moi c'est j'étais obligé enfin sinon j'aurais pas eu de j'aurais vécu une enfance sans amis et cetera donc c'était c'était pas possible. Est-ce qu'il y avait de la politique à la ? Zéro. Alors pour le coup ça c'est drôle, j'ai eu de la chance aussi là-dessus, j'ai été préservé. En fait je suis tombé tout seul dedans euh quand j'ai eu 18 17 ans à la fin de du lycée euh il y avait un peu de à l'époque c'était les il y avait la la une loi Fillon je crois qui était
ministre de l'Éducation nationale contre laquelle les les lycéens manifestaient et moi j'étais allé manifester contre le pauvre François Fillon, s'il savait. Euh et j'étais allé Contre ? Ben bien sûr, parce que en fait, tout le monde y allait, donc il fallait suivre le mouvement et cetera. Et euh et je m'étais dit à l'époque ça avait l'air intéressant la politique, ça avait l'air amusant et je suis tombé dedans, je suis allé à la FNAC de la rue de la République à Avignon et euh habituellement j'y allais pour lire des bandes dessinées. Et là, je vois sur les devantures le livre, c'était à la fin du du 2e de mandat de Jacques Chirac, le livre de Franz-Olivier Giesbert qui s'appelle La Tragédie du Président et je me dis c'est incroyable, euh il y a un quelqu'un qui
a osé écrire un livre en mettant tragédie et président alors que c'est quand même le président de la République. Euh et donc je commence à feuilleter le truc et puis je trouve ça extraordinaire. Et c'est ce livre qui m'a fait rentrer dedans et j'avais aucune notion de politique, je savais pas ce qu'était la droite et la gauche, je je m'intéressais pas du tout à ça et je suis tu dis que tu as été préservé, pourquoi tu as utilisé ce ? Parce que je sais pas si j'aurais beaucoup aimé avoir mes parents qui s'engueulent à la à la maison pour de la politique. Ça et puis quand en fait quand on a je sais pas entre 8 et 15 ans, c'est pas très intéressant, on est sur autre chose, moi je faisais du foot, j'avais d'autres préoccupations, j'allais au scout et cetera, je suis content de pas de que ça
soit arrivé plus tard. Et en fait moi ça a correspondu ce bouquin et et le moment où je me suis intéressé à ça à la présidentielle avec euh Nicolas Sarkozy et Ségolène Royal qui en fait était une présidentielle assez extraordinaire en terme d'idées, en terme de même de exceptionnelle. Et on est là, on n'a pas revécu vraiment ça d'ailleurs depuis. Et euh et en gros, je rentre dans la politique à ce moment-là un peu comme on rentrerait dans une série Netflix, c'est-à-dire je m'intéresse aux personnages, je m'intéresse aux rebondissements, je lis ce fameux livre et je me dis mais c'est extraordinaire comme matière et je rentre tout seul dans le truc. Et donc mes parents en fait moi j'ai parlé de politique avec eux bien bien bien plus tard. Et le journalisme dans tout ?
À quel moment tu deviens journaliste ou tu te dis que tu veux devenir ? Alors déjà moi j'ai j'ai beaucoup échoué dans mes études, donc [rires] initialement je ah ouais même j'étais vraiment une catastrophe. Autant au lycée ça allait mais par contre après je suis arrivé à la fac, je me suis inscrit en droit parce que j'avais pas spécialement d'idées que j'avais j'avais j'étais pas pris non plus en prépa et cetera. Et pourquoi excuse-moi, pourquoi tu as beaucoup échoué dans dans tes ? Parce que tu ne travaillais ? parce que tu n'avais pas envie, parce que tu te retrouvais pas à la fois et et que je ratais mes partiels surtout que j'allais à la fac, je passais mes partiels, j'avais 4 de moyenne enfin je même avec beaucoup de bonne volonté, il y a aucun prof qui m'a
dit on peut passer dans l'année d'après. Donc non non j'ai j'ai triplé ma 2e année de droit. Non. Si si et plus je je redoublais enfin je redoublais je retriplais moins je comprenais la matière du droit, j'étais perdu. Et et là j'ai l'idée en fait et entre-temps je me suis beaucoup intéressé à ce moment-là à la politique, j'ai lu pas mal de livres sur la vie politique, je me suis forgé une forme de culture un peu tout seul et et à ce moment-là je découvre Eric Zemmour à la télévision, c'est l'époque où il était chroniqueur chez Laurent Ruquier et en fait j'avais une petite télé dans mon dans mon studio à Paris et et je tombe complètement par hasard un samedi à minuit et demi sur cette émission et là je prends une claque énorme, il y avait Zemmour et Nolo,
Laurent Ruquier donc et je me dis mais c'est exceptionnel, c'est un ils ont réussi à faire un théâtre avec la matière qui m'intéresse. Euh il y avait une érudition chez chez chez eux il y avait une manière de mettre en scène chez pardon chez Ruquier le les affrontements avec les politiques et cetera que je trouve extraordinaire et puis je venais d'arriver à Paris, je découvrais un monde, le monde aussi de la culture, le cinéma, le théâtre et cetera et cette émission concentrait tout ça à la fois. Et je trouvais ça hors du commun et je suis devenu accro à On n'est pas couché et donc moi je je donc là j'achète tous les livres d'Eric Zemmour. On est en quelle année à peu ? On est dans les années 2008-2009. J'achète tous les livres d'Eric Zemmour à l'époque sur sur internet, sur eBay,
je me les fais livrer chez moi, je les lis tous et je me dis mais ce type est exceptionnel. Euh alors il était déjà très courageux, il défendait des idées qui moi me paraissaient être les bonnes et cetera et surtout en terme de journaliste politique, il avait une expertise, il connaissait tout le monde enfin je me dis je veux être ce gars. [grognement] Et je veux être ce type je je c'est drôle aujourd'hui c'est c'est quand je le revois maintenant on se connait bien euh on en rigole. Tu regrettes ? [raclement de gorge] De tu regrettes de t'être dit je veux être ce gars ou ? tout pas du tout c'est grâce à lui que j'ai voulu être journaliste moi. Et et même à l'époque je Vous en rigolez tous les deux. Et voilà. Ouais et à l'époque je je je fais même je m'inscris pour aller sur le
plateau de Laurent Ruquier dans les pendant les tournages des émissions pour aller saluer Eric à la fin. Euh et donc je je ouais, le tournage durait 5 ou 6 heures et je reste jusqu'à 1h30 du matin et à la fin je lui saute dessus euh "Monsieur Zemmour, donnez-moi des conseils, je veux faire comme vous et cetera." Et Eric me dit la première fois il me dit "Faites pas ce métier, c'est euh ça ça n'a aucun sens. Euh la presse écrite est morte." Enfin c'est Zemmour quoi. "La presse écrite est morte, de toute façon la France est foutue. Euh faites autre chose, c'est vraiment une mauvaise idée et cetera." Et moi évidemment je fais l'inverse et je m'accroche et je m'inscris à l'ESJ Paris euh au concours de l'ESJ Paris parce que je me dis je veux être journaliste et on
va essayer. Et je sais pas quoi faire d'autre. Mais ça vraiment ça m'a tiré. C'est comme ça que le concours. Que qui était pas très compliqué, ouais. En 2015 incroyable, là tu sors et tu publies Une élection ordinaire où tu imagines Eric Zemmour candidat à la présidentielle puis président. Ouais. Pourquoi écrire ce livre à ce ? Attention. Si vous êtes intéressés et vous aimez notre podcast, n'hésitez pas à vous abonner maintenant pour suivre nos invités régulièrement sur toutes les plateformes euh de podcast, notamment à YouTube, abonnez-vous. Alors je reviens à ma question, pourquoi en 2015 Donc je rappelle hein, 2009 c'est quand vous avez rencontré un peu Eric Zemmour et 2015 vous sortez ce livre. Alors en 2009 je le rencontre comme un
comme un fan en marge de l'émission et il sait pas du tout qui je suis et cetera. Je me rappelle que je lui pique son adresse mail euh celle du Figaro et je lui envoie des messages peut-être toutes les semaines, je lui envoyais un message pour lui dire à quel point j'avais aimé tel passage dans un bouquin, à à quel point je l'avais trouvé courageux à la télé à tel moment et cetera. Enfin voilà. Alors question pardon, à aucun moment tu ne te dis à ce moment-là par exemple que tu es sur une euh permetz-moi l'expression, un peu une pente glissante, tu es vers attiré vers un homme, je cite, d'extrême droite, un homme controversé. À aucun moment tu te dis ça. Non parce que des mais je suis sensible à toute à toute à toute la pression médiatique à ce moment-là parce que
comme je suis pas très politisé, en plus je suis en école de journalisme et cetera. Donc je vois bien que tout le monde il y a il y a des gens des méchants d'extrême droite et puis il y a les gentils de gauche et cetera. Euh Zemmour c'est différent parce que à l'époque de Ruquier, tout le monde a compris qu'il était plutôt de droite mais c'est pas encore le Zemmour d'aujourd'hui. C'est ça. Et en fait moi la diabolisation un journaliste. Et c'est un journaliste bien sûr. Parce qu'il d'ailleurs il est encore même en faisant de la politique, il est resté journaliste, il a des réflexes de journaliste. Euh et et en fait la diabolisation d'Eric, elle commence euh avec le le procès qui lui est fait. C'est un des c'est c'est c'est quand même incroyable un journaliste qui
va au tribunal pour des propos tenus dans une émission de télévision. Mais comme je le connais déjà très bien que j'ai tout lu, que je sais exactement qui il est et cetera. Moi en fait je pour le coup j'ai jamais été convaincu par les arguments de ceux qui voulaient le diaboliser et j'ai jamais trouvé qu'il avait changé. Euh c'est-à-dire que en fait au procès, je trouve ça scandaleux qu'il se retrouve au tribunal. Il est défendu à l'époque par l'ancien ministre de l'Intérieur socialiste d'ailleurs Jean-Pierre Chevènement qui dit il a raison sur la délinquance. Il avait dit la la la plupart des des délinquants sont des noirs et des arabes, c'est ça qui lui a valu d'être condamné mais Chevènement vient au tribunal pour dire écoutez, moi j'ai été ministre, j'ai eu
le nez dans les statistiques. Malheureusement il a raison, c'est on peut être très triste de cette situation mais bon en l'occurrence c'est vrai. Et en fait euh donc moi la diabolisation, elle m'est passée très très très au-dessus parce que je connaissais déjà le bonhomme et et je l'avais beaucoup lu. Et donc pourquoi j'ai écrit ce ? Ce livre effectivement, une élection ordinaire. Et voilà, tu imagines Eric Zemmour candidat et président. Parce que je me dis à l'époque donc Et on est on est loin hein, je veux dire là la première fois qu'il a été candidat alors voilà c'était en 2022. Ouais c'était bah c'était au moment où il était [raclement de gorge] dans les grandes années de Face à l'info euh et en fait en fait hein euh je donc on va pas je veux dire
en 2015 même lui je pense ne pensait pas du tout à faire de la politique un jour et toi tu avais déjà écrit ce livre. Alors c'est pas mon idée mais en fait c'est très simple. Entre moi je commence à travailler en 2011 à Valeurs [raclement de gorge] actuelles et euh et je suis journaliste politique, je suis la droite et le Front National essentiellement. Et euh et en fait euh je je je vendais à l'époque même à mon patron dans mon journal, je lui disais Eric Zemmour c'est un phénomène de société, c'est pas juste un un un un ancien collègue parce que mon patron était au Figaro avant. Donc il pour lui Zemmour c'était un collègue de bureau. Et et je dis c'est pas juste un collègue de bureau, c'est pas juste un journaliste du Figaro, c'est quelqu'un qui incarne vraiment quelque chose. Je
me souviens que j'étais allé à l'époque sur YouTube et je lui avais dit "Regarde la vidéo la plus vue d'Eric Zemmour sur YouTube, elle a été plus vue que la vidéo la plus vue de François Hollande qui était président de la République." Et il me dit "Mais c'est incroyable, c'est vrai, il y a il y a quelque chose qui se passe et cetera." Euh et et donc du coup je je militais pour qu'on fasse des interviews de Zemmour en tant que personnalité publique euh dans le journal. On en fait plusieurs et cetera. Un jour on fait une couverture sur lui, on fait un carton de vente. Et donc je savais qu'il y avait un phénomène Zemmour éditorial [raclement de gorge] en tout cas. Ah incroyable. Et je donc je me débrouille à ce moment-là pour le voir, pour l'interviewer, pour faire son portrait,
pour aller discuter avec lui. Et puis lui il finit par se dire "Tiens, je vais je vais accorder du temps à ce petit jeune qui m'aime bien et qui a et qui a plein de questions à me poser." Et moi ça me pas qu'il y avait toute cette histoire vraiment entre vous. C'est incroyable. Il a été très sympa parce que c'était déjà quand même quelqu'un de c'était c'était déjà une star donc il prenait du temps pour un gamin qui était qui était un petit journaliste de rien du tout et franchement il a été il me donnait des conseils, euh on avait des vraies discussions et cetera. Enfin je lui dois beaucoup là-dessus. Et euh et en fait en 2015 il y a eu une histoire, c'est euh un le journal L'Express qui sort un article qui raconte un déjeuner à la Rotonde avec Patrick Buisson et Philippe
de Villiers qui disent à Zemmour "Tu devrais aller à la présidentielle. Euh aujourd'hui Les Républicains, enfin l'UMP à l'époque, euh est complètement perdu parce que plus le plus personne ne les identifie. Le Front National est de gauche parce que Marine Le Pen elle a une fibre de gauche et cetera. Il y a un espace pour toi, tu devrais y aller." Et moi je lis ça dans la presse et je me dis "Mais il faut que je raconte cette histoire absolument." J'étais même frustré de pas pouvoir la raconter plus. J'étais dégoûté que quelqu'un d'autre raconte l'histoire et je me dis "Bah puisque ça a déjà été euh sorti, j'en avais même parlé avec Eric qui m'avait dit "Non mais c'est des conneries, c'est des histoires de Buisson et Villiers, moi ça m'intéresse pas et cetera." Et je
me dis "Bah puisque l'histoire n'existera pas, moi je vais l'inventer." Et c'est comme ça que j'écris ce bouquin. Et là je me lance et j'écris euh sur mes pauses déjeuner entre midi et deux des chapitres qui m'amusent de de en plus. Et puis à la fin ça donne ce livre qui que moi je pensais écrire à la à l'origine pour pour l'imprimer à 200 exemplaires, le donner à ma famille, à mes amis et puis terminer quoi. Et tu en as vendu ? Bah j'ai oublié le beaucoup en plus je l'ai sorti deux fois ouais pour mon statut de l'époque en 2022 [grognement] quand il est devenu candidat ouais bien sûr il a été réédité. quelle impression quand il s'est lancé comme ça dans la présidentielle toi qui avait déjà écrit ce livre des années ? Bah j'ai alors déjà j'ai une part de
culpabilité parce que je me suis dit est-ce que j'espère que j'ai pas joué un rôle quand en fait je pense pas mais je me suis dit bon parce qu'il m'a beaucoup engueulé quand j'écrivais des trucs sur lui qui devenait candidat il m'engueulait pas mais il me dit il me disait c'est pas ça m'intéresse pas c'est pas mon truc arrête de me pousser arrête d'en parler ça ça ça crée un sujet qui me qui est qui est pas bon pour moi moi je suis dans mon truc je fais mon boulot et cetera. C'est intéressant de voir comment effectivement il en rejetait le la possibilité d'être candidat. Ah bah lui lui sincèrement je pense que avant de te connaître il était à des années lumières alors c'est pas toi qui l'a qui l'a poussé mais non mais ce que je veux dire [rires] c'est que avant c'est
je pense que c'est le votre émission qui lui a qui lui a fait se dire s'il y a autant de gens tous les jours qui viennent m'écouter peut-être que j'ai il faut que je parle j'en suis c'est ma théorie. que tu as été je te fais une confidence celui qui m'a peut-être dit la chose la plus exceptionnelle quand je faisais Face à l'Info. Tu m'as dit je connais Eric Zemmour depuis tant d'années je n'ai jamais vu quelqu'un le maîtriser de cette façon. Ah bah ouais ça c'est vrai. Ça m'avait tellement touché et maintenant je mesure à quel point effectivement tu le connaissais. Bon revenons revenons à à à à toi est-ce que la politique française est devenue plus romanesque que les romans eux-mêmes finalement du ? Ah non moi je vais être très dur sur la politique française je trouve que c'est
une c'est un une dégringolade moi j'ai été passionné de politique. J'ai été passionné de politique vraiment c'est ça m'intéressait vraiment et cetera et je dirais qu'à partir de 2017 ça m'a presque écœuré et aujourd'hui ça ne m'intéresse plus du tout. Mon mon métier fait que je fréquente des politiques que je discute avec eux que je les interviewe parfois ça fait partie du job et et comme toi d'ailleurs et c'est normal mais par contre j'ai plus du tout le même appétence qu'avant. Sincèrement, je suis intéressé par d'autres trucs euh mais moi je suis très intéressé par la par exemple par la l'influence de la culture sur la société. Je trouve que le cinéma, la musique, le le le théâtre, les influenceurs même qui sont un phénomène un peu récent euh pour le coup je pense
qu'on a un vrai impact sur la vie des gens, sur la vie des idées, sur la manière dont le pays se se se s'oriente et cetera. Les politiques, je trouve de moins en moins je les trouve j'ai que j'ai quelques amis hein qui font de la politique mais globalement je trouve que le le niveau a beaucoup baissé que il y a de moins en moins de gens intéressants. Et et même aujourd'hui quand tu rencontres un Moi mon métier fait que ça m'arrive de prendre des petits-déj avec des politiques pour discuter de leur actualité, des sujets qui qui traitent et cetera. Moi par exemple, je je suis aujourd'hui plus intéressé par les sujets traités par les ministres que par ce que les ministres me racontent. Tu prends un café avec quelqu'un qui s'intéresse à des sujets. Je vais pas donner de sujet
précis parce que ce serait de donner en pâture la personne en question mais euh quelqu'un qui a un sujet qui est qui qui qui qui est important, tu vois, je sais pas la de dans des domaines qui concernent je sais pas l'éducation, l'enfance, euh la sécurité, peu importe. Tu vas voir la personne pour lui parler de ça et puis elle t'explique qu'en fait au prochain congrès de de son parti, elle décide elle va faire une alliance avec un tel pour dégommer un et c'est un peu ça la politique. Moi ça me passionne plus. Tu es en train de de nous de nous rendre tous tristes là où on se dit que quand même finalement c'est la politique qui peut sauver la France, ? C'est ça ça ne peut pas passer par un autre chemin en fait bien sûr. passer par un autre chemin. Non mais il y a après fais attention, il
y a des il y a des il y a il y a des gens qui qui aiment leur pays de tous les côtés d'ailleurs et qui ont envie de le sauver et qui donc je je veux pas mettre tout le monde dans le même sac et cetera mais globalement par contre c'est je suis sûr de moi quand j'ai commencé à faire ce métier le en donc en 2011, le niveau était au-dessus clairement. Ça c'est sûr. Alors tu es devenu après directeur de la rédaction de Valeurs actuelles et je le disais tout à l'heure tu avais seulement 27 ans. Comment ça arrive à 27 ? Euh pour des mauvaises raisons. Euh ouais. C'est-à-dire qu'en fait à l'époque euh le journal venait d'être vendu donc racheté et [grognement] euh les gens qui prenaient possession du journal voulaient euh voulaient euh euh mettre leurs pattes, imprimer quelque
chose de nouveau, avoir une nouvelle histoire à raconter et cetera. Et à l'époque, mon patron était euh à la fois le patron de la boîte et en même temps le directeur de la rédac. Et lui dit à un moment donné "Je vais diviser le poste en deux, je vais rester le patron de la boîte et je vais mettre un directeur de la rédac pour incarner quelque chose de nouveau et cetera." Et en fait à l' à l'époque euh lui et les les propriétaires et cetera voulaient incarner un truc euh tu vois Valeurs actuelles il y avait une image qui était compliquée parce que on était alors à la fois euh on était poussé vers la droite à fond par nos ennemis qui disaient qu'on était qu'on était euh d'extrême droite et compagnie bien sûr évidemment. Et en plus de ça, il y avait une image
euh une image un peu vieillotte et compagnie. Donc c'était très facile de mettre un jeune enfin c'était euh tu vois la la la logique de mettre un jeune pour dire "Tiens, on est pas des on est pas des vieux." La vérité c'est que j'avais sans doute les idées les plus vieillottes de la bande mais [rires] mais euh mais en tout cas c'était ça, c'était un peu du marketing et ça c'était pas une très bonne idée. Et ensuite, je m'occupais du de la politique à l'époque au journal et en fait dans ces cas-là les c'est les gens qui font ce genre de choix prennent des gens qui connaissent bien la les politiques parce que pour une mauvaise raison, ça veut pas dire qu'on est des meilleurs journalistes, ça veut pas dire qu'on est qu'on aura des meilleures idées pour le journal et cetera mais par
contre ça les rassure qu'on ait des liens avec la classe politique. On était juste avant la primaire de la droite de 2016 et à [grognement] ce moment-là un des enjeux pour le journal c'était justement le traitement de euh Juppé, Sarkozy, Fillon euh Bruno Le Maire et compagnie. C'est vrai que moi je les fréquentais beaucoup parce que c'était mon métier et donc c'était pour ces ces raisons-là. Très mauvaises raisons, c'est c'est des Moi si je devais faire le choix qu'ils ont fait à l'époque, je prendrais d'autres personnes mais bon moi il se trouve que ça m'a permis de d'avoir ce boulot et et après je je suis content parce que je je je pense que je suis euh plus à l'aise dans ce rôle-là que dans le rôle de pur journaliste politique par exemple. Alors avant de parler euh du Journal du
Dimanche et là où tu ne t'es jamais encore exprimé, euh peut-être sur cette parenthèse Valeurs actuelles qui a été quand même une grande parenthèse de ta vie, euh quel regard tu portes euh sur ces années que tu as ? Est-ce que tu as senti que tu as eu un impact peut-être dans la société, un impact sur des journalistes, un impact sur la France, un impact sur toi-même, sur ton parcours, sur euh euh euh ta ce que tu tu es rentré, tu es entré tu avais 27 ans, euh tu as évolué, euh voilà, qu'est-ce que ça t'a apporté cette parenthèse Valeurs ? Euh alors, moi je je ça m'a beaucoup apporté, j'ai trouvé ça exceptionnel, c'était absolument génial. Impact sur la société, sur la France, j'aimerais bien, j'espère, c'est un peu pour ça qu'on le faisait, je sais pas du
tout si c'est le cas, je suis incapable de le mesurer, je me rends pas compte. En revanche, moi ce que j'ai trouvé, euh il y a deux choses que je retiens, euh la première c'est c'est que c'était une aventure humaine extraordinaire, c'est-à-dire qu'en gros, c'était une une une entreprise où euh on était habitué à être un peu au fond de la classe, on était habitué à être beaucoup tapé, pas pouvoir vraiment nous défendre, euh Ne vous exprimez Euh ? Ne vous exprimez Oui, ou alors tu sais, s'exprimer dans notre coin mais pas être vraiment entendu et cetera. Et moi ça a été le moment où collectivement on a réussi à se faire un peu plus entendre. Euh donc on pour alors déjà on allait dans les médias, euh c'était un peu un peu nouveau en tout cas de manière aussi
importante. Euh à l'époque moi j'étais sur d'autres chaînes que que CNews mais on était nombreux à être sur d'autres chaînes et aussi sur CNews. Euh et en fait on a fait quelques petites choses qui ont fait qu'on a parlé de nous, on a eu Tu en as été les premiers par exemple à faire une interview avec Michel Houellebecq où vraiment euh il s'exprimait et donc ça a été repéré à l'époque par par le le système médiatique, euh ce genre de choses. On a commencé à organiser des événements d'ailleurs où tu étais venu. Euh et tu vois, c'était des choses En fait, on avait un lien avec notre public qui était très fort. Euh on avait [raclement de gorge] euh on avait un lien entre nous qui était très fort. On avait l'impression de créer quelque chose et que que c'était une petite
boule de neige qui commençait à prendre et c'était euh c'était c'était c'était c'était un sentiment très fort. Moi c'est ça dont je suis fier c'est moi j'ai j'ai ma seule expérience en réalité la seule chose que j'ai vraiment appris dans ma vie c'est ce que j'ai appris dans le scoutisme et quand j'ai été notamment chef scout et c'est un peu de manière spontanée, j'ai pas théorisé le truc mais je reproduis un peu la même chose quand je quand je je je travaille quand je je suis le le patron d'une rédac et j'avais un peu l'impression à la fin que ça ressemblait à ça une troupe scout tu vois où c'est bon esprit, on essaie de s'entraider, on essaie de de bien s'entendre et puis d'aller dans le même dans la même direction. Ça j'ai adoré. Et la deuxième chose par rapport à l'écho dans la
société c'est qu'en réalité en fait on [grognement] se le disait pas comme ça à l'époque mais ça a été le moment de l'émergence de CNews aussi et en fait on avait un peu l'impression tu vois d'avoir une sorte de de de de protection un peu au-dessus de nous parce qu'il y avait une chaîne qui commençait vraiment à progresser fort qui était pas très loin de ce qu'on disait qui était capable aussi de nous donner la parole quand on avait Et voilà et et en fait et en fait tu avais j'ai l'impression de vivre un début de commencement de bascule de de de rééquilibrage du système médiatique et et c'était c'était absolument génial. Donc du coup c'est c'est les deux choses que je retiens c'est ça. Après est-ce que ça a eu un ? J'espère mais mais mais en tout cas c'est pas fini. On continue.
En tout cas c'est un grand événement où j'étais venu effectivement organisé par Valeurs actuelles, c'était un événement exceptionnel hors du commun. Oui il y a eu beaucoup de critiques, on reviendra dans un instant sur les critiques notamment Journal du Dimanche et je sais pas si tu te rappelles de cela. Allez avec moi pour Mélenchon. Voilà. Si bien sûr. Voilà. [rires] Voilà Mélenchon. [souffle coupé] Geoffroy Lejeune avec sa guitare qui monte sur scène à cet événement. Alors qu'est-ce que c'est que ce Geoffroy Lejeune avec sa ? Mais en fait c'est un peu un c'est un peu un délire mais c'est comment ? Moi j'ai j'ai [rires] j'ai j'aurais bien aimé être chanteur dans la vie ça aurait été mon j'aurais préféré ça. Malheureusement j'avais un énorme déficit de talent et et en fait
c'était un peu ça l'ambiance Valeurs actuelles, on rigolait beaucoup aussi, on rigolait de nous-mêmes et euh, on était capable de ça c'est un truc que je suis content, c'est pas du tout venu de moi d'ailleurs, mais c'est venu de la bande de jeunes qui euh qui euh qui qui qui travaillaient là-bas, euh de de d'essayer d'installer un peu un humour euh qui soit pas l'humour qu'on connaît, tu sais, l'humour euh Radio Nova, euh très méchant, très voilà. C'était un humour un peu un peu anti-politiquement correct et euh et franchement, il y avait des gens de talent qui travaillaient là-bas et on avait un peu cette habitude de réussir à rigoler de nous et tout. Et en fait, pendant ces soirées, on essayait de faire en sorte que ce soit pas uniquement sérieux. Et donc euh donc du coup, on faisait
beaucoup de de d'intermèdes entre les séquences euh où il y avait quelqu'un qui venait en trottinette pour se moquer de la la politique d'Anne Hidalgo, euh où on faisait, je me souviens que Charlotte d'Ornellas avait fait la vaisselle avec un torchon parce qu'on fondait des torchons avec marqué Valeurs actuelles. Voilà. Exact. on avait fait des torchons parce que comme tout le monde disait toujours euh c'est un torchon ce journal, on avait fait des torchons Valeurs actuelles. Valeurs actuelles. Et [rires] euh et moi du coup, euh j'avais fait une petite séquence qui m'avait à la fois fait très plaisir et à la fois qui était beaucoup d'autodérision aussi, avec cette cette guitare. et Et d'ailleurs, la la Et tu Tu Oui, d'ailleurs 30 secondes après, c'est Christine Kelly
qui rentre sur la scène. Oui, je me rappelle très bien de de ce moment. Et euh tu serais chanteur sinon, si tu étais pas journaliste ? Si je savais chanter et si j'étais un bon musicien, je serais chanteur, ça c'est sûr, pas de problème, ouais. Euh Geoffroy Lejeune à ce moment, parce que là on est en 2023. Ouais, on est quelques mois avant, ouais. On est quelques mois avant et là, tu arrives au Journal du Dimanche. Et là euh Geoffroy Lejeune, extrême droite, controversé, tout tout a été dit à à ton sujet. Comment [grognement] as-tu vécu cette période très très très particulière dans ta carrière et ? Écoute, euh ça me fait alors mais merci de me me me permettre d'en parler parce que en fait, j'en ai pas parlé jamais. Euh j'en ai jamais parlé parce que à l'époque, j'avais tellement de de de
trucs à faire sur le Journal du Dimanche, il me fallait relancer ce journal. Euh donc j'étais très concentré et je me j'ai pas pris la parole et cetera et puis depuis l'eau a coulé sous les ponts et ça intéresse plus personne. Mais là, puisqu'on qu'on euh je suis content de pouvoir le raconter. Moi, en fait, j'étais extrêmement pas dit non plus à l'avance que j'allais te poser la question. Vraiment, c'était Oui, ben non. Mais du coup, c'est très bien, ça ça tombe très bien. Euh, en fait, je j'étais très triste, mais les gens se doutent pas du tout euh de la raison pour laquelle j'étais triste, c'est qu'en fait, moi, j'avais été pendant 12 ans euh à Valeurs actuelles, c'était vraiment ma maison, ma famille. Euh, pendant 7 ans, j'avais été le le le directeur du journal, même à un moment
donné, le président du groupe. Euh, et et en fait, j'ai été viré de ce boulot euh, alors que c'était ma famille, euh, que c'était mes amis et euh et j'ai été viré, euh, je dirais pas du jour au lendemain parce qu'il y avait des tensions et je le sentais venir, mais j'ai été viré de manière extrêmement brutale. Et et avec une vraie volonté d'humiliation et avec une vraie volonté surtout de de faire en sorte que je sois sous l'eau et que je ne réapparaisse plus jamais. Il y avait une envie de tuer. Donc du coup, euh, pour moi, ça a été très dur. Euh, ouais, il y avait beaucoup de de de haine, de de de détestation et cetera. Et en fait, moi, quand ça s'est terminé comme ça, j'étais super triste. Euh, il y a eu un matin, je me suis euh j'ai j'ai j'ai été mis à
pied, j'avais pas le droit d'aller à mon travail avant d'être viré. Et un matin, je me suis réveillé, j'ai j'ai emmené mes filles à l'école et puis et puis je me suis dit mais où je vais, en ? J'ai plus de bureau, je sais pas où aller et cetera. Et ça a été hyper violent. Et en fait, quand j'arrive au Journal du Dimanche, quand mon mon ma nomination est annoncée, il y a toute la polémique que tu dis, il y a les pétitions, il y a les grèves et cetera, il y a les les mais moi, je suis encore dans ma tristesse, en réalité. Euh, j'ai abandonné des amis, eux aussi, ils sont tristes pour la plupart. Euh, et et c'est Tu es encore sous le choc. Voilà. Et donc, au début de la polémique, en réalité, je suis un peu ailleurs. Euh, ouais, ouais, je suis pas encore
là-dedans. Et ensuite, si tu veux, euh, ça a été assez intense, je crois que ça a duré 5 semaines. Euh, et et en fait, j'avais la chance d'avoir déjà vécu des polémiques euh quand j'étais à Valeurs actuelles. Certaines très très violentes, certaines moins violentes et j'avais appris à gérer ça, en fait. J'avais compris un truc, c'est que euh c'est qu'en réalité, les gens en face ne croient pas à ce qu'ils disent. Ça, j'en ai la certitude. Quand il y a des polémiques aujourd'hui, c'est du combat politique pur et dur. Eric Zemmour d'ailleurs m'en a m'en avait parlé au moment de ce qu'on a appelé l'affaire Obono, où on avait été traîné traîné dans la boue avec avec le journal. avec Daniel Obono. C'était pas une une, ça fait partie des problèmes d'ailleurs. Tout le monde a
dit [raclement de gorge] c'est une une où elle est représentée en esclave. Non, pas du tout, c'était pas du tout la une, c'était un dessin dans une fiction, bref, peu importe, mais on a été au tribunal. Moi, j'ai été au tribunal en première instance, on a perdu, en deuxième instance, j'ai gagné. Me défendre, je parlais pendant 2h à la barre pour me défendre devant des avocats complètement hystériques, enfin et j'avais vécu tout ça, si tu veux. Et en fait, quand j'ai fini par comprendre que c'était purement du combat politique et que les médias, la justice, les pétitions, les grèves et compagnie étaient une partie du combat politique utilisée comme tel par des gens qui qui en fait ne veulent pas que que que que ce pays aille mieux, en tout cas, qui qui veulent continuer dans la direction
dans laquelle ce pays est en train de tomber. J'ai fini par me dire "Écoute, laisse-les faire. Qu'est-ce que tu en Qu'est-ce que tu en as à ?" Et donc moi, j'étais concentré sur une chose, deux choses. La première, c'est pendant toute la période de la grève et cetera, ma mission c'était de faire en sorte qu'il y ait le plus de gens possible qui restent du Journal du Dimanche. Donc, j'ai proposé de les rencontrer, j'ai proposé de leur parler, de les convaincre. ont duré combien de ? Ben, 5 semaines, tu ? Ouais, 40 jours, je dirais, ouais. Donc, j'étais j'ai Ouais, absolument. C'est vrai que C'est vrai que je m'étais dit à l'époque c'était symbolique, ouais. Et donc, je parlais avec avec des gens, certains qui hésitaient à rester, certains qui qui voulaient pas du tout
rester, certains qui sont restés et j'essayais de leur expliquer ce que j'allais essayer de faire. Et et surtout, je leur disais, ceux qui me connaissaient pas, parce que j'en connaissais certains, mais ceux qui me connaissaient pas, je leur disais que j'étais pas la personne dont on parlait dans la dans les médias. Ensuite, la deuxième chose que j'ai apprise, c'est incroyable, ça c'était le plus le plus éloquent, c'est que comme il y avait une un unanimisme absolu dans les médias, tout le monde disait la même chose. Et parfois, il y avait des articles extrêmement désagréables qui étaient écrits à mon sujet par des gens que je connaissais et que je connaissais même depuis longtemps. Ah oui. Et je savais que ces gens écrivaient des choses qu'ils savaient fausses. Non.
Bien sûr. Mais moi les les journalistes du Monde par exemple, même ceux ceux même de Libération et cetera, c'est des gens qui qui qui ont qui avaient déjà fait des papiers sur nous quand on était qui étaient beaucoup moins durs d'ailleurs quand on était à Valeurs actuelles que quand j'étais à Valeurs actuelles que quand je suis arrivé au JDD. Et donc ils écrivaient des choses qui étaient objectivement délirantes par rapport à la personne qu'ils connaissaient. Et là je me suis dit d'accord, c'est c'est tout ça n'est pas sérieux en réalité, c'est juste du combat et c'est terminé. Et d'ailleurs à l'époque qui imprime, un combat qui qui impose son récit et pas une seule fois tu n'as parlé. Et ben mon sujet à ce moment-là justement c'était premièrement savoir
qui allait rester qui allait partir. Assez rapidement on a su presque personne qui est resté. Ensuite c'était de constituer une équipe pour relancer ce journal et la grève s'est terminée un jour et il a fallu qu'on sorte le JDD 4 jours après. Donc c'était de faire un journal ma première mission. Donc j'ai des copains qui sont Et de réussir. qui sont et de le le de réussir, le sortir, qu'il soit bon, qu'il soit vendu et cetera. Et ça pour le coup c'était je pourrais te raconter le le détail enfin sans être trop long mais le premier numéro du Journal du Dimanche qu'on sort c'est ah bah c'est de la folie. En fait on arrive donc à un moment donné un accord est signé, la grève est terminée et il reste je dirais 5 ou 6 personnes de l'ancienne équipe du JDD qui est qui
est encore là. Mais c'est le c'est le on est le le le on est début août, on est on est dans les derniers [raclement de gorge] jours de juillet et tout début du mois d'août. 5 ou 6 personnes sur combien au ? Sur une centaine, un peu moins. Et et et donc là à ce moment-là on on se dit et on nous dit il faut faire le faut ressortir le journal. Il y avait plein de options qui étaient envisagées, sortir le journal uniquement en digital dans une version très réduite ou alors sortir le journal 4 semaines après pour avoir un mois pour se préparer et cetera. Puis on finit par se dire bon allez, on est mercredi, on va le faire on va le faire on va le boucler samedi, on va le sortir dimanche. Après tout. Euh sauf que moi j'avais jamais fait de quotidien. Le JDD c'est un
journal qui sort une fois par semaine mais sur le format quotidien. Donc ça c'est autre chose par rapport à ce que je faisais avant qui était un magazine ouais. Euh [grognement] je savais pas faire de quotidien. Je je c'est même une autre manière de réfléchir à la la l'actualité. Donc c'est un logiciel à Bref, tout ça il faut ça ça faut l'apprendre. Euh et euh et donc j'ai euh quelques amis euh Raphaël Stainville, Charlotte d'Ornellas, Cyril de Beketch qui arrivent euh le premier jour. Euh puis euh deux trois personnes qui se proposent euh qui sont d'ailleurs encore tous là maintenant mais qui se proposent pour venir prêter main forte. Et la la l'histoire la plus symptomatique, c'est que en fait on arrive il y a des ordinateurs et cetera, on ne sait pas se
servir des logiciels pour fabriquer le journal. On sait pas comment ça marche. Toute la partie impression et cetera était gérée par d'autres personnes que nous heureusement. Mais par contre, fabriquer le journal on sait pas faire. Et donc on est mercredi matin. médiatique, il y a la tension à l'intérieur de la rédaction et il y a la la difficulté technologique, on va dire, technique. mais mais qui prend le fait de sortir le journal prend beaucoup plus de place dans ma tête à ce moment-là que la pression médiatique. Je me souviens très bien, il y a des articles qui sortent pendant les trois jours où on prépare le journal, je n'en avais rien à faire. Et depuis, j'en ai plus rien à faire. Moi maintenant, les journalistes qui m'appellent, qui me laissent des
messages pour savoir des trucs, ah je voudrais des infos sur Christine Kelly, je prépare son portrait ou Pascal Praud, je réponds plus, je réponds plus jamais. Oui, parce que tu as compris que ce sont des menteurs euh incroyables. en fait si je leur donne pas un truc qui va dans le sens de ce qu'ils veulent, ils ne l'écriront pas. Donc moi j'ai pas de temps à perdre avec ça. Avant, je répondais tout le temps parce que j'étais poli, maintenant je je gagne je gagne du temps et je me protège. Et je te protège par la même occasion. Et euh grand plaisir, merci. Donc finalement là, tu te retrouves avec le les difficultés techniques et une petite équipe autour de toi qui se forme et qui se dit OK, on y va, on se retrousse les manches, on sait pas comment fonctionne le logiciel mais on
va arriver à sortir le JDD en 48h. Parce qu'il y a le ouais 72h. Il y a le il y a le fond, sur le fond on se réunit, on est on est cinq six au début, à la fin on finit par être une petite dizaine. Et euh et on se dit qu'est-ce qu'on va mettre dans ce ? Donc on imagine tout ce qu'on va faire. Je sais qu'on dit à Charlotte écoute, il y a il y avait eu un gamin qui avait été tué par un coup de couteau. Et euh elle suivait beaucoup ces questions et donc on lui dit écoute, essaie de de de de réunir des victimes de l'insécurité ordinaire ou extraordinaire et de faire une lettre commune euh au président de la République et donc elle s'occupe de ça elle elle bascule et puis elle fait plus que ça et moi j'étais un peu obligé de regarder dans tous les sens et il y
avait cette difficulté technique, on ne sait pas comment on va faire pour fabriquer le journal. Et à ce moment-là, il y a deux personnes qui arrivent, ils s'appellent Marie Fernandez et Pascal Menaie. Ils travaillent depuis 20 ou 25 ans à Paris Match. Et en fait à l'époque où nos locaux étaient dans les mêmes locaux que Paris Match et un soir tard, ils avaient vu de la lumière en partant, ils s'étaient dit "Tiens le l'étage du JDD est allumé, ils doivent être en train d'essayer." Marie me dit plus tard on s'est dit "Ils vont essayer de sortir leur journal dimanche." Et Pascal dit "Non, c'est impossible, c'est trop court." Il dit "Si si, j'en suis sûr." Et il remonte et ils viennent nous voir et ils disent "Est-ce que vous voulez qu'on vous ?" Oh mais qui ? On est on travaille à Paris
Match. coup de main nocturne. Mais bien sûr. Oh. Et donc ils sont arrivés, c'était un mercredi soir, je les revois les deux devant l'ordinateur, ils connaissaient eux pour le coup les logiciels parce qu'ils travaillaient à Paris Match qui c'était la même chose et je les revois devant comme ça les bras croisés la mine circonspecte. Et et je dis est-ce que vous pensez que c'est possible qu'on sorte ? Et les deux me disent non non non là comme ça c'est pas possible. Et en fait ils sont arrivés ce jour-là c'était un mercredi soir et ils sont plus jamais repartis. Incroyable histoire. Et là avec le recul comment qu'est-ce que tu ressens le JDD installé, les chiffres sont bons, la critique de la mainmise idéologique, quel regard tu as sur tout ? Aujourd'hui au moment où
Aujourd'hui aujourd'hui avec le recul. Moi ma seule préoccupation c'était parce que la la campagne de presse avait été violente, je pense qu'on a jamais autant fait pour tuer un journal franchement. C'est-à-dire qu'à ce moment-là à ce moment-là l'objectif du du système médiatique c'est se dire bon nous n'avons plus le JDD mais donc le JDD va mourir et ils veulent le tuer. Et et le tuer c'est le décrédibiliser et à ce moment-là en fait l'objectif c'est que le JDD ne ressemble plus du tout à ce qu'il était avant que donc les lecteurs disparaissent et que le journal soit mort. Et en fait nous on identifie assez rapidement ce que ce que sont les grands marqueurs du du du du Dimanche, c'est le grand entretien politique, c'est de fouiller les sujets de société, c'est d'être très bon en
sport, c'est c'est c'est d'être très bon en culture, c'est d'avoir les grandes stars qui viennent s'exprimer dans le journal et cetera. Et pendant les 3 4 premiers mois, on fait que ça. C'est-à-dire que en fait, on se bat pied à pied pour récupérer les les interviews politiques. Par exemple, à l'époque, il y a certains dans dans l'entourage d'Emmanuel Macron qui disent "Faut plus parler au JDD." Et ben, on se bat avec eux. Euh, on on s'est et on a récupéré de leurs actions ou pas du ? ceux qui étaient vraiment vraiment contre nous, en l'occurrence, c'était Sylvain Maillard à l'époque, on lui a mis un peu un peu cher. Euh, on se moquait beaucoup de lui. Mais par contre, on négocie avec les ministres. Moi, je me souviens pendant l'été, avant que le journal reprenne, j'avais Gérald
Darmanin, Sébastien Lecornu, je leur disais "Quand est-ce que vous reviendrez dans le ?" Sébastien Lecornu me dit euh "À peu près au moment de Noël." Il l'a fait. Euh, Gérald Darmanin me dit euh "Un mois et demi après votre votre la reparution du JDD, je viens." Il l'a fait. Euh, et on et on a récupéré les ministres. Et puis quand au bout de 3 mois, on s'est rendu compte que dans un seul numéro, on avait 4 ministres ou 5 ministres dans un seul numéro sur des sujets différents, on s'est dit "Bon là, ça c'est fait." Le service culture, c'est des gens exceptionnels qui pour le coup du journal. Exactement. Euh, le service culture, euh eux, ils ont eu le même problème avec les artistes. Ils se sont battus pied à pied, ils ont été très courageux, très intelligents pour aller récupérer. Et
aujourd'hui, tu vois, dans le prochain numéro du Journal du Dimanche, c'est Javier Bardem, l'immense star euh espagnole qui est qui est en interview dans le dans le JDD Non, pardon, dans le précédent. Euh, qui est en interview dans le JDD. Euh, et cetera et cetera. On l'a fait dans tous les domaines. Jeff Pérès, le patron du service des sports, lui, il se bat pour avoir des joueurs de l'équipe de France, euh les les le président de l'Olympique de Marseille, des entraîneurs. Et en fait, voilà, on a reconstruit ça. Et c'est très intéressant d'ailleurs, tu te rends compte que malgré tous les efforts, en fait, en 3 mois, c'était fini. Ce qui veut dire que les gens sont pas dupes en réalité. Et tout l'écosystème fois, effectivement, ces ces critiques, ces mensonges, ces attaques euh
injustifiées et finalement, au bout du bout, le lecteur, il n'est pas dupe. Le lecteur, évidemment, d'ailleurs le premier numéro qu'on a qu'on a fait avait été un carton de vente, le lecteur, mais surtout même y compris au sein de l'écosystème. Ce qu'il faut que les gens comprennent, c'est qu'en fait dans un média, c'est c'est aussi des agences de communication, c'est aussi des des attachés de presse qui te disent oui ou non pour avoir telle ou telle personne, des patrons, des des institutionnels et cetera. Et moi j'ai j'ai un peu halluciné dès que la la le soufflet médiatique est retombé, tout le monde m'a dit non mais c'était ridicule. C'est comme l'affaire Grasset récemment, c'est comme les histoires dans le cinéma et cetera. Les il y a énormément de gens
qui te disent tout ça est très surfait, ils font du cirque, ils font un peu le carnaval, mais en fait derrière les choses sérieuses commencent et nous il y a pas de problème, tu vois. Pour la première fois, Geoffroy Lejeune s'est exprimé sur les coulisses de son arrivée au Journal du Dimanche. N'hésitez pas à vous abonner à ce podcast Quelle histoire, l'histoire de ceux qui aiment la France. D'ailleurs, je vais vous parler peut-être en en fin d'interview, d'entretien de la France parce que j'ai envie de d'avoir votre regard sur la France. Mais j'ai récupéré une petite surprise pour vous. Avez-vous collectionné dans votre bureau des unes pas très ? [rires] Pas très flatteuses vous concernant. ? C'est de ? C'est de la ? C'est c'est de la ? Qu'est-ce que c'est que ?
Et en fait, c'est drôle parce que quand c'est sorti ça, j'ai reçu j'ai j'ai j'ai j'ai reçu énormément de messages pendant la nuit, moi je dormais et et en me réveillant, je vois des des énormément de messages "Ah, tu as fait la une de Libération, c'est c'est horrible, c'est horrible, courage, soutien" et cetera. Moi, je m'en fiche mais complètement. Je me suis dit "Ah tiens, ça fera un souvenir. Ça fera un souvenir de la période." Mais ça fait partie de tout ce qu'on raconte sur le le le le ils ont quand même il y a quand même un journal qui s'est dit à un moment donné "On va mettre ce mec en couverture." Oui. Euh c'est c'est la star de Libération le Jour du Seigneur. Et là, vous êtes la star de l'Humanité, le péril jeune. Alors leur leur titre est meilleur que
Libération d'ailleurs. Alors que Libération est censé être bon en titre normalement. [rires] Mais mais ça montre c'est intéressant, ça montre le le la folie du truc parce que je suis quand même un inconnu, je je suis juste un journaliste qui change de boulot qui arrive dans un autre journal. Je peux comprendre que ça ça fasse un peu d'émotion mais de là à faire la une d'un quotidien national, c'est c'est c'est du c'est de la folie. Donc ça prouve qu'il y avait une disproportion euh une disproportion dans cette histoire et moi sincèrement euh puisque je tout ce que je t'ai raconté tout à l'heure était vrai, c'est moi ma tristesse au début c'était d'avoir quitté mon précédent boulot. Là, j'étais dans autre chose et je me suis vraiment dit ça fera un souvenir
C'est ça, pourquoi dans ton ? Ouais. Pourquoi encore C'est des collègues qui me l'ont offert. C'est des collègues qui me l'ont offert et je suis dis que tu as là tu vas les afficher dans ton bureau. Et ben au début bien sûr. Euh c'est il y a eu il y a eu pire que ça. Euh le patron l'ancien patron de RSF Christophe Deloire paix à son âme a parlé à à mon sujet, il a dit que Vincent Bolloré avait ce qu'il appelle la stratégie du putois, c'est il met quelqu'un le putois au milieu de de d'une pièce, tout le monde s'en va et après il reconstruit par rapport à ça. J'ai eu une collègue bien intentionnée qui m'a mis un panneau Jojo le putois sur mon bureau. J'ai un une une peluche de putois dans mon bureau. Bon ça a été une blague. Je les ai enlevé il y a pas
très très longtemps parce que je me suis dit ça y est maintenant ça date un peu et et surtout on me disait que ça faisait cul de la personnalité ça Quel Geoffroy Lejeune lorsqu'il travaille euh matin, midi, ? Quels sont tes ? Comment tu euh tu arrives à quelle ? Tu travailles beaucoup de chez ? Tu travailles beaucoup à la ? Quels sont tes ? Quel est ton ? À quelle heure tu te ? En fait je me réveille à mon réveil mon premier réveil sonne à 6h parce que je je emmène mes enfants à l'école. Oui. Euh ensuite en gros je ne travaille qu'au bureau sauf quand je suis en rendez-vous à l'extérieur et je suis quand même beaucoup en rendez-vous à l'extérieur donc du coup du coup il m'arrive de de de parfois pendant une journée entière je suis pas là parce que j'enchaîne à l'extérieur.
Euh l'autre raison pour laquelle je peux ne pas être au bureau c'est quand je fais du sport. Euh et euh Du padel ? et exactement. [rires] Ça c'est quelque chose de quelque chose de plus récent c'est la la plume de Julia De Funès. ici voilà Julia De Funès voilà qui chroniqueuse à L'Express et docteur en philosophie et qui cite "Le padel est le triomphe de la facilité, cette valeur cardinale de notre époque qui rêve d'atteindre sans apprendre et de réussir sans rater. En quelques minutes, n'importe qui peut jouer." Et en fait, moi j'avais j'avais pas lu cette chronique et un matin en faisant un padel, euh mes mes camarades de jeu m'en parlent, ils étaient ultra choqués et il se trouve que le lendemain, euh je suis dans l'émission de Laurence Ferrari et elle est invitée. Et donc je dis à
Laurence "Je vais la clasher sur le padel." Et euh et en fait euh je la connaissais ? Et ouais, non, c'était très gentil mais je la connaissais pas, je l'ai tutoyée de suite mais elle arrive en plateau, elle est très mignonne et elle me dit "Ah, je suis content de vous rencontrer et cetera." et moi j'avais prévu de la clasher. [rires] Donc j'ai je sais plus comment faire, je suis un peu démuni et finalement on on en a ri, on en a ri en plateau mais euh elle s'est expliquée, c'est c'est son point de vue est pas inintéressant d'ailleurs, c'est juste que euh quand euh le en fait le padel, je pense que c'est en train de devenir une forme de secte. Les gens faut que les gens comprennent, c'est pas le le le truc qu'on rame sur l'eau, c'est le tennis euh en fait c'est un tennis un
peu ralenti et voilà. Mais voilà, dans une mais euh mais pourquoi c'est en train de devenir une sorte de ? C'est c'est ultra addictif en fait, c'est vrai que c'est génial. vrai que tous ceux qui en parlent, ils sont voilà, ils en parlent ils en parlent tout le temps. Tous ceux qui en font. tu te dépenses facilement, tout tu t'amuses très vite, c'est vrai que c'est pas comme euh c'est elle a pas complètement tort. Euh au tennis, tu peux mettre beaucoup de temps avant de t'amuser, si tu as une différence de niveau avec la personne en face, c'est une catastrophe. Le padel, c'est vraiment très rigolo et euh et donc du coup et très vite tu as envie d'en faire beaucoup parce que tu te fais du bien et voilà. Donc donc du coup c'est c'est bon bref, c'est pour te dire que du coup
quand je suis pas au bureau, il m'arrive aussi de faire du sport. Et euh et après non non, moi je travaille qu'au bureau et après je travaille beaucoup au téléphone aussi, c'est vrai que euh mon ma mon job fait que c'est beaucoup de téléphone, de textos et cetera. Donc il m'arrive de pendant 1h de faire que ça. Et ta vie ? Et ma vie ? les questions qui fâchent. Pas forcément qui fâchent mais si tu as envie d'en parler les les les gens veulent en peut-être de te connaître, quelle est ta vie ? Tu as parlé de tes filles, est-ce que tu as est-ce que tu as du temps pour ta vie ? Je pose les questions à rallonge pour que tu puisses avoir le temps de préparer ta réponse. [rires] Euh non, mais j'ai j'ai alors j'ai appris par le passé euh et c'est pas trop regard s'illumine et ensuite il se ferme.
Ouais, ben je vais dire pourquoi c'est simple. Et d'ailleurs tu tu es on est on est dans la même situation à ce sujet-là, c'est qu'en fait euh on a je pense on a appris en fait à protéger ça. Euh et moi j'ai pas j'ai pas très envie de les exposer, euh je je je les adore plus que tout et c'est la chose la plus importante de ma vie, mais du coup je je je c'est vrai qu'en fait je suis je suis un peu inquiet pour elles parfois, j'ai pas envie qu'elles subissent du tout quoi que ce soit à cause de moi. Donc donc je je me fais très discret à ce sujet-là et mais j'ai des filles qui sont exceptionnelles et que j'adore et que que je passe le plus de temps possible. Et après [grognement] le reste de ma vie privée, c'est c'est c'est beaucoup moi j'ai toujours mais j'ai toujours été
comme ça. Mes amis sont dans mon boulot. Donc j'ai de la chance en fait, je travaille dans un environnement ultra amical euh et je pars en vacances avec les mêmes gens que ceux que ceux avec qui je travaille le reste du temps et ça me pose absolument aucun problème. Et et et donc donc donc voilà ma ma ma vie privée elle va pas beaucoup plus loin et Un peu voilà, elle est privée, elle est aussi à ton travail es tu es tu es obligé parce qu'il y a quand même des cinglés qui nous veulent du mal et donc du coup tu as pas envie de donner trop de détails et cetera. Moi j'ai toujours fait j'ai il y a après l'affaire Obono d'ailleurs là les policiers à l'époque et j'ai j'ai eu pendant quelques semaines des gardes du corps m'avaient dit il faut que tu caches tout ça. Il faut que ce soit
On en est là aujourd'hui en France effectivement. Je voulais parler avec toi de la liberté d'expression de tellement de sujets, mais quelle France tu vois pour tes filles ? Quelle France tu ? Quelle France tu espères pour terminer cet ? Alors tu sais ? Moi je suis né en 1988 et il se trouve que cette semaine j'ai revu le film Itinéraire d'un enfant gâté qui a été tourné en 1988 et j'ai eu l'impression de regarder un film des années 60 parce que tu vois Paris, tu vois le film commence à Montmartre et cetera et tu te dis quand je suis né moi donc il y a 37 ans, la France était comme ça. C'est c'est une atmosphère qui est incomparable avec celle qu'on connaît aujourd'hui. Moi je savais ça par rapport aux années 50 évidemment aux années 60 70 et compagnie. Je savais pas
que quand moi je suis né c'était comme ça. Et en fait je rêverais que mes filles connaissent le pays dans lequel je suis né. C'est pas beaucoup demander tu vois 40 ans et en fait si et donc moi je suis très inquiet parce qu'aujourd'hui je je Qu'est-ce qui te fait tenir ? Qu'est-ce qui te fait ? Qu'est-ce qui te fait ? À quoi tu t'accroches pour te lever le matin et tu te dire bon quand même il t'a des filles il y a comment est-ce que tu vois ? Qu'est-ce qui te fait ? La la seule volonté de je pense que ce pays est en danger de mort sincèrement c'est pas très original de le dire mais je pense que en fait il est possible que ce qui a été la France n'existe plus un jour et que ce jour est peut-être pas très loin et donc c'est d'inverser le cours des choses c'est tout. Tu vois là j'ai
lu récemment la la réédition du suicide français d'Eric Zemmour. À l'époque on a dit quand il est sorti en 2014 on m'a dit mais il est complètement fou les 40 années qui ont détruit la France comment est-ce possible de dire ça et cetera. Quelqu'un vienne m'expliquer à quel moment il a eu tort sincèrement. C'est c'est et ben moi je veux inverser le cours des je veux contribuer à inverser le cours des choses faire en sorte que ce pays redevienne un pays heureux qui vit qui vit ensemble pour de vrai et encore [grognement] une fois l'image de de ce film itinéraire d'un enfant gâté je j'avais je m'étais jamais dit mais c'est dingue c'est c'est en si peu de temps ça a basculé c'est incroyable et je veux je donc j'espère que ça peut basculer dans l'autre sens aussi rapidement si tu veux.
Les derniers mots qu'est-ce que tu dis à tes filles pour demain tu leur parles de l'enfance de ? J'essaie de les protéger à fond de ça de l'actualité de la politique pourtant ça les intéresse hein mais de leur donner que la partie elles ont 13 11 et 8 ans. De de de de leur donner que la partie joyeuse et heureuse de ce qu'on peut donner à des enfants aujourd'hui de les protéger au maximum elles découvriront ça bien assez tôt elles seront peut-être même confrontées à ça bien assez tôt donc non j'ai pas envie de j'ai j'ai j'ai j'ai envie que leur enfance dure le plus longtemps possible. Tu t'es bien senti pendant l'entretien et pendant que c'est ? mais c'est c'est un métier de mettre les gens à l'aise hein quand même Christine bravo hein. Tu ? Non mais je t'ai senti bien et puis
merci de m'avoir fait cette confiance et merci d'avoir partagé un peu les coulisses parce que derrière pourquoi tu as les yeux qui ? Parce que non ben parce que ça me saoule merci beaucoup de ta sens ému. Ouais ouais parce que en fait c'est vrai que c'est une histoire que que que que j'avais pas raconté donc je suis content de pouvoir la la partager et puis parce qu'on a parlé de de mes enfants. Hmm. Bonne chance à tes enfants. C'est ça un papa. Ouais. S'occuper de ses enfants et se lever le matin et se dire qu'on se bat pour eux pour une France de demain. Hmm. Merci beaucoup Christine en tout cas. Merci. N'hésitez pas à vous abonner au podcast Quelle histoire l'histoire comme Geoffroy Lejeune, l'histoire de ceux qui aiment la France.
Éric Zemmour