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Discours / meetingPhilippe de Villiers· 25 septembre 2025 8 minAutoproduitPortrait personnelAgriculture & alimentation

Philippe de Villiers : "Les vendanges de mon enfance"

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 95 %Défensif 5 %

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:30Philippe de VilliersFait
    « C'est une chanson qu'on chante dans les cafés depuis du fou. »
  • 1:00Philippe de VilliersFait
    « Le mois de septembre pour moi me ramène à un moment très particulier de mon enfance, des vendanges. »
  • 3:00Philippe de VilliersFait
    « Chacun acceptait l'augure. Je suis moi du pays de Rablet. »
  • 7:00Philippe de VilliersFait
    « Il s'est pris un déluge puis s'est pris une cuite, la première ivresse mystique. »

Modèle mistral-small-latest · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

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Philippe de Villiers

On va commencer votre apologue parce que vous souhaitez parler des vendanges de votre enfance. C'est fch que son entretien de mérite de gloire. Elle aime voir et c'est pas un karaokeé cette émission par [Musique] Alors pourquoi cette chanson Philippe Deviler ? Ça c'est une chanson qu'on chante dans les cafes depuis du fou. Bon alors pourquoi cette chanson ? parce que ça évoque les vendanges. Et le mois de septembre pour moi me ramène à un moment très particulier de mon enfance, des vendanges. Le jour des vendanges avec le le ciel le ciel plus bas, les premières gouttes, le le signe que le raisin est mû.

La brume du petit matin, le coutelat accroché au ceinturon du tablier pour couper tout à l'heure les bouquets vermeilles, les charrettes, les dos d'âes avec des hôtes remplies de pourpres et de pampre, l'exaltation bâchique du pressoir et puis le souper du vin nouveau près des hautes futailles, des vieilles futailles. Il y avait du degré, il y avait du piquant, il y avait de l'esprit. En effet, tout autour de chez moi, quand j'étais petit, chaque voisin avait son car de vigne.

Chaque voisin avait récoltait sa piquette d'Auerlin qui était un vin sévère, lourd, acre, un vin d'encre, on disait, mais qui donnait de la plombe et qui avait cette vertu de tuer les bactéries dans les ventres délicats et précieux. C'était un une médecine mais aussi un langage, un rythme. Moi j'ai connu les cafes profondes culotté de salpêtre où s'échangeait au cul de la barrique contre deux silences quand on tournait à la pinette qui grince. Des paroles qu'on ne prononce que dans les entrailles de la terre. On parlait avec des onomatopés. C'était une liturgie. Le mot était rare l'esté de tanin.

On se comprenait parce qu'on était du même harpent, parce qu'on était du même sarmment, parce qu'on était du même serment. Et puis Eugen, une figure inoubliable, un vieux un vieux figuron hors d'âge qui pour nous donner le temps du lendemain faisait craquer ses genoux en remplissant les verres et qui énonçait une hypothèse qui convenait à l'assemblée vieillissante. Je le cite, je n'ai oublié aucun des mots qu'il prononçait. Les gars, au chevet du vin, le temps s'endort et ralentit. Peut-être que nous aussi à la cave, on vieillit moins vite. Chacun acceptait l'augure. Je suis moi du pays de Rablet.

J'ai connu mes premiers échauffements de gorge à Maé à Petos à Pissot le même vin que Gargantois et Pantagruel. Et puis j'ai goûté aussi un autre vin en cachette qui s'appelle le Noah qui est un vin interdit parce que comme l'absinte, il rendait fou. J'ai participé à toutes les les processions d'érogation. On chantait, on suppliait, on implorait les clémences du ciel pour éloigner le philoxéra. Le vin de la noce était de la même barique, du même cotau, de la même vendange que le vin de messe. Chez nous, en fait, le vin était biblique et littéraire. Il y avait les verts et les verts. Il y avait les verts qu'on retient et les verts qui vous retiennent.

Je me souviens du du cantonnier qui était un personnage admirable, cultivé, un alphabète est cultivé et qui sur le chemin de l'école chaque matin, la serpe dans une main et le verre d'eau de vie qu'il était allé demander à ma mère dans l'autre main me disait "Mon petit Philippe Le curé Zénobe, il t'apprendra le Nouveau Testament. Mais moi, mon petit gars et je vais t'apprendre l'ancien testament parce que je suis descendant direct, le fils spirituel de Noé, la première cuite. Il s'est pris un déluge puis s'est pris une cuite, la première ivresse mystique. Et moi, je parti à l'école avec cette idée.

Il y a eu dans l'Ancien Testament la première ivresse mystique Noé et je me disais ces gens-là qui me parlent sont cultivés. C'était une civilisation. J'ai connu les bouillards de cru en face de chez moi. J'ai connu les alambiques. J'ai goûté là aussi le produit magnifique. Et puis j'ai croisé les conscrits et je les entendais au loin qui chantaient. La chanson de 14, la chanson de leurs anciens. Le plaisir du militaire. Il est là-bas à de bas de la forêt. Une maison au mur tout couverte de bière autour le rou c'est le nom du cabaret la serante je gentille je gère comme un papillon gère comme un papillon son pét son œil. Nous l'appelons la main de l'on en verrons la nuit la nuit.

Nous y pensons le jour. Le jour ce n'est que Madelon mais c'est le Madelon à écouter sans modération mais je connais les âmes chagrines voir avec modération bien évidemment. M.