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interviewLe Média· 23 juin 2026 64 min

ANASSE KAZIB : POURQUOI IL NE REJOINDRA NI MÉLENCHON, NI ARTHAUD

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

La tâche, elle est pas elle est pas aisée quand on est un militant révolutionnaire et puis quand on est aussi un arabe. Faut dire la vérité. Moi, j'ai toujours été quelqu'un qui a été marqué par la barbarie du système capitaliste en réalité.

C'est-à-dire, je suis le sous-produit de cette histoire coloniale qu'on vécu nos parents. Que ça soit l'oppression patriarcale ou l'oppression raciale, elle participe également alimentée. Ce qui est central, c'est l'exploitation capitalisme.

Et comment on vit comme ça ? Tu vois qu'on gagne 1500 €. On pense qu'il faudrait que que le SMIC il soit au moins à 2000 € net.

Aujourd'hui, ceux qui ont pu faire reculer par moment Emmanuel Macron, c'est le mouvement euh euh les mouvements de lutte de classe. Je prends, je te donne juste un exemple, les gilets jaunes. S'il y a euh Jean-Luc Mélenchon au 2è tour euh [musique] [musique] Bonjour à toutes et à tous.

J'espère que vous êtes bien installé dans votre fauteuil. Le nôtre reçoit aujourd'hui Anas Kazim. Il est candidat à la présidentielle avec révolution permanente.

Il est cheminot et militant syndical à Sudraille. Bonjour Anas. Bonjour Amira.

Tu vas bien ? Ça va et toi ? Alors on n pas l'habitude de recevoir des candidats à la présidentielle comme toi.

On a habitué aux grandes écoles, au costume cravate. Là on le voit bien. Je sais pas si c'est cadré mais en tout cas tu es en short en basket.

Ouais. J'ai pas mis de crème Nivea sur les [rires] voà tu es en t-shirt. Est-ce que si tu es élu, tu vas porter la cravat ?

Si je [raclement de gorge] suis élu, euh non, c'est pas même les costumes, enfin je veux dire même sur les plateaux télé, même dans les débats si débat présidentiel il y a parce que ça c'est maintenant on voit qu'ils veulent plus trop débattre les bourgeois notamment avec avec l'extrême gauche. Euh non, moi je vais rester fidèle à à moi-même, je veux dire. Voilà.

Alors, on se rappelle, c'est nos vies en vrai dans le quotidien, il y a plus de gens qui me ressemblent que de gens qui se baladent en costume cravate quoi. À part si on se balade à la défense et qu'on est quatre sup. Mais voilà quoi.

Alors en 2022, tu avais déjà été candidat, en tout cas tu avais voulu être candidat. On se souvient que tu avais récolté 160 parrainages. Exact, je crois.

Est-ce qu'aujourd'hui, tu peux nous donner un chiffre ou c'est du off, c'est un corps secret. Ben aujourd'hui, on donne pas de de chiffres mais après pour préciser, on est sur les routes depuis euh le la fin avril, donc depuis le la fin des élections municipales, on a commencé euh pour avoir une une idée en tête pour avoir 160 parrainages. La dernière fois, on avait quasiment commencé presque à la fin de l'été, début septembre.

Donc là, on a presque 3 4 mois d'avance par rapport à à à l'époque. On a, je dirais quasiment quatre fois plus de de camarades qui sont sur les routes plus plein de sympathisants aussi qui nous ont contacté depuis le lancement de la de la campagne, qui sont pas des militants révolution permanente mais qui considèrent que cette candidature qu'on porte, elle mérite d'exister et d'être là. Donc voilà, on va se donner les moyens de les avoir malgré tout le process antidémocratique profond que sont les les 500 parinages.

Ça je pense les gens il parfois je rencontre des gens et qui trouvent assez dingue en fait le la comment dire l'état de siège de guerre qu'il faut pour aller récupérer 500 parrainages. C'est des milliers de mères à rencontrer et cetera. Donc parce que ce que tu veux en fait finalement c'est pas un parrainage politique mais c'est un parrainage démocratique.

Tu veux pouvoir te présenter à la présidentielle S'il y a des mes qui nous soutiennent politiquement, c'est c'est très bien, mais c'est pas ce qu'on demande et je pense je vais pas parler au nom des autres candidats, mais la réalité c'est que le les 500 parrainages, c'est le c'est un soutien démocratique. C'est on leur a confié cette tâche là de de permettre à des candidats de pouvoir se se présenter. Et donc faut savoir qu'il y a quasiment 40000 personnes qui peuvent qui peuvent parener et que dans la précédente élection, il y a plus de 70 % qui parent personne.

D'accord ? Donc pour se rendre compte à quel point il y a une telle épée de Damocles aussi au-dessus des mers, notamment les petits mers que nous on va voir. Bon, j'aime pas trop le terme petit mè mais c'est ce qui s'entend.

Voilà, ces petites communes de moins de 500 habitants, des des ouvriers, des retraités, des agriculteurs et cetera qui ont plus de sensibilité au fait de voilà quoi que de d'utiliser leur parrainage pour que d'autres voies existent, une voie ouvrière et cetera. Et donc, mais ils ont aussi des pressions parce que il y a l'interco, parce qu'il y a le département, il y a le conseil régional et donc c'est là où on retrouve des républicains, des partis socialistes et cetera et donc les gens ils disent "Ah ouais, moi j'attends une subvention de la région. Si Xavier Bertrand il voit que j'ai parêné Anaskaib ou je ne sais quel autre candidat et pas un républicain, moi je vais me faire taper sur les doigts.

Ils nous le disent, ils ont peur. Ah oui, très clairement. Il y a même des maires, moi je me souviens en 2021-2022 des maires qui ont pris des pressions concrètes de de de conseils régionaux et cetera, sans nous dire les noms et cetera, mais qu'ils ont dit "Écoutez, je suis désolé, je vais devoir euh retirer mon parrainage et ça devrait en tout cas, moi j'en parle librement, mais ça reste anormal et les gens devraient voir comment le la politique qu'on qui existe, celle qu'on connaît, elle est totalement cadnassée. noyauté par une caste de politiciens bourgeois que si tu as pas un parti avec des des milliers des milliers d'adhérence, si tu es pas tous les jours sur BFM TV, si tu as pas des millions d'euros en trésorerie et cetera, que tu as été sénateur avant député ou ce que tu veux, en fait on a mis en place une chaîne de choses qui font que euh voilà, déjà les 500 faut aller les récolter.

En plus de ça, bah quand tu arrives à t'approcher, on met des pressions au mer pour que il ils retirent leur parrainage et cetera. Donc la la tâche, elle est pas elle est pas aisée quand on est un militant révolutionnaire et puis quand on est aussi un arabe. Faut dire la vérité.

Je veux dire, quand tu es dans des dans des territoires de cette France dit périurbaine euh où le Rassemblement national euh fait parfois des scores de 70 80 %, bah tu as des mères qui te disent "Voilà, moi je suis moi je suis à à l'opposé du Rassemblement national mais vous comprenez que dans ma commune, ils ont peut-être même jamais vu un arabe ou un noir de leur vie. Mais vous allez les voir ces mères là ? Oui oui, on va aller voir.

Oui. Et certains même heureusement beaucoup nous nous parenent parce qu'ils voi aussi qu'il y a une nécessité de de porter une voix qui leur ressemble et puis on connaît leur vie. Je veux dire moi parfois il y a des mèes qui sont des chemineaux.

Donc bon bah quand tu as un chemineau et tu en face d'eux, tu as pas il va pas t'expliquer ce que c'est que d'être à découvert ou ce qu'est la case des services publics et cetera. Donc on, je veux dire, il y a des difficultés mais il y a mais il y a aussi une une véritable différence que eux voient entre les politiciens bourgeois qui leur envoient déjà des courriers, ils ne se déplacent pas et quand ils te voi te déplacer, il voit des équipes militantes mais ils sont ultra impactés. Ils disent "Waouh, vous êtes venu au dans le GER me voir dans ma petite commune, vous êtes le premier candidat qui vient me voir et cetera." Donc ça ça a de la valeur.

Ils se disent nous on attache de l'importance à ça. C'est ta plusvalue à toi. Comment c'est ta plusvalue à toi d'être en contact direct avec notre plusvalue.

Vous pensez que Annie Dalgo, elle a je crois fait quasiment 2000 parrainages à Nidalgo en 2022 pour 1,5 %. Est-ce que c'est normal ça ? Est-ce que une personne qui a au final pas même pas récolté 2 % des suffrages, elle a elle a elle a eu encore plus de parin que n'importe quel autre candidat que même Emmanuel Macron ou d'autres ?

Enfin, c'est c'est ça la réalité aussi des des choses et que euh nous on est profondément contre le le système des parrainages. On le dénonce, on le dénoncera même si on fait le taf pour les récupérer. Euh on considère que c'est primordial que la population, elle soit au courant de de ce système profondément antidémocratique.

Alors Anas, on se souvient de toi, c'était en 2018 avec euh voilà les manifestations des chemineaux. Comment on passe de militant syndical de de de chemineau à vouloir devenir candidat à la présidentielle ? Genre, tu le dis bien et on le sait, tu es dégoûté de la classe politique.

C'est justement peut-être ça qui t'emmène en politique. Bah, je veux dire, je suis déjà toujours chemineu, je travaille toujours. Et en fait pour moi la la le passage de simple comment dire militant syndical sur le terrain à à militant politique révolutionnaire, c'est aussi une compréhension des des limites et du cadre syndical tel qu'il est, de la crise du syndicalisme qui existe, de de cet aspect corporatiste, de de l'aspect que moi je qualifie de d'économiciste entre guillemets. dire voilà en gros on va se battre contre la la question des retraites contre la la question des salaires et cetera, mais pas en avec l'idée générale de renversement du système capitaliste, de prise du pouvoir par les travailleuses et travailleurs.

Aujourd'hui, clairement, il y a pas de de de volonté de la part des des organisations syndicales de de porter un projet politique ou en tout cas de mener des luttes qui participent au renversement du du système. Quand vous avez par exemple Sophi Binet récemment au moment du mouvement blocou au mois de septembre et cetera où il y a il y a cette cacophonie où le cornu démissionne, Bairou démissionne avant lui, le cornu après avoir pris son poste se dit finalement moi je veux plus et cetera et qu'on a des organisations syndicales euh qui disent "Nous, on n'est pas là pour faire tomber un gouvernement." Donc moi, je suis je m'oppose à ça.

C'est-à-dire moi, je suis chemino, je suis syndicaliste, je suis militant révolutionnaire. Moi, je suis pour faire tomber les gouvernements bourgeois et bien plus que simplement les faire tomber. Donc pour moi, le fait de de voir que c'est à travers une politique révolutionnaire d'unité de la classe ouvrière avec un un combat idéologique et politique aussi qu'on peut mener ces choses-là à bien et que le syndicalisme bon je peux je peux défendre des collègues, c'est ce que je fais au quotidien, obtenir euh euh des petites choses à la marge, mais je veux dire face au licenciement, face à la guerre, face au retour à la militarisation, tu vois, depuis le syndicat, comment je m'oppose à ça ?

Tu vois, comment je peux m'opposer à Donald Trump ? Comment je peux m'opposer à la guerre en Iran ? Comment je peux m'opposer à à des attaques la loi séparatisme, les aux dissolutions de de collectif palestinien et cetera ?

Depuis le syndicat, malheureusement, il y a pas il y a pas cette volonté là quoi. Donc tu déçu de la politique aussi des des syndicats. D'ailleurs, il y avait une une manifestation, c'était le le 10 juin et vous étiez quatre syndicats, vous avez été unis.

Ça fait combien de temps que vous étiez pas un [raclement de gorge] pour une mobilisation ? Ça fait pas très longtemps, mine de rien, parce que de plus en plus, il y a une forme d'unité euh syndicale parce que aussi euh les miettes euh qui pouvaient être donner à la table des négociations avant euh elle pouvait être plus importante. Aujourd'hui, je pense que même les syndicats dit les plus réformistes euh comme la CFDT, l'UNSA et cetera qui je veux dire, moi j'ai connu une époque en 2016, mais les les premières mobilisations importantes en France il y a une décennie, la CFDT, elle faisait partie du camp du Parti socialiste qui mettait en place la loicomerie, la loi travail comme on l'avait appelé.

Aujourd'hui, même des organisations comme la CFDT, elles voi qu'elles ont une fin de non recevoir même à des des miettes quoi, vraiment des petites choses. Et donc, ils sont obligés de venir dans le terrain de la lutte, mais avec pour moi un objectif aussi qui est qui est qui est celui d'essayer de peser sur le sur les négociations. Moi, je je construis pas des grèves et j'appelle pas les camarades à lutter pour peser sur le sur les négociations, mais au contraire pour essayer de de de d'arracher beaucoup plus que simplement se défendre ou ou avoir des choses à la marche, quoi.

D'ailleurs, tu es contre les grèves perlées. Tu pas trop ça, tu penses que ça fonctionne pas vraiment ? Ben, je pense que les je c'est c'est pas euh c'est pas la la grève reconductible en tout temps toute heure.

Moi, je suis je suis conscient que il y a nécessité de d'avoir des journées euh d'appel pour pouvoir euh commencer à battre euh à à battre le fer. Néanmoins, je pense que dans un rapport de force conscient long face à une classe qui est organisée, qui a sa justice, sa police, ses médias, qui a ses patrons, qui maintenant ils utilisent même le télétravail et cetera, ils utilisent un certain nombre de d'artifices pour contenir le maximum les les journées de grève. Les gens voient bien qu' il y a il y a plus de facilité à se à se réhabituer ou en tout cas à s'adapter à des journées de grève isolé. quand ça commence à taper dans le dur, quand tu commences à rentrer dans des mouvements reconductibles plus large, interprofessionnel qui embarque la jeunesse et autres, là on est dans un rapport de force qui est totalement différent.

Donc je dirais, je suis pas opposé à la grève à la aux grèv de 24 heures, aux grèves isolé par par principe, mais je considère qu'à un moment donné lorsqu'elles deviennent l'alpha et l'oméga de la stratégie, les et je suis pas le seul, je veux dire, moi je me rappelle au moment de la des grèves de 2023 pendant la réforme des retraites, on a eu 14 journées de grève isolée de de janvier à juin. Je me rappelle les gens qui n'étaient même pas des syndicalistes, il disaient à un moment donné, il faut y aller pour de vrai. Le le gouvernement, il est en train de passer en force.

Pourquoi on est encore en train de de faire des journées euh séparées de 3 semaines et cetera où en fait les patrons savent se réadapter, ils ont des stock. Bah oui, le stock tu l'utilises quand l'usine elle est fermée, quand elle est fermée 24 heures et tu as des pneus pour 2 semaines, tu peux tenir. Mais quand ça commence à être beaucoup plus long, ça ça devient difficile.

Mais ça, tu dis que c'était en 2022. Là, on est Ouais. 2023.

Là, on est en 2026. La grève du 10 juin, vous avez fait exprès de pas la faire vendredi, veille de weekend ou veille de vacances. Est-ce que c'est pas un peu une régression finalement ?

Bah je je je pense moi personnellement c'est pas moi qui décide des des stratégies. Moi je pense que la grève elle doit appartenir au gréviste et c'est à la base de décider. Le problème c'est que souvent les stratégies elles sont imposées par en haut.

Moi j'ai pas beaucoup de critiques à faire vis-à-vis de la grève du 10 parce que mine de rien, elle a elle a elle a été meilleure que les les attentes réelles, je pense qui était derrière cette journée posée par dit un chemin sur deux étant rêve. Franchement, c'était c'était énorme. Moi, je crois dans mon secteur, moi je suis à l'aiguillage des trains, on était dans mon établissement presque 70 % des agents en production, ça faisait ça faisait très longtemps, je veux dire, c'est des niveaux de grosses journées de mobilisation euh nationale.

Mon interrogation, elle est maintenant. Ouais. La suite.

D'ailleurs, vous avez décidé quoi ? Pour l'heure, il y a rien. Tu vois et c'est pour ça que je suis aussi connu certes comme syndicaliste, mais je suis aussi connu comme être un de ceux qui sont les plus critiques vis-à-vis des stratégies de la défaite et des stratégies de la bureaucratie syndicale et cetera quoi.

OK. Donc tu passes maintenant à la en politique hein, tu vas être candidat à la présidentielle. Quand tu as annoncé ta candidature la semaine dernière, c'était ça ?

Euh il y a presque de semaines maintenant. Ouais, il y a même presque de semaines. Franchement, tu peux t'en féliciter.

Beaucoup de médias ont parlé ont parlé de de toi. Il y a même Closer d'ailleurs qui a fait un qui a fait un article parce qu'il s'interrogeit un peu sur ta vie privée. Donc, j'ai lu Closer pour savoir.

Donc, tu es marié euh à une femme qui travaille à la SNCF et tu as trois enfants. C'est ça. J'ai trois enfants mais Closer s'est trompé, je pense.

Ils ont pris juste un truc de fiche. Je sais pas d'où ils l'ont trouvé. Alors pour trompé, tu as Non, mais parce qu'ils ont mis deux et j'en ai trois depuis.

Donc ils ont pas mis à jour Ouais. Euh leur leur article. Mais oui effectivement.

Ouais. Je suis euh Tu es papa ? Je suis papa.

J'ai 39 ans. Euh j'ai trois garçons. Le plus petit de 4 ans et le plus grand qui va avoir 14 ans bientôt.

Et voilà. Épou de cheminote. Et je suis même enfin je suis fils de de cheminot.

Ma ma sœur est cheminotte aussi. C'est aussi ça qui t'a poussé en en politique, c'est par rapport à ce qui a vécu à ton père ou pas ? Bah mon père, il a fait partie d'un procès dont je parle souvent, c'est le procès des Shibani de l' SNCF.

C'est Shibani, c'est en arabe, ça veut dire cheveux gris. C'est les fameux travailleurs marocains qui ont été embauchés euh soit au Maroc, soit ici depuis la France euh et qui au final n'avait pas les mêmes droits euh comment dire les mêmes droits que que les Français, ni même la même retraite, ni même les mêmes conditions salariales et qui au final ont réussi après presque 15 ans de combat euh euh judiciaire à faire condamner la SNSF pour discrimination raciale et cetera et qui a obtenu euh et qui a obtenu gain de cause et Euh bah moi j'ai souvenir mon père était aiguilleur de train aussi à ses à ses débuts. Est-ce que c'est la reproduction sociale aussi d'une certaine manière ?

Et puis moi, j'ai toujours été quelqu'un qui a été marqué par la barbarie du système capitaliste en réalité. C'est-à-dire, je suis le le sous-produit de cette histoire coloniale qu'on vécu nos parents. Moi, mon père, il nous raconte comment ils ont été recrutés et cetera, comment on leur a tâé les biceps, on leur a regardé les dents et cetera comme des animaux euh sur lesquels on a mis euh de mémoire, je crois il me disait, c'était un rond euh sur le le la poitrine quand c'était validé, une croix quand la personne était malade ou trop fragile et cetera.

Euh euh et donc je veux dire c'est la continuité aujourd'hui de de de ce système capitaliste qui nous exploite, qui continue de nous opprimer. Donc moi, j'ai toujours été quelqu'un, moi j'ai toujours entendu mon père dire "Moi, je suis un ouvrier" mais mes parents au départ enfin je veux dire comme tous les parents de de de d'enfants des quartiers racisés comme moi, on nous a tous dit "Ouais, moi j'espère que tu seras médecin." Mon père, il me disait que tu sois un avocat, un juge ou je ne sais quoi.

Mais enfin, ils avaient l'impression que eux, ils s'étaient sacrifiés. Ils avaient fait beaucoup de sacrifices, ils avaient vécu beaucoup de difficultés euh pour éviter que nous on soit euh dans les mêmes difficultés financières, matérielle que eux. Et puis euh mais puis moi je regrette à aucun moment d'être un travailleur comme mon père et être un membre de la classe ouvrière et cetera.

Et justement, tu parles souvent d'une nouvelle classe ouvrière. [grognement] Est-ce que certains comme les enseignants, les ingénieurs n'ont peut-être pas conscience d'être ouvrier ? En fait, finalement, si je te comprends bien, tu es ouvrier prétaire à partir du moment où ton salaire te sert à vivre.

Exactement. Merci de la définition très simple et claire. C'est ça.

C'est celles et ceux qui n'ont pas d'autres moyens que leur force de travail, qu'elle soit physique ou intellectuelle pour pouvoir tous les salariés sont envoyés. Ben tous les salariés, sauf ont fait une exception euh euh c'est notamment ceux qui sont dans les chaînes de commandement qui ont un rôle coercitif euh qui participent au aux sanctions, au licenciement et cetera et cetera des des des travailleuses et travailleurs. Mais oui, tu tu poses quelque chose qui est assez central, c'est que la classe ouvrière, elle a jamais été aussi importante, mais les gens ne se reconnaissent pas en fait dans cette classe là, notamment peut-être pour plusieurs raisons, mais pour en identifier quelques-unes principalement, le problème, c'est que il y a il y a une vision de l'ouvrier de de le du travail manuel peut-être, non, mais de l'ouvrier surtout de du début du siècle, c'est-à-dire l'ouvrier, c'est un monsieur un un un un homme blanc en bleu de travail quoi et qui est à l'usine euh parce que notamment la classe ouvrière et l'ouvrier même les définitions notamment ici en France elle s'appuyait beaucoup sur le travail dans la métallurgie dans l'industrie et cetera.

Vu qu'il y en a moins aujourd'hui ? Il y en a il y en a moins mais le travail en fait il a totalement évolué d'une part. C'est-à-dire qu'aujourd'hui il y a énormément de travail dans dans les télécomi dans dans l'informatique et cetera et cetera.

La classe ouvrière aussi elle est beaucoup plus hétérogène qu'avant. C'est-à-dire qu'il y a les les femmes sont par exemple une nouvelle composante. Quand on parle de nouvelles classe ouvrière, c'est aussi de voir comment dans cette classe ouvrière, elle est elle est ultra féminisé et que notamment les femmes, elles occupent euh euh euh en grande majorité les emplois les plus précaires.

Faut savoir que 80 % des emplois temps partiels sont occupés par des femmes et que ces femmes-là, elles ont pas juste des soucis de de salaire, elles ont pas juste des soucis de de de repos ou de congé. Elles ont aussi des un autre souci qui est celui de l'oppression patriarcale et que en fait on peut pas penser la lutte de classe, on peut pas penser les grèves et le combat face au système euh euh en omettant le les comment dire les les particularités qui traversent cette classe. Je parlais des femmes mais on peut prendre aussi les travailleurs racisés, immigrés et cetera qui sont souvent pareil quand on au aux travaux les plus pénibles dans le bâtiment, la logistique, les coursiers et cetera et cetera, la restauration et autres. et qui sont aussi avec une oppression raciale supplémentaire et que que ça soit l'oppression patriarcale ou l'oppression raciale, elle participe également alimenté ce qui est central, c'est l'exploitation capitaliste.

Donc à travers le racisme et cetera, à travers le fait du du de mettre cette épée d'amoclè xénophobe et raciste sur des travailleurs, ben on va considérer qu'ils sont beaucoup plus exploitables. on peut se permettre beaucoup plus de choses vis-à-vis de ne pas leur payer leurs heures supplémentaires, savoir queils sont ils doivent fermer leur gueule parce que sinon le le serfa pour ton titre de séjour, tuas ton renouvellement, je te le donnerai pas et cetera et cetera. Donc on peut pas en fait aujourd'hui mener une une un combat euh une lutte sans penser à à toutes ces question là qui traversent euh euh cette nouvelle classe ouvrière à travers sa sa composition et tous ces secteurs parce que c'est plus la classe ouvrière de l'époque des grands bastions industriels, des grands secteurs stratégiques et cetera, des usines où il y avait 15000 travailleuses travailleurs et cetera.

Aujourd'hui, l'écrasante majorité de de cette classe, bah déjà, elle est loin du syndicalisme notamment, elle est loin des combats de grève. Elle sait même pas en fait si elle peut se mettre en grève. Il y a des gens, ils disent "Moi, je sais même pas à quoi ça sert de mettre en grève." Donc, on parle de nouvelle classe ouvrière.

Euh euh c'est un élément objectif, mais c'est aussi pour dans cette présidentielle euh euh lutter pour remettre en place cette conscience-là pour dire aux gens que oui, si tu es aide soignante, tu es membre de la classe ouvrière. Si tu euh euh un un VTC qui est euh euh tenu et attaché par euh une application qui peut se fermer du jour au lendemain euh parce que tu as eu euh une étoile au lieu de 5 et que tu te retrouves, tu fais comment quand tu es VTC que euh l'application elle te elle te euh bannit compte quand tu es un un livreur délivérou, tu qu'est-ce que tu fais ? C'est sinon aller faire la manche ou quoi que ce soit pour essayer de te te nourrir ?

Et ces personnesl en fait, on on leur a toujours fait croire qu'ils n'étaient pas membre d'une classe et aussi moi je m'oppose à cette classe politique dans son ensemble gauche comprise qui on va en parler justement qui n'a aucun intérêt en fait et qui mène une lutte à mort, je dirais une lutte à mort contre euh la conscience de classe en fait. On dit, "Vous êtes citoyen, vous êtes le peuple, vous êtes euh euh des salariés, voilà, vous êtes attaché à un contrat de subordination avec l'employeur, mais l'exploitation capitaliste, le rapport patron, le renversement du capitalisme et cetera, ais tout ça c'est c'est derrière nous et cetera. aujourd'hui c'est c'est autre chose et donc on on participe euh à à tout ça à essayer de d'effacer au plus possible cette cette conscience de classe.

Alors pour comprendre c'est quoi la nouvelle classe ouvrière, on va diffuser ton clip de campagne. Je vous laisse le regarder. On se retrouve dans quelques minutes.

Speed fignant qui veut plus rien parce que il paraît que la classe ouvrière a disparu. Elle a existé pendant des décennies mais plus maintenant. Le SMI qui doit être supprimé tout simplement.

Les usines ont fermé, le travail a évolué, les salariés ne sont plus exploités. Au contraire, ils sont privilégiés et trop payés. [grognement] D'ailleurs, il n'y a [musique] plus d'ouvriers.

Ils ont été remplacés par des employés, par la classe moyenne. Les chemineau prennent en otage des français qui travaillent ou par des robots ou par des auto-entrepreneurs ou par des chômeurs. [musique] Il paraît.

Pourtant, chaque jour, des millions de personnes vont au boulot, passent leur journée sous les ordres d'un chef ou sous le contrôle d'une application, conduisent des bus et des trains, soigne des patients, s'occupent de nos enfants, bossent sur une chaîne de montage, un chantier ou dans un entrepôt, vendent leur force de travail pour pouvoir nourrir leur famille ou payer leurs études. Rien ne tourne sans eux, rien ne [musique] tourne sans nous. Pourtant, on narrive plus à vivre de notre travail.

On a l'impression d'être condamné à [musique] l'inflation et au chômage, à un monde de crise et de guerre, à subir le sexisme, le racisme, les problèmes de papier et d'être privé de parole par les patrons et les politiciens. Mais on lutte aussi et on est capable de se faire entendre avec un gilet rouge, un gilet jaune ou un gilet noir dans des grèves ou des manifestations, des marches pour la Palestine ou contre la guerre en France et dans le monde entier. [musique] [musique] Depuis 2017, nous avons été la première opposition à Macron parce que ceux qui sont en première ligne, c'est nous. [musique] Ceux qui ont intérêt à tout changer, c'est nous.

Ceux qui ont la force de le faire, c'est nous. Parce que la classe ouvrière, elle est partout, [musique] sauf dans l'élection présidentielle. Révolution permanente, c'est une sission du NPA.

Quels sont vos points d'accroche avec le NPA ? Oui, parce qu'après il y en a plein. On va faire le NPA, RLF, il y en a plein mais d'abord le NPA.

Ben écoute, déjà ça fait rapidement qu'il y en a plein. On on ça fait longtemps qu'on nous dit plus, on nous parle plus de la session avec le NPA parce que ça date quand même de 2021 maintenant. C'est pour ça que vous êtes créé justement.

On s'est on s'est créé là-dessus sur un désaccord euh déjà stratégique et politique et notamment autour de la candidature euh euh en 2022. Nous, on avait essayé de porter euh euh lorsqu'on était au sein du NPA ma candidature notamment parce que à l'époque euh euh Philippe Pouto et Olivier Besnown disaient que c'était deux candidatures chacun et cetera, qu'il y avait pas de de de projet de de porter une troisème candidature de de Philippe Poutou. Au final, il y a eu un désaccord profond là-dessus.

Moi, je pense que l'histoire nous a donné raison parce que on on dénonçait notamment le le les positions et la proximité de plus en plus importante du NPA canal historique. C'estàd moi quand je parle du NPA, c'est ceux qui qui qui sont issus de la LCR, Olivier Besancnot, Philippe Poutu et cetera et que on voit la suite nous a donné raison que ça soit leur intégration dans dans le Nouveau Front populaire et cetera ou encore même aujourd'hui, moi je vois les dernières et les récentes déclarations, ils ont tendance en fait aujourd'hui à se diluer totalement derrière un projet réformiste et cetera, des institutions et autres. utre et donc voilà pourquoi on est donc ça c'est pour le NPA le NP d'ailleurs la candidature de Selma Habib qui est conductrice de bus on l'a su à l'heure où nous enregistrons en tout cas elle a dit ce matin qu'elle était candidate.

Tu en as pensé quoi ? Ben euh euh écoute euh moi de de prime à bord, j'ai aucun problème avec les candidatures révolutionnaires. Enfin euh c'est je vais pas dire il en faut 1 milliard non plus euh de candidatures révolutionnaires.

La la question elle est de savoir euh qu'est-ce que eux comptent exactement euh défendre dans cette dans cette élection présidentielle parce que tu vas les contacter ou pas ? Bah je sais pas c'est pasif elle est seul à la présidentielle. Enfin, s'ils ont les parrainages ou est-ce que tu vas essayer de les contacter peut-être faire une candidature unique révolution permanente NPAR ?

Bah moi je pense qu'ils a il prévoyait de faire une candidature unique derrière Nathalie Arta. Enfin eux-mêmes ils ont fait la déclaration publiquement, ils ont fait même un texte public d'appel à à rejoindre sans aucune condition. C'est comme ça qu'il le formulait. la candidature de Nathalie Arta que ça leur allait bien.

J'ai vu que les les camarades de lutte ouvrière leur ont répondu que s'ils voulaient faire la campagne de Nathalie Harto avec leur propre matériel, il pouvait et cetera. Euh euh donc moi, je m'interroge sur le la plus-value de cette candidature réellement. S'ils sont d'accord avec lutte ouvrière et qu'ils considérait que la candidature de Nathalie Arto, il pouvait la défendre sans aucune condition, bah pourquoi porter cette candidature ?

C'està-dire si tu considères que cette candidate, elle correspond à ce que tu veux défendre en 2027, soutiens cette candidate, va chercher les parrainages pour elle et que ça me donne plus le sentiment d'une volonté de de d'appareil et cetera et d'exister et même j'ai vu dans la la déclaration, c'est assez cocasse de leur part parce que je pourre un petit peu les déboirs et la cacophonie qui a pu exister d'une certaine manière dans le dans le NPA entre ce qui est maintenant le NPAA, l'anticapitaliste, c'est-à-dire canal historique et le NPAR de Selma, Gael Kirante et cetera, ils ils se font la guerre sur le nom, c'estàdire sur qui est l'héritier du nom. Et donc, ils ont eu même un accord en jugement, c'estàd ils se sont ils sont allés devant les tribunaux pour séparer euh le nom et avoir deux deux nouveaux noms. Et puis dans la candidature, il se il se déclare héritier de la candidature de Philippe Poutou et de Olivier Besnot.

Ah voilà, c'est-à-dire que bon, toute la l'année, on explique à Olivier Beso et Philippe Pout, arrêtez de dire que NPA, vous êtes pas le NPA, vous êtes le NPAA et nous on est le NPAR. Mais quand le NPR fait sa déclaration, il sait se rappeler au bonne grâce de de Philippe Pouteau et d'Olivier Besancnot et même vis-à-vis des maires. Ça va être de s'installer comme les héritiers de la candidature de de Philippe Poutou, de dire Poutou n'est pas là en 2027 parce l'objectif aussi, c'est notamment pour les parrainages, c'est jouer sur voilà les maires des petites villes qu'on va contacter que ça soit lutte ouvrière nous ou le NPA R, c'est pas des mes connaissent les cissions dans le NPA et cetera.

Donc si tu viens, tu leur dis Philippe Poutou il est pas candidat, c'est moi qui suis candidaté chez son poulin. Voilà. Et moi je trouve que voilà, ça devrait en tout cas euh euh chez eux euh mettre beaucoup plus de clarté quoi.

Soit vous êtes vous avez rien à voir avec le NPAA de Olivier Besoot et Philippe Poutou, soit vous en êtes les héritiers. Il faut il faut faut l'assumer. Moi, je pense que voilà, si c'est une autre organisation politique, bah qu'il trouve un nom à eux et qu'il il porte.

Moi, je dis pas ça. J'ai été dans le NPA euh euh presque 5 ans avant le départ et la création de révolution permanente. À aucun moment, j'ai j'ai utilisé la candidature de Philippe Poutu, d'Olivier Besno ou dire à un maire ou publiquement Philippe Poutou, Olivier Besno, Philippe Poutou Anna, c'est c'est la même chose quoi, c'est la continuité.

Je je suis je suis la lignée officielle. Moi je trouve que euh voilà c'est ça ça c'est en tout cas c'est bah je dirais pas ça mais en tout cas moi ça m'interroge énormément. Donc bon, après je vais pas lui, je veux dire c'est pas c'est pas une adversaire Selma, c'est une camarade de c'est une camarade de lutte, c'est une travailleuse voilà qui est dans une organisation révolutionnaire avec laquelle on on fait beaucoup de choses sur le terrain de de la lutte.

On partage des mobilisations, des manifestations communes et donc donc voilà, c'est plus à eux de de discuter en interne. Moi je vais pas dire est-ce que tu mérites de te présenter ou pas. J'aimerais pas qu'on me le fasse donc je me je vais pas me permettre de de le dire aux autres quoi.

Je voudrais voir aussi avec toi ton désaccord avec Lut ouvrière et avec Nathalie Artau parce que j'ai quand même l'impression que les désaccords sont plus profonds avec Lut ouvrière qu'avec NPA. Euh peut-être par rapport à leur position, par rapport à la religion, ils sont différents. Bah déjà quand on pour revenir sur la discussion de la nouvelle classe ouvrière, la nouvelle classe ouvrière, elle s'oppose à à comment dire à la gauche institutionnelle et notamment aussi à à au projet de de Nouvelle-France d'une certaine manière.

En tout cas, elle est elle elle incarne autre chose, quelque chose de différent de de ce qu'incarne la Nouvelle-France, c'est-à-dire d'une forme de réconciliation nationale autour, voilà, d'un d'un état rêvé, un nouvel état français rêvé, des institutions un peu un peu plus démocratiques et cetera et cetera. euh euh d'une part, mais la nouvelle classe ouvrière, elle est aussi différente de de ce que porte lutte ouvrière, c'est-à-dire d'une forme de de de classe ouvrière du passé et cetera. cette classe ouvrière en bleu de travail qui met de côté qui met sous le tapis la question des oppressions patriarcales, raciales et cetera, la question euh euh de la lutte pour le peuple palestinien et cetera au cœur et que nous on considère que euh euh c'est c'est le rôle des révolutionnaires d'incarner et de porter l'ensemble de de de ces combats, de ces oppressions que vit la classe ouvrière.

Quoi que moi je suis racisé. Euh je je vis les mêmes difficultés qu'un travailleur blanc d'un point de vue matériel. Voilà.

Euh euh quelqu'un qui est un travailleur blanc euh euh qui gagne le même salaire que moi, bah oui, on va être à découvert pareil. Euh il sait comme moi les difficultés à gérer les enfants, les devoirs euh les galères des transports. Mais néanmoins, je vis aussi une oppression raciale, je vis aussi une oppression islamophobe et cetera et cetera. et on peut pas dire "Ah non, nous on va parler ensemble que du travail." Par contre, ton histoire de de d'oppression raciale, moi je veux pas en entendre parler parce que là, je suis pas d'accord.

Et je pense que oui, c'est un projet totalement euh différent. C'est une nouvelle classe ouvrière intégrale d'une certaine manière qui qui intègre l'ensemble des des oppressions et autres. Et ça même c'est aussi une différence importante par exemple avec un qu'on a pas évoqué, c'est François Ruffin qui discute beaucoup la question des des bours et des tours et cetera, mais avec la volonté aussi de derrière ce tru là des bours et des tours, c'est de liquider la question des oppressions raciales et cetera, de pas trop emmerder les travailleurs blancs qui seraient plus euh [raclement de gorge] prêt à céder à un vote du Rassemblement national, aller plus les capter sur ce qui leur fait mal et les convaincre sur ce qui leur fait mal et moi je pense qu'au contraire c'est en unifiant la classe ouvrière, c'est en portant l'ensemble de ces de ces combats-là et en leur donnant un projet commun de renversement du système capitaliste, de retournement en fait de la situation qu'on peut convaincre, qu'on peut lutter même face à la montée de l'extrême droite qui existe bien évidemment aussi dans la classe ouvrière et dans une partie importante quoi.

Alors pour lutter contre l'extrême droite, on le sait he lutte ouvrière, NPA, NPR ont peu de chance de gagner l'élection présidentielle. On parle beaucoup de de LFI aujourd'hui. Euh LFI qui est souvent présenté comme le parti un peu radical.

Il même je crois Bovo a dit que c'est un parti d'extrême gauche aux dernières aux dernières élections. Euh pour toi, pas du tout. LFI n'est pas assez radicale.

C'est ce que tu leur reproches finalement. Bah c'est je c'est c'est pas ce que je leur reproche. Moi j'ai un désaccord stratégique profond avec la France insoumise.

Enfin je je dire par là de on partage pareil des des combats communs. Après cette émission, je vais aller devant le l'ambassade de Bolivie parce qu'il y a une lutte de classe importante en Bolivie actuellement et on fait un rassemblement qu'on a impulsé notamment et que la France insoumise va envoyer une un représentant pour prendre la parole. Donc on mène des choses euh en en commun ensemble et on continuera à mener des choses ensemble.

Je veux dire là il y a je fais face à de la répression un procès. Je pense on en parlera après. Mais je veux dire Rima [raclement de gorge] Hassan aussi qui est député européenne va passer en procès une dizaine de jours après moi.

Donc toi c'est le 25. Donc on fait face à des à des à des des choses en commun. Néanmoins, on n'est pas du tout sur la même ligne euh stratégique et et politique.

Eux, ils considèrent d'essayer de donner d'une certaine manière un visage plus humain au capitalisme mondial, un visage plus humain aussi d'une certaine manière à l'impérialisme français, que avec une France forte en fait, on va pouvoir faire mieux la paix, on va être en meilleure position et cetera. Moi, je considère que la France n'est pas une puissance de paix, au contraire, que c'est une puissance impérialiste, que il faut non pas uniquement dénoncer l'impérialisme états-unien, mais il faut aussi être capable de dénoncer l'impérialisme français. Donc, il y a il y a beaucoup de de de désaccords stratégiques et politiques avec eux.

Je pense par exemple au patronat, au Oui, tu leur reproches parce qu'ils veulent aller négocier par exemple l'augmentation du SM, je pense. Mais comment tu fais si tu arrives en politique et que tu veux pas négocier ? C'est la politique, c'est pas un peu une histoire de compromis finalement ?

Ben je je pense qu'en tout cas le c'est la la politique c'est pas spécialement une une histoire de compromis. Moi je pense que la politique c'est surtout une question de rapport de force et que face au système capitaliste, face à ceux qui ont qui détiennent euh le pouvoir de l'argent, qui détiennent les médias, qui détiennent la justice, la police et cetera et cetera, en fait, il n'y a que le rapport de force qui qui permettra de de les contraindre. C'est lorsque Trotski disait une phrase magnifique, il disait "C'est lorsque la bourgeoisie a peur de tout perdre, qu'elle commence à à à céder." Moi, je l'ai vu par expérience.

J'ai vu dans l'exercice de grève, dans d'exercices de lutte de classe, comment en fait les heures et les jours que je peux passer dans des négociations du dialogue social avec le patronat en fait ne fait rien bouger. C'estàd que le patron il t'écoute pendant 3 heures, il dit "OK, bon ben OK, on a un désaccord et basta, il plie sa pochette et il ferme son ordi et il se casse." Par contre, quand tu es en grève, quand tu tiens le piquet, quand il voit qu'il y a des salariés, des travailleuses, travailleurs qui sont radicalisés, qui n'entendent pas reprendre le travail tant qu'ils n'ont pas gain de cause, en fait, tu vois que ton rapport de force c'est c'est le fait que le patron en fait, il y a plus un euro qui est en train de rentrer dans sa poche et que lui il essaie de voir qu'est-ce qui peut céder.

Et donc je pense que dans cette situation dans dans dans une situation de retour à la guerre de de budget militaire pharaonique comme jamais qui sont euh 100 fois supérieur à ce qui a pu exister durant la première et la seconde guerre mondiale aujourd'hui où il y a une tension géopolitique ultra importante que il y a il y a il y a rien de plus que la radicalité de la lutte de classe pour pour pouvoir les faire reculer qu'en fait c'est pas les négociations à l'ONU dans les G7 la diplomatie internationale qui va changer les choses. Je pense on l'a testé avec le génocide en Palestine, je veux dire euh euh Cour pénale internationale, ONU, euh toutes les organismes possibles et imaginables qui sanctionnent. Et on voit bien qu'en fait euh euh c'est c'est la diplomatie, c'est celui du plus fort contre contre le plus faible, quoi. [grognement] En 2022, tu proposais un SMIC à 1500 € c'est ça ?

Euh non non non, je pas à 1500 €. Je pense qu'on était autour de 1800 € net. C'est possible qu'on é à 1800 €.

C'était en 2022 et en 2026. Bah aujourd'hui, on pense qu'il faudrait que que le SMIC il soit au moins à 2000 € net aujourd'hui euh que la réalité c'est que on les travailleurs et travailleurs, ils sont de plus en plus leur salaire, il est proche du SMIC et que quand on voit des loyers à 1000 et quelques euros, le le le budget des transports, des cantines et cetera, enfin les il y a un vrai problème où aujourd'hui les travailleurs travailleurs ne vivent pas de leur travail. C'estàd ils vivent de payer l'essence, ils vivent de payer le blocage du D3 d'Ormous par Donald Trump.

C'est ça aujourd'hui la conséquence des travailleuses et travailleurs aujourd'hui leur leur leur leur vie. Donc on considère qu'il faudrait au moins un SMIC qui soit à 2000 € mais en plus de ça on considère qu'il faudrait l'augmentation généralisée des salaires d'au moins 500 € aujourd'hui et que il y a même pas besoin d'être marxiste pour le dire. Aujourd'hui dans plein de revues euh euh euh je crois c'était 40 millions de consommateurs ou je sais plus c'est quoi ou 60 millions de consommateurs, pardon, qui avait dit euh euh qu'il fallait au moins 400 à 500 € de plus par mois pour vivre euh euh euh dignement aujourd'hui et que les sal les les les salaires aujourd'hui, ils permettent pas de vivre, ils permettent de au mieux de survivre.

Euh mais je connais pas un collègue qui le 10 le 15 du mois est pas à découvert et puis au final le salaire du mois d'après, qu'est-ce qu'il fait sinon ? Renflouer un peu le découvert. C'estàdire tu as fini à - 700 bah tu gagnes 2000 € et ben tu commences le début du mois tu as à 1300 € et puis en fait c'est une chaîne euh sans fin et ton bailleur il est sans pitié, ton banquier il est sans pitié, EDF ils sont sans pitié, le gaz pareil et et tout ça tu dois payer la cantine des enfants et autres.

Moi je je veux dire quand tu tu vois les situations, moi je pense à des à des mères précaires, des femmes isolées qui ont parfois deux trois enfants qui déposent leurs gamins à à 8h30 à l'école qui leur qui les laissent à la cantine au goûter qui viennent je veux dire c'est une journée normale la journée d'un travailleur c'est généralement de de 8h30 à 18h et qui se retrouve à devoir laisser leurs enfants à la cantine et au goûter mais à la fin quand tu as deux trois enfants, moi j'ai j'ai des amis, elle paye quasiment presque 400 à 500 euros de cantine et de de d'activité, études et cetera pour la garde de leurs enfants. Mais elle gagne même pas 1500 balles. Et comment on vit comme ça ?

Tu vois qu'on gagne 1500 € que tu as tu as tu as 900 balles de loyer, que tu donnes 400 € pour aller travailler pour que tes enfants ils soient gardés entre-temps, qu'en plus tu ajoutes l'assurance, l'essence et cetera. Enfin, je veux dire, les gens il ils travaillent pour pour faire tourner les les poches des actionnaires en réalité, mais ils travaillent aucunement pour pouvoir vivre. Et cette question du de de du rôle du patronat, cette question de l'exploitation capitaliste, elle est centrale aujourd'hui, plus que jamais, je veux dire, et et queon vient de passer une décennie de lutte de classe en France face à Macron les Tu as parlé de la grève de 2018, mais je veux dire, si on fait une liste même non exhaustive de de de 10 ans d'affrontement, la classe ouvrière, cette fameuse nouvelle classe ouvrière, c'est elle qui a été la première opposante à Emmanuel Macron.

C'est notamment ce qu'on dit dans le clip de campagne. C'est elle qui était dans le mouvement des gilets jaunes. C'est elle qui était dans la la réforme des retraites de 2019 par point.

Celle qui a été dans la réforme des retraites à 64 ans, celle qui a été dans la casse de la SNCF, dans les mouvements de de de l'éducation nationale, dans le mouvement de la santé au moment du Covid qui est éboueur et cetera. Et on n' pas le droit et et on n pas le droit d'exister dans la présidentielle. On n pas voie au chapitre.

Tout ça est est refermé. Alors que ceux qui ont fait au moins reculer par moment, parfois partiellement ou totalement Emmanuel Macron pendant 10 ans, mais c'est pas le Parlement, c'est pas les milliers d'amendements, c'est pas les commissions parlementaires, c'est pas le Conseil constitutionnel, c'est pas le Sénat. Ceux qui ont pu faire reculer par moment Emmanuel Macron, c'est le mouvement les mouvements de lutte de classe.

Je prends, je te donne juste un exemple, les gilets jaunes. Les gilets jaunes, ils sont sortis autour de la taxe pour le carburant. Euh euh 15 jours après la taxe pour le carburant, elle est mis euh à la poubelle.

Alors, on pourra dire aujourd'hui regardez le prix de l'essence et cetera. Ils sont sortis c'était quoi ? 1,40 € le prix à la pompe 1,40 € 1,50 € à l'époque.

Aujourd'hui, bah on était à 2 € mais je pense que ça va un petit peu baisser dans dans la prochaine période mais je veux dire de fait, c'est au-delà. Mais je pense que il faut comprendre que le mouvement des gilets jaunes, c'est pas un mouvement, c'est pas la bourse, tu vois. C'est pas dès qu'il y a 5 centimes 10 centimes de plus.

C'est aussi tirer les conclusions de ça. C'estàd que certes la classe ouvrière comme je dis, elle a été la première opposante à à au gouvernement et aux politiques de régression sociale d'Emmanuel Macron, mais aussi elle a vécu des défaites qui amènent du scepticisme, qui amène du fatalisme et qui directement ou indirectement amène aussi une montée de l'extrême droite. C'est pas moi qui le dit.

Moi, je je renvoie souvent à certains sociologues euh euh qui qui travaillent sur la question du vote euh euh des classes populaires, le vote ouvrier dans la France périphérique et cetera pour l'extrême droite et qui suivent cette évolution, c'est Benoît Cocard et Félixien Fori et il et ils disent clairement dans leur travail de recherche depuis presque parfois une décennie comment le poids de des désillusions, le poids des trahisons de la gauche, des discours mon ennemi c'est la finance, le changement c'est maintenant et cetera. et terra, on va pas laisser faire les licenciements, on va pas faire toutes ces choses-là. En fait, comment il y a une corrélation bien évidemment avec le poids du racisme structurel de de politique de de de racisme d'état ?

Il y a pas besoin d'attendre Bardella ou Le Pen. Je dire il y a la loi séparatisme aujourd'hui, on veut interdire l'immigration enfin quotidiennement. Donc alimenter le racisme à la désillusion fait que c'est un cocktail explosif pour que les gens en fait ils se disent "Bon bah moi je vais commencer à voter à à l'extrême droite." Donc pour moi il faut discuter intégralement du rôle de la classe ouvrière objectivement mais aussi des impass stratégiques et des limites à corriger.

Et moi je pense que notamment dans cette présidentielle, redonner confiance dans les propres forces de la classe ouvrière, porter une politique d'unité de la classe ouvrière en fait pour moi est la seule possibilité, la seule solution pour pouvoir changer le destin de barbarie, de guerre et cetera qui qui est devant nous. Annas, tu parles beaucoup d'unité, unité de la classe ouvrière, je reviens dessus hein. Une candidature RP, une candidature NPAR, une candidature lutte ouvrière, une candidature LFI.

Euh, est-ce que ça fait pas un peu beaucoup là ? Bah, pour moi ça fait il y a pas une histoire de de de beaucoup. Moi je pense que les gens ils Ah bah si on le sait, plus on a plus les les voix se diluent après.

C'est le principe. Non mais la réalité après les gens ils doivent choisir et et voter en leur amé conscience démocratiquement sur ce qui correspond le plus. Moi je pense que nous on a une une vraie valeur ajoutée sur le discours qu'on porte qui n'est porté par aucun autre candidat.

Moi, je mets pas sur le même plan les camarades de Lut ouvrière ou du NPAR avec un projet réformiste comme celui de la de de de la France insoumise, je veux dire. Mais euh il y a une tradition de de candidature révolutionnaire dans ce pays qui des qui date euh de de plus de 50 ans maintenant, que ça soit Alin Cvin, Arlet Laguier et cetera. Donc les révolutionnaires, ils ont toujours euh été là dans dans les moments de présidentiel et ils doivent être là euh euh également en en 2027, quoi.

Pour moi, il y a pas de Je veux dire, les gens, ils choisiront après, ils décideront ce qu' ce qu'ils veulent. Moi, pour moi, c'est pas c'est pas le fait de limiter les candidatures qui qui changent quelque chose. Et si tu as les si tu as pas les les parrainages, est-ce que tu vas te ranger derrière quelqu'un ?

Bah, je pense que si on n pas les 500 parrainages, enfin, on se défaussera pas sur notre rôle en tant que militant politique à voir quelle quelle candidature soutenir. Enfin, je veux dire, il y a pas de on peut avoir des désaccords derrière. C'est pas c'est pas antagoniste avec le fait d'appeler si nous on n'y est pas quoi.

Donc appeler à voter NPAA ou NPR ou lutte ouvrière et si au deuxème tour on a Mélenchon et PS tu appellera à voter LFI ou pas ? S'il y a euh Jean-Luc Mélenchon au 2e tour, euh bah écoute, je vais j'ai je vais pas engager euh trop rapidement euh Révolution permanente, mais de fait, moi je pense que c'est possible d'appeler euh euh en cas d'un 2uxè tour euh pour euh pour Jean-Luc Mélenchon avec une une véritable délimitation euh politique, stratégique et cetera. Donc enfin j'ai il y a pas d'antagonisme, je veux dire on va pas mettre Bardella et Jean-Luc Mélenchon sur Oui, donc tu les mets pas à do à bien évidemment.

Ben mon principal ennemi de c'est Jordan Bardella. Je veux dire, c'est le Rassemblement national qui est en train d'être mis dans tous les instituts de sondage, dans toutes les les variantes possibles imaginables au de au 2e tour. Donc donc oui, si s'il y a Jordan Bardé là face à à Jean-Luc Mélenchon, enfin on prendra nos responsabilités.

Ça il y a pas de Moi je t'ai pas dit deuxème tour Bardel à Mélenchon, je t'ai dit PS Mélenchon. Bah oui, ben le Parti socialiste de toute façon pour moi c'est c'est la continuité du macronisme. Donc euh mais je dis ça de je veux pas engager révolution permanente de fait même si je suis porte-parole mais je veux dire pour moi il y a pas de il y aurait pas de désaccord euh euh de de désaccord en tout cas là-dessus.

Et euh vous êtes d'accord sur quelque chose avec LFI ? C'est le génocide à Gaza ? Bien évidemment euh tu passes en procès le 25 juin pour apologie du terrorisme.

Déjà euh dis-nous qui a porté plainte contre toi et qu'est-ce qui t'a valu cette plainte ? Euh donc ceux qui portent plainte contre moi et un autre camarade de révolution permanente parce qu'on est deux, on l'a pas exposé parce que c'est un camarade qui a aussi une situation différente de la mienne, plus précaire et cetera. Euh on est attaqué par une organisation, une association qui s'est créée de toute pièces à la suite du 7 octobre qui s'appelle la jeunesse française juive qui est une organisation, une association notamment qui s'est constituée autour de d'avocats comme l'avocat de d'Éric Zémour, Olivier Pardo, euh euh Sarah Saldman et cetera et qui a porté plainte euh euh contre à peu près une quarantaine de personnalités euh publiques, politiqu ou syndicales.

Euh et donc je fais partie de ces 40 là. Euh il y a un autre camarade qui est Jean-Paul de l'esco, euh secrétaire de la CGT de l'UD59 qui lui aussi a été euh euh entendu à la suite de cette plainte là et qui a même eu un procès dont il a été relaxé en appel. Et donc c'est le 25 juin prochain et on fait face à à ça quoi.

Une association qui est un soutien du génocide en Palestine qui est même trouve même que Netaniau et cetera est trop est trop mou qui considère par exemple que le drapeau palestinien c'est l'équivalent du drapeau du drapeau nazi. Euh enfin voilà, on est on est face à une exroche quoi ? Qu'est-ce que c'était sur les réseaux sociaux ?

Tu avais écrit quelque chose ? il me reproche des des tweets de dénonciation euh du du génocide. Donc donc voilà, on va on va faire face à ça et on on appelle un rassemblement qui va être assez important.

On l'avait fait l'an dernier, il y avait quasiment 2000 personnes qui étaient de devant le tribunal. Je j'espère qu'on qu'on soit autant ou même même plus s'il faut. et on est en train de préparer un procès qui va être je pense qui va faire date d'une certaine manière dans dans la période où notamment mes camarades qui sont mes avocates aussi Elsa Marcel euh euh Roman, Priska et cetera euh qui font partie du du qui sont en train de travailler le dossier euh ont prévu un certain nombre de témoins euh de moralité, des historiens, des spécialistes euh euh des génocides, des spécialistes internationaux et cetera.

On va essayer de renouer avec la défense politique qu'on a pu connaître notamment à une certaine époque dans les années 60 70. Nous, on veut retourner l'accusation, c'estàdire on est les victimes de personnes. On sera les victimes de personne nous et on va pas baisser la tête et et dire pardonnez-nous, continuez à faire ce que vous faites en Palestine et cetera.

Au contraire, on va d'une part faire le procès de la de la criminalisation des soutiens du peuple palestinien parce que je suis pas le seul. Tu pas le premier. Je suis pas le premier, malheureusement, je suis pas le je serai pas le dernier.

Qu'il faut mener une politique offensive contre ça. C'est aussi pour ça qu'on fait un rassemblement. Bien évidemment, c'est pour espérer la relaxe.

On n'est pas des je veux dire, on veut être les martyres de personne. Bah, on risque beaucoup de choses quand même, les les sanctions et les ce qui ce qui est tombé sur certains militants qui sont passés. Je pense par exemple à Olivia Zém d'Europalestine, je veux dire une femme juive de plus de 75 ans euh qui depuis 30 ans milite pour ou peut-être même plus que 30 ans milite pour la cause palestinienne qui a pris 24 mois de surcis pour son soutien au peuple palestinien.

Enfin, je veux dire, on est elle est fichée au ce qu'on appelle le fijet, c'est le fichier des des actes terroristes. C'està-dire tu es fiché dans le même fichier que les auteurs d'actes terroristes et cetera. enfin, je veux dire des amendes, une une interdiction, une inéligibilité, une interdiction de pouvoir se présenter dans dans des élections et cetera.

Enfin, c'est hyper hyper grave ce qui est en train de de se passer que c'est très peu dénoncé. Donc oui, en fait d' qui te soutient ? Bah, je je dirais en personnalité qu'on pourrait connaître.

Tu as reçu des soutiens, des messages ? Bah, en personnalité euh il y en a énormément. Je veux dire bah Jean-Luc Mélenchon avait fait une vidéo de soutien euh euh l'année dernière pour le le premier passage.

Je sais pas s'il en a refait une actuellement. Enfin, il y a beaucoup de de militants et de personnalités politiques de LFI, de l'extrême gauche, de Ouvrière, du NPA, des syndicalistes. Euh, il y a des historiens, il y a des intellectuels, Frédéric Lordon, Statisku Couvelakis, il y a des personnalités internationales, Angela Davis, Thiago Avilla qui était qui est un des des portees-paroles de la Global Summou Flotia.

Chris Mols qui est aussi un syndicaliste connu au un syndicaliste d'Amazon aux États-Unis. Il y a l'historien israélien Ilan Papé, il y a Rony Broman, le médecin euh de médecin israélien et fondateur de de médecins sans frontières et cetera. Enfin, je veux dire, il y a Tu te sens soutenu, il y a du monde derrière toi, ça fait du bien.

J'ai la chance d'être d'être soutenu. C'est aussi un travail politique de de d'essayer de faire prendre conscience de ce qui est en train de se passer, de politiser aussi l'affaire et de de voir comment on peut être d'une certaine manière aussi une digue pour d'autres cas. parce que moi je je sais que moi je peux avoir du soutien.

J'ai une équipe politique, j'ai des militantes et des militants autour de moi, j'ai fait de la télé, je suis invité euh euh à votre micro et je vous remercie et cetera. Mais moi, je pense aussi à tous ces jeunes étudiants euh à ces travailleurs qui se sont fait licencier, qui sont passés devant les tribunaux et cetera et qui en fait n'ont même pas pu avoir même un avocat ou quelqu'un qui peut euh plaider leur cause. Et donc l'objectif, il est dénoncer la répression pour toutes ces victimes là, mais également parce que la répression, elle agit directement directement sur l'affaiblissement du soutien au peuple palestinien ici en France.

Que c'est pas on se met pas on met pas un signe d'égalité entre ce que nous on vit en tant que réprimé dans les dans les tribunaux et le peuple palestinien. Jamais, jamais. Des fois, une fois, j'avais discuté avec quelqu'un qui me disait "Ouais, mais à côté de ce que le gaz".

Mais oui mais frérot, il y a aucun problème. Il y a personne qui est en train de dire on est en train de vivre un génocide. Mais on dit que justement par rapport à ceux qui sont en train de vivre le génocide, on a la nécessité de s'affronter à la répression et au pouvoir politique aujourd'hui parce que ça sert à cadnasser la mobilisation et ce qui permet d'aider le peuple palestinien, c'est la mobilisation internationale et que cette répression, elle est féroce en France.

Mais je pense aux gens de Palestine Action en Angleterre. Je pense à ce qui se passe en Allemagne, je veux dire, où on on attend des gens à la sortie de l'aéroport, des spécialistes internationaux, on les attend à la sortie de l'aéroport à Berlin qui viennent faire une conférence, on leur dit "Remonte dans l'avion, tu dégages d'Allemagne." C'est ça ce qui est en train de se passer aujourd'hui.

Et c'est sans commune mesure. La répression palestinienne, elle est sans commune mesure avec avec les autres répressions. Moi, je sais c'est je je sais ce qu'est la répression syndicale.

Je sais comment on a réprimé les gilets jaunes. Je sais comment on réprime dans les quartiers populaires au moment de la révolte de Nail. Mais il y a un tel niveau structurel, systémique de masse et même à l'échelle internationale contre les voies qui s'expriment du peuple euh euh euh pour le peuple païestien, qu'il faut absolument absolument faire le maximum pour arrêter euh euh cette hémorragie et passer euh et passer à l'offensive.

C'est bientôt la fin de l'émission, on va être obligé de passer à la dernière partie, la partie plus légère, la partie un peu chile hein du fauteuil, même si c'était très agréable depuis depuis le début. Première question, tu écoutes quoi en ce moment ? ou là là, je sais pas, tu es venu en transport, tu avais peut-être des écouteurs, tu écoutais quoi ?

Bon, moi j'écoute beaucoup de musique, hein. Euh mais ça dénote avec la question des présidentiels et cetera. Mais euh short aussi des notes.

C'est pas Oui, oui, c'est pas très grave. C'est pas très grave. Très sincèrement, en ce moment euh euh bon, moi j'écoute pas mal de rap aussi et je dirais ce que j'écoute là.

Il y a un rappeur que je trouve qui est qui est hyper fort, c'est la rafleuse. Hm hm. Euh que j'écoute on faisait les bras, j'ai passé les bri et je [musique] revends toujours les cachés sur moi.

J'ai dû t'aider, c'est caché. Donc voilà, j'écoute la rafleuse et je trouve que le dernier album de Caris Biakugan est très très fort. Voilà pour être très honnête. [musique] Et puis je là, j'écoutais du chapalette par exemple.

Voilà. Très glissé. [rires] chemin du lycée pour ceux qui n'ont pas compris. [musique] Euh tu es plutôt film ou série ?

Euh les deux. Les deux. Les deux.

Il y en a une que tu recommandes en série ? Ouais. Moi, je suis un fanat de Game of Thrones.

J'adore Game of Thrones. Je l'ai vu je sais pas au moins 6 sep fois. Voilà.

J'adore Game of Thrones. Il y a une Allez, je vais faire ceux qui l'ont pas vu, c'est sur Netflix. C'est une série de cinq épisodes qui est dans leur regard sur l'histoire de d'Afro-Américains qui ont subi la répression d'État, la répression policière qui se retrouve broyé par le système judiciaire et cetera et qui est je veux dire franchement euh moi j'ai moi j'ai pleuré quasiment tout le long.

C'est ultra ultra prenant. Ultra prenant et voilà, c'est aux États-Unis, il règle souvent les choses à coup de à coup de cash, mais on nachète pas on nachète pas la vie, on nachète pas la dignité et on voit comment ce que ce qu'est la barbarie de ce ce système là. Et vraiment moi, c'est des choses qui me qui me prennent à cœur.

Je profite dans la même continuité. J'invite les gens à regarder un documentaire pareil qui s'appelle 13e. C'est sur le 13e amendement et qui montre comment il y a une politique systémique de la des démocrates aussi de Bill Clinton Obama.

Comment sous Obama le nombre de noirs américains a augmenté euh en prison ? Comment Black Life Matters s'est pas créé avant Obama mais c'est créé sous la présidence d'Obama ? Et je trouve que ça permet notamment de beaucoup discuter la question de ce fameux moindre mal, ce vote utile, on sera mieux dans ceci, cela et que souvent au c'est après le moindre mal vient la désillusion, les trahisons et cetera et qu'on voit comment ça laisse les gens dans des difficultés importantes quoi.

Au moment où nous enregistrons la veille, il y avait le premier match des Bleus en Coupe du monde. Est-ce que déjà est-ce que tu as regardé le match ? Très sincèrement, j'ai j'ai regardé la rediffusion mais j'étais en réunion hier.

Euh donc, tu les as trouvé comment ? Bah, de ce que j'ai vu, je c'est pas mal. Voilà, c'est pas mal.

Moi après, je suis j'ai surtout surtout regardé le Maroc, Brésil et j'ai trouvé le Maroc euh incroyable. Ils ont fait 11. Ils ont très bien tenu.

Non, ils sont, c'est pas qu'ils ont bien tenu, ils ont mangé le Brésil en première mi-temps. Même des Brésiliens, des camarades brésiliens m'ont dit "Franchement, vous nous avez mis à terre quoi." Et Algérie, argentine, tu as regardé ?

C'était à 3h du matin. J'aurais aimé que les Algériens gagnent très sincèrement. C'est c'est mes frères et mes sœurs en humanité.

Je veux dire, j'ai un profond amour et et respect pour le peuple algérien. J'aurais aimé qu' qu'il gagne parce que je sais que notamment le football et cetera et que et que voilà, j'aurais aimé qu'il puisse il puisse gagner. Malheureusement, bon, c'est les champions du monde sortant.

Donc peut-être la marche, elle était était un peu haute mais j'espère qu' qu' qu'ils vont réussir à passer le premier tour. Je leur souhaite en tout cas. Bon, on verra.

Bon bah, c'est la fin de cette émission Anas, ça a été un plaisir. Ah non, juste une dernière question. Si tu as les 500 paranages, si tu es élu, ce sera qui ton premier ministre ?

Quelqu'un de la société civile ou un personnage politique que tu aimes bien ? Si on a les 500 parrainages, bah nous déjà on est contre la figure présidentielle, on va porter aussi quelque chose d'antagoniste, c'est que nous on est contre euh euh le le régime politique tel qu'il est. Donc euh on a'ura pas de il y a pas de question de premier ministre.

Non, c'est on veut monter euh euh porter un gouvernement des travailleuses et travailleurs, mais ça va être par le rapport de force. Je veux dire, c'est important que les gens comprennent parce que souvent on a colle, on on a été domestiqué et discipliné par le système bourgeois. Il y a une phrase magnifique de Marx qui dit "La pensée dominante, c'est la pensée de la classe qui domine." Et donc on nous a structuré comme ça en nous disant voilà les règles du jeu, il y a pas d'autres possibilité de penser la politique.

Et au contraire nous on va si on se plie entre guillemets de par contrainte à à ces règles des 500 parrainages, mais vraiment on va aller dans la présidentielle pour porter un autre projet de société radicalement opposé à à ce qui peut être porté et cetera et qu'on pense que c'est pas à travers nos petits bras musclés, c'est pas RP, c'est pas Annas Cazib qui va être notre représentant. notre président et cetera et cetera qu'on pense au contraire. La classe ouvrière, elle elle a les capacités de pouvoir penser la politique gérée.

Voilà, au quotidien, je termine là-dessus, mais au quotidien, les gens il ils vont faire tourner des machines, ils vont faire tourner des entreprises et autres. C'est pas leur patron qui leur explique quoi que ce soit. C'est eux qui font tourner la société.

Il faudrait maintenant que il puisse la la diriger et c'est ce projet-là qu'on va porter pas un projet de de personnification et et de gens même si malheureusement bah la présidentielle est fait comme ça et que tu donnes un candidat et cetera. Mais voilà, tu as cité Carles Mars, on va finir sur lui. Je vais le citer aussi.

Il disait que la classe ouvrière c'était celle qui détenait ni le capital ni les moyens de production justement à cette classe ouvrière. Si tu avais un un mot à leur adresser avant de terminer l'émission. Ben euh un mot, oh là là, il y en aurait une phrase.

Non, mais je veux dire par là, croyez en vos forces, en nos forces. Voilà. Moi, je pense que plus que jamais, on va être on va être confronté à un système qui essaie de nous broyer encore plus de retour à la guerre qu'on a peut-être vécu dans un moment un peu bisounours ici nous depuis les pays occidentaux et cetera où on a l'impression que la guerre c'était c'était loin, c'était au siècle passé et que la réalité c'est que ils sont en train de se préparer à l'affrontement.

C'est pas Macron qui va prendre les mitraillettes, c'est pas Trump. Ils veulent que ça soit nous qui les fabriquions, que ça soient nos enfants ou nous-mêmes qui les prenions pour aller tuer d'autres travailleurs à côté. Et donc voilà, il va falloir s'unir, avoir cette conscience- là.

Et je pense que voilà, moi je je je rêve de d'un mouvement de révolutionnaire qui qui apparaissent. nos camarades en Bolivie. Je disais tout à l'heure ce qu'on va faire comme rassemblement, mais je trouve que la Bolivia, elle est en train de nous montrer par ce processus insurrectionnel là-bas que oui, lorsque la classe ouvrière, elle a envie, elle croit en ses capacités, tous les présidents, tous les la classe politique et cetera se couche.

Et moi je pense que voilà, moi je pense au aux raffineurs, aux énergéticiens, aux profs. Quand on cite comme ça, on se dit "Vous imaginez si tout le monde se mettait dans la rue et qu'on commence à lutter, qu'on organisait des piquets de greffes, des coordinations, qui peut faire quoi contre nous ?" Et donc euh c'est mon souhait et ça passera par euh aussi beaucoup de batailles politiques et idéologiques pour euh les convaincre euh de ça quoi.

Anas, merci. Merci à toi. J'espère que tu auras les 500 parrainages et puis euh on se reverra peut-être à ce moment-là.

C'est en février, c'est ça aussi. C'est en février. Bah peut-être avant quand même.

C'est c'est loin mais bon. En tout cas, merci à toi et courage pour la suite. Merci beaucoup.

Vous l'aurez compris hein, c'est la fin du fauteuil. J'espère que vous avez pris plaisir à le regarder et on se dit à très bientôt sur le média. [musique] dinosaury.