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interviewBFMTV· 1 décembre 2024 19 min

L'interview de Marion Maréchal en intégralité

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:00
Présentateur

Bonsoir Marion Maréchal, merci d'être avec nous ce soir dans C'est pas tous les jours dimanche, vous êtes eurodéputée, présidente du mouvement Identité Liberté, les choses s'accélèrent donc au point qu'on est sans doute proche du dénouement, le Rassemblement National considère que le gouvernement, je cite, a mis fin à la discussion sur le budget de la sécurité sociale, voilà ce qu'a dit Marine Le Pen à nos confrères de l'AFP, ce qui rend en l'état la motion de censure inévitable, ce qui voudrait donc dire que le gouvernement Barnier devrait tomber.

Et est-ce que vous en félicitez Marine Le Pen à raison en quelque sorte de siffler la fin de la récré et de dire que le gouvernement a mis fin à la discussion ?

0:34
Marion Maréchal

Non mais ce dont je ne me félicite pas, c'est que Michel Barnier, Premier ministre de la France, ait attendu le week-end et quelques heures précédents, finalement le vote de ses textes, pour découvrir qu'il fallait peut-être discuter avec le Rassemblement National et ses alliés, qui je le rappelle quand même aux dernières élections législatives, et la coalition qui est arrivée première en nombre de voix, près de 11 millions de voix. Rappelons quand même le début de cette...

0:53
Présentateur

Il faut dire Marion Maréchal que le Rassemblement National n'a pas toujours été d'une clarté absolue sur les lignes rouges. C'est-à-dire qu'on a le sentiment que quand Michel Barnier cédait sur un point, immédiatement Marine Le Pen sortait de l'autre ligne rouge.

1:00
Marion Maréchal

Pardonnez-moi, la position du Rassemblement National et de ses alliés dont je fais partie depuis l'origine, ça n'a pas été une censure a priori, ou certaine. On a laissé entre guillemets sa chance au produit, si je puis dire, avec le souhait permanent d'une discussion qui n'a pas eu lieu. Il a fallu une fois de plus attendre les dernières heures pour que d'un coup le gouvernement Barnier découvre que la censure était possible. Parce que je rappelle quand même, il ne faut pas l'oublier, que quand on arrive à l'Assemblée Nationale, on a un mandat. On a un mandat des Français. Donc on est tenu quand même de faire respecter ce pour quoi on a été élu.

Et en l'occurrence, le Rassemblement National et ses alliés ont pris comme engagement de défendre un budget dans lequel il n'y aurait pas de hausse d'impôt. Or, nous sommes face à près de 30 milliards de hausses de prélèvements obligatoires. Et dans lesquels il y aurait en revanche des baisses significatives de fonctionnement, notamment dans les dépenses de l'État et dans les dépenses du train de vie de l'État en général. Or, nous voyons bien que de ce point de vue-là, nous sommes très loin des objectifs et des engagements pris auprès des électeurs. Donc il est normal, si vous voulez, qu'à partir de l'IA, cette menace de censure arrive. Je ne désespère pas et nous ne désespérons pas.

1:57
Présentateur

Vous pensez encore, même après les déclarations de Marine Le Pen, que les choses puissent évoluer ?

2:01
Marion Maréchal

Ça revient de la responsabilité, maintenant, du gouvernement.

2:04
Présentateur

L'ultimatum fixé par Marine Le Pen, c'était de dire à Michel Barnier « il a jusqu'à lundi ».

2:08
Marion Maréchal

Écoutez, très bien. Maintenant, c'est entre ses mains. Mais je tiens juste à me mettre un peu en porte-à-faux avec la petite musique qu'on entend depuis quelques jours, qui est une forme d'inversion accusatoire, comme si c'était l'opposition, finalement, qui serait responsable d'une forme de chaos budgétaire et financier. Pardonnez-moi, mais ceux qui sont aujourd'hui à l'origine de cette situation, c'est avant tout 7 ans de macronisme qui ont quand même conduit à ce que nous soyons dans une ruine budgétaire et une dette abyssale, en restant quand même, rappelons-le, le pays avec le plus grand taux de prélèvement obligatoire au monde.

Un président qui a décidé de dissoudre de manière chaotique, au lieu simplement d'organiser une dissolution avec des élections, pourquoi pas, en octobre ou en novembre, qui aurait pu permettre d'avoir des choses de manière apaisée. Et je finis par là, un Gabriel Attal, qui a fait élire, dans le cas du Front Républicain, de nombreux élus du nouveau Front Populaire, qui participent de l'instabilité. Donc, excusez-moi de dire, simplement pour conclure, que ne faisons pas porter la responsabilité de la tempête budgétaire et financière, qui a commencé avant cette menace de censure, sur les oppositions et en particulier sur la coalition du Corruption.

3:01
Présentateur

On va parler de tous ces éléments et effectivement des éventuelles conséquences politiques financières si d'aventure le gouvernement de Michel Barnier est tombé. D'abord, juste pour être extrêmement clair et pour poursuivre la première question que je vous posais, si vous étiez parlementaire, député à l'Assemblée nationale, en l'État, vous voteriez la censure ?

3:17
Marion Maréchal

Écoutez, si en effet le gouvernement de Michel Barnier ne bouge sur aucun point et qu'il présente ce budget qui est un budget de hausse massive des impôts sur les entreprises et les ménages et en parallèle qui est très insatisfaisant sur les objectifs de baisse des dépenses publiques, oui, parce que tout simplement j'aurais été élu avec un mandat qui va à l'encontre de cela et qu'on voit bien qu'il y a eu un manque de volonté politique majeur, une forme de facilité qui est caractéristique d'ailleurs du centrisme depuis des décennies qui consiste à penser qu'il suffit de manière démagogique, soi-disant, d'annoncer des hausses d'impôts sur les grands groupes ou sur les plus riches, là où on voit bien que c'est des marges de manœuvre.

3:48
Présentateur

Donc vous voteriez la censure d'un gouvernement dirigé par un homme de droite, Michel Barnier, avec comme ministre de l'Intérieur Bruno Retailleau, dont vous tréciez les louanges quelques jours après sa nomination. Tout ça, vous le mettez de côté pour dire que vous voteriez la censure ?

4:03
Marion Maréchal

Excusez-moi, mais selon mes critères, je ne considère pas que Michel Barnier soit de droite. Pour moi, c'est un homme du centre et c'est l'archétype même du centriste. Mais il ne suffit pas de se dire de droite, à un moment donné, il faut en faire la démonstration dans les actes. Qu'est-ce qu'un gouvernement de droite qui commence par arriver aux affaires en augmentant massivement les impôts et en ne faisant aucun effort structurel de baisse des dépenses publiques ? Excusez-moi, je prends deux points. Il y a aujourd'hui deux grands points de dépense qui sont d'ailleurs les premiers responsables des déficits publics massifs que nous avons. Un, la question de la dépense sociale.

Nous avons aujourd'hui 33% du PIB qui est consacré à la dépense sociale. Or, rien n'a été fait dans le sens de la réduction des dépenses, notamment des dérives de l'assistanat dans notre pays. On voit par exemple des dépenses explosées comme celle du RSA qui aussi entre 13 et 15 milliards d'euros par an. Aucune réponse n'a été apportée par exemple.

4:44
Présentateur

La famille politique avec laquelle vous êtes alliée, celle de Marine Le Pen, s'est opposée à l'idée de conditionner la perception du RSA à des heures de travail pour la collectivité. Pardonnez-moi, mais à aucun moment... Pardon, mais je n'ai pas certain que ce soit le meilleur argument.

4:57
Marion Maréchal

Non, mais excusez-moi. Déjà, un, je parle au nom du mouvement qui est le mien, Identité et Liberté. D'autres, en effet, je suis dans le cadre d'une coalition avec le Rassemblement National qui lui aussi d'ailleurs a posé cette question aujourd'hui des dérives de l'assistanat sur le débat. Maintenant, on en discute. Or, le gouvernement a refusé de poser ce sujet. Et la deuxième chose, pardon, c'est la question du budget de fonctionnement qui est le deuxième point de dépense de l'État majeur. Et là, typiquement, on a eu beaucoup de débats sur la question du coût, par exemple, des agences de l'État qui coûteraient près de 84 milliards d'euros par an.

On n'a eu aucune annonce de suppression, par exemple, d'un certain nombre de ces agences. Même sur les promesses aujourd'hui de réduction du nombre de fonctionnaires, on parle de 2 000 sur un total de près de 5 millions.

5:31
Présentateur

On va parler de ces éléments budgétaires. Juste avant cette information qui vient de nous parvenir, l'entourage de Michel Barnier dit à BFMTV la chose suivante. Le gouvernement reste ouvert au dialogue, comme il l'est depuis le début. Donc, au fond, Michel Barnier ne semble pas aligné avec Marine Le Pen qui dit que les discussions sont closes. Au fond, qu'est-ce que vous demandez à Michel Barnier pour que la force politique avec laquelle vous êtes alliée, le RN, ne vote pas la censure ? Qu'est-ce qu'il faudrait faire ?

5:59
Marion Maréchal

Revenons à l'origine. Excusez-moi, pourquoi Marine Le Pen dit qu'aujourd'hui les discussions sont fermées ? Parce que le ministre du Travail s'est aventuré à faire une déclaration il y a quelques heures de cela en expliquant que le texte qui serait présenté serait présenté en l'État sans aucune modification. Le ministre du budget, Laurent Samart. Excusez-moi, le ministre du budget, pardon, vous avez raison. Donc, à partir de là, il est logique, si vous voulez, que le Rassemblement National et ses alliés en prennent acte.

6:16
Présentateur

Mais alors, sur quoi il faut faire bouger ce budget ? Si on les liste, c'est la question de l'indexation des pensions de retraite au 1er janvier intégral. C'est la question des exonérations de charges et du déremboursement des médicaments. Il faut que le gouvernement lâche sur tous ces points ?

6:31
Marion Maréchal

Eh bien, typiquement, oui, en effet. Mais typiquement, au-delà de ça, puisqu'on parle de l'exonération des charges, on sait aujourd'hui qu'on est passé d'une hausse de ces charges de 3 milliards à 1,6 seulement, mais c'est toujours 1,6 milliard de trop.

6:42
Présentateur

Sur combien d'exonération de cotisation totale ?

6:44
Marion Maréchal

Le problème, c'est qu'aujourd'hui...

6:45
Présentateur

Sur 80 milliards d'euros d'exonération de charges.

6:46
Marion Maréchal

Très bien, si vous voulez aimer le problème, c'est qu'aujourd'hui, on est face à... Personne n'en parle d'ailleurs, à une défaillance historique. Il y a un nombre de défaillances historiques de nos entreprises. C'est un carnage auprès des tribunaux de commerce. Un carnage. Donc on peut faire comme si cela n'existait pas. On peut, pour faire des économies de bout de chandage d'un milliard sur les centaines de milliards de déficits que nous connaissons, aller chercher une fois de plus à taper sur le coût du travail, alors qu'on sait déjà la difficulté de nos entreprises à embaucher et les taux de chômage qui explosent.

Moi, je vais vous le dire, je pense que c'est l'inverse que nous aurions dû faire. Nous aurions dû même viser, au-delà de ne pas augmenter les impôts, à baisser les impôts. Parce que le problème, c'est que, en fait, tout ça est un vaste mensonge. Aujourd'hui, Michel Barnier annonce, alors il est plus prudent qu'il n'y était il y a quelques semaines, qu'il souhaiterait, il pense pouvoir réussir à réduire le déficit à 5% plutôt que 6 l'année prochaine.

7:31
Présentateur

Autour de 5%.

7:32
Marion Maréchal

Voilà, sauf que, pardonnez-moi, mais les prévisions de croissance sur lesquelles sont basées ce budget sont mensongères, comme c'était le cas déjà sous Bruno Le Maire. Donc à un moment donné, on n'en est plus, si vous voulez, à simplement des petits bricolages de petits milliards par-ci, ni petites dizaines de millions par-là, on en est à des appels de réponses structurelles. Et là, si je dois vous en donner des pistes, je peux vous en donner. Typiquement, chaque année, chaque année, le gouvernement verse près de 30 milliards d'euros chaque année pour compenser le déficit des retraites de la fonction publique.

Nous avons, par exemple, chaque année, 15 milliards d'euros de dépenses pour l'absentéisme dans la fonction publique.

8:05
Présentateur

Et Marie-Marie Chal, le Rassemblement national avec lequel vous êtes alliée souhaite l'abrogation de la réforme d'Elisabeth Borne et celle de Marie-Sol Touraine en 2013. Donc là encore, sur les retraites, je ne crois pas qu'on soit exactement sur une perspective d'économie, tant à la famille politique que vous représentez.

8:18
Marion Maréchal

Non, mais pardonnez-moi, mais sur ces sujets, depuis des années, le Rassemblement national défend d'ailleurs l'alignement du régime public avec le régime privé sur les retraites. Donc il y a maligné justement un chemin. Non, mais moi, je ne suis pas aligné aujourd'hui parfaitement avec ce que propose le Rassemblement national, mais il y a donc un chemin puisque tout le monde aujourd'hui considère que nous avons un problème de différences significatives entre le régime privé et le régime public. Jamais, à aucun moment, cette idée n'a été mise sur la table.

On n'a jamais évoqué, par exemple, le Rassemblement national défend, avec ses alliés dont je fais partie, la privatisation de l'audiovisuel public qui coûte près de 4 milliards d'euros par an. On en est à chercher des économies structurelles. Pourquoi ça n'a pas été mis sur la table ? Vous voyez, ce sont des exemples, mais on voit bien qu'on a été très timoré et au regard de la situation, ça n'est pas satisfaisant.

8:58
Présentateur

Je rappelle, Mario Maréchal, ces deux informations. D'abord, le Rassemblement national qui considère que le gouvernement, je cite, a mis fin à la discussion. Voilà ce que dit Marine Le Pen à nos confrères de l'AFP. Et réponse du gouvernement de Michel Barnier qui se dit, je cite, toujours ouvert au dialogue comme il l'est depuis le début. Voilà ce que Matignon, l'entourage de Michel Barnier, dit à BFM TV. J'aimerais, puisque vous l'évoquiez il y a un instant, qu'on parle des conséquences, Mario Maréchal, si d'aventure le gouvernement Barnier tombait. Vous expliquez, il y a un instant, au fond, ce n'est pas notre responsabilité, ça vient de plus loin. De fait.

Simplement, on a une situation où si le gouvernement tombe, on ne peut pas exclure une panique sur les marchés financiers, une augmentation des taux d'intérêt, ce qui aboutirait à ce que le coût de refinancement de la dette soit plus important pour la France et donc pour les contribuables. Quand on veut être un parti de gouvernement, quand on dit être responsable, est-ce que c'est vraiment responsable, dans ces circonstances, de prendre le risque de faire chuter le Premier ministre ? Est-ce que c'est vraiment raisonnable ?

9:55
Marion Maréchal

Excusez-moi, alors déjà, un, c'est trop facile. Parce que ceux qui seraient aujourd'hui responsables de la censure et de la chute de ce gouvernement, c'est le gouvernement lui-même. C'est Michel Barnier qui s'auto-censurerait en ayant refusé, je le redis, de discuter de manière sérieuse et de négocier de manière sérieuse avec le RN et ses alliés depuis des semaines maintenant, des semaines, pour se réveiller quelques heures avant.

10:14
Présentateur

Marie-Marche, quand on dit qu'on va réformer l'AME, la médicale d'État, quand on dit qu'on renonce à l'augmentation des taxes sur l'électricité, on ne peut pas considérer que le gouvernement Barnier n'ait envoyé aucun signaux.

10:22
Marion Maréchal

Réformer l'AME au moment où on a augmenté d'ailleurs ses dépenses de l'AME tout en annonçant qu'on va baisser les remboursements d'un certain nombre de médicaments des Français, c'est quand même très insatisfaisant. Première chose. Deuxième chose, nous sommes aujourd'hui face à une situation où le gouvernement n'a pas pris manifestement la mesure du rapport de force à l'Assemblée nationale. Je le répète, cette coalition est arrivée première aux dernières élections législatives. Elle aurait dû donc être un partenaire privilégié des discussions, d'autant plus qu'il n'y avait pas de volonté de censure a priori. Et donc il y avait une volonté aujourd'hui de négociation.

Maintenant, ce dont vous parlez relève aujourd'hui de la spéculation. Parce que, après les dernières informations qu'on a eues... La chute du gouvernement sera totalement indolore. Non, ce que je suis en train de vous dire, c'est que la tempête, une fois de plus, financière et budgétaire, elle n'a pas attendu. La note de la France a été dégradée il y a plusieurs semaines du fait de la situation budgétaire dont nous avons hérité, comme vous le savez. Là encore récemment, il y a eu, malgré cette menace de censure, une agence de notation qui, fort heureusement, exactement, vendredi, n'a pas pour l'instant dégradé.

Et de fait, on ne peut pas, à un moment donné, au prétexte d'une spéculation hypothétique, renoncer à faire de la politique. C'est-à-dire à défendre auprès de ce gouvernement ce pourquoi les Français nous ont élu.

11:34
Présentateur

Autre conséquence concrète, Marion Maréchal, si le gouvernement chute, le budget est rejeté, ça veut donc dire qu'il faudrait alors, c'est un peu technique, mais expliquons-le à ceux qui nous regardent, faire voter ce qu'on appelle une loi spéciale, qui reconduirait le budget 2024 sur 2025. Ça veut dire, par exemple, une conséquence très concrète, pas d'indexation du barème de l'impôt sur le revenu sur l'inflation, ça veut donc dire qu'on a un peu moins de 400 000 contribuables qui, aujourd'hui, ne payent pas l'impôt sur le revenu, qui le paieraient en 2025. Ça, pareil, on met tout ça, on balayait tout ça dans l'armement.

11:58
Marion Maréchal

Je ne vais pas vous dire que la reconduction, excusez-moi, mais déjà, je ne suis pas satisfaite de cette situation, pardonnez-moi, mais on l'a subie comme tous les Français, on est victime comme tous les Français du choix du président de la République et de la situation budgétaire dont nous héritons, et nous essayons de faire au mieux dans cette situation. Si le budget était reconduit par le biais d'une loi spéciale, ça éviterait au moins un minimal les 30 milliards de hausse d'augmentation des impôts qui sont prévus. J'ai entendu beaucoup de choses aussi concernant les agriculteurs.

En réalité, la plupart des avantages qui ont été obtenus et à juste titre par les agriculteurs ces dernières années ne seraient pas remis en cause, notamment...

12:26
Présentateur

Arnaud Rousseau, le patron de la FNSEA, dit... Notamment... On a besoin d'un budget.

12:29
Marion Maréchal

Non, mais d'accord, mais notamment ce qui a été évoqué, je pense par exemple sur la fiscalité du gazole non routier, ne seraient pas remis en cause, par exemple. Donc arrêtons de faire des scénarios apocalyptiques au prétexte que l'opposition serait irresponsable. Ce qui est irresponsable, c'est un gouvernement, une fois de plus, qui a négocié de manière exclusive, en réalité, avec les macronistes et avec les ALR, en tentant d'occulter complètement la coalition aujourd'hui du camp national. Et ça, ça n'est pas admissible. Donc à un moment donné, il faut entendre ce qu'ont voulu dire les Français aux dernières élections.

12:56
Présentateur

Si le gouvernement chute, il se passe quoi derrière ? Au fond, quel scénario vous paraît le plus acceptable ? Est-ce que c'est la nomination d'un nouveau Premier ministre ? On parle par exemple de François Bayrou, Sébastien Le Corneau, ou est-ce que vous faites partie de celles et ceux, et il faut dire que les voix sont de plus en plus nombreuses ces derniers jours, qui disent que la seule solution, la seule façon de débloquer le jeu institutionnel, c'est la démission du président de la République ?

13:18
Marion Maréchal

De fait, le président de la République nous a mis dans une situation d'instabilité subie dont nous pouvons très difficilement nous départir, puisque nous ne pouvons pas dissoudre avant juin prochain. Je ne vous l'apprends pas. Donc à partir de là, nous risquons d'avoir des gouvernements de bricolage, si je puis dire, d'ici là, qui seront d'abord des gouvernements techniques avant d'être des gouvernements politiques. Maintenant, j'ai envie de vous dire qu'il a été fait le choix d'un gouvernement centriste. On aurait pu faire un choix différent. Il aurait pu avoir un gouvernement qui aille, par exemple, d'une partie du centre droit jusqu'au corps national. On aurait pu imaginer...

13:48
Présentateur

Vous avez entendu le corps national souhaiter participer à un gouvernement ?

13:52
Marion Maréchal

Moi, je n'ai pas entendu. Vous savez ce que disait François Mitterrand ? Il dit que l'union est un combat du quotidien. Mais dans cette situation, ce qui est sûr, c'est que la plupart des pays, d'ailleurs, l'ont connu en Europe et continuent de le connaître, je ne vois pas pourquoi, d'office, il a été fait le choix d'écarter jusque d'ailleurs, dans le fonctionnement même de l'Assemblée, les postes de l'Assemblée nationale, le camp national. On aurait pu avoir une configuration différente. Ça, évidemment, j'imagine bien que le président Emmanuel Macron ne s'aventurera pas à cela.

Je ne suis pas en train de vous dire que je suis heureuse de remettre en jeu ce gouvernement avec le risque, demain, de voir une gauche ou une extrême-gauche au pouvoir. Mais en même temps, j'ai envie de dire que nous sommes, une fois de plus, responsables du mandat que nous ont donné les Français.

14:27
Présentateur

– Un mot, Marion Maréchal, avant d'aborder un autre sujet sur votre situation politique. Au fond, la leçon qu'on peut tirer de cette séquence et des échanges qu'il peut y avoir par médias interposés entre Matignon et le Rassemblement national, c'est qu'au fond, Marine Le Pen détient dans ses mains le sort du gouvernement et une partie de la clé de la situation politique. Vous, vous êtes eurodéputé, vous avez trois députés nationaux apparentés Rassemblement national. Ce n'est pas vous faire offense que de dire que vous pesez assez peu sur le jeu politique en ce moment, à quoi vous servez dans la séquence ?

14:57
Marion Maréchal

– Merci pour cette question très aimable. Écoutez, non, je crois qu'on sert au même titre d'ailleurs que les alliés que peuvent représenter l'UDR avec Éric Ciotti dans le cadre de cette grande coalition du camp national. – Ils ont beaucoup plus de députés que vous à l'Assemblée. – Pourquoi aujourd'hui j'ai monté Identité Liberté ? Nous en avions déjà parlé, pour une raison simple, c'est qu'aujourd'hui, quoi qu'on en dise, le Rassemblement national n'a pas pu, de fait, remporter les dernières élections législatives. Et donc je crois qu'il est nécessaire que nous rassemblions encore davantage et que nous portions au sein de cette coalition une voie complémentaire avec sa singularité.

15:25
Présentateur

– Vous ne dites pas, Marie-Marie Chatt, je pèserai quand même beaucoup plus en étant au Rennes, parce que vous n'arrêtez pas d'utiliser depuis le début de cette interview l'idée de coalition. Je ne crois pas que Marine Le Pen considère qu'elle est en coalition avec vous.

15:33
Marion Maréchal

– Excusez-moi, si en l'occurrence, nous avons pu, vous l'avez rappelé, lui faire élire trois députés au sein précisément de cette coalition, ce n'est pas la volonté d'ailleurs, et je le remercie de Marine Le Pen. Au même titre d'ailleurs que si Éric Ciotti a pu obtenir… – Je ne l'entends jamais citer votre parti dans la coalition,

15:47
Présentateur

je ne l'entends pas citer Éric Ciotti, je ne l'entends pas citer Identité Liberté.

15:50
Marion Maréchal

– Si les trois députés Identité Liberté sont aujourd'hui apparentés au groupe Rennes, c'est bien qu'il y a quand même une alliance, vous me l'accorderez, par les faits. Voilà, donc maintenant je crois aujourd'hui utile de pouvoir rassembler les Français au-delà du simple socle du Rassemblement National, et pour ça, il faut avoir des complémentarités sur les idées et les propositions, et c'est ce que nous faisons avec Identité Liberté, vous l'avez vu notamment sur les questions économiques, pour aller convaincre tous ceux que nous n'avons pas encore réussi à convaincre aux dernières élections législatives.

16:13
Présentateur

– Un mot encore, Marion Maréchal, sur l'une des polémiques de la semaine à laquelle vous avez participé, sur le futur programme d'éducation à la sexualité, on a entendu des voix discordantes au sein du gouvernement, entre la ministre de l'Éducation nationale, qui dit, je cite, qu'il n'y a pas de théorie du genre, et son ministre délégué, Alexandre Portier, qui dit vouloir la compattre, vous avez soutenu ce ministre délégué, Alexandre Portier. Alors, j'ai un peu de mal, je dois dire, à comprendre ce qui vous dérange dans ce programme d'éducation à la sexualité, c'est quoi ? C'est qu'on apprenne le consentement, qu'il peut y avoir plusieurs types de familles, monoparentales, homoparentales ?

Qu'est-ce qui vous pose problème ?

16:44
Marion Maréchal

– Je note que de Anne Genova à… – Anne Genova, c'est l'agriculture. – Non, les noms, je vais y arriver ce soir, c'est dimanche, de cette ministre, depuis Nadja Zbalo Benkassen, c'est 10 ans de déni, parce que déjà à l'époque, Nadja Zbalo Benkassen nous expliquait que la théorie du genre n'existait pas. Or, on découvre à travers la voix d'ailleurs courageuse, et que je soutiens à 100% de ce ministre délégué qui est Alexandre Portier, qu'en réalité, le terme « identité de genre » était présent, avec toutes les implications, j'en parlerai, était présent une quarantaine de fois dans le programme d'éducation sexuelle proposé dans les écoles de nos enfants.

17:14
Présentateur

– Dire « identité de genre », ça ne veut pas dire qu'il y ait une théorie du genre.

17:17
Marion Maréchal

– Excusez-moi, j'y reviens, si, déjà parce que vous vous accordez sur le terme « genre », et le terme « genre » signifie précisément que le sexe biologique, que le sexe biologique, en réalité, ne compte pas, et qu'il serait une simple construction sociale. Et d'ailleurs, ce ministre est très courageux parce qu'il parle, d'ailleurs, et à juste titre, de philosophie de la théorie du genre, donc il admet, et je le soutiens en cela, qu'il ne s'agit là, en fait, d'une opinion, d'une idéologie, et non pas d'un fait scientifique. – Et je ne vois toujours pas ce qui vous embête concrètement dans ce programme.

– Et alors, très concrètement, c'est simple, nous avons, par exemple, à partir de la 6e, donc au collège, à partir de 11 ans, parce que le 6e, c'est quand même 11 ans, dans le cadre de la prétendue lutte contre les infections sexuellement transmissibles, ou maladies sexuellement transmissibles, ce qui, en soi, est évidemment une bonne chose. Déjà, un ensemble d'explications de pratiques sexuelles, en parlant même de chemsexe, de polyamour, de prostitution, ça, c'est pour la pratique sexuelle. Mais au-delà de ça, nous avons aujourd'hui, dans le cadre du déroulé de ce programme, des associations qui sont agréées, parmi lesquelles le planning familial.

Le planning familial, voyez-vous, c'est une association qui dit, je cite dans ses prospectus, « Au planning, on sait qu'un homme peut aussi être enceint, et qu'un pénis n'est pas un organe sexuel mal. »

18:22
Présentateur

Et personne n'enseigne ça au collégien, Marie-Marie Chal.

18:24
Marion Maréchal

Excusez-moi, c'est l'association dont je vous parle là, elle est agréée, et c'est elle qui va dans les écoles. Personne n'enseigne ça au collégien dans les écoles. Mais bien sûr que si. Mais excusez-moi, la théorie du genre, vous dites que ça n'existe pas, ça aboutit à ce qu'il y a aujourd'hui, par exemple, à Strasbourg, dans les cours de récréation, des enfants en primaire, dès le CP, qui sont avec des gilets GPS, pour qu'on puisse analyser comment aujourd'hui, entre filles et garçons, il est pris possession de la cour de récréation, parce que justement, on veut dégenrer, comme il l'explique, les cours de récréation. Donc ça finit comment, en fait, à la fin ?

Ça finit donc qu'on doit se déplorer que les petites filles ne jouent pas assez au foot et ne prennent pas assez d'espace, et que les garçons en prennent trop. Donc on fait quoi, en fait ? On va séparer les cours de récréation en deux ? On va faire des cercles qui ne pourront pas disparaître ? Non, excusez-moi, quand on explique dès 3 ans, ça c'est dans le programme également, qu'on va lutter contre les théorétiques de genre à 3 ans. À 3 ans, est-ce que ces gens ont des enfants ? Oui, je suis désolée de vous dire que oui, la théorie du genre existe, et c'est un sujet, et c'est un problème.

19:14
Présentateur

Et vous soutenez Alexandre Portier, qui a été recadré par sa ministre de tutelle. Merci, Mario Maréchal, d'avoir été l'invité de C'est pas tous les jours dimanche.