Pièces jaunes : l’hypocrisie du couple Macron
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Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 5:00Locuteur 1Chiffre
« Il a manqué à peu près 650 millions d'euros en 2018. »
- 12:00Locuteur 1Promesse
« Nous créerons environ au minimum 1 million d'emplois du fait de la sortie de l'euro. »
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Mes chers compatriotes. Nous sommes aujourd'hui le dimanche 12 janvier 2020. Depuis quelques jours, on entend beaucoup parler du renouvellement de l'opération Pièces jaunes, qui avait été rendue célèbre en son temps par Bernadette Chirac, l'épouse de Jacques Chirac.
Cette opération Pièces jaunes avait été inventée en (NDLR : 1989) – on a fêté il y a quelques temps de cela le 30e anniversaire – par un médecin : Claude Griscelli, et une journaliste : Anne Barrère, qui s'étaient inspirés d'une opération similaire qui avait eu lieu précédemment aux États-Unis d'Amérique, à partir de la menue monnaie – les dimes, comme on dit aux États-Unis –, pour récupérer des fonds dans le cadre d'opérations de charité. L'opération Pièces jaunes, qui consistait à demander aux Français de se délester de ce que l'on appelle en français la ferraille, de façon un petit peu familière...
Eh bien cette opération avait été lancée dans le cadre de la fédération des hôpitaux de Paris et des hôpitaux de France. Cette opération a connu un succès médiatique lorsque, à partir de 1994, – je le disais tout à l'heure – Bernadette Chirac, en compagnie du judoka David Douillet, lui avaient donné un retentissement médiatique national. La collecte a été maximum au moment du passage à l'euro.
Beaucoup de Français ont profité de ce passage pour se défaire de leur petite monnaie en centimes de francs. Et donc cette année-là, la collecte a atteint 15 millions d'euros. Cette collecte a diminué ensuite au cours des années.
Dans les années 2005, on était – je crois – aux alentours de 5 millions d'euros. Dans les années 2016, 2017, on était aux alentours de 2 millions d'euros. C'est (à) cette opération Pièces jaunes que Brigitte Trogneux, épouse Macron, s'inscrivant dans la lignée de Bernadette Chirac, entend redonner un nouveau dynamisme, en compagnie donc de Didier Deschamps, l'entraîneur de football bien connu.
Alors tout ceci m'amène quand même à faire quelques commentaires un peu aigres-doux. Je ne suis pas contre les opérations de charité. Étant élevé dans une tradition chrétienne, je suis bien entendu sensible aux opérations de charité, quoique normalement, on ne doive pas faire d'opération de publicité sur les opérations de charité, puisque normalement, on ne doit pas...
Ce que donne la main droite, la main gauche ne doit pas le savoir, d'après les Évangiles. Je ne suis pas contre les opérations de charité. En revanche, je suis contre l'hypocrisie.
S'ils veulent faire des économies, déjà, les premières économies que Mme Brigitte Trogneux – épouse Macron – et son mari pourraient faire, ce sont des économies de coiffure et de maquillage, qui ont été évalués récemment par la Cour des comptes à la bagatelle de 62 400 € par an, c'est-à-dire quasiment 6 000 € par mois. 6 000 € de maquillage et de coiffure par mois, ça fait quand même beaucoup, même s'il est vrai, paraît-il...
Quand on lit les gazettes, on nous dit que c'est – paraît-il – extrêmement peu par rapport aux frais de teinture et de maquillage de M. François Hollande, le prédécesseur. Au-delà de cette petite polémique, je voudrais rappeler que si Mme Brigitte Trogneux lance cette opération pour récolter 2, 3, – allez, même, disons – 4 ou 5 millions d'euros si ça marchait très bien, au même moment, son mari, président de la République, a pris des mesures drastiques contre le budget des hôpitaux.
En 2017, les 900 hôpitaux publics de France ont eu un manque à gagner qui était de l'ordre de 1 milliard d'euros, dû en particulier à des baisses de dotations budgétaires, à des diminutions des frais d'acte facturés donc à la Sécurité sociale, ainsi qu'aux incitations faites aux directeurs d'établissements hospitaliers de favoriser les actes dits en ambulatoire, c'est-à-dire sans que le patient ne passe une nuit dans l'hôpital, donc pour diminuer les coûts et les facturations. Mais il y a des coûts fixes dans les hôpitaux qui font qu'au total, en bout d'année, eh bien beaucoup d'hôpitaux publics se retrouvent en fait dans une situation financière inextricable. Il a manqué 1 milliard d'euros en 2017.
Il a manqué à peu près 650 millions d'euros en 2018. Ce qui plonge les hôpitaux de France dans une situation terrible, en particulier – tout le monde le sait – les services d'urgence. Je ne dis pas que l'on ne peut pas faire d'économies.
On pourrait d'ailleurs regarder du côté de certains bénéficiaires de la Sécurité sociale, afin d'examiner s'il n'y a pas des abus. Néanmoins, la santé a un coût. Et ce coût-là, on ne peut pas transiger dessus, sauf à aller vers un système où seuls les plus riches pourraient être correctement soignés : une société en fait à l'américaine.
Alors plutôt que, de façon hypocrite, se donner le beau rôle en lançant une opération qui va peut-être rapporter 2, 3 ou 4 millions d'euros, c'est-à-dire rien par rapport au manque à gagner que son mari a engagé avec une baisse de 1,65 milliard d'euros en 2 ans, eh bien Mme Trogneux épouse Macron devrait convaincre son mari d'arrêter de pressurer le budget des hôpitaux de France. Je conclurai en rappelant que lorsque nous arriverons au pouvoir, nous ferons – nous – la même chose que ce que fait Boris Johnson le Premier ministre britannique, qui a annoncé qu'en même temps que le Royaume-Uni va sortir de l'UE, le gouvernement britannique va engager une grande politique en faveur des services publics et en faveur notamment du système national de santé, le National Health Service, qui est un peu l'équivalent de notre Sécurité sociale et de nos hôpitaux publics. Ce système national de santé auquel les Britanniques sont extrêmement attachés, de même que les Français sont extrêmement attachés au système des hôpitaux publics et de la Sécurité sociale...
Le système britannique de santé est exhangue après 9 à 10 années de restrictions budgétaires considérables imposées par l'idéologie néolibérale, visant de façon subreptice à promouvoir la privatisation de la santé. Eh bien Boris Johnson a décidé de mettre le paquet en termes budgétaires et d'augmenter les dotations au National Health Service au cours des 5 prochaines années, avec des dotations qui pourraient – je crois – atteindre jusqu'à 25 milliards de livres sterling, c'est-à-dire 28 milliards d'euros par an, à ce système de santé. On voit ainsi se dessiner de part et d'autre de la Manche deux façons de concevoir l'action publique : au Royaume-Uni avec le Brexit avec le grand retour de ce que l'on appelle l'État, et qui est fondé sur le principe de solidarité nationale...
Le Royaume-Uni sort de l'UE, se soustrait à la mainmise de l'oligarchie financière sur le pays et redonne vie aux services publics, renationalise une ligne de chemin de fer et va donner un élan budgétaire considérable aux services de santé. Malheureusement, de ce côté-ci de la Manche, nous sommes encore sous l'emprise ultralibérale de la pensée dominante de l'oligarchie euro-atlantiste, et sous l'emprise des injonctions venues de Bruxelles, notamment dans le cadre du rapport annuel des GOPÉ, qui demande à la France de diminuer ses dépenses budgétaires tous azimuts. Lorsque nous, nous serons arrivés au pouvoir, peut-être maintiendra-t-on l'opération Pièces jaunes, mais on n'aura plus besoin de cela, on ne fera plus la mendicité pour acheter des bouts de ficelle dans les hôpitaux publics, parce que nous, nous mettrons l'argent nécessaire dans le système de santé français.
Et d'où prendrons-nous l'argent ? Eh bien on le prendra là où cet argent peut se trouver, c'est-à-dire d'abord et avant tout par la sortie de l'UE, qui nous ramènera immédiatement à peu près 10 milliards d'euros d'économies immédiates. On trouvera également cet argent dans l'augmentation du nombre des cotisants, puisque nous créerons environ...
Au minimum 1 million d'emplois du fait de la sortie de l'euro, du fait de la sortie des traités européens, du fait de l'établissement du contrôle des mouvements de capitaux, qui empêchera de voir la France se vider de toute son industrie, de tous ses services ainsi qu'une partie de son agriculture. Nous ne sommes pas – nous – des hypocrites. Nous ne faisons pas d'un côté des œuvres de charité pendant que, de l'autre côté, on taille en pièces le service public de santé.
Vive la République et vive la France.