Pierre Jouvet: " Nous sommes les seuls en position de battre l'extrême droite " - Vidéo
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 65 %Attaque 25 %Défensif 10 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 88 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:23OuverteRéponse partielle
La gauche est-elle en train de s'enferrer dans le piège de la division ?
- 1:07RelanceRéponse directe
Pourquoi ne pas soutenir Raphaël Glucksmann au lieu de partir dans une primaire ?
- 2:01RelanceRéponse partielle
Est-ce que ce n'est pas plutôt l'ego du PS et de ses candidats ?
- 3:40OuverteRéponse directe
Combien de votants espérez-vous dans cette primaire ?
- 5:16RelanceRéponse directe
Le sens de cette primaire est-il d'éviter Mélenchon au second tour ?
- 6:29OuverteRéponse directe
Qu'est-ce qui différencie le futur candidat PS des autres ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 1:28Invité politiqueFait
« Je crois que ce qui est important, c'est d'avoir un débat qui est un débat entre candidats qui vont avoir des lignes et des orientations qui seront exprimées dans différents débats. »
- 1:45Invité politiqueFait
« Moi, je m'en satisfais. Parce qu'à la fin, nous devrons avoir un candidat ou une candidate qui gagne l'élection présidentielle. »
- 3:21Invité politiquePromesse
« partissocialiste.fr, vous donnez 10 ou 15 euros selon votre niveau de revenu, vous êtes inscrit pour voter à la primaire »
- 3:48Invité politiqueFait
« C'est difficile à estimer, en 2016, c'était une primaire qui était beaucoup plus ouverte. »
- 4:06Invité politiqueFait
« Moi, j'avais souhaité que l'accès à la primaire soit plus facile d'un point de vue financier et j'avais plaidé avec Olivier Faure pour que ce soit une primaire à 2 euros. »
- 5:01Invité politiqueFait
« Le risque d'une poussée de l'extrême droite massive en France est là. »
- 7:10Invité politiqueFait
« Édouard Philippe, tout comme Gabriel Attal, sont politiquement disqualifiés pour espérer battre Marine Le Pen. »
- 11:07Invité politiqueFait
« On fait des propositions. »
- 12:40Invité politiqueFait
« Nous, nous refusons de dire que l'augmentation du pouvoir d'achat doit passer par une baisse des cotisations sociales. »
- 13:52Invité politiqueChiffre
« Je rappelle que dans ce pays, le différentiel d'espérance de vie entre un ouvrier et un cadre est de sept ans. »
- 14:37Invité politiqueFait
« Je suis rapporteur pour le Parlement européen de l'Industrial Accelerator Act. »
- 15:05Invité politiqueChiffre
« La part de l'industrie en France, c'est 10% du PIB de la France, c'est le même niveau que la Grèce. »
- 17:44Invité politiqueFait
« Si le budget de Sébastien Lecornu est la photocopie des projets ou des pré-projets présidentiels de messieurs Attal, Philippe ou Retailleau pour aller chercher les voix du Bloc central, évidemment, il y aura une censure. »
Temps de parole
- Pierre Jouvet77 %
- Présentateur12 %
- Invité5 %
- ?5 %
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Jean
-Luc Mélenchon, Marine Tondelier, Fabien Roussel, les candidats de gauche sont déjà nombreux sur la ligne de départ. Il en manque un, celui du PS Place Publique, désigné via une primaire mi-octobre. Raphaël Glucksmann, Olivier Faure, Ségolène Royal, Jérôme Getsch, Philippe Brun, ils ne sont pas moins nombreux sur la ligne de départ. La gauche est-elle en train de s'enferrer dans le piège de la division ? Pour en parler, nous recevons Pierre Jouvet. Bonjour.
Merci d'avoir
accepté notre
invitation,
député européen, secrétaire général du Parti Socialiste. Et comme tous les jours, cette interview est en partenariat avec la presse quotidienne régionale qu'on est ravis de vous retrouver. Représenté ce matin par Fabrice Vesseredon du Groupe Ebra, les journaux régionaux de l'Est de la France. Bonjour Fabrice.
Ravie aussi, chère Auriane. Bonjour Pierre Jouvet. Bonjour, pas que l'Est de la France quand même.
La face
-est.
La face-est. La face-est. Parce que ça vient
jusque dans
la Drôme, l'Arnèche. Le Vaucluse, tout le côté Est de la France. Absolument.
Ça vient chez vous, c'est parce que vous êtes
de la Drôme,
Pierre Jouvet. Vous savez, la part de chauvinisme dès le début de l'Intérieur. Vous faites bien.
On
va parler de la primaire de la gauche. Vous avez un candidat qui est sur votre ligne, il s'appelle Raphaël Glucksmann. Il est crédité de 10%, plus de 10% dans les sondages, 13-14% dans certains sondages. Pourquoi ne pas le soutenir au lieu de partir dans une
primaire ?
Parce que je crois que ce qui est important, c'est d'avoir un débat qui est un débat entre candidats qui vont avoir des lignes et des orientations qui seront exprimées dans différents débats. A priori, il y aura trois débats.
Dans
ce grand moment démocratique qui est la primaire du Parti Socialiste et de place publique. Et que je pense qu'il est sain de ne pas simplement voir les élections à l'aune de sondages. Raphaël Glucksmann, aujourd'hui, a des sondages qui sont des sondages intéressants. Moi, je m'en satisfais. Parce qu'à la fin, nous devrons avoir un candidat ou une candidate qui gagne l'élection présidentielle. C'est quand même ça l'enjeu. On est très loin de l'élection. On est à huit mois.
Mais
les sondages ne font pas l'élection. Et je pense qu'il est aussi bon de pouvoir avoir ces temps de débat, de différenciation.
Est-ce que ce n'est pas plutôt l'ego
du PS et de ses candidats qui parlent d'un PS qui ne veut pas être absent de la présidentielle ?
Regardez ce qui se passe ailleurs. Prenons un pas de recul et regardons ce qui se passe, par exemple, dans le bloc central.
Vous
avez un bloc central qui est enferré dans un espèce de débat avec des sondages sauvages et une primaire sauvage où il n'y a aucune discussion entre les candidats, pas de choix. Et donc, à la fin, on ne sait pas comment ça va se terminer pour eux. On voit dans cette espèce de débat présidentiel qui est suraccéléré, finalement. On est quand même à huit mois de l'élection présidentielle. Moi, je voudrais qu'on regarde un peu les choses de manière factuelle. Le débat va être long. Il y
a
beaucoup de propositions. Personne n'est en retard sur la préparation de l'élection présidentielle. Et ce n
'est
pas parce qu'il y a beaucoup de débats à la télé et dans les journaux qu'il faudrait accélérer de manière permanente. Je pense qu'il faut aussi que les politiques remettent de la temporalité.
Je
crois que ce qui est sain, c'est d'avoir ces débats entre nous et ensuite qu'on soit toutes et tous rassemblés. C'est ça, l'enjeu. C'est ça, l'enjeu de cette primaire.
Et
vous savez, la confrontation démocratique, si elle se passe bien, et je crois qu'elle se passera bien, elle est plutôt saine et elle est bonne. Parce que l'objectif d'une primaire, c'est aussi d'aller chercher. Moi, je profite de votre antenne ce matin pour dire aux Français qui nous écoutent d'aller s'inscrire en nombre sur le site internet du Parti Socialiste. C'est très simple, vous vous inscrivez, partissocialiste.fr,
vous
donnez 10 ou 15 euros selon votre niveau de revenu, vous êtes inscrit pour voter à la primaire et vous faites
votre
choix. Et ensuite, on aura un candidat ou une candidate et on sera tous rassemblés et on sera en marche pour l'élection présidentielle, si je peux prendre cette expression.
Petit mot juste sur
ce que vous venez de dire, la question du nombre de voteurs.
Il
y en avait plus de 2 millions lors de votre dernière primaire en 2016, vous en espérez combien là, dans un mois
?
C'est difficile à estimer, en 2016, c'était une primaire qui était beaucoup plus ouverte. Là, les militants socialistes ont fait un choix qui n'était pas celui que j'avais défendu. Vous vous rappelez, j'avais eu l'occasion de le dire sur votre plateau. Moi, j'avais souhaité que l'accès à la primaire soit plus facile d'un point de vue financier et j'avais plaidé avec Olivier Faure pour que ce soit une primaire à 2 euros. Donc 15 euros, c'est trop ? On est
loin de la gauche
populaire, 15 euros pour aller voter.
Les
militants socialistes ont fait un autre choix. Moi, ce n'était pas le mien. Mais maintenant, c'est ainsi. Et donc, je ne veux pas rajouter la question financière dans ce débat. Et donc, j'invite toutes celles et tous ceux qui nous écoutent, qui aiment la politique et qui s'y intéressent.
Mais ça va être un frein pour de nombreux votants. Est-ce qu'il y a des gens qui n'ont pas les
moyens de mettre 15 euros pour aller
voter ? C'est un frein
financier. C'est un frein financier, c'est sûr. Avec
quelles conséquences
politiques ? Malgré tout, ce que je souhaite,
c
'est qu'il y ait le plus de monde possible qui vienne voter. Parce que de la dynamique populaire
dont
découlera le candidat ou la candidate de cette primaire, il y aura aussi une force politique pour aller affronter cette élection présidentielle. Et rappelons-le, l'élection présidentielle qui, sans doute, va être la plus décisive de notre pays de ces
décennies.
On voit, et vous en avez beaucoup débattu avant que je rentre sur le plateau, de ce qui est en train de se passer en Saxe, en Allemagne.
Le
risque d'une poussée de l'extrême droite massive en France est là. Et les dangers sont éminents. Et donc, la gauche est manquant. Les socialistes, la social-écologie, doivent rentrer de manière extrêmement forte et puissante dans ce débat présidentiel pour éviter le pire.
On
vous a entendu sur le sujet des sondages, des débats, une espèce d'excitation à huit mois du scrutin. Le sens de cette primaire, le sens de votre présence dans ce scrutin, malgré quand même les difficultés de votre candidat il y a cinq ans, enfin quatre ans,
c
'est d'être le candidat, d'avoir un candidat au deuxième tour de la présidentielle ou
que
ça ne soit surtout pas Jean-Luc Mélenchon
?
Non, c'est d'avoir un candidat au deuxième tour de l'élection présidentielle pour la gagner. Mais est-ce que, compte tenu de ce qu'on sait aujourd'hui et de ce qu'on sait d'il
y
a cinq ans, c'est possible aujourd'hui
? Mais il
y
a cinq ans, l'élection présidentielle a été celle qu'elle a été. Et la candidate que j'avais soutenue à l'époque a fait le plus mauvais score de l'histoire du Parti Socialiste. Nous en avons tiré des leçons. C'est
Anne Hidalgo, 1
,8%.
Nous avons proposé ces dernières semaines un projet, le projet du Parti Socialiste, qui a été écrit par Chloé Rydel, qui s'appelle Vivre Libre. Nous avons fait et nous faisons des propositions, nous en parlerons tout à l'heure, sur la question de la réindustrialisation, sur la question des services publics, sur la question du modèle social français, sur la projection que nous portons de la France dans les 20 prochaines années. Et les socialistes ont cette voix apportée dans le débat présidentiel.
Et
donc notre objectif, je vais le dire clairement, parce que là aussi,
vous
avez raison de poser la question comme ça. Je pense qu'il ne faut esquiver aucun débat. Le sujet,
c
'est d'être au deuxième tour.
Et
le sujet, c'est d'être au deuxième tour parce que nous sommes les seuls, écoutez-moi bien, les seuls en situation de battre l'extrême droite. Pourquoi je vous dis ça
? J
'ai une conviction extrêmement forte, je suis élu local dans la Drôme, vous le savez, je parle avec des gens tous les jours. J'ai une conviction très forte. C'est que les Françaises et les Français ne voteront pas à l'élection présidentielle pour les clones ou pour les anciens premiers ministres
d
'Emmanuel Macron, qui depuis dix ans a eu les résultats politiques qu'il connaît, que nous connaissons et qui a fracturé le pays.
Donc, je pense que c'est d'autres politiques. Donc, Édouard Philippe, il n'est pas en mesure de battre Marine Le Pen, selon vous ? Non,
je pense qu'Édouard Philippe, tout comme Gabriel Attal, sont politiquement disqualifiés pour espérer battre Marine Le Pen. En même temps, ce que je sais aussi, et pardon, je vais jusqu'au bout,
c
'est que Jean-Luc Mélenchon est aujourd'hui à tort ou à raison, et c'est aussi le choix politique qu'il a fait.
Un
épouvantail politique qui est tellement inquiétant pour nombre de Français qu'il paraît, et croyez-moi qu'en homme de gauche, ça me désespère de voir ça, qu'il paraît comme plus inquiétant et plus dangereux que l'extrême droite. Et donc, aujourd'hui, c'est seulement la force que nous incarnons, celle des socialistes, celle de la social-écologie, celle de cette gauche démocratique de gouvernement, qui peut être en capacité de barrer la route à l'extrême droite. Et c'est pour ça que nous devons réussir cette élection présidentielle, et donc avant ça, cette primaire.
En même temps, les candidatures hors primaire, de candidats comme François Hollande ou Ségolène Royal, qui peuvent d'ailleurs obtenir leurs 500 signatures...
Ségolène Royal est dans la primaire.
Oui, alors, parlons de François Hollande, effectivement, vous avez raison.
Est
-ce que ça n'est pas un boulevard pour Édouard Philippe et un second tour
?
Mais je pense que François Hollande ne sera pas candidat à
l
'élection présidentielle, et qu'il le sait, et que dans toutes les rédactions, tout le monde le sait.
Vous n
'avez
pas l'impression qu'il mise sur l'échec de cette primaire,
François Hollande ? Ce n'est pas votre sentiment ?
Mais François Hollande, un, je pense que François Hollande, il se dit, s'il y a un trou de souris
sur
un malentendu,
ça
peut passer,
mais
il n
'y
a pas de malentendu en politique.
Et
François Hollande, malgré toutes les qualités qu'il peut avoir, malgré toutes les propositions qu'il fait, il n
'est
pas venu dans la primaire. Je le regrette, j'avais été de ceux qui lui avaient conseillé, et y compris publiquement, de venir dans cette primaire. Il a fait un autre choix. François Hollande, il n'a pas d'espace politique
pour
être candidat à l'élection présidentielle. Dans un mois, les socialistes auront un candidat ou une candidate à l'élection présidentielle, et tous les socialistes soutiendront ce candidat ou cette candidate à l'élection présidentielle. Donc François Hollande, il peut espérer que son camp politique perde. Je crois que François Hollande est un homme politique raisonnable, responsable, et que ce petit tour de piste, si je puis me permettre, prendra fin à Noël. Est-ce
que vous l'appelez à se prononcer, à soutenir un des candidats engagés dans cette primaire ? Vous êtes un proche d'Olivier Faure, vous. Est-ce que vous espérez qu'il soutiendra Olivier Faure
? Il fait
ce qu'il veut, François Hollande. J'ai entendu sur une matinale concurrente il y a quelques jours qu'il avait dit qu'il viendrait voter, et qu'il dirait sans doute pour qui il veut voter, en fonction des idées qui sont les siennes et qu'il met dans le débat.
Je
ne veux pas faire
donner
l'annonce avant la fin du film. Je constate que les propositions qui, pour l'instant, sont mises sur la table par François Hollande, comme par exemple le retour de la TVA sociale, qui est, je le rappelle, l'impôt le plus injuste qu'on fait payer à tous les Français, et où on voudrait expliquer aux Français qu'on va leur redonner un peu de pouvoir d'achat, mais qu'en contrepartie,
on
va faire passer la TVA de 20 à 24 %, c'est à peu près, d'un point de vue social et sociétal, aux antipodes de ce que nous proposons avec Olivier Faure dans cette prévue.
Donc vous espérez quoi
?
Qu'il ne soutienne surtout
pas Olivier Faure ? Non, je n'espère rien. Ça serait un boulet de soutien de François Hollande ? Non, non,
pas du tout. Je n'espère rien. Il sera libre. Et vous savez, je pense que ce que je dirais en appel à François Hollande pourrait l'inciter à faire l'inverse, en tout cas où lui est ou à ses proches. Donc je le laisse libre de sa parole et de son choix. Ce que je dis, c'est qu'il porte des sujets dans ce débat, politiquement, dans le livre qu'il a écrit, que ce soit sur l'augmentation de la TVA de 20 à 24 %, que ce soit sur sa vision sur les retraites,
qui
ne sont pas celles que je considère aller dans le bon sens. Je considère qu'aujourd'hui, François Hollande est en train de faire un choix politique qui est celui d'aller vers un espace plus centriste, pas sur celui que nous, nous essayons de rassembler.
Mais en même temps,
pardon Pierre Jouet, est-ce que vous n
'en
aurez pas besoin de cet espace centriste ? Comment vous comptez battre Marine Le Pen sans les voix, sans l'apport de cet espace centriste ?
Dans
une France
qui vote quand même très à
droite. Mais on aura besoin de tout le monde au deuxième tour de l'élection présidentielle.
Mais qu
'est
-ce que vous faites pour leur parler, vous, à cet
espace centriste ? Mais en fait, on fait des propositions. C'est
-à
-dire que ce n
'est
pas la peine d'essayer de dire au premier tour qu'on va les convaincre en étant plus centriste que les centristes et que ça pourrait fonctionner. Enfin, à un moment, vous savez, la politique, c'est aussi simple. Les gens ne sont pas naïfs. Les politiques ont toujours l'impression de réinventer l'eau chaude, mais les gens préfèrent toujours l'original à la copie. Si les gens veulent voter pour quelqu'un qui veut la retraite à 67 ans, ils ont Édouard Philippe. Si les gens veulent voter pour quelqu'un qui veut augmenter le taux de TVA à 24 %, ils ont, a priori, Gabriel Attal. Vous voyez, on est dans un moment où il faut aussi de la clarté politique.
Et moi, ce que nous disons au Parti Socialiste, avec Olivier Faure, c'est la clarté politique, c'est quoi ? Nous avons un modèle social, nous devons le préserver. Nous avons un questionnement sur la situation du pouvoir d'achat des Français qui sont aujourd'hui en grande difficulté, où on voit qu'on a de plus en plus de Français qui ont du mal à boucler les fins de mois. Comment on augmente les salaires sans grever les cotisations sociales ? C'est-à-dire sans leur dire ce qu'on va vous donner en plus maintenant, vous l'aurez en moins au moment de la retraite.
Comment est-ce qu'on fait pour remettre de la production dans ce pays, pour remettre des industries, pour permettre à nos jeunes de retrouver du travail ? C'est ça les questions qu
'on
a.
Alors justement, parlons du programme, Pierre Jouvet. On le disait, les candidats à gauche sur la ligne de départ, ils sont déjà nombreux. Qu'est-ce qui différencie le potentiel, le futur candidat PS des autres
?
Je crois que c'est les propositions. Alors, le futur candidat PS, il y a plusieurs candidats PS sur la ligne de départ. En tout cas, je crois
que… Il n'y en aura qu'un de 8 octobre.
Il n
'y en
aura qu'un. Je pense que ce qui différencie,
c
'est sans doute
une
approche qui peut y avoir sur la question du modèle social. Je le disais à l'instant.
Moi,
je refuse, et c'est ce qu'a dit Olivier Faure et c'est ce qu'il a rappelé, ce qu'il va rappeler dans les prochains jours dans un livre qui va sortir et où il va présenter toutes ses propositions. Nous, nous refusons de dire que l'augmentation du pouvoir d'achat doit passer par une baisse des cotisations sociales. Nous, nous disons qu'aujourd'hui, on doit aller chercher l'argent là où il se trouve, par exemple.
Et
là, c'est un débat qui est très irruptif dans la société française. Mais on a, ces dix dernières années, les multimillionnaires et les milliardaires qui, en proportion, ont payé moins d'impôts, donc ont donné moins à la société que vous et moi et tous les Français qui travaillent chaque jour. Ça, c'est insupportable. Et donc, on doit récupérer de manière équilibrée la redistribution et la justice fiscale dans ce pays pour permettre d'augmenter les salaires. Par exemple, on doit conserver un modèle social fort.
Nous, nous sommes attachés à un modèle redistributif qui permette à chacun de pouvoir partir à la retraite dans un contrat social qui a été fixé avec le pays et de ne pas partir à la retraite quand on est
le
dos brisé, quand on est finalement à quelques
mois,
quelques années d'une fin de vie qu'on annonce difficile, notamment quand on est ouvrier par rapport au cadre. Je rappelle que dans ce pays, le différentiel d'espérance de vie entre un ouvrier et un cadre
est
de sept ans. Donc, on peut faire sur des grands plateaux télé et c'est facile pour tous les responsables politiques de le faire, de dire il faut travailler plus longtemps, il y
a
un problème de démographie, etc. Nous, on dit, on sait pour qui on est là et on sait pour qui on se bat. Voilà, ça fait partie du cœur des propositions.
On
l'a vu en Sachsen-Halt et on en a parlé, la désindustrialisation, c'est un moteur pour l'extrême droite. Est-ce que vous, vous allez travailler sur cette question, sur cette question de réindustrialisation
?
J'y travaille d'autant plus que vous m'invitez aujourd'hui et je remets dans quelques heures au Parlement européen un rapport sur la réindustrialisation. Je suis rapporteur pour le Parlement européen de l'Industrial Accelerator Act. Concrètement et en français, qu'est-ce que ça veut dire ? C'est le rapport pour réindustrialiser l'Europe. Ces dernières années, les Européens et les Français en particulier ont cru et ont considéré qu'on pouvait produire sans avoir d'usines, qu'on pouvait avoir des usines sans avoir d'ouvriers. Et qu'est-ce qu'on a fait ? On est devenu un continent et un pays de consommateurs où on a laissé nos usines partir à l'autre bout du monde.
On a laissé des territoires entiers se désindustrialiser. Le Pas-de-Calais en est l'illustration, la Drôme par exemple, la Romand-sur-Isère avec la chaussure en est l'illustration. Et on se dit aujourd'hui, la mondialisation heureuse va nous permettre simplement d'être des consommateurs et de plus rien produire. Nous,
ce
que nous voulons, ce que moi je propose dans ce rapport, c'est de réindustrialiser en mettant de la souveraineté européenne, c'est-à-dire de la protection à nos frontières. Pourquoi ? Parce qu'aujourd'hui, on voit que les Chinois sont dans un modèle très agressif qui viennent nous voler nos industries de manière extrêmement forte et extrêmement agressive, qu'on a eu par exemple en Allemagne cet été, 100 000 suppressions de postes chez Volkswagen. Et le résultat des élections dans la région, dans le land de la Saxe, n'est pas pour rien.
Quand vous avez 100 000 suppressions de postes chez Volkswagen, parce que l'industrie de l'automobile en Allemagne comme en France est en train de se faire dépecer par la Chine qui devient leader mondial, eh bien nous devons, et c'est le rôle des socialistes, porter un message sur la réindustrialisation, sur la protection des salariés et sur notre capacité à inventer un nouveau modèle productif.
Fabrice ? Le phénomène n
'est
pas nouveau. Bien sûr qu'il n
'est
pas
nouveau.
Là, je m'adresse à l'européen que vous êtes, à avoir voulu Arnaud Montebourg et son ministère du redressement productif, un de vos amis, à essayer ça. On en est là, on a le sentiment que rien n'a été fait pour lutter contre ça. Vous savez pourquoi
? Parce que les libéraux, et les libéraux, quand on dit les libéraux, on ne sait pas ce que ça veut dire. Parce que la droite, parce que les libéraux, je vais donner une illustration aux téléspectateurs, parce que les amis d'Emmanuel Macron, d'Edouard Philippe, de Gabriel Attal, de Bruno Rotaillot, sont en fait les gens qui pensent que la mondialisation est heureuse, qu'il n'y a plus besoin de produire et qu'il n'a pas besoin de se protéger. On a face à nous, à la Commission européenne, une présidente de la Commission, Ursula von der Leyen, qui est convaincue d'une chose, c'est qu'il faut continuer le libre-échange comme si de rien n'était.
Malgré les crises agricoles, malgré les crises industrielles, qu'il faut respecter toutes les règles de l'Organisation mondiale du commerce quand on a des compétiteurs internationaux comme la Chine et les Etats-Unis qui ne les respectent pas. Moi, ce que je veux réaffirmer, ce que les socialistes réaffirment à travers ma voix dans ce texte, c'est de dire, le temps de la désindustrialisation est fini. Nous avons des capacités de production, nous devons accompagner nos usines, nous devons accompagner le développement pour reprendre notre part. Vous vous rendez compte que, je vous donne un chiffre,
la
part de l'industrie en France, c'est 10% du PIB de la France, c'est le même niveau que la Grèce. Vous vous rendez compte, quand la France était à plus de 20% de part d'industrialisation dans son PIB, aujourd'hui, on a divisé par deux parce qu'on ne produit plus, parce qu'on n'aide plus nos entreprises, parce qu'on ne les accompagne plus, parce qu'on ne met plus de production et de protection autour de nos frontières européennes. C'est ça le modèle que nous portons.
Un mot sur le budget pour terminer, Pierre Jouvet, puisque dans quelques semaines débutera le débat budgétaire au Parlement. Est-ce qu'il y
aura
censure automatique du PS ou est-ce que vous allez discuter avec Sébastien Lecornu
?
Le Parti Socialiste est un parti qui discute et nous avons toujours discuté. Mais si le budget de Sébastien Lecornu est la photocopie des projets ou des pré-projets présidentiels de messieurs Attal, Philippe ou Retailleau pour aller chercher les voix du Bloc central, évidemment, il y aura une censure. Nous ne voterons pas un budget qui va encore sacrifier les classes populaires, les classes moyennes de ce pays, épargner les plus riches qui sont depuis 10 ans les
plus épargnés. Mais quelles sont vos marges de manœuvre ? Le
budget dernier, vous avez obtenu la suspension de la réforme des retraites.
Là, qu'est-ce
que vous espérez obtenir ? Pour l'instant, vous savez, nous n'avons aucune proposition qui est mise sur la table. On a des ballons d'essai. Alors un coup, c'est l'épargne salariale.
Alors
plutôt
pour
ou plutôt quand ? Mais totalement contre. Mais qu'est-ce que c'est que ce contrat social qu'on va encore rompre avec les Français ? On va dire aux Français, travailler plus, c'était ça l'épargne salariale. Vous travaillez plus, vous avez finalement les parts de dividendes puisque c'est comme ça qu'on dit chez les grands patrons. Mais eux, chez les Français, c'était un peu d'épargne salariale que vous mettez de côté, que vous pourrez toucher en pécule financier pour la suite. Et c'est le mérite de votre travail.
Et
là, on va leur dire, on va le taxer plus. Mais pardon, mais qu'est-ce que c'est que ce pays qui veut taxer
l
'épargne salariale de tous les Français quand dans le même temps, quand dans le même temps, depuis qu'Emmanuel Macron est président de la République, depuis dix ans, depuis dix ans, le travail est plus taxé que le capital dans ce pays, qu'Emmanuel Macron a favorisé la rente,
qu
'il a favorisé les dividendes.
Et
là, il voudrait aller taper sur les Français. Donc,
j'en
reviens à ma question, quelles mesures espérez-vous obtenir ?
Qu'est-ce qu'il faut que
Sébastien Lecorn nous mette sur la
table pour que vous votiez le
budget ou du moins pour qu
'on
ne votiez
pas. Des mesures extrêmement concrètes de pouvoir d'achat pour les classes moyennes et pour les classes populaires. Des mesures très concrètes pour nos services publics, par exemple pour nos écoles. On vient de vivre une crise catastrophique cet
été, par exemple, avec la transition écologique.
On n'imagine pas Sébastien Lecornu dire « moi je ne
veux
pas de mesures pour les écoles,
moi je ne veux pas aider
les classes moyennes
». Et
alors, comment ça se fait que Sébastien Lecornu 1 ne fasse pas de proposition pour augmenter les salaires des classes populaires et des classes moyennes ? Comment est-ce explicable que Sébastien Lecornu, par exemple, avec l'été caniculaire qu'on vient de vivre, ne fasse toujours pas de proposition sur la remise en place d'un fonds vert pour permettre aux écoles, aux mairies, de faire la transition écologique dans leurs écoles ? Moi,
je pense que ça c'est un gouvernement
responsable.
Mais
je crains que ça n'arrive malheureusement pas.
Députés et sénateurs sont sur la même ligne ?
J'ai
le
sentiment que les députés, en tout cas, sont sur la même ligne. Mais le débat, là aussi, s'exprimera.
Et pas avec
les sénateurs ? J'ai peu de doutes. Je pense que les sénateurs seront sur la même ligne. Mais les sénateurs sont aussi sur des sujets qui arrivent un peu plus tardivement.
Merci Pierre
-Joubert. Merci à vous.
Merci beaucoup d'avoir été notre invité. La une des dernières nouvelles d'Alsace, c'est l'Allemagne. L'AFD fait sauter un verrou à la une de votre journal, Fabrice, qu'on retrouvera désormais tous les mardis. À mardi prochain, Fabrice.
À
mardi.
À
mardi.
Pierre Jouvet