Poutine veut toute l'Ukraine
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Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:15Sébastien GobertFait
« Là où un soldat russe pose le pied, c'est une terre qui appartient à la Russie. »
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Là où un soldat russe pose le pied, c'est une terre qui appartient à la Russie. La déclaration n'est pas très surprenante de la bouche de Vladimir Poutine. C'était le 20 juin quand il a déclaré que toute l'Ukraine appartenait à la Russie.
Mais c'est quand même une affirmation ambitieuse et le ton est beaucoup plus marqué que les déclarations de Vladimir Poutine ces derniers mois. Voilà qui montre que la page des négociations ouverte par Donald Trump est tout à fait tournée et que le Kremelin entend bien tirer profit du fait que la Maison Blanche ne dissimule pas son scepticisme vis-à-vis du soutien à l'Ukraine et que de toutes les manières elle est occupée ailleurs à bombarder les installations d'enrichissement nucléaire en Iran. Et c'est vrai que tout cela fait que pour l'Ukraine, la séquence diplomatique est particulièrement compliquée.
Bonjour à tous, c'est Sébastien et bienvenue dans cette vidéo où l'on constate encore une fois les motivations profondes du Krémelin dans son agression de l'Ukraine. Je sais que tous les regards sont portés aujourd'hui vers l'Iran après les frappes américaines et l'entrée en guerre de facto des États-Unis. C'est la première guerre lancée par Donald Trump.
Lui qui se voulait être le pacificateur, celui qui finirait les guerres. Évidemment, il est trop tôt pour juger, mais la situation est quand même particulièrement instable et rien ne dit que ce conflit peut se terminer dans un futur proche, quand bien au contraire, il peut non seulement durer, mais en plus de ça entraîner d'autres acteurs comme les outils au Yémen ou même comme la Russie qui avait signé n'y a pas si longtemps que ça un partenariat stratégique avec l'Iran et qui pourrait trouver des moyens asymétriques pour soutenir son allié. En tous les cas, cette guerre au Moyen-Orient illustre parfaitement que Donald Trump ne se soucie plus du tout de l'invasion russe de l'Ukraine, ce qui donne au Krémelin les coups des franches pour poursuivre sa guerre.
La Russie est évidemment gênée par l'affaiblissement de son allié iranien, mais comme l'essentiel de ses ressources était de toutes les manières déjà mobilisé en Ukraine, que l'apport technique et militaire iranien n'était pas du tout comparable à celui de la Corée du Nord et que les Russes ont acquis la licence de production des drones shahed et que maintenant ça se fait à grande échelle sur leur propre territoire, le Krémelin ne va pas être embêté dans un premier temps par l'affaiblissement de l'Iran. Et ici, on peut dire que tout ce qui affaiblé l'Iran est une bonne nouvelle pour l'Ukraine, mais n'a pas forcément un impact négatif direct sur la Russie. Et donc face à des Américains qui sont en même temps distraits par cette situation au Moyen-Orient et de toutes les manières désengagé du dossier ukrainien, Vladimir Poutine a les coup des franches pour continuer à faire ce qu'il n'a pas arrêté de faire depuis 2022, c'est-à-dire poursuivre ses opérations militaires sur le terrain évidemment poursuivre ses frappes aériennes contre des cibles en Ukraine dans la nuit du 21 au 22 juin.
C'était sur plusieurs villes et ont dénombr au moins quatre morts et une quinzaine de blessés. Aujourd'hui 22 juin, c'était sur un camp d'entraînement militaire et là on dénombre au moins trois morts et une quinzaine de blessés. Et Vladimir Poutine aussi continue à formuler ses exigences maximalistes.
Et donc ça c'était le 20 juin au forum économique de Saint-Pétersbourg. Il a rappelé une de ses thèses favorites que les Ukrainiens et les Russes et aussi les Belarusses mais là il les a pas mentionnés ne sont qu'un seul et même peuple et que à ce titre toute l'Ukraine appartient à la Russie. On pourrait noter que ça pourrait être l'inverse à ce titre-là.
Toute la Russie pourrait appartenir à l'Ukraine mais évidemment dans la bouche du dirigeant du Kremelin, ça va dans un sens. Et ça ça rejoint tout ce que Vladimir Poutine à scène depuis déjà des décennies et qui s'est illustré ces dernières années par un long essai de réécriture historique publié en été 2021 ou encore dans ses discours fleuve du 21 février et du 24 février 2022 quand il a instrumentalisé l'histoire pour prétendre que l'Ukraine n'avait été créée que par l'ÉIN et que l'État ukrainien n'était ainsi qu'une construction artificielle soutenue à la fois par des néonazies et par les occidentaux. ce qui est évidemment tout à fait faux.
Et on sait aussi que ces longues diatribes historicisantes, si on peut dire sont ressorties à chaque fois que un dirigeant ou un représentant étranger le rencontre. Là dernièrement, ça a fait un sacré effet sur Steve Vitkov, l'envoyé spécial de la Maison Blanche pour la Russie, le Moyen-Orient et l'Ukraine qui s'est mis après ses rencontre avec Vladimir Poutine à ressortir beaucoup d'éléments de langage du Kremelin. Cette revendication sur l'ensemble de l'Ukraine, comme je l'ai dit, elle n'est pas nouvelle et elle est cohérente avec la vision globale du Krémelin.
Est-ce qu'elle passerait par une conquête territoriale brute ? Ça ça n'est pas sûr. Il y a de jours donc le 20 juin, Vladimir Poutine a aussi élaboré sur l'idée que là où un soldat russe pose le pied, c'est une terre qui appartient à la Russie.
Selon lui, c'est un proverbe assez ancien, mais ça ne se vérifie pas vraiment puisque les soldats russes n'ont pas vraiment annexé les Champsélysées à Paris en 1815, que je sache. Donc, j'avoue ne pas vraiment savoir d'où vient cette expression. En tout cas, on a demandé au président russe si son armée allait prendre soumis, la capitale régionale de l'Oblastte du même nom dans le nord de l'Ukraine et lui, il a répondu que ce n'était pas prévu, mais ce n'était pas non plus à exclure.
Et ça, ça rejoint ce que j'ai déjà dit plusieurs fois sur cette chaîne, c'est que les Russes ne s'arrêteront que là où ils seront forcés de s'arrêter. S'ils voi une opportunité de continuer, alors ils le feront que ce soit en Ukraine ou sur d'autres théâtres d'opération. Mais d'un autre côté, s'il voi d'autres possibilités de subjuguer toute l'Ukraine, ça leur ira aussi très bien.
Et ça, c'est le sens des conditions qui sont énuméré dans le mémorandum que la partie russe a transmis à la partie ukrainienne lors des dernières négociations à Istanbul il y a 3 semaines. Et quand on dit mémorandum, c'est en fait une liste des conditions de la capitulation de l'Ukraine. Cette liste reprend beaucoup des conditions qui avaient déjà été énoncées par les Russes à partir de 2022 et visiblement ils y tiennent Mordicus étant donné que les Américains se sont désengagés du processus de négociation et que les Européens n'ont que timidement essayé de peser dans la balance sans aucun résultat concret.
Et c'est comme ça qu'il faut comprendre la déclaration que Vladimir Poutine avait fait la veille, qu'il était prêt à rencontrer Volodimir Zelenski pour des négociations. Parce que quand Vladimir Poutine parle de négociation, c'est en fait une discussion sur les modalités de la capitulation ukrainienne. Et de toutes les manières, Volodimir Zelenski pourrait discuter, mais il ne pourrait rien décider ou signer puisque Vladimir Poutine le considère comme illégitime.
Et du point de vue russe, ça se défend puisque actuellement ils n'ont aucune raison qui pourrait les faire dévier de leur chemin. On sait que les avancées russes sur le terrain se font au prix de perte conséquente. Il y a le chiffre de 1 million de morts et de blessés qui est évoqué beaucoup ces derniers temps.
Moi personnellement, je m'en méfie puisque ce n'est qu'une estimation. Mais de toutes les manières, on sait que le bilan humain côté russe mais aussi côté ukrainien, mais là on parle du côté russe, il est conséquent. Et on sait aussi que l'économie russe ne va pas bien et ça c'est encore la gouverneure de la banque centrale de Russie Elvirana Biolina qui l'a répété le 19 juin.
Mais ce ne sont visiblement pas des indicateurs que le Kremelin prend en compte. Lui ce qu'il voit c'est que son armée est toujours à l'offensive sur le terrain, que les Américains ne sont plus dans le jeu, que les Européens sont impuissants et d'ailleurs dans ce contexte le fiasco du dernier G7 a dû être du petit lait pour les Russes. Et donc du point de vue du crémelin, il n'y a aucune raison de changer sa politique dans cette guerre.
Alors, comment réagit l'Ukraine par rapport à ça ? Et bien, d'une part, en ne déviant pas non plus de sa propre course, l'armée est toujours en position défensive. Elle recule par-ci par là face au grignotage russe, mais globalement, elle tient quand même une ligne de front de 1200 km.
Et même si l'armée rencontre des problèmes, l'économie rencontre des problèmes, la société est traumatisée, on sait que l'Ukraine va continuer sa résistance face à cette menace existentielle que Vladimir Poutine a encore rappelé et que cette résistance, elle se fera avec ou sans les Américains. Vladimir Zelenski est assez ouvert sur le fait que sans les Américains, ça sera extrêmement compliqué et les derniers signaux sur l'état du dialogue entre Kief et Washington ne sont pas forcément très encourageants puisque Donald Trump a snobé Volodimir Zelenski au G7 en partant juste quelques heures avant l'arrivée de Volodimir Zelenski alors qu'il était censé le rencontrer en tête à tête. On a aussi le média politico qui révèle que le chef de cabinet de Volonimir Zelenski, Andrcite au plus haut point les représentants de l'administration Trump.
Et on sait aussi que les demandes répétées des Ukrainiens pour acheter des systèmes de défense antiaérienne patriote pour l'instant reste l'ettre morte. Et donc pour l'Ukraine, c'est une séquence difficile qui s'inscrit dans une phase globalement difficile de la guerre depuis déjà 2023. Puisque autant les États-Unis se sont désengagés du processus diplomatique il y a quelques semaines, mais là, ce que les Ukrainiens tentent de sauver, c'est quand même une relation commerciale avec les États-Unis ou encore du partage de renseignement militaire.
Et même ça, ça n'est plus àquis aujourd'hui. Et la seule consolation que l'on voit aujourd'hui dans l'espace médiatique, c'est que Vladimir Poutine a rappelé ouvertement à ceux qui l'avaient oublié ou à ceux qui voulaient l'ignorer ses motivations profondes et sa négation de l'existence même de l'Ukraine. Voilà qui donne des arguments à la communication ukrainienne.
Mais comme on sait, avoir des arguments et une très bonne communication, ça n'est pas suffisant pour gagner une guerre. Voilà, je m'arrête ici. Merci beaucoup d'avoir regardé cette vidéo jusqu'au bout.
Je file et je vous retrouve très vite.