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interviewLe Média — Podcasts· 8 novembre 2021 83 min

Contre-matinale #30 | Un ouvrier fils d'immigrés à l'Élysée ? | Anasse Kazib

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:11
Présentateur

Salut à toutes et à tous et bienvenue sur le plateau du Média TV. Nous sommes le lundi 8 novembre 2021, l'hiver approche, les journées se raccourcissent, les matins sont de plus en plus sombres et froids, mais on est là ! On ne va pas chanter, on est là parce que c'est notre, non je ne dirais pas que c'est notre projet, mais c'est notre Paris, une contre-matinale qui assume une ligne à rebours de celle des médias embolorisés. C'est un néologisme, les médias embolorisés qui donnent la parole, donc cette contre-matinale, à ceux qui incarnent les luttes sociales, à l'alternative politique, les combats pour la dignité et l'égalité.

Nous vivons une drôle d'époque où l'on ne cesse de parler de république, de traquer les anti-républicains, de convoquer les valeurs de la république, mais où on peine à prendre la mesure de la devise de la dite république, liberté, égalité, fraternité. Alors oui, fraternité et sororité ici, on est là tous les matins en direct pour les partager. Je le dis tous les jours, nous le disons tous les jours, nous pouvons avoir l'air relou de le dire, mais ce lieu à partir duquel nous diffusons cette matinale, le média, est un petit miracle quotidien.

Il est miracle, il faut les arroser pour les empêcher de faner, c'est-à-dire dans le cas qui nous concerne, soutenir nos petits bras via des dons défiscalisés, parce que quand même, c'est pas seulement Bernard Arnaud qui a le droit de défiscaliser, enfin bref, je rigole, des dons mensualisés ou uniques sur la plateforme Oképal, via des abonnements mensuels aussi, et via l'entrée dans le sociétariat de notre belle coopérative d'intérêt collectif. Pour ça, il faut aller sur lemédiatv.fr slash soutien. Nous sommes, je le disais, le lundi 8 novembre 2021, il est 7h14, la contre-matinale du Média, épisode 30, c'est parti. Aujourd'hui, c'est lundi, et lundi, c'est la journée du zap politique.

Pour décortiquer le week-end politique, avec moi, j'ai à mes côtés Anas Kazib. Anas Kazib, cheminot, syndiqué chez Sudrail, animateur de révolution permanente, une ex-tendance du nouveau parti anticapitaliste qui chemine désormais toute seule, candidat à la candidature en vue de la présidentielle qui vient en attente de ses 500 parrainages. Amis du Média aussi, où il est passé déjà à plusieurs reprises, notamment pendant le mouvement des Gilets jaunes et pendant la grande grève contre la réforme des retraites et notre fameuse émission qui était dédicacée, dédiée à ce moment particulier et qui s'appelait Marche aux grèves. Salut Anas, comment tu vas ? Salut Théo, merci de me recevoir.

Alors, les nouvelles, elles sont bonnes ? On en parlera, mais dis-nous un peu.

3:02
Anasse Kazib

Les nouvelles, oui, je ne sais pas si elles sont bonnes. Enfin, pour moi, on avance dans cette campagne politique. On est en train de déployer au fur et à mesure, on va dire, l'arsenal pour essayer de faire connaître le maximum notre programme, nos idées, etc. D'essayer d'exister aussi médiatiquement dans la période, c'est aussi assez compliqué, parce qu'on ne nous donne pas spécialement la parole, dans les médias bourgeois du moins. On préfère tout focaliser sur les politiciens professionnels, en fait, celles et ceux qui sont du serail médiatico-politique. Ils sont entre eux, ils discutent entre eux. Donc voilà, il faut ouvrir cette présidentielle au pied de biche, en fait.

Il faut se créer une place de force, parce que personne ne veut de nous, personne ne veut de moi. Personne ne veut qu'on porte les idées qui préoccupent la grande majorité de la population, à savoir le pouvoir d'achat, les salaires, la justice fiscale, la justice sociale, toutes ces questions-là qu'on a entendues dans les différentes mobilisations, et notamment la plus importante du quinquennat Macron, des Gilets jaunes. Donc voilà, on essaye de dérouler au fur et à mesure. On a fait un meeting parisien dont moi-même, j'ai été étonné, surpris, pour un premier meeting où on a fait plus de 450 personnes à Paris. Et puis là, il y aura d'autres meetings qui vont venir.

On va essayer de se déplacer un peu partout en France. Et puis la recherche des parrainages qui continue.

4:29
Présentateur

On en parlera tranquillose. Alors tu es mon invité fil rouge, tu seras à mes côtés durant tout le temps. Ce sera d'abord notre rubrique traditionnelle, la titrologie, qui passe en revue les unes de la presse quotidienne et s'attarde du côté des indés, des médias indépendants en ligne. Puis on parlera de l'actualité politique en général. Et enfin, de manière plus spécifique, de ton actualité de candidat putatif à la présidentielle qui vient. Ok ? Ça marche. C'est parti pour la titrologie. Faut-il démanteler Facebook, le géant des réseaux sociaux qui contrôle outre la plateforme Facebook, Instagram, WhatsApp, Facebook Messenger, etc. Et qui vient de se rebaptiser Meta ?

C'est en tout cas la question que l'on se pose ce matin à la vue des unes de Libération et de la Croix. Facebook, lui, régulait son compte, titre Libé, avec un jeu de mots qu'on comprend aisément. Libé explique que la lanceuse d'alerte à l'origine des Facebook Files, des documents internes qui montraient l'irresponsabilité tout à fait consciente de la firme de la Silicon Valley, dans des domaines aussi variés que la protection de la santé mentale des adolescentes, la diffusion de fake news ou le management unilatéral de Mark Zuckerberg, seul maître des algorithmes. Eh bien, cette lanceuse d'alerte est en Europe cette semaine.

Réseaux sociaux, la fabrique de la violence, écrit à sa une Lacroix, qui ajoute que Frances Haugen, c'est le nom de cette lanceuse d'alerte, sera auditionnée ce lundi même par les députés européens. En toile de mille, en toile de mire, bref, vous avez compris, de nouvelles normes européennes visant selon la Croix à mieux encadrer les géants du numérique. L'univers impitoyable des grandes entreprises est également mis en avant dans l'humanité, dont le travail s'est lui aussi nourri des révélations de lanceurs d'alerte. Pour L'Oréal, les travailleurs ne valent rien.

Grand de l'Uma, des managers lanceurs d'alerte d'une filiale, ont été mis à la porte pour avoir dénoncé des pratiques sociales déloyales chez le géant des cosmétiques. À la une des échos, Bouygues, le groupe spécialisé dans le BTP, les télécoms, les médias qui contrôlent TF1 et progressivement M6 aussi. Bouygues change de dimension, nous apprend le quotidien cher au milliardaire Bernard Arnault. Bouygues a en effet racheté la filiale Service Multitechnique, ce qui fera d'énergie, ce qui fera de l'énergie son premier métier devant le BTP et le reste. Bien entendu, le round électoral à venir n'est jamais bien loin. Présidentiel, un automne de grandes confusions, se désole le monde.

À cinq mois de la présidentielle, le débat politique va de petites phrases en polémique, sans prendre de la hauteur et sans aborder notamment les grandes questions globales, comme la crise sanitaire ou le climat. C'est pourquoi en arrive-t-on là, le monde évoque entre autres les réseaux sociaux, les chaînes d'info en continu, une nouvelle temporalité médiatique qui semble problématique. L'opinion, porte étendard des idées néolibérales, consacre sa une au premier débat organisé dans le cadre de la compétition entre cinq prétendants de droite, une discussion qui sera organisée sur LCI, Congrès des Républicains, quatre débats et trois écueils, écrit l'opinion.

De son côté, le Figaro consacre sa une au secteur de l'éducation, après avoir fait de même pour le secteur de la santé il y a quelques jours. Pourquoi l'éducation nationale peine à recruter, écrit le Figaro, évoquant les salaires peu attractifs, le manque de reconnaissance sociale et les violences que peuvent subir les enseignants. Résultat des courses, en 20 ans, le nombre d'inscrits au concours de professeurs a diminué de moitié, conséquence, une baisse du niveau des admis et le recours massif aux contractuels. Alors, Anas, avant de nous appesantir sur les médias indépendants en ligne, quelles sont les unes d'aujourd'hui qui te parlent ?

Les problématiques qui sont revenues, Facebook, l'hôpital public, l'éducation nationale, enfin il y a un certain nombre de problématiques que les journaux ont choisi d'évoquer.

8:33
Anasse Kazib

Je pensais que tu allais évoquer, enfin après il n'y a aucun média qui évoque le truc de Elon Musk là, qui a demandé à ses followers de payer, est-ce qu'il devait payer des impôts ou pas, parce que le GAN pèse 300 milliards mais il ne paye aucun impôt, et qui a demandé à ses followers de s'il devait payer.

8:49
Présentateur

Alors Elon Musk, le fondateur de Tesla, qui en fait il a été un peu interpellé par des déclarations venant d'une filière de l'ONU qui expliquait qu'en fait une petite partie de sa fortune aiderait à résoudre la question de la fin dans le monde. Donc il a commencé à demander à ses followers.

9:11
Anasse Kazib

Ses followers, et puis ça s'est retourné contre lui. Je pense qu'il pensait peut-être que les gens allaient lui dire qu'il ne fallait pas payer d'impôts, mais bon, ils n'en parlent pas. Mais moi c'est un truc qui m'a fait un peu tilter ce matin un peu dans l'actu, même si elle n'est pas dans les journaux. Mais déjà ce qui est intéressant, c'est de voir qu'il y a en tout cas peu de sujets réactionnaires. On a été habitués pendant les deux mois sur les sujets portés notamment par la candidature de Zemmour, en tout cas la candidature qui n'est pas encore officielle, mais qui est là autour de la question de l'immigration, des noms, etc., de la sécurité et autres.

Donc là déjà on est en train de voir qu'il y a des sujets qui commencent à émerger.

Moi j'ai noté un peu sur la question, mais bon c'est toujours le même truc, c'est ce que disait notamment Le Monde sur pourquoi on ne parle pas des sujets, etc., alors qu'ils sont aussi responsables de ça, c'est-à-dire qu'ils savent pourquoi on ne parle pas de sujets qui sont les préoccupations premières de la population, parce qu'il n'y a pas de proposition en face dans le camp politique actuel, que ce soit Emmanuel Macron, que ce soit les grands candidats qui sont à droite ou à l'extrême droite, ils ne proposent rien sur la question des salaires, c'est la surenchère systématiquement sur la question réactionnaire, sur la question de l'immigration, de la sécurité, on parlera peut-être tout à l'heure de Montebourg, mais on le voit à quel point en fait il y a une porosité de plus en plus importante, à gauche comme à droite, en fait d'évoquer uniquement les sujets qui sont les thématiques fortes de la droite et de l'extrême droite, c'est assez intéressant.

L'article aussi du Figaro, la une du Figaro, sur la question des salaires, parce que pour moi, je suis convaincu que ce qui est en train de se passer, notamment par exemple aux Etats-Unis, avec les grèves immenses en fait, et notamment aussi tout cet effet, je crois qu'il y a plus de 20 millions d'Américains qui ont démissionné en 2020 et 2021, enfin c'est quelque chose d'assez énorme en fait, de voir qu'il y a un avant et un après crise sanitaire, même si on est encore dedans et qu'on n'a pas l'air encore d'en sortir totalement, on verra quelles seront les annonces de Macron, je crois que c'est ce soir ou demain soir, mais la réalité c'est que je pense que psychologiquement et dans l'état du monde du travail, je pense à l'échelle internationale, il y a un avant et un après, je suis assez stupéfait en fait qu'on parle peu de l'augmentation de toutes les denrées alimentaires quasiment principales, de l'énergie, etc.

Je trouve que c'est quelque chose qui pour moi, en tout cas moi avec les collègues, c'est de ça dont on parle, on parle de choses très concrètes en fait, c'est quelle est ton assiette mensuelle et qu'est-ce qu'il te reste à la fin du mois pour essayer d'avoir un peu de loisirs et autres et la réalité c'est qu'on voit de plus en plus que pour des salariés lambda, la fin du mois elle s'arrête le 10 ou le 15 et que derrière c'est d'être dans le rouge et je trouve que quand le monde s'interroge de pourquoi on ne parle pas de sujets, le Figaro pourquoi l'éducation nationale est peu attractive, etc.

ou encore pourquoi dans la santé il y a de plus en plus de gens aussi qui démissionnent ou de personnes qui sont en burn-out long, en arrêt maladie et autres, je trouve qu'il y a une chose qui pour moi est centrale, c'est la question des conditions de travail et de salaire et ils ne veulent pas l'évoquer, ils ne veulent pas l'évoquer parce qu'ils n'ont rien...

12:30
Présentateur

On s'en va regarder du côté des indés, les médias indés dont j'ai choisi deux titres, le premier est de Mediapart, Rafale Papers, les factures bidons du système Dassault, c'est le titre de cet article et je lis le chapeau de l'article en question, Mediapart publie les fausses factures présumées qui ont permis à Dassault de verser au moins 7,5 millions d'euros de commissions occultes à l'intermédiaire pour décrocher le méga contrat des Rafales en Inde.

Malgré ces documents, la police fédérale indienne a choisi d'enterrer l'affaire, rappelant que la famille Dassault fait partie des piliers du complexe militaro-industriel français et contrôle notamment le quotidien traditionnel de la droite, le Figaro. Le deuxième titre est du média Les Jours, c'est une sorte de récit du procès Benalla, d'un des procès Benalla, de celui du tabassage de manifestants le 1er mai 2018, un procès au bout duquel Alexandre Benalla est copé de trois ans de prison dans une année ferme. Alors la peine de prison ferme est aménageable via un bracelet électronique, mais elle va au-delà des réquisitions du procureur qui avait demandé 18 mois de prison avec sursis.

Elle a sorti d'une interdiction d'exercer toute fonction publique pendant cinq ans, d'une interdiction de port d'armes pendant dix ans et de 500 euros d'amende. Et on finit par une caricature, celle du site indépendant Mazet Media, qui tourne en dérision aux paniques médiatiques circonstanciées sur ce qui est, hélas, un phénomène de fond et permanent. On voit un personnage en totale panique face à la Terre qui se dérobe sous ses pieds et qui crie « changement climatique, montée des eaux, catastrophe naturelle ». Et un autre à ses côtés qui lui dit « quelques jours à tenir, une fois la COP terminée, on n'en parlera plus ». L'affaire Benalla ?

14:17
Anasse Kazib

L'affaire Benalla, c'est assez incroyable. D'ailleurs, Macron n'a pas réagi, il ne réagit même plus. Il avait dit aux gens de venir le chercher et puis maintenant, il ne dit plus rien là-dessus. Après, c'est clair qu'il y a un deux poids, deux mesures entre… Moi, je pense par exemple à ces gilets jaunes qui, pour parfois avoir jeté une bouteille par terre avec le pied ou quelque chose comme ça, on fait des mois de prison ferme et qu'au plus haut sommet de l'État, l'agent de sécurité du président de la République bénéficie d'une forme d'impunité totale. Enfin, même s'il est condamné, c'est la même chose pour Sarkozy, ils ne font jamais de prison ces gens-là.

C'est-à-dire que la prison, c'est pour les gens d'en bas. Eux n'y mettent pas les pieds. Après, on peut quand même se satisfaire du fait qu'il soit condamné. Et politiquement, ça veut dire quand même quelque chose. C'est-à-dire qu'il y a l'homme de main, entre guillemets, d'Emmanuel Macron qui vient d'être rattrapé par la justice, après trois ans.

15:23
Présentateur

Le juge est allé au-delà des réquisitions du procureur. Le procureur, dont on rappelle qu'il est entre les mains plus ou moins de l'exécutif, donc il a demandé du sursis pur. Le juge s'est senti obligé de mettre quand même de la prison ferme, même si c'est aménageable.

15:36
Anasse Kazib

Du sursis là-dessus, ça aurait été difficile à expliquer vis-à-vis de toutes les autres peines, où il y a des personnes qui ne font rien du tout et qui prennent de la prison ferme. Mais en tout cas, moi, je trouve que ça participe à ce qu'a été notamment le quinquennat d'Emmanuel Macron, où dès le démarrage, on a eu des scandales. On nous a expliqué que c'était le Nouveau Monde contre le Vieux Monde, etc. Il y a eu les affaires Bayrou dès le départ. Ensuite, ça s'est enchaîné avec les affaires Nyssen, avec le départ de Nicolas Hulot. Il y a eu l'affaire Benalla.

C'est incroyable ce quinquennat d'Emmanuel Macron et de se dire qu'aujourd'hui, c'est encore lui, une fois de plus, qui est le mieux pressenti pour s'auto-succéder dans les sondages à la tête de la présidentielle. Et qu'au final, il va falloir qu'on tire les leçons toutes et tous de ce qu'a été ce quinquennat-là. Et enfin voilà, on mérite autre chose. Comme on dit, tu chantais ce matin pour un monde meilleur. On veut se battre aussi pour quelque chose d'autre que ces personnes-là qui bénéficient d'une impunité totale.

Et qui même lorsqu'ils sont condamnés par la justice bourgeoise, parce que ça reste une justice bourgeoise, ça reste une justice de classe, on voit qu'au final, ils arrivent systématiquement à avoir des aménagements de peine, à être tranquilles, etc. Il y a eu complément d'enquête sur Zemmour qui ont découvre les Balkany dans leur petite, dans leur grande villa, en fait, au bord de la Seine, etc. Qui sont là avec un bracelet qui en ricanent, en fait, et qui sont au confort comme s'ils étaient en vacances. Et de l'autre côté, de se dire qu'il y a des personnes qui sont en prison pour avoir parfois pas eu un permis de conduire ou un truc comme ça.

Des fois, il y a des choses où on comprend mal et qu'il va falloir se battre pour faire en sorte que ceux d'en haut, ils payent à un moment donné aussi tout ce qu'ils font.

17:30
Présentateur

Alors, on passe à la deuxième partie de cette matinale, le zap politique du lundi. Le principe est que je diffuse quelques séquences du week-end et on en parle sans phare en essayant d'axer la discussion sur les idées. OK ? On y va. Première actu, c'est la prolongation du pass sanitaire qui ne s'est pas nouée ce week-end stricto sans su, mais qui s'est nouée en fin de semaine ? On regarde le zap.

17:54
Locuteur non identifié

Le coup près est tombé. Le projet de loi baptisé vigilance sanitaire a définitivement été adopté aujourd'hui. 118 députés, principalement issus des rangs de la majorité présidentielle, ont voté pour. 89 ont voté contre. Cet ultime vote vient mettre un point final aux discussions autour de ce texte qui a profondément divisé les deux chambres du Parlement. A deux reprises, le palais du Luxembourg s'était opposé à la volonté gouvernementale en proposant un recours possible jusqu'en février. Aucune conciliation n'a été trouvée entre sénateurs et députés lors d'une commission mixte paritaire ce mardi. Le dernier mot est revenu à l'Assemblée nationale. De quoi faire bondir l'opposition.

Derrière la fin de non recevoir que vous nous opposez, il y a nécessairement pour nous le soupçon que des intentions politiques aient pu être présentes dans une position qui n'est plus la même que celle que vous avez acceptée à la fin du mois de juillet 2021. A la tristesse s'ajoute donc que l'incompréhension et le mécontentement face au non-respect de principes fondamentaux de nos institutions démocratiques et nous ne pouvons pas admettre qu'il n'y ait pas eu de discussion car cette discussion, les députés nous l'ont dit, c'est vous, vous, gouvernement, qui l'avez en réalité interdite, ce qui est déplorable.

Rappelez-vous la loi, l'état d'urgence, qui avait été imaginée pour faire face aux événements qui entouraient la guerre d'Algérie. C'était bien état d'urgence, c'était exceptionnel. On l'a mis en place, répété, recommencé et à la fin, le ministre est venu en nous disant, écoutez, on ne peut pas vivre tout le temps dans un régime d'exception, alors on le passe dans le droit commun. Les mesures d'exception, c'est comme les passions. Ça paraît toujours tout neuf à ceux qui en sont la proie. Mais la vérité, la sagesse de l'histoire consiste à se méfier des élans de cette nature et à se référer à l'histoire longue.

Le temps que prend la démocratie, c'est jamais du temps de trop, il n'y a que les brutes qui disent le contraire.

20:08
Présentateur

Donc, Anas Kazib, animateur de Révolution Permanente, candidat à la présidentielle de 2022.

20:18
Anasse Kazib

Un des animateurs, enfin un des militants en tout cas, mais il y a du monde derrière Révolution Permanente.

20:25
Présentateur

Si tu as les 500 signatures, alors tu n'es pas pour le pass sanitaire, tu l'as dit à plusieurs reprises, mais tu es beaucoup moins investi dans le mouvement contre le pass sanitaire que dans le mouvement des gilets jaunes enceint, un petit malaise ?

20:37
Anasse Kazib

Déjà, c'est clair et net que dans mon programme, je porte la question du retrait immédiat de ce pass sanitaire-là et de toutes les mesures coercitives, autoritaires, qui ont été mises en place par le gouvernement et puis même au-delà de ceux de Macron. Mais dans la question du pass sanitaire, enfin moi, j'ai toujours été contre parce que c'est liberticide, c'est autoritaire en fait. C'est comment ne pas faire de la pédagogie, comment ne pas expliquer aux gens la nécessité en fait de se vacciner, de pourquoi il faut se vacciner, etc. On n'a jamais discuté en fait. Les gens, moi je vois autour de moi, les personnes te disent c'est quoi la différence entre AstraZeneca et Pfizer ?

C'est quoi la différence avec Janssen, etc. Est-ce que si dans ma sérologie, j'ai suffisamment d'anticorps, est-ce que ça vaut le coup ? Les gens ont des questions simples en fait. Ils ne demandent pas la lune. Et il y a aussi, ça a témoigné de beaucoup de choses, d'une forme d'anticapitalisme si je peux dire de cette manière-là. La question des big pharma, des labos pharmaceutiques, etc. De cette manne financière, du fait que la santé, c'est plus l'objectif n'est pas de soigner les gens directement, mais c'est déjà de faire en sorte d'avoir des profits, de faire des bénéfices, etc. De voir comment en pleine pandémie, en fait, ils ont même augmenté les tarifs des vaccins.

22:08
Présentateur

Notamment Pfizer et Moderna.

22:09
Anasse Kazib

Notamment Pfizer et Moderna. Donc, c'est normal que les gens soient inquiets là-dessus. Et puis surtout, quand on voit le charlatanisme de ce gouvernement dès le départ, enfin, comment elle s'appelait ? Agnès Buzyn. Agnès Buzyn nous disait au mois de février que la crise sanitaire, elle était déjà derrière nous, qu'elle pouvait candidater à la mairie de Paris parce que ça y est, c'était fini. C'est-à-dire qu'on n'avait même pas encore connu le Covid, que pour elle, c'était déjà terminé. On nous a expliqué que les masques, ça ne servait à rien. Enfin, Olivier Véran, il faisait des tweets en disant « Je suis par la fenêtre, je vois qu'il y a des gens qui ont le masque.

Je ne sais même pas pourquoi ils font ça. Ça ne sert strictement à rien. » Et ces mêmes personnes-là, en fait, leur parole est totalement décrédibilisée. Et c'est les mêmes qui vont expliquer après ce qu'il faudrait faire pour sortir de la crise. Et c'est normal que l'instinct premier, ça soit de se dire « Mais ce n'est pas ceux qui nous ont mis dans cette merde-là qui vont nous expliquer comment s'en sortir.

» Donc, moi, j'ai toujours été aux côtés de celles et ceux qui ont dénoncé en tout cas cet autoritarisme, mais avec aussi la clarté et la clairvoyance de dire que je considère qu'aujourd'hui, face à ce qu'est la crise sanitaire, face à ce qu'on a connu dans les pires moments du Covid, que la vaccination est primordiale, en fait. C'est scientifiquement et de manière arithmétique, partout où dans les pays il y a eu une vaccination importante, en fait, on voit les résultats directement. Il y avait une enquête au mois de juin sur presque 90 000 Anglais. Il y avait 89 % de ces 90 000 Anglais, en fait, qui n'étaient pas vaccinés, ni une première dose, ni une deuxième dose.

Tu vois ce que je veux dire ? Et ça montre, en fait, à quel point le fait de la vaccination permet peut-être pas totalement de la contagiosité, mais ça permet les formes graves. Moi, personnellement, si demain, on me garantit que je ne meurs pas de quelque chose, moi, ça me suffit. Derrière, si je l'attrape, que j'ai une forme bénigne, etc., ou que malheureusement, je peux contaminer quelqu'un d'autre, si on ne meurt pas, en fait, c'est le plus important pour moi. Et je pense que des fois, il y a un faux débat. Et sur la question des manifestations, moi, je suis allé au démarrage de ces mobilisations.

Le problème, c'est que je pense que, comme l'a été le mouvement des Gilets jaunes, il y a une forme de... Enfin, on se pince le nez à gauche. On se pince le nez dans la gauche syndicale et politique. Lorsque ça ne vient pas et ça n'émane pas d'une intersyndicale ou d'une réunion dans tel local de parti ou quoi que ce soit, on se pince le nez, on fait en sorte que ça n'existe pas. Je pense que ça, c'est une erreur. Le mouvement des Gilets jaunes et les mouvements dits subversifs, insurrectionnels, révolutionnaires, ou peu importe comment on veut les appeler, n'ont jamais été chimiquement purs.

Les gens ne viennent pas avec le manifeste du Parti communiste sous le bras et en chantant l'international. Non, les gens, ils viennent avec ce qu'ils connaissent, avec ce qu'ils savent faire. Certains sont des primo-manifestants. Ils viennent avec les premières revendications qu'ils ont sur la question du pass sanitaire. Et je pense qu'on va le payer, le fait d'avoir laissé Philippot.

Je pense que d'avoir toléré et d'avoir accepté que ce soit l'extrême droite qui soit hégémonique dans ces mobilisations-là, de laisser Philippot faire des meetings tous les samedis, en fait, et récupérer ces gens qui sont venus de prime abord pour dénoncer le pass sanitaire et qui, au final, se retrouvent à parfois avoir du confusionnisme et pour la partie la plus extrême, à développer tout un langage complotiste, parfois même antisémite, etc. Je pense qu'on va en payer une partie, en tout cas.

25:51
Présentateur

Mais toi-même, Anas, tu étais beaucoup moins impliqué dans ce mouvement-là que dans le mouvement des Gilets jaunes.

25:56
Anasse Kazib

Oui, mais ce n'est pas une question d'implication. C'est une question d'un moment donné, il faut voir aussi les limites qu'on peut avoir les uns et les autres. Au moment du mouvement des Gilets jaunes, il y avait une réalité sociale qui nous avait permis d'essayer de peser au maximum, en fait, dans cette mobilisation au démarrage. En fait, nous, on avait fait, au mois de novembre, un appel avec le comité Adama, avec Assa Traoré, Youssef Brackni, pour se joindre, en fait. Et on sortait, nous aussi, les cheminots. On avait, à l'époque, un collectif qui s'appelait l'Intergar. En fait, on était plus de 300 cheminots à se mobiliser, en fait, et à pouvoir essayer d'impulser quelque chose.

Le problème, c'est que la mobilisation contre le pass sanitaire, à mon sens, on a raté le wagon très rapidement. C'est-à-dire qu'après quelques samedis, on a vu que la question de la vaccination posait problème. C'est-à-dire qu'on disait, vacciner, non vacciner, l'essentiel, c'est d'être contre le pass sanitaire. Moi, je pense que ça, c'est un peu... Il faut se dire les choses, la vérité, et que les gens, ils sont plutôt opposés à la vaccination, quand même, de plus en plus, en tout cas, dans les mobilisations.

C'était peut-être pas le cas au démarrage, parce qu'au démarrage, il y avait beaucoup d'aspirations, notamment, si tu te souviens, par rapport à la santé, par rapport au personnel hospitalier, etc., au fait que ce n'était pas normal qu'on vire ou qu'on sanctionne ces personnes-là qui étaient en première ligne. Et ça, je pense que c'était ultra progressiste. Je pense qu'on aurait dû batailler pour justement demander des moyens, demander des augmentations de salaire, etc. Moi, j'aurais été OK pour me mettre à fond dans des mobilisations où il y avait des aspirations sociales.

Le problème, c'est qu'il y a eu une lutte saine autour de l'autoritarisme du pass sanitaire, mais qui, pour moi, a été combinée avec un confusionnisme, en fait, autour de la vaccination, etc. Et je sais, pour avoir manifesté certaines fois, où tu te retrouves, en fait, en vrai, les gens ne sont pas spécialement pour... OK, tu acceptes, tu es vacciné, machin, mais il ne vient pas parler de vaccination ici. Voilà. Nous, on est contre la vaccination aussi.

Donc, je pense qu'il y avait quelque chose de très antagoniste dans ce mouvement-là qui a fait que c'était difficile, en tout cas pour l'homme que je suis, de pouvoir essayer de s'investir beaucoup plus parce que le moment où tu as des groupes d'extrême droite, le moment où tu as Philippot, etc., Divisio et autres qui viennent, Dupont-Aignan, tout ça, qui rassemble du monde avec des discours ultra-réactionnaires, ultra-antivax, etc., machin, c'est difficile avec tes petits bras musclés, entre guillemets, d'inverser la tendance et de venir avec des banderoles, non en passe sanitaire, mais oui pour la vaccination. Tu vois ce que je veux dire ?

28:24
Présentateur

Les héros syndicaux sont fatigués, quoi. Vous avez perdu quelque chose, une partie.

28:29
Anasse Kazib

Moi, je ne me revendique pas, en tout cas, de la bureaucratie syndicale et des directions syndicales. Ça, c'est une certitude. Moi, je suis un syndicaliste de terrain. J'ai toujours aussi bataillé contre les stratégies de la défaite. J'ai toujours bataillé, lorsque les directions syndicales ont dénoncé le mouvement des Gilets jaunes, je les ai dénoncés publiquement, haut et fort. En fait, lorsqu'ils disaient « Il ne faut pas aller voir les Gilets jaunes, il faut négocier avec nous, Édouard Philippe et M. Macron », j'ai dénoncé avec grande force et cette chose-là.

Maintenant, la réalité, c'est que je pense que le mouvement ouvrier, les directions du mouvement ouvrier, en tout cas, qu'elles soient syndicales ou politiques, auraient dû faire le nécessaire pour mobiliser, en fait, et amener des thématiques. Et je pense qu'au-delà même du pass sanitaire, il y a une crise politique profonde du syndicalisme et de la gauche, qu'elle soit institutionnelle, mais que ça soit aussi l'extrême gauche, la gauche radicale, révolutionnaire et autres, qui, pour moi, aussi traverse une crise profonde.

Enfin, moi, quand je vois qu'on avait fait une mobilisation importante, la marche contre l'islamophobie, en 2019, où il y avait plus de 80 000 personnes, que le comité Adama, en 2020, a déplacé plus de 100 000 personnes à République, plus de 80 000 personnes devant le tribunal de grande instance, que le 5 décembre 2019, on était 1,5 million de personnes, en fait, dans la rue, contre le démarrage de la réforme des retraites, de Levoy, quand je vois tout ce qu'on a été capable de faire, et qu'aujourd'hui, il y a des émours, au quotidien, en fait, il y a une montée du racisme, il y a des insultes, des menaces de mort, il y a eu un fichage de F2Souches où il y a eu des milliers, des centaines, en tout cas, de militants politiques, syndicaux et autres, mais il n'y a même pas un rassemblement.

Il n'y a pas un rassemblement. Il ne se passe rien du tout. Tu vois ce que je veux dire ?

30:09
Présentateur

Est-ce que ce n'est pas pendant le confinement, justement, qu'il y a quelque chose qui s'est perdu ? C'est-à-dire, en fait, une sorte de recrispation, de retour aux petites quotidiennités personnelles, une sorte de désarticulation, alors que le mouvement des Gilets jaunes et le mouvement de protestation contre la réforme des retraites étaient des moments de communion ?

30:30
Anasse Kazib

Je ne sais pas. Moi, je pense qu'il y a une forme de routinisme, en fait, aussi, à la manière de faire de la politique et qu'à un moment donné, le système de la gauche institutionnelle n'intéresse plus, enfin, intéresse de moins en moins, en tout cas, et mobilise de moins en moins, en fait. C'est-à-dire que c'est beaucoup des mouvements qui sont de plus en plus spontanés, en fait. La réforme des retraites, il y a eu un travail syndical qui a été fait, ça, c'est une certitude, mais d'où vient la lutte contre la réforme des retraites ? Elle vient de la base de la RATP.

Elle vient de gens qui ne sont pas syndiqués, pour qui c'est la première bataille, en fait, et qui te disent, hors de question, en fait, que tu touches à mon contrat social, hors de question que tu touches à ma retraite, alors que je me réveille à 4h du matin tous les jours et qu'on m'a promis, en fait, de pouvoir partir un peu plus tôt, en fait, pour tous les sacrifices que je fais à travailler mal payé. Tu vois ce que je veux dire ? Ce n'est pas venu d'en haut. Souviens-toi, avant le 5 décembre, fin novembre, Philippe Martinez fait une interview chez France Inter en disant, le gouvernement peut toujours éviter le démarrage de la grève, tu vois.

C'est-à-dire qu'on a toujours essayé de mettre les deux pieds sur le frein pour empêcher ces mobilisations. Donc, de manière générale, que ce soit le mouvement des gilets jaunes, le pass sanitaire ou la réforme des retraites, pour moi, ce sont des mouvements qui arrivent et qui viennent d'en bas, en fait, qui ne viennent pas des hautes sphères, en fait, qui viennent systématiquement d'en bas. Et je pense qu'aujourd'hui, pareil, pour tout ce qui est en train de se passer, il y a peu de volonté, en fait, à mobiliser. Il y a peu d'envie, en fait, d'essayer de faire bouger les choses parce qu'il y a la volonté d'être aussi dans le cadre institutionnel. On vient d'entendre Mélenchon.

Enfin, ils croient en cette démocratie. C'est leur démocratie. Eux aussi, ils veulent être ministres de l'Intérieur. Ils veulent aussi avoir des ministères. Ils veulent gérer et régir, en fait, le système étatique tel qu'il est. Peut-être en le réformant par-ci, par-là, en faisant deux, trois petites choses. Mais globalement, maintenir, en fait, le cadre établi. Et ces gens-là, en fait, ne sont pas pour affronter politiquement, en fait, ce qui est en train de se passer, changer la donne. Et je pense que tant qu'on ne pose pas les véritables problèmes et qu'on ne cherche pas, en fait, à mettre aussi une stratégie qui cherche à rompre frontalement avec ça, on n'y arrivera pas.

Et du coup, il y a une forme de passivité. Et puis, on se contente, en fait, de ce qu'il y a. Et moi, en tout cas, j'espère que par en bas, ça va bouger. Parce que sinon, c'est compliqué. Si c'est ça, notre avenir, c'est difficile.

32:52
Présentateur

Alors, deuxième sujet qu'on va évoquer, c'est Arnaud Montebourg et sa sortie sur un moyen, selon lui, efficace d'obliger les pays dont sont originaires certains immigrés sans papiers à donner suite aux OQTF les obligations de quitter le territoire français. On écoute.

33:11
Locuteur non identifié

Sur la politique de l'immigration, pourquoi on n'arrive pas à intégrer ? Parce que vous avez aujourd'hui 100 000 mesures d'obligations pesant sur des personnes qui sont irréguliers, clandestins, qui doivent quitter le territoire et qu'on n'arrive pas à exécuter. Et qui sont là. Et qui, d'ailleurs, souvent, sont des délinquants. Vous faites quoi, justement ? J'ajoute, on a réussi, j'ai regardé les statistiques, en 2019, il n'y en avait que 15% qui ont été exécutés et 6 000, sur les 100 000, 6 000 seulement hors d'Europe. Ça fonctionne mieux en Europe qu'en dehors de l'Europe. Donc, moi, je suis maintenant décidé à faire une proposition et je voudrais le dire ici.

Le président de la République a dit il faut supprimer les visas des pays qui refusent de coopérer parce que le problème, c'est que nous avons les moyens de ramener ces personnes dans leur pays d'origine. Ce sont les pays d'origine qui refusent de reprendre les personnes qui relèvent de leur juridiction. Donc, la privation des visas, pour moi, ne fonctionne pas. Donc, je suis décidé à taper au portefeuille. Il y a 11 milliards de transferts d'argent qui passent par Western Union sur l'ensemble des pays d'origine. Eh bien, nous bloquons tous les transferts aussi longtemps qu'on n'a pas un accueil de coopération. Ce sont des transferts d'argent privés, là, dans vous parlez.

Ce sont des transferts d'argent privés, mais qui, aujourd'hui, sont une manne pour ces pays et nous avons besoin aujourd'hui de dire que ça suffit. J'irai voir le président du Mali et je lui dirai que non seulement il n'y a plus d'aide aux développants, mais que de surcroît, il n'y aura plus ou extrêmement limité de transferts d'argent des ressortissants maliens qui travaillent en France vers le Mali, Western Union, etc. Ce sera terminé. Voilà. Donc, je suis sûr, convaincu que le président du Mali acceptera de reprendre ses ressortissants. On pourrait aussi bloquer les transferts de fonds des travailleurs immigrés chez nous vers leur pays d'origine.

On pourrait les bloquer, on pourrait les taxer. Vous voyez, il y a des moyens de pression pour obliger ces pays à reprendre leurs illégos.

35:24
Présentateur

Alors, Anas, quelque part, tu es à l'aise parce que finalement, cette sortie de route, il n'y a pas d'autres mots d'Arnaud Montebourg, te permet de dire tout le mal que tu penses du souverainisme de gauche et du souverainisme qui finirait toujours par le souverainisme tout court. En gros, allez, dis-le

35:39
Anasse Kazib

et qu'on en finisse. Non, mais c'est clair et net que déjà, moi, je suis un farouche opposant à la question du nationalisme, du souverainisme. Je crois même, il y avait Orwell, disait... Pour toi, nationalisme, souverainisme, c'est pareil. Pour moi, c'est la même chose. C'est le patriotisme. Orwell, je crois, disait, là où il y a le patriotisme, il y a la guerre. En fait, et par contre, je suis stupéfait que Montebourg pioche dans le programme du Front National et d'Éric Zemmour. Ça, c'est... OK, il y a un niveau de souverainisme, etc. De là, en fait, à arriver à un niveau de saloperie, excusez-moi du terme, mais c'est d'aller chercher ces choses-là.

Qu'est-ce que tu essayes de faire, en fait ? C'est quoi ? C'est d'affamer, en fait, les familles ? C'est-à-dire qu'il y a des gens qui vivent, en fait, qui travaillent au quotidien, qui aident leur famille, en fait, et tu veux affamer les familles qui vivent parce qu'ils disent immigrés, mais ils ne parlent pas des États-Unis, ils ne parlent pas du transfert d'argent du gars qui va envoyer de l'argent au Kansas ou à San Francisco pour sa cousine ou son fils qui est étudiant. Ce n'est pas de ça dont ils parlent. Ils parlent de nous, les Noirs et les Arabes. C'est de ça qu'ils parlent. Ils ne sont malades que des Noirs et des Arabes, en fait, ces gens-là. C'est leur politique.

Elles visent à voir comment on fait la misère aux Noirs et aux Arabes dans ce pays et même dans leur pays en fait, d'origine. C'est-à-dire qu'on leur a fait la misère pendant des décennies, pendant des siècles et au final, même aujourd'hui, on continue à essayer d'avoir des dérivés pour expliquer des choses. Enfin, c'est qu'est-ce qu'il essaye de faire, d'affamer en fait des familles pour faire une forme de pression sur l'État. Enfin, moi, je trouve assez incroyable cette manière de faire de la politique.

Je pense que c'est, pour moi, la crise sanitaire, la crise économique qu'on vit, etc., quand on voit en fait comment les stratégies géopolitiques, comment les conséquences en fait du gaz ou en Russie de telles matières, du soja au Brésil ou autre, en fait, comment, même à l'échelle de la crise climatique, comment tout ce qui se passe à l'échelle internationale a des conséquences en fait directes ici, comment on peut être encore souverainiste, comment on peut être protectionniste en pensant qu'en se refermant en fait dans ces petites frontières, on va gérer en fait et qu'il va y avoir un dôme de verre autour de nous et que tout va bien se passer. Ces gens-là en fait mentent.

C'est-à-dire qu'ils font croire qu'à travers un discours réactionnaire souverainiste en fait, c'est ça ce qu'il faut et ils ne parlent jamais des problèmes.

38:06
Présentateur

Déjà, le premier truc, c'est que c'est inapplicable parce qu'en fait, il suffit juste que ton argent fasse un petit saut par Bruxelles, par Dublin ou bien que tu utilises des crypto-monnaies pour envoyer de l'argent au pays. En réalité, c'est inapplicable. C'est juste une manière en fait d'occuper l'espace mais bon, c'est inapplicable. En fait, quand tu dis finalement la souveraineté dans l'espace national n'est pas l'espace du changement vu que tout est lié, en fait, jusqu'à présent, en 2021, l'espace national est le seul espace dans lequel les peuples, le peuple français, par exemple, peut faire entendre sa voix.

C'est-à-dire que c'est beaucoup plus, beaucoup moins difficile, disons, de faire plier Macron que de faire plier l'Union européenne ou de faire plier l'ONU. L'ONU, en fait, ça n'existe pas. Il n'y a pas de gouvernance mondiale. Il n'y a rien de tout ça. Et quand même les formes de gouvernance mondiale sont encore plus autoritaires et violentes à travers les guerres, les embargos que les formes nationales. Donc, comment avoir de l'impact sur notre destin si on refuse le cadre national ?

39:07
Anasse Kazib

Ce n'est pas de refuser le cadre national et ce n'est pas de refuser de lutter dans son pays. En fait, ce n'est pas ça parce que tu as même plus d'impact sur ton patron d'entreprise ou sur ton manager dans ta boîte. Tu as ce que je veux dire que tu auras de conséquences sur Macron. C'est-à-dire que c'est de manière étapiste, en fait, tu as toujours plus. Mais ça veut dire de ne pas occulter la nécessité de la question internationale. Moi, je ne sais pas qui était George Floyd. Je pense, toi non plus, tu ne savais pas qui était George Floyd. Je n'ai jamais mis aucun pied à Minneapolis, en fait.

Mais de voir comment des conséquences d'une mort aux États-Unis et surtout comment parce que ce n'est pas le premier noir américain et malheureusement ce ne sera pas le dernier noir américain à mourir sous les mains de la police américaine. Mais qu'est-ce qui fait que la mort de George Floyd a eu un impact en fait à l'échelle internationale et ici en France ? C'est les mobilisations. C'est le moment où tu as des gens qui se soulèvent. Qu'est-ce qui fait que lorsque tu as un peuple algérien qui se soulève en fait contre Bouteflika, comment en fait tu as des titres qui montrent que la question du soulèvement algérien en fait porte énormément de crainte chez Emmanuel Macron.

Comment en fait tu as des gens qui faisaient référence au mouvement des Gilets jaunes ? Comment ici au moment des Gilets jaunes on parlait des mobilisations au Chili en Équateur ? Tu vois ce que je veux dire ?

40:28
Présentateur

Tout ça en fait c'est une sorte

40:30
Anasse Kazib

de vague médiatique mais en fait c'est pas une vague médiatique c'est pas une vague médiatique ça te donne l'envie aussi de lutter c'est-à-dire que lorsque tu as un vent de lutte en fait dans un pays généralement et dans c'est pas n'importe quel pays c'est-à-dire dans des pays puissants comme la France qui pour moi est un des épicentres de la lutte de classe qui est reconnue comme ça la France lorsque sa lutte on caricature de temps en temps en disant c'est la gréviculture là-bas il y a toujours des grèves non c'est parce que aussi la France a une tradition une histoire de lutte de classe profonde en fait qui est ancrée et qui a des conséquences parce que c'est une des plus grandes puissances impérialistes en fait la France elle est jusqu'en Kanaki en Guyane etc elle est présente partout et lorsque tu tapes en fait en France ça a des conséquences un retentissement à l'échelle internationale et je pense que sur les questions moi quand je parle de nationalisme de souverainisme c'est sur les questions de régence on va dire du pays c'est-à-dire de considérer en fait que tout ce qui est à l'extérieur ne doit pas exister en fait dans le pays qu'on doit fermer en fait on doit fermer les frontières on doit se protéger mais ces mêmes protectionnistes en France ils sont opposés au protectionnisme des autres pays parce que l'agriculteur je te prends un exemple l'agriculteur à qui tu vas dire je vais protéger les frontières t'inquiète pas tes tomates ici en France on va faire en sorte qu'elle n'ait aucune concurrence de l'Espagne etc mais quand la même personne en fait va vendre du vin aux Etats-Unis en Chine ou ailleurs il n'a pas envie qu'il y ait du protectionnisme il n'a pas envie en fait que son vin son fromage ses denrées etc alimentaires ses produits en fait ils soient sujets à de la taxation en fait tu vois ce que je veux dire c'est-à-dire que c'est un faux protectionnisme c'est en réalité non pas un protectionnisme pour en bas on protège pas les gens d'en bas parce que les gens on pourrait les protéger en permettant qu'ils puissent mieux se soigner qu'ils puissent mieux gagner leur vie etc on pourrait protéger les gens en augmentant les salaires en partageant les richesses mais ce protectionnisme en fait économique-politique il ne vise qu'à garantir les intérêts en fait d'une caste française en fait et c'est pareil à l'échelle internationale quand Trump augmente les taxes sur l'aluminium etc quand Obama augmente les taxes sur les pneus chinois etc etc quand ils font du business de soja entre le brisé et les Etats-Unis tout ça n'est qu'une histoire de stratégie commerciale qui bénéficie et qui profite en fait aux plus grands

42:44
Présentateur

on va prendre un exemple concret par exemple j'ai vu un de ses camarades sur Twitter qui explique que de toute façon vous êtes au-delà même de ce que Montebourg peut dire contre les frontières contre les visas pour la régularisation de toutes et de tous on peut se dire que c'est parce que en fait vous n'avez pas sérieusement l'intention de prendre le pouvoir en 2022 que vous le dites parce que ce serait inapplicable concrètement dans un monde d'inégalités dans un monde qui est pour l'instant ce qu'il est parce qu'en fait effectivement les mouvements de population dérégulée créeraient plus de désordre qu'autre chose

43:23
Anasse Kazib

non mais moi je pense que déjà ouvrir les frontières en fait il faut arrêter de croire que tout le monde a envie de venir en France la plupart des gens

43:32
Présentateur

pas tout le monde mais même si c'est 10% de ce que les plus craintifs imaginent

43:37
Anasse Kazib

ça va déjà créer moi je sais je ne sais pas si on est capable de chiffrer moi je pense qu'en tout cas nous on le porte dans notre programme c'est pas une histoire d'être élu ou pas de toute façon notre programme il vise pas à régir la république bourgeoise tu vois ce que je veux dire c'est pas on a un programme qui est immédiat c'est à dire d'urgence immédiate que ça soit sur la question lorsqu'on parle d'augmentation des salaires lorsqu'on parle du temps de travail lorsqu'on parle des retraites de la santé ou autre c'est des choses qui sont immédiates mais avec aussi une visée parce qu'on est militant révolutionnaire notre colonne vertébrale elle est extra-parlementaire c'est à dire que nous on considère que les changements c'est pas Anas Anas n'est pas un homme providentiel c'est celui qui dit au-delà d'Anas Kazib celui qui dit que lui il va changer que lui il va faire par exemple tout à l'heure on parlait de Mélenchon mais quand Mélenchon dit le rapport de force c'est moi c'est une supercherie c'est à dire que moi je me permettrais jamais de dire aux gens en fait qui luttent qui se bataillent c'est moi le rapport de force il n'y a qu'à mettre un bulletin dans l'urne Anas Kazib et tous vos problèmes seront résolus ça c'est une supercherie en fait on ment aux gens et depuis des décennies les gens sont conscients c'est pour ça qu'ils s'abstiennent parce que les gens ils considèrent qu'ils ont fait l'effort de voter qu'ils ont écouté des programmes qu'ils ont écouté les gens et qu'au final il n'y a rien qui change pour eux dans leur vie et moi je pense que le minimum le minimum pardon de ce qu'on peut faire c'est déjà de dire la vérité en fait aux gens de dire qu'il y a des difficultés mais on peut les affronter en fait ensemble et je pense pas que dire qu'ouvrir les frontières que régulariser les sans-papiers et autres en fait régulariser les sans-papiers et ouvrir les frontières c'est totalement différent mais en tout cas c'est sur ces positions-là et je suis désolé en tant que français on a la libre circulation aussi enfin moi si demain j'ai envie d'aller vivre en Jamaïque si j'ai envie d'aller vivre en Thaïlande ou en Indonésie ou je ne sais où je ne sais pas tu vois les français quand tu les vois dans les reportages sur Capital Zone Interdite ou autre le gars c'est fashion tu vois c'est à dire qu'eux c'est des expats comme on dit tu vois ils vont faire rayonner la France ils vont ouvrir des boulangeries par contre le Camerounais le Marocain ou le Tunisien qui vient ici il vient gratter la CAF il vient gratter la sécurité sociale on croit que le mec il a fait des études et autres pour venir récupérer

45:49
Présentateur

ce qu'on croit c'est une question d'inégalité profondément et de la manière dont notre monde est structuré par exemple à Mayotte ou en Guyane où l'immigration est en quelque sorte décorrélée du fait racial puisque ce sont des gens ethniquement semblables en fait qui s'opposent à l'immigration des gens qui le ressent parce qu'en fait ils ont peur d'être submergés et donc Jean-Luc Mélenchon était en Guyane il est obligé de l'entendre et de se dissocier justement du sans-frontiérisme de l'extrême-gauche qui fait très peu recettes dans le reste des confettis de l'ex-empire français c'est-à-dire à la Guyane Mayotte etc ton discours il est quasiment inentendable je ne sais pas moi

46:26
Anasse Kazib

qui l'a vu en tout cas moi pour avoir déjà discuté avec des militants guyanais en fait qui dénoncent l'extraction orifère ou qui dénoncent en fait la manne qui t'expliquent que l'ensemble des terres en fait de la Guyane elles appartiennent à l'état français en fait et au grand groupe capitaliste et que le Guyanais en fait pour ne serait-ce qu'être propriétaire d'une baraque il ne peut même pas qu'au final la question du développement des salaires enfin les béquets etc en Guadeloupe et autres voir comment en fait même les parce que c'est des anciennes colonies c'est maintenant aujourd'hui ce sont des départements mais c'est des anciennes colonies en fait françaises dans lesquelles aujourd'hui d'une autre manière la France a continué à perpétuer sa domination de classe même quand l'Algérie n'était plus française l'Algérie continuait à gérer par exemple les ports algériens continuait à récupérer du gaz algérien gratuitement continuait à businesser etc c'est à dire qu'au final il y a énormément de choses après que les gens de prime abord en fait soient conservateurs par moment je peux l'entendre tu vois ce que je veux dire mais je pense qu'on doit discuter avec quelque chose qui est entendable et qui est réel c'est à dire que on n'a pas envie soi-même d'être empêché de pouvoir se déplacer dans la planète et pourquoi on comprendrait à l'inverse qu'on empêche des personnes aussi de vivre les gens ils fuient aussi la misère c'est à dire qu'on entend que Bernard Arnault ou je ne sais quel milliardaire en fait il fuit le fisc il fuit la France pour ne pas payer d'impôts qu'un tennisman ou je ne sais qui en fait il fuit la France pour ne pas payer d'impôts par contre quelqu'un qui fuit la guerre la misère etc le choc climatique en fait on ne comprend pas pourquoi il essaye de sauver sa famille c'est le minimum tu vois même quand on a entendu par exemple la question des Syriens la question des Libanais etc de tous ces peuples en fait qui ont fui par moment des moments de guerre ils vont dans les pays limitrophes en fait parce qu'ils n'ont qu'un seul espoir c'est de retourner en fait chez eux quand tu vois par exemple la Jordanie ou à l'époque l'Irak etc en fait c'était les pays qui accueillaient le plus de réfugiés en fait des pays limitrophes c'est pas vrai que les gens les afghans par exemple sont massivement dans les pays autour au Pakistan et autres ils ne viennent pas il n'y a qu'une poignée infime en fait qui vient en France et je t'assure moi quand je vois j'étais cet été au Maroc à Marrakech moi j'ai énormément de peine et de souffrance de voir ces africains nos frères et soeurs qui viennent du Bénin qui viennent du Cameroun de Côte d'Ivoire et autres qui font la Manche dans les feux rouges au Maroc et quand tu les interroges tu leur dis tu veux aller où je t'assure que c'est fini ils ne parlent plus de la France ils te parlent de l'Allemagne ils te parlent de l'Angleterre ils te parlent de la Belgique mais ils disent la France est finie ils disent on a eu des amis qui sont venus en France ils vivent dehors ou bien ils ont fini toxicomanes ou etc etc tu vois ce que je veux dire et qu'au final la France aujourd'hui à l'échelle internationale apparaît comme un pays de plus en plus réactionnaire en fait de plus en plus xénophobe et c'est assez incroyable en fait que même les gens qui fuient la misère ils préfèrent aller partout sauf en France tu vois et je pense que nous on doit au contraire porter un discours qui ne soit pas un discours réacte pas un discours souverainiste et nationaliste mais qui soit un discours de solidarité en fait internationale d'entraide en fait entre les peuples et d'aide en fait face à la misère et aux catastrophes qui nous arrivent qu'elles soient sanitaires écologiques ou économiques

49:42
Présentateur

alors bon ce week-end il y avait Bernard Friot et Frédéric Lordon qui ont fait une émission aux médias qui a été diffusée que tu peux regarder je l'ai regardé un petit peu et justement en fait ils parlaient de la théologie en fait d'une sorte de de religion communiste donc à un moment donné toutes les luttes mondiales créeront une sorte d'apothéose globale parce que même si on considère qu'on peut obtenir des percées révolutionnaires mais qu'il n'y aura pas une sorte d'alignement des étoiles à un moment donné il y aura des pays révolutionnaires et ces pays devront défendre leur modèle notamment défendre leurs frontières et on n'en sortira pas et ce qui est intéressant c'est pas ma vision ce qui est intéressant c'est qu'il parle du déjà là Bernard Friot il parle du déjà là des institutions communistes à travers la sécurité sociale le statut des fonctionnaires et on se dit bon voilà c'est par les institutions qu'on peut quand même continuer à mener le combat et pour cela il faut que le cadre national soit libre par exemple aujourd'hui des facteurs comme l'Union Européenne limitent en fait des capacités révolutionnaires d'un pays et donc la souveraineté le souverainisme entre guillemets qui est complètement décorrelé du nationalisme peut se justifier comme ça

50:59
Anasse Kazib

Moi personnellement je pense que la polémique par exemple sur cette publicité du Conseil de l'Europe en fait a montré que c'est pas la Lituanie ou je sais pas quoi ou quel pays autre de l'Europe en fait qui met la pression sur la France on voit que la France lorsqu'elle veut mettre la pression sur l'Europe elle est en grande capacité de le faire je pense pas que ce soit les présidents ou les gouvernements non mais déjà il faut dire la vérité c'est à dire que moi je suis opposé au Frexit d'accord mais je suis opposé à une union européenne de la puissance de l'argent et des classes dominantes c'est à dire que il faut sortir des traités en fait européens notamment qui sont les plus liberticides en fait et qui empêchent toute émancipation notamment des exploités et des opprimés moi je suis pour une Europe des travailleuses et des travailleurs en fait je pense que c'est à travers l'union moi mon frère il est polonais il est slovène il est sénégalais il est camerounais mon frère c'est pas Bernard Arnault parce qu'il a une pièce d'identité où il a écrit république française en fait dans sa poche parce que lui il veut il veut mon exploitation il veut continuer à m'opprimer tu vois ce que je veux dire c'est à dire que le souverainisme en fait qui vise à se replier en fait de penser que c'est l'union européenne qui dit à Emmanuel Macron tu vas ouvrir à la concurrence à la SNCF tu vas faire telle et telle chose etc pour avoir des subventions il va falloir licencier il va falloir mettre des comment dire des réformes austéritaires et autres je n'y crois pas une seule seconde d'accord moi là dessus je n'y crois pas une seule seconde après sur ce que tu disais sur Friot et autres c'est pas ma vision en fait du communisme en tout cas moi le communisme après ça c'est un grand désaccord avec ce qu'a été le stalinisme c'est à dire de faire croire qu'il est possible d'avoir le socialisme dans un seul pays comme on disait c'est à dire que la Russie était déjà sous le communisme alors que ça n'a jamais été le communisme ce n'est pas ça le communisme mais il y a une volonté aussi parfois de faire croire qu'il est possible et on peut être autosuffisant dans un pays non commencer par un pays oui mais on commencera toujours par un pays moi je n'ai jamais dit j'ai jamais eu l'utopie en fait de penser c'est comme qu'est-ce qu'on dit quand on vient dans ton plateau en disant le moment des grèves on espère la grève générale on espère la généralisation de la grève de la même manière en fait lorsque tu auras et je l'espère le plus rapidement possible des sursauts révolutionnaires et des moments révolutionnaires dans un pays ce qu'on espère tous c'est la contagion en fait c'est la généralisation de ça et le parti bolchevique lorsqu'il a mené par exemple la révolution de 1917 pour évoquer cet élément fort de l'histoire son souhait c'était d'essayer d'aider ce qui se passait en Allemagne d'aider Rosa Luxembourg etc de faire en sorte qu'il y ait une contagion et c'était pareil le moment où il y a eu la révolution chinoise Trotsky qui par exemple était exilé écrivait énormément en fait sur la possibilité que pouvait avoir la révolution chinoise et l'écho que ça pouvait avoir à l'échelle internationale il y a toujours eu une bataille pourquoi il y a des contre-révolutions c'est parce qu'on t'empêche en fait que ton modèle social que t'essayes de développer de partage etc puisse exister en fait qu'on explique aux gens qu'il y a autre chose que le capitalisme et de fait l'internationalisme c'est aussi lutter dans un système mondialisé en fait où au final tu ne peux pas vivre dans un seul pays avec l'ensemble des denrées en fait c'est impossible c'est-à-dire que ce n'est pas possible de pouvoir en France comment on ferait si demain il y a un gouvernement des travailleuses et des travailleurs on va avoir besoin d'avoir de récupérer des matières qui n'existent pas en France tu vois ce que je veux dire et comment on fait face c'est un long débat

54:30
Présentateur

c'est un long débat on va continuer alors on finit le zap politique avec un dernier sujet la rencontre Hollande-Hidalgo au salon du livre de Brive Hidalgo se faisant un peu adoubé par l'ancien président de la République

54:45
Locuteur non identifié

Anne Hidalgo est non seulement coincée dans les très fonds des sondages mais il y a une question lancinante autour du maintien de sa candidature c'est-à-dire que certains se demandent est-ce qu'elle va vraiment tenir jusqu'au premier tour de la présidentielle est-ce qu'il y aura un bulletin Hidalgo sur les tables des bureaux de vote elle a répondu tout à l'heure qu'il y aura bien un bulletin Hidalgo mais la question existe et d'une certaine manière elle a besoin de montrer l'unité de la famille socialiste et c'est vrai qu'au début de sa pré-campagne elle a rentré elle avait fait un discours où elle avait cité des grands socialistes elle avait cité Blum, Jaurès, Mitterrand Jospin et elle n'avait pas cité François Hollande alors qu'il a été élu président de la République Jospin a perdu deux fois la présidentielle et du coup ça a été perçu comme une mauvaise manière et tout ça avait nourri une forme de ressentiment elle essaie de reconstruire quelque chose une image d'unité du Parti Socialiste et on comprend aussi l'intérêt de François Hollande qui a été malmené pendant son mandat par des frondeurs il peut souligner qu'il y avait un certain de frondeurs qui sont proches d'Anne Hidalgo et qui a été malmené depuis sa non-candidature en 2017 par un certain de responsables de gauche y compris au PS qui mettait sur lui sur son échec supposé à l'Elysée la responsabilité de la chute du Parti Socialiste en 2017 et d'une certaine manière il vient montrer aussi qu'il est indispensable pour une candidate socialiste

56:03
Présentateur

François Hollande l'éternel retour est-ce qu'il est le responsable de l'affaiblissement de la gauche institutionnelle dont tu ne fais pas partie ou alors il n'est que le symptôme d'un mal plus profond ?

56:21
Anasse Kazib

Moi je pense qu'à un moment donné les choses se révèlent au fur et à mesure on disait avec l'élection de Macron c'était notamment cette fameuse crise du bipartisme en fait de la gérance des affaires de l'État entre un coup la gauche un coup la droite

56:36
Présentateur

entre le PS et l'UMP

56:38
Anasse Kazib

ou le RPR à l'époque mais enfin bon après moi je ne pense pas une seule seconde que Hollande reviendra enfin de toute façon même s'il avait envie de revenir grand bien lui fasse mais il n'aurait strictement aucune chance les gens ont appris en fait de ce qu'a été le Parti Socialiste les gens le disent social traître quand on parle du PS on parle de social traître en fait de gens qui ont fait leur beurre sur les classes populaires qui sont venus dans des piquets à Goudir à Florange etc qui ont fait plein d'annonces à phraseologie socialiste et qui au final ont fait au gouvernement en fait parfois même mieux que la droite tu vois mieux pour les patrons pour les patrons pour aussi le secteur le plus réactionnaire lorsque tu poses la question de la déchéance de nationalité etc enfin à un moment donné c'est quand même assez lourd de faire croire que ces gens là en fait ont été un jour de gauche moi j'ai jamais considéré personnellement que le Parti Socialiste est de gauche et je pense pas qu'Hidalgo des fois ça me fait rire en fait je reçois des messages des gens qui disent Anas il faut faire l'union derrière avec Hidalgo Jadot etc Montebourg enfin quand on voit ce qu'a dit Montebourg quand on voit ce qu'a dit Jadot sur la COP26 quand on voit ce qu'est Hidalgo ce qu'elle fait ici à Paris en tant que maire enfin on a même pas besoin de voir ce qu'elle ferait à la tête du pays il n'y a qu'à regarder ce qu'elle fait à Paris elle met des pierres pour chasser les migrants les réfugiés elle met des pierres partout en fait pour les empêcher de poser une tente en fait ces gens là ils participent lorsqu'on lacère des tentes place de la République lorsqu'on fait en sorte c'est pas elle mais t'inquiète pas qu'elle est complice aussi de tout ça elle pourrait permettre que ces gens là ils soient logés elle pourrait permettre énormément de choses et ils participent de la même manière en fait à cette politique là enfin Hidalgo a accueilli a été une des premières à accueillir Emmanuel Macron à la mairie de Paris à se féliciter de son élection etc enfin voilà donc ces gens là qu'elle soit adoubée par Hollande ou que Hollande demain se mette pour moi ça change ça change rien du tout le problème il est beaucoup plus profond et que les classes populaires aujourd'hui en grande majorité elles n'ont pas de candidats les classes populaires en grande majorité elles n'ont pas de candidats leur candidat c'est l'abstentionnisme en fait c'est de ne pas voter c'est de boycotter en fait tout ça

58:53
Présentateur

ah bon bref c'est une bonne transition pour parler de ta proposition politique puisque celui-ci que les classes populaires n'ont pas de candidats je le rappelle Alain Skazib tu es animateur de révolution permanente une ancienne tendance du NPA qui s'est autonomisée tu es aussi un cheminot fils de Chibani donc c'est-à-dire un travailleur ouvrier immigré de la SNCF tu es candidat à l'élection présidentielle de 2022 alors par esprit de provocation nous avons titré un ouvrier fils d'immigré à l'Elysée mais en réalité tu ne vas pas aux yeux dans l'espoir de gagner si j'ai bien compris

59:27
Anasse Kazib

je n'ai pas pour l'instant je n'ai pas d'espoir ou pas espoir c'est pas ma préoccupation pour l'instant elle n'est pas de me dire est-ce que je vais être président de la République ce n'est pas notre stratégie en tout cas ce n'est pas notre façon de faire nous on est extra-parlementaire c'est-à-dire qu'on considère que ce n'est pas à travers l'institution présidentielle qu'on va changer les choses ce n'est pas à travers le parlementarisme qu'on va changer les choses mais vous faites quoi alors vous trollez la présidentielle ?

c'est la présidentielle qui nous troll au quotidien moi je considère moi je troll rien du tout moi je travaille au quotidien les gens autour de moi ils travaillent au quotidien c'est eux qui font tourner la machine pendant que la plupart des patrons sinon tous les patrons et les cadres supérieurs et autres de la défense de la finance du CAC 40 et autres étaient confinés chez eux nous on travaillait c'est nous qui avons fait vivre le pays en fait il n'y a pas de président qui m'a tapé sur l'épaule qui m'a dit bravo pour ce que tu fais ou quoi que ce soit tu vois ce que je veux dire c'est-à-dire que c'est eux qui trollent pour reprendre ton expression c'est la présidentielle qui troll en réalité la classe ouvrière qui essaye de la discipliner qui essaye de la domestiquer en fait et moi je pense que

1:00:34
Présentateur

mais en te soumettant justement au rituel de la présidentielle en mettant l'énergie de tes camarades dont justement le défi des 500 signatures 500 parrainages est-ce que finalement tu ne te soumets pas à ce trolling ou à ce trollage donc non

1:00:49
Anasse Kazib

moi je ne pense pas qu'on se soumet en tout cas enfin on n'est pas on n'est pas gauchiste dans le sens où on considérerait qu'il faudrait fermer les yeux et que tout ça n'existe pas enfin il faut qu'on le veuille ou non

1:00:59
Présentateur

c'est gauchiste dans une limite quoi

1:01:00
Anasse Kazib

non mais on fait de la politique de gauche et on l'assume de la politique révolutionnaire mais avec aussi en lecture le fait qu'aujourd'hui le système institutionnel en fait je ne sais pas par exemple les syndicats on peut considérer que c'est institutionnel tu vois ce que je veux dire c'est dans le cadre c'est régi par des accords d'entreprise par du dialogue social etc avant de poser ton préavis de grève il faut que tu demandes la permission au patron à telle période c'est institutionnel mais pourquoi en fait on est syndicaliste en fait moi je suis syndicaliste je lutte immédiatement j'essaie de voir comment je peux défendre mes collègues essayer de défendre les intérêts le plus le immédiat mais avec aussi l'esprit d'être un syndicaliste qui est un militant révolutionnaire avec l'esprit d'en finir en fait avec ce système là en fait d'arrêter systématiquement tous les 6 mois de faire 2 mois de grève en fait pour dire juste touche pas à mes acquis et de la même manière mais tu attends quoi

1:01:50
Présentateur

la présidentielle c'est à dire tu attends quoi d'avoir 2%, 5%, 10% de passer à la télé de te faire entendre de développer de représenter les travailleurs c'est quoi le cœur du projet

1:02:03
Anasse Kazib

le cœur du projet il est déjà de dire la vérité comme je l'ai dit c'est d'avoir bien sûr la présidentielle c'est une tribune non tu demandes pour le chance de voter pour toi si je demande aux gens de voter pour moi en fait plus il y aura de personnes qui vont voter et plus la pression sera forte tu vois ce que je veux dire on s'exclut de rien du tout en fait dans cette campagne dans cette campagne présidentielle dans le sens où on considère qu'aujourd'hui il y a un tel ras-le-bol il y a une telle fuite en fait de cette institution où les gens en fait s'abstiennent considèrent que ce n'est pas ça qui va changer qu'au final moi je vois les gens qui me soutiennent et qui disent moi j'ai jamais voté où ça fait 10 ans ou 20 ans j'ai pas voté mais avec ta candidature en fait je sais que je vais retourner aux urnes ça veut dire quelque chose et notamment les maires qui me parrainent aujourd'hui sont conscients en fait que le visage d'un ouvrier issu de l'immigration et qui a 34 ans je suis jeune aussi tu vois ce que je veux dire j'ai pas 20 piges mais je suis pas je suis pas un gars ça fait 40 ans qu'il est dans le dans le sérail politique en fait tu vois ce que je veux dire c'est à dire que 80% de mes camarades c'est des étudiantes et des étudiants en fait ce sont des jeunes qui vont à la recherche de ces parrainages là et ça met un vent d'air frais en fait la volonté c'est d'essayer de revenir avec une ligne qui est une ligne révolutionnaire clairement en fait qui arrête les alliances avec la gauche institutionnelle etc c'est notamment une des critiques qu'on faisait à l'époque du NPA enfin faut pas oublier faut pas oublier que par exemple faut pas oublier que Philippe Poutou enfin avant maintenant il dit qu'il critique Mélenchon etc mais je suis désolé il était bien content d'avoir Mélenchon et la France Insoumise avec lui en Nouvelle-Aquitaine pour faire la liste enfin il y avait Prud'homme Loïc Prud'homme qui était avec lui à un moment donné dans un meeting et Loïc Prud'homme il lui a dit moi je m'en rappellerai toujours de cette phrase parce qu'à l'époque j'étais au NPA et j'avais pesté là-dessus où Loïc Prud'homme lui dit ouais la révolution par les urnes et Philippe Poutou il dit ouais pas que pas que la révolution par les urnes mais à un moment donné moi je suis contre ça en fait je suis contre le fait de ne pas incarner quelque chose qui soit de notre tradition moi je suis communiste révolutionnaire c'est-à-dire que ça veut dire quelque chose ça veut dire que notre projet de société il n'est pas que de lentilles il n'est pas que par la négative c'est-à-dire que on lutte contre un système mais pour proposer quelque chose qui est différent moi je pense que c'est utopique aujourd'hui de considérer que dans une société dans laquelle il y a 6 millions et demi de chômeurs 10 millions de personnes qui vivent sous le seuil de pauvreté plus de 300 000 SDF ça c'est que pour citer la France avec des crises climatiques à répétition des sécheresses des incendies et autres plus les crises sanitaires les crises politiques considérer que ce système-là il est viable encore sur 10 ans 15 ans 20 ans 30 ans je pense qu'on considérait que les révolutionnaires étaient des utopistes mais moi je considère que ce sont les libéraux c'est la bourgeoisie en fait qui est utopiste à croire que en fait les gens vont considérer que ce système il est viable la preuve tout à l'heure je te parlais des Etats-Unis mais à un moment donné ça interroge personne ça que t'es 20 millions d'Américains qui démissionnent ça interroge personne qu'au régional t'es 80% de la population qui vote pas

1:05:04
Présentateur

on revient à la question de la stratégie en fait tu dis qu'en gros votre stratégie n'est pas électorale mais donc il y a la gauche institutionnelle qui est dans son couloir la gauche institutionnelle qui n'est pas forcément une gauche vendue puisque tu dis que les syndicats font partie des institutions aussi donc les partis politiques de gauche institutionnelle sont dans leur couloir et en fait quelque part des candidatures comme la tienne qui ne cherchent pas finalement à avoir le pouvoir qui ne partagent pas cette stratégie peuvent donner l'impression de participer du syndrome Taubira 2002 ou Hamon 2017 c'est-à-dire peut-être qu'on ne croit pas à la révolution par les urnes mais est-ce que finalement quelque part on ne joue pas le jeu de ceux qui sont pour le maintien du statu quo par les urnes en grappillant des voix à ceux qui veulent la révolution par les urnes

1:05:50
Anasse Kazib

La réalité c'est qu'on va avoir l'urgence de construire une organisation révolutionnaire très rapidement en fait l'idée elle est aussi non pas de considérer que c'est à travers les urnes on ne va pas disparaître en fait c'est-à-dire que lorsqu'on dit que notre colonne vertébrale elle est pas elle est extra-parlementaire ça veut dire que nous on ne vit pas qu'à travers les moments d'élection en fait c'est-à-dire que tous les 5 ans peu importe l'élection par exemple

1:06:15
Présentateur

la France insoumise qui fait partie de la gauche institutionnelle on ne peut pas dire qu'elle ne vit que pendant les périodes électorales elle vit de quoi alors elle vit de l'opposition non mais ses militants et ses élus sont dans les luttes sociales aussi

1:06:27
Anasse Kazib

ils viennent les soutenir certains viennent les soutenir il y a des militants aussi mais il n'y a aucune organisation la volonté de la France insoumise enfin c'est pas la révolution la France insoumise est-ce qu'on peut s'accorder pour dire que que Mélenchon je ne sais pas c'est pas une insulte enfin moi je ne le dis pas en insulte il faut le dire en vérité Mélenchon revendique Mitterrand il est mitterrandien un de ses meilleurs amis c'était Dassault dont tu parlais tout à l'heure sur la une de je ne sais pas quel journal en fait à un moment donné on a le droit de le dire que c'est quelqu'un qui ça fait plus de 50 ans qu'il est en politique et que le but il n'est même pas anticapitaliste lui-même dit qu'il n'est pas anticapitaliste il dit que le rapport de force c'est lui il avait fait une interview sur France Info en disant que si les gens ils veulent la fin du système capitaliste qu'ils votent à l'extrême gauche mais la réalité enfin ça on peut le dire après est-ce que moi je considère que c'est ça dont on a besoin en fait aujourd'hui face à tout ce qui est en train de se passer moi je considère que non on a besoin d'une stratégie qui soit une stratégie révolutionnaire et que le système institutionnel de la présidentielle est aussi un moment dans lequel on peut faire porter des idées et essayer de porter quelque chose d'autre en fait de dire la vérité moi je pense que l'incarnation d'un programme est très importante aussi parce que ce n'est pas la même chose en fait d'avoir un programme qui serait porté par telle ou telle personne que d'avoir un programme révolutionnaire qui soit dans la période enfin avec la montée de Zemmour avec la montée des idées réactionnaires avec les tonnes d'insultes racistes de menaces de mort enfin il y a quoi il y a quoi de plus subversif en fait que de mettre dans la présidentielle un ouvrier issu de l'immigration les conséquences que ça peut avoir aussi à l'échelle internationale ils sont conscients en fait pourquoi je me mange autant de menaces de mort et d'attaques c'est parce qu'ils savent ce que ça veut dire politiquement ils connaissent mon discours ils savent qu'est-ce qu'on porte comme idée ils savent qu'on veut porter une idée d'un programme révolutionnaire d'une société communiste en fait et que cette incarnation-là par rapport à quelqu'un qui est issu de l'immigration qui est racisé mais ils savent que ça peut avoir des conséquences importantes au-delà même des frontières mais également au sein de la France et notamment dans des secteurs importants qui sont ceux des quartiers populaires pourquoi on va dire par exemple qu'Anas dans Marianne parce que Marianne adore en fait parler de moi tu vois ils vont dire Anas c'est le marxiste qui s'acoquine avec les décoloniaux parce qu'en fait pour eux le marxisme c'était celui qui lutte que contre la réforme des retraites le moment où en fait tu dénonces les oppressions raciales t'es un décolonial le moment où tu dénonces les oppressions et les violences sexistes et sexuelles faites aux femmes t'es un woke tu vois ce que je veux dire c'est-à-dire qu'en fait le vrai marxisme pour eux dans leur idée c'est celui qui se préoccupe que de la fiche de paye et moi je viens avec cette envie de porter un discours qui soit combiné qui dénonce la question de l'urgence sociale à travers la question de l'économie des salaires et autres mais aussi la fin en fait des oppressions qu'elles soient raciales qu'elles soient patriarcales je sais pas moi dans quel meeting de la présidentielle enfin j'invite celles et ceux qui peuvent regarder sur Youtube sur notre chaîne Révolution Permanente le meeting du 20 octobre qu'on a fait dans quel meeting de présidentielle t'as des travailleurs précaires de honnêtes qui ont fait 45 jours de grève t'as Assa Traoré t'as Sacha qui est une militante féministe trans du média XY en fait t'as des salariés de transdèves en grève dans quel présidentielle en fait dans quel meeting de candidats on a ça et nous c'est tout ça qu'on a envie d'incarner d'essayer de porter cette nouvelle génération et cette envie de cristalliser politiquement toutes les luttes qui ont émergé en fait de la dernière séquence et d'essayer de porter en fait dans cette candidature dans cette présidentielle un autre programme un autre projet qui soit pas un projet réactionnaire en fait comme est en train de le faire Zemmour Macron ou autre mais un projet qui aussi chamboule l'échiquier retourne la table définitivement et qui est déterminé et conscient en fait des étapes et des enjeux qui va y avoir et que ça va pas se faire qu'à travers la présidentielle mais ça va se faire aussi à travers un processus révolutionnaire un processus de lutte de classe et c'est ce qu'on vient de dire

1:10:25
Présentateur

question comptable

1:10:26
Anasse Kazib

est-ce que tu penses que tu auras tes 500 signatures ? Est-ce que je pense j'espère en tout cas là on est à je crois 3-4 je crois de 150 parrainages mais je pense qu'on va avoir les 150 soit dans les prochains jours

1:10:41
Présentateur

mais qu'est-ce qui remonte du terrain justement en fait quelque part c'est aussi aller à la rencontre de la France j'ai lu un reportage dans Mediapart où tes camarades étaient partis dans les Ardennes à Charleville-Mézières où je suis

1:10:53
Anasse Kazib

j'ai été moi-même en Normandie je suis parti en Normandie la semaine dernière

1:10:56
Présentateur

qu'est-ce qui remonte du pays ?

1:10:58
Anasse Kazib

qu'est-ce qui remonte du pays en tout cas des maires qu'on voit il y a déjà on voit que c'est la confirmation de l'approfondissement de la crise politique moi je dis parce qu'on a des maires qui déjà c'est assez intéressant quand tu vas voir un maire il te dit moi je suis apolitique tu vois il te dit moi je suis apolitique j'ai pas d'étiquette etc en fait ça te montre déjà que c'est là où on se rejoint c'est qu'ils sont opposés au professionnalisme en fait de la politique c'est-à-dire que nous on va avoir des ouvriers des paysans et autres c'est-à-dire qu'on parle déjà le même langage et que ce que nous on porte leur parle énormément et de voir aussi cette jeunesse après c'est un processus c'est un processus totalement antidémocratique on arrive à 150 parrainages

1:11:36
Présentateur

tu dis que vous parlez à des maires ouvriers et paysans mais vous faites retoquer par ces ouvriers et par ces paysans aussi c'est-à-dire retoquer c'est-à-dire qu'ils refusent

1:11:44
Anasse Kazib

de vous parrainer ah oui c'est un parrainage un parrainage sur 25 pourquoi parce que en fait déjà le processus des 500 signatures il faut savoir avant c'était 100 quand est-ce que c'est passé à 500 c'est passé à 500 avec Coluche en fait après la candidature de Coluche ils ont multiplié non pas par 2 ou 3 ils ont multiplié par 5 et maintenant c'est 500 parrainages dans 30 départements différents et depuis la réforme institutionnelle de 2017 c'est public au journal officiel c'est-à-dire tu comprends pour des maires qui te disent moi écoute j'adore ce que tu fais je te soutiens etc mais je peux pas te parrainer parce que si je te parraine en fait les subventions que j'attends pour refaire la route à côté que c'est Xavier Bertrand qui va me donner si Xavier Bertrand il sait que je ne parraine pas et que je parraine au contraire à Nascazib il va me couper les vivres c'est pareil aussi pour des maires qui vont avoir peur de leur réélection même si c'est des petits maires certains craignent aussi d'être réélus et ils se disent mais j'ai quel intérêt à parrainer à Nascazib tu vois ce que je veux dire entre guillemets ça peut être que des emmerdes pour moi tu vois ce que je veux dire parce que derrière et le gars il va pas m'aider il va pas me donner des subventions en plus je vais me retrouver peut-être avec des concitoyens qui vont me dire ah mais pourquoi t'as pas parrainé Zemmour pourquoi t'as pas parrainé Le Pen etc et du coup et ben malheureusement en 2017 par exemple t'avais plus de 67% des maires j'étais pas candidat mais en 2017 67% des maires qui n'avaient parrainé personne aucun candidat et aujourd'hui ce n'est même pas une histoire que de la candidature d'Anna Skazib c'est que la grande majorité des maires se refusent en fait à utiliser leur pouvoir démocratique pour permettre à un candidat de venir et de se déplacer nous on est on est parfois je t'assure dans des discussions pendant une heure et demie avec un maire avec lequel t'es totalement d'accord mais qui est tétanisé en fait parce qu'il a peur que ça se retourne contre lui j'ai fait la Normandie le gars il te dit moi je déteste Macron mais je vous explique ici c'est un fief macroniste parce qu'Edouard Philippe tient toutes les mairies avec la main il vient voir les maires et il vient tous s'assurer et en me racontant qu'ils avaient fait une réunion avec tous les maires et qu'Edouard Philippe leur a dit en 2022 il faut donner votre parrainage à Emmanuel Macron donc tu comprends moi je ne suis pas Emmanuel Macron tu vois ce que je veux dire mais pour le petit maire les parrainages c'est un système antidémocratique bien sûr mais profondément profondément mais pour autant est-ce qu'on joue le jeu à fond on pense et on espère pouvoir les avoir en tout cas on est dans une bonne lancée et sinon on ne le ferait pas si on considérait une seule seconde qu'il était impossible d'avoir les 500 parrainages on ne ferait pas autant d'efforts c'est énormément d'énergie dépensée à ne pas faire autre chose d'accord il faut savoir que ça repose

1:14:20
Présentateur

à ne pas être sur le terrain

1:14:21
Anasse Kazib

à ne pas être sur le terrain j'ai des camarades qui n'ont pas eu un jour de repos d'accord qui n'ont pas eu un jour de repos depuis le mois de juillet pas un jour de congé pas de vacances etc c'est sur tout le peu de temps libre qu'on peut avoir et c'est sur uniquement nos financements et c'est pour ça que toutes celles et ceux qui se retrouvent en fait dans ma candidature qui ont envie de me soutenir qui ont envie de faire en sorte qu'on soit là parce que j'ai beaucoup de soutien je remercie énormément les gens qui trouvent qu'en ma candidature il y a quelque chose de nouveau en fait un vent de fraîcheur

1:14:50
Présentateur

et pratiquement justement le soutien comment ?

1:14:52
Anasse Kazib

il y a le www.anascazip2022.fr c'est le site internet de campagne il y a une rubrique très bien faite où les gens peuvent participer on va lancer des comités de soutien et pour que les gens se saisissent moi je dis c'est pas ma candidature elle appartient à tout le monde en fait c'est à toutes celles et ceux qui ne sont pas obligés d'être militants de révolution permanente ne sont pas obligés d'être trotskistes ne sont pas obligés d'être militants révolutionnaires mais qui s'ils considèrent que cette candidature elle doit être là sur la ligne de départ en fait face à Zemmour face à Macron en fait d'essayer de les coucher aussi sur les plateaux télé dans les débats d'essayer de porter un autre discours en fait combatif et aussi clair parce que franchement on a taffé la question de la réforme des retraites parfois jusqu'aux derniers euros les financements la question des salaires on a bossé énormément de questions autour de la question de l'écologie du contrôle ouvrier je t'ai venu d'ailleurs discuter ici avec Rémi de tout ce qu'on pourrait faire au niveau des transports gratuits au niveau de l'énergie avec mes camarades raffineurs et autres c'est à dire qu'on a un programme qui est vraiment solide et bien fait et si les gens en fait se retrouvent là-dedans et qu'ils ont envie de soutenir qu'ils ont envie de faire des réunions publiques faire connaître le programme tracter faire de la diff aller chercher des parrainages c'est avec grand plaisir nous on ça va pas en tout cas reposer sur nos petits bras musclés ça va pas reposer que sur nous si les gens ils veulent qu'Anas Kazib soit là à la présidentielle et bien ça va passer par cette vieille formule bien connue de l'union fait la force et on a besoin du plus de monde possible pour nous aider

1:16:15
Présentateur

la dernière question la question du racisme comment tu survis dans cette atmosphère irrespirable quand même qui t'est imposée on voit tout ce que tu reçois comme attaque notamment quand tu parles du drapeau rouge on te rappelle que t'es un fils d'immigré alors que bon c'est une tradition qui est commune en fait à la gauche à la partie de la gauche à laquelle tu appartiennes

1:16:37
Anasse Kazib

comment tu le vis ?

même quand t'es originaire du Maroc en fait on veut t'interdire d'être communiste on veut t'interdire de dire que ton drapeau il est rouge d'ailleurs j'invite celles et ceux qui regardent l'émission à lire cet article de Kautar Archi dans la position revue en fait qui est sortie ce week-end où elle dresse un bilan que je partage énormément en fait sur la question de la gauche et sur le rapport notamment des militants racisés comme moi en fait face à à ces attaques racistes en fait d'essayer de nous cantonner systématiquement aux origines dont on est issus en fait c'est-à-dire qu'on est légitimes en rien en fait c'est-à-dire que quand on est un syndicaliste on est un islamiste quand on est militant politique on est un islamiste etc c'est-à-dire qu'on est on est tout le temps des mauvais en fait et même parfois même dans la gauche ça arrange aussi certaines et certains parce que très sincèrement j'ai eu quelques soutiens mais j'ai peu de soutiens en fait des des grandes figures en fait de la gauche syndicale et politique tu vois moi je te dis très sincèrement enfin je sais pas moi quelqu'un j'aime pas citer mais allez Martinez ou je ne sais pas qui ou Berger ou n'importe quel dirigeant syndical en fait il s'est pas dit attends on est en train de menacer il y a quelqu'un qui a dit il veut me pendre avec le drapeau bleu blanc rouge il veut m'ouvrir il veut m'ouvrir le ventre et il veut violer mes enfants tu vois ce que je veux dire tu mérites même pas le minimum c'est-à-dire un tweet un soutien d'un dirigeant d'un dirigeant du mouvement ouvrier ou de la gauche institutionnelle ou de candidats etc la seule candidate qui a condamné c'est Nathalie Arthaud par exemple de lutte ouvrière les autres candidats n'ont pas condamné il y a eu quelques communiqués mais il y en a qui n'ont pas fait le moindre tweet en fait tu vois ce que je veux dire c'est-à-dire que ça veut dire quelque chose de profond en fait et dangereux c'est-à-dire que quand on laisse un candidat à la présidentielle un militant ouvrier etc qui est en plus issu de l'immigration qui mange des menaces de mort des insultes en fait et qu'on le laisse sans le protéger sans s'insurger vis-à-vis de ce qu'il a ne serait-ce que par par soutien démocratique tu vois ce que je veux dire t'es pas obligé je te demande pas de voter pour moi la présidentielle ou même si t'es un candidat un autre candidat mais le minimum c'est de soutenir face à l'extrême droite face aux menaces et autres de soutenir quelqu'un et malheureusement il y en a peu mais pour revenir au centre de ce que tu disais bah comment on le vit moi je c'est pas ni je le vis bien ni je le vis mal enfin c'est pas mon positionnement je trouve que c'est ignoble de se dire qu'en fait tu te manges des menaces et des insultes des fois on te dit ouais mais c'est normal Anast tu t'es mis dans dans la présidentielle moi je suis désolé moi j'ai jamais vu Arlette Laguillet réémigration tu vois j'ai jamais vu Jean-Luc Mélenchon réémigration c'est pas vrai en fait faut arrêter de faire croire aux gens que parce que t'es candidat à la présidentielle en fait ça fait partie du folklore en fait des menaces de mort des menaces de réémigration non c'est pas vrai c'est parce que ma candidature en fait elle dérange énormément l'extrême droite Hanouna lorsque j'étais sur le plateau il disait est-ce que c'est vous la candidature anti-Zemmour et je trouvais que ça ça sonnait bien je trouvais que ça voulait dire quelque chose d'être la candidature anti-Zemmour et je considère que oui quand je vois que tous les partisans de Zemmour ce qu'ils essayent de mettre dans la gueule je vois très bien en fait que le discours que je peux porter peut faire énormément mal en fait à l'extrême droite parce que moi j'ai toujours défendu tous les exploités les opprimés peu importe leur religion et autres et que ça leur fait mal en fait quand les gens ils se disent mais vous êtes en train de nous dire les arabes et les noirs c'est ceci c'est cela mais on a un gars qui lui est aussi arabe et que dans les plateaux télé il dénonce la puissance de l'argent il dénonce celles et ceux qui licencient qui suppriment nos emplois qui nous précarisent en fait mais nous on a des intérêts encore plus communs avec ce gars là qui s'appelle Anas Kazib dont le grand-père est tirailleur marocain qu'avec toi là-haut qui en fait est en train de supprimer des emplois est en train de fermer par exemple pour prendre Patrick Pouyanné qui est en train de qui a fermé la raffinerie de Grand Puy en tout cas qui a mis un PSE à la raffinerie de Grand Puy qui est en train de supprimer et raser des villages entiers en Ouganda en fait pour faire passer un pipeline de plus de 1500 kilomètres les gens ils sont clairvoyants vis-à-vis de ça tu vois ce que je veux dire et moi je l'ai vu par exemple les deux ans où j'étais au Grande Gueule il y a beaucoup de monde qui lorsqu'ils me croisent en fait me dit moi j'étais plutôt de droite et quand j'ai entendu votre discours quand j'ai entendu votre combat je me suis retrouvé en fait là-dedans parce que pour une fois ça me parlait pour une fois je trouvais qu'il y avait quelqu'un qui défendait en fait les intérêts des personnes qui souffrent qui sont précaires en bas et qui fait aucune distinction entre telle et telle personne et je pense que ça c'est la pire des craintes parce que moi s'il y a Zemmour en face de moi d'une part je vais lui mettre dans la gueule tout son discours raciste xénophobe et antisémite mais je vais aussi lui mettre dans la gueule tout son programme en fait ultra libéral où le gars il veut faire travailler les gens plus ou au final il veut en finir avec les 35 heures il veut en finir avec le SMIC il veut la retraite à 65 ans etc etc tu vois ce que je veux dire et je pense que n'importe quel prolétaire qui est en galère et qui est face aux inégalités sociales parfois peut être tenté par une porte une forme de ce discours là mais lorsque tu commences à leur montrer que ces gens là en fait ils sont du côté de Fort Blancfort ils sont du côté de Whirlpool ils sont du côté du patron de Bridget Stone etc et qu'au final avec eux c'est la misère sociale aussi ces gens là ils t'écoutent et c'est aussi une bataille contre le racisme la xénophobie et la montée de l'extrême droite

1:22:06
Présentateur

merci Anas merci à toi Théo le soutien démocratique du Média merci voici la contre-matinale du Média c'est terminé pour aujourd'hui revenez ce soir à 19h pour l'instant Porsche l'émission économique hebdo de Tana Sékou et de Thomas Porcher n'oubliez pas de nous donner de la force on vous impliquera à nos côtés partagés mettez des pouces bleus et si vous pouvez participer financièrement à notre effort commun et moi je vous dis à demain ciao

1:22:31
Locuteur

ciao ciao