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InterviewLe Figaro (sur YouTube)· 29 octobre 2026 18 minComplaisantPortrait personnelÉducation & rechercheInstitutions & électionsEurope & internationalSolidarités & famille

Parcoursup : pourquoi Blanquer refuse de parler d'échec

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 60 %Attaque 20 %Défensif 20 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:00OuverteRéponse directe

    Quand vous regardez cette jeunesse dans la rue, est-ce que vous voyez d'abord une colère légitime ou surtout le symptôme de cette démocratie en crise que vous décrivez ?

  • 2:26OuverteRéponse directe

    Quel est le regard que vous portez sur les violences en manifestation et le droit à la contestation ?

  • 8:49OuverteRéponse directe

    À quoi doit-on s'attendre du côté des élections de mi-mandat aux États-Unis ?

  • 13:53OuverteRéponse directe

    Pourquoi est-ce que les politiques ont autant de mal à dire "On s'est peut-être trompé" ?

  • 16:20RelanceRéponse directe

    Parcoursup est-il une réussite ou une régression ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 4:22non_speechFait
    « C'est la première fois dans l'histoire de l'humanité que des êtres humains sont pendant plusieurs décennies en situation de paix et de démocratie. »
  • 6:59non_speechPromesse
    « Le vrai projet de société pour les jeunes aujourd'hui c'est de leur dire demain la France peut aller mieux dans les années 2030 2040 parce qu'elle va réinvestir territoire. »
  • 8:08non_speechChiffre
    « Ce sont des centaines de milliers d'emplois qui sont créés par la transformation écologique, par la réindustrialisation, par le renouveau de l'agriculture. »
  • 14:29non_speechChiffre
    « Il y avait 60 % d'échecs en fin de première année d'enseignement supérieur en 2017. C'est combien aujourd'hui ? C'est aujourd'hui c'est 50 %. »

Temps de parole

  • ?100 %

≈ 0,6 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Locuteur

Mon invité dans le Grand entretien aujourd'hui a été recteur d'académie, directeur général de l'enseignement scolaire et bien sûr ministre de l'éducation nationale de 2017 à 2022 dans la démocratie et la fureur Jean-Michel Blancard décrit des démocraties gagnées par le spectacle la défiance et l'affaiblissement du bien commun. Hors cette fureur, on la retrouve aujourd'hui en France portée notamment par une jeunesse qui réclame davantage de moyens pour l'école des professeurs remplacés des établissements rénovés une refonde parcours sup. On en a parlé l'une de vos principales réformes. Jean-Michel Blanquaire.

Quand vous regardez cette jeunesse dans la rue, est-ce que vous voyez d'abord une colère légitime ou surtout le symptôme de cette démocratie en crise que vous décrivez et que vous documentez dans votre livre ? Je vois vraiment les deux. [raclement de gorge] Je vois d'ailleurs dans les deux cas des phénomènes internationaux et mondiaux puisque dans sur le premier point, c'est-à-dire la situation de la jeunesse, il y a une angoisse de la jeunesse occidentale pour dire vite et même peut-être plus que ça puisque on voit aussi des choses dans les pays asiatiques. Une angoisse par rapport à l'avenir. Ils ont raison ces jeunes d'être angoissé par rapport à l'avenir.

Le ressenti, il faut toujours le prendre au sérieux. Euh d'un point de vue matériel, la situation n'est pas moins bonne que ce qui a pu exister dans les générations précédentes. C'est d'un point de vue c'est d'un point de vue immatériel, d'un point de vue la représentation du futur que le problème est important. C'est et nous sommes tous responsables de ça. La manière dont nous parlons de de l'avenir est quelque chose en réalité de terrifiant les uns les autres. Moi, j'essaie de de ne pas être dans cette situation, mais c'est difficile.

C'est-à-dire nous tenons nous le monde adulte en permanence des discours gris, notamment sur notre propre pays d'ailleurs et dans une sorte de cercle vicieux du pessimisme qui n'a pas toujours caractérisé la France et qui est quelque n'a pas toujours été un pays pessimiste, ça a été un grand pays optimiste, vaillant pendant des siècles. C'est que depuis un demi-siècle que nous sommes dans cette espèce de sinistrose que évidemment maintenant nous transmettons aux jeunes et et c'est ça la vraie catastrophe, c'est-à-dire de encore une fois de leur dire que l'avenir est bouché alors qu'en réalité on est dans une période de de bouleversement considérable.

Je pense en particulier à la révolution de l'intelligence artificielle, au défi de la transformation écologique ou qui va nous obliger à être combatif quand même hein. Exactement. qui avoir une forme de force intérieure qui est absolument indispensable, qu'on doit puiser dans notre civilisation et qu'on doit transmettre à nos enfants comme ça s'est passé pendant des siècles. Or, nous ne le prenons pas exactement ce chemin pour tout un tas de de raisons et donc il faut prendre à la racine le ce type de problème.

Et puis deuxième point que vous avez abordé, c'est-à-dire la crise démocratique, c'est en effet là encore aussi à une échelle au moins occidentale et si ce n'est davantage la crise des institutions. Et si vous voulez une chose qui me frappe, c'est que les démocraties s'abîment toujours quand le peuple ne croit plus dans la capacité de ses institutions à répondre à ces problèmes. Oui, parce que c'est ce que vous dites dans ce livre. Oui. Oui. Dans le livre, ce que je fais, c'est de faire ressusciter Tocville qui est un auteur majeur souvent que vous vous faites arriver dans l'Amérique de Donald Trump. Exactement. Là, c'est le choc. Et voilà.

Et donc, je fais comme si Tocville revenait de siècles plus tard et analyser les évolutions démocratiques des États-Unis. et comme Tocville dans les années 1830, comme pour lui, il s'agit de tirer des leçons non seulement pour les États-Unis, mais en réalité pour la démocratie en général. Et en fait, c'est ce une des choses que je crois pouvoir discerner, c'est que il y a un problème éternel de la démocratie qui est déjà vu par Platon et qui est qu'il y a toujours un risque que la démocratie rentre dans une contradiction énorme avec elle-même et donc finisse par la tyrannie.

par exemple sur ces manifestations, on le voit, il y a cette ce tiraillement qui est qui est là entre les violences qu'on voit dans la rue qui sont abominable et en même temps bah ce droit à la contestation, cette liberté euh constitutionnelle de manifester, de se révolter contre l'établi. Quel est le regard que vous portez là-dessus ? Bah deux choses. Le premier, c'est que il y a quand même une ligne de partage entre ce qui est bel et bon et constitutionnel et démocratique et puis ce qui est mauvais et antidémocratique. Cette ligne de partage, c'est la violence. Que ce soit sur le plan verbal ou sur le plan physique, ce qui est du bon côté, c'est la non violence.

Ce qui est du mauvais côté, c'est la violence. seul l'État a le monopole de de la violence légitime. C'est bien connu. Et donc ce ce problème là est finalement relativement simple à poser et pourtant il est violé chaque jour par une espèce de confusion des choses. Il faut évidemment sortir de cette confusion. Mais en deuxième lieu, ce qui est important c'est de se de voir que dans le grand cycle démocratique dans lequel nous sommes, c'est la première fois dans l'histoire de l'humanité que des êtres humains sont pendant plusieurs décennies en situation de paix et de démocratie. Ce qui est notre cas à nous. Euh donc c'est une anomalie. C'est en tout cas c'est inédit.

Je dis pas que c'est une anomalie. Nous souhaitons tous que ça dure des siècles. Pour autant nous sommes en train de vérifier un adage platonicien, c'est-à-dire le fait que si la démocratie n'est que la démocratie euh elle peut se retourner contre elle-même. Autrement dit fragmentation de la société, individualisme extrême, çaville le prédisait aussi, communautarisme, bref, tout ce qui fragmente la société.

Donc ce qui doit accompagner de manière absolument indispensable la démocratie, c'est la République, c'est-à-dire le bien commun, ce qui fait du collectif, le contrat social, les devoirs civiques, le patriotisme, tout ce qui fait que nous sommes des compatriotes, qui fait que nous considérons que nous sommes ce qui est tout à fait mise à mal, c'est mise à mal dans non seulement en France, mais dans beaucoup de pays. C'est la c'est la c'est et notamment en plus avec l'arrivée des nouvelles technologies et cetera. Nous sommes dans une situation de fragmentation. La démocratie ne peut pas survivre à une fragmentation qui n'est pas équilibrée par les échoses qui créent du bien commun.

Docville dans les années 1830, ce qu'il admirait le plus aux États-Unis, c'était la démocratie locale, c'était la capacité à se prendre en main, à se dire tiens, il nous manque une école, on va la construire, on va décider ensemble non seulement pour décider, mais pour agir aussi. Et donc ça ça nécessite un substrat concret, c'està-dire une une vitalité locale qui a qui et le fait qu'on qu'on se sente encore concitoyen. Je pense queen concitoyen et puis acteur politique ce qui n'est plus le cas d'un certain nombre de Français. Vous parlez aussi beaucoup des Américains, on va y revenir. C'est une réalité malheureusement. Certains se se démobilisent.

Oui, c'est le on on court sur le risque d'avoir envie du repli sur soi et du chacun pour soi ou du vote des extrêmes et du vote des extrêmes. Et tout ça évidemment nous fait rentrer dans un cercle vicieux. Comme ça ne se ça se passe notamment en France mais pas que en France et que aux États-Unis on a une sorte de laboratoire du sujet, il est largement temps à mes yeux à la fois de d'avoir du discernement par rapport à ça.

ce que j'ai essayé de faire avec ce livre mais aussi de trouver les remèdes euh et d'avoir notamment s'agissant de la France un vrai projet de société pour la France parce que ce qui me frappe qui a un vrai projet de société pour la France aujourd'hui le problème c'est que ce sont les extrêmes justement qui disent des choses assez simples qui sont des projets de société c'est-à-dire qui elles peuvent dire à un jeune demain sera mieux parce que je promets ça il n'y aura plus de riches, il n'y aura plus d'immigrés et cetera le tandis qu'au centre on ne parle que de technique en réalité et ça ça n'intéresse plus les gens et en plus ils sont déçu par des et puis il n'y a plus l'idéal qui il n'y a plus l'idéal qui fait que la jeunesse peut se projeter dans quelque chose.

Si vous prenez la prègerre, la pauvreté est peut-être bien plus grande qu'aujourd'hui mais il y avait l'idée de reconstruire le pays. C'était important. Donc aujourd'hui ce sont des moteurs. Je pense que le projet de société il existe. En fait le projet de société républicain et démocratique il existe. C'est la reconquête de notre territoire. C'est-à-dire nous avons accepté nous les Français mais c'est vrai des Américains, c'est vrai d'autres pays, nous avons accepté de manière folle la dévitalisation de notre territoire. Oui.

de nos petites villes, de nos villages et alors même que c'est ce qui nous a constitué, c'est notre richesse réelle et d'ailleurs le monde entier sait que la France est magnifique et que son territoire est extraordinaire. Donc le vrai projet de société pour les jeunes aujourd'hui c'est de leur dire demain la France peut aller mieux dans les années 2030 2040 parce qu'elle va réinvestir territoire ça les jeunes. C'est une vraie question bien sûr parce que c'est un avenir individuel personnel aussi pour chacun et concret très concret.

Ce sont des centaines de milliers d'emplois qui sont créés par la transformation écologique, par la réindustrialisation, par le renouveau de l'agriculture, donc du dynamisme économique territorial bien sûr la grande crise du logement que nous avons actuellement. Demain, si vous avez des bailleurs sociaux, par exemple qui rachètent euh les commerces ou les habitations en désérance dans les petits villages que nous traversons, aujourd'hui, il y a marqué à vendre ou euh partout euh et que vous dites à à un couple de jeunes, installez-vous, euh vous aurez une franchise fiscale, un loyer très très faible et une école qui va renaître et cetera.

C'est un programme de société, un service national qui fait que on va quand on a 20 ans aider au retour de l'agriculture quelque part et cetera et cetera. Et donc cette capacité à mobiliser, elle est possible mais pour ça il faut évidemment la penser. Par exemple, la question de l'aménagement du territoire a été complètement abandonné depuis 30 ans. Et donc il faut plancher là-dessus si on veut séduire la jeunesse, les électeurs et leur proposer un projet de société républicain, je reprends votre mot, qui a du sens. Dans votre livre, vous décrivez la fatigue des médiations. Ça, on le voit, c'est clair. La spectaclocratie, j'espère le dire correctement.

et vous analysez cette Amérique de Donald Trump comme une démocratie dans laquelle l'émotion prend le pas sur toute réalité. À quoi est-ce qu'on doit s'attendre du côté des élections de mi-mandat ? Ça nous intéresse évidemment parce que comme vous le dites très justement, Donald Trump, l'Amérique, c'est un peu le laboratoire de qui risque de nous arriver en Europe. D'abord, je pense que Trump est un symptôme plus qu'une cause. Et d'ailleurs, le fait qu'il a été élu deux fois à 4 ans d'intervalle dit bien que il il correspond à quelque chose. Et ce quelque chose, c'est plusieurs éléments que j'essaie de de montrer dans le livre. Le premier, c'est en effet la spectaclocratie.

C'est d'ailleurs un homme de spectacle, hein. Ça ça sa sa popularité. Peut-on même dire qu'il est plutôt talentueux sur cet angle ? Bien sûr, il est même inégalable dans certaines façons. Il a repris l'esthétique du catch qui va un petit peu à l'encontre de l'image qu'on se fait des Américains habituellement, c'est-à-dire le côté amabilité, convivialité des Américains. Trump l'a pris à l'envers en quelque sorte par une forme de violence verbale, de dureté dans et cetera. il en a fait même une sorte de second degré et euh et c'est un style et ce le style Trump et ce style Trump s'est imposé et j'explique dans le livre à quel point il y a une sorte d'alliance entre cette nature de Trump.

fait ça naturellement et puis toute une préparation du pouvoir dans le second mandat de Trump qu'il est important d'analyser parce que autre aspect de de la situation pour les États-Unis c'est que nous nous habituons au grand n'importe quoi chaque jour après voilà exactement des choses sidérantes ne nous sidèrent plus et par exemple l'enrichissement personnel du président il muté pas par deux voir par trois sa fortune depuis 2 ans même ces déclarations avant on s'fusquait dès qu'il prenait la parole maintenant c'est Donald Trump il y a des déclarations d'hier sont encore inouies jeose même pas est répété tellement elles sont vulgaires.

Il y a une forme de dessence qui a qui a disparu et euh ce qui ce qui évidemment donne un très mauvais exemple dans le monde entier. Oui, c'est ça un chef d'état aujourd'hui en 2026, c'est Donald Trump Benjamin Netaniaou pour y venir. C'est un sujet important aujourd'hui avec mais où euh alors en terme [raclement de gorge] de d'essence, nous pouvons même trouver dans l'hexagone des gens qui sont dans la lien Trump. C'est même pas un sujet de droite tout de gauche. Vous avez une forme vous qui est-ce qui s'inscrit dans [raclement de gorge] cet héritage trumpiste ? Bah dans dans les deux extrêmes, vous avez exactement ça.

Même le style Mélenchon d'une certaine façon a quelque chose à voir avec le style Trump. On on n'y pense pas parce que c'est pas le même la même tendance politique mais c'est la forme spectaclocratique, elle est elle est la même. [raclement de gorge] Cette espèce de violence, cette brutalité qu'on installe dans le débat. ré la brutalité c'est ce qu'ils ont en commun ce qui donne des coups de béliers dans la démocratie aujourd'hui. Donc ça c'est la c'est un des aspects mais il y a évidemment d'autres aspects que que j'analyse dans dans le livre. Vous parlez d'autocratie, de verticalité, de contournement des corps intermédiaires.

J'aimerais vous poser une question puisque là il y a quand même des élections importantes qui se jouent en ce moment. On a dit un mot des élections de mi-mandat. Il [raclement de gorge] y a évidemment les élections en Israël. Est-ce que ce qui va se passer dans les sera déterminant ? Voir un nouvel indicateur de la manière dont le peuple, les citoyens de ces pays réagissent à cette brutalité. Est-ce qu'il continue à la valider ou est-ce qu'il finalement enfin la mettent en défense ce que nous allons voir. Mais de toute façon, ce qui est certain, c'est que il y a une polarisation des sociétés, que ce soit en France, en Israël, aux États-Unis ou ailleurs.

Vous voyez bien que [raclement de gorge] même s'il y a un gagnant et un perdant, le perdant a quand même un poids très important et donc ça ça traduit une une polarisation. Perdant, le gagnant, certains [raclement de gorge] disent déjà, on va l'écouter, Donald Trump disent "Oui, oui, mais enfin ça, un perdant, un gagnant faire à suivre, on verra, ça dépendra de comment sont menées les élections." On l'écoute et je vous fais réagir tout de suite. Tout à fait.

12:26
Non speech

[musique]

12:33
Locuteur

Donald Trump qui dit très clairement oui, bon les élections, je les respecterai si elles sont conformes. Qu'est-ce que ça veut dire ça encore ? Si elles sont conformes, c'est ce qu'on peut appeler la désinstitutionnalisation et c'est à l'œuvre dans de nombreux pays. [raclement de gorge] Évidemment, Donald Trump fait une sorte de matrice mondiale de ce sujet, c'est-à-dire affaiblir la crédibilité des institutions et même des élections, ce qu'il a fait en 2020. Donc cette désinstitutionnalisation, c'est ce qui peut arriver de de plus grave à la à la démocratie. Et donc c'est quelque chose à prendre à prendre très au sérieux.

Là pour moi, si vous voulez, les institutions américaines peuvent se comparer [raclement de gorge] à un immeuble pendant un tremblement de terre, c'est-à-dire elles ne sont pas par terre, elle elles vac d'un côté de l'autre.

Ça va peut-être se rétablir mais c'est fragile mais c'est fragile et puis ça c'est guetté par les deux extrêmes puisque vous voyez bien que dans au sein du parti démocrate américain vous avez aussi des positions extrémistes qui sont en train de s'exprimer d'ailleurs Trump a pu arriver au pouvoir notamment par symétrie par effet de de de repoussoir qui pouvit et donc les deux extrêmes ailleurs comme chez nous se nourrissent mutuellement et évidemment je considère qu'il faut réussir à retrouver le débat démocratique où on se respecte, où il y a une une vraie gauche, une vraie droite, mais qui savent se un centre aussi bien sûr, mais qui savent se se parler avec respect, savent écouter les arguments des autres, savent prendre des décisions et savent aller au-delà du spectacle vers le bien commun et c'est ça qu'on appelle la République.

Loin de moi l'idée de vous comparer à Donald Trump, vous avez vous-même été au pouvoir en France en tant que ministre de l'éducation et vous persistez sur Parcours sub. Vous disiez encore hier sur le plateau de ce ce soir que c'était une réussite à l'échelle globale. Je reprends vos mots. Vous avez dit d'autres choses évidemment. Euh pourquoi est-ce que les politiques ont autant de mal à dire "On s'est peut-être trompé ?" Mais parce que euh il vous az droit de ne pas le croire sur [rires] mais c'est pas mais je je vais pas dire je me suis trompé pour le plaisir de dire je me suis trompé si vous voulez puisque je ce sujet et en plus c'est pas je c'est nous.

C'est-à-dire que soit que j'ai pas écrit parcours sup sur un coin de table un jour de où je me suis réveillé. C'est un travail très collectif avec beaucoup de concertation et ce que je demande c'est juste de la rationalité. Mais je fais pas de fétichisme sur parcours sup. Je suis ravi au contraire que ce soit sur la table et qu'on le fasse encore progresser. Simplement je dis seulement deux choses. La première c'est quels sont les indicateurs de Parcours Sup. Qu'est-ce que Parcours Sup a réussi ou raté ? Je donne un chiffre fondamental. Il y avait 60 % d'échecs en fin de première année d'enseignement supérieur en 2017. C'est combien aujourd'hui ? C'est aujourd'hui c'est 50 %.

Donc si vous voulez autour, c'est un petit peu plus 51. Donc vous avez euh euh clairement une politique publique qui a fait ses preuves. Donc euh c'est quand même terrible dans un pays où il y a tellement de choses qui fonctionnent mal. Le pointe autant du doigt pour vous. Il y a un ressenti. D'abord beaucoup de jeunes. Vous dites c'est une fable démocratique. Oui parce que parcours sup illustre certains points que je disais avant. D'abord parce que parcours sub c'est ça cristallise les angoisses, ça cristallise l'inquiétude des jeunes. Oui, on peut on peut dire plusieurs choses derrière l'idée que c'est une femme démocratique. L'une d'entre elles, c'est ça.

C'est-à-dire le fait que il faut faire attention au ressenti tout simplement. Si des jeunes ressentent une angoisse par rapport à parcours sup et bien oui mais ce voulez ce qui est quand même très frappant c'est que ça renvoie à notre relation à la liberté. Quand on parle d'angoisse de parcours sup parce qu'il y a une attente sur parcours sup. C'est vrai, je je le reconnais. Pourquoi est-ce qu'il y a cette Oui. Mais pourquoi est-ce qu'il y a cette attente ? C'est parce que justement on a cherché l'optimum de de de satisfaction des vœux qui sont exprimés et ça suppose donc de tenir de personnes qui sont sur la machine et il faut arriver à la fin à ce que tout le monde soit d'accord.

Donc on peut on pourrait par exemple réduire l'attente mais ça veut dire qu'on va aussi réduire l'optimum. Donc vous reconnaissez que c'est une tâche extrêmement difficile et donc par définition imparfaite sur les résultats. Euh dans ce sur cette terre et dans ce bas monde euh presque tout est imparfait donc on doit toujours améliorer. Donc si on me demande de reconnaître que c'est imparfait, je n'ai aucun problème. Mais par contre jamais je ne dirais que ça a été une régression par rapport à la situation antérieure. Au contraire le problème c'était d'ailleurs le sujet du papier des maférant qui était là tout à l'heure je l'ai regardé et j'étais assez d'accord avec son analyse.

Si vous voulez, Lina a montré des images d'autrefois quand il y avait APB, quand il y avait Ravel et cetera. C'était des que dans les universités, c'était des inégalités beaucoup plus grandes qu'aujourd'hui puisqueaujourd'hui tout le monde a accès à tout ce qui est possible. Et ça aussi c'est parfois une angoisse devant l'immensité du choix. Donc c'est un typiquement un paradoxe démocratique. Et mais le fait est que aujourd'hui je j'affirme que avec parcours supés, plus de préparation à l'orientation. Il y a encore beaucoup de chemins à faire pour que ça s'améliore et surtout l'autre grande question à poser, c'est qu'est-ce qu'on fait à la place ?

Et notamment la question que je poser hier, c'est donnez-moi le pays qui fait quelque chose de mieux et imitons-le. Allons-y. Mais pour l'instant quand Non, je pense que il faut au contraire démocratiquement mettre ça sur la table et on vous invite à découvrir mais pour l'instant j'ai posé la question depuis 2 jours. Personne solution. Je vous avoue, j'ai regardé aussi et je n'ai pas trouvé [rires] la démocratie et la fureur de Jean-Michel Blanquer.

C'est absolument génial de découvrir l'œil d'Alexis de Tocville qui se retrouve plongé dans l'Amérique de Donald Trump et ça donne des réflexions absolument passionnantes sur l'état de nos démocraties et et bien cette colère sourde qu'on observe en France mais aussi ailleurs et notamment aux États-Unis. Merci beaucoup d'être venu sur le plateau pour en parler.