Thomas Ménagé : "L'État s'enrichit pendant que les Français s'endettent !" (France 3)
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 60 %Attaque 20 %Défensif 20 %
Questions et réponses
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- 0:40OuverteRéponse directe
Mme Ménager, quand Bali Bakayoko met en cause l'extrême droite, est-ce que vous vous sentez visé ?
- 1:09RelanceRéponse partielle
Pourquoi il y a eu un retard à la réaction du RN sur ces propos racistes ?
- 1:42OuverteRéponse partielle
Est-ce que l'arrivée à la tête de mairie d'un élu issu de l'immigration est un progrès pour vous ?
- 2:48OuverteRéponse directe
Le gouvernement refuse de parler de pénurie d'essence, pourquoi proposer une baisse de TVA plutôt qu'un blocage des prix ?
- 4:42RelanceRéponse directe
Vous demandez un projet de loi de finances rectificative maintenant, pas dans trois mois ?
- 5:38OuverteRéponse partielle
Le pouvoir d'achat est un thème du RN, est-ce que vous mettez la pression politique sur le gouvernement dans les semaines à venir ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:54Invité politiqueFait
« nous nous condamnons toute forme de racisme, toute forme de rejet de l'autre, de discrimination »
- 1:00Invité politiqueFait
« il y a quand même la question de la liberté d'expression dans notre pays »
- 1:33Invité politiqueFait
« ce maire, même si je combats toutes ses idées, doit être traité comme n'importe quel français »
- 1:51Invité politiqueFait
« Dès qu'on est français, on est français, qu'on soit issu de l'immigration, ou que sa famille ait été là depuis… »
- 2:22Invité politiqueFait
« Quand ils défendent les valeurs de la République, quand ils défendent la France, bien entendu c'est un progrès. »
- 3:19Invité politiqueFait
« Le blocage des prix, il n'a pas de sens. »
- 3:55Invité politiqueFait
« L'État n'a pas à s'enrichir, à faire du bénéfice dessus. »
- 4:04Invité politiqueChiffre
« Ça coûterait 10 milliards par an. »
- 4:21Invité politiqueFait
« l'idée, ce n'est pas d'aggraver la dette. »
- 5:13Invité politiqueFait
« ce que propose le gouvernement, c'est de reculer pour mieux sauter. »
- 6:44Invité politiqueFait
« on a besoin en France d'éviter, on est le pire pays en termes de prélèvement obligatoire, de s'enrichir et que l'État s'enrichisse. »
- 6:50Invité politiqueFait
« l'État continue de s'enrichir et que les Français et les entreprises s'endettent. »
- 11:11Invité politiqueFait
« Nous avons défendu, de manière encadrée, l'idée c'est bien entendu de ne pas réautoriser ce type de produits phytosanitaires »
Temps de parole
- Thomas Ménagé66 %
- Invité26 %
- Présentateur7 %
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Il y avait une manifestation contre le racisme hier à Saint-Denis à l'appel de Bali Bakayoko, victime de propos calomnieux et de fake news depuis qu'il est maire. Propos racistes également, une enquête a d'ailleurs été ouverte pour injure à caractère raciste. Le gouvernement n'était pas représenté, mais le Premier ministre a exprimé son soutien au maire LFI de Saint-Denis. Hier, dans les rangs des manifestants à Saint-Denis, plusieurs personnalités de gauche sont venues apporter leur soutien, dont Jean-Luc Mélenchon, avec un slogan « Nous sommes la France ».
Nous regarderons toujours l'extrême droite, nous rejoignons toujours le racisme dans les yeux. Parce que nous n'avons pas peur. Nous sommes cette France qui résiste, nous sommes cette France qui réclame l'illudier, nous sommes cette France qui réclame l'égalité.
Mme Ménager, quand Bali Bakayoko met en cause l'extrême droite, est-ce que vous vous sentez visé ?
Absolument pas, parce que bien entendu, nous nous condamnons toute forme de racisme, et là il y a une enquête qui est en cours, qui décidera réellement si les propos qui sont minimum outranciers, ils n'avaient pas lieu d'être sur une chaîne concurrente, doivent donner lieu à éventuelles poursuites, parce qu'il y a quand même la question de la liberté d'expression dans notre pays, mais nous nous condamnons toute forme de racisme, toute forme de rejet de l'autre, de discrimination, et donc non, je ne me sens absolument pas visé.
Je vous demande ça parce qu'il n'y a pas eu de réaction officielle du Rassemblement national depuis ces polémiques autour des propos qui ont été tenus, qui sont à caractère raciste sur une chaîne concurrente, vous le disiez. Pourquoi il y a eu un retard à la réaction ?
Je vous ai répondu de manière très claire, parce qu'aujourd'hui il y a une enquête qui est en cours, il y a la liberté d'expression comme je vous le disais, mais on est sans ambiguïté, et ce maire, même si je combats toutes ses idées, doit être traité comme n'importe quel français, comme n'importe quel autre maire, et pouvoir exercer sans pression et sans aucune attaque, quelle qu'elle soit.
Est-ce que l'arrivée à la tête de mairie, de maire, élu, issu d'immigration, c'est un progrès pour vous, une meilleure représentation de ce qu'est la France aujourd'hui ?
Vous savez, moi je ne fais pas de différence entre les maires. Dès qu'on est français, on est français, qu'on soit issu de l'immigration, ou que sa famille ait été là depuis… Ce n'est pas la même histoire quand même. Oui, mais je veux dire, nous, on ne fait aucune différence. Il est français à égalité avec tous les Français. Nous, on ne fait pas de différence, on ne compte pas. Vous savez, nous, on a aussi des maires de toutes les origines, de toutes les couleurs. Ce n'est pas le problème, on ne fait pas de différence, ils sont français.
Alors ce n'est pas ma question. C'est simplement, quand vous voyez justement des élus issus de générations de migration en France, est-ce que pour vous c'est un progrès ?
Quand ils défendent les valeurs de la République, quand ils défendent la France, bien entendu c'est un progrès. Ils sont la France. Ils sont la France comme tous les Français. Donc ils ont la possibilité, ils doivent avoir la possibilité de s'engager. Et quand ils s'engagent pour la France et pour des bonnes valeurs, c'est une bonne chose. J'ai un doute, et ce n'est pas lié au fait qu'ils soient issus de l'immigration, comme vous le dites, mais c'est juste par contre les valeurs que défend ce monsieur et ce que défend la France insoumise, par contre, va à l'encontre, je pense, des valeurs qu'on doit défendre en France aujourd'hui.
On va parler maintenant du gouvernement qui refuse de parler de pénurie d'essence, même si régulièrement des stations-service se retrouvent à sec depuis quelques jours. Les prix, en tout cas, ne baissent pas. Le week-end prolongé de Pâques ne change rien à la situation. Tous les regards sont bien sûr tournés vers le détroit d'Ormousse, par où transite une bonne partie du trafic maritime pétrolier. C'est une arme, évidemment, on le sait, de guerre pour l'Iran. Alors vous, vous réclamez aux Rassemblements nationales la baisse de la TVA de 20 à 5% et une réduction exceptionnelle des taxes sur les carburants.
Pourquoi cette option plutôt que le blocage des prix, comme ça se fait en Pologne, en Hongrie ou en Allemagne, par exemple ?
Parce que le blocage des prix, il n'a pas de sens. C'est-à-dire que si ça explose totalement, à un moment, il faut aussi que les raffineurs, il faut aussi que les pétroliers puissent toujours avoir une marge minimum. Alors il y a la question du contrôle des marges, on y viendra dans un second temps, mais dans une période de pénurie. C'est-à-dire que si la France bloque à un prix, ces pétroliers, ces raffineurs, ils vont aller vendre dans d'autres pays. Et donc nous, nous choisissons une option qui n'est pas que celle du Rassemblement national, qui existe dans d'autres pays. L'Espagne, qui n'est pas en plus de la même sensibilité politique que la France.
Non mais la Hongrie dont vous êtes proche, elle au contraire bloque. C'est pour ça que voilà, il y a deux logiques. Nous, notre logique, c'est de dire que les carburants, l'énergie, c'est un produit de première nécessité. L'État n'a pas à s'enrichir, à faire du bénéfice dessus. Donc nous proposons de baisser de 20 à 5,5% de manière pérenne. Et comme vous l'avez dit… Ça coûterait 10 milliards par an. Exactement. Donc c'est pour ça que vous aurez dans quelques instants, M. Amiel, nous nous demandons solennellement à ce qu'il y ait un projet de loi de finances rectificative qui permet d'intégrer cette baisse de fiscalité et aussi d'apporter des économies en face.
Parce que l'idée, ce n'est pas d'aggraver la dette. C'est bien entendu de dire, aujourd'hui, il faut éviter une crise qui va s'accentuer. Parce que derrière le plein qui augmente, c'est quoi ? C'est moins de pouvoir d'achat, moins de consommation. Donc une économie en berne de la croissance qui diminue, des entreprises qui n'investissent plus, des faillites en cascade aussi qui pourraient arriver derrière. Donc il faut éviter cette escalation.
Donc vous vous demandez solennellement, c'est la position de votre parti et de votre groupe, donc un projet de loi de finances rectificative, là, tout de suite, maintenant ? Ce n'est pas dans trois mois, six mois. Non, j'entends bien, j'entends bien. Le budget vient d'être voté il y a quelques semaines, j'allais dire.
Oui, mais à un moment, le contexte a changé. Et c'est le concept des projets de loi de finances rectificatives. C'est que quand il y a un contexte d'urgence, il faut pouvoir se réunir très vite, on l'a fait pendant le Covid, pour pouvoir apporter des réponses d'urgence. Parce que ce sont des Français qui n'arrivent plus à se déplacer, qui n'arriveront plus à chauffer, heureusement, on arrive vers les beaux jours, et surtout des entreprises qui vont mettre la clé sous la porte. Parce que là, ce que propose le gouvernement, c'est de reculer pour mieux sauter. C'est un pansement sur une jambe de bois, dire on va vous faire un prêt. On va vous faire un prêt.
On a vu pendant le Covid, le prêt au carburant jusqu'à 50 000 euros. Le prêt à 3,8%. C'est-à-dire qu'on vous dit, vous n'avez pas l'argent actuellement pour payer votre carburant. Il va y avoir, dans les années ou dans les mois à venir, une situation économique qui va s'améliorer à tel point qu'ils pourront à la fois payer le carburant et payer le carburant qu'ils ne pouvaient pas payer avant.
Ça ne tient absolument pas. Alors, depuis la dernière présidentielle, notamment, mais aussi avant, le pouvoir d'achat, c'est l'un des thèmes préférés de votre parti, le Rassemblement national. Des Français surtout. Là, je me redresse à vous. Est-ce que le gouvernement doit s'attendre ? Est-ce que vous mettiez la pression politique sur ce sujet-là dans les semaines qui viennent ? Est-ce que ce n'est pas déjà la campagne présidentielle qui commence à l'aune de ces débats ?
Ce qui est certain, c'est que nous, on va faire notre rôle d'opposition, d'opposition constructive, je vous dis, en apportant des solutions à cette crise. Mais c'est un enjeu majeur. Donc, on va peser de tout notre poids en tant que premier groupe à l'Assemblée nationale, avec Marine Le Pen, avec Jordan Bardella, pour dire qu'on ne peut pas attendre, on ne peut plus attendre. D'autres pays, l'Espagne, l'Italie, vous avez cité d'autres pays, ont déjà pris des mesures.
Pourquoi attendre ? En attendant, Sébastien Lecornu promet des mesures ciblées pour dans quelques jours. Peut-être pour élargir, on verra tout à l'heure avec le ministre, le nombre de professions qui pourraient être intéressées par ces aides. Ce serait déjà un premier pas pour vous, ou vous dites non, il faut vraiment tout de suite rectifier le budget ?
On ne peut pas s'opposer, même si c'est des petites choses, à ces mesures. Mais elles sont très insuffisantes. Elles n'apportent pas des solutions à toutes les professions. Elles sont même, par les professions qui ont déjà eu ces gestes, insuffisantes, ils le disent, parce qu'ils sont déjà pris à la gorge sur d'autres sujets. Et donc on a besoin en France d'éviter, on est le pire pays en termes de prélèvement obligatoire, de s'enrichir et que l'État s'enrichisse. Là, ce qu'on propose aujourd'hui, c'est que l'État continue de s'enrichir et que les Français et les entreprises s'endettent.
Je reviens sur votre idée de projet de loi rectificatif sur le budget. Qu'est-ce que vous mettriez dedans ? Directement les 10 milliards en disant, voilà, on baisse toutes les aides et on fait…
Alors il y aurait deux points de perte de recettes, à la fois la baisse de la TVA de 25,5%, la diminution temporaire dans cette période de crise des assises, donc de l'ex-TICPE, et en face des économies. Donc nous, nous souhaitons re-budgétiser les certificats d'économie d'énergie, les CE, qui aujourd'hui sont donnés aux entreprises pour de la rénovation énergétique. Nous, nous avons d'autres mécanismes de rénovation énergétique. Et puis aussi, il faudra trouver de l'argent.
Il y a eu une augmentation de 6 milliards du budget de l'Union européenne, de dire on va négocier avec l'Union européenne un rabais, comme d'autres pays l'ont fait, et ces 6 milliards permettent cette baisse de la fiscalité.
On va accueillir maintenant Nathalie Moré, qui est reporter politique à Ebra Press, qui est avec nous. Bonjour Nathalie.
Bonjour Francis, bonjour Thomas Ménagé.
Les municipales, c'était il y a 15 jours, mais elles restent un peu le dernier baromètre, évidemment, à avoir la présidentielle.
Oui, et au lendemain des municipales, il y a plusieurs maires RN qui se sont fait remarquer pour avoir détaché le drapeau européen du fronton de leur mairie. Vous, si vous aviez été élu maire, vous auriez fait la même chose ?
Ça s'entend. La question qu'on se posait depuis des années, c'est pourquoi il y avait certaines mairies qui le mettaient ? Parce qu'il n'y a aucune obligation légale.
Donc vous auriez fait la même chose ? Vous l'auriez enlevé ?
Est-ce que ça aurait été ma priorité ? Pas forcément à titre personnel. Mais j'entends ces maires qui ont dit « Je suis là pour défendre la France, défendre l'intérêt des Français. Il n'y a pas d'obligation de le mettre. »
Est-ce que ces maires enlèvent ces drapeaux ? En tout cas, dans les municipales, depuis les municipales, Marine Le Pen, elle, elle est de retour sur le terrain. Est-ce que c'est une façon de reprendre le leadership sur Jordan Bardella et de rappeler que finalement, la candidate naturelle à la présidentielle, c'est elle ?
Il n'y a pas besoin de le rappeler. Je pense qu'on a été sans ambiguïté.
Elle était quand même beaucoup plus effacée depuis quelques mois.
Vous le savez, elle avait été aussi retenue du fait de ce procès que nous considérons comme injuste où elle devait aller expliquer et prouver son innocence qui, je l'espère, sera reconnue par l'imagistrat en appel dans quelques semaines. Mais elle n'a jamais quitté le terrain. Je peux vous le dire pour l'avoir vue à l'Assemblée nationale pendant même les débats budgétaires. Elle a jonglé entre les deux. Elle a toujours été très présente parce que ce qui compte, c'est qu'elle se bat pour les Français. Elle va continuer à le faire dans les prochains mois.
Marine Le Pen, toujours elle, cette semaine, elle a dit qu'elle ne serait pas Première ministre si le président était Jordan Bardella. Elle ne veut pas de ce qu'elle appelle un lot de consolation. Est-ce que vous trouvez ça dommage ?
C'est son choix. Voilà, je sais que dans tous les cas, elle sera là, elle sera présente. Mais nous, on n'est pas aujourd'hui dans cette hypothèse puisqu'elle sera notre candidata à la présence. Mais si jamais elle était, ça prouve une chose. C'est que Marine Le Pen, elle n'est pas là pour avoir une voiture de fonction, une carte de visite et se dire que...
Mais ça peut quand même désorienter votre électorat qui s'attendait à ce que justement elle soit derrière Jordan Bardella qui lui devait être en responsabilité.
Vous pouvez être là et travailler dans l'intérêt du pays sans avoir, comme je vous le disais, la fonction de Premier ministre.
Mais c'est se passer d'un talent.
Oui, mais le talent de Marine Le Pen, il pourra s'exercer d'autres manières. Et je vous le dis... Par d'autres, sous-entendu. Et par qui ? Par qui, du coup, qui, pour Matignon, si jamais c'est pas elle ? Ça nous verrons. Mais c'est une question légitime, quand même. Ça sera la prérogative, vous le savez, du président de la République de nommer ce Premier ministre. Marine Le Pen l'a déjà dit, ça sera Jordan Bardella. Si jamais ce n'était pas Marine Le Pen, Jordan Bardella... Avant, vous parliez de Tiquet,
et aujourd'hui, elle dit je ne serai pas un lot de consolation. C'est donc légitime de se poser la question si c'est pas Marine Le Pen, c'est qui ?
C'est légitime. Mais on est à plusieurs mois de l'élection présidentielle. Est-ce que vous savez qui serait l'éventuel Premier ministre d'Édouard Philippe ou de qui que ce soit ? Voilà, aujourd'hui, l'hypothèse, et notre candidate, c'est Marine Le Pen. Elle a déjà dit que ça serait Jordan Bardella. Si c'est une autre hypothèse, Jordan Bardella s'exprimera en temps utile.
Merci, Nathalie. La loi d'urgence agricole, vous êtes élue d'un département agricole, le Loiret, doit être présentée mercredi en Conseil des ministres. Gérard Larcher, le président du Sénat, demande au gouvernement de reprendre la loi du plomb 2 qui permettrait de réintroduire l'acétamipride, notamment, pas que celui-là, mais cet insecticide là. Le gouvernement dit que ça n'est pas prévu dans la loi d'urgence agricole et laisse la main aux parlementaires. Est-ce que vous allez aller dans le même sens que Gérard Larcher en disant qu'il faut que la loi du plomb 2 soit dans la loi d'urgence agricole ?
Oui, oui, nous allons le demander, nous allons le solliciter. Nous avons défendu, de manière encadrée, l'idée c'est bien entendu de ne pas réautoriser ce type de produits phytosanitaires et notamment l'acétamipride pour tous les produits, mais pour certains secteurs, noisettes, betteraves, de manière encadrée et conforme aussi à la constitution parce que c'est ce qui a été censuré, c'était peut-être un peu trop large, de trouver la bonne écriture pour pouvoir permettre aujourd'hui aux agriculteurs de produire. Parce qu'on est dans une situation totalement UBS où on mange chaque matin de la pâte à tartiner avec des noisettes traitées en Italie, en Turquie, avec de l'acétamipride.
C'est quoi il s'agit ? Je n'ai pas donné de marre, vous avez remarqué. Et en même temps, nos producteurs, eux, ne peuvent pas le faire. Donc on tue notre agriculture française et en même temps, on n'améliore pas la qualité sanitaire.
L'AFNSEA va plus loin parce que lors de son congrès, cette semaine à Caen, l'AFNSEA a demandé à ce que le principe de précaution qui est inscrit dans la charte de l'environnement depuis 20 ans, c'était sous Jacques Chirac, soit supprimé.
Est-ce que vous souhaitez ? Je pense que ce n'est pas nécessaire. Je pense qu'on peut réussir à réintroduire dès lors qu'il n'y a pas d'autres alternatives. La question, ce n'est pas d'interdiction sans solution. Mais au-delà des insecticides, supprimer le principe de précaution. Je pense que parce qu'il y a d'autres domaines. On ne peut pas ouvrir cette boîte de Pandore. Le rôle aussi des gouvernements et des politiques, c'est de protéger la santé et l'environnement. Et donc de supprimer de manière totalement indifférenciée le principe de précaution, je ne pense pas que ça soit forcément une bonne chose.
À propos des Républicains, c'est eux aussi qui bloquent la loi sur la fin de vie au Sénat. En ce moment, le débat est complètement bloqué. Il a été reporté, soi-disant pour aller plus loin dans les débats qui existent quand même depuis quelques années. Vous, sur la loi fin de vie, vous aviez voté quoi à l'Assemblée ? Moi, à titre personnel, j'avais voté pour. Voilà. Vous étiez une exception au Rassemblement national. Je n'étais pas la majorité de mon groupe, non, tout à fait. Est-ce que vous souhaitez qu'elle soit adoptée avant la fin du quinquennat ?
Je pense qu'il y a d'autres priorités. Alors s'il y a un créneau, si vous me dites entre un créneau pour le pouvoir d'achat, la sécurité, les problèmes d'immigration pour aller sur des sujets qui touchent toute la population. Après, à titre personnel, j'ai voté pour. J'ai voté pour, donc je ne serais pas défavorable, à titre personnel, que ça soit inscrit. Mais je pense qu'il y a d'autres sujets peut-être prioritaires. Je vous dis, la question du pouvoir d'achat qui nous occuperons. La priorité, ça dépend des situations personnelles,
la fin de vie, vous savez bien que vous pouvez être confronté à ça à tout moment.
Mais on est quand même déjà en France avec la loi Claes-Leonetti, avec déjà un arsenal qui nécessiterait d'avoir des moyens supplémentés pour qu'il y ait des unités de soins palliatifs dans tous les départements avant qu'on accélère peut-être sur cette possibilité d'une aide à mourir. Voilà, j'y suis favorable, mais malgré tout, je pense qu'il y a peut-être d'autres priorités aujourd'hui si l'ordre du jour ne permet pas de l'étudier.
Alors imaginons, et peut-être que ça va vers ça, que la loi sur la fin de vie ne soit pas votée à la fin du quinquennat. Ce sera un sujet de la prochaine présidentielle. Souhaitez-vous que ce texte soit dans le programme de Jordan Bardella ou Marine Le Pen ?
Non, je crois que Jordan Bardella et Marine Le Pen qui sont exprimés et qui ne sont pas favorables à cette évolution telle qu'elle est présentée. Ça ne sera pas dans le programme. Nous, nous proposons au Rassemblement national que les sujets de société soient traités par la société, donc par référendum.
Pourquoi pas un référendum sur la fin de vie, par exemple ?
Ça pourrait être dans le programme. Mais le président de la République pourrait aussi l'enclencher. S'il le souhaite vraiment, et c'était un de ses engagements, je tiens à le rappeler, de campagne, que cette loi passe, il suffit qu'il convoque un référendum et donc on accélérerait totalement le processus et cette loi pourrait être appliquée, mise en place avant la fin du quinquennat. Donc à lui de choisir aussi. Bruno Retailleau,
le président des LR, a dit qu'il est candidat à la présidentielle, il a indiqué que s'il était élu, il ferait un moratoire sur les lois sociétales. On ne parle plus de lois sociétales. Qu'est-ce que vous en pensez de ça ?
Je pense que tant qu'on n'aura pas réglé un certain nombre de problèmes, je vous dis, économiques et sociaux, de sécurité, d'immigration, de santé aussi, qui est quand même une priorité dans un certain nombre de territoires en termes de désertification médicale, aller cliver la société, aller diviser la société sur des sujets sociétaux, je ne suis pas sûr que ce soit la priorité. Et si ça doit être un sujet, je pense que ça doit, comme je vous l'ai dit au Rassemblement National de notre ligne, faire par référendum, le peuple et le juge de paix. Parce que moi, je ne suis pas… Rarement les députés sont élus sur ces sujets.
Il faut être clair, personne n'est élu sur la fin de vie ou sur d'autres sujets de société. Donc c'est à la société dans son ensemble.
Alors peut-être pas les députés, mais un président ou une présidente de la République, oui,
on les attend là-dessus. – Mais Marine Le Pen, Jordan Bardella l'ont toujours dit, c'est à la société de trancher. Parce que je vous dis, il y a des gens pour à gauche, à droite, au RN, au Parti Socialiste, à LR, il y en a partout. Ça touche à l'intime, ces sujets. Et donc ce ne sont pas des sujets qui sont politiques aux Français de choisir dans leur intégralité en allant voter. – Sous-titrage FR 2021
Thomas Ménagé