Aller au contenu
Pourquijevote
Tous les transcripts
interviewBFMTV· 21 août 2025 18 min

Rentrée LFI, censure, mobilisation du 10 septembre... L'interview en intégralité de Manuel Bompard

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:00
Présentateur

Manuel Bompard est avec nous, c'est bien ce que je disais, il est à Châteauneuf sur Isère. Bonsoir Manuel Bompard, coordinateur de la France Insoumise. Je voudrais savoir, pour vous, la rentrée, s'il y a un mot d'ordre, c'est censure et faire tomber François Bayrou ?

0:17
Manuel Bompard

Évidemment, parce que c'est la seule solution aujourd'hui pour empêcher M. Bayrou de mettre en œuvre le plan qu'il a présenté avant l'été et qui va se traduire par beaucoup de souffrance pour les Françaises et les Français, pour les gens qui nous écoutent, pour qu'ils le comprennent, peut-être qu'ils n'ont pas suivi l'ampleur des annonces qui ont été faites par M. Bayrou, mais il s'agit par exemple de décréter ce qu'il appelle une année blanche, c'est-à-dire de ne pas revaloriser cette année le SMIC, les prestations sociales, c'est-à-dire une baisse du pouvoir d'achat pour une très grande partie des Françaises et des Français. Il s'agit de voler deux jours fériés après que M.

Macron et ses gouvernements nous aient déjà volé deux ans de vie, il y a deux ans avec la retraite à 64 ans. Il s'agit de réduire le remboursement des médicaments pour les personnes qui sont malades et en particulier qui ont des maladies chroniques. Il s'agit de faire payer plus cher les arrêts pour maladies. Donc il s'agit de mesures qui vont reposer directement sur les Françaises et les Français qui sont inacceptables. Et M. Bayrou veut passer en force manifestement, il ne veut en discuter avec personne. Et donc il n'y a pas d'autre solution que de le faire tomber le plus rapidement possible.

1:23
Présentateur

Et comment le faire tomber alors le Premier ministre ?

1:28
Manuel Bompard

D'abord en utilisant les moyens institutionnels à notre disposition. Moi je peux vous dire que dès la reprise de la session parlementaire, dès que l'Assemblée nationale reprendra ses travaux le plus rapidement possible, nous nous sommes prêts à une session extraordinaire le plus vite possible, les députés du groupe de la France Insoumise déposeront une motion de censure. Et j'espère que cette motion de censure pourra être votée par une majorité des députés et ainsi censurer le gouvernement. Et puis en s'appuyant aussi sur la mobilisation populaire, vous savez qu'il y a cette date du 10 septembre qui commence à monter. Et c'est le prochain rendez-vous.

Et nous les Insoumis, nous nous mettons au service, à disposition de ce mouvement, pour essayer de faire en sorte que cette mobilisation populaire, elle l'aide aussi à mettre la pression et à obtenir la chute du plan Bayrou.

2:14
Présentateur

– Et vous savez très bien que vous ne pouvez pas le faire tomber tout seul, François Bayrou, pour le censurer. Vous aurez aussi besoin des voix du Rassemblement national.

2:21
Manuel Bompard

– Il faut les voix d'une majorité de députés pour que la censure puisse être adoptée. Moi je forme le vœu que toutes celles et ceux qui n'ont pas voté les dernières motions de censure, le Rassemblement national n'a pas voté à huit reprises cette année les motions de censure que nous avons déposées. Si M. Bayrou peut faire ses propositions aujourd'hui, s'il peut proposer cette saignée pour le pays, c'est parce que le Rassemblement national a laissé M. Bayrou au pouvoir.

Donc je forme le vœu que toutes celles et ceux qui ont protégé Emmanuel Macron, qui ont protégé François Bayrou, qui ont permis que sa politique soit mise en œuvre ces derniers mois, reviennent dans le camp de l'opposition et en tout cas soient un peu cohérents avec les annonces qu'ils ont faites au moment des campagnes électorales et qu'effectivement qu'il y a une majorité de députés qui votent la censure pour qu'on en finisse avec le gouvernement de M. Bayrou. Guillaume Daré.

3:17
Locuteur non identifié

Bonjour Manuel Montpart. Parmi ceux que vous accusez ces derniers mois d'avoir protégé ou en tout cas d'avoir donné une assurance vie à François Bayrou et à son gouvernement, il y a aussi les socialistes. Alors aujourd'hui, les socialistes semblent en partie décider à voter une motion de censure contre François Bayrou. Mais Olivier Faure a dit que d'abord, dans un premier tour au mois de septembre, il mettrait des propositions sur la table sur la question du budget. Est-ce que vous avez un doute sur le fait que les socialistes veuillent vraiment censurer François Bayrou ?

3:44
Manuel Bompard

Vous le verrez au moment où nous aurons déposé cette motion de censure et au moment où elle sera soumise au vote. Mais il est évident que M. Bayrou n'a nullement l'intention de tenir compte des propositions des uns et des autres, puisque en vérité, les lignes rouges qui ont été fixées par les différentes formations politiques, elles sont connues depuis des mois et des mois. Et quand M. Bayrou a mis sur la table ses propositions, il l'a fait en connaissance de cause.

Et donc faire croire que par une négociation gentille avec lui, en allant manger des petits fours et des cocktails à Matignon avec François Bayrou, on va le faire changer d'avis, pardon, je pense que c'est une manière de semer des illusions. Aujourd'hui, il faut se mobiliser, il faut se réunir autour de la censure immédiate, il faut faire gagner du temps au pays. Pourquoi perdre du temps pendant des semaines et des semaines pour faire croire que M. Bayrou fera demain l'inverse de ce qu'il propose aujourd'hui ? Il faut être cohérent, il faut être conséquent.

Et ça, ça passe par le fait que la censure soit immédiatement votée, pas par le fait qu'on rentre pendant des semaines et des semaines dans des négociations. Donc moi, j'appelle évidemment en particulier les socialistes à voter immédiatement la motion de censure que nous allons déposer.

4:52
Présentateur

– Mais Manuel Bompard, vous appelez les socialistes à voter la motion de censure. Prenons le scénario de la chute de François Bayrou. Derrière, vous soutenez quoi ? Des législatives anticipées ? Parce que le président peut très bien aussi nommer un autre Premier ministre, et pourquoi pas Sébastien Lecornu ?

5:07
Manuel Bompard

– Écoutez, M. Macron, dans une interview qu'il a publiée cette semaine, dit qu'il écarte l'hypothèse d'une prochaine dissolution de l'Assemblée nationale. Donc à partir de ce moment-là, ce que je vous dis, c'est que si M. Bayrou est censuré, je pense que la question qui sera immédiatement posée, c'est la question du départ du président de la République lui-même. Il est responsable de la situation d'instabilité que connaît le pays aujourd'hui. Il est responsable de ce blocage. L'année dernière, il a décidé tout seul d'une dissolution de l'Assemblée nationale. Les Françaises et les Français ont voté.

Ils ont voté pour qu'une majorité relative, en tout cas du nouveau Front populaire, c'est-à-dire que le nouveau Front populaire est arrivé en tête de ces élections législatives. Et M. Macron a refusé de tenir compte de ce résultat. Et dorénavant, il nous impose des gouvernements qui sont des gouvernements minoritaires. Donc moi, j'assume de vous dire que la priorité, ça doit être de faire tomber M. Bayrou, et que si M. Bayrou tombe, ensuite, c'est la question du départ d'Emmanuel Macron qui sera posée sur la table.

6:08
Présentateur

Elle peut être posée, mais pour autant, le président de la République a un mandat. Il va jusqu'en 2027. Qu'est-ce que vous faites ?

6:16
Manuel Bompard

C'est la raison pour laquelle, moi, je souhaite qu'il y ait une mobilisation populaire contre cette politique, parce qu'en faisant tomber Bayrou, on fera tomber le contenu de sa politique. Et donc, il faudra augmenter le niveau du rapport de force avec le président de la République. Vous savez, dans une situation de blocage démocratique comme celle qu'on connaît aujourd'hui, dans une situation d'absence de majorité à l'Assemblée nationale pour soutenir telle ou telle politique, en démocratie, il n'y a pas 15 solutions. En démocratie, à la fin, c'est aux Françaises et aux Français de trancher. Et donc, il faut un retour aux urnes le plus rapidement possible. Et si M.

Macron ne veut pas de dissolution de l'Assemblée nationale, alors ce retour aux urnes, le seul qui restera à sa disposition, c'est celui de l'organisation d'une élection présidentielle anticipée.

6:58
Présentateur

– Oui, mais Emmanuel Bompard, moi, ce que j'entends dans votre voix, c'est, pardon pour l'expression un peu triviale, mais vous êtes pour la stratégie de la bordélisation du pays, quoi, en fait. C'est ça, si vous voulez jouer la rue contre le président de la République ou contre le Premier ministre, puisque vous évoquez vous-même le mouvement du 10 septembre.

7:15
Manuel Bompard

– Enfin, pardonnez-moi, mais ce qui bordélise aujourd'hui le pays depuis des mois et des mois, c'est M. Macron et ses différents gouvernements. Quand vous refusez le résultat de la démocratie, et quand vous continuez à essayer d'imposer une politique et une politique minoritaire qui est rejetée par les Françaises et les Français, vous êtes responsable d'une situation qui est une situation de chaos et de blocage. C'est eux qui sont responsables de cette situation. – Ensuite, qu'est-ce que vous voulez dire aux oppositions ? Nous sommes opposés à ce budget, nous avons gagné les dernières élections législatives. M. Macron refuse de nous permettre de mettre en place une autre politique.

Il reste à notre disposition, les moyens pour faire tomber ce gouvernement et les moyens pour essayer de créer les conditions d'un rapport de force populaire. Et ce n'est pas bordélisant qu'il y ait une mobilisation. Les Françaises et les Français, vous savez, dans la Constitution, ils ont le droit de s'exprimer, ils ont le droit de faire grève, ils ont le droit de manifester, ils ont le droit de prendre des initiatives pour faire entendre leurs voix quand manifestement, les voix qu'ils utilisent, notamment les voix démocratiques, ne sont pas entendues par le pouvoir en place.

8:18
Présentateur

– Et le blocage du pays est l'une de ces voix ?

8:23
Manuel Bompard

– Le blocage, le fait de peser sur la situation, d'augmenter le niveau de rapport de force fait effectivement partie des voix qui sont à disposition des Françaises et des Français pour faire entendre leurs voix. Enfin, je vous rappelle qu'il y a deux ans, nous étions plusieurs millions de personnes à manifester contre la retraite à 64 ans. Je vous rappelle qu'il y avait une majorité de députés qui étaient contre la retraite à 64 ans. Je vous rappelle que toutes les organisations syndicales étaient contre la retraite à 64 ans. Et M. Macron et Mme Borne sont passés en force.

Donc à un moment, il ne faut pas ensuite s'étonner que les Françaises et les Français, ils se mettent en mouvement, ils passent à l'action. Et moi je souhaite que le 10 septembre prochain soit l'occasion d'une mobilisation populaire la plus large et la plus puissante possible, parce que je crois que c'est seulement comme ça qu'on pourra faire entendre raison à ce gouvernement et à ce pouvoir.

9:11
Présentateur

– Mais là vous êtes un peu seul dans cet appel à soutenir le 10 septembre. Enfin, il y a la France insoumise, il y a le Parti communiste, il n'y a pas de syndicat encore, ils se tiennent pour le moment assez éloignés, parce que ce mouvement est assez hétéroclite, on ne voit pas trop encore, on ne voit pas trop se concrétiser. Et puis les partis de souverainistes, certains disent un mouvement d'extrême droite qui est maintenant récupéré.

9:36
Manuel Bompard

– Oui, bon, d'abord je vais vous dire, pardon, je ne sais pas si c'est parce que vous étiez au raccord, vous avez le droit, mais il y a effectivement déjà des organisations syndicales locales qui appuient ce mouvement, il y a la France insoumise, il y a le Parti communiste, j'ai entendu les écologistes, j'ai vu une interview de Marine Tourdelay dire qu'elle appuyait aussi ce mouvement et cette mobilisation, donc personnellement je ne me sens pas du tout seul.

– D'ailleurs j'ai remarqué que sur l'une de vos antennes il y a quelques jours, vous avez fait un sondage pour savoir si oui ou non il fallait reverser le gouvernement et je crois qu'il y avait 70 ou 75% des Français qui appuyaient cette revendication. Donc moi seul avec 75% des Français, personnellement ça me va.

Pour le reste en ce qui concerne ce mouvement, ces revendications vont évidemment se préciser, ces modalités d'action vont évidemment se préciser, c'est à ce mouvement de le décider, ce n'est pas à nous de le décider, nous on est au service, à disposition de ce mouvement, mais je crois que les premières revendications qui émergent, le retrait de ce plan en Bayrou, le refus de la retraite à 64 ans, sont des revendications dans lesquelles on se retrouve pleinement et totalement.

10:35
Locuteur non identifié

– Manuel Bompard vous a appelé à un retour aux urnes, il y a des élections qui sont prévues dans quelques mois, ce sont les élections municipales. On dit que vous souhaitez conquérir un certain nombre de villes, quel est l'objectif de la France insoumise ? Combien de villes ? A quel niveau on pourra juger votre succès ou votre échec ?

10:50
Manuel Bompard

– Vous savez d'abord l'objectif de la France insoumise, ce n'est pas un objectif politicien, l'objectif c'est d'essayer de faire en sorte d'améliorer la vie des Françaises et des Français dans un certain nombre de communes. Et avec les élections municipales, c'est la possibilité d'avoir des mairies qui par exemple vont faire la gratuité de la cantine scolaire pour que les enfants pour qui parfois c'est le seul repas dans la journée puissent effectivement manger à leur faim, c'est d'avoir des mairies qui refusent qu'on confie au privé la gestion de l'eau, c'est le retour en régie publique de l'eau. Je prends ces deux exemples, mais il y en a bien d'autres.

On a publié un programme avec près de 400 propositions qu'on peut mettre en œuvre à l'échelle municipale. C'est d'abord ça notre objectif. Et notre objectif c'est qu'autour de ces propositions, puissent se bâtir des listes dans l'essentiel des communes.

11:38
Locuteur non identifié

– Des municipalités dans lesquelles la police municipale ne sera plus armée, c'est ce que nous avait dit Mathilde Panot, vous confirmez.

11:42
Manuel Bompard

– Mais Mathilde Panot a dit effectivement que de notre point de vue, la police municipale n'a pas vocation à se substituer aux prérogatives de la police nationale. Et la police nationale est armée, la police municipale c'est une police qui a vocation à faire de la médiation, de la tranquillité publique, et elle n'a pas vocation à être armée. Et vous savez, il y a beaucoup de communes aujourd'hui en France où la police municipale n'est pas armée, et c'est pas pour ça que les gens sont moins en sécurité que dans les autres communes.

Moi quand on essaye de me faire la leçon sur ce sujet, alors que ceux qui dirigent nos communes depuis des années et des années dans le champ politique sont ceux qui en permanence disent il faut plus d'armes, etc. alors que ça ne marche pas, que par exemple aujourd'hui aux Etats-Unis, dans un certain nombre de grandes villes, on est en train de remettre de la police de proximité non armée parce qu'on se rend compte que c'est ce qui est le plus efficace pour garantir la sécurité des Françaises et des Français, sincèrement je n'ai pas de leçon à recevoir de leur part pour assurer la sûreté, la sécurité et la tranquillité dans nos communes.

Je pense qu'on peut faire bien autrement que ce que font les municipalités en place et effectivement la France insoumise défend une doctrine tout à fait différente.

12:49
Présentateur

Donc ça veut dire pas de police municipale armée et plus de caméras de vidéosurveillance non plus ?

12:54
Manuel Bompard

Mais ça veut dire comme on l'a proposé, comme on a été d'ailleurs pas tout seul à gauche pendant des années et des années à proposer, de faire d'abord un moratoire, c'est-à-dire de ne pas déployer des caméras de vidéosurveillance supplémentaires parce que pardonnez-moi de vous le dire, mais toutes les études, moi je veux bien qu'on parle de ce sujet, mais il faut en parler de manière sérieuse. Il y a eu une enquête de la gendarmerie qui a été faite il y a quelques années sur les caméras de vidéosurveillance, ça coûte très cher, ça n'aide pas à prévenir des problèmes qui mettent en danger la sécurité des Françaises et des Français.

Et plutôt que des caméras de vidéosurveillance, je préfère avoir des effectifs humains qui sont beaucoup plus efficaces pour garantir cette sécurité. Donc moi je veux bien qu'on continue dans les mauvaises solutions pour essayer de s'attirer les bonnes grâces médiatiques, mais pardonnez-moi, moi je pense que le sujet c'est qu'est-ce qu'on fait d'efficace pour que quel que soit l'endroit, la ville, la commune dans laquelle on habite, on puisse vivre en paix et en sécurité. Et ce n'est pas avec les solutions qui sont mises en œuvre aujourd'hui dans l'essentiel des communes qu'on va y parvenir.

Parce que le bilan n'est pas fameux sur ce sujet, et pourtant ce n'est pas la France Assoumise qui dirige ces communes aujourd'hui.

14:04
Présentateur

Alors on a parlé de ce que vous voudriez faire et de ce que vont faire vos candidats, parce que si j'ai plus l'impression, ils auront quand même une espèce de programme commun, de ligne directrice pour les prochaines élections municipales. – Évidemment. – Voilà, il y a l'un de vos partenaires à gauche, enfin je ne sais pas si il est partenaire, c'est Raphaël Glucksmann, qui parle de 2027, vous évoquiez l'élection présidentielle anticipée, c'est votre souhait, et qui dit qu'il faut deux offres politiques à gauche qui ne sont pas solubles l'une dans l'autre. Il dit qu'il faut se rappeler qu'en 1981, si Mitterrand a gagné, c'est parce qu'il se distinguait des communistes.

Voilà, il ne faudra pas qu'il y ait une candidature commune en 2027. Qu'est-ce que vous répondez, Raphaël Glucksmann ?

14:41
Manuel Bompard

– Il a au moins le mérite de la franchise et de l'honnêteté, parce que je pense que celles et ceux qui essayent de faire croire que s'il devait y avoir demain une primaire, M. Glucksmann pourrait soutenir le candidat de la France insoumise pour l'élection présidentielle, je pense font preuve d'une certaine hypocrisie. M. Glucksmann n'est pas d'accord avec le cœur du programme de la France insoumise, n'est pas d'accord d'ailleurs avec le cœur du programme du nouveau Front populaire que nous avons défendu lors des dernières élections législatives, c'est son droit, et nous sommes en démocratie.

À partir du moment où il n'est pas d'accord, il a tout à fait effectivement la liberté de présenter sa propre candidature.

15:18
Présentateur

– Donc vous êtes OK pour deux candidatures en 2027 ?

15:22
Manuel Bompard

– Je suis OK, ce n'est pas à moi de le décider, mais qui serait-je pour dire à M. Glucksmann qui ne peut pas présenter sa candidature ? Ensuite c'est la démocratie, c'est les électrices et les électeurs qui trancheront. Si les électrices et les électeurs veulent revenir à la gauche de François Hollande qui a très largement désespéré les Françaises et les Français qui a conduit à ce que la gauche perde quasiment 20 points dans les élections après le mandat de François Hollande, libre à eux. Je ne crois pas que c'est ce qu'ils voudront faire, mais c'est le chemin que leur propose M. Glucksmann.

Nous ne leur proposerons pas ce chemin et nous proposons un chemin alternatif qui est dans la continuité des différentes campagnes de Jean-Luc Mélenchon aux différentes élections présidentielles, dans la continuité du programme que nous avons défendu aux élections législatives avec la NUPES et le nouveau Front Populaire. Nous, nous restons fidèles aux engagements que nous avons pris devant les électrices et les électeurs et nous les porterons dans les prochaines échéances qu'elles soient législatives ou présidentielles en 2027 ou avant. Encore deux, trois questions, Emmanuel Bompard.

16:18
Présentateur

Le président de la République s'est attiré les foudres de Benyamin Netanyahou parce qu'il va reconnaître, la France va reconnaître l'État de Palestine. Benyamin Netanyahou, le Premier ministre israélien, l'accuse d'alimenter le feu de l'antisémitisme. Vous êtes derrière le chef de l'État dans cette reconnaissance de l'État palestinien ?

16:36
Manuel Bompard

Évidemment qu'il faut reconnaître l'État de Palestine et ça fait depuis des mois et des mois que nous le demandons. Vous savez, il y a une majorité des États dans le monde qui reconnaissent cet État et aujourd'hui on est dans une situation où le gouvernement d'extrême droite de M. Netanyahou s'apprête à annexer complètement la bande de Gaza, s'apprête à poursuivre ses politiques d'annexion en Cisjordanie et à rendre tout à fait impossible l'existence d'un État de Palestine. Donc évidemment qu'il faut reconnaître l'État de Palestine et il n'y a pas besoin d'attendre, je ne sais quelle conférence pour le faire, il faut le faire immédiatement.

Mais il ne suffira pas de reconnaître l'État de Palestine pour mettre un terme au génocide à Gaza. Il faut prendre d'autres mesures, il faut infliger des sanctions contre le gouvernement de M. Netanyahou, il faut rompre les coopérations économiques, notamment cet accord d'association qui existe aujourd'hui entre l'Union européenne et l'État d'Israël. Il faut utiliser tous les moyens à notre disposition pour peser sur M. Netanyahou et pour en finir avec ce drame humanitaire que l'on vit aujourd'hui à Gaza. Quant à M. Macron, si vous voulez, c'est un peu l'arroseur arrosé.

Pendant des mois et des mois, ils ont utilisé l'accusation en antisémitisme contre la France insoumise qui défendait la fin des massacres en Gaza. Et bien maintenant, il est victime en quelque sorte de ses propres turpitudes. Mais vous savez, l'antisémitisme est un fléau malheureusement suffisamment grave pour qu'il soit combattu sans être instrumentalisé comme le fait aujourd'hui le gouvernement de M. Netanyahou.