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InterviewRassemblement National (sur YouTube)· 20 janvier 2026 18 minContradictoireActualité / polémiqueÉconomie & entreprisesInstitutions & électionsJusticeDéfense

Jean-Philippe Tanguy : "Les députés RN voteront la censure !" (BFMTV)

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 30 %Attaque 60 %Défensif 10 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 90 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:35OuverteRéponse directe

    Est-ce qu'il faut prendre au sérieux cette question-là ? Et est-ce que notre économie, au fond, n'est pas déjà fragilisée ?

  • 2:11RelanceRéponse partielle

    Ça veut dire quoi tenir concrètement ? Est-ce que ça veut dire qu'il faut qu'on soit prêts à augmenter du même genre de proportions les droits de douane sur les produits que nous importons des États-Unis ?

  • 3:03RelanceRéponse directe

    Mais alors du coup, on fait quoi ? Ce qu'on m'en parle, vous dites, il faut tenir.

  • 3:20OuverteRéponse directe

    Est-ce que vraiment, on a les moyens de résister sans nous tirer à nous-mêmes une balle dans le pied ?

  • 3:50FerméeRéponse directe

    L'idée, c'est d'abaisser le seuil. Ce que vous avez voté, c'était un amendement de la France Insoumise avec l'idée de baisser le seuil de déclenchement de l'impôt minimum sur les bénéfices des multinationales.

  • 4:40FerméeRéponse directe

    Vous parlez du Mercosur ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:46Invité politiqueFait
    « Oui, malheureusement, vous avez raison, il faut prendre au sérieux ce que dit Donald Trump depuis le début. »
  • 1:05Invité politiqueFait
    « on se retrouvait, il faut bien le dire, en tout cas le gouvernement de M. Macron et le reste de l'Europe, désemparés face à quelqu'un qui assume des positions très dures pour ses alliés. »
  • 1:14Invité politiqueFait
    « se soumettre comme le Danemark, qui était un des alliés les plus alignés sur les intérêts américains depuis la guerre froide, ça ne lui a pas apporté d'une protection particulière par rapport aux États-Unis. »
  • 3:35Invité politiqueChiffre
    « nous a reproché d'avoir voté, soi-disant, une taxe de 16 milliards d'euros. Ce n'était pas une taxe, c'était une mesure de justice fiscale qui obligeait les entreprises américaines, les multinationales américaines à payer leurs justes impôts en France. »
  • 4:02Invité politiqueFait
    « Exactement. Parce qu'en fait, elles ne paient pas le même impôt que les entreprises françaises, grandes ou petites d'ailleurs. »
  • 4:17Invité politiqueFait
    « D'ailleurs, c'était prévu par les règles de l'OCDE. Donald Trump s'est retiré l'été dernier de ces règles de justice fiscale. »
  • 5:14Invité politiquePromesse
    « Oui, il faut le faire vite, oui. L'Europe ne sait pas agir vite, mais là, il faut le faire vite. »
  • 7:06Invité politiquePromesse
    « Mais je suis sûr qu'il y aura des hausses d'impôts. »
  • 7:18Invité politiqueFait
    « Et puis on a appris d'ailleurs hier, que le PER, le plan épargne retraite, serait bel et bien taxé comme le Rassemblement National. »
  • 10:28Invité politiqueFait
    « Alors, on nous dit maintenant, vous savez, c'est toujours pareil, on présente des choses totalement délirantes et après, on a l'impression qu'en reculant, c'est moins pire. »
  • 10:33Invité politiqueChiffre
    « Ah, ce n'est pas grave, il va descendre à 5. Mais 5% du PIB, enfin, Mme de Maler, vous vous souvenez des débats il y a 10 ans, passer les 3%, les 3,5% en période de crise économique, c'était déjà scandaleux. »
  • 10:51Invité politiqueFait
    « la dette française est en effet boule de neige. C'est quoi une boule de neige ? Lors la boule de neige, avec le temps, est grossi, est grossi, est grossi. »
  • 11:01Invité politiqueFait
    « Sans rien faire, c'est moins qu'on puisse dire malheureusement, avec des taux d'intérêt très importants qui font que la dette va étouffer les services publics de la France. »
  • 11:10Invité politiqueChiffre
    « On est aujourd'hui à des intérêts de la dette qui coûtent 70, 75 milliards d'euros. »
  • 16:01Invité politiqueFait
    « C'est M. Lombard qui dit la vérité. »
  • 16:12Invité politiqueFait
    « Ce n'est pas qu'il ne paie rien, c'est qu'il ne paie pas, il paie une somme dérisoire par rapport à ce qu'il devrait payer. »

Temps de parole

  • Jean-Philippe Tanguy72 %
  • Présentateur28 %

1,7 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Présentateur

Bonjour Jean-Philippe Tanguy, député RN, bonne année encore, tout à fait, ne nous privons pas. Elle commence très fort quand même cette année, on peut le dire. Alors, il y aura sans doute un budget, finalement, 49-3 aujourd'hui. Vous-même, vous êtes député RN de la Somme, membre de la Commission des Finances, le métier budget et économie du RN, je vais évidemment vous faire réagir à ce fameux budget qui atterrit donc aujourd'hui avec ce 49-3, mais je voudrais d'abord vous interroger sur les déclarations fracassantes de Donald Trump cette nuit, qui menace la France d'imposer donc des droits de douane de 200% sur les vins et les champagnes français.

Est-ce qu'il faut prendre au sérieux cette question-là ? Et est-ce que notre économie, au fond, au moment même où on est en train de tenter de trouver un cadre budgétaire, n'est pas déjà fragilisée ?

0:46
Jean-Philippe Tanguy

Oui, malheureusement, vous avez raison, il faut prendre au sérieux ce que dit Donald Trump depuis le début. C'est vrai que le commentaire de la campagne de Donald Trump, de la première campagne, de la deuxième surtout, était assez consternant parce qu'au lieu de se préparer éventuellement à l'arrivée au pouvoir de quelqu'un qui voulait utiliser les droits de douane, qui voulait faire de la réelle politique la plus durement possible, on se retrouvait, il faut bien le dire, en tout cas le gouvernement de M. Macron et le reste de l'Europe, désemparés face à quelqu'un qui assume des positions très dures pour ses alliés. Et on voit bien que se soumettre, parce que M.

Macron, sur le cas du Venezuela, a été très complaisant et en tout cas n'a pas du tout défendu la tradition, comment dire, d'habitude de la France sur l'indépendance nationale, ça ne l'apporte aucun avantage. C'est-à-dire que se soumettre comme le Danemark, qui était un des alliés les plus alignés sur les intérêts américains depuis la guerre froide, ça ne lui a pas apporté d'une protection particulière par rapport aux États-Unis. Il faut toujours défendre strictement ses intérêts, son indépendance et son honneur en politique internationale.

C'est-à-dire faire des compromissions en pensant que s'affaiblir ou s'appauvrir va vous donner des avantages, ça ne fonctionne pas, donc il faut tenir, il faut tenir et ça va sans doute effectivement être difficile pour une économie française qui a déjà des difficultés, parce que je pense que Donald Trump, sauf si la Cour suprême intervient pour mettre fin à ses droits de douane unilatéraux, et la décision est imminente du côté des États-Unis, il va falloir tenir, parce qu'on ne va pas céder évidemment, on ne va pas s'abaisser.

2:11
Présentateur

Ça veut dire quoi tenir concrètement Jean-Pierre ? Est-ce que ça veut dire qu'il faut qu'on soit prêts, nous, à augmenter du même genre de proportions les droits de douane sur les produits que nous importons des États-Unis, quitte à ce que ça fasse monter l'inflation ? Parce qu'il faut quand même dire les choses. Tout cela fera monter l'inflation pour les consommateurs et les frais français.

2:28
Jean-Philippe Tanguy

Sur les importations américaines, je ne suis pas sûr qu'il y ait de l'inflation importée par rapport aux catégories de produits qu'on importe et aussi au bénéfice des réseaux sociaux. Parce qu'en fait, le grand enjeu de la balance commerciale États-Unis-France, c'est beaucoup de services numériques, beaucoup de logiciels, beaucoup de brevets de valeurs intellectuelles. Au quotidien, vous ne consommez pas beaucoup américains, vous n'achetez pas beaucoup de made in America. Vous allez peut-être consommer McDonald's et il y aura une licence, il y aura des royalties que McDonald's paie aux États-Unis par exemple. C'est beaucoup d'une forme d'immatérialité.

3:03
Présentateur

Mais alors du coup, on fait quoi ? Ce qu'on m'en parle, vous dites, il faut tenir.

3:06
Jean-Philippe Tanguy

Non, mais si, déjà, vous me demandez ce qu'il y aura de l'importation importée.

3:09
Présentateur

Si vous parlez de McDonald's, prenons l'exemple de McDonald's, évidemment emblématique, mais en même temps, la réalité, c'est que McDonald's en France, ce sont des entreprises françaises, avec des patrons français, ce sont des franchises, ce sont des employés français. Est-ce que vraiment, on a les moyens de résister sans nous tirer à nous-mêmes une balle dans le pied ?

3:26
Jean-Philippe Tanguy

Non, mais au contraire, finalement. Parce que vous voyez, l'affaire de McDonald's, on verse des royalties essentiellement aux États-Unis. C'était l'enjeu de la fameuse mesure de lutte contre la fraude fiscale qu'on nous a tout reproché, que Mme de Montchalin, je l'ai encore entendu hier matin chez vous, nous a reproché d'avoir voté, soi-disant, une taxe de 16 milliards d'euros. Ce n'était pas une taxe, c'était une mesure de justice fiscale qui obligeait les entreprises américaines, les multinationales américaines à payer leurs justes impôts en France. Or, elles s'organisent massivement pour ne pas payer leurs justes impôts en France.

3:52
Présentateur

L'idée, c'est d'abaisser le seuil. Ce que vous avez voté, c'était un amendement de la France Insoumise avec l'idée de baisser le seuil de déclenchement de l'impôt minimum sur les bénéfices des multinationales.

4:02
Jean-Philippe Tanguy

Exactement. Parce qu'en fait, elles ne paient pas le même impôt que les entreprises françaises, grandes ou petites d'ailleurs. Donc, si on applique, ce n'est même pas une mesure de rétorsion, c'est juste la justice fiscale, on ne peut pas plus énerver les États-Unis. De toute façon, ils sont déjà sur une attitude hostile. Donc, allons-y quoi. Donc, appliquons des mesures de justice. D'ailleurs, c'était prévu par les règles de l'OCDE. Donald Trump s'est retiré l'été dernier de ces règles de justice fiscale. Et il faut appliquer ces mesures parce que ce sera bénéfique, en fait, pour la France et pour l'Europe d'une manière générale. Elle doit se réarmer.

Vous voyez bien que quand Mme Verdalein va à Washington, fait un accord extrêmement défavorable à l'Europe, pardon, en pensant que faire plaisir aux États-Unis... Vous parlez du Mercosur ? Non, non, vous savez de l'accord commercial qui est allé négocier Mme Verdalein quand M. Trump a menacé déjà de rétorsion et de droits de douane extrêmement importants. Mme Verdalein a été si faible sur les intérêts européens que l'accord que nous avons négocié était moins favorable que l'accord que la Suisse a obtenu.

Donc si la Suisse, que je respecte énormément, mais qui est un petit pays avec une petite population, arrive à négocier un meilleur accord parce qu'il ne lâche rien par rapport à Vendalein, c'est que la stratégie européenne envers les États-Unis...

5:10
Présentateur

Il faut sortir le fameux bazooka, comme on dit, c'est-à-dire ces mesures de rétorsion. Pour vous, vous y êtes favorable et il faut le faire vite ?

5:14
Jean-Philippe Tanguy

Oui, il faut le faire vite, oui. L'Europe ne sait pas agir vite, mais là, il faut le faire vite. C'est ce qu'a dit Jordan Bardella sur le cas du Groenland. On ne peut pas laisser un de nos alliés se faire attaquer de cette façon, on ne peut pas laisser une part, ce n'est pas le territoire de l'Union européenne, mais c'est un territoire associé à l'Union européenne, être littéralement acheté ou littéralement envahi, même si c'est un allié, parce que ce sera une nouvelle étape dans ce nouveau désordre mondial où la loi du plus fort n'existe sans limite. Alors on va me dire, oui, c'est naïf, il y a toujours eu la loi du plus fort.

Oui, évidemment, moi je fais partie de l'école, et le Rassemblement National fait partie de l'école de la réelle politique. On n'est pas iréniste, on ne croit pas que le droit résout toutes les solutions. Mais le droit encadre la loi du plus fort, encadre les rapports de force et permet de réguler ce qui sinon ne l'est plus du tout. Il n'y a plus aucune limite. Ce qu'on dit, le Venezuela, c'est normal de se débarrasser de Maduro, c'est un dictateur, c'est un salaud. Oui, bien sûr, c'est un dictateur et on est mieux sans lui qu'avec.

Mais vous voyez bien que dès qu'on franchit une limite, tout tombe les uns après les autres et on se comporte avec le gentil Danemark comme ils se sont comportés avec le méchant Venezuela.

6:16
Présentateur

Jean-Philippe Tanguy, pendant ce temps-là, 49-3 cet après-midi, engagé par Sébastien Lecornu, est-ce que vous vous dites quand même au fond de vous, enfin ?

6:27
Jean-Philippe Tanguy

Non, pas du tout. Pas du tout, parce que je comprends. D'ailleurs, la dernière fois que j'étais venu juste la veille de Noël, j'avais alerté à ma petite place les Français en disant la stratégie de M. Lecornu est de vous épuiser. C'est de vous fatiguer, c'est de fatiguer l'opinion publique, c'est de faire traîner les choses, parce qu'en fait, ils auraient pu s'arranger bien avant en commission mixte paritaire avec les socialistes, s'ils avaient voulu, pour que l'inacceptable devienne tolérable.

C'est-à-dire que c'est vrai que les gens, moi je comprends, quand vous avez un métier, une famille, des obligations, des difficultés financières pour boucler les fins de mois, voir les politiciens qui s'agitent à Paris, qui se chamaillent, vous dites qu'ils nous fatiguent, on n'en peut plus. Et donc on finit par dire, bon allez, on passe à autre chose. Mais le problème, c'est qu'on va avoir la copie finale. Mais je suis sûr qu'il y aura des hausses d'impôts. Je ne vois pas comment c'est possible que les hausses d'impôts ne concernent que les multinationales. C'est ce qui s'est passé sur la sécurité sociale. On a dit, dormez brave gens, il n'y aura pas d'impôt sur l'épargne.

Et puis on a appris d'ailleurs hier, que le PER, le plan épargne retraite, serait bel et bien taxé comme le Rassemblement National.

7:23
Présentateur

L'augmentation effectivement des taxes sur l'épargne des Français, notamment le plan d'épargne retraite, avec la hausse de la CSG notamment. Mais vous aviez dit, Jean-Philippe Tanguy, et je vous cite, vous aviez dit, il n'y a pas d'avancée dans cette Assemblée, vu le poids du RN, sans qu'on les vote et sans qu'on les veuille. On fait concrètement avancer certaines promesses que les socialistes eux-mêmes n'auraient pas pu faire respecter sans nous.

7:45
Jean-Philippe Tanguy

Alors j'avais dit ça sur les retraites. Alors j'avais dit ça sur les retraites. C'est-à-dire que nous, les retraites, on avait un engagement. On ne va pas se dédire. Nous, si on peut gagner des mois de vie et de retraite pour des gens qui travaillent dur, on ne va quand même pas le savoyer.

7:57
Présentateur

Il y a eu des moments où ça vous arrangeait finalement, que les socialistes poussent ?

7:59
Jean-Philippe Tanguy

Non, ce n'est pas que ça nous arrange, c'est que c'est concomitant. On ne va pas dire le contraire de ce qu'on dit aux élections pour embêter les socialistes. Sauf que nous, on ne voulait pas que ce soit payé par du déficit ou par des impôts. On a proposé des économies. Alors on est d'accord, on n'est pas d'accord.

8:16
Présentateur

Mais les entreprises, pour vous, c'était OK ? Parce qu'on a effectivement parlé de cet impôt sur le bénéfice des multinationales que vous avez contribué à augmenter. C'était un amendement pourtant qui venait de la France insoumise. Pareil pour un amendement sur les rachats d'actions. Là, pour le coup, c'était de votre côté. Ça, ça avait fait hurler les entreprises. Un autre amendement du groupe LFI également qui instaurait, je cite, une taxe exceptionnelle sur les super dividendes. Et là, vous vous êtes abstenu sciemment pour que ça passe. Il y a quand même un certain nombre de points voulus par LFI dont vous étiez au minimum complice.

8:50
Jean-Philippe Tanguy

Ce n'est pas qu'on est... Complice, c'est des mesures de...

8:52
Présentateur

Complice, ce que je dis complice, c'est quand vous... Non, mais on ne vote jamais. On ne vote jamais. On ne vote pas pour, mais en même temps, comme on s'abstient, on fait en sorte que ça passe.

8:59
Jean-Philippe Tanguy

En fait, on avait notre propre mesure pour lutter contre certains abus des dividendes. Mais nous, on n'est pas des hypocrites. On n'est pas des faux-culs. C'est-à-dire que s'il y a une mesure...

9:07
Présentateur

Ce n'est pas hypocrite, ça, de ne pas voter,

9:09
Jean-Philippe Tanguy

mais en même temps de faire en sorte que ça passe ? Non, parce que vous avez une mesure qui, dans la philosophie, est proche, techniquement, est différente. Donc, vous dites... Bon, philosophiquement, je ne vais pas vous dire que je suis contre la taxation des super-dividends des surdivins, puisque c'est dans le programme de Marine Le Pen et de tous les députés qui ont été élus. Donc ça, c'est l'attitude de la gauche ou des autres partis, de dire, oui, bon, le RN, ils ont raison, on n'est pas d'accord sur une virgule, donc on vote contre. Les gens ne supportent pas ça.

Sincèrement, je pense qu'ils ne le supportent pas et je pense qu'ils sont d'accord pour qu'on vote selon la philosophie et pas selon les partis. Et, par contre, la condition de ces votes, Madame de Malherbe, c'était de baisser massivement les impôts sur les classes moyennes et les entreprises.

9:43
Présentateur

Vous dites, on attend la copie. Vous pensez encore qu'il est possible que les impôts sur les classes moyennes, c'est ce qu'affirmait hier à ce micro la ministre du Budget. Elle a dit, les classes moyennes seront épargnées.

9:55
Jean-Philippe Tanguy

Elle attend de voir la copie finale. En tout cas, sur la sécurité sociale, elles n'ont pas été épargnées.

10:00
Présentateur

Si tel était le cas, est-ce que vous pourriez encore ne pas voter la censure ?

10:04
Jean-Philippe Tanguy

Ah non, mais on votera forcément la censure parce qu'il y a le deuxième aspect de tout cela. C'est que les impôts n'ont pas baissé. Puisque la différence avec la gauche, évidemment, c'est que nous, les quelques hausses d'impôts que l'on soutient étaient contrebalancées par des baisses d'impôts massives qui faisaient que le solde était de 20 milliards, le solde de baisse d'impôts. Et le deuxième aspect, c'est l'état du déficit. Alors, on nous dit maintenant, vous savez, c'est toujours pareil, on présente des choses totalement délirantes et après, on a l'impression qu'en reculant, c'est moins pire. Donc, on dit, oui, le déficit était à 5,6%, 5,7% du PIB.

Ah, ce n'est pas grave, il va descendre à 5. Mais 5% du PIB, enfin, Mme de Maler, vous vous souvenez des débats il y a 10 ans, passer les 3%, les 3,5% en période de crise économique, c'était déjà scandaleux. Et maintenant, on nous présente 5% comme une mesure... Hors crise économique. Hors crise économique, comme une mesure de bonne gestion. Qu'est-ce que ça veut dire concrètement ? Ça veut dire qu'aujourd'hui, la dette française est en effet boule de neige. C'est quoi une boule de neige ? Lors la boule de neige, avec le temps, est grossi, est grossi, est grossi. Donc la dette, c'est ça aujourd'hui. On grossit de 70 milliards d'euros par an, on s'endette à des taux...

11:00
Présentateur

Sans rien faire. C'est ça que je voulais dire.

11:02
Jean-Philippe Tanguy

Sans rien faire, c'est moins qu'on puisse dire malheureusement, avec des taux d'intérêt très importants qui font que la dette va étouffer les services publics de la France. On est aujourd'hui à des intérêts de la dette qui coûtent 70, 75 milliards d'euros.

11:13
Présentateur

Mais le fait que vous censuriez ce budget ne va pas rendre les choses plus faciles.

11:18
Jean-Philippe Tanguy

Ça veut dire qu'on accepte l'inacceptable. Mais nous, on n'accepte pas l'inacceptable. Mais votre censure

11:23
Présentateur

ne va pas pour autant rendre la France plus vertueuse. Mais à cause des... Ça aura un autre effet, c'est qu'il n'y aura pas, du coup, de budget. C'est ce qui fait dire à Sébastien Lecornu que vous êtes des saboteurs et des artisans du chaos.

11:35
Jean-Philippe Tanguy

Mais ça, c'est pas possible. Vraiment, j'ai été très choqué, vraiment, par le mensonge de M. Lecornu. Pourquoi ? Les députés RN, je le regrette...

11:41
Présentateur

Ils disent que c'est de votre faute,

11:41
Jean-Philippe Tanguy

RN et LFI. Non, mais c'est toujours de notre faute. De toute façon, tout ce qui arrive en France c'est notre faute, alors qu'on n'a jamais gouverné. C'est comme un peu particulier. Mensonge, dites-vous. Oui, c'est un mensonge. Pourquoi ? Les députés RN, on est 25%. Voilà, c'est tout. On est 25% de l'Assemblée nationale et la petite coalition de M. Lecornu, ils sont 52%. Donc, il faut arrêter de prendre les gens pour les imbéciles, ce qu'ils ne sont pas. S'ils s'étaient entendus, ils battaient le RN. Si le RN a pu faire passer des choses, c'est que déjà, on était plus mobilisés qu'eux.

Parce que, par exemple, les économies sur les collectivités territoriales, que tout le monde trouve scandaleux, alors qu'évidemment, nous, on dit, il faut baisser les dépenses des régions et des intercommunalités. On le vote. Et après, on nous le reproche. Eux, ils votent la maie d'économie et ils sont capables d'assumer quoi que ce soit. Ce jour-là, le groupe RN, à lui seul, était plus présent que tous les autres groupes de l'Assemblée nationale. Est-ce que vous vous rendez compte que des géants qui disent oui, c'est très grave le budget, ils ne sont même pas là pour siéger, pour honorer leur mandat.

Les députés de gouvernement ne sont pas là et après, ils disent que le budget, c'est très grave. Ils ont été incapables, Madame de Malherbe, aussi bien à l'automne, en hiver qu'aujourd'hui, d'être suffisamment nombreux pour gagner le moindre vote. Le moindre vote. Il n'y a pas un seul vote, on en revient à votre phrase, qui n'était pas arbitré par le RN, entre la gauche et les macronistes et l'ER, parce que c'est nous qui sommes présents et qui siégeons de manière plus nombreuse. Mais à la fin,

12:54
Présentateur

ça veut donc bien dire que vous avez une part de responsabilité. Vous ne pouvez pas vous en défausser.

12:58
Jean-Philippe Tanguy

Mais nous, on a une responsabilité, mais on assume nos votes. On n'est pas d'accord, on n'assume pas. On assume tout. Moi, j'assume des économies sur les régions, sur les intercommunalités. Par contre, je n'assume pas que Mme Monchalin vienne mentir à votre antenne en disant qu'on a voté contre les petites communes. Parce que vous voyez cette attitude qui consiste à utiliser le malheur et les difficultés des petites communes pour protéger les barons, les métropoles, les grandes régions qui n'ont aucune difficulté qui peuvent faire des économies. C'est insupportable parce que c'est toujours ce qu'ils font.

Là, ils vont faire passer le budget en disant qu'on augmente la prime d'activité pour les personnes qui ont des salaires modestes. Ça vous est court quand même, non ? Oui, bien sûr. Ce que j'allais vous dire. Oui, mais qui peut être contre ? Sauf que, bien sûr, le repas en euros pour les étudiants. Moi, j'ai été étudiant où il y a des jours, effectivement, on ne mange pas sa faim. C'est vrai, quand on a des difficultés. Qui est contre ? OK. Mais donc, on doit accepter le fait qu'il ne fasse pas d'économie et que le déficit soit complètement hors contrôle.

13:45
Présentateur

C'est quoi ? C'est une manière de moralement vous faire un chantage ?

13:47
Jean-Philippe Tanguy

Bien sûr. Madame de Montchalin nous avait fait exactement le même coup à l'automne pour sa loi de fin de gestion. La loi de fin de gestion, je suis désolé, c'est un terme technique, c'est la loi qui acte la fin de l'année budgétaire. Donc, il nous dit oui, il y a 25 milliards de hausse d'impôts. Vous devez accepter parce que sinon, on ne peut pas payer l'allocation adulte handicapé. C'est ce qu'elle nous a dit mot pour mot. Tout le monde peut vérifier si c'était public. Vous vous rendez compte du niveau de cynisme de dire oui, oui, vous devez accepter que le déficit soit dans le décor, qu'on augmente les impôts parce que sinon, on ne peut pas payer l'allocation adulte handicapé.

Mais qu'est-ce que c'est que ce comportement ?

14:15
Présentateur

Le budget, le budget de la défense, vous le disiez à l'instant lorsqu'on parlait de Donald Trump et de la question du Groenland, vous disiez, il faut que la France se réarme, il faut que l'Europe aussi se réarme. Vous le savez, et ils le disent, si ce budget n'aboutit pas, le budget de la défense qui en est l'un des sous-chapitres n'aboutira pas non plus. Est-ce que de ce point de vue-là, vous n'avez pas une responsabilité en décidant de censurer ce gouvernement sur le budget ?

14:40
Jean-Philippe Tanguy

Non, parce que ce budget ne peut pas céder à un chantage. C'est tout, c'est simple. Ça veut dire qu'il faudrait tout accepter, y compris les choses inacceptables qui abîment la France, parce qu'il y a une hausse du budget militaire. Nous, on a toujours soutenu les hausses du budget militaire, mais c'est au gouvernement d'être responsable en ne présentant pas des mesures de déséquilibre. Des mesures de déséquilibre, Madame de Malherbe, qui correspondent à ses engagements. Ils ont été élus sur le redressement des finances publiques et après, ils nous reprochent à nous de vouloir tenir les finances publiques.

15:05
Présentateur

Pour vous, les 5%, c'est-à-dire lorsque Amélie de Montchalin affirme ici-même hier que ce budget respectera effectivement 5% de déficit, ça n'est pas suffisant ?

15:14
Jean-Philippe Tanguy

Ce n'est pas du tout suffisant puisque la dette continue d'augmenter. Ça veut dire que l'année dernière, vous recevrez celui qui sera ministre des comptes publics ou elle, si c'est Madame de Montchalin encore, qui viendra pleurnicher sur le fait que les intérêts augmentent. Ils augmenteront là. C'est mathématique, c'est imparable. Aujourd'hui, ce budget fait que l'année prochaine, on votera plus d'intérêts

15:29
Présentateur

qu'il y a de la dette qu'aujourd'hui. Autre point, la question des impôts des plus riches. Éric Lombard, l'ancien ministre de l'économie, affirme que des milliers de contribuables très fortunés ne payent pas ou presque pas d'impôts sur le revenu. La ministre du Budget dit que c'est faux. Ils payent tout de même une partie. Et ceux qui, effectivement, étaient cachés dans une holding ou mélangés à des biens soi-disant professionnels pour échapper à l'impôt sur le revenu, nous les avons traqués et désormais, ça ne sera plus le cas. Qui dit vrai ?

16:01
Jean-Philippe Tanguy

C'est M. Lombard qui dit la vérité. M. Coquerel, le président de la commission des finances, il n'est pas de mon bord politique, mais je suis obligé de reconnaître que moi, s'il dit la vérité, il dit la vérité. Ce n'est pas qu'il ne paie rien, c'est qu'il ne paie pas, il paie une somme dérisoire par rapport à ce qu'il devrait payer. Et on en revient à votre question sur la justice fiscale. Nous, on n'a pas voté des mesures, à part les rachats d'actions, d'augmentation des impôts. C'était des mesures qui améliorent la fiscalité pour qu'elles soient plus justes, plus durables et qu'elles soient acceptées. Parce qu'aujourd'hui, qu'est-ce qui paie l'essentiel des impôts ?

Ce n'est pas effectivement les milliardaires les plus aisés des Français, c'est les classes moyennes supérieures. C'est ceux qui, aujourd'hui, qui paient vraiment beaucoup d'impôts par rapport à ses revenus. Proportionnellement, c'est les classes moyennes. Vous êtes médecin, vous êtes notaire, vous êtes avocat. Alors oui, vous gagnez bien votre vie, vous n'êtes pas à plaindre par rapport évidemment à des gens qui ont le SMIC ou des revenus pas modestes. Mais vous payez vraiment beaucoup d'impôts. Et c'est un problème parce qu'effectivement, les plus favorisés en paient moins. Il faut rétablir cette justice sociale.

16:56
Présentateur

Jean-Philippe Tanguy, Marine Le Pen sera à la barre aujourd'hui. On a l'impression que sa nouvelle défense, c'est en quelque sorte faute avouée à moitié pardonnée.

17:05
Jean-Philippe Tanguy

Non, je ne crois pas. Je crois que... Voilà, moi je ne suis pas au procès. Donc, je reste beaucoup d'humilité là-dessus. Que Marine Le Pen et les autres provenus d'ailleurs ont les moyens de se défendre et ont l'impression de pouvoir donner leurs arguments et d'être entendus. Voilà, que le procès se passe de manière équitable.

17:21
Présentateur

Vous pensez que ce sera le cas ?

17:22
Jean-Philippe Tanguy

Pour le moment, c'est le cas. Voilà, ça a l'air d'être le cas. Moi, je n'y suis pas. Mais les retours que j'ai, c'est que c'est le cas. C'est qu'on peut s'exprimer, on peut défendre des arguments. On doit se justifier évidemment sur un certain nombre de choses. Mais c'est vraiment un nouveau procès avec des nouveaux magistrats, aussi bien juge du siège que procureur. Et visiblement, en tout cas, les débats sont de bonne tenue. Vous êtes donc plus confiant peut-être sur l'issue ? Oui, oui, je ne suis plus confiant. Mais j'ai toujours été confiant, vous le savez, parce que j'interviens régulièrement chez vous et je vous en remercie.

Moi, je pense, du fond de moi-même, j'ai l'intime conviction que Marine Le Pen est innocente. Donc, j'ai toujours été confiant sur le fait qu'elle arrive à prouver son innocence.