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Conférence de presseÉlysée (sur YouTube)· 4 septembre 2019 29 minComplaisantFond programmatiqueRetraitesEurope & internationalTravail & emploiÉducation & recherche

Compte-rendu du séminaire gouvernemental du mercredi 4 septembre 2019

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 85 %Attaque 5 %Défensif 10 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 92 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 15:01OuverteRéponse directe

    Un ministre candidat aux municipales peut-il faire campagne tout en restant ministre ?

  • 16:00OuverteRéponse directe

    Un ministre élu maire peut-il cumuler les deux fonctions ?

  • 17:00OuverteRéponse partielle

    Être maire d'une petite commune prend-il moins de temps qu'une grande ?

  • 18:00OuverteRéponse directe

    La réforme des retraites reprendra-t-elle les propositions des Français ?

  • 19:00OuverteRéponse directe

    Les syndicats seront-ils consultés sur une éventuelle consultation citoyenne ?

  • 20:00OuverteRéponse directe

    Des changements sont-ils prévus dans les politiques de sécurité et immigration ?

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

... -S.

Ndiaye: Bonjour à tous. J'imagine votre surprise en me voyant, mais sachez que le Premier ministre me rejoindra dans quelques instants. Je vais commencer ce compte rendu du Conseil des ministres qui avait une particularité aujourd'hui d'être également un séminaire du gouvernement.

Et donc, je vous ferai le compte rendu de la partie Conseil des ministres tandis que le Premier ministre aura l'occasion de revenir sur le séminaire du gouvernement en tant que tel. Le Conseil des ministres a été aujourd'hui de fait raccourci. Nous avons principalement examiné deux textes de loi et eu une communication du ministre de l'Education nationale et de la ministre de l'Enseignement supérieur, de la recherche et de l'innovation sur la rentrée universitaire et la rentrée scolaire.

Le ministre de l'Europe et des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian, a présenté un projet de loi qui autorise l'approbation de 2 conventions entre d'une part la France et le Niger. La semaine dernière, je vous avais fait état d'une convention entre la France et le Burkina Faso. Cette convention avec le Niger est à la fois une convention d'entraide judiciaire en matière pénale, mais également une convention d'extradition.

C'est donc avec la même idée, l'évolution de la menace terroriste conduit à revisiter le cadre de notre coopération judiciaire avec un certain nombre de pays. C'était le cas présenté la semaine dernière avec le Burkina Faso, et aujourd'hui, c'est le cas avec le Niger. Le cadre juridique de notre coopération datait de 1977.

Le ministre de l'Intérieur a, pour sa part, présenté un projet de décret fixant la date du renouvellement des conseillers municipaux et communautaires, autrement dit des élections municipales, puisque ce sont des dates qui sont définies en Conseil des ministres. Et donc, je peux vous dire officiellement que la date des élections municipales sera le 15 mars 2020 de l'année prochaine, donc, et que le 2d tour aura lieu, le cas échéant le 22 mars 2020. Ce décret présente également un certain nombre de modifications relatives à des évolutions institutionnelles, en particulier le fait qu'à Paris, le département et la commune soient désormais fusionnés.

Pour finir, le ministre de l'Education nationale, je vous le disais en introduction, a présenté une communication sur la rentrée scolaire. Il a été accompagné dans cette présentation par la ministre de l'Enseignement supérieur et de la recherche. Le ministre de l'Education nationale, Jean-Michel Blanquer, a donc largement insisté sur le climat apaisé en cette rentrée scolaire.

Sans doute l'un des climats les plus apaisés depuis quelques années. Il a parlé de la mesure de dédoublement des classes en CP et CE1 qui, aujourd'hui, concerne 300 000 élèves, soit 20% d'une classe d'âge. Il s'agit plutôt, vous le savez, puisqu'on parle d'établissements qui sont situés en REP et en REP+, d'enfants venant de milieux sociaux défavorisés.

Nous commençons d'ores et déjà, puisque nous avons désormais le recul de quelques rentrées scolaires, de voir les 1ers effets positifs sur l'apprentissage de la lecture notamment, pour ces élèves. Le ministre de l'Education nationale a également indiqué qu'avec le vote de la loi pour une école de la confiance, nous pouvions désormais avoir l'instruction obligatoire dès 3 ans, ce qui permet de consolider l'acquis que nous avons avec le dédoublement des classes de CP et de CE1. Il a également souligné la nouvelle étape que nous avions franchie vis-à-vis de l'inclusion des élèves en situation de handicap, en indiquant que 23 500 nouveaux élèves et 4 500 accompagnants supplémentaires avaient rejoint les bancs de l'école, permettant désormais d'améliorer encore plus l'accueil des élèves en situation de handicap à l'école.

Le ministre de l'Education nationale a également souligné que nous avions aujourd'hui la 1re cohorte qui faisait sa rentrée pour la réforme du lycée en classe de 1re, en l'occurrence, et qu'il était attaché, dans les mois et les semaines à venir, à ce qu'il y ait un dialogue permanent et une concertation avec les organisations syndicales du secteur, de manière à apporter des améliorations à cette réforme dont on sait qu'elle se déploiera pleinement d'ici un an avec la classe de terminale. Pour sa part, la ministre de l'Enseignement supérieur a indiqué que la rentrée, également, s'était plutôt bien passée. Elle a souligné l'accompagnement supplémentaire à l'attention des étudiants dans cette rentrée, avec une hausse des bourses sur critères sociaux, ce qui représente un budget en augmentation de 46 millions consacré à la hausse de ces sommes pour les bourses sur critères sociaux.

Elle a également souligné le basculement de la Sécurité sociale des étudiants vers un régime général. Et elle a enfin rapporté les 1ers éléments dont nous disposons sur l'accueil des étudiants en France dans le programme "Bienvenue en France", en soulignant que nous avions une hausse de 2,4% du nombre d'étudiants admis dans les établissements en France et que l'engagement du gouvernement de renforcer l'attractivité des établissements universitaires avait été rempli, puisque 10 millions d'euros ont été consacrés à l'amélioration des conditions d'accueil spécifiques pour les étudiants étrangers. Voilà ce que je pouvais vous dire, de manière extrêmement résumée, sur le Conseil des ministres en tant que tel.

Et je cède donc la parole au Premier ministre afin de vous apporter la vision qu'il a du séminaire auquel le gouvernement a consacré de très longues heures. Je vous remercie. -E.

Philippe: Bonjour à tous. Et je voudrais remercier ceux des journalistes qui nous ont attendus, puisque la réunion a duré effectivement très longtemps. Je vous en remercie vivement.

Nous avons commencé à 10h30. Nous avons cessé le séminaire il y a 15 minutes. Et c'était, comme le sont tous les séminaires organisés autour du président de la République, un moment d'échanges très intenses, très utiles également, organisé ici sous l'autorité du président de la République, avec 2 nouveaux membres que nous avons eu le plaisir d'accueillir.

Le haut-commissaire Jean-Paul Delevoye, qui rejoint le gouvernement pour porter l'ambition d'une grande réforme des retraites, et puis aussi Jean-Baptiste Djebbari, jusqu'à présent député, qui devient secrétaire d'Etat aux Transports et qui va renforcer l'équipe ministérielle constituée autour d'Elisabeth Borne afin de faciliter, d'accélérer, de mettre en oeuvre la transition écologique sur laquelle nous nous sommes engagés. Le séminaire a évidemment été un moment qui s'inscrit dans la parfaite cohérence, à la fois des annonces du président de la République, de ce que j'ai dit à l'occasion de la déclaration de politique générale devant l'Assemblée nationale en juin dernier. Nous avons rappelé quelles étaient les priorités que nous nous fixions pour les mois qui viennent.

D'abord, réussir la réforme des retraites. C'est évidemment un enjeu majeur, un des engagements sur lesquels le président de la République a été élu en 2017, et une réforme sur laquelle nous travaillons avec le haut-commissaire, mais avec beaucoup d'autres, depuis déjà un peu plus d'un an. 2e grand objectif: faire de la France un modèle pour la transition écologique.

Là encore, les engagements pris par le président de la République sont d'une grande clarté. Le travail engagé par le gouvernement, et pas seulement par le gouvernement, par beaucoup d'autres acteurs de la vie publique et de la vie de la société française, est réel. Nous voulons faire en sorte d'obtenir des résultats.

J'aurai l'occasion d'y revenir. 3e grand objectif qui correspond à un engagement qui, depuis le début du quinquennat, est porté par le président de la République et le gouvernement: la construction d'une société du travail, de la production, de l'émancipation, en étant extrêmement attentif à la bonne exécution des réformes qui ont été engagées et qui portent sur ces sujets. Je pense à la réforme de l'apprentissage, aux ordonnances travail, je pense au programme d'investissement dans les compétences, je pense aux réformes qui interviennent dans l'Education nationale et dans l'Enseignement supérieur.

Tous ces sujets qui doivent permettre d'aboutir à cette société que nous voulons construire, fondée sur le travail, sur l'émancipation et sur la production. 4e objectif de ces mois qui viennent: l'adaptation de nos politiques en matière de sécurité et d'immigration. Et enfin, 5e objectif: le déploiement de l'agenda européen avec la nouvelle Commission.

Nous vivons un moment très particulier avec un nouveau Parlement, avec une Commission qui entrera en fonction prochainement. Le président de la République insiste souvent sur la continuité et la cohérence entre ce que nous voulons faire au niveau national et ce que nous voulons que l'Union européenne fasse au niveau international, ou en tout cas au niveau européen. Cette continuité, elle impose d'être forts chez nous, d'être influents dans l'Europe, et bien réussir ce programme de travail de la Commission et la mise en oeuvre de ces travaux à partir de son arrivée aux affaires est évidemment un enjeu absolument considérable.

Alors, je ne vais pas ici retracer l'ensemble des échanges qui sont intervenus pendant toutes ces heures, mais je voudrais mettre peut-être l'accent sur 3 points. Le 1er, c'est les retraites. Nous entrons dans une phase qui est nouvelle.

Le haut-commissaire Jean-Paul Delevoye a jusqu'à présent fait un travail remarquable de consultation et de conception de ce que devait être cette réforme. Nous disposons depuis la mi-juillet de préconisations qui doivent nous permettre de rentrer justement dans cette nouvelle phase, c'est-à-dire au fond l'écriture du projet de loi. Ce projet de loi, je voudrais y insister, parce que c'est parfaitement en conformité avec la philosophie et avec l'esprit qui prévalent dans l'acte II du quinquennat.

Ce projet de loi, nous n'allons pas le préparer seuls, mais nous voulons le faire en écoutant les partenaires sociaux, en écoutant les Français. C'est pour cela que nous avons pris la décision de lancer des consultations citoyennes dans une logique qui est assez proche de celle qui a prévalu au moment du Grand débat. Nous voulons favoriser les échanges directs avec les Français.

Nous voulons utiliser des formats qui sont différenciés, utiliser le numérique, utiliser les réunions publiques...

Bref, nous inspirer de quelque chose qui a bien fonctionné, c'est-à-dire la capacité que nous pouvons avoir à dialoguer directement avec les Français. Mais parallèlement à ça, parce que le sujet des retraites est évidemment très compliqué, parce qu'il représente des intérêts multiples, nous voulons aussi placer au coeur de la consultation les partenaires sociaux. C'est le sens des consultations que j'organiserai dès demain, demain et vendredi, avec Agnès Buzyn, avec Jean-Paul Delevoye.

Au cours de ces consultations, je verrai l'ensemble des organisations syndicales et patronales, et même un peu au-delà, puisque je ne m'arrêterai pas aux organisations syndicales représentatives. L'objectif, c'est au fond de poser 3 questions et d'écouter les partenaires sociaux sur 3 grands sujets. 1re question: comment est-ce qu'ils voient, eux, le futur système de retraites?

Quels paramètres ils retiennent sur les conditions d'ouverture des droits à la retraite, sur les alignements de solidarité, sur les taux de cotisation? Au fond, quelle est leur réaction aux préconisations formulées par Jean-Paul Delevoye? Le rapport leur a été communiqué à la mi-juillet.

Nous sommes début septembre. C'est le bon moment pour avoir leur retour précis sur ce sur quoi le haut-commissaire a travaillé et sur ce qu'il préconise pour avancer dans cette réforme. C'est le 1er objectif de ces entretiens, la 1re question que je poserai à mes interlocuteurs.

La 2e question, c'est la question: comment est-ce qu'on s'assure que le système des retraites est équilibré à l'horizon de 2025? Pourquoi 2025? Parce que c'est le moment où le président de la République s'est engagé à la mise en oeuvre du nouveau système.

Et par définition, puisqu'on construit un nouveau système qui a vocation à durer pendant des décennies, il vaut mieux commencer sur un terrain qui est... plat et donc équilibré.

C'est la raison pour laquelle nous poserons la question aux organisations syndicales et patronales de la façon dont ils envisagent cette hypothèse, plus exactement cet objectif d'un retour à l'équilibre du système à l'horizon 2025. 3e grande question que je poserai à mes interlocuteurs: comment peut-on construire les transitions entre chacun des régimes existants, les 42 régimes existants, et le système universel que nous voulons construire? On voit bien qu'il faut définir le système futur.

On voit bien qu'il faut faire en sorte qu'il puisse être défini à partir d'un terrain plat. Et puis on voit bien qu'il faut faire en sorte que les systèmes actuels puissent être amenés progressivement au système futur. Comment est-ce qu'on fera cette transition?

Comment est-ce qu'on fera cette construction vers le système futur? Avec quel type de calendrier? Avec quels types de garanties?

Comment est-ce qu'on accompagnera ces transformations? Ce sera la 3e grande question que je poserai. Et comme pour les mousquetaires qui sont 3 et qui en réalité sont 4, il y aura une 4e grande question, qui n'est pas une petite question, qui est même une question centrale.

C'est: comment est-ce qu'on veut organiser le travail avec les organisations syndicales? Comment est-ce qu'on veut mener, en termes de méthodes, cette réforme avec ces organisations syndicales et patronales? Avec elles et avec les organisations citoyennes.

Autrement dit, c'est un échange assez large que je veux avoir demain avec l'ensemble de ces organisations. C'est seulement une fois que j'aurai eu cet échange et que j'aurai essayé de synthétiser l'ensemble de ce qu'il me sera dit, que dans le courant de la semaine prochaine, j'indiquerai au nom du gouvernement les choix que nous retiendrons sur, justement, la méthode et le calendrier de la réforme. Voilà pour le focus réalisé par Jean-Paul Delevoye ce matin à l'occasion de ce séminaire. 2e accent tonique, 2e point que nous avons évoqué: l'écologie.

Nous avons passé en revue, de façon systématique, l'ensemble des accélérations de la feuille de route écologique, que ce soit sur le climat, sur la biodiversité, sur la lutte contre le gaspillage, qui sont les 3 objectifs principaux que nous nous fixons en la matière. Nous avons rappelé quelque chose qui peut sembler, au fond, très évident, mais qui doit être systématiquement rappelé: que la transition écologique, ce n'était pas l'affaire de la seule ministre chargée de cette transition, mais bien l'affaire de chacun des ministres, de tous les membres du gouvernement, qui doivent inscrire leur action dans cet objectif simple mais très ambitieux de réussir cette transition écologique, de la préparer, de la mettre en oeuvre avec les Français. Je retiens des échanges que les membres du gouvernement, le président de la République souhaitent qu'en la matière, nous puissions agir résolument et que nous puissions surtout obtenir des résultats concrets.

L'écologie, ça a longtemps été la prise de conscience nécessaire, avec des lanceurs d'alerte, avec des gens qui interpellaient ou qui faisaient comprendre. Ca a ensuite été le temps des objectifs ambitieux, et on communiquait sur les objectifs ambitieux. Et c'était déjà un progrès, je ne le dénigre absolument pas.

Mais ce n'est plus ça maintenant. Maintenant, ce que nos concitoyens attendent à juste titre, ce sont des résultats concrets. Donc il faut que nous organisions notre action pour faire en sorte que, sujet par sujet, nous puissions, non seulement atteindre ces objectifs, mais montrer que nous les atteignons, faire en sorte que ce soit perceptible pour les Français.

C'est en réalité beaucoup plus dur que les 2 phases que je viens d'évoquer. Mais c'est ce sur quoi le président de la République nous a demandé de travailler et c'est ce sur quoi nous allons avancer de façon concrète. Peut-être un dernier point plus général pour dire que nous avons évoqué beaucoup d'autres priorités.

Enfin, les autres priorités que j'évoquais, les politiques en matière de sécurité et d'immigration, je l'ai dit, de travail, de pouvoir d'achat. Nous avons voulu, à l'occasion du séminaire, regarder quels étaient les facteurs de risque, quelles étaient les contraintes dans lesquelles nous intervenions. Les contraintes internationales, les contraintes financières, les contraintes économiques, les contraintes budgétaires...

Et nous avons convenu, avec l'ensemble des membres du gouvernement, que la période qui va s'ouvrir, celle de l'examen par le Parlement du projet de loi de finances et du PLFSS, permettront de rappeler et de montrer que le gouvernement fait des choix et qu'il entend trouver le juste équilibre entre la poursuite de l'assainissement des finances publiques, la conjoncture économique actuelle et la baisse d'impôts massive. Dernier point. Comme nous avions commencé à l'évoquer à l'occasion d'un précédent Conseil des ministres, nous avons établi une règle simple s'agissant des élections municipales pour les membres du gouvernement.

Jusqu'à la fin de l'année 2019, j'entends que chaque ministre se consacre pleinement à sa tâche ministérielle au service des Français. C'est beaucoup de travail. Ca exige que l'on s'y consacre pleinement.

A partir de janvier 2020, chaque ministre pourra, bien entendu, être candidat en figurant sur une liste ou en étant même tête de liste. Nous sommes attachés, avec le président de la République, à cette possibilité, ce n'est pas une obligation, mais à cette possibilité pour les membres du gouvernement de se confronter, parfois pour la 1re fois, parfois une fois de plus, au suffrage universel, et d'avoir la possibilité d'être des acteurs de la vie publique et de la vie politique, pleinement, et en passant par le suffrage universel. Je précise immédiatement que la règle selon laquelle, lorsque l'on est ministre, on ne peut pas cumuler sa fonction de ministre avec la tête d'un exécutif local restera valable.

Ce qui veut dire qu'il appartient à ceux qui sont candidats, le moment venu et s'ils sont élus, de déterminer si oui ou non ils veulent rester membres du gouvernement ou si, oui ou non, ils choisissent d'exercer des fonctions à la tête de l'exécutif auquel ils auraient été élus. Voilà les règles simples que nous avons fixées à l'occasion de ce séminaire. Mais je suis certain que vous avez, sur cette dernière question comme sur les autres, peut-être, un certain nombre d'interrogations auxquelles je vais essayer de répondre.

Merci beaucoup. -M. le Premier ministre, bonjour.

Alison Tassin pour TF1 et LCI. Justement, sur cette question des municipales, pour qu'on comprenne bien, un ministre candidat dans une liste aux municipales ou tête de liste, ça revient au même. Les 2 pourront faire campagne et être ministre en même temps. -E.

Philippe: Oui. Dans la période qui commencera au début du mois de janvier qui ira jusqu'aux élections municipales, nous considérons qu'un ministre, qui va continuer à faire son travail de ministre, pourra être candidat aux élections. Vous savez, au fond, exactement de la même façon qu'un certain nombre de ministres, lorsqu'ils deviennent ministres, peuvent se présenter aux élections législatives.

Ca a été vrai en juin 2017. C'est d'ailleurs vrai depuis l'histoire de tous les gouvernements. Ou comme un certain nombre de ministres qui sont membres du gouvernement peuvent se présenter aux élections sénatoriales.

Se confronter au suffrage universel, encore une fois, dans une démocratie, c'est une bonne chose. Et donc, il ne faut pas interdire aux ministres de pouvoir se présenter. Il faut simplement faire en sorte que la période dans laquelle ils pourraient choisir d'être en campagne soit limitée. -Bonjour.

Cédric Pietralunga pour Le Monde. Juste pour suivre cette question, une fois élu, un ministre qui serait maire d'une petite commune pourrait-il cumuler ou non? La règle est la même pour tout le monde, que ce soit une grande ville ou un petit village? -E.

Philippe: Je vous ai indiqué quelle était la règle. Nous avons considéré et nous pensons que c'est une bonne règle, qu'on ne peut pas être à la tête d'un exécutif local lorsqu'on assume une fonction ministérielle. Et nous n'avons pas envie de changer cette règle. -Bonjour, M. le Premier ministre.

Agathe Lambret, BFMTV. -E. Philippe: Pardon.

Je suis confus de vous interrompre, madame. Je voudrais juste, si vous me laissez le droit de suite sur la question qui vient d'être posée. En général, c'est l'inverse, le droit de suite, mais c'est comme ça quand même que je vais l'utiliser.

Je ne suis pas totalement convaincu que ça prenne moins de temps d'être maire d'une petite commune et maire d'une commune un peu plus grande. L'idée selon laquelle ce serait facile pour une toute petite commune me semble devoir être discutée. Pardon. -Je vous en prie.

Concernant les municipales, je voulais vous parler de Paris. Cédric Villani va probablement annoncer sa candidature ce soir. Sachant que sa démarche ressemble un petit peu à celle qu'avait eue Emmanuel Macron à l'époque, est-ce que vous êtes pour des sanctions?

Qu'est-ce que vous avez à dire sur cette situation qui ferait que La République en marche aurait 2 candidats pour la capitale? -E. Philippe: D'abord, vous me demandez de réagir à une hypothèse que vous avez mentionnée vous-même.

Permettez-moi de ne pas répondre à des hypothèses. Si la question se présente, je vous garantis que j'y répondrai. Mais enfin, pour l'instant, elle ne se présente pas.

La 2e chose, c'est que je ne suis pas membre de la formation politique que vous avez évoquée, La République en marche. Mais je sais, pour avoir suivi avec beaucoup d'attention le fonctionnement du système politique français, que La République en marche a investi à Paris un candidat qui est Benjamin Griveaux. Enfin, sur la question de savoir s'il faudrait, sur telle ou telle hypothèse ou sur telle ou telle réaction, encore une fois, ce n'est ni le lieu ni le moment d'évoquer le sujet.

Mais je pense que vous savez qu'à titre personnel et pour beaucoup de raisons, je n'ai jamais été très favorable aux mesures d'exclusion ou de sanction prises par les formations politiques. -Bonjour, M. le Premier ministre.

Yoann Usai pour CNews. Concernant le débat sur les retraites voulu à la fois par le président de la République et par vous, pour que les choses soient claires, est-ce que ça signifie que vous pourriez donc reprendre les propositions des Français sur cette réforme des retraites? Est-ce que vous fixerez, dans le cadre de ce débat, des lignes rouges à ne pas franchir?

Et est-ce qu'il y aura aussi une restitution de ce débat, comme vous l'aviez fait lors du Grand débat national après la crise des Gilets jaunes? -E. Philippe: Merci pour cette question.

Je ne veux pas aller trop loin dans la réponse sur comment est-ce que tout ça va se passer, pour une raison simple, c'est que je voudrais vraiment avoir cet échange avec les organisations syndicales et patronales avant de fixer les détails et avant de fixer même la logique de ce que j'évoquais. Ce qui est clair, c'est que nous parlons d'une réforme des retraites, c'est-à-dire d'une réforme de ce que parfois on appelle le pacte social. L'élément presque, avec la Constitution, d'une certaine façon, constitutive de ce que c'est que le pacte social, du pacte entre les générations.

On parle de quelque chose de très important. Jean-Paul Delevoye dit d'ailleurs avec beaucoup de finesse qu'il s'agit moins d'une réforme du système de retraites que d'une refondation d'un système de retraites. Et je crois qu'il faut le prendre comme ça.

Et donc, quand on refonde un système de retraites qui a vocation à être adapté au monde tel qu'il est aujourd'hui, on ne le fait pas dans la précipitation et on ne le fait pas, si j'ose dire, de façon verticale. On écoute, on questionne, on apprend et on tient compte de ce que l'on entend. C'est d'ailleurs bien la raison pour laquelle Jean-Paul Delevoye a commencé par une phase d'environ 18 mois de concertation pour écrire les préconisations qu'il nous a rendues au mois de juillet.

Ce que nous voulons, je l'ai indiqué, c'est discuter avec les organisations syndicales et patronales, discuter avec les Français pour écrire un projet de loi qui soit, bien entendu, conforme aux engagements qui ont été pris par le président de la République. Nous n'allons pas revenir sur l'idée que nous voulons créer un système universel. Nous n'allons pas revenir sur l'idée que nous voulons préserver un système qui fonctionne par répartition.

On ne veut pas la capitalisation, on veut la répartition. On ne va pas revenir sur l'idée que nous voulons un système qui permet la solidarité à la fois entre les générations et entre nos concitoyens. Bon.

Donc un système par points, par répartition et un système qui permet une large solidarité. Ca, c'est des choses qui seront des invariants. Mais ensuite, comment le système est construit, la façon dont on le met en oeuvre, le rythme auquel on le met en oeuvre, tout ça, ça exige des discussions sérieuses parce que ce sont toujours des sujets techniquement compliqués, parce que ce sont parfois des sujets politiquement forts.

Pour tout cela, nous voulons prendre le temps de la discussion. Et prendre le temps de la discussion, ce n'est pas rejeter à je ne sais quand la réforme. Les engagements pris par le président de la République ont été clairs.

Ils seront tenus et je suis là pour ça. Encore une ou 2 questions. -Bonjour M. le Premier ministre.

Noemie Bisserbe du Wall Street Journal. Ma question porte également sur le débat sur la réforme des retraites. Juste pour clarifier, vous souhaitez échanger avec les syndicats pour des modalités d'une éventuelle consultation des citoyens, c'est ça? -E.

Philippe: En fait, je souhaite échanger avec les organisations syndicales et patronales sur tout. Sur la façon dont ils lisent les préconisations de Jean-Paul Delevoye, sur la façon dont elles envisagent la mise à l'équilibre du système pour 2025, sur la façon dont elles envisagent la transition des systèmes actuels vers le système cible que nous allons construire et sur la façon dont elles envisagent la méthode de travail qui pourrait prévaloir entre elles et le gouvernement, et même ce qu'elles pensent de la méthode de travail qu'on pourrait mettre en oeuvre entre les Français et le gouvernement. C'est assez large, comme objet, mais c'est indispensable d'avoir cet échange et de l'avoir très directement, très sérieusement, et j'allais dire en confiance.

En tout cas, c'est l'état d'esprit dans lequel j'engagerai la conversation avec eux. Dernière question, si vous voulez bien. -Jérôme Rivet de l'AFP.

Vous avez dit, au début, que l'une des 4 priorités était l'adaptation de la politique de sécurité et d'immigration. Alors, est-ce que vous pouvez être plus concret et dire s'il va y avoir des changements dans les mois à venir? -E.

Philippe: Nous avons, et je pense que ça n'a échappé à personne, prévu d'avoir une discussion ou un débat, pardon, pas une discussion, un débat parlementaire à l'Assemblée nationale puis au Sénat le 30 septembre prochain sur les questions relatives à la politique migratoire française en prenant le sujet de la façon la plus large possible, c'est-à-dire pas simplement par le prisme des questions...

D'abord pas simplement par les prismes d'un projet de loi, à l'occasion d'un projet de loi, mais bien en essayant de prendre le sujet depuis les pays de départ jusqu'à l'accueil des réfugiés, jusqu'à la question de l'intégration, jusqu'à la question de l'éventuelle politique organisée autour d'objectifs chiffrés, jusqu'à la question des dispositifs d'accompagnement ou de reconduite à la frontière. Dans tous ces domaines, nous voulons poser sur la table les faits, les chiffres, les évolutions, et avoir un débat avec la représentation nationale sur ces questions. Il est bien évident, me semble-t-il, que dès lors que ce débat a lieu, dès lors qu'il va donner lieu à des expressions, à la fois de la volonté du gouvernement, de la réaction des parlementaires, des ambitions portées par un certain nombre de parlementaires, il faudra en tenir compte.

Sinon, on parlerait dans le vide. Ce n'est pas exactement le genre de la maison. Et donc, nous tiendrons compte de la nature de ce débat, de ce qu'il donnera, pour faire en sorte, comme nous y a invité le président de la République, d'avoir sur les questions de sécurité et sur les questions migratoires, que je ne mélange pas, ce n'est pas une seule question, c'est plusieurs questions relatives à des politiques régaliennes, des politiques fermes, efficaces que nous pouvons présenter aux Français.

Voilà. Je vous remercie beaucoup. On aura l'occasion de reparler de tous ces sujets de façon très intense dans les jours et dans les semaines qui viennent.

Merci beaucoup. Merci.