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Podcast / conversationLCP (sur YouTube)· 26 octobre 2026 28 minComplaisantDivertissementInstitutions & électionsCulture, médias & sport

De Gaulle, Pompidou, Mitterrand: la littérature façonne-t-elle le pouvoir ? | Les débats de Débatdoc

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 70 %Attaque 10 %Défensif 20 %

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 4:10Fait
    « François Mitterrand se plaint d'un temps divisé par le téléphone aujourd'hui quelle est la vie d'un homme ? »
  • 5:33Fait
    « François Mitterrand je finis par là dans ses lettres à Anne Pingeot est en promenade permanente en automobile »
  • 6:41Fait
    « Ils ont gagné avec ça. Oui. Ils ont pas ils sont pas allés chercher dans le référentiel littéraire. »
  • 7:17Fait
    « il a véritablement mis en scène sa découverte des livres grâce au Figaro et à une collection de livres de classiques préfacés par Jean d'Ormesson. »
  • 8:36Fait
    « ils rêvent, alors ils essaient de s'en approcher le plus possible. »
  • 10:39Fait
    « ils prennent le risque que le l'écrivain dise ce qu'il a vu et entendu. »
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    « C'est un livre de 64, et on voit bien que dans cette offensive-là, bah commence à apparaître le Mitterrand conquérant de 65, la présidentielle, et de la suite. »
  • 12:35Fait
    « peut-être que Mitterrand se disait, comme tous les grands hommes, un jour peut-être ma correspondance privée deviendra publique, dans 50 ans, dans 100 ans »
  • 14:34Fait
    « il était capable de réciter un budget par cœur et sans notes devant l'Assemblée nationale. »
  • 15:12Fait
    « Le meilleur est peut-être sur la Grande Armée quand il imagine que Napoléon a gagné en Russie. »
  • 16:14Fait
    « Charles de Gaulle lui il est publié dans la Pléiade aujourd'hui ce qui est quand même la reconnaissance ultime pour quelqu'un qui prend la plume. »
  • 16:50Fait
    « bibliothèque de de Gaulle au cœur de sa bibliothèque il y a Corneille. Et cette France cornélienne elle est incarnée par de Gaulle »

Temps de parole

  • ?100 %

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Ils essaient tous de se donner euh une une enfin l'impression au public d'être des des intellectuels. Mais pourquoi Nathalie Mais parce que en France, comme je vous le disais tout à l'heure, il y a quand même on a il y a la nostalgie de de tous ces politiques qui étaient d'une immense culture, peut-être parce qu'ils avaient le temps, qu'ils avaient fait du grec, du latin, qui étaient des gens extrêmement impressionnants, ça se ressentait dans les discours qui étaient qui étaient tenus à l'Assemblée et ils se disent que pour être un homme complet, un homme admirable ou un bon un gentilhomme, il faut laisser une trace en ayant une œuvre, pas disparaître en n'ayant rien fait. Bonjour, les présidents et la littérature, on a voulu en débattre aujourd'hui. On sait que de Gaulle,

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Pompidou, Mitterrand étaient de fins lettrés, qu'ils avaient de nombreuses amitiés dans le monde littéraire, mais que reste-t-il aujourd'hui de cette figure du président ? On ouvre le débat. On en débat avec Etienne de Montety, bonsoir. Bonsoir. Vous êtes écrivain vous-même, journaliste, directeur du Figaro littéraire, vous avez enquêté et dirigé dans la bibliothèque de nos présidents, c'est aux éditions Tallandier. Nathalie Saint-Cricq, bonsoir. Bonsoir. Et bienvenue, journaliste, éditorialiste politique, votre dernier roman La petite mère est publié aux éditions de l'Observatoire. Christophe Barbier, bonsoir. Bonsoir. On vous doit un livre Les derniers jours de François Mitterrand et vous êtes vous aussi passionné de politique et de littérature. C'est le cas d'ailleurs à

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vous trois. Avant de parler du cas spécifique de François Mitterrand, qu'est-ce qui fait cette passion française ou est-ce une exception française, Nathalie Saint-Cricq, les présidents écrivains, lecteurs, amoureux de la ? Oui, alors je j'ai l'impression qu'il y en a eu beaucoup, mais qu'il y en a eu un spécialement, c'était François Mitterrand. Les autres par la suite, alors on a l'habitude de dire que c'était mieux avant et que c'était pas exactement la personnalité des présidents qui ont suivi étaient tous amoureux de la littérature, mais la cité peu, la lu de façon assez comment dire épisodique et lui c'était vraiment une une exception mais il le dit quand il dit sans le téléphone qui déchire, le dit c'est-à-dire que quand il demande l'unité, on a eu alors Giscard d'Estaing

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c'était un autre genre, il a essayé lui mais c'est puis c'était c'était avant, il a essayé d'écrire et puis il a écrit après son mandat, mais on est rentré dans l'agitation. devenu romancier avec un livre Le Passage et puis il est rentré à l'Académie française. à partir de 2017 on rentre un peu dans l'agitation avec Nicolas Sarkozy, François Hollande ne s'intéresse pas vraiment à la littérature, à l'histoire. D'ailleurs il y a une photo célèbre où on le voit lire l'histoire pour les nuls, une photo de vacances et après on a l'impression qu'ils aiment ça, qu'ils en parlent mais ça n'est pas aussi présent dans leur vie. Il est dit que sous François Mitterrand, il y avait 74 allusions et que moi pour l'avoir suivi, quand il était même le soir de Maastricht où il a décollé, le non

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le non l'emportait et quand il a atterri, le oui avait gagné, il n'a eu de communication avec personne, il lisait. Donc si vous voulez, le temps pour la présidence c'est quelque chose quand même extrêmement important et lui il faisait partie d'une autre époque. Christophe Barbier. Oui, le seul dont la colonne vertébrale est la littérature, c'est François Mitterrand. De Gaulle, c'est bien sûr l'armée, Giscard c'est les chiffres évidemment, le polytechnicien. Pompidou est peut-être celui qui s'approche le plus de cette passion littéraire mais c'est aussi l'homme de la banque, c'est aussi l'homme de de l'administration. Mitterrand, c'est vraiment toute une vie consacrée au livre, lecteur, écrivain, bibliophile. La collection La collection, les livres, les reliures,

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il y portait une grande grande attention. Donc oui, tout tout toutes les tous les aspects du livre font partie de la vie de Mitterrand. Jusqu'à ce monument qui est la bibliothèque François Mitterrand. Même question, cette acception française, d'où vient-elle et est-ce qu'elle vous ? Parce qu'elle vient de quelque chose qui est l'école normale pour les uns, la faculté des lettres pour les autres. Ils sont tous les enfants de des humanités qu'on a qu'on apprenait au début du siècle qui fait que spontanément culture politique est nourrie de l'humanisme et et après la Pourtant le seul élève de l'école normale des présidents de la 5e République, c'est Georges Pompidou. C'est Georges Pompidou en effet mais Mitterrand est à fait l'école des sciences politiques

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ou la faculté de droit la faculté de droit le général de Gaulle son son père était professeur à Saint-Cyr d'histoire, il me semble que ils arrivent ils arrivent à la politique avec avec les humanités Jean Jaurès est normalien Édouard Herriot est normalien et après la guerre tout le personnel politique va passer par l'ENA donc avec une dimension beaucoup plus technique beaucoup plus fonctionnelle de la politique. C'est la bascule. Il me semble que c'est la bascule et puis la politique rentre aussi dans un autre air où peut-être la poésie a moins de place, il y a également le rôle médiatique François Mitterrand se plaint d'un temps divisé par le téléphone aujourd'hui quelle est la vie d'un homme ? Est-ce que à force de matinale de grandes émissions de de ce rythme de fou, est-ce

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qu'un homme politique a encore le temps raisonnablement de consacrer à à la ? François Mitterrand je finis par là dans ses lettres à Anne Pingeot est en promenade permanente en automobile il est conduit par Georges Daens si ma mémoire est bonne, qu'est-ce qu'il ? Il visite les villes avec leurs églises et leurs monuments et puis il lit en voiture aujourd'hui je pense que les Et il visite les maisons d'écrivains également avec Robert Badinter et Élisabeth Badinter. il prend le il prend le Il est en retard parce que c'est pas un problème. Et il prend le l'hélicoptère et il va chez Hans Jürgen en en Allemagne ou chez Michel Tournier dans dans la vallée de Chevreuse. Guitton Chez Jean Guitton voilà dans ce temps-là qu'il réussit à se préserver et aujourd'hui c'est

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certainement très difficile dans ce temps-là les écrivains ont toute leur place. Ils ont toute leur place ça faisait partie de cette culture des morts du passé il y avait la place. En effet il y en a plus beaucoup qui font ça aujourd'hui il y a des politiques qui continuent à prendre du temps du temps pour écrire Bruno Le Maire en est un des exemples. Bayrou n'en était pas loin pour certains aspects, mais ça a pas la même dimension. Reste Alain Juppé, Bayrou, je pense à Bayrou parce que ils s'envoyaient ils s'envoyaient des textos parfois en latin. Ils s'envoyaient des textos en latin. Mais ce sont des textos. Non mais attendez, c'est un une espèce de compromis entre l'énarchie qui considère que livre c'est pas Bayrou, Alain Juppé, École normale. Oui, il y a les deux. Il y a les deux de

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deux. François Bayrou a toujours été un amoureux de la langue latine. Donc il y a un petit reste. Mais ça ne se voit pas dans leurs livres, madame la Ils arrivent plus au sommet. Exactement, ils arrivent plus au sommet. Xavier Darcos, lui c'était le Grec. Ça ne se voit pas dans leurs livres. vraiment dans leurs livres. C'est c'est des livres intéressants, mais on ne se dit pas le le dernier d'Alain Juppé ou même la biographie de de de d'Henri IV par François Bayrou, ça ça dénoterait une culture, un style qui appartiendrait complètement à la littérature. C'est autre chose et on y voit on voit bien ce qui entre de communication politique dans ces livres. Et ça pour François Mitterrand par exemple, ce serait absolument impossible. que la performance de la communication

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par l'image, Sarkozy, Hollande, Macron, ils ont gagné avec ça. Oui. Ils ont pas ils sont pas allés chercher dans le référentiel littéraire. Le dernier qui a tenté, mais qui a échoué, c'est Raymond Barre. Raymond Barre quand il est revenu en 88 avec le comte de Lille, avec le Parnasse, avec a essayé de d'apparaître comme un homme de lettres pour essayer de gagner face à un Chirac qui à l'époque n'était pas réputé pour être un homme de culture et encore moins de de livres. Ça n'a pas pris. sur la France de la fin des années 80. Alors ce qui est intéressant, c'est euh alors il y a le le le président qui est un écrivain ou l'homme politique est un écrivain, il y a ceux pour qui on écrit des livres qu'ils signent et qui pourtant se vendent parfois à des centaines de milliers d'exemplaires. Et

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puis il y a ceux qui euh mettent en scène leurs découvertes, leur rapport nouveau à la littérature, c'est le cas de Nicolas Sarkozy. On n'a pas parlé de lui euh depuis le début. C'est vrai que il a véritablement mis en scène sa découverte des livres grâce au Figaro et à une collection de livres de classiques préfacés par Jean d'Ormesson. Ça ça a incarné la mutation de son personnage. C'est-à-dire dans ce septennat, dans ce quinquennat, être moins dans la mobilité sabre au clair et un peu plus dans la réflexion et le posé. Ça a incarné aussi la mutation de sa vie privée, puisque c'est avec Carla Bruni qu'il a posé ce personnage de culture, le cinéma, d'art et d'essai, les livres. Donc, ça lui a permis d'aller vers une sorte d'apaisement personnel et peut-être d'autres manières

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de convaincre les électeurs. Non plus l'énergie de 2007, mais malgré tout ça coïncidé avec un durcissement de sa politique. mais ça a raté surtout. C'est-à-dire que ça a ça n'a pas suffi à convaincre les électeurs que ce président avait ouvert une nouvelle dimension et qu'il fallait le garder à l'Élysée. Et celui qui est arrivé en disant "Moi, je serai le président normal", François Hollande, l'a battu. Et ça, je pense que ça en dit beaucoup des limites de ce non pas ce simulacre, parce que c'est sincère chez Sarkozy, mais des limites de cette mutation inachevée, trop tardive de Sarkozy en homme de livre, en homme de culture. Sarkozy, Mitterrand, en fait, ils ont toujours eu un complexe vis-à-vis des des écrivains. Ils ils rêvent, alors ils essaient de s'en approcher le plus

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possible. Souvent, comme vous l'avez dit avec un un succès très relatif, mais il y a l'idée que parti comme ils veulent toujours rester dans l'histoire, ils se disent que si par hasard C'est pour ça que Nicolas Sarkozy en a eu assez de de passer pour quelqu'un Vous savez, après la polémique sur la Princesse de Clèves, il a voulu redorer son blason en disant "Et il lit vraiment quand on lui pose des questions." Et il avait fait une une émission Bibliothèque Médicis où vraiment manifestement c'était pas c'était pas du chiqué. Mais ils essaient tous de se donner euh une une enfin, l'impression au public d'être des des intellectuels. Mais pourquoi Nathalie tête. Pourquoi Nathalie ? En France, comme je vous le disais tout à l'heure, il y a quand même on a il y a

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la nostalgie de de tous ces politiques qui étaient d'une immense culture, peut-être parce qu'ils avaient le temps, qui avaient fait du grec, du latin, qui étaient des gens extrêmement impressionnants, ça se ressentait dans les discours, qui étaient qui étaient tenus à l'Assemblée. Et ils se disent que pour être un homme complet, un homme admirable ou un bon un gentilhomme, il faut laisser une trace en ayant une œuvre, pas disparaître en n'ayant rien fait, comme certains veulent un musée, un grand un un bâtiment, ils veulent une œuvre. Et chacun s'y essaie, c'est pas toujours une réussite totale. Étienne de Montety. Oui, puis le temps politique s'est accéléré euh à coup de petites phrases, à coup de d'événements qui en chasse un autre, et il me semble que les

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les hommes politiques sont euh comment dirais-je euh attirés par la littérature qui est le temps long, qui est le temps euh respectable, de la durée, de la profondeur, et que donc ils sont attirés euh par cet univers qui, semble-t-il ou pensent-ils, peut leur donner une sorte d'assise, un certain ancrage. L'immortalité. Mais évidemment, c'est un prix à payer, un temps à consacrer qu'ils n'ont pas, donc ils ils essaient de faire illusion. J'en veux pour preuve plusieurs campagnes de ces dernières années de présidentielles qui ont été suivies par un écrivain. Il y a Yasmina Reza qui a accompagné Nicolas Sarkozy lors de Livre ravageur, d'ailleurs. Absolument. Ils prennent le risque que le l'écrivain dise ce qu'il a vu et entendu. Mais c'était aussi pour, dans ces campagnes qui sont

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effrénées, avoir un écrivain qui peut-être, espèrent-ils, donnera un peu de poids à cette aventure folle. Si on revient à François Mitterrand, ce qui est très frappant, c'est que pour lui, son meilleur livre est un livre qu'on ne lit plus aujourd'hui, Le Coup d'État Permanent, au moment où le général de Gaulle invente le l'élection du président de la République au suffrage universel avec l'article 16. C'est un article écrit avec une plume acide. Extraordinaire. C'est c'est un livre extraordinaire. C'est un pamphlet, c'est d'une concision, d'une agressivité absolument incroyable, c'est écrit sans reprendre son souffle, c'est d'une beauté d'écriture que peut-être il n'a pas atteinte après, et c'est un livre qui aujourd'hui encore garde son efficacité destructrice, contre de Gaulle, mais

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encore plus contre Michel Debré. Oui. C'est un livre de 64, et on voit bien que dans cette offensive-là, bah commence à apparaître le Mitterrand conquérant de 65, la présidentielle, et de la suite. C'est plus du tout l'homme de la 4e République, le Florentin avec ses circonvolutions, c'est l'homme de la 5e, il y a un objectif, c'est l'Élysée et il faut donner l'assaut. C'est très très très éloquent. Je pense que c'est aussi ce livre-là qui le guérit du de l'attentat de l'Observatoire et de cette polémique qui a failli l'engloutir. Ça, c'est un livre vraiment fondateur. Ailleurs, après, il a écrit des livres qui sont des compilations de chroniques, hein, de ses chroniques dans l'Unité, journal du Parti socialiste, La Paille et le Grain, L'Abeille et l'Architecte,

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c'est très beau, mais c'est une une journaux. subsumer comme ça ce qu'il a écrit pour pour des journaux. Et puis après, ça va être des livres de confidences, d'entretiens, avec des tas d'interlocuteurs, de de radio, de presse écrite, des étrangers, Elie Wiesel, Georges Marc Benamou. Mais on ne retrouvera jamais plus Mitterrand seul à la plume dans une cavalcade pareille. Dans une correspondance avec Anne Pingeot, Alors là, c'est alors là, pour le coup, c'est très frappant parce que c'est bon, des textes qui n'auraient pas dû être publiés par principe, c'est une correspondance privée, c'est le choix libre d'Anne Pingeot de l'avoir fait. Mais on ne peut pas ne pas se dire, peut-être que Mitterrand se disait, comme tous les grands hommes, un jour peut-être ma correspondance privée

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deviendra publique, dans 50 ans, dans 100 ans, c'est arrivé pour tous les grands hommes. Par ailleurs, quand on dit Mitterrand homme de lettres, c'est peut-être comme ça qu'il faut l'entendre, les lettres que j'écris. Les chroniques de l'Unité, c'est des lettres aux électeurs, hein, c'est des lettres aux militants, chers militants, voilà ce qu'il faut penser. Alors, c'est pas des lettres d'amour, mais ce sont des lettres entre lui et le peuple de gauche. La lettre aux Français. La lettre aux Français qu'on va retrouver en 88. Et les lettres à Anne Pingeot, alors là, on est dans l'intimité, même s'il y a aussi beaucoup de ses visions de la France et de sa de sa manière d'aborder un pays comme on aborde une femme. Il est définitivement du 19e quand on le à fait.

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Et ça n'est pas tarte, c'est-à-dire au sens où Et il collectionnait d'ailleurs les ouvrages et les éditions originales du 19e siècle, des romans du 19e siècle et du 20e. Et paraît-il, enfin même plus que paraît-il, il avait été frappé par la correspondance de Clemenceau à Marguerite qui était son dernier amour. Alors, François Mitterrand a battu le record de Clemenceau qui en 3 ans a écrit 770 lettres, là, c'est 1200, mais il y a cette espèce de de romantisme de euh c'est mais c'est pas plat, c'est pas gentillet, il y a des choses un petit peu plus costauds si j'ose dire, mais c'est effectivement quelqu'un qu'on imagine pas quand on l'a suivi et quand on a suivi la politique, on ne l'imagine pas avec son cet espèce de de côté qui est carrément presque des chevaliers de

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dans le temps, c'est assez étonnant d'avoir le l'opposition entre les deux. Etienne de qui il y a un président qu'il faut citer parce que lui pour le coup s'est essayé à la forme romanesque et ils sont rares voire il n'y a pas de président qui a écrit de roman à part Valéry Giscard d'Estaing, un roman bon qui avait fait sourire, je ne sais pas si ça a été un succès de librairie Le Passage, je ne sais pas si vous l'avez sourire au littéraire la la rentrée à l'époque. C'est un livre qui a fait sourire mais surtout qui lui a permis peut-être d'entrer à l'Académie française, je ne sais pas. Alors euh Valéry C'était un homme de chiffres, il était euh passé lui aussi par par Polytechnique par Polytechnique Elena, il était capable de réciter un budget par cœur et

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sans notes devant l'Assemblée nationale. Le pouvoir à la vie et deux Français sur trois, le pouvoir à la vie notamment ses mémoires, c'est de grande qualité Ah c'est très bien. d'écriture Mais dès qu'il va vers le roman Alors là Il est même il est même au passage, il est même au passage, il est même Tolstoï, c'était son jardin secret et l'homme public qu'il était, l'extraordinaire machine intellectuelle qu'il a été a avait cette espèce de blessure affective, il avait envie d'écrire des romans, il écrit Le Passage qui est effectivement Ne vaut pas du [rires] tout C'est un passage qu'il faut pas emprunter, il avait écrit La Princesse et le Président qui était visiblement l'expression d'un fantasme d'un homme béat d'admiration devant la princesse Diana. Oui Lady

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Le meilleur est peut-être sur la Grande Armée quand il imagine que Napoléon a gagné en Russie. Le premier Ah il a publié une ucronie Oui et là on retrouve d'abord le militaire, le politicien puis l'histoire. Là je trouve que c'est un peu plus Vous êtes dur quand même sur Le Passage. Ah si quand même parce que on s'est tous focalisé évidemment comme on est des journalistes très belle sur des scènes de Oui. pas de sexe parce qu'on en était vraiment très loin mais une espèce de Lady Chatterley d'époque. érotico-romantiques.

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Et c'est vrai que lui aussi il n'a pas appartenu à une autre époque. Et comme Vous êtes très charitable. Non, je trouve pas mal d'essayer de faire l'effort de faire quelque chose qu'on ne sait pas faire et je sais qu'on avait la dent dure parce qu'on avait aussi envie de la voir et que c'est vrai qu'on a ricané tous en lisant des passages à haute voix dans les rédactions pour Giscard bon mais sur le fond c'était pas indigne. indigne C'était pas indigne. Alors Non mais il était plus passionnant quand il parlait de Tolstoï ou de Confucius Mais pas de lui oui. il livrait son imagination romanesque qui était un peu adolescente. Alors partons du premier d'entre eux Charles de Gaulle. Charles de Gaulle lui il est publié dans la Pléiade aujourd'hui ce qui est quand même la

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reconnaissance ultime pour quelqu'un qui prend la plume. C'est un grand écrivain. C'est un grand écrivain. mémorialiste. Mais il n'a pas eu il n'a pas eu le prix Nobel de littérature comme Churchill. Non non non il l'a il ne l'a pas eu. Même si être dans la Pléiade c'est sans doute ce qu'il y a de plus près du Nobel. L'a-t-il ? Je je ne sais pas. Je sais pas ce que le Nobel représentait pour lui mais quand même ses mémoires sont non seulement évidemment un témoignage mais aussi quelque chose de très agréable à lire stylistiquement. Alors c'est très classique hein. On est du côté de Chateaubriand. On n'est pas du côté de François Sagan c'est évident. Mais il y a quand même cette force-là. Et puis il y a chez de Gaulle la force de sa bibliothèque. Ah oui.

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bibliothèque de de Gaulle au cœur de sa bibliothèque il y a Corneille. Et cette France cornélienne elle est incarnée par de Gaulle c'est-à-dire le Cid et le je sauve la France et le courage Et oui là où Pompidou ça sera Racine. Que fait Pompidou pendant la Seconde Guerre mondiale pendant que les autres résistent ou sont à ? Il écrit une préface d'une édition critique de Britannicus. Et plus tard dans son anthologie de la poésie française vous avez je crois cinq extraits de Corneille assez mineurs et beaucoup plus de pages consacrées à Racine. une passion pour la tragédie. Oui, et surtout une une passion pour Racine. Et donc c'est introspection du héros, le héros qui doute de lui, de son destin. Alors que pour de de Gaulle, le héros c'est Corneille, il ne doute pas, il passe à

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l'attaque, il conquiert, il libère, il sauve. C'est la France des hommes tels qu'ils sont ou tels qu'ils devraient être. Devraient être pour Corneille et tels qu'ils sont pour Racine. Exactement. Et avec une intériorité qu'on qu'on montre. Et et on a ces ces deux Frances-là derrière ces deux présidents qui se sont succédés avec la filiation et aussi quand même l'antagonisme final entre les deux. Bien sûr, Étienne de Montety. Et puis chez Pompidou dans son anthologie, il y a aussi toute la toute la bibliothèque qu'il a publiée, une anthologie de la poésie française qui est extraordinaire, qui est un recueil de textes absolument somptueux. Absolument. Et avec beaucoup de poètes modernes, c'est-à-dire qu'on sent que Pompidou, à la différence de de Gaulle, dont effectivement la bibliothèque

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montre son goût pour Corneille, mais il faut aussi parler de Barrès quand même, qui a été le grand maître de tous ces écrivains et et notamment du général de Gaulle et sa passion pour la pour la terre française, pour les paysages français, c'est Barrès. Oui. Chez chez Pompidou dans son anthologie, on voit tout son penchant pour la modernité, par exemple Éluard est très présent dans la dans l'anthologie de Pompidou. C'est ce que j'allais vous dire, c'est-à-dire que son goût pour les arts plastiques contemporains, finalement, se retrouve aussi d'une certaine manière dans son rapport à la littérature. Absolument. Il est à la fois extrêmement classique avec Racine et très moderne avec avec Éluard. Avec Apollinaire, avec des avec des poètes contemporains que le général de

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Gaulle n'a certainement jamais lus. Alors, il y a de Gaulle, Pompidou, Mitterrand, Sarkozy, on en a parlé. Il en manque un, je Valéry Giscard d'Estaing aussi, mais celui qui est très parlé de François Hollande. On n'a pas beaucoup parlé de François Hollande justement, j'allais vous le dire en fait, parce que François Hollande, est-ce que il a le même rapport à la littérature que les ? c'est pas quelqu'un qui lit énormément. Les autres, on pouvait alors je les ai pas tous connus, mais il y en a certains quand même qui étaient capables de réciter. C'est-à-dire si vous commenciez Moi, j'ai demandé un jour aussi à Beyrouth de commencer, j'ai commencé une tirade de l'Aiglon et il s'est on en a eu pendant 10 minutes. C'est-à-dire que c'est des gens C'est-à-dire qu'il connaît qu'il est habité

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Certains de nous petits ont appris on est capable de de citer trois poèmes de Verlaine, de Rimbaud, de chez Ah bah comme Christian Barbier par exemple qui a je ne sais pas combien de milliers de vers dans la tête. Non ça s'efface pas mal quand même. C'est vrai qu'il ne j'ai jamais entendu un discours de François Hollande où il jouait avec des références littéraires et Emmanuel Macron Non la seule chose dont on se souvienne c'est une anaphore qui est quand même une forme d'écriture assez faible assez pauvre. Et puis un livre très important mais qui n'a pas mais oui un livre qui n'a pas écrit. Un président ne devrait pas dire ça. Mais oui mais c'est pas lui qui l'a écrit. C'est un livre qu'il a écrit à l'oral en le racontant à ceux qui l'ont écrit et ça s'est retourné contre lui. Et

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c'est ça qui est quand même assez incroyable chez Hollande c'est la manière dont C'est un une forme de suicide politique ce livre. Exactement le livre est un boomerang et c'est une forme de suicide politique. Quand vous voyez qu'à côté de ça tu as le grand livre de son quinquennat c'est le livre de Valérie Trierweiler qui dit beaucoup de l'intimité des politiques des puissants de l'inhumanité aussi mais qui n'est pas de la littérature ou alors il y a un truc qui m'a échappé. Non mais l'univers du livre est un univers qui a nuit à François Hollande. Mathieu Bock-Côté on va parler aussi d'un autre président alors pour le coup qui est toujours en exercice mais Emmanuel Macron quel est son rapport [grognement] à la ? On sait qu'il est cultivé ceux qui l'ont rencontré

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beaucoup de journalistes mais également des des intellectuels disent qu'il est capable de citer par cœur des tirades de pièces de théâtre par exemple mais pourtant on n'a pas le souvenir d'un Emmanuel Macron écrivain. Il a écrit un livre Révolution [raclement de gorge] je ne sais pas qui l'a lu je ne sais pas s'il s'est vendu mais il n'a pas en tout cas encore manifesté un rapport intime puissant à la littérature. Non en effet c'est probablement à cause de sa carrière fulgurante avec beaucoup beaucoup de d'activités C'est probablement un son jardin secret, on prétend qu'il aurait écrit un roman qu'il garde soigneusement caché. Alors ça c'est une rumeur justement, il faut la raconter parce que elle est assez extraordinaire. Il a raté l'école normale donc il a un

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rapport avec les humanités qui est un petit peu douloureux, je pense certainement pour lui. Il a fait beaucoup savoir qu'il avait été sur quelques travaux de Ricœur, un assistant du philosophe Ricœur donc c'était aussi pour pour asseoir l'idée que la la littérature ou les humanités ne lui étaient pas étrangères. Mais ce roman secret, ce roman caché, il ? Personne ne le sait, ça s'est dit, il ne dément pas parce que c'est parce que c'est bien. C'est c'est une œuvre de jeunesse ou de grande ? Mais je pense que quand on l'imagine et quand on le voit physiquement quand il a 18-19 ans, on imagine qu'il est très bien pu écrire des choses assez romantiques, assez C'est apparemment un roman sur un conquistador. Voilà, il y a il y a il y a quelque chose de l'ordre de l'épopée.

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Cortès et puis avec je crois je crois que c'est Cortès parce que c'est celui qui remonte après et qui va aller coloniser ce qui deviendra la Californie, le sud de la Californie. Donc il y a aussi ce ce ce ce pont avec la Silicon Valley, la Startup Nation. Donc il y a il y a ça faisait un sens ce roman pour ce qui est devenu après le le le le président. Mais est-ce qu'on le lira un ? J'en doute. Mais il faut voir si dans 6 mois Emmanuel Macron se dirige vers des activités lucratives ou s'adonne à la littérature parce que ça nécessite de l'argent. Si on n'écrit pas et qu'on fait écrire, l'un n'empêche pas l'autre. Je suis cynique peut-être mais qu'est-ce qui fait que les mémoires des présidents se vendent souvent très ? Si on songe par exemple aux mémoires de Jacques Chirac,

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si on songe à ceux de Nicolas Sarkozy, ce sont des succès de librairie invraisemblables alors qu'en général aucun de ces présidents sortis de l'Élysée ne racontent véritablement les arcanes du pouvoir. Ce sont des livres assez plats, assez Ça marche toujours quand même, le dessous des cartes. Qu'est-ce qui s'est dit en tête-à-tête entre Sarkozy et Poutine, entre De Gaulle et ? Donc dans la lignée de ces mémoires de guerre, mémoires d'espoir de de Charles de Gaulle, on se dit toujours "Là, il y aura quelque chose." Et puis je crois qu'il y a un deuxième phénomène, c'est que les présidents qui font leurs mémoires, ils les vendent. Ils font la télé, ils font des salons du livre et donc on vient voir l'animal politique, on vient se faire dédicacer et ça je pense que ça garde une certaine

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fascination. L'homme ou la femme de pouvoir par rapport au citoyen par le truchement du livre et de la signature. Ils balancent de plus en plus. Parce que même pour quelques pages ou une centaine de pages dont on se fiche éperdument parce qu'on l'a déjà entendu 20 fois et que ça n'a aucun sens, quelques vacheries et notamment dans le premier dans le premier Sarkozy ou dans le deuxième tome de Sarkozy, il y a un certain nombre de de choses qui sont assez savoureuses sur François Fillon, sur la façon dont il considère le C'est le côté moraliste.

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Et Emmanuel Macron, s'il écrivait ne serait-ce que ses mémoires, il était peut-être un peu jeune, la façon dont il parlerait de ses différents Premiers ministres, ça mériterait le coup. Ça donnera envie de le lire. Mais il avait qu'une prof de français, faut pas oublier quand même Emmanuel Macron. Il lui Sa n'épouse est prof de français, donc c'est un univers qui le Il considère que ça donne un supplément d'âme la littérature. C'est Sa grand-mère aussi, sa grand-mère était professeur et il a il a une culture qui est celle de ses aînés. En effet, de son épouse et et et aussi de sa grand-mère, une culture classique mais un petit peu datée littérairement. À quoi ça sert au ? Est-ce qu'aujourd'hui les Français attendent toujours de leur président qu'il soit

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cultivé, ? Il y en a un qui a cultivé le mystère, Jacques Chirac, par exemple, sur sa passion pour les arts premiers mais également pour des romans de l'Extrême-Orient la culture russe, il n'en parlait jamais publiquement. Il s'est préservé mais quand il a commencé à le faire savoir, donc dans sa campagne de 94-95, moi je pense que ça lui a beaucoup servi. Ça lui a donné une profondeur, une épaisseur, une humanité et le fait qu'il ait gardé secret, on se dit cet homme devait souffrir pour se préserver comme ça une vie une vie intérieure loin du personnage public qu'on lui prêtait. Je pense que c'est important encore aujourd'hui. Regardez quand Marine Tondelier s'en mêle un peu dans le les présidents de la République ou quand un politique fait des fautes de

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français, bah les gens ne n'aiment pas. On aime être représenté par quelqu'un qui traîne derrière lui tout le patrimoine de la culture de la nation. temps parce que parce qu'il y a une effectivement une forme de révérence Peut-être. vis-à-vis de la culture, des gens qui qui ont fait des études. On peut se demander si c'est quelque chose qui perdurera au sens où à partir du moment où quand vous tapez Madame Bovary, vous avez l'histoire et que vous êtes pas Flaubert, vous pouvez très bien faire comme si vous aviez lu sans l'avoir lu réellement. Je peut-être que ça sera pas dans l'ordre des choses, dans l'ordre du respect et de l'admiration. Ce sera Pour l'instant, ça dure encore un petit peu. Je pense qu'on est ambivalent parce que on veut des des hommes politiques soient

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efficaces, qui s'adonnent complètement à leur tâche de de ministre ou de dirigeant. J'en veux pour pour preuve euh Bruno Le Maire qui publie un roman alors qu'il est à Bercy. Après tout, écrire un roman plutôt que de faire du jogging sur les quais de la Seine. Il le fait aussi. Il le fait aussi. Il le fait peut-être aussi. Après tout, pourquoi ? Comme comme son mentor Dominique de Villepin qui écrivait des livres de 700 pages tout en étant à Matignon. est tombé sur le dos de de Le Maire sans lire le roman comme si c'était une une manière de tromperie. ont lu quand même quelques extraits. les mêmes et qui n'étaient pas les bons. Savoureux. On a reproché voilà au ministre d'avoir une part de lui qui échappait au temps politique et qui était quelque chose qui

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lui appartenait et j'ai trouvé ça très sévère en disant moi je suis assez content qu'un ministre, après on jugera sur ses résultats et cetera, ait le droit d'avoir un temps pour lui où il écrit des romans ou de la poésie ou ce qu'il souhaite. qu'il est meilleur ministre quand il a écrit quelques pages avant Ah oui. Dans ses dossiers. Euh non, il y a un truc que dit François Mitterrand dans le documentaire qui est très intéressant en disant on ne peut pas faire de la politique sans avoir un récit. C'est-à-dire que si simplement la politique c'est le prendre telle loi, tel truc, tel décret. Et et et c'est vrai que lui euh euh il avait moi ça me tarabustait Chaque président doit présenter une forme de roman national. Oui, sans mentir. Alors, le roman national, c'est pas de dire aux gens

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"Vous aurez la retraite à 60 ans, le SMIC à 5000 euros, tout." Mais c'est simplement des puisqu'on est euh avec un suffrage euh l'élection du du président au suffrage universel, c'est comme ça, le président doit être incarné, il doit nous dire quelque chose. Si c'est pour nous dire euh "Catalogue de mesures", ça passe pas. Et François Mitterrand, j'ai écouté une fois plusieurs fois les m'a dit "Mais de quoi il a ?" J'ai dit "Je sais pas très bien, il a parlé du cycle du bois, des arbres, de la forêt." C'était beau, on avait envie de on aimait la nature, mais en résumé, j'étais absolument infoutu de dire ce qu'il avait dit. Merci infiniment à tous les trois, c'était euh passionnant, les présidents et la littérature, une passion euh française. Je vous retrouve demain sur la LCP.

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