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Podcast / conversationFrance Culture — L'Esprit public (sur Site radio)· 18 octobre 2026 25 minContradictoireActualité / polémiqueÉconomie & entreprisesEurope & internationalInstitutions & électionsDéfense

Trump : sauve qui peut à moins de trois semaines des Midterms

Source d'origine 3 locuteurs

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 10 %Attaque 70 %Défensif 20 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 86 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:35OuverteÉludée

    Ce formidable accord avec les Russes, comme il l'appelle, sauvera-t-il sa majorité au Congrès ?

  • 1:20OuverteRéponse directe

    Comment comprenez-vous cette agitation avec tous les dégâts potentiels, à la fois sur la scène internationale et puis on en viendra à la scène intérieure ?

  • 4:46OuverteRéponse directe

    A-t-on raison de faire le lien avec les mid-terms, Richard Verley ? Le lâchage de l'Ukraine, après tout, est-ce qu'il n'était pas prévisible ?

  • 8:50OuverteRéponse directe

    C'est juste de considérer qu'en plus, ça arrivera trop tard ?

  • 11:09RelanceRéponse directe

    C'est un peu le paradoxe, c'est-à-dire que dans l'électorat, ça peut fonctionner en partie quand même ?

  • 14:16OuverteRéponse directe

    Qu'avez-vous compris notamment du vote MAGA ? Et comment les partisans MAGA acceptent-ils que le America First qui était censé améliorer leur vie produise l'effet inverse ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:16InvitéFait
    « les Etats-Unis décident d'exempter de leurs sanctions les livraisons de diesel en provenance de Russie. »
  • 0:40PrésentateurChiffre
    « les 4 millions de tonnes de pétrole ne seront libérées qu'après les élections du 3 novembre. »
  • 0:57PrésentateurPromesse
    « il promet des chèques de 5000 dollars si le Congrès reste républicain. »
  • 2:33IntervenantChiffre
    « Il est à peu près à 34% d'opinion favorable, c'est-à-dire c'est un record là aussi, mais un record d'impopularité. »
  • 2:50IntervenantChiffre
    « Le déficit américain cette année est à 2 000 milliards de dollars, sans l'échec de Donald Trump qui rajouterait 1 300 milliards de dollars. »
  • 3:20IntervenantFait
    « Donald Trump n'a jamais admis qu'il avait perdu l'élection présidentielle américaine en 2020. »
  • 4:21IntervenantFait
    « il a dit que peut-être, il instaurerait ce qu'il appelle l'Insurrection Act. »
  • 5:38IntervenantChiffre
    « les 5 000 dollars »
  • 6:47IntervenantChiffre
    « Il a envoyé ses émissaires cinq fois ou six fois chez Vladimir Poutine. »
  • 8:31IntervenantChiffre
    « Donald Trump s'est enrichi la première année, je crois, d'à peu près entre 1 et 2 milliards de dollars. »
  • 9:36IntervenantFait
    « la dominance du dollar au niveau international »
  • 14:37IntervenantFait
    « renouvellement complet de la Chambre des représentants, un tiers du Sénat »
  • 15:43IntervenantFait
    « Donald Trump garde cette capacité, qu'on peut dire identitaire, à mobiliser son électorat sur le thème « votez pour moi ». »

Temps de parole

  • Intervenant31 %
  • Intervenant 224 %
  • Intervenant 315 %
  • Présentateur14 %
  • Intervenant 413 %

≈ 7,4 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:10
Locuteur

Et

0:11
Présentateur

voici ce qu'on a entendu il

0:12
Locuteur

y

0:12
Présentateur

a une semaine, samedi 10 octobre, à la télévision russe.

0:16
Invité

Et maintenant, cette actualité qui vient de tomber, les Etats-Unis décident d'exempter de leurs sanctions les livraisons de diesel en provenance de Russie. C'est un sacré accord, ça va nous donner des quantités dingues de diesel dans notre pays. Et je veux remercier, pour être honnête, le président Poutine.

0:33
Présentateur

Voilà, pour Donald Trump,

0:34
Locuteur

c

0:34
Présentateur

'est clair, la fin justifie les moyens. Ce formidable accord avec les Russes, comme il l'appelle, sauvera-t-il sa majorité au Congrès ? Pas sûr, les jours passent, les 4 millions de tonnes de pétrole ne seront libérées qu'après les élections du 3 novembre. Sans doute trop tard, mais il tente. Et qu'importe manifestement si l'Ukraine se retrouve lâchée, qu'importe les tensions autour de la mer Rouge qui lui font imaginer un nouveau front contre les outils. Sur la scène intérieure aussi, il promet des chèques de 5000 dollars si le Congrès reste républicain. Trump sauve qui peut, c'est le titre de cette deuxième partie, à trois semaines des mid-terms, qui s'annonce très difficile pour lui.

On est toujours avec l'essayiste Mathieu Soukierre, avec le philosophe spécialiste des Etats-Unis Hugo Tudyk, le journaliste Richard Verli qui rentre des Etats-Unis justement, et l'économiste Natacha Walla. Comment comprenez-vous cette agitation avec tous les dégâts potentiels, à la fois sur la scène internationale et puis on en viendra à la scène intérieure ? Mais les uns les autres, Hugo Tudyk peut-être, c'est votre territoire ça ?

1:33
Intervenant

Oui, effectivement. Et on entendait Donald Trump s'exprimer et on oublie parfois à quel point il est vulgaire, à quel point il est outrancier. C'est vrai qu'il a sa voix de promoteur immobilier à Brooklyn.

1:47
Présentateur

Là, les mots n'étaient pas vulgaires

1:48
Locuteur

?

1:48
Intervenant

Non, non, oui, mais il nous a habitués à la vulgarité. Les mots n'étaient pas vulgaires, mais l'action était non seulement vulgaire, mais absolument scandaleuse, indigne. Et même au sein de son propre camp, il y a vraiment une réaction politique très forte, puisque les républicains, malgré Trump, sont tout de même plutôt pro-ukrainien et contre la Russie historiquement. Donc voilà, d'abord, Trump vient de se compliquer encore la tâche, mais finalement, son admiration pour Vladimir Poutine est telle que ça lui importe assez peu. Et comme vous l'avez bien dit, ce qui se passe là, c'est simplement la panique de Donald Trump, puisqu'il n'a jamais été aussi impopulaire.

Il est à peu près à 34% d'opinion favorable, c'est-à-dire c'est un record là aussi, mais un record d'impopularité. Il sait qu'il va perdre les élections de mi-mandat, donc non seulement la Chambre et peut-être également le Sénat. Et donc, il panique et il promet à tour de bras des milliers de dollars aux Américains. Il faut tout de même rappeler que les derniers chiffres viennent de sortir. Le déficit américain cette année est à 2 000 milliards de dollars, sans l'échec de Donald Trump qui rajouterait 1 300 milliards de dollars. Donc, si jamais il gagnait, les États-Unis finiraient l'année à peu près 3 500 milliards de dollars, c'est-à-dire le PIB de la France, en déficit annuel.

Donc, évidemment, tout ça pour dire que Donald Trump panique et qu'il va perdre les élections et que ce qu'il va essayer de faire, ce qu'il a déjà essayé de faire, c'est de

3:16
Locuteur

jeter

3:18
Intervenant

le doute sur la sincérité des résultats. Donald Trump n'a jamais admis qu'il avait perdu l'élection présidentielle américaine en 2020.

3:25
Locuteur

Enfin,

3:25
Intervenant

il n'admettra certainement pas qu'il a perdu cette fois, et c'est pour ça que ce ne sont pas des élections normales, ce sont des élections très dangereuses pour le peuple américain.

3:33
Présentateur

Ne pas admettre, c'est une chose. Est-ce que vous pensez qu'il peut aller jusqu'à perturber ce vote

3:40
Locuteur

?

3:41
Intervenant

C'est une en pleine opération de perturbation. Donald Trump, tous les jours, son administration, essaye de faire un procès aux différents États, parce que, Dieu merci, les pères fondateurs n'ont pas eu tout faux, et les pères fondateurs ont fait en sorte que les élections américaines, notamment les élections à la Chambre, au pouvoir législatif, ne sont pas dans les mains de l'exécutif. C'est très différent, par exemple, de la France, où c'est le ministère de

4:06
Locuteur

l

4:06
Intervenant

'Intérieur qui garantit les élections. Ce serait inimaginable aux États-Unis. Ce sont les États fédérés qui contrôlent et qui s'assurent que l'élection se passe conformément aux règles locales et aux règles fédérales. Donc, évidemment, Donald Trump,

4:21
Locuteur

ça

4:21
Intervenant

le gêne beaucoup. Et donc, il a dit que peut-être, il instaurerait ce qu'il appelle l'Insurrection Act. Donc, c'est un état d'urgence, finalement, pour amener, par exemple, les soldats américains aux bureaux de vote de certains États, etc. Donc, il est certain que Trump usera de tous les leviers du pouvoir dont il dispose, et parfois de ceux dont il ne dispose pas, pour essayer de changer le résultat des élections. Aucun doute là-dessus.

4:46
Présentateur

A-t

4:46
Locuteur

-on

4:46
Présentateur

raison de faire le lien avec les mid-terms, Richard Verley ? Le lâchage de l'Ukraine, après tout, est-ce qu'il n'était pas prévisible ? Il y a eu une volonté de vengeance vis-à-vis de Zelensky qui est toujours latente. Et on pourrait parler des outils et de

5:02
Locuteur

l

5:02
Présentateur

'Arabie Saoudite. Est-ce que... Comment vous voyez ça, vous ?

5:05
Intervenant

Alors, d'abord, moi, je ne pense pas que Donald Trump panique. Vous le disiez, je reviens des États-Unis. Je pense que Donald Trump fait du Trump.

5:12
Locuteur

Donald

5:13
Intervenant

Trump a toujours fini ses campagnes électorales comme ça, et ça lui a plutôt profité, c'est-à-dire avec des attitudes, avec des décisions complètement, j'allais dire, antidémocratiques, complètement contraires au jeu politique démocratique américain normal, que ce soit de l'autoritarisme ou des tentatives, je dirais, d'intimidation des électeurs, ou bien des offres numéraires, vous avez cité les 5 000 dollars, ou bien sur le plan géopolitique, il a toujours fait ça. C'est-à

5:42
Locuteur

-dire,

5:42
Intervenant

à la dernière minute, il balance n'importe quoi pourvu que ça lui rapporte des voix. Et c'est ce qu'il est en train de faire. Est-ce que ça, c'est de la panique ? Non, chez lui, c'est un comportement systémique, et il ne va pas s'arrêter. Après, je crois qu'il faut distinguer entre deux choses. Il y

5:57
Locuteur

a

5:57
Intervenant

ce qu'on peut considérer comme les interférences démocratiques, le mot est faible, c'est-à-dire la volonté, en gros, de casser le système pour qu

6:03
Locuteur

'il

6:03
Intervenant

lui profite. Ça peut, effectivement, il y a de quoi s'inquiéter, parce qu'il a quand même, maintenant, on l'a compris à ses ordres, une milice, ICE, la milice anti-immigration, qu'il peut utiliser à son gré, même si, quand même, les États ont fort bien résisté. Et par ailleurs, au sein même de cette police, Tom Oman, qui en est le principal responsable, a compris que sa tête était un peu sur le billot, il ne veut pas apparaître comme l'homme qui a pulvérisé la démocratie américaine. Ça, c'est la première chose. Donc, oui, il y a des raisons de s'inquiéter sur l'intégrité du scrutin, c'est évident. Et puis, il y a le reste. Tout le reste, Donald Trump ne fait que tenir ses promesses.

Il avait dit, depuis le début, je veux un deal avec Poutine.

6:40
Locuteur

Il

6:41
Intervenant

l'a dit, il l'a dit, il s'en est félicité. Il a envoyé ses émissaires cinq fois ou six fois chez Vladimir Poutine. Il a invité Vladimir Poutine en Alaska. Il s'est fait gifler quasiment publiquement par Poutine, qui lui a dit, je ne veux pas du deal que vous me proposez. Et il continue. Donc, il ne supporte pas

6:56
Locuteur

Zelensky. Donc, c'est en ce sens que j

6:56
Présentateur

'ai dit prévisible, oui,

6:57
Locuteur

d'une certaine façon. Il

6:58
Intervenant

ne supporte pas Zelensky, rien de neuf. Il pense que Zelensky n'aurait jamais dû répondre militairement à la Russie. Rien de neuf. Il veut un deal avec Poutine. Et enfin, il revient à sa promesse initiale qui est « Je vais vous rapporter à vous, Américains ». Il est coincé dans sa guerre au Moyen-Orient. Donc, il essaye de trouver les moyens d'inonder le marché mondial de pétrole pour, à la dernière minute, faire rebaisser les tarifs et le prix du galon, ou du diesel notamment, ou au moins pouvoir dire aux électeurs « Regardez les perspectives. Dans deux, trois semaines, ça va baisser. » Voilà ce qu'il fait. C'est du pur électoralisme. Et dans cet électoralisme, il y a un vrai fond de sauce.

Le fond de sauce, c'est ce qui m'intéresse. C

7:37
Locuteur

'est

7:37
Intervenant

les ressources naturelles de la Russie et le deal avec la Russie qui peut rapporter gros, peut-être à l'Amérique, mais surtout à Donald Trump.

7:44
Présentateur

Son business personnel, ça, vous validez aussi cette hypothèse-là, Hugo ? Évidemment.

7:49
Intervenant

Oui, oui, bien sûr. Si vous voulez, et là, je crois que pour revenir à Montesquieu, Trump est la définition exacte et parfaite de ce que Montesquieu appelle un despote. Un despote, au sens où l'entend Montesquieu, c'est quelqu'un qui, au lieu d'agir par la loi et les canaux normaux, notamment des États républicains, agit par caprice.

8:08
Locuteur

Et

8:08
Intervenant

donc, voilà, c'est finalement, Montesquieu compare le despote à un enfant un peu capricieux qui n'aurait pas eu des parents qui lui auraient appris les limites de ce qu'il faut faire et ne pas faire. Et donc, parmi les traits du despote,

8:18
Locuteur

il

8:18
Intervenant

y a notamment le fait que, pour lui, finalement, tout est personnel et tout ce qui lui importe, c'est l'extension de son trésor. Et Donald Trump s'est enrichi la première année, je crois, d'à peu près entre 1 et 2 milliards de dollars. Donc, c'est absolument inédit. Et les Américains votent aussi notamment avec ça. Parce que quand les Américains voient que, eux, le galon d'essence n'a jamais été aussi élevé et qu'ils voient que, dans le même temps, Donald Trump s'est enrichi, depuis deux ans,

8:45
Locuteur

au

8:45
Intervenant

pouvoir de 2 milliards de dollars, évidemment, ça laisse un peu songeur.

8:50
Présentateur

Natacha Valla, c'est juste de considérer qu'en plus, ça arrivera trop tard. Je crois que ces 4 millions de tonnes de pétrole seront libérées qu'après les élections.

9:01
Locuteur

Il

9:01
Présentateur

y

9:01
Locuteur

en a

9:01
Présentateur

un petit peu, là, dans les premières

9:03
Intervenant

semaines. Mais d'une telle naïveté sur toutes ces propositions, enfin, on parlait de la dimension internationale, déjà, de toutes ces politiques, il a créé une défiance extraordinaire et sans précédent de la part des alliés traditionnels des États-Unis, que ce soit en Europe, au Moyen-Orient, je pense que si vous demandez de nombreux pays européens, l'Arabie saoudite, etc., on revient un petit peu sur une confiance qui était mutuelle et de longue date. Donc, il a sapé des fondements qui étaient très solides. Il a sapé le fondement d'une chose qui est extraordinaire dans l'histoire monétaire, c'est-à-dire la dominance du dollar au niveau international.

Partout dans le monde, on a des initiatives régionales, locales, qui tendent à se dire, finalement, on ne veut plus de cette dépendance, on s'achemine vers un autre système. Donc, il a mis en marche un changement systémique énormissime au niveau de la finance et de la monnaie internationale. Et puis, pour revenir sur votre question très précise, sur le coup, pour les dividendes locaux ou domestiques de cette initiative un peu farfelue de la dernière heure, l'inflation aux États-Unis, c'est en partie les prix du pétrole, c'est en partie le galon. Il y a une grosse partie de l'inflation, qui s'appelle l'inflation sous-jacente,

10:14
Locuteur

qui

10:15
Intervenant

est un processus avec beaucoup d'inertie, qui est liée au fait que l'économie américaine ne va pas si mal que ça. Enfin, voilà. L'inflation, elle ne va pas être réduite comme ça du jour au lendemain. La réserve fédérale, qui est une des rares institutions américaines qui résiste un peu, grâce à son statut, à l'influence et à la mainmise de Trump sur l'ensemble des vecteurs de pouvoir, dit « moi j'ai de l'inflation, mon travail c'est de préserver le pouvoir d'achat des Américains, j'augmente les taux ».

Donc tout ça lui échappe, et il pousse sur des ficelles en fait, il essaye de tirer des leviers qui ne sont pas dans son pouvoir, pour des raisons de structure économique, ou pour des raisons qui institutionnellement sont encore un peu préservées. Donc tout ça,

10:58
Locuteur

ça

10:59
Intervenant

aura été beaucoup de bruit pour rien, en tout cas en ce qui concerne les prix à la pompe du galon de gasoil. Mais politiquement, ça peut

11:07
Locuteur

fonctionner

11:08
Présentateur

en partie quand même ? C

11:09
Locuteur

'est un peu

11:09
Intervenant

le paradoxe, c'est-à-dire que dans l'électorat, je vais au-delà de mes compétences, mais il y a certains économistes qui se sont rattachés à ça, notamment Kenneth Rogoff, qui étudiait ce qu'on a appelé les cycles politiques, les cycles économiques driveés, dû à la cyclicité des élections politiques.

11:30
Locuteur

Et

11:30
Intervenant

donc il y a toujours une panoplie de mesures qui sont censées améliorer la disposition de l'électorat par rapport au pouvoir en place, quelques semaines, quelques mois avant l'élection. Et

11:42
Locuteur

bizarrement,

11:43
Intervenant

ça marche un peu plus que ce que l'économie concrète devrait induire comme comportement électoral. Donc il n'est pas impossible, mais là je m'en remets à mes confrères qui sont beaucoup plus experts que moi, qu'il y a un petit dividende quand même en matière de résultats au mid-terme de novembre. Mathieu Soukert

11:59
Locuteur

?

12:00
Intervenant

Contrairement à mes trois camarades de plateau, de studio même, je ne suis pas du tout un expert de la question américaine. Ce qu'il s'y passe, ou en tout cas ce que j'en comprends en lisant les uns et les autres et en écoutant les uns et les autres, ce qu'il se passe me permet une première chose qui est de relativiser la situation que nous vivons en France. Nous sommes évidemment et légitimement très critiques vis-à-vis de nos gouvernants quand on observe quand même ce qui se passe aux Etats-Unis en termes de népotisme, de corruption à ciel ouvert,

12:29
Locuteur

je

12:29
Intervenant

veux dire, de corruption à ciel ouvert, d'amateurisme, on l

12:33
Locuteur

'a

12:33
Intervenant

vu encore la semaine dernière avec la porte-parole de la Maison-Blanche liquidée en quatre jours après une prestation médiatique dont le monde entier aura parlé et dont le monde entier se sera moqué, la fascination pour les autocrates, la remise en cause d'un certain nombre de libertés publiques,

12:47
Locuteur

et

12:47
Intervenant

ça tient.

12:48
Locuteur

Je

12:48
Intervenant

veux dire, évidemment qu'il y a des voix critiques aux Etats-Unis, pour autant ça tient. J'ai quand même la faiblesse de penser qu'en France, tout ça cumulé ferait exploser le pouvoir et le pays en quelques jours seulement. Peut-être que je rêve, peut-être que je suis naïf, mais à ce stade quand même, quand on se regarde, on se désole, quand on se compare comme d'habitude, on se console les deuxièmes dimensions. J'ai appris comme plein d'étudiants de ma génération le rôle des Etats-Unis comme force stabilisatrice de l'ordre mondial depuis la Seconde Guerre mondiale.

Elle n'était pas seulement le gendarme du monde, elle était une puissance qui comprenait le rôle crucial qu'elle avait à jouer dans l'équilibre et le multilatéralisme à l'échelle du monde. Ce qu'on observe quand même, c'est que depuis que Trump est à la Maison-Blanche, et vraiment depuis que Trump est à la Maison-Blanche, les Etats-Unis, première puissance mondiale, sont devenues la première puissance déstabilisatrice non seulement de l'ordre géopolitique mondial qui du coup menace la paix sur l'intégralité de la planète, l'ordre géopolitique mondial, mais l'ordre social. Pas seulement l'ordre mondial, l'ordre social aux Etats-Unis, mais l'ordre social y compris chez nous.

C'est ce qu'on disait tout à l'heure. Si on ne parle que de pouvoir d'achat depuis un certain nombre d'années, c'est en particulier parce que des décisions loin de chez nous et en particulier à la Maison-Blanche, s'agissant de l'Iran pour les mois qui viennent de s'écouler, ont été prises et nous pénalisent toutes. Donc

14:05
Locuteur

on

14:06
Intervenant

a hâte de retrouver des Etats-Unis qui réoccuperaient la place qu'ils ont longtemps occupée dans l'histoire du monde.

14:13
Locuteur

Est

14:13
Présentateur

-ce que ce sera le cas ?

14:14
Locuteur

Je ne sais

14:14
Présentateur

pas, mais Richard Verdi, je ne

14:15
Locuteur

sais

14:15
Présentateur

pas si vous voulez réagir,

14:16
Locuteur

mais

14:16
Présentateur

sinon je voudrais que vous nous racontiez un peu, vous avez sillonné l'Amérique en septembre pour la réédition de votre livre.

14:22
Locuteur

Qu

14:22
Présentateur

'avez-vous compris notamment du vote MAGA ? Et comment les partisans MAGA acceptent-ils que le America First qui était censé améliorer leur vie produise l'effet inverse

14:32
Locuteur

?

14:33
Intervenant

D'abord, il faut dire que l'enjeu de cette élection législative de mid-term, donc renouvellement complet de la Chambre des représentants, un tiers du Sénat, et au Sénat, ça se joue aujourd'hui, les Républicains ont quatre sièges d'avance, ça veut dire que ça va se jouer dans quatre Etats, in fine. C'est-à

14:48
Locuteur

-dire

14:48
Intervenant

qu'il faut que les démocrates l'emportent dans quatre Etats de plus que les Républicains lors de cette élection du 3 novembre.

14:55
Présentateur

Je vous coupe,

14:56
Locuteur

mais

14:56
Présentateur

il peut encore, ça, ça peut encore tenir, les quatre postes

15:00
Locuteur

américains ? Alors j'allais y venir.

15:01
Intervenant

Moi, ce que j

15:02
Locuteur

'ai,

15:02
Intervenant

donc j'étais aux Etats-Unis jusqu'à la mi-septembre, j'étais en Californie, militaires d'opposition, on va dire au mouvement MAGA, puisque c'est même là que Gavin Newsom, le gouverneur, on le considère peut-être comme un futur adversaire présidentiel du successeur ou de l'héritier plus exactement de Donald Trump. Dans le Montana, qui est un Etat très républicain, donc très trumpiste, et ensuite dans le Tennessee, qui est aussi un Etat très républicain, et on a vu des choses affreuses avec cette condamnée à mort, la condamnation n'a pas marché, elle a été renvoyée à l'hôpital, enfin des choses absolument affreuses. Qu'est-ce que j'en ai retenu ? J'en ai retenu deux choses.

D'abord, la donne est assez similaire à celle de la présidentielle 2024, c'est-à-dire que le camp trumpiste reste surmobilisé. Même si les sondages montrent qu'il y a un effritement très très net, c'est même plus qu'un effritement, c'est un écroulement de sa popularité, Donald Trump garde cette capacité, qu'on peut dire identitaire, à mobiliser son électorat sur le thème « votez pour moi ». De toute manière, vous verrez si ce n

16:00
Locuteur

'est

16:00
Intervenant

pas aujourd'hui, ce sera demain, si ce n

16:01
Locuteur

'est

16:01
Intervenant

pas demain, c'est après-demain, mais je tiendrai mes promesses et je vous enrichirai. Parce que derrière le credo de Trump, il y a quand même l'argent. Je vais vous rendre plus riche. Vous, c'est aussi bien les compagnies pétrolières qui engrangent des profits énormes, les géants de la tech, que les Américains qui fonctionnent aujourd'hui, quand même, il faut bien le dire, dans une économie qui marche. C'est la grande différence avec la France. L'économie américaine est en forme, elle crée des emplois, même si l'inflation joue un rôle. Donc, premier élément...

16:29
Locuteur

Mais l'homme de la rue, pardon, mais

16:30
Intervenant

pour le coup, l'homme de la rue ne

16:31
Locuteur

s

16:31
Intervenant

'y retrouve pas tout à fait, si ? L'homme de la rue, vous savez, bien évidemment qu'il n'est pas content quand il sort de Walmart où je suis moi-même allé faire des courses dans cet hypermarché, mais il y a une différence entre ne

16:42
Locuteur

pas

16:42
Intervenant

être content quand vous avez un boulot et quand vous n'en avez pas. Il y a une différence à ne pas être content quand vous avez un salaire et quand vous n'en avez pas. Ce n

16:48
Locuteur

'est

16:48
Intervenant

pas tout à fait la même chose. Donc, vous n'êtes pas content, mais l'économie fonctionne. Donc, le climat n'est pas le même. Et ça m'amène à l'autre commentaire qui est tout va dépendre, comme en 2024, de la mobilisation des démocrates et des indépendants ou des électeurs non affiliés. Or, aujourd'hui, les démocrates ont deux problèmes. Le premier, c'est qu'ils sont fracturés parce qu'il y a des candidats plus radicaux.

Ça nous ramène à la situation politique française qui sont d'une gauche radicale à l'américaine et sur lesquelles Trump tape en permanence notamment ce candidat au Sénat Sayed dans le Michigan qui est d'origine arabe et que Trump présente quasiment, on va le dire, comme Oussama Ben Laden. C'est voter pour lui, c'est voter pour Oussama Ben Laden. Je résume. Donc, qu'est-ce que vont faire les électeurs démocrates, j'allais dire modérés, normaux ? Et la deuxième chose qui est très importante aussi, est-ce que les démocrates vont simplement aller voter

17:42
Locuteur

dans

17:42
Intervenant

une élection où traditionnellement la mobilisation n'est pas très forte et vous avez la tentation chez un certain nombre de démocrates et ça, je l'ai entendu, cette élection-là, on ne va pas se battre pour celle-ci. Celle qui compte, c'est la suivante, la présidentielle qui permettra d'avoir un président démocrate à la Maison-Blanche. Et donc, il va falloir que le camp démocrate surmonte ces deux obstacles pendant que Trump, lui, survitaminé comme il l'est toujours, va terminer sa campagne électorale en promettant tout et n'importe quoi au détriment de tout le monde.

18:12
Présentateur

Le réveil démocrate, Hugo Tudy, que vous en pensez quoi, vous ?

18:15
Intervenant

Alors oui, sur survitaminé, Donald Trump, oui, il s'endort quand même à peu près tous les jours à chaque réunion et on le voit...

18:22
Présentateur

Oui, mais entre deux siestes,

18:23
Locuteur

il

18:23
Présentateur

est quand même là à

18:23
Locuteur

la pêche.

18:24
Intervenant

Oui, mais si vous faites une sieste tous les demi-heures, évidemment, quand vous êtes un rallye, vous êtes plutôt actif. Donc, pour revenir sur le fond, plusieurs choses très importantes. Ça a été dit, c'est très juste, Donald Trump et son vice-président ont des remarques racistes et homophobes dans le dernier quart de la campagne. Donc, voilà, ça,

18:45
Locuteur

c

18:45
Intervenant

'est tout de même, il ne

18:46
Locuteur

faut

18:46
Intervenant

jamais l'oublier. En France, évidemment, heureusement, ça ne passerait pas et Dieu merci. C'est un président ultra minoritaire. La structure, en fait, politique américaine fait que, par exemple, au Sénat, les républicains ont beaucoup plus d'importance que les démocrates et que c'est beaucoup plus simple pour eux de maintenir le Sénat. Donc, il ne

19:03
Locuteur

faut

19:03
Intervenant

jamais oublier ça. Les républicains sont avantagés. Et enfin, sur l'économie, l'économie est absolument désastreuse. C'est une économie en cas, comme dirait ma confrère économiste. Si vous êtes très riche, tout va bien. Si vous êtes pauvre, si vous êtes classe moyenne, si vous êtes dans les 80% d'Américains en bas de l'échelle, c'est absolument une catastrophe.

19:21
Présentateur

Merci, messieurs, dames. On passe au coup de cœur. Natacha Valla, vous retenez quoi cette semaine ?

19:35
Intervenant

Alors, moi, j'ai lu un livre qui s'appelle Le mythe de la normalité par Gabor Maté, qui est un médecin qui a passé une bonne partie de sa vie à s'occuper de délinquants, enfin, de toxicomanes, une autre partie, soins palliatifs, qui est très, très, très, très, très utile, je trouve, par les temps qui courent, pour comprendre ce qu'on conçoit comme normal, ce qu'on conçoit comme finalement anormal, et que l'anormal ne l'est pas forcément. Et donc, chacun y retrouvera un petit peu de réconfort dans sa propre anormalité qu'on a tous, finalement. C'est votre cas ? Vous avez trouvé ? Mais oui, comme tous !

20:09
Locuteur

On

20:09
Intervenant

ne va pas être indiscret, mais... Mathieu Souquière. Compte tenu notamment des sujets du jour, j'ai sélectionné le livre récemment paru du sociologue Nicolas Duvoux, dont le titre est « Dévis volé », le sous-titre de la dépossession à la participation. Il s'intéresse plus particulièrement à ces catégories de nos concitoyens qui subissent la plus grande violence sociale et dont, dans le même temps, au plan politique, au plan électoral, les voix sont muselées ou, en tout cas, c'est l'angle de Nicolas Duvoux. C'est très intéressant et ça met en exergue une sorte de concept, alors qu'on ne retrouve pas en tant que tel dans son livre, mais celui de souveraineté individuelle.

Nous allons sans doute parler de souveraineté nationale à l'approche de l'élection présidentielle et chacun aura son lot de propositions pour rendre à la France sa pleine souveraineté. Mais qu'est un pays dont on défend la souveraineté si les citoyens qui le composent, en fait, eux-mêmes, ne disposent pas de souveraineté au niveau individuel, au niveau personnel, de la capacité à maîtriser leur propre destin ? Est-ce qu'un pays maîtrise son destin quand ses concitoyens, ses citoyens, ne maîtrisent pas le leur ? C'est, d'une certaine façon, la question que pose Nicolas Duvoux.

21:09
Locuteur

C'est très lié.

21:11
Intervenant

Vous voulez réagir ? Oui, que c'est très lié à

21:13
Locuteur

ce que j

21:13
Intervenant

'ai trouvé comme matériau dans le mythe de la normalité, cette capacité à comprendre ses propres caractéristiques et voir en quoi elle s'articule avec ce qui ne correspond pas à une normalité, mais en agrégat de anormalité. Richard Verlet ? Coup de cœur pour un homme qui est en fonction à Bruxelles, c'est le président du Conseil européen, le portugais Antonio Costa, ancien Premier ministre socialiste de son pays. Pourquoi ? C'est parce qu'il vient de s'attaquer, là lors du sommet qui a eu lieu jeudi et vendredi, à l'obstacle et à l'élément le plus difficile, c'est le budget européen pour les sept prochaines années.

Il est au pied d'un Himalaya très très compliqué à gravir parce que même l'Allemagne veut réduire sa contribution au budget communautaire. Or, s'il n'y a pas de budget communautaire, il n'y a simplement pas d'Union européenne et pas de capacité pour l'Union européenne d'affronter les défis de demain. Donc, mon coup de cœur c'est de lui dire courage.

22:04
Présentateur

Ah, j'allais vous demander pourquoi coup de cœur ? Vous trouvez qu'il

22:06
Intervenant

s'y prend bien ? Écoutez, je pense qu'il s'y prend pas mal parce qu'il est en train d'essayer de mettre les différents gouvernements, donc les différents chefs d'État ou de gouvernement puisque ce sont ses interlocuteurs, devant les réalités, il faut prendre des décisions. Il est assez absent de la scène médiatique, c'est peut-être son meilleur atout. Donc voilà, c'est plutôt un encouragement qu'un coup de cœur mais il va lui falloir du courage. Et rappelez-nous, ça doit aboutir ?

Ça peut aboutir normalement au printemps prochain, l'objectif étant évidemment que ça aboutisse avant l'élection présidentielle française mais il y aura probablement de la sueur, des larmes peut-être de certains pays parce que les frugaux, ça ne vous a pas échappé, ne veulent pas délier les cordons de leurs bourses mais on peut aussi les comprendre vu le contexte global de l'Europe en ce moment.

22:53
Locuteur

Hugo

22:53
Intervenant

Todic ? Oui, alors d'abord, moi j'ai un coup de cœur pour tous les coups

22:56
Locuteur

de

22:56
Intervenant

cœur qui viennent d'être donnés effectivement et notamment... On

22:59
Présentateur

a droit à un !

23:00
Locuteur

Oui, c'est vrai, c'est

23:01
Intervenant

ça qui est difficile en fait parce que voilà, bon j'ai déjà cité Victor Hugo au début mais donc on l'aura compris, c'est un de mes coups

23:06
Locuteur

de

23:06
Intervenant

cœur mais le coup de cœur que j'ai choisi pour cette semaine, c'est celui qui est lié à ce que j'ai fait hier. Donc hier, je suis allé, j'ai pris le train pour aller à Bordeaux et à 20 minutes de Bordeaux, vous avez un très beau château médiéval qui date du 15e siècle et c'est la résidence, la demeure du philosophe Montesquieu. Et vous pouvez visiter ce très beau château où a été écrit en grande partie notamment l'Esprit des lois qui aujourd'hui fondent en fait les institutions modernes, la séparation des pouvoirs,

23:34
Locuteur

l

23:34
Intervenant

'indépendance du judiciaire, la représentation politique et j'y étais avec des collègues américains, spécialistes de la constitution américaine, spécialistes de Madison et c'était très émouvant de les voir à ce château.

23:44
Locuteur

Moi, je

23:45
Présentateur

voudrais vous signaler une nouvelle collection d'Actes Sud qui s'appelle Les Routes de l'Après, le deuxième ouvrage vient de sortir.

23:51
Locuteur

Ça

23:51
Présentateur

raconte après la guerre, non pas par des reporters de guerre qui viennent quelques semaines, quelques mois, mais par des chercheurs qui y travaillent depuis parfois 10 ans, 15 ans et le deuxième vient de sortir, c'est signé Cécile Boex, qui s'appelle Retrouver Damas et donc elle revient quelques mois après la chute du régime de Bachar le 8 décembre 2024 et elle qui a vécu 10 ans c'est assez passionnant et c'est vraiment un regard très particulier puisqu'on est dans les livres Cet Amérique qui nous déteste, c'est Richard Verly et Casser la vague, c'est Mathieu Soukher sur le RN. Merci à tous les quatre.

Merci et n'oubliez pas vous qui nous écoutez, pensez à ajouter ce podcast à votre bibliothèque sur l'appli Radio France. Vous serez sûr de ne pas manquer le prochain épisode.

24:34
Intervenant

France Culture

24:34
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Sous

24:35
Intervenant

-titrage Société Radio

24:35
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-Canada