Aller au contenu
Pourquijevote
Tous les transcripts
interviewfranceinfo — 8h30 franceinfo· 27 novembre 2023 25 min

Accord entre le Hamas et Israël, Romans-sur-Isère et retour de Jérôme Cahuzac...Le "8h30 France Info" de François Hollande

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:01
Présentateur

Bonjour François Hollande, ce week-end une cinquantaine d'otages a été libéré par le Hamas en échange de la libération de prisonniers palestiniens, toujours pas de français relâchés pour le moment, mais un otage russe a été libéré pour remercier Vladimir Poutine pour son soutien à la cause palestinienne, c'est ce que dit le Hamas. Est-ce que c'est une manière de faire pression sur nous, les occidentaux ?

0:25
François Hollande

Le Hamas, lorsqu'il a commis cet acte épouvantable d'attaquer des villages, des kiboutts, de tuer, d'assassiner, il a aussi pris des otages. S'il a pris des otages, c'est parce qu'il veut en faire un outil pour se protéger d'abord et puis aussi pour négocier autant qu'il le pourra. Et c'est un supplice pour les personnes qui vivent dans l'attente de cette libération. Et tout otage est politique. J'ai pu éprouver aussi cette situation, comme moi-même, président de la République, j'ai eu à faire un petit peu de situation. Et le Hamas fait en sorte de vouloir envoyer des signaux aux Russes pour dire, vous voyez, vous nous soutenez, vous méritez une libération d'un otage.

Aux Américains, on vous a libéré un otage, donc faites pression sur le gouvernement israélien. Et puis sur nous-mêmes, parce qu'il n'y a pas eu de libération d'otages français ou européens. Il y a eu huit allemands quand même, mais pas français. Donc il y a cette volonté du Hamas de jouer, d'essayer d'utiliser cette situation. Mais d'une certaine façon, si Hamas voulait prolonger la trêve, il lui suffirait de continuer à libérer des otages. Donc cette question de la trêve, moi j'appelle le cessez-le-feu provisoire. C'est un cessez-le-feu qui peut être prolongé. Et il ne peut être prolongé que s'il y a les libérations d'otages. C'est là la pression qu'il faut inverser sur le Hamas.

Nous qui sommes concernés, mais je dirais nous qui voulons qu'un jour la Palestine puisse avoir un état, qu'Israël puisse être en sécurité, nous voulons qu'il y ait un terme à ce conflit. Et ça doit passer par la libération d'abord des otages.

2:13
Invité

François Hollande, vous l'avez dit, vous avez eu, vous, lorsque vous étiez aux affaires, à gérer ce type de situation. Dans ce cas-là, on est obligé de s'en remettre aux intermédiaires, au Qatar en l'occurrence ?

2:25
François Hollande

Oui, il faut toujours des intermédiaires. Vous ne pouvez pas négocier avec une organisation terroriste directement. Donc le Qatar joue ce rôle. Le Qatar, je rappelle, abrite les chefs politiques du Hamas. Et le Qatar finance depuis longtemps le Hamas et, d'une manière générale, Gaza. Donc c'est le Qatar qui négocie, il négocie avec les Israéliens, il négocie avec les Américains, il négocie aussi avec nous. Mais ce n'est pas le Qatar qui fait la liste, c'est le Hamas qui fait la liste.

Donc nous sommes devant cette situation où il faut convaincre, par l'intermédiaire du Qatar, que le Hamas se met dans la pire des situations parce qu'Israël continuera son offensive si rien ne vient et la multipliera jusqu'au point final. Mais quel est le point final, précisément ?

3:15
Présentateur

C'est le Hamas qui décide, en fait, là ? C'est eux qui ont toutes les cartes en main ?

3:18
François Hollande

C'est l'Iran qui décide aussi, puisque l'Iran est directement lié au Hamas. Vous avez vu qu'il y a eu une opération avec les Houthis, aussi soutenue par l'Iran. C'est l'Iran qui est, en fait, la puissance cachée, mais qui est derrière. Mais je trouve qu'il est normal. Alors, si vous me posez la question, faut-il des intermédiaires ? Oui, faut-il que les intermédiaires puissent être convaincus qu'il y aurait intérêt pour tous à ce qu'il y ait toutes les libérations ? Parce que c'est cette espèce de sélection qui est insupportable, cette attente interminable pour les familles.

3:52
Invité

Sans être auto-centré, nous, comme Français, on se dit, mais c'est terrible, cette attente pour les otages français. Est-ce qu'il y a des leviers particuliers à actionner dans ce type de situation ?

4:01
François Hollande

Mais c'est terrible pour toutes les familles d'otages, quelles qu'en soient les nationalités. C'est terrible de ne pas savoir. C'est terrible de ne pas savoir même si les otages sont vivants. Il n'y a pas eu de publication des listes. Il n'y a pas eu d'informations données. Oui, c'est épouvantable. Et pour les familles françaises, et j'en ai reçu une en particulier, c'est insupportable de savoir que leur fille, en l'occurrence, est vivante, mais qu'on ne sait pas où elle est, si elle est en bonne santé. Donc tout ça est odieux sur le plan humain.

4:32
Présentateur

Vous, vous appelez ce matin, c'est le feu provisoire, le président égyptien El Sissi. Lui réclame la reconnaissance de l'État de Palestine. Il demande à la communauté internationale de la reconnaître, car il considère que le processus de paix israélo-palestinien est, je cite, une idée à bout de souffle. Est-ce qu'il a raison ? Il faut accélérer les choses ?

4:51
François Hollande

Mais vous pouvez reconnaître l'État palestinien, il n'existe pas. Donc c'est une position purement proclamatoire.

4:59
Présentateur

C'est-à-dire, il n'existe pas dans les faits, parce qu'il est reconnu par certains pays, par plus de 130 pays.

5:03
François Hollande

Pour reconnaître un État, il faut qu'il ait une effectivité. Je suis pour qu'il y ait une négociation de paix qui permette aux Palestiniens d'avoir enfin leur État dans la solution que l'on connaît, avec la sécurité pour Israël, car c'est la garantie. Mais dire, voilà, vous n'existez pas, mais je vous reconnais quand même comme État, est une posture, est une position d'affichage. qui ne coûte rien, mais qui n'apporte rien. Mais ce n'est pas un point de départ.

5:29
Présentateur

Vous, en 2012, votre promesse de campagne, c'était de soutenir la reconnaissance internationale de l'État palestinien.

5:35
François Hollande

Oui, c'était de faire en sorte qu'il y ait, dans le cadre d'une négociation générale, globale, que j'ai tentée d'ailleurs, qu'il y ait la reconnaissance d'un État palestinien, mais effectif. C'est-à-dire de transformer ce qui est encore d'ailleurs l'autorité palestinienne en véritable autorité d'État. Mais nous en sommes...

5:54
Présentateur

Ce n'est pas le cas aujourd'hui.

5:55
François Hollande

Les conditions ne sont pas réunies aujourd'hui. Les conditions ne sont pas réunies, mais elles doivent être réunies. C'est-à-dire qu'il faut qu'au sortir de cette guerre qui a déjà fait tellement de victimes et produit tellement d'horreur, il y ait un processus politique qui s'ouvre. Et d'ailleurs, puisque vous avez cité l'Égypte, il serait souhaitable que les pays arabes eux-mêmes fournissent la solution. Quelle serait la solution ? Parce que Gaza, après, qu'est-ce que ça va devenir ? Imaginons que le Hamas ait été, en toute ou en partie, éradiqué, est-ce si sûr ?

Mais de toute façon, pour Israël, si on veut rentrer dans un processus où Israël veut être en sécurité, les pays arabes doivent jouer leur rôle, doivent être présents à Gaza, doivent assurer...

6:32
Présentateur

Vous appelez, vous, à une coalition des autorités des pays arabes ?

6:36
François Hollande

Je n'aime pas le mot coalition à CETIA. Je veux dire que les pays arabes doivent s'investir dans le processus d'après pour assurer aux Israëls comme ils l'ont fait eux-mêmes. Ils ne le font pas suffisamment aujourd'hui ? Non, pour l'instant, ils ne le font pas suffisamment. Ils ne l'ont pas fait ces dernières années puisqu'ils ont occulté la question palestinienne.

6:53
Invité

Parce qu'ils ont tendance à renvoyer la responsabilité sur les Européens et les Occidentaux.

6:56
François Hollande

Oui, moi, j'ai travaillé avec les pays arabes, mais là, en l'occurrence, quand ils ont fait un accord avec Israël pour reconnaissance, les accords d'Abraham, ou quand l'Égypte a fait très longtemps des accords, ils ont assuré à Israël une sécurité. Et aux Palestiniens, ils en sont, pour l'instant, exonérés de leurs responsabilités, notamment dans ces derniers mois. Mais cessons de regarder derrière, essayons de regarder devant.

Donc, c'est aux pays arabes de proposer aussi une solution pour assurer, lorsque la guerre sera terminée, elle doit se terminer, une solution pour être présent et assurer la sécurité dans les territoires qui deviendront progressivement des territoires reconnus sur le plan international comme étant un État.

7:43
Invité

François Hollande, invité de France Info, jusqu'à 9h, vous restez avec nous. On vous retrouve juste après le fil Info, 8h40, Maureen Suignard. Le gouvernement israélien a reçu la liste des otages devant être libérés. Aujourd'hui, les autorités israéliennes ne précisent pas le nombre de personnes concernées. Hier, ce sont 17 otages qui ont été libérés. Aucun Français. Le Premier ministre de l'État hébreu dit être favorable à la prolongation de la trèfle pour permettre la libération de plus d'otages. Vers une nouvelle vague de sessions d'hypermarchés-casinos, le groupe en difficulté financière confirme avoir reçu des marques d'intérêt pour l'acquisition d'hypermarchés et de supermarchés.

Le plan de reprise de casinos prévoit déjà la vente d'au moins 133 magasins au groupement Les Mousquetaires. Une baisse de 7% en un an, celle du nombre de logements considérés comme étant des passoires énergétiques en France. Il en reste 6 600 000. Les passoires sont les logements avec un DPE, un diagnostic de performance énergétique classé F ou G. La dernière victoire en Coupe Davis était en 1976 pour l'Italie. Le pays remet ça en battant l'Inde. L'Australie hier, l'Italie emmenée par le numéro 4 du tennis mondial, Yannick Sineur. France Info.

9:01
Présentateur

Le 8.30 France Info, Jérôme Chapuis, Salia Bracchia. Toujours avec l'ancien président de la République, François Hollande, dans l'attaque du Hamas du 7 octobre, 40 Français ont perdu la vie. Certains dans la classe politique déplorent qu'aucun hommage national ne leur ait été rendu presque deux mois après l'attaque. C'est votre cas aussi ? Il est temps de l'organiser cet hommage ?

9:22
François Hollande

Oui, tout Français qui meurt dans un attentat terroriste, que ce soit sur notre sol ou à l'extérieur, doit avoir une reconnaissance. Une reconnaissance à la fois compassionnelle et une reconnaissance aussi de ce qui s'est produit. Est-ce que cet hommage devait avoir lieu immédiatement ? Ça, c'est au président de la République de répondre. Ce qui peut se faire dès à présent, c'est mettre des photos de ces 40 victimes du terrorisme dans cette affaire des kiboutts et de la vie en Israël, qui a été déchirée. Je pense que nous avons ce devoir, non pas de mémoire en l'occurrence, puisque nous ne sommes pas encore dans la mémoire, de reconnaissance de ces victimes.

François Hollande peut très bien mettre des photos, de la même manière pour les otages. Chaque fois qu'il y avait des otages, on mettait des photos. Il faut-il encore savoir qui est otage, c'est toujours le problème.

10:17
Invité

Mais vous faites partie de ceux qui pensent qu'il y a une forme de réserve de la part des Français sur ce sujet-là ?

10:22
François Hollande

Je n'en pense pas du tout. Je pense que les Français sont peut-être loin, parce que nous sommes loin, mais tout à fait conscients que le terrorisme islamiste, il a frappé ici, peut avoir comme conséquence pour des compatriotes qui vivent à l'étranger. Je ne crois pas qu'il y ait de distinction qui soit faite par les Français. Donc c'est une affaire, je dirais, de mobilisation. Ce n'est pas parce que c'est loin que ça ne nous concerne pas. Je dis souvent, tout ce qui se passe dans le monde a un effet sur notre propre pays. On le voit bien. Et quand il y a eu la crise en Syrie, quand il y a eu la montée de Daesh, beaucoup disaient que ça ne se produira pas ici. Et ça s'est produit ici.

Donc bien comprendre tous ceux qui nous disent qu'il faut s'enfermer, qu'il faut se barricader, qu'il faut imaginer que ça ne viendra pas ici. Tout événement dans le monde nous arrive à un moment ou à un autre.

11:09
Présentateur

François Hollande, ces derniers jours, ont été marqués par la mise à l'écart de certaines actrices à Hollywood, comme Suzanne Sarandon, pour leur prise de position en faveur de la Palestine. À ce sujet, quand Dominique de Villepin parle de, je cite, la domination financière sur les médias et sur le monde de l'art, de la musique, qui pèse lourd, ils ne peuvent pas dire ce qu'ils pensent, dit l'ancien Premier ministre, tout simplement parce que les contrats s'arrêtent immédiatement. Donc on voit bien que la règle financière imposée aujourd'hui aux Etats-Unis dans la vie culturelle, elle pèse lourd. Comment vous l'interprétez, vous, cette phrase ?

11:40
François Hollande

Il y a effectivement, lorsque des artistes s'expriment, des risques. Toujours des risques, mais ça a toujours été. Il y a toujours eu, pour un artiste, une artiste qui, à un moment, prend une position, quelle que soit la position, une mise en danger. Parce que ce qu'on demande souvent, et ce n'est pas simplement les financiers, comme on dit, c'est aussi les intermédiaires, les agents, disent, écoutez, tenez-vous discrètement.

12:05
Présentateur

Mais est-ce que vous, vous mettez en cause la domination financière, comme le dit Dominique de Villepin ?

12:09
François Hollande

En France, on a aussi des sociétés de production, on a aussi des intermédiaires. Ils ne sont pas liés aux Etats-Unis, donc les artistes peuvent s'exprimer. Mais je comprends aussi que c'est intolérable de demander à un artiste, à un artiste de prendre position sur chaque sujet. Et je trouve que c'était une bonne réaction des artistes qui se sont, à un moment, regroupés, en disant, mais nous, nous sommes pour la paix, parce que c'est le propre même des femmes et des hommes de culture, de dire, nous, nous voulons apporter de la culture, nous voulons apporter de l'humanité, et donc nous sommes pour la paix, nous ne faisons pas de distinction entre les victimes.

Je pense que c'était ça la bonne position.

12:46
Présentateur

Mais je vous pose cette question parce que cette phrase de Dominique de Villepin, elle a été taxée d'antisémitisme, en disant, la domination financière, sous-entendu les juifs, qui tiennent ces sociétés de production ou ces grands médias, derrière, font pression.

12:58
François Hollande

Je connais Dominique de Villepin depuis longtemps, je ne veux pas croire qu'il ait eu cette intention. Il a simplement évoqué ce qui peut se passer aux Etats-Unis. Maintenant, il faut faire attention à l'idée qu'il y aurait une espèce d'oligarchie qui serait infiltrée, structurée avec les juifs. Donc, face à ce risque, cette menace, cette réalité de l'antisémitisme, il faut faire très attention.

C'est pour ça que c'était très important qu'en France, on marque un coup d'arrêt, qu'on dise aux juifs de France, nous sommes solidaires, non pas solidaires de ce qui se passe en Israël, non pas solidaires de l'État, nous sommes solidaires des compatriotes qui sont menacés, qui sont agressés, ou qui se sentent mis en cause pour leur propre religion. Comme nous devons être, lorsqu'il y a des musulmans qui se font attaquer, ou des mosquées qui sont taguées. Ça s'est passé là, ces derniers jours. Nous devons être également d'une grande fermeté et d'une solidarité à toute épreuve.

13:57
Invité

La cohésion, justement, en France. Il faut en parler aussi au sujet du meurtre du jeune Thomas. C'était il y a huit jours à Crépaule, dans la Drôme. Neuf personnes mises en examen pour meurtre en bande organisée, notamment. Et par ailleurs, samedi soir, une centaine de militants d'ultra-droite, encagoulés, se sont rendus dans un quartier de Romand-sur-Isère, à une quinzaine de kilomètres de là. Un quartier dont sont originaires une partie des jeunes interpellés, suspectés d'être à l'origine de la mort du jeune Thomas. C'est une tentative de ratonnade, on dit certains. Quelle est votre interprétation ?

14:27
François Hollande

D'abord, la mort du jeune Thomas, c'est un drame. Un drame qui s'est produit dans une commune rurale, avec un bal qui ne ressemblait que des éléments qui voulaient faire la fête. Et on voit un jeune qui est poignardé dans des conditions tout à fait épouvantables. C'est un drame. Et il est nécessaire de savoir qui en sont les auteurs, de les poursuivre, je crois que c'est en ce moment le cas. Mais cette bataille des récits à laquelle on s'y est depuis huit jours. Mais la récupération, parce qu'il s'agit de ça. La récupération d'abord politique, avant d'être le défilé des identitaires d'extrême droite. Cagoulés, casqués, quasiment en tenue militaire ou paramilitaire.

Mais la récupération politique, quand il se passe un drame comme celui-là, la moindre des choses, c'est un peu de décence. C'est de dire la justice est saisie. Elle doit d'ailleurs se prononcer, de connaître l'identité de ces individus. Et puis ensuite de porter éventuellement un jugement. Mais la récupération politique d'abord a été celle de la droite, pas simplement de l'extrême droite. Et puis on voit, à ce moment-là, défiler dans des rues de nos villes des groupes identitaires paramilitaires. Ce n'est pas la première fois que ça se produit. Mais c'était extrêmement grave.

Nous sommes dans une république où on peut avoir des opinions, on peut les exprimer, mais on ne défile pas avec des moyens quasi militaires.

15:48
Présentateur

C'était une ratonnade, ce qui s'est passé ça le soir.

15:51
François Hollande

Et en plus avec une attaque qui pouvait être portée pour un jeune dans un quartier. Donc ça mérite là aussi la sanction la plus élevée. Même si on ne peut pas comparer ce qui s'est passé avec la mort d'un jeune à la sortie d'un bal. Mais voilà, il y a une montée. Parce que ce n'est pas la première fois qu'on voit ces groupes identitaires. Ce n'est pas la première fois d'ailleurs en Europe, puisque au même moment où il y avait ce groupe d'extrême droite, en Irlande, il y a eu un groupe équivalent d'extrême droite, défilant dans la même composition, avec les mêmes tenues, avec les mêmes casques, avec les mêmes matraques. Et en Irlande, à Dublin, il y a eu une émeute par eux.

16:26
Invité

Donc s'en tenir aux faits et aux seuls faits qui sont connus à ce stade. C'est ça que vous dites. Ce que vous dites, c'est qu'il faut s'en tenir aux faits et aux seuls faits qui sont connus. Mais il faut s'en tenir aux faits.

16:36
François Hollande

Vous voulez être sur le plan de la justice ? Oui. Mais oui. Et d'ailleurs, on a prétendu que les prénoms n'étaient pas connus. Moi, je ne connais pas les prénoms. Mais il est probable qu'il y ait des prénoms qui soient de consonance, dit-on, étranger. Non. De consonance, disons, maghrébine. Ce n'est pas tout à fait la même chose. Parce que ces individus semblent avoir été français. Mais on en saura davantage. On en saura davantage. Mais cette récupération, avant même que les familles aient pu également exprimer leur douleur face à cette tragédie, m'a paru tout à fait indécente.

17:10
Invité

François Hollande, invité de France Info jusqu'à 9h. On va vous retrouver dans une minute. Ce sera juste après le fil info, puisqu'il est 8h50. Maureen Suignard. Trois ans après la mort de Samuel Paty dans les Yvelines, un procès s'ouvre. Aujourd'hui, le premier, six mineurs sont jugés. La plupart pour associations de malfaiteurs en vue de commettre des violences aggravées. Ils sont notamment accusés d'avoir désigné le professeur d'histoire géo au terroriste qu'il a ensuite assassiné. La trêve entre le Hamas et Israël doit pour le moment se terminer demain matin. Mais le premier ministre israélien se dit favorable à une prolongation pour permettre la libération de plus d'otages.

Les familles sont dans une situation épouvantable, dans une attente interminable, réagit sur France Info l'ancien président français François Hollande. Un filet de pommes de terre qui passe d'1,70€ à 2,29€. Les prix augmentent donc de 23% en un an. Une forte hausse pour ce produit largement consommé par les Français. 50 kg de pommes de terre par an. Des prix qui ont augmenté à cause de la sécheresse et des hausses des prix de l'énergie. Zoé Closur remporte l'Eurovision Junior. Alors la France conserve son titre grâce à elle et sachant son cœur. Zoé, âgée de 13 ans, s'est fait connaître grâce à l'émission The Voice Kids. France Info.

18:27
Présentateur

Le 8.30 France Info. Jérôme Chapuis. Saliabracchia.

18:32
Invité

Toujours avec François Hollande. Après l'Italie, la Finlande, la Suède, l'extrême droite est aux portes du pouvoir aux Pays-Bas. François Hollande, est-ce que ça vous inquiète à quelques mois des élections européennes ?

18:42
François Hollande

Oui, il y a une montée d'extrême droite depuis des années. Qu'on a vu aux Etats-Unis avec Donald Trump, qu'on a vu sous une autre forme avec le Brexit, qu'on voit en Amérique latine. Avec récemment une élection d'un farfelu, c'est quoi qu'on puisse dire, qui est lui-même avec une tronçonneuse pour expliquer ce qu'il veut faire. En Argentine. Et on la voit depuis longtemps en Europe. Et en France, depuis près de 40 ans, cette montée de l'extrême droite présente trois fois au second tour d'une élection présidentielle. Et qu'est-ce que ça traduit ?

Ça traduit effectivement une espèce de peur qui n'est pas illégitime par rapport à une insécurité générale et dont la guerre sont une expression, par rapport à une immigration qui paraît ici ou là incontrôlée et une Europe pas suffisamment puissante, présente. Mais c'est surtout la révélation de ce qu'est la crise de la démocratie, c'est-à-dire des partis, et on le voit en France un peu plus particulièrement, les partis traditionnels qui se sont considérablement affaiblis, qui ont même éclaté. Et quand il n'y a pas d'offres politiques qui deviennent suffisamment attractives, qui fassent une espérance, et bien ça va, ça dérive vers l'extrême droite.

Et quand en plus la droite parle comme l'extrême droite, j'appelle ça la droitisation de la droite et la gauchisation de la gauche, et bien quand vous en êtes là, et bien c'est une opportunité pour l'extrême droite. On ne combattra l'extrême droite, non pas par la peur, que parce qu'on créera une espérance et une volonté.

20:07
Invité

Est-ce qu'il y a un rapport avec ce constat que faisait votre ami Gérard Collomb, qui est mort ce week-end, l'ancien maire de Lyon, qui le jour où il a quitté la place Beauvau, disait « on vit côte à côte, je crains que demain on ne vit face à face », phrase d'ailleurs qui a été relevée par Marine Le Pen dans l'hommage que la présidente du RN lui a rendue ce week-end.

20:21
François Hollande

Oui, ce qu'évoquait Gérard Collomb, c'est le risque de la séparation, de l'affrontement général entre les communautés, entre des gens qui ne vivent pas de la même manière. Et il n'avait pas tort de signaler quand même qu'il y a des quartiers qui ont été abandonnés, de s'égrégés, et il y a des espaces ruraux qui ne vivent pas dans l'espoir que la République puisse leur apporter ce qu'ils attendent. Donc il y a ce risque de ne plus connaître ses voisins, de ne plus connaître ses proches, ses compatriotes. Et donc c'est très important que l'unité nationale, j'y ai veillé, que la cohésion sociale puisse être préservée.

Ce risque-là existe, et on le voit bien avec ce que recherchent certains, l'affrontement communautaire, ce qui s'est passé d'ailleurs à Romand-sur-Yves.

21:06
Présentateur

Mais en même temps, on peut vous dire que juste après votre présidence, Marine Le Pen est arrivée au second tour de l'élection présidentielle.

21:11
François Hollande

Oui, je n'étais pas un candidat à ce moment-là. Mais même quand j'étais candidat en 2012, Marine Le Pen était à 18%, elle était à 20% quand je suis parti. Mais ce qui est grave, ce n'est pas simplement que Marine Le Pen soit à 20% dans le corps électoral, c'est que les autres partis se soient à ce point affaiblis, les LR et le Parti Socialiste, qui formaient jusque-là le clivage principal. Donc ces partis se sont à un moment liquéfiés à eux et à d'autres aussi, de recomposer une vie politique qui donne un choix, un clivage. Moi j'ai toujours pensé que chaque fois qu'il y avait un clivage clair entre la droite et la gauche, les extrêmes n'avaient pas leur place.

21:49
Présentateur

François Hollande, dix ans après sa dernière apparition publique, celui qui fut l'un de vos ministres, Jérôme Cahuzac, est de retour. Il a tenu une réunion publique avec près de 300 de ses sympathisants vendredi dernier. Il était aussi l'invité de nos confrères de France Inter ce matin. On rappelle que Jérôme Cahuzac a été condamné il y a cinq ans pour fraude fiscale à de la prison ferme, notamment. Ce retour-là, comment vous le jugez ?

22:13
François Hollande

Comme vous l'avez dit, pénalement, il a été condamné à de la prison ferme, il a purgé sa peine. Il peut donc retrouver ses fonctions de citoyen. Mais moralement, il restera celui qui a menti, qui a menti devant la représentation nationale, à l'Assemblée nationale, qui a menti à sa famille politique, qui m'a menti et qui a menti à tout le pays, en définitive. Alors, il s'en exonère en disant que tout le monde ment et moi-même, puisque j'aurais dit que je voulais inverser la courbe du chômage. Puisque ce n'est pas arrivé à temps, j'aurais donc menti.

Mais non, c'est confondre ce qui est un objectif politique, ce qui est une promesse qui mérite d'être tenue, toujours, mais avec un mensonge pour un fait privé. Un fait privé, c'est-à-dire d'avoir eu un compte à l'étranger. Et je trouve que cette confusion abîme la vie politique. Alors après, moralement, il peut aussi, avec sa morale personnelle, aller devant le corps électoral. Et c'est aux Français qui seront concernés de juger.

23:24
Présentateur

Vous trouvez que c'est indécent ?

23:25
François Hollande

Je pense que ce n'est pas indécent de vouloir exister après avoir été condamné. Ça s'appelle la rédemption, j'imagine. La rédemption, c'est-à-dire montrer que par son propre engagement associatif, militant, personnel, on peut finalement payer sa dette autrement qu'il y a purgé une peine. Voilà, ce serait ça, la rédemption. Aller devant le corps électoral. Après, je vous ai dit, ce sont les électeurs du juste. Ce ne sera pas la première fois qu'un condamné se présente à des élections. Et quelquefois même, peut être élu. Est-ce que c'est le signe de la vitalité de la démocratie ? Je ne crois pas.

24:03
Invité

On revient à un mot sur Gérard Collomb, puisqu'on en parlait il y a quelques minutes. Vous lui rendez hommage. Est-ce que vous serez présent à ses obsèques après-demain, à Lyon ?

24:14
François Hollande

Oui, je serai présent, parce que je connais Gérard Collomb depuis des années, je le connaissais. Je serai présent aussi parce que, justement, dans la vie politique, il y a des personnalités qui s'identifient à une ville, pour ne plus finalement être distingués de la ville. Gérard Collomb, c'était Lyon. Il avait pendant 20 ans essayé d'être maire. Et pendant 20 ans, il était maire de Lyon, président de la métropole. Et donc, Gérard Collomb, c'était Lyon. Et Lyon, c'est toujours Gérard Collomb. Et rien que pour ça, parce qu'on pense toujours aux carrières nationales. Il en avait fait une, comme il dit, à l'intérieur, peu de temps.

Mais ce qui compte, c'est de servir la population autant que possible, honnêtement et simplement.

24:57
Invité

Merci beaucoup, François Hollande, d'avoir été l'invité de France Info ce matin. Le 8.30 à réécouter en podcast sur les applis France Info, Radio France et sur le site franceinfo.fr.