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interviewPublic Sénat (sur YouTube)· 26 novembre 2025 6 min

« La loi spéciale, il faut être clair, c’est une forme d’échec d’abord »

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Effectivement, le Sénat vient de voter euh la version du Sénat pour le budget, pour la sécurité sociale. Euh ben on retrouve bien la pâte du Sénat. On sent la pâte de responsabilité économique.

C'est important. D'ailleurs, on retrouve d'ailleurs un déficit prévisionnel assez proche de la copie du gouvernement au départ de de ce travail parlementaire. On est autour de 17,6 17,5 milliards d'euros de déficit qui était l'objectif poursuivi par le par le gouvernement.

Je aussi souligner quand même le le sérieux du travail, le travail constructif où chacun a pu s'écouter, chacun a pu débattre. J'étais frappé par la solidité des débats au Sénat qui succédait à ce qui s'était passé à l'Assemblée nationale. Donc un travail parlementaire fourni, sérieux qui a produit un résultat intéressant.

Qu'est-ce que vous dites aux sénateurs élèves qui ont rejeté la suspension de la réponforme des retraites alors que c'est quand même une mesure de compromis entre le gouvernement et le socialistes pour apporter de la stabilité politique au Bah. Il faut rappeler pourquoi le gouvernement a souhaité s'engager sur la suspension de la réforme des retraites. Oui, effectivement c'est c'est une décision de de stabilité.

On sait que c'était important pour obtenir un consensus suffisant pour pouvoir justement travailler, débattre. Donc c'est tellement stabilité. Cette stabilité politique, elle est voulue par les Français. 61 % des Français souhaitent que les gouvernements soient stabilisés.

On a eu trop trop souvent des changements de gouvernement au cours de cette année 2024 et 2025. Euh je crois aussi que cette stabilité, elle permet de donner du temps. Elle permet du temps par exemple sur le sujet des retraites qui est ce sujet essentiel.

Euh vous savez qu'on va donc engager une conférence sociale que nous nous appelons travail emploi retraite qui va démarrer dès le 5 décembre prochain où les partenaires sociaux à la fois syndicaux et patronaux vont pouvoir à nouveau vous discuter de ces sujets en parlant beaucoup du travail qui est peut-être l'ongle mort des des réformes précédentes. Donc place au dialogue social et place aussi au au débat démocratique. On le voit déjà certains partis commencent à faire des propositions autour des retraites.

Est-ce que vous pouvez garantir au français qu'au final, il y aura cette suspension de la retraite dans le budget de la sécurité sociale à la fin de l'année ? Bah le la suspension de de la réforme des retraites, elle va dépendre du vote, hein. Si s'il y a un vote et que dans le vote, il y a la suspension, il y aura la suspension.

Mais si par exemple, on arrivait pas à arriver à un vote, là pour le coup, c'est plus compliqué. Alors, c'est déjà plus compliqué au plan économique, il faut le rappeler, puisque le fil de l'eau de la sécurité sociale nous amènerait à un déficit l'an prochain de 29 milliards d'euros. C'est presque 1 demi points de PIB.

C'est énorme. C'est la moitié de la croissance prévue la semaine prochaine qui serait consommée par le nouveau dérapage de la sécurité sociale. Les enjeux économiques sont énormes.

Et bien sûr, d'un point de vue politique, s'il y a pas euh s'il y a pas de vote et et et c'est de de ce budget, il y aurait il y aura donc pas la réforme de la sécurité sociale, en tout cas la suspension. Et donc dans ce cas-là, voilà, on on l'aurait pas obtenu. Et justement, est-ce que vous prenez qu'il n'y ait pas d'adoption à l'Assemblé nationale de ce projet de loi de financement de la sécurité sociale ? l'Assemblée nationale dans une première expression l'a l'a l'a retenu.

Donc maintenant que le texte voté par le Sénat valait à l'Assemblée nationale, on peut quand même faire le pronostic que cette discussion sera à nouveau ouverte et si l'Assemblée nationale vote à nouveau comme elle a voté en première lecture, on retrouvera la suspension de de la réforme des retraites. Mais qu'est-ce que vous dites notamment aux parlementaires du bloc central qui pourrai ne pas voter pour ce budget de la sécurité sociale dans son ensemble et s'abstenir en fait faire capoter cette histoire ? Bah ce que je dis c'est que il faut être dans le camp de ceux qui recherchent des convergences, de ceux qui veulent donner un budget à ce pays, le camp de la stabilité et il y a une forme de devoir et d'intérêt général.

Je pense que l'intérêt général du pays, c'est de donner de la stabilité à ce pays. Ça passe par deux budgets, un budget pour l'État et un budget pour la sécurité sociale. On voit très bien tous les effets négatifs qu'il y aurait en cas de la de l'absence de ces deux budgets.

Voilà. Donc je pense que on sait bien que le résultat final ne conviendra peut-être pas à chacun, mais je pense que ceux qui veulent de la stabilité pour notre pays devront converger vers un texte commun. Il faudra faire des pas les uns vers les autres.

C'est pas facile et je pense que c'est ça qui faut que les parlementaires qui souhaitent donner la stabilité à ce pays se disent qu'à un moment donné choisir est-ce qu'on choisit le camp de la stabilité ou au contraire le camp du désordre. Voilà, je pense que c'est une réflexion personnelle que chaque parlementaire devra devra avoir. François Hollande dit qu'en fait un blocage sur ce budget, il ne faut pas se préver du 493.

Est-ce qu'il a raison ? Ah ça, je laisse au président Hollande le le souhait de réfléchir à comment il voulait. Pour le moment, le gouvernement est vraiment sur la conviction qu'un chemin est possible.

Le chemin du dialogue, le chemin du consensus, le chemin des petits pas, il est possible. Donc nous le jou nous jouons en fond. Et d'ailleurs moi le premier, j'essaie de en discutant par la discussion de trouver ces ces chemins de convergence en discutant avec tous les groupes politiques qui veulent se reconnaître dans ce schéma de convergence et ce schéma de stabilité.

Et une loi spéciale serait des conséquences pour la sécurité sociale. Mais la loi spéciale, il faut être clair, c'est c'est une forme d'échec d'abord. Ça veut dire qu'on aura pas réussi à donner un budget.

La loi spéciale, par exemple, vous n'avez pas les 6,7 milliards d'euros supplémentaires pour nos armées. C'est ça que ça veut dire. Ça veut dire aussi que vous avez pas les budgets pour financer l'organisation des élections euh municipales.

Vous avez pas l'argent. Ça veut dire que tous les emplois prévus pour par exemple pour renforcer euh dans les forces de sécurité intérieure la lutte contre contre le narcotrafic, vous les avez pas. Voyez, c'est quand même des choses assez lourdes.

C'est pas rien. Vous n'avez pas non plus les réformes prévues dans dans la sécurité sociale. On a décidé, ça a été voté par tout le monde d'améliorer la retraite des femmes qui ont eu des enfants.

Vous ne l'avez pas voyez, il il y a des bonnes choses là-dedans et ils sont ce pris de ces bonnes choses. Et ben donc c'est c'est pour ça que d'ailleurs vous comprenez bien que que le gouvernement n n'est pas très enclin à aller vers vers une loi spéciale parce qu'une loi spéciale ne va pas donner au pays ce dont il a besoin. Donc nous on est pour la discussion, on est pour la convergence, on est pour le consensus.

Franchement, moi je vois bien, je discute beaucoup et je vois des gens dans tous les groupes de droite et de gauche pour parler en ancien franc qui sont prêts à converger. Je pense qu' intellectuellement, il y a de plus en plus de parlementaires qui voient bien à quel point si on pertend d'aller vers la convergence. Il va falloir, c'est pas un mariage de d'amour qu'on va proposer, c'est c'est un c'est c'est un mariage de devoir.

Il faut que l'intérêt général et le fait de doter ce pays d'un d'un budget prime peut-être sur les les les intérêts un peu plus partisans. Voilà, au fond, l'intérêt général en ce qui me concerne, c'est de donner deux budgets à ce pays. un budget pour l'État et un budget pour la sécurité sociale.