Présidentielle 2027 : "Madame Le Pen ou Monsieur Zemmour seront des adversaires", assure Bruno Retailleau
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France Inter, Benjamin Duhamel, Florence Paracuelos, la grande matinale. Et dans le grand entretien, nous recevons donc ce matin le président des Républicains, candidat à l'élection présidentielle. Vos questions et réactions sont les bienvenus, chers auditeurs, au 01-45-24-7000 et sur l'application Radio France. Bonjour Bruno Retailleau. Bonjour. Merci d'être avec nous ce matin sur France Inter. On va évidemment parler de votre candidature pour 2027 et des ambitions nombreuses dans votre camp. Vous n'êtes pas tout seul, mais l'actualité internationale s'impose à nous ce matin.
L'Iran et les Etats-Unis ont conclu un accord de cessez-le-feu de deux semaines avec arrêt des frappes en échange d'une réouverture du détroit d'Hormuz. Est-ce que c'est un soulagement ? Bien sûr, un cessez-le-feu c'est toujours un soulagement parce que ce n'est pas un armistice, ce n'est pas la fin de la guerre. Mais en tout cas, c'est une parenthèse et j'espère de tout cœur que l'ensemble des partis pourra trouver un point d'équilibre entre les 15 points exigés par Donald Trump et les 10 points exigés par l'Iran. Aujourd'hui, il y a parfois des incompatibilités.
Assez maximalistes les points exigés par l'Iran puisqu'il s'agit de continuer à enrichir son uranium et de mettre fin aux sanctions internationales qui visent le pays. Pourtant, Trump revendique une victoire totale et complète. Il a raison ? Non, il n'a pas raison. Peut-être aura-t-il raison. Si demain, un, le détroit d'Hormuz est débloqué, qu'il n'est pas privatisé sous la main de l'Iran. Si demain, l'Iran arrête son programme balistique, arrête son programme nucléaire, arrête de déstabiliser la région via ses proxys, alors oui, il y aura victoire. On en est très loin.
Mais on en est très loin. Est-ce que vous pensez ce matin, Bruno Rotaillot, et c'est ce que disait Pierre Asquille il y a un instant, au peuple iranien qui s'est fait massacrer par dizaines de milliers au mois de janvier, avait sans doute un espoir au début de l'intervention américaine de voir le régime changer et qui, ce matin, voit que les gardiens de la révolution tiennent ?
Je vais vous dire, comme beaucoup au départ de cette intervention, on savait qu'elle était limite sur le plan du droit international du côté américain. Côté israélien, c'était moins clair parce que, par ses proxys, Israël avait été déjà attaqué. Mais on nourrissait, au fond de chacun d'entre nous, cet espoir que le peuple iranien pourrait sortir de l'enfer. Des dizaines de milliers d'Iraniens ont été massacrés en l'espace de deux jours, il y a quelques mois, mais ça n'a pas été le cas. Et malheureusement, ce que je crains, ce que nous craignons tous, c'est que ces frappes, cette guerre, n'aient finalement renforcée le régime au profit des plus radicalisés.
Mais justement, Bruno Retailleau, vous parlez du droit international. Est-ce que vous, comme responsable politique, vous n'avez pas fait preuve d'une forme de naïveté vis-à-vis de Donald Trump ? Vous avez reçu avec Florence à ce micro, c'était au mois de janvier, où vous aviez avalisé l'intervention américaine au Venezuela, en considérant qu'au fond, c'était de la légitime défense. Est-ce que vous n'avez pas un examen de conscience à faire sur la façon dont Donald Trump envisage sa politique internationale ?
Deux choses. Le Venezuela, pour moi, c'était un président qui avait maillé à partir avec la justice et qui n'était pas président, qui, à deux reprises, avait triché.
Mais c'était contraire au droit international, tout comme l'intervention en Iran.
Qui était un narcotrafiquant, donc c'était très particulier. Je n'ai pas soutenu l'opération en Iran. Simplement, je nourrissais, comme je viens de le dire, cet espoir que ça pourrait donner l'occasion au peuple. Et donc, vous vous êtes trompé. Au peuple. Et on s'est trompé, bien sûr. Vous savez, en matière de relations internationales, cet espoir ne s'est pas réalisé, malheureusement. Mais encore une fois, l'Iran était une menace. Peut-être le restera-t-il. Je l'ai dit. Le nucléaire, balistique, la déstabilisation régionale. C'est ça, l'Iran. C'est ça, l'Iran. Est-ce qu'on doit être, vis-à-vis de l'Iran, indulgent ? Non.
Qu'est-ce qu'il faut penser des mots, des déclarations de Donald Trump quand on lit qu'il menace hier soir de faire disparaître une civilisation entière ? Est-ce qu'on se dit que cet homme, à la tête de la première puissance mondiale, il est dangereux ? Est-ce qu'on se dit, aussi comme Jean-Yves Le Drian, ce matin dans Libération, que nous voilà réduits à constater la folie d'un homme ? Vous partagez ces interrogations sur la santé mentale du président américain ? Tout à l'heure, à ce micro, il y avait Bruno Tertré. Et il a rappelé, ce qu'on connaît bien d'ailleurs, ce que Nixon avait dit en privé. La théorie du fou. La théorie du fou.
Et il disait que cette théorie du fou créait finalement une forme d'instabilité psychologique, ce que l'on appelle dans le jargon une sorte d'ambiguïté tactique ou stratégique. Et pour l'adversaire, c'est terrible, parce que vous ne savez jamais sur quel pied danser. On ne sait jamais si c'est du chaud ou du froid. Enfin, Richard Nixon dans le cas d'espèce. Il est très particulier et c'est un narcissisme poussé à l'extrême.
Mais quand vous l'entendez dire, c'est une civilisation qui va s'arrêter, qui va mourir.
C'est inimaginable. C'est incroyable. Incroyable.
Vous vous imaginez, Bruno Retailleau, comme je rappelle, vous êtes candidat à l'élection présidentielle, vous vous imaginez les yeux dans les yeux négocier avec Donald Trump. Vous vous en sentez la trempe ou pas ?
Oui, je m'en sentez la trempe. Je m'en sentez la trempe parce que pour négocier avec des hommes comme ceux-là, il faut être sûr de ses convictions. Il faut croire à quelque chose. Si vous ne croyez à rien, alors vous êtes balotté comme une feuille morte. Comme un petit rafio sur l'eau. Voilà. Je pense qu'en matière de relations internationales, comme en matière de gestion domestique, interne, il faut avoir non seulement du caractère, mais il faut avoir une ligne. C'est quand vous n'avez pas de ligne que des gens comme M. Trump vous déstabilisent.
Quand vous avez des convictions, quand vous savez où vous allez, quand vous avez un cap, je suis un peu marin, vous savez, j'habite un beau département près de l'océan Atlantique. Oui, oui, quand le vent souffle, quand les vents sont totalement contraires d'ouest et d'est, et parfois les deux. De temps en temps, on se met à la cape, vous voyez. Boute au vent, boute au vent, pour affronter la tempête. Et on profite d'une petite amélioration ensuite pour prendre le vent du largue. Alors, il faut qu'on parle des conséquences concrètes de la situation en Iran pour les Français. Le baril de pétrole est redescendu cette nuit à la faveur de l'annonce de se cesser le feu.
Mais les prix des carburants à la pompe restent très hauts. 2,30€ le litre pour le gazole, plus de 2€ pour le sans-plomb. Et la déstabilisation du marché du pétrole, elle va quand même sans doute durer. Qu'est-ce que vous dites ? On ne vous a pas beaucoup entendu, contrairement au RN qui demande la baisse de la TVA et à la France Insoumise qui veut bloquer les prix. Vous dites quoi ? Le gouvernement a raison de s'en tenir à des mesures minimums ? Non, mais demander, parce que je pense que demander la baisse de la TVA, ça n'est pas sérieux. Pour plusieurs raisons. D'abord, on est étranglé. On est absolument étranglé.
D'ailleurs, un des effets de cette guerre, c'est l'explosion des taux d'intérêt. Rex Econ, un grand institut, a calculé que la charge de la dette, le paiement des intérêts, pourrait doubler d'ici 2030, passer à 120 milliards d'euros. On va être étranglé. Donc 1, on n'a plus les moyens de cette politique-là. 2, ça ferait moins de 10 centimes. Est-ce que ça règle le problème ? Et 3, personne n'en parle. Hier, M. Sanchez, le chef du gouvernement espagnol, a reçu un courrier de la commission pour lui indiquer que ce qu'il avait fait sur la TVA contrevenait aux droits européens. Ce n'est pas le seul pays à avoir décidé de baisser les impôts sur l'essence.
Je le dis, personne ne le dit. Mais donc Bruno Retailleau, juste pour bien comprendre, vous considérez donc que ce qu'a fait le gouvernement, c'est-à-dire dire qu'on fait des aides ciblées, il n'y a pas d'aide universelle, pour reprendre l'expression de la porte-parole du gouvernement, c'est la bonne politique et il n'y a rien de plus à faire.
La politique, s'il y a des choses... Alors 1, il faut la transparence. Aujourd'hui, quels sont les chiffres ? Je me suis renseigné auprès des deux rapporteurs généraux du Sénat et de l'Assemblée nationale hier. Les chiffres que nous avons à nos dispositions, le fameux surplus par mois, c'est d'un côté 270 milliards TVA, millions par mois, je compte par mois, plus la TVA. De l'autre côté, il y a un plan de 70 millions plus 60 millions, de 130 millions d'euros. Le coût de la charge de la dette en plus, c'est environ 300 millions d'euros. Donc vous voyez, on en est loin. Moi je pense qu'il faut faire plusieurs choses, dans le court terme et dans le long terme.
Le court terme, c'est 1, effectivement avoir une politique ciblée, sans doute plus massive vis-à-vis de professions qui souffrent énormément. Donc il faut aller plus loin que ce qui est fait aujourd'hui par le gouvernement pour les gros rouleurs, les pêcheurs, les agriculteurs ? Il faut consacrer le surplus, vraiment, puisqu'il y a un surplus qui peut être contestable. Je vous le disais que par ailleurs, il serait pour partie mangé par d'autres dépenses. Mais je pense qu'il faut maintenir l'appareil de production, parce que c'est ça qui peut disparaître. Et quand ça disparaît, c'est comme pendant le Covid, on ne le retrouve plus après. Donc dépenser plus pour produire.
Première chose, pour produire, exactement. Deuxième chose, il faut revoir par exemple des choses qui sont stupides. Les certificats d'économie d'énergie. Dans le fonctionnement, c'est bien. Mais là, depuis le début d'année, c'est 27% de plus. On passe de 6 milliards à 8 milliards. Moi ce que je propose, c'est qu'on stabilise pour l'instant. On ne va pas s'auto-infliger une inflation. Donc je pense qu'il faut cibler massivement l'appareil de production, et puis être un peu sux. Idem par exemple sur le DPE, sur les logements. Vous vous rendez compte qu'aujourd'hui, au moment où je vous parle, le diagnostic de performance énergétique désavantage les logements chauffés à l'électricité.
C'est stupide. C'est stupide.
Il y a 500 000 logements qui pourraient être remis sur la marché. Bruno Retailleau, il y a quelque chose, vous vous dites à un instant, je vous cite, il faut être un peu sux. Moi j'ai le souvenir que les républicains, au moment de la guerre en Ukraine et de la crise énergétique, ne peuvent pas dire qu'ils étaient exactement sux, puisque les députés, qui sont donc sous votre autorité comme président des républicains, à l'époque, ils disaient qu'il faut qu'il y ait des ristournes. Ils réclamaient une ristourne de 30 centimes par litre, qui coûtait absolument une fortune aux finances publiques. Non, vous n'étiez pas président à l'époque.
Vous n'étiez pas président à l'époque, mais les députés et les républicains, c'est ce qu'ils demandaient à l'époque. Je n'étais pas président, j'étais président du groupe au Sénat. Qu'avais-je fait au Sénat ? Dites-le-moi. Vous aviez considéré que c'était trop cher, mais à la fin, vous aviez avalisé cette décision. Parce qu'il y avait une commission en mix permanente. Et dans une commission en mix permanente, vous avez le Sénat, l'Assemblée nationale, LR, l'EPS, etc. Mais on avait tenu une ligne très claire, qui est parfaitement cohérente avec ce que je vous dis. Je vous essayais de mettre en contradiction.
Non, c'est juste qu'il faut assumer, aujourd'hui, contrairement à il y a quelques années, aujourd'hui, on n'a plus les moyens de faire des aides importantes et non ciblées pour les consommateurs. Et déjà, à l'époque, je le disais.
Bruno Retailleau, il faut qu'on parle de votre candidature à l'élection présidentielle. Alors parlons-en. Dans dix jours, le 18 avril, les adhérents, vos adhérents des Républicains, auront à se prononcer sur le mode de désignation du candidat. Donc, soit vous directement, soit un vote plus ou moins élargi. Il sert à quoi, ce vote, si, de toute façon, vous dites que vous serez candidat ? J'ai toujours dit que je me conformerais aux règles. On peut critiquer les Républicains. Et je connais bien ma propre famille politique. Et je sais qu'elle a des défauts. Simplement, qui, aujourd'hui, va se retourner vers les adhérents ? Qui sont vraiment la source démocratique d'un parti, mis à part les LR ?
Moi, j'ai considéré que j'avais pris un engagement quand je me suis présenté. Cet engagement, il était de dire à nos adhérents, à nos militants, c'est vous qui désignerez les modalités par un référendum, par un vote, les modalités de la désignation. Donc, cet engagement... Est-ce que vous serez quand même candidat, quoi qu'il arrive, Bruno Retailleau ? Là, c'est trois modalités. Soit une primaire ouverte, une primaire fermée... Dont on va parler, la primaire ouverte ? Ou alors la désignation, le président de LR est naturellement le candidat. Donc, il ne s'agit pas de désigner, sauf dans la troisième situation.
Je respecterai, bien entendu, s'ils choisissent une primaire, je me plierai à la primaire.
Il y a quand même une question, parce que si on parle de primaire ouverte, vous avez un certain nombre de vos concurrents, Laurent Wauquiez, David Lysnard, qui a quitté votre parti, les Républicains, Gérard Larcher, même si pour lui, les bornes ne sont pas exactement les mêmes, qui disent, il faut, pour éviter la division des candidatures, faire une grande primaire ouverte, qui ne se limite pas seulement aux Républicains. Pourquoi est-ce que vous ne soumettez pas aux adhérents des Républicains cette option ? Puisque vous dites, on leur donne la parole, c'est un référendum.
Parce que j'estime que sous la Ve République, le rôle d'un parti politique, c'est de porter une candidature à la présidentielle. Or, il ne vous a pas, comment dirais-je, échappé que, pour nous, nous avons plusieurs candidats potentiels. Donc, j'estime que, dans un premier temps, il faut, dans cette première étape, clarifier les choses. Qui est le candidat naturel, légitime, de LR ? Par rapport aux primaires. Par rapport aux primaires, attendez, on peut en parler. Aujourd'hui, il n'y a pas d'accord. Il y en a qui sont contre, Édouard Philippe, M. Attal, et ceux qui sont pour, vous n'en avez pas un.
Gabriel Attal, ce n'est pas ce qu'il dit sur la primaire.
Vous n'en avez pas un, pour ceux qui sont pour, qui se retrouvent sur le bornage. Certains disent, c'est de M. Cnafot à M. Édouard Philippe. D'autres disent, il ne faut surtout pas que Bruno Retailleau y participe. M. Attal a dit que, s'il y avait une primaire, jamais il se rallierait à ma candidature. Ça veut dire qu'il ne veut pas de primaire. Vous en conviendrez. M. Zemmour dit maintenant, il faut de M. Philippe. Alors, vous, Bruno Retailleau ? Si primaire il y a, quel doit être son périmètre ? Qui parle au français ? On est dans la tambouille politicienne. Les journalistes et les hommes et les femmes politiques. Qui parle de la France au français ? Je veux porter, moi je vais vous dire.
C'est pas seulement de la tambouille de savoir avec qui on est d'accord pour s'entendre et pour travailler en cas d'élection à la fonction suprême. C'est-à-dire que une primaire avec Sarah Knafot, ça veut dire possiblement Sarah Knafot dans le gouvernement de celui qui gagne. Je m'explique, s'il vous plaît. Les deux dernières présidentielles. En 2017, la présidentielle n'a pas vraiment porté un projet. Il y a eu, comment dirais-je, la justice à l'époque a fait une entrée fracassante dans cette campagne. Il n'y a pas eu de vrai débat. J'ai assisté à toute cette campagne. Il n'y a pas eu de vrai débat sur le projet. Idem en 2022, c'est la guerre en Ukraine.
Il n'y a pas eu de campagne, pas de mandat. Il n'y avait pas de souffle. Ce qui fait que le président de la République a, en quelque sorte, perdu la majorité absolue aux législatives. Qu'on parle du projet. Moi, j'estime que 2027, c'est la croisée des chemins. 2027, parce que la France a rendez-vous avec son destin. Je veux parler d'un projet. Le projet que je vais porter est un projet de rupture sur la prospérité. Je veux donner un 13e, voire un 14e mois aux Français pour les encourager à travailler plus. Je veux aussi qu'en matière de sécurité, la France soit plus sûre, que la justice soit plus ferme, qu'on recontrôle l'immigration.
On va parler de fond, justement, et on va parler de savoir jusqu'où vous pourriez aller, puisque la question qui s'est posée, c'est celle de l'union des droites. Vous, vous répondez, Bruno Retailleau, que moi, je fais l'union des droites. Est-ce qu'on peut parler du projet ? Mais Bruno Retailleau, les auditeurs de France Inter, comme les autres, d'ailleurs, c'est pas des radios. Bruno Retailleau, c'est pas de la tambouille, parce que ça pose la question de savoir idéologiquement jusqu'où vous allez. Est-ce que, si vous étiez élu président de la République, vous pourriez nommer Sarah Knaffo ou Éric Ciotti dans un gouvernement ? Attendez.
Ça, c'est de la tambouille politicienne. Ce que moi, je veux porter... Alors, souvent, les hommes politiques, quand ils ne veulent pas répondre à des questions, ils disent que c'est de la tambouille. J'ai répondu mille fois à ces questions. L'union des droites, j'ai toujours indiqué que l'union des droites, c'était non l'union des droits des appareils, que je voulais, moi, l'union des droites par les électeurs, dans les urnes. Et je m'adresse, je le redis au micro de France Inter ce matin, je m'adresse aussi bien aux déçus du macroniste, aux millions d'abstentionnistes, et y compris à ceux qui ont voté pour M. Zemmour ou pour Mme Le Pen.
Du point de vue des valeurs, vous pourriez vous entendre avec Sarah Knaffo ou Éric Ciotti ? Écoutez, j'ai un projet, je le porte. Que ceux qui s'entendent avec mon projet viennent à moi. Je m'adresse à tous les Français.
Donc on n'a pas la réponse. Est-ce que vous avez des valeurs communes avec eux ? Est-ce qu'ils pourraient faire partie d'un gouvernement Bruno Retailleau, Sarah Knaffo et Éric Ciotti ? Écoutez,
il faut d'abord gagner, il faut d'abord aller au second tour, mais aujourd'hui, je veux porter un projet qui sera un projet disruptif, un projet qui va renverser la table, et c'est aux autres de s'oppositionner. Moi, j'ai mes valeurs, vous les connaissez, tout le monde les connaît.
Mais vous entendez Jean-François Copé qui dit qu'il y a un schisme au sein des Républicains entre ceux qui sont sur une ligne de fermeté vis-à-vis du Rassemblement National, vis-à-vis de l'extrême droite, et ceux qui sont complaisants. Pardon, écoutez,
ceux qui, pendant les municipales, entre les deux tours, ou même avant le premier tour, ont tenté, les LR qui ont tenté de rejoindre une liste Rassemblement National ont été exclus. Dans l'heure. Dans l'heure. Donc,
vous êtes sûr que vous avez été impeccable sur la question des éventuelles alliances au sein des Républicains ? Bien sûr, bien sûr. Alors, quand l'eurodéputé Christophe Gomart, membre des Républicains, dit qu'il soutient Éric Ciotti à Nice.
Je l'ai reçu,
pour le rappeler à l'ordre. Ah oui, et il est toujours membre des Républicains. Mais il n'était pas candidat. Il n'était pas candidat. Autre exemple, Bruno Retailleau, quand le président du Conseil départemental, Charles-Ange Ginési, soutient Éric Ciotti, l'embrasse comme du bon pain le soir du premier tour, il est toujours membre du parti ou pas ?
Non, il est mis en congé de ce parti. Je l'ai appelé. Mais mis en congé, ça veut dire quoi ? Je l'ai appelé pour dire qu'il ne pouvait pas rester membre du parti dans l'état actuel des choses. Mais il est toujours membre du parti ou pas ? Il est mis en congé du parti. Il est exclu ? Il est mis en congé du parti. C'est ce que je viens de vous dire. Donc, je réponds à ceux qui nous disent qu'on n'est pas clair. À chaque fois, c'est la même chose. Ils utilisent d'ailleurs les arguments de la gauche.
Ça fait depuis Mitterrand que la gauche essaie de tétaniser la droite en disant, dès qu'on veut par exemple être ferme sur l'immigration ou sur la sécurité ou sur la justice, voilà, ce sont des comportements fascistes. Vous êtes prêts à vous allier avec le Rassemblement National. Jamais on ne l'a fait. Pourquoi on le ferait demain ? Pourquoi on le ferait demain ? Vous croyez qu'ils sont gentils avec nous ? Ce sera mon adversaire. Ce sera mes adversaires. Soit Mme Le Pen ou soit M. Zemmour. Alors, il y en a marre. Voilà. Les choses sont claires. Je n'ai pas répété. M. Copé a beau répéter. On habille souvent, vous voyez, dans la vie politique.
On habille très fréquemment les ambitions personnelles avec des considérations d'intérêt général. C'est-à-dire ? Quand il dit hiérarchisme
au sein des Républicains, c'est quoi ? Ça le concerne. Il a une ambition personnelle. C'est quoi son ambition personnelle ? Vous lui demanderez. Vous allez le recevoir, je crois, ce soir. Alors, moi, personnellement, je suis plutôt le matin à la radio. La radio. Oui.
Bruno Rutaillot, on avance un peu. Vous avez lancé un observatoire des villes dirigé par des maires LFI pour, dites-vous, les mettre sous surveillance, documenter les déclarations, leurs méthodes et leurs pratiques. Est-ce que vous allez aussi lancer un observatoire pour les élus, les Républicains ? Pour les élus de la République. Oui. Parce que vous mettez, Madame, vous mettez sur le même plan les élus insoumis des Républicains. Alors, Bruno Rutaillot, si on vous pose la question...
Est-ce que vous pensez vraiment que dans les meetings des Républicains, chère Madame, les salles rigolent quand celui qui parle fait des mauvaises blagues sur la prononciation de noms qui sont des noms qui sont des noms qui sont des noms qui sont des noms Il s'agit d'un certain nombre de vos élus ou de vos candidats aux municipales. Je vais citer Thierry Ménien, sénateur LR, ancien maire du Blanc-Ménil, qui a été battu il y a deux semaines et qui fait aujourd'hui l'objet d'une enquête après avoir menacé de mort la journaliste Nassira El-Mouadem qui a écrit un livre sur son mandat. Je ne justifie aucun propos inacceptable.
Je vais la faire condamner pour diffamation, je vais la fouetter, j'irai au bout, elle va mourir, je la tue. Vous allez prendre des sanctions contre lui, il est sénateur LR. Attendez, attendez. C'est un de vos collègues. Vous me posez une question sur les insoumis. Vous ne me mettez pas, j'espère, en parallèle avec M. Mélenchon. M. Mélenchon encourage l'antisémitisme. Il fait rire une foule à la prononciation de mots qui ont une consonance juive. Exactement comme avait fait M. Le Pen, Jean-Marie Le Pen, en 1989. Il racialise. On s'adresse aux gens en fonction de la couleur de peau, en fonction de leur religion, le communautarisme. Il justifie la jeune garde. Vous vous rendez compte ?
Vous voulez banaliser ? Non, on parle de la brutalisation du débat public. Non, non, non, ça n'a rien à voir. Je le dis au micro de France Inter. Bruno Retaille, ne me faites pas dire ce que vous l'avez dit. Je suis ici sur le service public et on est en train de banaliser les assoumis. Absolument pas. La jeune garde, attendez, la jeune garde, c'est moi qui l'ai dissoute. M. Raphaël Arnaud vient triomphant à l'Assemblée nationale et cette jeune garde dissoute est impliquée dans la mort d'un homme. On a shooté avec le pied dans la tête d'un homme à terre et il en est mort. Et M. Mélenchon justifie. Et vous estimez que c'est correct. Ça n'était absolument pas mal.
Et vous voulez banaliser en prenant tel ou tel élu qui a fait un écart de langage, c'est lamentable. C'est lamentable. Que ce soit sur le service public, c'est lamentable. Alors que vous vous comportiez comme les alliés objectifs de M. Mélenchon et des insoumis, Très bien. Mais moi, jamais
je ne renoncerai à mes convictions républicaines. Bruno Retailleau, là, on va juste faire baisser une seconde la pression. Je ne baisse pas la pression. Je réponds à des questions.
Et nous, on vous pose une question. Oui, d'accord. Mais moi, j'y apporte ma réponse. Et quand cette question vise à mettre sur le même plan l'ÉLR ou un élu LR d'un mouvement général qui a justement une théorie...
Bruno Retailleau, est-ce qu'on peut vous poser une question ? Est-ce qu'on peut juste parler
de la brutalisation du débat public et de ce qu'on en fait quand on est patron d'un parti, qu'est-ce qu'on fait avec des membres d'un parti quand ils dépassent les bornes ? Simplement. Non, non, non. Madame, attendez. Je reviens, Benjamin. Parce que c'est trop facile. On part d'un observatoire des Insoumis où on va suivre parce qu'il y a eu des violences. Regardez le soir des élections. Ces gens-là, la victoire électorale ne leur suffit pas. Il faut plus. Il faut une sorte de mort sociale pour ceux qu'ils ont défait. Des élus, les Républicains, comme des élus PS, d'ailleurs.
Vous avez un mouvement qui, pour la première fois, sous la Ve République, théorise la violence, la brutalisation, la conflictualisation, l'antisémitisme, le racialisme.
Est-ce que je peux vous poser une question ? On a entendu ce que vous aviez à dire sur la France Insoumise. On repose la question. Vous avez un sénateur Les Républicains qui s'appelle Thierry Ménien qui était maire du Blanc-Ménil qui a fait l'objet d'un livre-enquête d'une journaliste dont il a dit, encore une fois, je vais reciter la phrase, je vais la faire condamner pour diffamation, je vais la fouetter, j'irai au bout. Mais c'est à la justice ! Est-ce que vous allez
sanctionner ce sénateur Les Républicains ? Écoutez, moi je n'ai pas encore lu cette enquête, donc j'apprends les termes, etc. Ce matin.
Voilà la phrase à notre consoeur du monde
elle était explicite. Mais attendez, vous me la prenez, donc je vais regarder et je vais le convoquer, on va regarder très précisément. Je n'ai jamais rien laissé passer, mais très franchement, la façon dont cette question est posée pour évacuer la dangerosité de LFI en dit très très lent justement sur les sous-entendus. Je pense que,
il suffit d'écouter les interviews qu'on a pu faire ici des membres de la France Insoumise pour constater que les questions sur la question de la brutalisation du débat, elles sont posées quels que soient les invités qu'on a en face de nous.
On aurait pu parler du maire réélu d'Arcachon, Yves Foulon, qui a menacé et insulté l'un de ses opposants écologistes. Mais le temps nous est compté. Oui, parce que l'opposant écologiste avait pris en photo sa maison privée et que c'était une atteinte finalement à la vie privée. Donc voilà. D'accord. On peut dire fils de pute enculé, ça va être pour vous et votre famille. Ça ne justifie rien. Ça ne justifie rien. Mais il y a un contexte. Quand il y a des mots qui ne sont pas justifiables, il faut aussi aller regarder le contexte. C'est essayer d'être juste. C'est tout. Très bien. Merci beaucoup Bruno Retailleau d'avoir été au micro de France Inter ce matin. Sous-titrage Société Radio-Canada
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Bruno Retailleau