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InterviewFrance Inter — Le téléphone sonne (sur Site radio)· 19 mars 2024 39 minContradictoireActualité / polémiqueSécuritéJusticeÉconomie & entreprisesNumérique

Opérations “Places nettes” : viendra-t-on à bout des trafics de drogues ?

Au micro : Fabienne Sintès Source d'origine 3 locuteurs

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 30 %Attaque 36 %Défensif 34 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 79 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 1:46OuverteRéponse partielle

    Est-ce qu'il n'est pas possible de remonter l'argent de la drogue pour démanteler les trafics ?

  • 2:12FerméeÉludée

    Ce genre d'opération, malgré tout, vous y croyez ? Vous pensez que ça peut avoir son efficacité ou pas ?

  • 3:13OuverteRéponse directe

    Tracer l'argent, est-ce qu'on le fait ? Est-ce que c'est extrêmement difficile ?

  • 4:25OuverteRéponse directe

    Comment se fait-il qu'autant de drogues arrivent jusqu'à nous ?

  • 5:47OuverteRéponse directe

    Qu'est-ce qui doit forcément se passer derrière une opération comme Places nette ?

  • 6:42OuverteRéponse directe

    Quid de l'argent de la drogue ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 1:52AuditeurChiffre
    « ça génère des milliards et des milliards, ils sont investis automatiquement puisqu'ils rentrent même dans le calcul du PIB »
  • 3:58InvitéChiffre
    « 4 milliards de chiffres d'affaires annuels selon l'INSEE »
  • 4:04PrésentateurChiffre
    « 21 000 équivalents temps plein »
  • 5:23InvitéFait
    « une grande partie de la production se fait aujourd'hui en Europe »
  • 6:23PrésentateurFait
    « on a des saisies records en matière d'avoirs criminels »
  • 8:27PrésentateurChiffre
    « 98 interpellations, 71 gardes à vue, 300 grammes de cocaïne, 8 kilos de cannabis »
  • 9:40PrésentateurChiffre
    « 3 milliards de chiffre d'affaires »
  • 11:29InvitéChiffre
    « 90% va à la répression, 10% va à la prévention »
  • 14:49PrésentateurChiffre
    « 5 millions de consommateurs réguliers de drogue dont 1,2 million de cannabis »
  • 19:52PrésentateurFait
    « notre trafic il est varié, il est multiproduit, il est hybride »
  • 20:28PrésentateurChiffre
    « jusqu'à 10 000 euros de bénéfices par semaine »
  • 30:24InvitéChiffre
    « le cannabis c'est quand même 80% des consommations »
  • 30:28InvitéFait
    « c'est l'essentiel des revenus des trafiquants »
  • 34:36InvitéFait
    « est-ce qu'il y a moins de drogue est-ce qu'il y a moins de consommateurs et est-ce que le prix augmente »
  • 34:43InvitéFait
    « la drogue n'a jamais été aussi pure les prix aussi bas et la drogue elle est disponible partout »
  • 37:03PrésentateurFait
    « nous avons fait des belles affaires en matière de stup et de cyber »
  • 37:14PrésentateurFait
    « l'affaire Sky ECC »
  • 38:00InvitéFait
    « le contrôle international des drogues ça date de 1906 »

Temps de parole

  • Présentateur31 %
  • Présentateur 228 %
  • Invité21 %
  • Invité 27 %
  • Auditeur4 %
  • Auditeur 23 %
  • Auditeur 33 %
  • Auditeur 42 %

≈ 0,8 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-2603 · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Présentateur

France Inter France Inter 18-20 Fabienne Sintès Place Net, c'est donc le nom de l'opération à Marseille aujourd'hui, une visite surprise du Président de la République qui parle d'une opération sans précédent mais on ne parle pas que de Marseille 10 opérations conduites chaque semaine a dit le chef de l'Etat, d'autres ont déjà eu lieu à Romand-sur-Isère dans la Drôme c'était au début de ce mois, à Poitiers au début du mois de novembre et deux fois depuis d'ailleurs aussi, à Évry-Courcoronne à Montbéliard, à Marseille c'était Place Net XXL, ça va durer plusieurs semaines et une fois qu'on a dit ça, une fois qu'on a vu les opérations sur place qu'est-ce qui se passe et qu'est-ce qu'on fait les questions qu'on va poser ce soir c'est est-ce que ça marche vraiment, est-ce qu'on parvient à éradiquer les trafics, à enfermer durablement les gros trafiquants ou chacun dans ses lieux de deal hélas, reprendra-t-il ses droits dès que la police aura le dos tourné et les habitants seront livrés à nouveau à eux-mêmes et au trafic comme c'est le cas depuis des années.

Les bénéfices du trafic de drogue en France sont ceux d'une très puissante multinationale. Le narcotrafic explose dans des villes comme Rennes où une fusillade a eu lieu il y a dix jours dans une ville comme Nîmes avec une fusillade aussi, dans des villes comme Reims ville moyenne, pas plus épargnée que les autres, ville rurale, pas épargnée non plus. La drogue elle est disponible, on s'en procure facilement, il y a même des applis pour ça, figurez-vous. Pourquoi la marchandise arrive-t-elle toujours et plus que jamais ? Est-ce que cette bataille est gagnable ? Et si oui, comment c'est le téléphone sonne ce soir ? Et soyez les bienvenus. Le téléphone sonne, 01 45 24 7000

1:42
Auditeur

Eric, bonsoir, c'est vous le premier, soyez le bienvenu bonsoir. Oui, bonsoir ma question était la suivante, est-ce qu'il n'est pas possible de remonter l'argent de la drogue pour démanteler les trafics ? Parce que ça génère des milliards et des milliards, ils sont investis automatiquement puisqu'ils rentrent même dans le calcul du PIB et je m'étonne qu'on veuille réduire les trafics qui sont au sud de tout le monde et effectivement il y a des fusillades et c'est lamentable et c'est violent mais je pense que le nerf de la guerre, un petit peu comme à l'époque d'Al Capone, ça serait de savoir où on passe l'argent. Est-ce que

2:12
Présentateur

ce genre d'opération, malgré tout Eric, vous y croyez ? Vous pensez que ça peut avoir son efficacité

2:16
Auditeur

ou pas ? Moi je pense pas qu'il y ait une réelle efficacité, je pense que les pouvoirs publics, si les gens se plaignent qu'il y a du trafic dans la rue ils font en sorte que ça change de rue ou que ça se passe ailleurs. On sait très bien que enfin je veux dire, ça rentre dans le PIB les réseaux de blanchiment d'argent, de la drogue, c'est les mêmes que ceux de la prostitution du trafic d'armes et autres, donc on sait que c'est un trafic qui est généré par le système dans lequel on vit, ça rentre dans le PIB donc je pense surtout que pour les politiques ce qui est important, c'est que les gens ne se plaignent pas et que ça se passe pas, on va chez eux quoi.

2:47
Présentateur

Tracer l'argent, Eric, merci beaucoup merci pour cette entrée en matière, pour discuter ensemble jusqu'à 20h, il y a Sonia Fibleuil qui est avec nous, bonsoir. Bonsoir. Vous êtes porte-parole de la police nationale il y a Yann Biziou également, bonsoir monsieur Biziou. Bonsoir. Vous êtes maître de conférence en droit privé et sciences criminelles à l'université de Montpellier et Ariane Grisselle est là également, bonsoir Ariane au service police-justice de France Inter.

C'est plutôt à vous Yann Biziou que je vais poser cette question vous le maître de conférence tracer l'argent bah oui, évidemment, est-ce qu'on le fait est-ce que c'est extrêmement difficile quelle est la raison pour laquelle au fond on se dit que c'est une opération comme celle qu'on a vue là qui fera plus de bruit mais qui est visiblement privilégiée. Alors c'est

3:32
Invité

c'est deux questions différentes tracer l'argent on a des outils, on a traque fine, on a on a des dispositifs qui sont nombreux, on a la grâce dont la représente la porte-parole du ministère de l'Intérieur pourra parler donc on le fait ça le problème c'est que on a une plasticité extrême du trafic une capacité d'adaptation qui est considérable et comme le disait votre auditeur des sommes qui sont absolument énormes enfin 4 milliards de chiffres d'affaires annuels selon l'INSEE c'est gigantesque

4:02
Présentateur

et alors moi j'ai noté ce chiffre qui disait à peu près 21 000 équivalents temps plein ce qui me semble complètement dingue en fait

4:10
Invité

l'INSEE précisant avec beaucoup de temps partiel c'est à dire qu'en fait on multipliait par 4 ou 5 pour avoir le nombre de personnes impliquées dans le trafic

4:18
Présentateur

on va y aller là-dessus Sonia Fibul mais Yann Bizu j'ai quand même une autre question pour vous avant et pour essayer de faire un peu le tour de la question il va falloir nous expliquer à un moment au cours de ce téléphone sonne comment se fait-il qu'autant de drogues arrivent jusqu'à nous et arrivent jusqu'à notre pays moi j'ai l'impression que les chiffres sont en augmentation constante on dit même qu'il y a eu un pic post-Covid

4:39
Invité

Alors on a pour ce que l'on en sait on a une augmentation constante du trafic la disponibilité est importante ce qu'on voit c'est que la qualité de la drogue est quasi exceptionnelle on a des drogues très pures donc ça veut dire pas couper parce qu'il n'y a pas de problème d'approvisionnement ensuite il faudrait distinguer selon les produits le cannabis, la cocaïne, la MDMA mais beaucoup de drogues aujourd'hui fabriquées en Europe produites en France donc la cocaïne oui c'est l'Amérique du Sud mais pour le reste le cannabis il est produit en Europe l'herbe elle est produite en Europe le Maroc ça va encore pour la résine de cannabis mais une grande partie de la production se fait aujourd'hui en Europe donc le problème n'est pas le même mais je pense que par rapport à ce qu'on a vu là les opérations Plasnet et maintenant Plasnet XXL en fait on est sur un vieux modèle et les vieilles logiques du trafic le trafic il évolue vous l'avez dit il est sur internet la production est en Europe ça change

5:39
Présentateur

Sonia Fibiel alors il y a effectivement ces opérations il y a ce qu'on montre évidemment qu'est-ce qui se passe après en fait parce qu'une fois qu'on a fait Plasnet en effet qu'est-ce qui doit forcément se passer derrière c'est accompagné par quoi ce genre de choses c'est ce qui se passe après et c'est ce qui se passe aussi pendant et justement je rejoins le premier point déjà sur votre auditeur qui demande quid de l'argent quid de l'argent de la drogue alors il se trouve que les services de police depuis notamment 2010 par la nouvelle loi dite loi Warsman à l'époque qui permet de saisir au stade de l'enquête tout ce qui est confiscable au stade de la justice au stade du jugement permet d'être extrêmement offensif sur les avoirs criminels force est de constater qu'on a des saisies records en matière d'avoirs criminels puisque cette loi nous permet de saisir et particulièrement en matière de trafic de stupéfiants une grosse partie du patrimoine du trafic sans même avoir approuvé la causalité à partir du moment où on sent qu'il y a c'est pas qu'on le sent c'est qu'on le prouve qu'il y a une différence de train de vie par rapport à l'activité constatée sur la voie publique du trafiquant ou d'ailleurs constatée dans les investigations pas besoin que ce soit visible donc ça c'est une première chose votre invité à citer la Grasque qui est une agence de la justice qui justement s'occupe du recouvrement de ses avoirs qui est extrêmement efficace puisque le crime ne paie pas on vraiment s'attaque au portefeuille et puis évidemment pour les services de police des services qui sont spécialisés là-dessus et je pense au groupe inter-régional pardon inter-ministériel de recherche les GIR qui notamment depuis 2010 sont extrêmement efficaces en la matière et puis évidemment les services spécialisés ont des incances financières ça c'est pour le premier point et pour le deuxième point où est l'efficacité à partir du moment où on part c'est qu'il y a une déstabilisation du fait de la répétition de ces opérations on l'a vu parce que depuis trois ans que l'on comptabilise la cartographie des points de deal on est passé de 4000 à 3000 donc il y a eu un millier de points de deal à force de pilonnage à force de répétition qui ont diminué ce qui pourrait bien Mais si le trafic se fait sur une appli à un moment c'est juste qu'on est en train de s'adapter Exactement on s'adapte mais parallèlement il y a et c'est tout l'intérêt des opérations place nette également on s'adjoint des services d'investigation c'est-à-dire que non seulement il y a des services de voie publique et c'est vrai qu'on se concentre beaucoup sur ce qui est visible parce que ça fait des images ça fait des images dans les médias la télévision mais en fait il y a le sous-jacent et le sous-jacent c'est quoi ?

c'est un sous-jacent qui est piloté par l'OFAS l'office anti-stup qui coordonne l'intégralité des services du renseignement jusqu'à l'investigation en profondeur pour justement permettre l'investigation sur la durée J'entends ce que vous dites Sonia Fibiole mais moi je regarde le bilan de cette première journée XXL par exemple 98 interpellations 71 gardes à vue 300 grammes de cocaïne 8 kilos de cannabis on a l'impression qu'on est en train de vider l'océan à la petite cuillère Les policiers en ont assez d'entendre que ce qu'ils font ne sert à rien Non parce que ça ne sert à rien c'est que par rapport à l'immensité du trafic c'est très petit

8:47
Auditeur

Il y a quand même beaucoup de policiers qui disent qu'il faudrait taper plutôt en amont les gros trafics et mettre plus de moyens sur les enquêtes qui permettent de couper la manne qui arrive vers la France D'où l'intérêt

9:00
Présentateur

effectivement de s'adjoindre des services d'enquête et notamment l'unité d'investigation nationale qui est une unité nouvellement créée pour permettre de se projeter sur les territoires et notamment sur les villes moyennes qui ont besoin de renfort en termes d'investigation pour pouvoir faire ces opérations en profondeur Évidemment l'OFAST qui coordonne l'intégralité et c'est assez inédit que depuis plusieurs années on ait un tel dispositif de coordination il est véritablement chef d'office c'est un office qui va véritablement aller du renseignement jusqu'à l'investigation internationale en passant par les points de deal vous l'avez dit tout à l'heure on est sur 3 milliards de chiffre d'affaires pourquoi il y en a autant les productions ont doublé par exemple de cocaïne en 10 ans mais parallèlement les saisies de cocaïne ont été quintuplées également donc il y a une action véritablement qui est faite mais la production ne se tarie pas parce qu'il y a des consommateurs et parce qu'on est dans un système libéral totalement débridé qui va là où il y a un marché vous avez parlé de marché de consommateurs justement c'est la question de Marie-Bernadette bonsoir Marie-Bernadette

10:08
Auditeur

bonsoir France Inter merci beaucoup pour vos émissions je voudrais un petit peu rebondir sur la question du premier auditeur en fait et sur la thématique des consommateurs s'il y a beaucoup de drogue et beaucoup de trafic c'est qu'il y a beaucoup de clients et ça me pose un problème peut-être qui est sociétal comment est-ce qu'on fait aussi pour prévenir ce besoin de drogue je ne suis pas naïve ce besoin de se droguer d'acheter d'être toujours peut-être plus performant et je pense que cette thématique n'est pas souvent abordée

10:39
Présentateur

merci Marie-Bernadette pour votre intervention Yann Biziot est-ce qu'on se dit parfois qu'il faudrait en effet prendre le problème à l'envers on le prend du côté du consommateur

10:48
Invité

le prendre du côté du consommateur ne réglera absolument rien alors ce que vient de dire votre auditrice elle a raison la prévention c'est le parent pauvre de la lutte contre les drogues dans le budget français et puisqu'on évoquait les saisies etc quand vous avez une saisie les biens sont vendus et ensuite l'argent est restitué au service 90% va à la répression 10% va à la prévention donc la prévention c'est le point faible depuis l'origine des politiques publiques en France après comme vous le faisiez remarquer moi les consommateurs et taper sur les consommateurs ça n'a aucun intérêt ça ne fonctionne pas c'est juste c'est de la politique du chiffre on a parlé des amendes forfaitaires délictuelles on nous a vendu en 2019 les amendes forfaitaires délictuelles on allait voir ce qu'on allait voir on a doublé le nombre d'interpellations le taux de recouvrement c'est 30% elles ne sont pas payées donc la question elle n'est pas là la question c'est il y a un marché et là je rejoins la porte-parole du ministère de l'Intérieur il y a un marché en effet donc ce marché il faut y répondre et c'est ce que font donc les pays comme maintenant l'Allemagne et puis le Canada en légalisant et en disant on répond par une offre publique à un marché qui existe

12:04
Présentateur

et est-ce que déjà on peut dire est-ce qu'on est absolument sûr de dire que ça marche parce que des gens qui nous posent la question là et qui disent on n'a qu'à dépénaliser il y en a autant comme autant au standard est-ce qu'on je vous posais la question évidemment à Sonia Fibuel dans un instant Yann Bisou est-ce qu'on peut affirmer que ça marche aujourd'hui

12:22
Invité

on peut affirmer qu'il y a des dispositifs qui n'ont pas eu un super succès et on peut affirmer qu'il y a des dispositifs qui fonctionnent vous regardez le bilan le Canada a sorti son bilan sur le cannabis le 13 janvier dernier on est à 3 le trafic représente 3% des sources d'approvisionnement en 5 ans

12:41
Présentateur

on est passé

12:42
Invité

de 100% à 3%

12:43
Présentateur

on a légalisé ou dépénalisé au Canada ?

12:45
Invité

au Canada on a légalisé c'est-à-dire à Québec en particulier c'est l'État qui vend ce sont des magasins d'État et on est à achat dans les magasins d'État entre 71% et 73%

12:59
Présentateur

donc c'est un système à l'américaine en fait comme par exemple au Colorado c'est pas comme ça que ça fonctionne au Colorado

13:04
Invité

voilà au Colorado vous avez un système de légalisation mais qui est ultra libéral pour le coup avec promotion avec multiplication des produits vous êtes sur un système beaucoup plus contrôlé beaucoup plus sanitaire à Québec en particulier

13:15
Présentateur

là-dessus Sonia Fibiole on a l'impression nous en France alors on sait bien que vous du côté de la préfecture en général c'est pas tout à fait votre tasse de thé la légalisation du cannabis mais on a aussi l'impression surtout que on n'y va pas en fait on ne va pas regarder y compris comment les autres font parce qu'il y a dépénalisation il y a légalisation il y a ceux les pays avec lesquels on a le droit de planter d'autres donc une consommation personnelle qui casse un peu les trafics ceux avec lesquels on n'a pas le droit de planter on a l'impression qu'on a essayé mille choses pourquoi est-ce qu'on n'essaye pas nous un peu ?

Alors en tant que représentant de la police nationale je n'ai pas évidemment à me prononcer sur les choix qui ont été faits par la France en termes de légalisation prévention etc ce n'est pas mon rôle par contre ce que je sais c'est que ce n'est pas le choix de la France puisque nous réprimons l'usage par AFD par les amendes forfaites adhéctuelles du cannabis et par contre si on regarde on regarde ce qui se passe à l'extérieur avec la légalisation et on sait que les exemples étrangers ont montré qu'il n'y a pas d'assèchement du marché par une légalisation mais plutôt un marché parallèle qui va se constituer avec en plus une orientation vers des drogues plus dures avec des molécules beaucoup plus beaucoup plus fortes beaucoup plus puissantes et notamment des molécules également de synthèse donc en tout cas c'est tel que l'office antistup qui est expert en la matière aussi décrit cette évolution et moi je ne peux pas m'empêcher de voir ce chiffre quand même Sonia Fibiole qui dit que l'un des pays les plus répressifs on est aussi en matière de cannabis le pays d'Europe le plus consommateur oui tout à fait puisque nous avons 5 millions de consommateurs réguliers de drogue dont 1,2 million de cannabis donc d'usagers de cannabis donc c'est des chiffres qui sont effectivement très importants encore une fois qui constituent ce marché de la drogue donc c'est une réalité le rôle de la police nationale est évidemment de stopper les trafics et de permettre de faire en sorte qu'ils diminuent vous parliez en introduction d'éradiquer le trafic donc on ne se leurre pas on sait que l'éradication totale est impossible au vu des chiffres et des quantités dont on parle de drogue et aussi des consommateurs mais par contre une déstabilisation forte de nature à faire que cela diminue et en notre pouvoir et c'est ce que nous faisons avec ces techniques et cette stratégie de répétition de pilonnage des points de ville mais couplées avec des investigations de fond et notamment coordonnées par l'Office Antistup alors forcément c'est ce qui fait réagir les auditeurs voici Renaud bonsoir Renaud

15:48
Auditeur

on vous écoute oui bonsoir merci de prendre mon appel je ça fait 20 ans que j'écoute vos émissions à peu près ou peut-être pas autant mais vous m'entendez bien

16:01
Présentateur

oui je vous entends très bien

16:02
Auditeur

donc j'ai un petit peu disonté tout à l'heure parce qu'il y avait pas mal de témoignages qui incriminaient les consommateurs et je suis consommateur depuis 30 ans au moins j'habite Grenoble et moi si je pouvais éviter d'alimenter les réseaux qui sont liés au grand banditisme ce serait vraiment un grand plaisir alors j'essaie de le faire quand je peux mais il m'arrive quand même d'aller acheter sur ces points de deal ça c'est la vérité et je pense que moi je consomme uniquement du cannabis je me fourne uniquement au cannabis mais je sais que c'est pas les seuls produits qui sont à disposition sur ces points de deal mais en tout cas je pense que ça pourrait quand même limiter grandement le trafic de cannabis plus d'herbe même si les produits en Europe c'est ce que j'entendais dire précédemment mais voilà moi je préférerais en tous les cas pouvoir acheter des produits qui sont d'un point de vue sanitaire déjà plus correct quoi qui sont moins risqués et voilà et je voulais aussi dire à tous ces gens qui pensent que c'est la faute des consommateurs imaginer en France que demain on interdise l'alcool je pense qu'il y a quand même une drogue dure en opposition au cannabis qui est une drogue douce je pense que le trafic va s'organiser très très rapidement et de manière fluideur

17:32
Présentateur

et ça aussi ça fait partie des arguments qu'on entend effectivement de manière récurrente et régulière mais alors quid de la cigarette mais alors quid de l'alcool moi j'aimerais savoir encore une fois il y a une bisou là-dessus qui permet de cultiver sa propre consommation dans les pays qui ont légalisé ou qui ont dépénalisé et est-ce que c'est ça qui fait chuter le trafic ou pas ? Est-ce que c'est ça en partie la clé ?

18:00
Invité

Alors c'est en partie la clé mais si vous permettez je reprends un peu votre question peut-être préciser déjà la différence fondamentale entre dépénaliser et légaliser dépénaliser c'est autoriser les consommateurs à consommer mais pas de l'approvisionnement l'approvisionnement reste interdit et ça c'est dangereux parce qu'en fait c'est la porte ouverte au trafic vous ouvrez un marché au trafic

18:20
Présentateur

On ne fait pas baisser le trafic vous dites dans ces cas-là évidemment

18:22
Invité

Voilà La légalisation c'est autre chose La légalisation ça veut dire que l'État prend en main le contrôle de la production et de la distribution C'est ce qui se fait dans un certain nombre de pays soit sur un modèle très libéral comme aux États-Unis soit sur un modèle beaucoup plus encadré beaucoup plus contrôlé comme au Canada et c'est vrai que moi je défends beaucoup le modèle québécois notamment et contrairement à ce que disait la représentante du ministère de l'Intérieur Non La consommation d'autres drogues n'a pas été influencée par la légalisation du cannabis On a une baisse de consommation chez les jeunes On a une baisse de consommation au volant On a vraiment des résultats qui sont très positifs et la particularité de la France comme le disait votre auditeur c'est qu'on est surtout sur des consommateurs de cannabis C'est 80% du problème le cannabis On règle la question du cannabis en France avec une légalisation On permet aux consommateurs comme on le fait à Québec d'accéder aux produits légalement en payant des taxes et on leur autorise en effet l'autoculture et on règle l'essentiel du problème Est-ce qu'on peut

19:25
Présentateur

Sonia Fibbel justement les préciser ces chiffres-là quand on parle de trafic de drogue en France quand on parle d'opérations comme celles d'aujourd'hui et les opérations XXL ou pas XXL Est-ce que ces points de deal ce sont effectivement en très grande majorité des deals de cannabis Est-ce qu'on peut même donner un pourcentage de ici c'est plutôt la cocaïne et là des drogues de synthèse Est-ce qu'on peut dire ça nous notre trafic c'est quoi ?

Alors notre trafic il est varié il est multiproduit il est hybride et on le constate d'ailleurs lorsque vous regardez les tags sur les points de deal justement où il y a le prix moyen en fonction des drogues donc je vous donne des exemples on est à peu près à 8 euros le gramme pour la résine 10 euros pour l'herbe bref 30 euros pour l'héroïne 65 euros le gramme pour la cocaïne voilà donc on a des tarifs moyens qui sont qui sont affichés on a des points de deal qui notamment à Besançon dans le quartier de la Planoise peuvent aller au plus fort du marché jusqu'à 10 000 euros de bénéfices par semaine voilà bon c'est des chiffres qui sont conséquents et oui donc c'est une consommation qui est hybride votre invité parlait du consommateur principalement de cannabis on a quand même 600 000 euros de consommateurs 600 000 pardon consommateurs de cocaïne vous vouliez quelques chiffres voilà c'est des chiffres qui sont assez éloquents et donc le marché de la drogue ne se limite pas à l'usage de cannabis qui est un peu même je dirais old school permettez-moi excusez-moi il y a quand même toujours 5 millions de consommateurs je veux dire dans le sens où votre auditeur vous l'a dit ça fait 30 ans qu'il fume etc il a cette habitude de vie cette habitude de consommation maintenant il y a beaucoup de jeunes qui vont vers des drogues de synthèse alors j'allais vous poser la question de savoir ce que ça représente aujourd'hui les drogues de synthèse dans le trafic aujourd'hui et on se rend compte avec ce qui se passe notamment aux Etats-Unis avec le fentanyl on y est encore préservé en Europe pour l'heure mais que ces drogues de synthèse sont absolument comme des ravages sur la santé publique de nos jeunes donc nous notre travail est effectivement d'endiguer et de réprimer le cas échéant ce trafic avec cette difficulté pardon

21:42
Auditeur

que ce sont des drogues qui sont beaucoup plus faciles et beaucoup moins moins chères à produire avec de la matière première qui se trouve assez facilement et qui sont faites de façon artisanale donc encore plus difficile pour les enquêteurs à repérer que les gros réseaux qui affluent et qui livrent la drogue par conteneur par exemple dans les ports

21:58
Présentateur

et là pour le coup effectivement ça ne se passe pas par conteneur ça se passe de manière très différente et ça se passe aussi sur les applis mais vous savez Sonia Fibleux d'ailleurs les américains sont les premiers à reconnaître ils l'ont perdu la bataille contre les drogues de synthèse et moi je me demandais à quel moment on est encore là dans notre trafic que ce soit la synthèse ou autre chose où on ne peut pas encore dire nous avons perdu cette bataille ça c'est très intéressant je n'aime pas les métaphores guerrières parce que c'est de fait pas très inclusif mais oui on mène plusieurs batailles en même temps de plusieurs fronts par la répétition de ces opérations c'est des batailles et la guerre elle est en cours il n'y a pas de perte ou de pas de perte il y a des marchés qui s'adaptent qui s'adaptent aux besoins des consommateurs parce que votre éditeur faisait référence à 30 ans de consommation de cannabis sur certaines drogues de synthèse on ne peut pas durer 30 ans en tout cas en termes de santé publique donc c'est des marchés qui s'adaptent qui s'adaptent aux besoins qui s'adaptent aussi à un besoin de recherche de molécules de plus en plus puissantes donc oui on constate cette adaptation donc il n'y a pas c'est pas une question de notion de perdre une guerre ou non c'est une question de continuer la bataille pour endiguer et pour éviter que ça se propage et aussi d'un point de vue sécuritaire d'éviter qu'il y ait une gangrénisation de certains territoires une mainmise de mafia sur des territoires qui déstabilisent des territoires les habitants qui ne peuvent plus rentrer chez eux sans être filtrés par des trafics en drogue tout cela fait partie du trafic de stupéfiants on est loin et il faut casser cette image de drogue récréative où c'est doux pas doux bon je ne rentre pas dans ce débat là c'est ce n'est pas ce n'est pas drôle de se droguer et ce n'est être un trafiquant de stupéfiants c'est être certain de terminer entre quatre murs ou entre quatre planches alors on a parlé de déstabiliser les quartiers on est en train de parler de trafic de drogue et comment les éradiquer dans le téléphone avec Sonia Fibiole qui est le porte-parole de la police nationale avec l'Anne Bizou Yann Bizou qui est maître de conférences en droit privé et en sciences criminelles à l'université de Montpellier avec Ariane Grissel aussi journaliste au service police-justice de France Inter et avec Amir Mistry bonsoir monsieur Mistry bonsoir vous êtes adjoint à la sécurité et à la tranquillité publique à Poitiers et vous avez eu trois opérations place nette si je ne m'abuse une au début du mois de novembre le 7 une au mois de février une au mois de mars et c'est à vous qu'on va la poser cette question est-ce que après une opération de ce type tout change dans le quartier ou un peu quand même qu'est-ce qui se passe après ?

24:38
Invité

Tout d'abord toute opération contre le trafic de stupéfiants est à saluer je tiens à mentionner aussi le travail des policiers qui luttent au quotidien avec les moyens très limités contre le trafic de drogue mais on s'interroge quand même sur les effets de ces opérations très médiatiques auprès des habitants auprès des dealers et auprès des consommateurs les dealers sont gênés par ces opérations ça c'est sûr certains vont en prison c'est très bien pour protéger ponctuellement les habitants qui souffrent de ces situations mais est-ce que cette stratégie est vraiment efficace dans la durée ?

On voit que les nouveaux réseaux se constituent très rapidement on espère vraiment que ce modèle d'opération coup de poing ne remplace pas le retour attendu de la police de proximité qui travaillerait tous les jours auprès des habitants et les moyens d'enquête comme vous l'avez dit tout à l'heure et la prévention surtout auprès des consommateurs et des potentiels consommateurs

25:30
Présentateur

Parce que j'allais dire quand on est dans une ville comme vous qu'on a eu effectivement des opérations place net pour vous comment ça s'accompagne en fait ? Alors j'imagine en retournant sur les anciens points de deal pour voir ce qui s'y est passé mais pas seulement dans une ville comme Poitiers non ?

25:45
Invité

On retourne on voit on entend on accompagne la population on entend des habitants qui sont très contents de l'opération mais on entend d'autres habitants aussi qui sont un peu troublés par ce qu'ils ont vu par ce qu'ils ont vécu pendant ces opérations

25:59
Présentateur

Est-ce que vous à Poitiers typiquement qu'est-ce que vous a dit la population et est-ce que encore une fois vous avez vu changer ces endroits précisément ? Qu'est-ce qu'ils vous ont dit autour ? Est-ce que c'est surtout merci que vous avez entendu ? Est-ce que c'est surtout on vous attend le mois prochain et puis le mois suivant et puis encore le mois suivant ?

26:19
Invité

Les deux les deux ils attendent depuis un moment ils attendent des opérations efficaces ils ne maîtrisent pas le sujet pour savoir ce qu'il faut faire mais ils attendent une solution surtout sur l'impact de l'insécurité que génère ce commerce cette économie parallèle donc il y a il y a de l'attente il y a le type d'opération ce qu'ils cherchent c'est les résultats aujourd'hui quels sont les résultats ? Et c'est ça le sujet qu'on aborde avec eux

26:43
Présentateur

Monsieur Mistry je ne sais pas depuis combien de temps vous habitez à Poitiers mais là on est typiquement dans ce genre de ville moyenne en fait où on voit fleurir des trafics et on l'a bien vu dans certaines agglomérations on l'a vu à Reims on l'a vu à Rennes qui est de plus grande envergure mais on l'a vu aussi dans des villes où au fond on se dit c'est pas là qu'on attend le trafic de drogue est-ce que vous avez vu ça dans une ville comme Poitiers bouger arriver les dealers et vous rendre compte que même dans une ville comme la vôtre et de cette taille-là c'était pas la peine en gros d'aller beaucoup plus loin pour aller chercher de la drogue ?

27:16
Invité

Je suis à Poitiers depuis vingtaine d'années je pense que Poitiers vit à sa taille la même évolution de ce trafic de ce commerce qu'au niveau national on n'est pas loin de Paris on n'est pas loin de grandes villes et les réseaux on le sait on le constate les réseaux se déplacent créent des antennes si on va parler de ce commerce comme ça mais aujourd'hui la réalité l'a dit quelqu'un aussi tout à l'heure la réalité c'est que ce trafic aujourd'hui son impact il dépasse l'effet de vendre c'est une question de pouvoir c'est une question de maintien de quartier c'est une question d'insécurité globale déformer les quartiers et c'est aujourd'hui c'est l'expression première par les habitants de dire mais qu'est-ce que vous attendez donc quand ils disent vous c'est tous on est tous responsables dans cette affaire chacun dans son périmètre et c'est surtout ce qu'on porte aussi les villes de règle générale les villes sont demandeuses de mieux travailler avec l'état sur ces questions c'est ce qu'on nous portons aussi au sein du forum français de la sécurité urbaine c'est qu'on souhaite travailler tous ensemble mais pas que l'action policière mais beaucoup sur la prévention avec les associations présentes dans les quartiers c'est un travail de collectif qui doit à mon sens donner plus de résultats

28:32
Présentateur

merci beaucoup Amir Mistri adjoint à la sécurité et à la tranquillité publique à Poitiers merci vraiment Yann Biziou au milieu de ce qu'il faut aussi faire et qu'on entend beaucoup il y a le fait qu'on est dans des lieux qui sont des lieux de grande précarité pour dire les choses clairement quand on est sur des points de deal et alors je ne voudrais surtout pas dire de bêtises mais moi j'ai l'impression qu'avant notamment c'était les jeunes mineurs du quartier qu'on utilisait pour vérifier les points etc s'assurer que la police n'arrivait pas aujourd'hui ce sont le plus souvent des mineurs isolés ce sont des gens encore une fois dans une très grande précarité on a l'impression de méthodes qui sont comparables à des méthodes de prostitution réellement est-ce que là aussi vous avez le sentiment que les méthodes ont changé et que c'est plus difficile d'aller les chercher

29:16
Invité

alors que les méthodes changent et je le disais tout à l'heure le trafic est excessivement plastique il n'a aucune règle donc vous pouvez vous adapter et je rappelle toujours après le Covid au moment du confinement tout le pays était bloqué le trafic a mis quoi même pas 15 jours à se réorganiser donc le trafic il s'adapte et il s'adaptera toujours donc la question par rapport à ce que vient de dire aussi l'adjoint à la sécurité de Poitiers la question c'est de savoir qu'est-ce qu'on fait les habitants attendent qu'est-ce qu'on peut proposer moi ce que je rappelle c'est qu'on en est en moyenne une loi tous les 3 à 4 mois sur les stups depuis 54 ans et que ça ne fonctionne pas je vois qu'au Canada en 5 ans le trafic est passé de 100% de l'offre à 3% je pense qu'à un moment donné la réponse elle est de ce côté là et on ne peut pas amalgamer la question du fentanyl qui est lié à l'industrie pharmaceutique américaine et au manque de contrôle de l'industrie pharmaceutique dans les pays anglo-saxons il y a plusieurs problèmes à traiter il y a le problème de la cocaïne il y a le problème du cannabis il y a le problème des drogues de synthèse mais le cannabis c'est quand même 80% des consommations et c'est l'essentiel des revenus des trafiquants et ensuite vient le reste si déjà on arrive à régler ce problème là à mon avis on aura fait un grand part

30:34
Présentateur

Voici Michel qui est avec nous au standard bonsoir Michel

30:36
Invité

Allo oui bonsoir

30:39
Présentateur

On vous écoute Allez-y Michel

30:41
Auditeur

Oui la question que je me posais par rapport à la visite du président aujourd'hui à Marseille avec bon force force représentation préfet police etc etc est-ce que ça va pas être un coup d'épée dans l'eau supplémentaire comme les fois précédentes autrement dit est-ce que l'exécutif ne pourrait pas s'engager à nous tenir au courant des résultats avec une sorte de droit de suite où chacun pourrait voir les résultats tangibles de ce qui est fait avec un point je sais pas tous les deux mois tous les trois mois pendant toute l'année 2024 et 2025 pourquoi pas de façon qu'on ait une vision long terme sur cette action Merci beaucoup Alors pour suivre de près l'actualité policière je peux vous dire que le ministre de l'Intérieur nous tient au courant pratiquement au jour le jour de toutes les opérations qui sont menées en France Marseille et ailleurs

31:41
Présentateur

Sonia Fibiel on est d'accord il s'agit pas il y a un droit de revoyure il y a même un devoir de revoyure est-ce que ça va se faire Il y a un devoir de communication et c'est aussi pour ça que je suis là d'explication pédagogique de l'action de la police nationale et de communication globale Madame Grissel le sait bien nous avons développé une communication extrêmement offensive sur nos résultats opérationnels notamment à travers nos comptes nos réseaux sociaux que j'invite vos éditeurs à suivre bien évidemment tous nos réseaux sociaux de la police nationale parce qu'ils sont le reflet aussi de notre activité et la valorisation de nos missions

32:18
Auditeur

Après au-delà des questions policières et ça a été beaucoup dit à Emmanuel Macron ce matin il y a beaucoup de personnes qui ont interpellé le président en disant mais qu'est-ce que vous faites pour les habitants du quartier pour l'aspect social il faut rappeler qu'on estime que les trafics de stuféfiants font vivre 240 000 personnes en France de près ou de loin donc forcément il y a cet aspect-là aussi qui entre en compte et c'est ce que disait l'adjoint à la sécurité de Poitiers vous avez les jeunes les guetteurs les nourrices qui sont plus âgés et qui gardent la drogue Les propriétaires de terrain

32:45
Présentateur

les gestionnaires les recruteurs les porteurs les guetteurs les vendeurs voire même les développeurs d'applications ce sont des entreprises à l'intérieur des cités à l'intérieur de certaines villes on a sur Whatsapp Yann Bizieux cette question d'un auditeur qui nous demande au fond pourquoi toujours cette violence sur les points de deal quand il y a de plus en plus de livraisons façon Uber Eats à domicile et donc de plus en plus de moyens aussi de faire circuler la drogue sans pour autant utiliser les points de deal est-ce que c'est en train de bouger ça réellement ? Est-ce que bientôt on va les perdre en gros les points de deal ou pas ?

33:22
Invité

Alors je serais bien incapable de vous dire si on va les perdre en tout cas ce qui est vrai ce qui est vrai c'est que ça n'est plus le seul vecteur de distribution des drogues

33:32
Présentateur

C'est pour ça que notre auditeur s'interroge sur la violence dans les points de deal en fait et les règlements de compte à coups de couteau ou de mitraillette parce que précisément désormais hélas l'échange se fait de manière beaucoup plus fluide grâce au numérique

33:47
Invité

Oui mais c'est pas voilà c'est pas des enfants de coeur donc et il y a aussi une volonté de profit qui est extrême donc ce qu'on a vu là sur certaines villes moyennes c'est des trafiquants venant de villes plus grandes qui voulaient étendre leur territoire donc en fait l'un n'empêche pas l'autre et et et c'est pour ça que le bon j'entends les les communiqués de la police moi je vois tous les jours les les les antistupes sur twitter mais c'est pas ça l'indicateur l'indicateur c'est pas le nombre de kilos qu'on va saisir c'est pas le nombre de personnes qu'on va interpeller on peut on peut saisir des tonnes on peut interpeller des centaines de personnes des milliers de personnes la question c'est est-ce qu'il y a moins de drogue est-ce qu'il y a moins de consommateurs et est-ce que le prix augmente c'est ça les enjeux et pour l'instant ce qu'on voit c'est que la drogue n'a jamais été aussi pure les prix aussi bas et la drogue elle est disponible partout

34:48
Présentateur

est-ce qu'on les perd Sonia Fibiole les trafiquants lorsque justement ils sont sur des applis etc et au fond pardon de le dire comme ça j'espère qu'on entend bien les guillemets mais on les préfère sur les points de deal parce qu'on sait exactement où ils sont alors il y a un double phénomène d'une part on n'a pas perdu les points de deal parce qu'il y a un phénomène de territoire clairement qui continue et d'ailleurs les règlements de compte en sont la preuve malheureuse ça c'est une première chose la deuxième chose c'est qu'il y a oui une sorte d'ubérisation en fait des trafics qui se traduit par compartimenter toute l'échelle des trafics mais également par l'utilisation des réseaux avec un système de marketing très fort des relances etc et justement la chef de l'OFAS des cartes de fidélité oui oui tout à fait et justement la chef de l'OFAS l'a répété qu'ils sont également sur les enquêtes sous pseudonyme pour ce type de trafic on a les possibilités juridiques de le faire il faut qu'on mette et qu'on progresse sur les moyens alloués aux enquêtes sur les réseaux sociaux notamment et de continuer dans cette voie là donc on est au fait évidemment de cette adaptabilité il faut être un petit peu sur tous les terrains à la fois virtuels et à la fois physiques donc la police nationale avec beaucoup d'énergie d'ailleurs se mobilise sur les deux terrains tiens là à l'instant sur Whatsapp on a un auditeur qui nous envoie une pub un tarif etc et même une adresse si vous dire comme les choses parfois sont effroyablement faciles il nous reste peu de temps je voudrais excusez-moi juste vous préciser qu'il n'y a pas d'anonymisation totale sur internet contrairement à ce qu'on croit puisqu'on a beaucoup d'enquêtes qui ont permis de permettre d'identifier des personnes qui pensent se cacher derrière leur anonymat ou derrière leur VPN sur ordinateur on est plutôt sur du pseudonymat qu'on arrive quand même à lever avec des enquêtes sur notamment et vous parlez aussi des consommateurs potentiellement quand ils commandent un truc sur une appli on sait les repérer c'est surtout qu'on repère les trafiquants c'est ce qui nous intéresse c'est nos cibles prioritaires et je vous rappelle que nous avons fait des belles affaires en matière de stup et de cyber puisque nous avons réussi à décrypter des messageries de téléphone qui étaient ultra sécurisées je pense à l'affaire Sky ECC notamment ou en Crochat où on a démontré où la police judiciaire a démontré le professionnalisme avec lequel on arrive à démanteler des trafics de stupéfiants Sky ECC dont nous parle d'ailleurs un auditeur qui nous a envoyé un mail on n'a pas le temps de prendre votre question Nicolas mais je vais la dire dans ma voix très rapidement le combat ne devrait-il pas se mener à l'international certains pays ont leur économie qui repose sur ce commerce et doit évidemment complexifier aussi nos démarches Yann Bizieux vous avez en partie répondu à cette question qu'est-ce que ça représente malgré tout l'international et ce qui vient dans le pourcentage du trafic jusqu'à chez nous

37:49
Invité

L'international c'est la clé c'est un marché mondial les drogues mais en même temps les drogues ont été le premier objet que l'on a contrôlé internationalement le contrôle international des drogues ça date de 1906 et c'est fondé sur la prohibition et la coopération des différents pays

38:08
Présentateur

et vous disiez tout à l'heure qu'on fabrique en Europe maintenant et aujourd'hui

38:11
Invité

on fabrique en Europe et donc moi je veux bien entendre tous les voeux et faire partager tous les voeux et tous les souhaits et j'ai peur que si on continue dans la même voie malgré tout le professionnalisme de la police et de la justice que je ne remets pas en cause on n'y arrive pas

38:30
Présentateur

et bien écoutez j'espère que ce ne sera pas la phrase de conclusion et qu'on aura l'occasion d'y revenir et d'en reparler merci à tous pour vos nombreux appels merci à tous d'avoir été ici merci à tous