[DIRECT] Mathilde Panot, présidente du groupe LFI | LCP, Lundi C'est Politique - 24/11/2025
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Quelle est la situation politique et la solution politique ? La suspension de la retraite à 64 ans va-t-elle pouvoir passer ? Mathilde Panot, présidente du groupe LFI à l'Assemblée Nationale, députée du Val-de-Marne, est l'invité de LCP, l'indicé politique. Bonsoir Mathilde Panot.
Bonsoir.
Merci d'être sur le plateau de l'indicé politique. Et face à vous, il y a mes consoeurs et confrères pour vous interroger. Clément Méric de LCP, bonsoir Clément. Lauriane Tout-le-Mond pour Radio Classique, bonsoir Lauriane. Bonsoir Thierry, Thierry Fab pour Challange. Et bonsoir Hugo, Hugo Couturier, Hugo Auperchoir sur sa chaîne LCP Twitch, Assemblée Nationale, sur laquelle vous pouvez interagir en posant vos questions, en réagissant. Et évidemment, Hugo nous fera une sélection à votre destination. Vous, Mathilde Panot. C'est du jamais vu, le budget d'État rejeté à l'unanimité. On peut le dire à l'Assemblée Nationale, il n'y en a qu'un qui a voté pour.
On ne sait pas si c'est par erreur ou pas. Il ne s'est pas expliqué depuis, ou si c'est par conviction.
Il a expliqué qu'il voulait voter pour.
Ah oui, il l'a expliqué. Sébastien Lecornu, en tout cas, a répliqué ce matin. Avec sa propre méthode, il a déclaré qu'il voulait maintenant des débats et des votes sur des thèmes centraux, chapitre par chapitre, dossier par dossier. On va y revenir tout à l'heure. Et lors de son intervention à Matignon ce matin, il s'en est pris à vous, la France insoumise, et au Rassemblement National.
La première des choses, c'est que certains partis politiques, certains candidats à l'élection présidentielle, estiment au fond que le compromis n'est pas compatible avec leur propre stratégie électorale, et qu'au fond, derrière, il y a une forme de cynisme qui est en train de se dégager, et qui peut mener à ce que certains errements idéologiques de certains partis politiques bloquent la situation. Et ça, pour moi, c'est un point de vigilance important. On l'a vu notamment dans les comportements de la France insoumise, et même parfois du Rassemblement National.
Vous êtes clairement visée, Mathilde Panot. Qu'est-ce que vous répondez au Premier ministre ?
C'est quand même assez fort de café, d'expliquer à longueur de journée, comme le faisait notamment la ministre de Montchalin, d'expliquer à longueur de journée que c'était l'Assemblée Nationale qui avait le dernier mot, et ensuite de mettre en cause les oppositions, sachant que, vous l'avez dit, c'est un échec historique de la partie 1 du budget de l'État, puisqu'il y a eu 444 voix contre, donc une quasi-unanimité contre ce budget. Et cela veut dire que M. Lecornu, ce Premier ministre, n'a même plus de socle sur lequel s'appuyer.
Ça, c'est la situation. Mais sur ce qu'il a dit, errements idéologiques, volonté de bloquer tout, ça, c'est quand même des attaques frontales.
Oui, mais c'est une manière d'occulter le problème de fond. Le problème de fond, c'est que nous avons un gouvernement minoritaire et que tout le monde comprend que nous ne pourrons pas rester dans cette situation pendant 18 mois, pendant 18 mois où les macronistes veulent imposer coûte que coûte une politique dont plus personne ne veut dans le pays et d'ailleurs à l'Assemblée nationale non plus. C'est ce qui a été démontré avec ce budget.
Vous ne voulez pas entrer dans la polémique avec le Premier ministre, en clair ? Je dis ça parce que les propos sont quand même très sévères.
Ah ben si, moi je le dis. Nous, nous disons que M. Lecornu doit partir. Nous n'attendons qu'une chose, c'est que nous puissions censurer la politique de M. Lecornu, mais celui qui est responsable du blocage de la situation politique du pays aujourd'hui s'appelle M. Macron. Et nous continuons de dire qu'il faut le départ du président de la République, qui est celui fait historique dans notre République, qui refuse de reconnaître le résultat des urnes, et qui, puisque c'est une phrase qui a été très commentée de notre part, est celui qui applique le programme, tout le programme, rien que le programme des macronistes pourtant battus trois fois dans les urnes.
Et donc, en clair, les propos de Sébastien Lecornu vous glissent dessus, j'ai l'impression ?
Mais écoutez, nous avons un Premier ministre qui est minoritaire. Même son propre camp ne le soutient plus.
Même s'il dit des choses, ça ne compte pas pour vous ?
Mais c'est l'agonie de la Macronie. Nous n'attendons qu'une chose, c'est qu'elle se termine et qu'on puisse passer à autre chose. M. Lecornu nous fait perdre du temps et fait perdre du temps au pays. Nous venons par exemple, dans l'indifférence quasi généralisée des médias, de terminer la COP30 avec un texte qui est catastrophique par le bas niveau d'ambition qu'il porte pour le seul écosystème qui est compatible avec la vie humaine. Nous allons avoir dimanche les 10 ans de la COP21 qui disaient qu'il ne fallait pas dépasser 1,5 degré de réchauffement. Vous savez que pour l'instant, nous sommes d'ici à la fin du siècle à plus 2,6 ou jusqu'à plus 3,1 degrés de réchauffement.
Ça veut dire des États insulaires qui vont juste disparaître. C'est de ça dont nous sommes en train de parler. Et on voudrait nous expliquer qu'il faut continuer avec une politique et un président de la République qui a été condamné deux fois pour une action climatique.
Avant de revenir sur le budget, le Premier ministre a proposé qu'il y ait quatre thèmes qui soient discutés à l'Assemblée. La défense, l'agriculture, l'énergie, les déficits. Est-ce que vous êtes d'accord sur cette méthode ? Vous dites banco, on prend la méthode.
Non, je ne comprends même pas comment c'est possible. Alors sur la partie défense, ils annonceraient peut-être un débat 50-1, c'est-à-dire un débat qui peut être suivi ou non d'un vote qui serait un vote d'intention de l'Assemblée nationale. Mais sur les autres thèmes, il se trouve que puisque la partie 1 a été rejetée et que même si elle n'avait pas été rejetée, dans tous les cas nous n'aurions pas eu le temps de discuter la partie 2 du fait des délais constitutionnels, alors de ce fait, les débats dont il est en train de parler, je ne vois pas par quel mécanisme il va faire en sorte que l'Assemblée nationale puisse décider sur cette question.
Vous voulez dire que ça ne rentre pas dans le calendrier ?
Non, je veux dire que c'est eux qui sont en train de nous imposer ce qu'ils ont fait sur le projet de la loi de la sécurité sociale pour que tout le monde comprenne. Sur le budget de la sécurité sociale, ils ont utilisé l'article 47 ou l'article 47-1 de la Constitution qui permet d'avoir par des délais constitutionnels un texte qui passe directement au Sénat sans vote, ce qui est incroyable. Je veux dire, quand on avait un 49-3, vous aviez au moins la possibilité de censurer le gouvernement derrière et de faire tomber le texte derrière.
Non, je regrette l'usage le plus en plus autoritaire avec l'ensemble des gens de ce pays qui vont devenir spécialistes de la Constitution et qui vont connaître tous les articles qui peuvent être utilisés pour juste brider l'expression souveraine de ce pays, c'est-à-dire l'expression souveraine du peuple de France et en l'occurrence pour cette fois-ci des représentants, notamment avec la Sénat.
Donc il essaie de gagner du temps, Sébastien Lecornu ?
Oui, et il fait perdre du temps au pays et donc il doit partir le plus vite possible. et notamment pour faire aussi échouer un budget qui est d'une cruauté absolument inouïe.
Le Premier ministre a aussi dit ce matin qu'il croyait qu'une majorité était encore possible sur ce budget à l'Assemblée. Et vous, est-ce que vous y croyez ?
Non, on vient de voir sous nos yeux un 444.1. Enfin, je ne sais pas si vous réalisez à quel point ce moment est historique. Parfois, on banalise un peu ce qui est en train de se passer dans ce pays. Mais nous avons fait l'année dernière tomber pour la première fois depuis 62 ans et seulement pour la deuxième fois dans la Ve République tombait le gouvernement Barnier sur justement une motion de censure après un 49.3. Nous avons fait tomber pour la première fois de toute l'histoire de la Ve République le gouvernement Bayrou cette fois-ci sur un vote de confiance et c'est la première fois que ça arrive.
Nous avons eu ensuite le gouvernement le plus court de la Ve République, Lecornuant, avec seulement 14 heures d'existence. Donc maintenant, ça suffit. Ça suffit de banaliser une situation exceptionnelle où un homme, le président Macron,
se maintient au pouvoir coûte que coûte. Il y a des consultations qui sont lancées à nouveau à Matignon avec toutes les forces qui sont représentées au Parlement. Est-ce que vous vous y rendrez ?
Non, nous n'irons pas, y compris parce que lorsque ces thèmes doivent être discutés, ils doivent être discutés au Parlement. Ça, c'est la première chose. Et la deuxième chose, c'est que si j'ai bien compris ce dont le Premier ministre voulait parler, il veut rester dans un cadre contraint, d'un déficit, je ne sais quoi. Bref, faire en sorte de discuter avec nous de mesures de coupes budgétaires alors qu'ils vont déjà imposer les pires coupes budgétaires de ce pays et nous n'y participerons pas.
Il veut aussi consulter syndicats et patronats. Est-ce que c'est légitime à vos yeux ou est-ce que vous le voyez comme un moyen de faire pression sur le Parlement ?
Non, et consulter... Enfin, je pense que le Premier ministre a le droit de consulter et les syndicats et le patronat. C'est juste un peu hypocrite quand vous voyez que, par exemple, il y a deux ans de cela, lorsque nous nous étions battus contre la retraite à 64 ans, je rappelle que tous les syndicats, sans aucune exception de travailleurs, y étaient opposés et qu'ils ne les ont pas écoutés, ni les 3 millions de personnes qui manifestaient et qui faisaient grève, ni même l'Assemblée nationale puisqu'ils sont passés en force avec, petit point quand même savoureux, le centième 49.3 de la Ve République qui a été utilisé à ce moment-là pour passer en force. Donc ça, c'est la première des choses.
Mais on peut prendre un exemple plus récent. Par exemple, sur les réformes de l'assurance chômage, à chaque fois, le gouvernement fait semblant de faire justement des consultations et passe en force contre l'ensemble des syndicats. Donc je crois que maintenant, ça suffit encore une fois et que tout le monde comprend qu'on ne peut pas rester dans cette situation et que lorsqu'on est dans une impasse aussi forte, il faut revenir devant les urnes. Et je ne crois pas que la dissolution serait la meilleure des choses, mais je crois au contraire qu'il nous faut de nouvelles élections présidentielles.
Un mot sur la façon dont s'est déroulé ce débat budgétaire. Je crois que vous y avez passé 127 heures. Vous avez examiné plusieurs milliers d'amendements et tout ça pour rien parce que finalement, c'est la copie initiale de ce budget qui est parti au Sénat. Est-ce que vous êtes d'accord avec Yaël Braun-Pivet quand elle dit qu'il faut revoir un peu la façon dont on débat du budget ?
Ça dépend de ce qui sera proposé derrière. Vous savez, on a l'habitude...
Elle propose clairement ce qu'on appelle le temps législatif programmé appliqué par thème précis. C'est-à-dire qu'on donne, je ne sais pas moi, tant d'heures pour débattre du logement, partie dépense, partie recette.
Eh bien moi, je ne suis pas d'accord avec tout ce qui limite le pouvoir des parlementaires et du parlement. Je ne suis pas d'accord avec cela. Et je vais vous dire, ce n'est pas exactement pour rien, notamment si on n'avait pas un gouvernement qui utilisait tous les outils autoritaires de la Ve République. C'est pourquoi nous nous voulons passer à la VIème République. Ça ne vous a pas échappé. Mais ce n'est pas exactement pour rien parce que je crois que c'est une fois, en tout cas dans la discussion du budget, peut-être la première fois qu'on voit ça autant, où ces discussions ont largement dépassé le cadre parlementaire. Et par exemple, on voit...
Ça n'a pas été un débat pour rien.
Ah non, je pense que les Français et les Françaises en regardant ce débat ont très bien compris qu'il était par exemple possible de taxer les plus riches dans ce pays, de taxer les multinationales, d'arrêter avec des cadeaux qui ont été faits aux plus riches et aux multinationales et justement d'arrêter cette politique qui vise à rembourser ces cadeaux en prenant dans les poches des apprentis, des retraités, des malades, bref, de tout le monde avec un budget qui est extrêmement brutal.
Le budget de l'État a été massivement rejeté. À défaut de partir, comme vous le réclamez, quelle leçon doit en tirer le gouvernement ?
Je crois que la première leçon qu'il doit en tirer, c'est que même le socle gouvernemental, comme ils l'appellent, puisqu'ils ne peuvent plus parler de majorité gouvernementale, puisqu'il n'y a plus de majorité, que même ce socle gouvernemental n'existe plus. Donc on se retrouve dans une situation où vous n'avez plus aucun... Enfin, c'est comme s'il n'y avait plus qu'un seul soutien au gouvernement qui était symbolisé par ce député qui a voté pour, qui est d'ailleurs un soutien à la fois de François Hollande, de Bernard Cazeneuve et de beaucoup d'autres. Mais c'est une situation inédite.
Il faut comprendre quand même le choc que ça devrait représenter dans le pays de se rendre compte qu'on a un Premier ministre qui peut se maintenir et continuer de maintenir une politique dont, objectivement, plus personne ne veut et qui est invotable pour tout le monde.
Et dans ce contexte, jeudi, le texte arrive au Sénat. Est-ce que vous souhaitez qu'il soit aussi rejeté
par les sénateurs ? Alors, on verra comment ça se passe au Sénat. Vous savez qu'au Sénat, il y a une majorité de droite et que, du coup, évidemment, ce sera M. Rotaillot qui aura toute la faculté de pouvoir transformer le budget comme il le souhaite.
Une des choses, par exemple, qui est très inquiétante dans ce budget et qui, je crois, aurait été quasiment impossible il y a de cela cinq ans ou peut-être même dix ans, c'est, par exemple, des mesures xénophobes qui viennent directement du programme du Rassemblement national avec, par exemple, une augmentation démentielle des freins de timbre qu'on ferait payer aux personnes qui demanderaient soit un renouvellement de titre soit un prolongement d'un titre de séjour qui pourrait passer à 200 euros. Dans le débat parlementaire, c'est même passé à un moment à 400 euros.
Ce qui voudrait dire que lorsque des personnes font des démarches administratives, ce serait sur elles qu'on ferait payer, notamment, des cadeaux qui ont été faits depuis des années et des années aux plus riches et aux multinationales. Je vais vous dire, moi, ce que je souhaite, c'est qu'à la fin, ce budget soit battu. Qu'il soit battu parce qu'il est dangereux
avec l'aide de la droite au Sénat ?
Avec n'importe quelle aide. Mais juste, je veux qu'il soit battu parce qu'il est dangereux pour le pays et notamment qu'il va, en termes de consommation populaire, gréver la consommation populaire et donc, il fait peser sur le pays un risque de récession.
Donc, dans ce cas-là, le gouvernement passerait par une loi spéciale. Est-ce que vous pourriez la voter ? L'année dernière, vous vous étiez abstenue.
Je pense qu'on serait aussi sur une abstention. Évidemment, on peut... Enfin, ça, c'est quand même une des choses... voter pour, c'est se compromettre ? Vous savez, le vote du budget dans une démocratie, le vote du budget constitue qui est dans l'opposition et qui est dans la majorité.
Là, c'est le vote d'un budget provisoire en attendant le vrai vote du budget. Oui, qui est quand même le budget de l'année dernière
contre lequel nous aurions aimé voter contre, mais qui a été passé par 49 fois. Mais c'est ce qui permet aussi de faire vivre, de payer les fonctionnaires. C'est juste que depuis trois ans, il n'y a pas eu de vote sur le budget, ce qui est évidemment extrêmement grave. Nous déciderons de la position de vote avec le groupe. Mais ce que je veux dire, c'est que tous ceux qui agitent les peurs... Rappelez-vous d'Elisabeth Borne qui disait « Si vous votez la motion de censure de M. Barnier, alors les cartes vitales ne fonctionneront plus au 1er janvier. » Tous ceux qui expliquent que si nous n'avons pas de budget, ça sera la catastrophe, le shutdown comme nous avons aux États-Unis.
Et c'est absolument faux. Et la loi spéciale permet en effet de reconduire le budget de l'année dernière qui n'est pas merveilleux, nous l'avions combattu, mais qui est moins horrible que celui qui nous est proposé aujourd'hui.
Thierry, tout de même, les cartes vitales fonctionneront encore. Mais est-ce que ce n'est pas la pire des solutions ? Parce que la loi spéciale permet le fonctionnement de l'État, le paiement des fonctionnaires, sauf que les investissements sont gelés. Par exemple, dans la défense, on cite un investissement de 7 milliards importants qui seraient gelés à cause de cela. Le barème de l'impôt sur le revenu ne serait pas réévalué, ce qui fait qu'un certain nombre de contribuables rentreraient dans l'impôt sur le revenu. Comment vous réagissez par rapport à ça ? Il y aura un impact négatif pour nos concitoyens et pour le fonctionnement de l'État.
Vous noterez que c'est ce qu'ils voulaient faire dans le budget aussi cette année. Ce qu'on appelle l'année blanche, c'était aussi le fait de faire rentrer des dizaines de milliers de Français dans l'impôt et c'était aussi le fait que des millions de Français franchissent des tranches et donc doivent payer plus d'impôts. De même qu'en même temps, ils voulaient geler l'ensemble des allocations familiales de ce pays, des prestations sociales. C'est ce qu'ils voulaient faire. Madame Padeau, ils sont revenus en partie. Ils sont revenus là-dessus parce qu'il y a eu des mobilisations et qu'il y a unanimité. D'accord, mais qu'on avance. Il y a unanimité de l'hémicycle pour aller contre.
Donc je vais vous dire, sur la question par exemple des impôts, qui est une vraie question, vous avez raison, s'il y a une loi spéciale, il y a unanimité dans l'hémicycle pour par exemple rajouter un amendement qui dit qu'il y aurait une indexation sur le barème de l'inflation de l'impôt sur le revenu qui ne ferait pas rentrer par exemple 40 000 Français dans le barème de l'impôt. Donc il y a des solutions dessus. Mais je vais vous dire, là où vous avez raison, c'est qu'une loi spéciale ne réglera rien si on se remet de nouveau parce que du coup, loi spéciale, ok, donc les dépenses peuvent continuer, les fonctionnaires sont payés, les cartes vitales fonctionnent, etc.
Mais du coup, on va se retrouver en janvier ou en février à rediscuter d'un budget dans la même situation et donc du coup à aller de nouveau probablement vers l'échec. Donc ce que nous ne cessons de dire, c'est que quand nous sommes dans une telle impasse, alors il faut revenir devant le peuple de France qui doit trancher entre les grandes options du pays. Et donc la loi spéciale pourrait être un moment où justement, puisque nous avons une loi spéciale, nous pouvons prendre le temps d'organiser les élections présidentielles qui doivent trancher un certain nombre de sujets et ensuite recommencer avec les grands choix qu'auront fait les Français et les Françaises.
– Dans la discussion budgétaire, j'aimerais avoir votre avis sur ce que vos camarades socialistes appellent les acquis. Ils ont listé un certain nombre d'acquis, il y a la suspension de la réforme des retraites, mais il y a aussi les indemnités de maladies qui ne sont pas taxées. Vous avez justement l'impôt sur le revenu, un acquis de ce point de vue-là. – Ils n'ont pas voté,
ils ont voté contre cet amendement-là, je le dis, ils nous ont même reproché d'avoir voté pour. Donc c'est quand même très drôle qu'ils le mettent dans la liste des acquis qu'ils ont obtenus. – Dans la liste des acquis, il y a aussi… – Mais ils ont voté contre,
voilà, je le dis. – Le milliard pour l'hôpital, ils se disent que grâce à eux, des acquis ont été obtenus. Est-ce que sur la méthode, vous ne dites pas quand même que ça peut être intéressant dans ce budget de négocier et d'obtenir des choses par rapport à vous qui votez systématiquement ou en grande partie contre ? – Je vais vous dire.
La première des choses, ce que nous, nous avons obtenu, nous l'avons fait avec des mobilisations populaires. Par exemple, je rappelle qu'il voulait supprimer deux jours fériés avec le gouvernement Bayrou et c'est les mobilisations populaires, ce que nous avons appelé le mouvement septembris, qui a fait reculer le gouvernement sur cette question et qui a d'ailleurs fait tomber le gouvernement Bayrou qui s'est auto-sabordé avec un vote de confiance.
Pendant ce temps-là, le Parti socialiste ne cesse de crier aux grandes victoires sur un budget, si par exemple on prend la partie recette, qui est toujours moins dix ans par rapport au budget de l'année dernière qui était déjà catastrophique sur cette question. Donc, je ne crois pas en leur grande victoire. Ensuite, quand vous prenez la liste, il y a des amendements dans lesquels ils ont voté contre, donc c'est quand même assez fort de café. Il y a des amendements qui ont été votés à l'unanimité de l'Assemblée, donc je veux bien qu'on m'explique que ce soit la victoire des socialistes et parfois même ce sont des amendements insoumis de la réforme des retraites.
Ce qui a été voté dans l'article 45 bis n'est pas une suspension de la réforme des retraites mais un décalage du calendrier d'application de la réforme des retraites pour que tout le monde comprenne. C'est la même réforme qui a été passée en force en 2023 par Elisabeth Borne qui dit la retraite à 64 ans mais dont le calendrier d'application est décalé d'un an. Ce que dit d'ailleurs Emmanuel Macron. Et ce que nous... Ce que dit Emmanuel Macron, il parle de décalage. Nous, comme nous savons lire, nous n'avons pas besoin du président de la République.
Mais du coup, ce que nous disons, c'est que ceux qui ont voté pour ce fameux décalage dans le temps ont avalisé en même temps et ont donné une légitimité démocratique à la retraite à 64 ans qui n'en avait jamais eu auparavant. Et je n'appelle pas ça une victoire. Pour nous, la réforme de la retraite ne s'amende pas, ne se suspend pas, elle s'abroge. Et nous, nous resterons fidèles à la promesse que nous avions faite avec la NUPES à l'époque qui est celle d'utiliser tous les moyens pour abroger la retraite à 64 ans mais aussi pour revenir à la retraite à 60 ans.
Oui, Mathilde Panot, il y a beaucoup de questions dans le chat aujourd'hui donc difficile de choisir. J'ai pris celle de Tinkou qui vous demande en quoi le départ de Macron changerait le fait que tant que les députés que le gouvernement sont allergiques aux compromis, les députés peuvent-ils s'inspirer du CESE qui semble plus prompt au résultat ? Conseil économique et social et environnemental.
Tout à fait. Alors, c'est une question intéressante qui me permet de faire un point parce que c'est quelque chose qui revient assez fréquemment sur le fait que nous devrions nous entendre entre nous, mettre de l'eau dans notre vin, etc. Le fonctionnement de la démocratie et c'est un fonctionnement qu'on pourrait discuter, c'est que 51% des gens ont raison contre 49% des gens. C'est un des modes de démocratie qu'on a décidé. Donc, l'Assemblée nationale, elle vote mais il est sain dans une démocratie que des désaccords s'expriment, qu'il y ait des majorités, des oppositions, des idées différentes et donc des propositions différentes qui soient faites au pays.
Qu'est-ce que ça réglerait le départ d'Emmanuel Macron et surtout une élection présidentielle ? On voit bien et d'ailleurs quand M. Lecornu est arrivé comme Premier ministre, il l'a dit immédiatement, il a dit il y a des débats qui seront réglés par l'élection présidentielle et on voit bien qu'on ne peut pas attendre 18 mois dans une situation de blocage qui est notamment celle par exemple si on laissait voter l'Assemblée nationale si on laissait voter l'Assemblée nationale sur l'abrogation de la retraite à 64 ans qu'est-ce que ça donnerait ? Ce serait supprimé. Ce serait supprimé, c'est une évidence et c'est pourquoi ils nous ont empêché de voter la dernière fois.
Donc la question n'est pas est-ce que nous sommes capables de faire des compromis puisqu'il y a des votes et ensuite les votes déterminent qui a gagné, qui a perdu avec des grosses guillemets et ça c'est la démocratie il n'y a pas de problème avec ça. La question c'est pourquoi est-ce qu'on nous empêche de voter sur un certain nombre de choses ? Pourquoi est-ce qu'on utilise autant le 49-3 mais aussi le 47-1 mais aussi le 44 qui permet d'avoir des votes bloqués sur un certain nombre de choses ? Donc la question c'est à un moment nous ne pouvons pas rester avec un blocage aussi fort et celui qui est responsable de ce blocage c'est le locataire de l'Église.
Cette semaine en tout cas les députés laissent le privilège de parler budget au Sénat. Je le disais tout à l'heure ce qui laisse ce terrain libre à votre niche parlementaire jeudi. Tout à fait. C'est-à-dire que c'est vous qui faites l'ordre du jour de l'Assemblée nationale. Lauriane.
Et il y avait une occasion de voter à nouveau sur l'abrogation de la réforme des retraites. C'est dans votre niche parlementaire mais c'était en dernier donc il pourrait ne pas y avoir le temps de l'examiner. Pourquoi ce choix ?
Alors une niche parlementaire c'est nous qui choisissons l'ordre du jour. Nous avons seulement de 9h à minuit et comme Cendrillon à minuit c'est fini. Bon. Ce qui s'est passé l'année dernière c'est qu'avec une obstruction très forte à la fois des macronistes et de la droite ils nous ont empêché de voter sur l'abrogation de la retraite à 64 ans.
Vous le mettez en dernier justement ? Eh bien ce soir
nous avons une réunion avec le groupe où nous déterminerons dans quel ordre nous mettons les textes. Mais il reste des centaines d'amendements que à la fois les macronistes et la droite ont refusé d'enlever sur la retraite à 64 ans. Nous avions déjà dédié toute notre niche l'année dernière sur la question de l'abrogation de la retraite à 64 ans et donc je crois qu'aujourd'hui ce qu'il nous reste comme solution c'est justement de tourner la page de la Macronie pour parfois...
Donc de remettre la réforme au-dessus de la pile ?
Ça, ça sera la décision du groupe qu'on aura tout à l'heure donc je ne peux pas vous la dire maintenant. Mais ce que je suis en train de dire c'est que je pense que la meilleure solution pour l'abrogation de la retraite à 64 ans c'est de faire partir Emmanuel Macron, Sébastien Lecornu et son gouvernement qui nous empêche de voter. Mais je vais vous dire c'est un point très important ce qui s'est passé l'année dernière. Il y a aussi des questions à vous poser. Oui mais j'ai des informations à vous donner sur notre propre niche que vous vous intéressez.
Il se trouve que l'année dernière nous avions alerté sur la gravité d'avoir ainsi les macronistes la droite qui faisait de l'obstruction dans notre niche parlementaire en disant à partir de là toutes les niches parlementaires seront pourries.
Et bien c'est ce qui est en train de se passer puisque nous avons nous des textes y compris avec 5 victoires que nous avons obtenues en commission des textes très importants notamment la nationalisation d'HarcelorMittal je rappelle que HarcelorMittal c'est 15 000 emplois en jeu et si on croit les emplois indirects ce serait 100 000 emplois qui seraient en jeu et c'est juste l'avenir industriel de la France et la souveraineté industrielle de la France qui sont en jeu dans cette histoire.
Et bien il y a 314 amendements qui ont été déposés dont 200 amendements viennent du Rassemblement National et je suis sûre que par exemple ceux et celles qui ont élu Laurent Jacobelli qui a deux sites harcelors notamment Florange sur sa circonscription seront ravis de savoir que le groupe de M. Jacobelli mais il y en a beaucoup d'autres ont empêché que nous puissions voter sur cette question.
Voter la nationalisation c'est ça ?
Exactement parce qu'ils l'ont fait sur ce texte-là ils l'ont fait sur l'égalité devant les services publics pour les outre-mères
Mais pourquoi ?
Parce que la nationalisation
le RN le dit ils n'excluent pas cette piste quand ils parlent c'est l'ordinaire
Mais vous leur poserez la question de savoir pourquoi il va nous empêcher d'aller au vote le seul jour vous pourrez choisir l'entredi
Vous avez dit qu'ils allaient vous pourrir votre niche après la niche parlementaire RN précédente
Oui alors cette niche où nous avons de mémoire déposé 13 sous-amendements vous avez vu une obstruction incroyable de déposer 13 sous-amendements c'est incroyable
Mais vous avez une idée quand vous dites ça pourquoi ils font ça ?
Mais parce qu'ils veulent probablement nous pourrir notre niche mais nous pourrir notre niche derrière il y a des gens derrière à chaque fois quand on parle de propositions de loi quand on parle de nos concitoyens ultramarins qui payent plus cher l'accès au service public postal Ce que vous voulez dire
c'est de la stratégie politique
Mais bien sûr mais c'est de la stratégie même politicienne qui est absolument insupportable à entendre pour les gens qui je l'espère leur feront retirer ces amendements
touchés au droit d'amendement au droit sacré des parlementaires
c'est à double tranchant aussi Ah non mais moi je ne demande pas à toucher au droit d'amendement attention le droit d'amendement il est garanti par le droit constitutionnel mais juste il se trouve que par exemple ArcelorMittal les salariés d'ArcelorMittal seront devant l'Assemblée Nationale ce jeudi pour soutenir la proposition de nationalisation d'ArcelorMittal et soutenir le fait qu'il y ait une décarbonation de l'acier en France et du coup je pense que rien que le fait que ces salariés soient présents permettra peut-être que certains se disent qu'ils doivent enlever des amendements
Dans votre niche il y a aussi la question de la défiscalisation des pensions alimentaires ça avait déjà été voté dans le budget de la sécurité sociale à l'Assemblée en quoi votre texte est différent là ?
Alors il est différent alors pas tellement sur ce point là il est semblable et d'ailleurs nous avons aussi gagné en commission mais nous avons rajouté d'autres choses dans ce texte notamment nous avons augmenté l'allocation de soutien familial de 56 euros par enfant donc qui a augmenté de 56 euros par enfant et donc fait en sorte aussi que soit cette fois-ci fiscalisée la pension alimentaire pour le parent payeur puisque c'était une injustice je rappelle que ça concerne pour le parent gardien comme on dit souvent que ça concerne à plus de 75% des femmes et que c'est une longue revendication des collectifs de mères isolées que nous portons ainsi dans l'hémicycle mais effectivement nous avons une majorité dans l'assemblée pour pouvoir la faire voter et comme nous l'avons fait voter dans le budget de la sécurité sociale mais qu'il ne vous a pas échappé qu'ils l'ont passé directement au Sénat et bien c'est pour être sûr que ce sera voté quoi cet amendement n'existe pas
un point également qui est dans votre niche parlementaire c'est la gratuité des parkings dans les hôpitaux alors c'est effectivement un sujet qui remonte par plusieurs parties puisque le RN et le PS se sont saisis aussi de cette question et le RN avait déposé un texte je crois que vous ne l'avez pas voté pourquoi ?
alors pour plusieurs raisons d'abord le RN a la fâcheuse tendance de copier les textes des uns et des autres ils avaient pris aussi un texte communiste par exemple sur les frais bancaires nous aussi nous en avions déposé un en 2018 et si vous êtes d'accord sur le fond avec eux et bien je vais vous expliquer là nous n'étions pas d'accord sur le fond puisque leur proposition de loi ne s'attaquait pas aux concessions des parkings privés donc cela veut dire qu'il y aurait peut-être des places gratuites dans des parkings d'hôpitaux d'ici 20 ans et en plus un nombre limité de places gratuites dans 20 ans peut-être il y aurait-il eu des places gratuites nous nous arrêtons les concessions et nous faisons la gratuité des parkings des hôpitaux publics immédiatement donc c'est différent sur la manière dont c'est fait et je dis qu'ils ont l'habitude qu'ils n'ont aucune idée qu'ils sont obligés de pomper sur les autres puisque ce texte avait été déposé bien avant la niche du Rassemblement National et cette fois-ci ça permettra d'avoir une gratuité immédiate et de mettre fin à une injustice qui est de payer pour se faire soigner de payer pour aller voir un proche malade bref une injustice qui est le monde je crois de Macron où l'argent vaut tout
alors lié à ce sujet il y a le sujet du transport sanitaire parce que souvent le transport sanitaire qui a été décrypté et étudié par la Cour des comptes montre que explose de 10 à 12% par an ces dernières années c'est lié au parking puisque souvent on dit que si les gens prennent le transport sanitaire c'est parce qu'ils ne peuvent pas se garer c'est lié à l'ambulatoire
aussi
il y a un vrai problème qui pèse fort sur les comptes de la sécurité sociale est-ce que vous vouliez vous attaquer à ça ?
nous je crois qu'on a proposé de nombreuses recettes pour la sécurité sociale et que nous avons démontré qu'il était tout à fait possible de faire autrement dans ce pays mais je vais vous dire sur la question des transports sanitaires alors peut-être qu'il y a un peu des liens avec les parkings ça je ne maîtrise pas assez bien donc je vous laisse mettre de ce que vous vous avez lu sur cette question mais par contre c'est très lié à la question de l'ambulatoire et c'est très lié aussi au fait qu'il y a des fermetures d'hôpitaux de maternités qui se font un peu partout qui font qu'on développe de plus en plus les transports sanitaires et que donc il y a une explosion sur cette question avec vous le savez une mesure contre laquelle se battent nombre de taxis qui font aussi ce transport sanitaire puisqu'ils disent que maintenant ils vont devoir avoir des patients comme des colis ou lorsque vous avez un rendez-vous à l'hôpital par exemple pour une chimio vous vous retrouverez juste à côté de quelqu'un qui y va pour une toute autre raison et qui est je crois enlève beaucoup de sens à ce qui était fait donc il faut aller chercher des nouvelles recettes pour la sécurité sociale
donc vous ne voulez pas lutter parce qu'il y a beaucoup d'abus visiblement dans ces transports qui ont été documentés par la Cour des comptes c'est pas un sujet pour vous de lutter contre les amis
moi je pense qu'il faut donner des mesures supplémentaires des recettes supplémentaires à la sécurité sociale des abus et peut-être y en a-t-il mais à mon avis c'est très dérisoire par rapport à ce que je vous disais notamment sur le développement de l'ambulatoire
Clément dans votre niche vous allez aussi défendre deux propositions de résolution une sur Gaza et une sur le Mercosur alors je rappelle que les résolutions quand elles sont votées elles ne sont pas contraignantes sur le Mercosur il y en a déjà eu deux en janvier qui ont été votées dont une défendue par LFI votée à l'unanimité ça n'a rien changé pourquoi recommencer aujourd'hui ?
Alors pourquoi ?
Parce qu'il y a une question de calendrier qui est en train de se poser puisque vous avez vu qu'Emmanuel Macron a déclaré il y a peu qu'il trouvait positif certaines clauses miroir qui selon nous n'existent absolument pas dans le Mercosur le Mercosur pour resituer pour tout le monde c'est le pire traité de libre-échange qui n'a jamais été négocié qui est un traité d'un autre siècle notamment à l'heure de l'urgence climatique dont je parlais et qui fait peser un risque de mort sur l'agriculture française je reprends les termes de l'ensemble des syndicats agricoles de ce pays qui disent qu'ils ne pourront jamais concurrencer des méga-fermes-usines comme il y a par exemple au Brésil et à d'autres endroits avec des normes sanitaires et environnementales qui sont différentes
c'est non contraignant vous faites passer la résolution c'est non contraignant
il se trouve qu'à un moment où justement Emmanuel Macron est en train de céder et de capituler devant la commission européenne et pourrait signer dès décembre ce traité de libre-échange je crois qu'il est au contraire très important que l'Assemblée nationale réaffirme son opposition ferme pour mettre la pression exactement c'est un rapport de force mais est-ce que vous entendez
les arguments des industriels
c'est Clément c'est Clément
on n'a pas le temps on n'a pas le temps on n'a pas le temps
en tout cas vu l'opposition qu'il y a dans ce pays au Mercosur je vous assure que tous les arguments que vous pouvez donner sont peut-être entendables mais ils sont tous contestables ça je vous le dis il n'y a rien de bon à prendre dans le Mercosur
vous avez une autre proposition de résolution sur Gaza depuis votre précédente résolution sur Gaza il y a eu la reconnaissance par la France de la Palestine est-ce que vous attendez des soutiens nouveaux aujourd'hui dans ce nouveau contexte si l'on peut dire
ça serait bien ça serait important cette résolution elle réaffirme juste quelque chose de très simple cette résolution elle affirme juste que la France doit respecter et faire respecter le droit international et quand vous voyez qu'il y a eu déjà plus de 80 violations du cessez-le-feu à Gaza que nous parlons de 350 palestiniens qui ont été tués depuis la déclaration de ce cessez-le-feu encore ce samedi 22 palestiniens ont été tués qu'il y a des violations du cessez-le-feu au Liban la France ne peut rester silencieuse et doit agir face à cela vous attendez que les macronistes
votent votre résolution
je pense que là aussi s'il y avait un rapport de force et une conscience du fait que face à la loi du plus fort il faut réaffirmer la légalité et notamment l'importance du droit international
ce que veut dire Clément c'est du fait que maintenant l'état de Palestine ait été reconnu par Emmanuel Macron est-ce que vous pensez que vous allez avoir plus de voix venant par exemple des macronistes pour soutenir cette résolution
l'avenir nous le dira
c'est ce que vous voulez voir c'est ce que vous voulez vérifier
en tout cas moi je suis assez inquiète quand je vois un premier ministre qui était anciennement ministre des armes et qui a déjà réussi l'exploit d'être le seul homme dans ce pays à avoir fait les 8 ans de Macronie donc de tous les gouvernements je suis assez inquiète lorsque je lui parle par exemple d'embargo sur les armes en m'appuyant sur notamment des enquêtes d'investigation qui ont été faites par des journalistes mais aussi par des associations sur le fait que la France continue de livrer notamment des armes et des composants d'armes à Israël je suis assez inquiète que la seule réponse de ce premier ministre soit de me qualifier de menteuse
Clément sur cette résolution vous estimez que ceux qui ne la voteront pas seront de facto des soutiens du gouvernement israélien ?
je crois que en fait c'est même pire que cela enfin je veux dire il faut quand même réaliser quand on dit que le droit international est en train d'être enterré à Gaza cela veut dire que pour la suite n'importe quel pouvoir pourra faire n'importe quoi avec l'approbation de démocratie du monde entier c'est ça qui est en jeu je veux dire au-delà même du peuple palestinien ce qui est en jeu derrière la défense du peuple palestinien c'est évidemment de défendre le fait que nous refusons absolument qu'il y ait 20 000 enfants qui soient tués par des bombes par la famine et par je ne sais quoi mais il y a derrière le fait que nous voulons que la France soit aux avant-gardes du droit international du fait d'être un pays indépendant non aligné au service de la paix et que le droit international puisse encore exister dans ce monde Hugo
Oui Madame Panneau il y a Ousitain qui vous demande pourquoi ne pas proposer un référendum pour le Mercosur comme sur l'UE à l'époque est-ce qu'un RIP un référendum d'initiative partagée sur le Mercosur est possible et avec vous à l'initiative ?
Une excellente question il faut qu'on vérifie parce qu'il y a des conditions il y a des conditions un peu strictes pour réussir à faire en sorte qu'un référendum d'initiative partagée puisse exister alors sachant que bon évidemment le référendum d'initiative partagée c'est pourquoi nous on demande le référendum d'initiative citoyenne a été fait pour que jamais personne ne puisse en saisir mais sur l'idée d'un référendum sur l'idée d'un référendum je trouve que sur l'idée c'est une très bonne idée et vous verriez que je pense que la France se rejetterait massivement parce qu'une des choses qu'ils font dans le Mercosur pour bien expliquer avant les traités de libre-échange donc il y avait une validation au niveau européen mais ensuite il y avait une validation pour chacun des parlements nationaux et maintenant ils ont décuplé enfin ils ont découpé l'accord je ne sais pas comment le dire autrement mais bref du coup il n'y a plus de validation par les parlements nationaux et donc c'est une manière de passer outre y compris la souveraineté des peuples parce qu'ils ont très peur que dans des parlements derrière on dise non au Mercosur ce qui se passerait évidemment en France donc je vais regarder ça
Mathilde Panot on va parler maintenant d'Emmanuel Macron qui s'apprête à remettre sur les rails un service militaire volontaire rémunéré ouvert aux femmes et aux hommes alors ça fait débat évidemment en particulier à gauche et ce matin sur France Info Raphaël Guzman de Plaques Public s'est plutôt montré ouvert à cette idée
Le président de la République semble proposer un service militaire volontaire je suis pour mais moi je dis qu'il faut aller plus loin et proposer un service universel et obligatoire mais qui ne sera pas nécessairement militaire qui peut être aussi civique on peut vouloir s'engager dans la transition écologique dans la solidarité sociale mais donner de son temps à la collectivité on est dans une société aujourd'hui qui crève de son individualisme
Est-ce que vous êtes d'accord avec ça ? Est-ce que vous êtes d'abord pour un retour du service militaire ?
Vous comprenez pourquoi en voyant M. Glucksmann nous disons un autre Macron est possible je veux dire M. Glucksmann se distingue toujours des positions historiques de la gauche en étant va-t'en-guerre belliciste il y a plusieurs problèmes dans la proposition qui est faite d'abord il y a un premier problème c'est que vous vous rappelez peut-être qu'il y avait quelque chose qui s'appelait le SNU le service national avec le succès qu'on connaît qui devait être généralisé en janvier 2026
qui est un échec complet
donc il ne faut pas le ressortir il ne va pas l'exister Ce n'est pas non seulement que ça a coûté trop cher c'est qu'en plus de ça il y a eu des dérives de partout des encadrants qui n'étaient pas assez formés bon bref un prix qui est estimé entre 3,5 et 5 milliards bon bref c'est un fiasco total et on essaye de le remettre d'une manière ou d'une autre ça c'est la première des choses la deuxième chose c'est que de ce que nous avons compris ce service militaire volontaire serait rémunéré à hauteur de 900 euros ou 1000 euros par mois c'est-à-dire en dessous du SMIC je ne sais pas si je suis la seule à être choquée par cela mais moi je suis choquée par cela Donc tant c'était comme ça La troisième chose c'est que il y aurait ce serait exclusivement militaire ce qui me pose problème donc nous nous ne pouvons pas être d'accord avec cela et je dois dire qu'en plus dans l'ambiance générale où Emmanuel Macron ne recadre pas et pire autorise le chef d'état-major des armées à prononcer les paroles qu'il a prononcées il y a quelques jours allez-y
Non mais justement j'allais vous poser une question là-dessus parce qu'il a dit reprenons la phrase la France doit être prête à perdre ses enfants face à la menace russe notamment Est-ce que ça veut dire que vous en tant que présidente de groupe vous allez demander des explications à l'Assemblée nationale ?
Mais bien sûr Mais bien sûr
Qu'est-ce que vous allez faire ?
Ça sera probablement les questions au gouvernement Il y aura c'est aussi la décision de mon groupe ce soir comme nous sommes un groupe qui choisit démocratiquement ces questions j'attendrai la réunion de ce soir mais il se trouve que s'il y a vraiment un 50-1 la semaine prochaine ça sera aussi l'occasion de dire au Premier ministre ce que nous en pensons Pourquoi ?
C'est gravissime Je veux vraiment que vous compreniez la gravité de ce qu'on est en train de vivre C'est gravissime qu'un chef d'état-major des armées se permette d'outrepasser à ce point-là ses fonctions pour expliquer non seulement que nous devrions être prêts à perdre des enfants à souffrir économiquement mais surtout à assumer derrière que l'autorité militaire ne serait plus subordonnée à l'autorité politique parce que lorsqu'il y a des menaces le chef d'état-major des armées comme les autorités militaires conseille évidemment les autorités civiles et les autorités politiques mais elle les conseille ce n'est pas eux de prendre la décision la décision elle se fait sous contrôle du Parlement et elle se fait avec les autorités politiques si on commence à inverser ça alors on est dans un moment très grave dans ce pays
j'ai bien compris que ça reviendra au moment du débat sur l'armée puisque c'est ce que veut faire Sébastien Lecornu apparemment la semaine prochaine dans quatre mois les élections municipales jamais la France insoumise n'avait autant investi sur ce scrutin votre parti sera présent dans près de 500 villes notamment dans les villes de plus de 30 000 habitants et hier à Aubervilliers Jean-Luc Mélenchon Jean-Luc Mélenchon a fixé l'enjeu
Ce seront des élections politiques du fait du contexte actuel d'effondrement du pouvoir politique et parce que nous serons à un an de l'élection présidentielle dont ceci pourrait bien être un galop d'essai Thierry alors on a le sentiment que quelque chose change pour vous avec les municipales on a le sentiment que c'est devenu beaucoup plus important qu'avant beaucoup plus ambitieux comme le démontre votre rassemblement ce week-end alors expliquez-nous pourquoi pourquoi est-ce qu'aujourd'hui pour la France insoumise les municipales c'est fondamental
Alors il y a plusieurs raisons d'abord il y a une des raisons qui a été donnée par Jean-Luc Mélenchon à l'instant c'est que le calendrier des municipales n'arrive pas dans n'importe quel moment il arrive exactement un an avant l'élection présidentielle si elle n'arrive pas plus tôt ce que nous nous souhaitons bon ça c'est la première chose mais la deuxième chose c'est que rappelez-vous des précédentes municipales c'était en 2020 c'était en plein Covid donc on avait très peu de débats démocratiques et surtout savez-vous en quelle année est née la France insoumise ?
2016 en 2016 exactement la mémoire est là et donc Ah c'est pour marquer l'anniversaire la France insoumise est née en 2016 nous étions à l'époque un très jeune mouvement politique nous nous sommes depuis ancrés un peu partout dans le territoire et donc maintenant nous pouvons prétendre à être candidat vous l'avez dit dans toutes les villes de plus de 100 000 habitants dans 80% des villes de plus de 30 000 habitants et donc un peu partout nous proposerons un programme de rupture parfois avec d'autres parfois seuls souvent avec des citoyens et citoyennes qui n'ont jamais fait de politique et qui arriveront dans les conseils municipaux en étant AESH chauffeurs de bus enseignants et je crois militants des quartiers populaires et je crois que c'est très important
Est-ce que justement après les divergences qu'on a vues au sein de la gauche avec le parti socialiste est-ce que ce sera un révélateur ? On pourra évaluer les rapports de force à gauche à l'autre de ces municipales ?
Alors je ne sais pas si les municipales fonctionnent exactement pareil que des élections présidentielles donc je ne sais pas si ça donnera des rapports de force mais ce qui est évident c'est qu'il y a nombre d'endroits où il y a un maire ou une maire qui est socialiste et dont nous ne sommes pas satisfaits du bilan et donc nous proposons une autre politique et après tout c'est ça la démocratie j'entends les socialistes qui sont en train de crier au loup sur le fait qu'on présente des listes parce que ces gens sont capables de vous dire d'un côté nous ne voulons d'alliance avec la France insoumise ni au premier ni au second tour certains un adjoint d'Hidalgo a même dit mieux vaut perdre Paris que de s'allier avec les insoumis mais par contre lorsque nous nous nous présentons il faudrait que la France insoumise disparaisse et bien la France insoumise ne disparaît pas Hugo
et justement il y a une question de tranche qui vous demande le positionnement de LFI vis-à-vis des municipales dont on a du mal à savoir s'il pourrait réussir laisse à penser un cavalier seul pour les prochaines échéances électorales législatives anticipées et présidentielles serait-il pourtant inimaginable de retrouver un accord avec tout ou partie du PS pour espérer sur le modèle de la NUPES ou du NFP assurer un minimum de siège à l'Assemblée nationale pour la gauche électorale et sauver les meubles face à l'extrême droite
alors il y a plein de choses dans cette question je vais commencer par le début
vous prenez juste un angle c'est si vous répondez à tout on est encore là demain le tchat c'est pas moi en clair ça veut dire est-ce que les unions les alliances qui existent pour les autres élections pourquoi elles n'existent pas pour les municipales c'est des questions de stratégie
qui sont extrêmement importantes nous ce que nous montrons dans les municipales c'est que nous continuerons avec tous ceux qui portent un programme de rupture parce que nous sommes convaincus et c'est une conviction que seule la gauche de rupture peut battre l'extrême droite face à une Macronie qui est en train de s'effondrer l'enjeu et c'est ce qu'on dit depuis longtemps c'est de savoir comment nous battons l'extrême droite vous voulez dire que le PS n'est pas un rempart je dis que le parti socialiste en changeant d'alliance et en allant avec les macronistes affaiblit notre capacité de résistance contre l'extrême droite
Clément vous vous lancez donc dans la plupart des cas seul dans ces municipales quand le reste de la gauche socialiste, écologiste, communiste ont fait l'effort de s'unir dans plusieurs grandes villes et encore d'autres villes je peux vous donner
plein de villes dans lesquelles nous sommes alliés aux communistes ou dans lesquelles nous sommes alliés aux écologistes
généralement c'est PS écologiste je fais une tendance générale on peut citer les villes de Lyon Toulouse, Rennes il y a aussi des discussions en cours à Paris pour les écologistes qui pourraient aussi se mettre sur la liste du PS enfin voilà globalement il y a une stratégie où vous y allez plutôt seul et où le reste de la gauche est unie est-ce que vous n'êtes pas en train de vous isoler de vous couper du reste de la gauche
je vais redire ce que j'ai dit à l'instant quand le parti socialiste dit je ne veux ni d'alliance avec la France insoumise ni au premier ni au second tour c'est nous qui nous isolons mais il n'y a pas que le parti socialiste oui d'accord mais après chacun prend ses responsabilités de même que chacun prend ses responsabilités pourquoi les écologistes choisissent plutôt de s'allier avec le PS aujourd'hui que avec Califi sans que nous ne l'ayons jamais décidé dit moi je m'autoproclame candidat à Matignon sans la France insoumise et moi je lance une alerte tous ceux qui veulent mettre de côté la France insoumise comme étant trop horrible trop affreuse mais qui lorsqu'il y a des élections sont contents de trouver la France insoumise les électeurs de la France insoumise jouent un jeu extrêmement dangereux et sur l'union parce que ça complète ce qui a été dit tout à l'heure je rappelle que c'est nous qui après avoir fait 22% aux élections présidentielles quand tous les autres faisaient 5% et moins le score du PS je le rappelle était de 1,7% c'est nous qui avons dit nous jetons la rancune à la rivière et nous faisons à l'époque la NUPES nous permettons à chacun de ces partis d'avoir un groupe parlementaire ensuite arrivent les élections sénatorielles je le rappelle parce que c'est aussi dans ce qui se passe c'est ce qui se joue avec les municipales non mais dans ce qui se joue avec les municipales il y a aussi les sénatoriales nous avons demandé une place est-ce que c'était abusé de demander une place pour tout le pays et on nous a refusé nous avons demandé une liste unique aux élections européennes on nous l'a refusé et nous aurions pu faire jeu égal avec l'extrême droite il n'y aurait peut-être pas eu de dissolution puis il y a eu la dissolution nous avons donné 100 circonscriptions aux socialistes pour faire en sorte que le nouveau Front populaire puisse se faire
d'aller défier les maires
PS des grandes villes et dans cette stratégie
est-ce que vous n'êtes pas en train de laisser au PS la main libre le champ libre pour que la gauche se réorganise autour de lui plutôt qu'autour de vous
je conteste en fait cette analyse pour être plus clair je conteste votre analyse nous notre stratégie assumée est de rester fidèle au programme de rupture qui nous a porté et nous voulons dans les villes porter la question du référendum d'initiative citoyenne dans chacune des municipalités la cantine gratuite et bio nous voulons porter la question des régimes municipales pour mettre fin aux délégations par le privé etc. donc nous sommes fidèles au programme que nous portons
très vite d'un mot vous vous défendez l'union de la gauche dans toutes ces villes où vous partez seule si LFI n'est pas en tête de la gauche au premier tour est-ce que vous appellerez systématiquement à voter pour la liste de gauche arrivée en tête
alors attendez c'est dans quel scénario que vous m'avez dit ça
dans les cas où vous partez sans le reste de la gauche si vous n'êtes pas en tête au soir du premier tour est-ce que vous appellerez systématiquement à voter pour la liste de gauche arrivée mais écoutez
nous verrons dans le cas où nous ne serons pas en tête puisque nous faisons des campagnes pour gagner mais nous avons déjà répondu à l'autre question non non attendez je vais vous dire à quelle question nous avons répondu et auxquelles les autres n'ont pas répondu nous nous avons répondu à la question de dire si nous nous sommes en tête nous ferons un appel à toute la gauche pour se rassembler pour gagner les villes donc nous nous le ferons nous ne disons pas pas des uns et des autres au second tour donc qu'eux-mêmes répondent à la question et après de toute façon on verra ensuite dans les différents cas ce qui se passe mais je rappelle que la dernière fois c'est nous qui avons empêché l'extrême droite de prendre le pouvoir dans ce pays avec notamment une mobilisation citoyenne massive des jeunes des quartiers populaires des militants politiques syndicats
cette fois-ci Jean-Luc Mélenchon veut que ces élections municipales il parle de galop d'essai de test pour 2027 quels éléments permettront de dire selon vous que vous avez réussi ce test ?
je pense qu'on aura réussi dans tous les cas vous le disiez vous-même mais en 2020 vous avez gagné
avant l'élection bah oui
on a gagné avant l'élection je vais vous expliquer pourquoi alors ça n'empêche pas pour que chacun et chacune qui nous écoute de s'inscrire sur les listes électorales puisqu'il y a toujours 11 millions de personnes dans notre pays qui sont non et mal inscrites ce qui est une honte démocratique donc c'est déjà un pari gagné les ministères mais je vais vous dire pourquoi c'est un pari déjà gagné il se trouve que puisque nous sommes un très jeune mouvement ce que je vous ai expliqué qu'en 2020 nous avions eu quelques villes et il y a des élus insoumis y compris des maires insoumis dans certaines villes mais très peu il faut quand même le dire et donc cette fois-ci dans tous les cas nous aurons des villes dans tous les cas nous aurons des centaines et des centaines d'élus et que donc nous continuerons l'implantation du mouvement insoumis et aussi dans les mairies insoumis nous réussirons à justement inventer des choses qui permettent de montrer à voir le monde que nous voulons
et cette fois-ci contrairement à 2020 où vous aviez mis des listes citoyennes vous avez mis là plus souvent des députés en tête de liste pourquoi ce changement
de stratégie ?
alors je ne sais pas pourquoi alors si je vais vous expliquer pourquoi je suis en train de réfléchir moi-même c'est très simple c'est qu'à l'époque en 2020 nous étions 17 députés et qu'aujourd'hui nous sommes 71 députés donc nous sommes tout simplement plus nombreux que certains ont aussi envie après par exemple deux mandats de députés d'aller dans de l'exécutif de changer leur place dans le combat et par contre je confirme que sur l'ensemble de nos listes il y a des citoyens qui sont non encartés qui viennent des associations des syndicats de collectifs qui sont ceux qui par exemple en ce moment sont en train de se battre pour que les enfants puisqu'il n'y a pas de plan grand foi puissent dormir à l'intérieur d'une école et non pas dans la rue alors que nous savons qu'il y a 912 personnes qui sont mortes de la rue l'année dernière dont les plus jeunes avaient quelques jours
Mathilde Panot vous-même vous serez tête de liste dans des municipales pas du tout mais j'irai soutenir
beaucoup de ministères c'était pour savoir
oui Mathilde Panot petite question sur la commission d'enquête LR anti-LFI qui est défendue comme ça par Laurent Wauquiez comment vous l'observez elle doit bientôt arriver à terme de ses travaux est-ce que pour vous c'est un flop cette commission d'enquête
c'est un fiasco absolu pour que tout le monde comprenne au départ monsieur Wauquiez fait une com incroyable pour expliquer qu'il va dévoiler dans une commission d'enquête à la fois donc les liens entre la France insoumise et l'islamisme il se trouve que cette commission d'enquête est rejetée jugée non recevable notamment parce qu'elle pointe un parti et un mouvement politique donc du coup ils réécrivent une autre résolution pour créer la commission d'enquête sur les liens entre les organisations politiques et les terroristes bon d'abord en juillet devait y avoir donc il y avait déjà deux mois qui étaient passés je rappelle que c'est six mois et que ça court même dans ce délai donc en juillet ils font une première réunion normalement pour constituer la commission il se trouve que c'était un insoumis qui allait gagner la présidence ils ont décidé de décaler à octobre la réunion de constitution ils ont justifié
son décès d'Olivier Marlex effectivement
mais en octobre que s'est-il passé il y a eu de nouveau une réunion qui devait avoir lieu et qui a été annulée elle aussi pour que enfin ils changent le poste qu'ils avaient pour proposer à UDR vous savez le groupe sciotiste allié avec le RN d'avoir vous ne craignez pas cette commission d'enquête mais c'est un fiasco il leur reste ils auront fait un mois et demi d'audition dans lequel par exemple le directeur du renseignement de la préfecture de police de Paris a dit que la France insoumise n'avait aucun lien avec des terroristes et je vais vous dire que c'est mieux pour eux que ça se termine et qu'ils aient refusé nos demandes d'audition parce que par exemple en ce moment vous savez quel procès il y a ?
Le procès Lafarge et qui a fait les négociations entre Lafarge et Daesh ? un ancien candidat du RN donc je pense que ça va aller
Alors Sébastien de Cornu a redit ce matin qu'il avait pour ambition de proposer une loi sur la décentralisation pour clarifier le rôle des uns et des autres les élus s'y retrouveront peut-être eux-mêmes plus facilement vous allez pouvoir en parler avec l'invité qui va vous rejoindre pour Face à vous voici son portrait réalisé par Stéphanie Despierre
Face à vous Mathilde Panot un essayiste qui ausculte les enjeux des municipales président d'une société de conseil en relations publiques politologue ancien conseiller ministériel il s'est penché sur la figure du maire qui reste l'élu préféré des français 7 sur 10 en s'en satisfait mais la défiance envers la politique nationale pourrait désormais contaminer la politique locale et le dégagisme frappait les maires Le maire est pris un peu en étau aujourd'hui entre les nouvelles exigences de ses concitoyens certains parlent de consommateurs on consomme du service public on est très exigeant on veut que ça aille très vite et puis de l'autre côté un état défaillant on le voit bien on voit bien que les deux thématiques principales qui intéressent les français l'insécurité et la santé versus les services publics sont des sujets étatiques donc les maires n'ont pas toujours les moyens de répondre à ces besoins à ces sujets dans son livre l'écharpe et les tempêtes il a interrogé des dizaines de citoyens et mené de longs entretiens avec une douzaine de maires pour la première fois selon notre expert les enjeux locaux sont devenus nationaux la preuve le rassemblement national et vous la France insoumise ne faites plus l'impasse sur les municipales ce scrutin super attendu s'annonce politiquement inédit ce soir Mathilde Panot face à vous Brice Socol
et Brice Socol arrive sur ce plateau bonsoir je vous laisse saluer Mathilde Panot bonsoir merci d'être avec nous bonsoir je rappelle donc que vous êtes co-auteur de l'écharpe et les tempêtes avec Frédéric Dhabi vous vous êtes sociologue politologue et vous allez pouvoir échanger avec Mathilde Panot sur quoi vous voulez commencer avec Mathilde Panot
écoutez on peut commencer peut-être par ce que nous nous avons constaté c'est vraiment cette dichotomie entre la politique nationale et la politique locale c'est ce que nous disent aujourd'hui les gens que nous avons interrogés les maires les citoyens nous disent aujourd'hui vraiment la confiance républicaine elle est à l'échelle locale elle n'est plus à l'échelle nationale pourquoi nous disent-ils elle n'est plus à l'échelle nationale parce que depuis plusieurs années il cible un peu la gouvernance d'Emmanuel Macron bien évidemment notamment la réforme des retraites la manière dont la brutalité de cette réforme des retraites tant institutionnelle que dans la rue la manière dont le président de la république a parlé de start-up nation et a oublié peut-être pendant le premier quinquennat complètement les corps intermédiaires a oublié les syndicats les forces sociales a oublié les maires les maires ont été les grands perdants du premier quinquennat d'Emmanuel Macron il a fallu attendre la 2022 le nouveau gouvernement après les élections législatives pour que des sénateurs rentrent au gouvernement pour qu'il y ait une prise de conscience du fait territorial et puis ça s'est accentué et puis le deuxième moment fort pour les français de cette dissociation entre le local et le national ça a été vraiment cette dissolution incomprise dissolution incomprise qui a donné le résultat que l'on vit aujourd'hui on voit les discussions budgétaires qui n'en finissent pas on ne sait pas si on aura un budget en fin d'année ce spectacle-là parce que c'est vu par les français comme un spectacle pour eux ça ne leur parle pas ils ont le sentiment que les parlementaires les ministres ils mettent tout ça dans le même sac ils ne sont plus dans la réalité ils sont dans une réalité virtuelle
alors est-ce que vous le voyez est-ce que vous le sentez vous ce décalage entre les élus locaux et les élus nationaux par exemple puisque c'est ce que vous disiez en premier
oui moi je pense que effectivement dans les constats qui sont faits il y a beaucoup de choses qui font écho à ce que moi je pourrais appeler aussi une forme de dégagisme politique qui existe et qu'on voit régulièrement resurgir je parlais tout à l'heure des mouvements qu'il y a eu en septembre qui avaient une tonalité très dégagiste aussi alors du coup nous la manière dont on le prend qui est avec effectivement la cassure de la réforme de la retraite nous on avait dit c'est le premier jour de la fin du mandat d'Emmanuel Macron par exemple tout à l'heure la semaine dernière pardon j'étais au congrès des maires congrès des maires où Emmanuel Macron avait promis qu'il irait chaque année ça fait 4 ans qu'il ne s'y rend pas là les maires disent qu'ils vont subir une coupe sur l'ensemble des covélectivités qui équivaut à 7,6 milliards de coupes budgétaires c'est énorme et pire que ça il y a un dispositif on ne va pas rentrer dans les détails de ce que ça veut dire sur le dilico mais qui permet de prendre directement dans les recettes des mairies par exemple sur une ville comme Ivry-sur-Seine on va leur prendre 3 millions dans les recettes de la mairie qui était un dispositif qui avait été mis l'année dernière qui devait être seulement pour un an et qui a été doublé sur le nombre de villes mais aussi dans le montant donc ce que je veux dire par là c'est que la manière dont nous on le prend c'est de dire qu'il faut qu'on refasse pays face au dégagisme et que pour cela il faut réécrire les règles du jeu c'est ce que nous on propose par exemple avec la constituante
oui c'est tout le grand chantier qu'on appelle de la décentralisation moi j'aime pas trop ce terme là parce que c'est déjà se mettre sous tutelle de l'état lorsqu'on parle de décentralisation mais les élus nous disent aujourd'hui on est coincé parce qu'on est pris entre les nouvelles exigences de nos concitoyens et parfois dans l'immédiateté et parfois légitimement des gens qui sont dans des précarités sociales des gens qui ont des difficultés à trouver un travail des gens qui ont des difficultés à se soigner et d'un autre côté un état qui est défaillant et ça c'est vraiment tous les maires nous le disent vous savez qu'on parle de décentralisation on parle d'autonomie fiscale des collectivités locales 85% des budgets des collectivités locales dépendent de l'état soit sous forme de ruissellement de l'impôt soit sous forme de dotation qu'est-ce que vous préféreriez
à la place de décentralisation vous ? moi j'aime bien
mon partenariat
ah oui je pensais que vous aviez parlé fédéralisme ou je sais pas quoi
non je parle du partenariat il faut qu'il y ait un partenariat il faut que l'état se recentre déjà sur ses tâches essentielles voilà la sécurité la santé le service public et laisser un peu plus de liberté et de proximité aux collectivités locales je pense que c'est un enjeu
là où moi on est très clair sur un point peut-être qu'on a un désaccord dessus mais je préfère le pointer parce que c'est un point qui est quand même important c'est que nous il y a un certain nombre de sujets sur lesquels on n'acceptera pas qu'il puisse y avoir des inégalités entre les françaises et les françaises selon l'endroit où ils vivent nous on veut par exemple qu'il y ait un service de l'éducation de la santé de la sécurité qui puisse être le même mais ce qui est juste c'est que du coup les maires que font-ils par exemple pourquoi je parlais avec un maire récemment qui me disait moi j'ai doublé ma police municipale nous on est opposé à la police municipale on veut la police de proximité pourquoi est-ce qu'il me disait national oui exactement avec une formation qui est la même que les policiers d'ailleurs des meilleures conditions de rémunération etc pourquoi est-ce qu'il me disait qu'il avait doublé sa police municipale il me dit parce qu'il n'y a qu'un commissariat pour neuf ou dix villes et donc en fait quand les policiers qui sont de garde de nuit sont appelés à un endroit il n'y a plus de policiers pour l'ensemble des huit ou n'importe qui
si je comprends bien ce que vous dites quand Brice Socol dit les mairies devraient avoir plus de moyens grosso modo pour faire un peu aménager ce qu'elles veulent vous vous dites attention il y a eu l'heure des limites oui moi je dis l'état doit
sur ses missions régaliennes assurer son rôle et aujourd'hui bien souvent ce sont les communes qui se retrouvent à devoir pallier ces défaillances de l'état
c'est ce que nous disent les élus prenez le thème de la sécurité pourquoi se développent les polices municipales c'est parce que l'état est défaillant les élus nous disent moi j'ai quand même besoin d'une sécurité c'est pas mon rôle c'est le rôle de l'état
dans le même temps
vous dites les élus voudraient aussi avoir les mains plus libres oui parce qu'il y a des politiques de proximité qui pourraient être mises en oeuvre sans tutelle de l'état ça c'est une réalité aussi est-ce que ça c'est possible ? est-ce que vous le souhaitez vous ?
bah oui mais il y a des libérations
c'est-à-dire laisser les manettes aux maires
il y a plein de choses qui s'inventent dans les communes qui sont extrêmement intéressantes par exemple je vois les endroits par exemple où on va mettre des centres municipaux de santé avec des médecins qui sont salariés je le dis parce que la question des déserts médicaux est une question extrêmement importante dans notre pays
85% des français sont dans un désert médical
sont dans des déserts médicaux et avec une question qui est que y compris des médecins notamment les jeunes médecins ont aussi envie de ne pas pratiquer tout à fait de la même manière que ce qui a été fait à d'autres endroits donc certains veulent être salariés donc par exemple les centres municipaux de santé sont des exemples très intéressants de ce qui peut se faire dans des villes je vais prendre un autre enjeu qui est très important qui est la question du dérèglement climatique on sait par les rapports qui ont été faits que 70% des actions doivent être faites au niveau local donc là aussi il y a des choses à faire qui sont intéressantes et qui s'inventent à des endroits et d'ailleurs par exemple des expérimentations comme territoire zéro chômeur nous on aimerait qu'on puisse l'expérimenter enfin le mettre à l'ensemble des villes
je pense que vraiment la proximité le résultat l'efficience ce sont vraiment des demandes de nos concitoyens aujourd'hui si je reviens sur politique nationale politique locale ça c'est une réalité et c'est un peu le cœur des politiques municipales quand vous allez voir votre maire vous savez s'il va faire demain la route s'il va créer un centre social s'il va créer un gymnase vous le voyez la politique nationale depuis plusieurs années les français ont des sentiments il n'y a pas de résultat il y a de l'incantation il y a du discours mais il n'y a pas de résultat
par exemple sur la question de l'appui de l'état aux communes il y a une agence qui s'appelle parce qu'on est beaucoup en train de parler des agences en ce moment que le RN veut supprimer en entier je voulais parler du CEREMA le CEREMA le CEREMA c'est des ingénieurs mais qui ont un panel de compétences qui sont par exemple capables de regarder dans un endroit pour une construction d'une route ou une construction d'un pont normalement par exemple les maires peuvent faire appel au CEREMA je parlais avec un maire récemment qui m'expliquait que des entreprises du BTP lui disaient qu'il fallait refaire son pont et que du coup il avait appelé le CEREMA qui avait réussi à se déplacer qui leur a dit qu'il n'y avait aucun problème avec le pont et que donc il n'avait pas besoin d'être refait le problème c'est que le CEREMA n'a pratiquement plus de moyens on lui enlève des moyens année après année et ça veut dire qu'ils n'ont plus l'expertise à donner aux collectivités sur lesquelles ils peuvent faire appel et sur lesquelles ensuite ils peuvent baser des décisions politiques donc la question c'est comment est-ce qu'on connecte les choses et notamment nous dans ce qu'on projette sur la planification qu'on devrait faire c'est comment est-ce que ces différents échelons peuvent décider aux différents échelons mais avec des objectifs qui sont des objectifs communs
un dernier mot non la vraie question c'est voilà on peut pas parler de décentralisation sans parler un de réforme de l'état et sans autonomie fiscale financière pardon des collectivités locales ça c'est une réalité
vous êtes prêt à défendre l'autonomie fiscale et financière des collectivités locales
c'est ce que je disais sur les limites de ce sur quoi nous sommes d'accord ce soir
c'est pour ça que je pointe
mais vous avez raison parce que nous nous sommes très attachés au fait qu'il y ait une égalité entre les citoyens et les citoyennes de ce pays
ça peut créer des inégalités ça peut créer des inégalités après vous avez ce qu'on appelle la péréquation qui peut venir compenser certaines politiques publiques
tout à fait mais je dis juste c'est un point d'attention et par ailleurs c'est aussi un point de discussion qu'on a beaucoup avec nos compatriotes ultramarins parce qu'il y a aussi cette fois-ci alors là on parle vraiment en plus de réalités qui sont très différentes et d'où le fait qu'à mon avis il y a un moment où il faut se poser sur quelles sont les règles du jeu qu'on veut mettre en place
vous confirmez que le maire reste l'élu
le plus populaire le maire reste aujourd'hui l'élu le plus populaire mais attention parce que l'image de la politique nationale pourrait impacter demain le maire dans ses fonctions ça pourrait avoir des mêmes conséquences sur les résultats électoraux
vous savez que la retraite à 64 ans va impacter aussi les mairies
ça pourrait avoir des conséquences et nous ma thèse du livre c'est de dire que la politique nationale et la politique internationale jouera sur ces municipales-là vous pensez ça aussi Mathilde Panot ?
je vous disais la retraite à 64 ans impactera aussi puisque vous savez que par exemple pour les maires des communes rurales c'est 40% qui sont des retraités et donc la retraite c'est aussi le moment où on peut justement s'occuper du bien commun
merci Brice Socol
merci Mathilde Panot
d'être venue sur le plateau de LCP lundi c'est politique qui revient lundi prochain merci bonne soirée bonne semaine merci
merci
Mathilde Panot