Crépol: l'interview de Marion Maréchal en intégralité
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Marion Maréchal, bonsoir. Je voudrais vous faire écouter tout de suite Mme Borne, qui était cet après-midi au Sénat et qui a dénoncé la récupération politique autour de ce drame. Utiliser ce drame pour jouer sur les peurs, c'est manquer de dignité. Je ne sais pas si vous vous êtes sentis visés, mais on va écouter tout d'abord Mme Borne.
Aujourd'hui, l'heure est à l'enquête et au recueillement. Comme vous, je le sais, M. le sénateur, je suis convaincu que ce moment appelle à la retenue et à la décence. Utiliser ce drame pour jouer sur les peurs, c'est manquer de dignité et de respect pour les victimes. M. le sénateur, vous le dites, ce drame soulève des questions plus larges. Mon gouvernement est bien conscient des évolutions de la délinquance, en particulier dans nos territoires ruraux.
Vous sentez visé, vous manquez de retenue et de décence ?
Non, mais qu'importe la personne qui est visée, je n'en ai strictement rien à faire de ce procès en récupération. C'est le même coup à chaque fois. On nous parle de tant de décence et de compassion. On parlerait dans dix jours, dans un mois. De toute façon, le procès serait exactement le même. Et moi, je vous le dis franchement, je ne vais pas me taire parce que je ne veux pas que mes filles grandissent dans un pays qui est devenu un coupe-gorge jusque dans nos villages et dans nos campagnes.
Et je trouve, je vais vous dire, je trouve ça d'autant plus indécent que quand il y a des jeunes qui descendent dans une soirée à 30 et que ça finit avec des couteaux de 25 cm, qu'il y a 17 blessés, dont trois graves et un mort de 16 ans, le sujet, c'est les blessés, c'est les victimes, c'est pourquoi on en est arrivé là, c'est le profil des agresseurs et quelle a été la faillite de l'État, notamment judiciaire. Ce n'est pas de savoir si c'est, comme je l'ai, pardonnez-moi, mais lu sur votre chaîne, dans l'émission de M. Ruquier pour ne pas le citer, du pain béni pour l'extrême droite. Voilà, je trouve que c'est un détournement honteux. Je ne peux pas vous dire autre chose.
Oui, mais vous avez réagi très vite sans connaître justement l'origine et le mobile des agresseurs. Lorsque vous parlez de francocide, qu'est-ce qui vous fait dire que c'est un francocide ? C'est-à-dire, le francocide, si je comprends bien, c'est quand on tue quelqu'un parce qu'il est français.
Les témoignages rapportés par vos confrères du Dauphiné libéré de Paris Match, qui disent explicitement, selon plusieurs témoins qui étaient présents sur scène, et également d'ailleurs rapportés par la mer après coup, que ces personnes qui sont venues sur place avec des couteaux ont dit « on veut planter des blancs, on veut tuer des blancs ». Je ne sais pas ce qui est plus explicite que ça. Nous sommes face à un cas manifeste de racisme anti-blanc, qui n'est pas un fait divers, qui n'est pas un phénomène isolé, qui est quelque chose maintenant devenu de systémique, de plus en plus présent sur notre territoire.
Il suffit pour ça d'ouvrir régulièrement la presse régionale pour voir des Français qui sont visés aussi parce qu'ils sont Français. Et c'est d'ailleurs en cela qu'on veut nous faire taire. C'est que la réalité, pardon, j'en finis par là, c'est que derrière ce phénomène, il y a, et je le dis avec beaucoup de gravité, beaucoup d'inquiétude, une guerre ethnique qui est en train de se mettre en place sur d'autres territoires, qui sont les prémices de la guerre civile. Et si j'en parle de manière parfois forte, c'est parce que je souhaiterais justement éviter ça.
Mais Crépole, c'est pour revenir à Crépole, le suspect numéro un, celui qui est accusé d'avoir porté le coup mortel, est de nationalité française.
Mais alors qu'on ait fabriqué des générations de Français de papier, vous ne me l'apprenez pas, c'est-à-dire des gens qui sont aujourd'hui sur notre sol, qui veulent tuer des Blancs, qui détestent la France, qui détestent les Français, qui sont pour certains d'ailleurs, de ce que j'ai compris, une fois de plus, parce que c'est toujours la même chose, des multi-récidivistes, des multi-condamnés, qui vivent d'ailleurs au crochet du contribuable.
Pardon, mais si on suit votre logique, c'est un sujet d'intégration plus que d'immigration.
Non, c'est aussi un sujet d'immigration, parce que, excusez-moi, mais manifestement ces jeunes sont d'origine immigrée, parce que s'ils veulent tuer du Blancs, c'est que j'en conclue qu'ils ne sont pas Blancs. Pardonnez-moi. On a vu des vidéos. Est-ce que vous avez regardé, très intéressant d'ailleurs, les vidéos qui circulent sur le net de l'entourage de ces agresseurs, qui viennent donc de ces cités, où on entend explicitement ces gens dire, excusez-moi de l'expression, j'en ai rien à faire que ce jeune soit mort. De toute façon, moi j'aime la France pour la carte vitale, et j'aime pas les Français. C'est révélateur, si vous voulez, d'un état d'esprit. Voilà.
Et moi, ce qui m'inquiète, c'est qu'on ne prend pas la mesure de la gravité. Mais si, alors à l'inverse, prenons l'écart inverse, si Thomas et ses amis étaient allés dans la cité avec des couteaux de 25 cm, avaient frappé dans un bain de sang, comme ça a été le cas, en disant, on veut planter des Arabes et on veut tuer des Arabes, vous pensez qu'il se serait passé quoi ? Mais ça aurait été le branle-bas de combat dans toute la classe politique.
Permettez juste qu'on l'aille vers Maxime Brandstetter du service police-justice de BFMTV pour faire un point sur l'enquête. Savoir que c'est-on à l'heure où on se part, simplement sur le meurtrier présumé, le mobile, et d'où ils viennent, lui et ses complices ? Sur le meurtrier présumé, vous l'avez dit, il a 20 ans, il est français, il est né à Romand-sur-Isère d'une mère française. Sur les autres suspects avec lui, les 8 autres suspects, on sait que certains sont majeurs, on comprend que d'autres seraient mineurs, certains connus des services de police pour des faits de vol, de refus d'obtempérer.
Sur le mobile, c'est la grande question que vous semblez pourtant éludée en comprenant à travers ces quelques témoignages...
J'ai écouté les témoignages des gens sur place.
On a écouté aussi ces témoignages. Ce qu'il faut juste rappeler, et c'est important de le dire, la justice et les enquêteurs, ils travaillent avec des preuves, c'est un travail de longue haleine qui va durer un certain temps. Rien que sur les auditions, ils ont entendu une centaine de témoignages, et quelques témoignages ne suffisent pas à emporter le mobile.
Vous pensez que les témoignages ont menti, monsieur ? Plusieurs témoignages ont dit, ouvertement, j'ai entendu explicitement...
Dans toutes ces affaires, lorsqu'on vit un drame aussi terrible, lorsqu'on vit quelque chose d'aussi choquant, lorsque parfois on est victime et qu'on est agressé, chacun voit le drame à sa manière, personne n'est omniscient, personne ne peut savoir.
Vous préférez obtenir une excuse au fait que 30 personnes soient arrivées avec des couteaux pour massacrer des gens dans une salle des fêtes ? C'est quoi ?
Non, j'explique juste qu'on ne sait pas encore si ces 30 personnes sont arrivées dans la volonté de les attaquer, ou s'ils sont arrivées...
Ah bon, si vous arrivez à être dans des couteaux avec une soirée, c'est pas pour attaquer des gens ?
Non, ça n'en force pas la préméditation. Déjà, les armes du crime, vous avez sans doute l'information qu'il y a des couteaux, il y a eu effectivement des témoignages, mais on n'a pas ces informations-là. On ignore s'ils sont venus dans l'intention de tuer, ou s'ils avaient des couteaux sur eux, ce qui est possible. Il n'y a plus de 17 blessés ? Il y a eu effectivement des blessés. Vous ne pouvez pas me dire aujourd'hui,
on ne savait pas s'ils avaient l'intention d'agresser, vous vous rendez compte quand même de ce que vous êtes en train de dire.
Bien sûr que si, la préméditation, c'est un fait juridique qui a son importance. Est-ce que j'ai prémédité mon crime, ou est-ce que j'ai commis ce meurtre sur l'instant ? C'est une qualification juridique, il y a des conséquences juridiques sur des peines de prison. Vous arrivez à 30 dans une soirée de manière coordonnée ensemble
à 2h du matin, vous allez expliquer que c'est un hasard. Ah, ils se retrouvaient tous en train de prendre à 2h du matin dans cette soirée.
Je vais vous poser une question très simple. Non mais à un moment donné, moi je veux bien faire ça de la ridicule. Non mais Maxime, simplement, parle des éléments qu'il est en sa possession. Mais je voulais savoir si moi vous avez d'autres éléments en votre possession. Est-ce que vous, vous avez d'autres éléments ? Non mais les éléments que j'ai, c'est que des éléments. Attendez, attendez, répondez à ma question. Parce que vous avez l'air assez certaine de ce que vous avancez. Est-ce que vous avez d'autres éléments en votre possession sur le nom du meurtrier présumé, sur leur origine, d'où ils viennent ?
Monsieur, aujourd'hui, non mais je n'ai que des éléments publics. Il y a des vidéos, il y a des photos, il y a des témoignages. Oui, qui circulent sur les réseaux sociaux. Il y a des témoignages qui attestent, on est venu pour planter et tuer du blanc. Vous en déduisez quoi, excusez-moi ?
C'est simplement, après il y a une enquête qui reviendra si c'est retenu ou pas.
En fait, si vous voulez, je veux bien qu'en permanence, votre boulot, ce soit d'essayer de faire en sorte qu'on ne voit pas ce qui est évident, qu'on n'entende pas ce qui est évident et que la réalité ne se soit pas au visage. Mais je suis désolé de vous dire qu'aujourd'hui, d'ailleurs, tous les éléments qui sont pris en compte par la justice, manifestement, attestent tout ça. Donc on nous explique qu'on ne sait pas si c'est prémédité, on ne sait pas si vous voulez agresser, on ne sait pas si vous voulez tuer.
On verra, effectivement, on ne sait pas, donc attendons la fin de l'enquête et avançons. Mais si je comprends bien, pour vous, ce n'est pas un fait divers tragique, parce qu'il y a la mort d'un jeune homme, c'est un fait de société. Et que dit ce fait de société ?
C'est un fait de société qui révèle aujourd'hui un racisme anti-blanc qui n'est pas isolé. Je rappelle qu'on dispose d'un certain nombre d'informations. Les statistiques éthiques sont interdites dans notre pays. En tout cas, ce qui est sûr, c'est qu'il y a eu un sondage CSA en 2022 qui atteste que 80% des Français pensent qu'il y a du racisme anti-blanc. 80% des Français du racisme anti-blanc dans certaines communautés. Les chiffres du ministère de l'Intérieur eux-mêmes, entre 2021 et 2022, attestent qu'il y a une augmentation de plus de 63% des actes anti-blancs dans ce pays. Donc, indéniablement, aujourd'hui, c'est un phénomène de société.
Et je trouve que c'est un phénomène qui n'est pas pris à la mesure de la gravité et qui ne suscite pas d'ailleurs la même indignation quand ce sont des petits blancs, pardon de parler comme ça, qui sont agressés dans leur pays par des personnes de région.
Rapidement, pardon, Marie-Machat, vous avez l'impression que ça ne suscite pas l'émotion ? Parce que, pardon, mais quand on voit le monde qu'il y avait à la marche blanche, quand on voit la place que cela prend dans les médias, il y a une émotion qui est tout à fait légitime. Comme si c'était passé par pertes et profits.
Je vous repose la question, c'est-à-dire, une fois de plus, si c'était l'inverse qui s'était passé. Si on avait entendu ces jeunes dire « je suis là pour planter de l'arabe » ou « tuer de l'arabe », vous pensez qu'il se serait passé quoi ? Ce qui se serait passé, je vais vous le dire. Déjà, on aurait peut-être eu des émotes urbaines tant qu'à faire. On aurait eu une minute de silence à l'Assemblée nationale. On aurait eu l'intégralité de la classe politique de gauche et du centre. Vous expliquez qu'on devrait être dans la compétition, l'excuse, qu'il y a un racisme systémique en France. C'est ça qui se serait passé. Alors, on va aller à l'Assemblée nationale.
Je suis désolé, mais la gravité du phénomène n'est pas du tout à la mesure de la réaction politique.
Alors, justement, vous dites qu'il faudrait une réaction de minute de silence à l'Assemblée nationale.
Et la réponse, c'est quoi ? C'est « Ah non, non, pas de récupération, c'est le temps de la compassion ».
On va justement aller à l'Assemblée nationale. On rejoint la députée de la Drôme, députée Europe Écologie-Les Verts Nupes, Marie Pochon. Bonsoir, madame. Y a-t-il eu une minute de silence pour le jeune Thomas à l'Assemblée nationale aujourd'hui, par exemple ?
Il n'y a pas eu de minute de silence, effectivement, pour Thomas. Il n'y a pas de minute de silence pour tous les drames, malheureusement, qui se jouent dans ce pays. Ça aurait été de bonne alloi, bien évidemment. Pourquoi pas ? Vous le demandez ? Mais, effectivement, là, ça n'a pas été le cas à ce moment-là.
Vous le demandez ? Vous demandez qu'une minute de silence, comme il y a eu une minute de silence pour Naël, par exemple ?
Il aurait pu y en avoir. Je pense que le fait est qu'il y a une analyse politique qui est tirée de ce qui s'est passé ce samedi soir à Crépole, qui, pour moi, à ce stade, est prématurée. On n'a aucun fait. On ne sait rien de ce qui a motivé, effectivement, ces agresseurs. On ne sait rien de qui est l'agresseur, effectivement, et de qui sont les agresseurs. Aujourd'hui, l'enquête est menée sur la question de Naël. Il a fallu quelques jours, effectivement, d'enquête pour pouvoir attester de la véracité de la vidéo et de ce qui s'était joué dans ce drame absolu, aussi, qui était le meurtre de Naël.
Là, je pense qu'il nous faut attendre quelques jours d'avoir les conclusions de l'enquête pour qu'effectivement, nous, en tant que responsables politiques, il y a le mot « responsable » dans ce terme qui est utilisé, que nous puissions agir en responsabilité, analyser, effectivement, ce qui s'est passé lors de ce bal de village et en tirer des conclusions politiques, trouver des solutions, effectivement, si besoin, et pour pouvoir, effectivement, sécuriser l'ensemble des Françaises et des Français, l'ensemble des jeunes, aussi, dans nos petits villages, et pour qu'on puisse parvenir à l'apaisement. Moi, je crois que c'est ça, notre mission, aujourd'hui.
– Et vous pensez qu'il y a une vraie récupération de la part de la droite et de l'extrême droite, voire une manipulation ? – J'entends parler de francocides. D'où cela sort-il ? Alors même qu'on ne sait pas qui a perpétré ces actes, on ne sait pas quelles sont les motivations, on ne sait pas exactement ce qui s'est passé. J'entends Mme Marion Maréchal-Le Pen nous dire, enfin, jouer l'inspectrice de police, finalement, et nier leur rôle absolument essentiel et leur travail qui est en cours, plus de 100 auditions. Aujourd'hui, il y a une enquête poussée qui est menée et je remercie, bien évidemment, les forces de l'ordre pour tout ce travail-là.
On a besoin de police dans ce pays, on a besoin de justice dans ce pays qui mène un travail de fond pour, effectivement, déterminer les causes de ce drame absolu. Moi, je crois que le moment présent, c'est, effectivement, de dire toute notre compassion, tout le deuil qu'on a de Thomas auprès de sa famille, et c'est d'ailleurs respecter, là, le vœu de la famille et des proches de Thomas qui sont, là, depuis trois jours, bouleversés par tous ces discours de récupération d'extrême droite raciste les plus rances, alors même qu'eux, ce qu'ils souhaitent, c'est pouvoir vivre leur deuil de manière apaisée. Ils n'ont même pas encore enterré leur enfant.
Il faut se rendre compte de l'ignominie de ces propos-là. Donc, laissons faire l'enquête, et une fois qu'on aura, effectivement, les informations nécessaires, on pourra en dire des choses de manière politique.
Marion Marchal, répondez à cette députée. Merci, madame la députée.
Tout est dit, et c'est lamentable. Voilà, on a l'aveu, c'est-à-dire que pour Naël, qui est un jeune homme connu des services de police qui refuse de tempérer et qui meurt, d'ailleurs, dans des conditions tout à fait regrettables, il y a eu une minute de silence à l'Assemblée nationale, pour Thomas, jeune homme sans histoire, qui a un casier judiciaire, qui n'a rien demandé à personne et qui meurt dans des conditions tragiques parce qu'il y a des jeunes qui veulent planter du blanc. Là, ça ne justifie pas. Parce que moi, je veux bien, à un moment donné, qu'on me parle, oui, l'enquête n'est pas finie, l'enquête n'est pas finie.
Manifestement, ces gens ont l'air de savoir mieux que tout le monde que les témoins sur place. Ils ont l'air même de mieux savoir que la mère, qui a parlé. Pas plus que vous. Non, mais une fois de plus, c'est les témoins qui parlent qui étaient sur place. Non, mais ce que je trouve extraordinaire, je vais revenir sur un sujet, c'est très intéressant. Donc là, on a une minute de silence pour Naël. Mais de la même manière, parce qu'une fois de plus, ce n'est pas Thomas, c'est tous les Thomas. Le 11 novembre dernier, à Nice, il y a une femme qui s'est fait agresser au couteau, à la gorge, par deux Tunisiens. Personne n'en a parlé, tout le monde s'en fiche.
Cet été, j'ai quelques exemples, peut-être que je pourrais en citer des dizaines. Cet été, on a également plusieurs blessés, dont une femme, d'ailleurs une fois de plus, qui s'est fait agresser au couteau par un Algérien. On se souvient d'Adrien Pérez, également, qui est mort pour rien à la sortie d'une boîte de nuit. On se souvient de Lucas, ce jeune de 15 ans qui est mort, sans que ça n'intéresse non plus personne par un autre jeune de 15 ans. Tous ces cas, si vous voulez, si nous, nous n'en parlons pas, personne n'en parle. Et la réalité, c'est que l'indignation, elle est sélective.
Et que quand on fait une minute de silence pour Naël, et qu'on nous explique que cette députée, sans aucune honte, que rien ne justifie pour l'instant, parce que l'enquête n'est pas finie...
Non, elle semblait quand même la demander.
Mais pardon, ce qui justifie, c'est quand même qu'il y a un jeune homme de 15 ans qui est mort, et ça, je pense que personne ne peut le remettre.
Juste une question, vous venez de dire à l'instant, c'est du racisme anti-blanc, il faut donc le dénoncer. Parfois, je me demande si vous n'avez pas un peu le racisme, l'anti-racisme plutôt, à géométrie variable. Je ne vous ai pas entendu à propos de ce jardinier Mourad attaqué au cutter, au son de Salbounioul, si ma mémoire est bonne. Là, rien.
Pardon, monsieur, mais déjà, on ne parle pas de la même chose. Excusez-moi, mais on a d'un côté une agression par un individu tout à fait condamnable, je n'ai aucun problème à le dire, et de l'autre, un raid meurtrier à 30 personnes qui aboutit à 17 blessés, dont 2 graves et 1 morts. Donc excusez-moi de ne pas avoir tout à fait la même réaction. Si ce jardinier était mort, vous auriez réagi. Excusez-moi, la même réaction. Maintenant, je vous précise une chose. Non, non, c'est ma question. Je vous précise une chose, il y a 120 agressions au couteau par jour dans notre pays. 120 agressions au couteau par jour.
Donc moi, je veux bien que vous me demandiez une réaction sur Mourad, mais j'aurais aimé...
C'est une statistique éprouvée.
Qui est sortie d'un rapport du Sénat, qui a été révélé publiquement par une sénatrice.
D'ailleurs, si vous me permettez, pardon...
Et tous les chiffres, d'ailleurs, du ministère de l'Intérieur...
Pardon de vous interrompre, mais ça me permet de vous poser une question adjacente. Je vous ai entendu répondre à la question que je suis en train de vous poser, que pour un Mourad, il y avait 100 Thomas. Est-ce que vous pouvez juste me dire d'où sort cette statistique ?
Monsieur, alors déjà, laissez-moi répondre simplement sur la première partie.
Non, mais c'est le même sujet.
Oui, c'est le même sujet, si vous voulez. Mais le problème aujourd'hui, c'est que Mourad... Et une fois de plus, l'agression est totalement condamnable. Moi, je n'ai aucun problème là-dessus. Il va avoir 1000 avocats, 1000 politiques, 1000 journalistes pour parler de ce cas et le dénoncer. En l'occurrence, Thomas et les Thomas en général, ce ne sera pas le cas. Vous savez, je viens de vous citer à l'instant un certain nombre de faits divers. À quel moment on s'est indigné sur ces personnes agressées ou plutôt gratuitement ? Pourquoi tu parles plus de Crépaule que de ce genre d'une ? Ah bah, je suis désolée, la preuve, c'est que vous m'interpellez aujourd'hui pour me dire...
Pardon, mais le drame du moment, c'est précisément que toute une série de réponses à politique considère que le seul dont il faut parler, c'est moi. Non, non, pas du tout. Et que toute une série des autres réponses à politique considère que c'est Thomas. Et Laurent, à raison, cette phrase pour un Mourad, il y a 100 Thomas, elle est fondée sur pas grand-chose.
24 heures comme seul angle de dire, mais vous parlez de Thomas, vous n'avez pas parlé de Mourad. Mais moi, je vous pose la question, dans ce cas-là, pourquoi vous demandez à l'ensemble de la classe politique de réagir sur Mourad et sur une agression condamnable, mais vous ne le faites pas, pour tous les cas que je vous ai cités, pour les 120 agressés au couteau par jour. Mais pourquoi considérer que l'un exclut l'autre ? Ne faites pas un parallèle sur deux phénomènes qui ne sont pas aussi graves. Je suis désolée, il y a quand même un point de gravité dans la classe.
Moi, je veux dire, si je devais réagir aujourd'hui sur toutes les agressions au couteau qu'il y a dans ce pays, je n'aurais plus de communication politique. En fait, ce serait une recension funèbre. Vous n'auriez pas fait un fait politique ? Mais j'en aurais fait un fait politique aussi, monsieur, parce que le problème, c'est que c'est l'ensauvagement général. Maintenant, là où j'en parle aussi précisément, parce qu'une fois de plus, ce racisme anti-blanc, personne n'en parle dans la classe politique, c'est tabou.
Parce que la réalité, je vous en ai parlé tout à l'heure, c'est que derrière ce phénomène, moi, je le vois et je le redis fermement, ce qui m'inquiète, c'est que je vois aujourd'hui les prémices d'une guerre ethnique se mettre en place, qui sont les prémices d'une guerre civile. Je ne la souhaite pas, je souhaite justement l'empêcher. Et je vous le dis aujourd'hui, si nous ne traitons pas ce sujet au-delà de la simple question policière, sous l'angle judiciaire, mais aussi sous l'angle migratoire, nous verrons le cas de Crépaule se multiplier par 100 dans les années à venir.
C'est un Français visiblement qui a agressé un autre Français.
Non, excusez-moi, là en l'occurrence, c'est un Français de papier. C'est un Français de papier.
Allez, c'est terminé, c'est terminé, on ne va pas repartir.
C'est terminé. Merci Marion Maréchal.
Marion Maréchal