RUFFIN - "JE SERAI UN DÉPUTE SMICARD" (France 3 Picardie)
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
Moi je serais candidat que s'il y a le soutien des Verts, du Parti communiste et des Insoumis, si on arrivait à faire l'unité à gauche. Donc voilà c'est la condition pour laquelle ça démarre, mais ça veut pas dire que il y a pas déjà...
On était vendredi, on était deux cents personnes, donc certains qui sont membres de partis et la plupart qui sont membres d'aucun parti, mais plus de deux cents personnes déjà rassemblées. On a une liste mail avec des centaines de personnes qui veulent mener la campagne et tout ça, donc on est prêt à mener cette bataille. Mais maintenant je tiens à ce que ça se fasse dans l’unité à gauche.
Il y a le gros du programme, on va pas réinventer, on va lire le programme de Mélenchon, le programme du Parti communiste, des Verts et puis tout ça, il y a des milliers de militants qui ont bossé là-dessus donc on va pas se prendre la tête à réécrire un nouveau programme, je pense que c'est pas ça que les gens attendent, c'est pas ça qui les convainc parce que des belles promesses, des programmes tout nouveau tout beau, les gens en entendent tous les cinq ans. Donc moi je vais dire autre chose, je vais dire déjà, il y a les mesure que je peux m'appliquer à moi-même. Et ça, c'est un mandat révocable, c'est à dire que si il y a 15 % des électeurs qui considèrent que je fais pas mon boulot quand je suis à l'assemblée nationale : ils pétitionnent, je démissionne, il y a une nouvelle élection.
Ça fait des années, des décennies que les députés s'appliquent à mettre en place la précarité sur le CDI, sur les CDD, sur tout ça, et ben que cette précarité soit déjà appliquée à eux même. Donc voilà je serai un député précaire et révocable. Une autre mesure ça veut dire, bah voilà, je serai au SMIC, les gens qui sont à Fakir sont payés au salaire minimum de la Convention collective des journalistes.
C'est 1180 euros et tout ça, bon ben voilà je m'appliquerai le même tarif en étant député. Parce que vous savez c'est souvent des gens qui gagnent des milliers d'euros, ça peut aller jusqu'à 5 000, c'est plus de 5 000 euros pour un député mais comme les mandats sont encore cumulables ça peut monter jusqu'à 7500 euros - qui décident de geler les salaires, de geler le SMIC, que les français sont trop payés, qu'il faut être plus compétitifs et ainsi de suite. Qu’on applique ce tarif-là à nous-mêmes, que les députés se l'appliquent à eux même et puis on verra.
Puis la troisième mesure du même registre, c'est la gestion des réserves parlementaires, je crois qu'il y a aux alentours de 140 000 mille euros qui sont donnés aux députés chaque année pour qu'ils les redistribuent, en général ça sert au clientélisme, c'est à dire à donner à des associations qui inviteront à voter pour vous et ainsi de suite. Bon et bien là ce sera un jury de citoyens tirés au sort qui géreront ces réserves parlementaires et qui décideront qu'est-ce qui est le plus utile sur la circonscription. C'est déjà trois mesures que je peux dire que je m'appliquerai à moi-même aussitôt élu et sans avoir forcément la majorité au Parlement.
En ce moment, il y a la bataille des auxiliaires de vie sociale sur la Somme parce que leur revenu va baisser de 30 % alors qu’elles sont encore la profession la moins payée de France, et ça, ce sont des gens qui gagne encore des milliers et des milliers d'euros, président du Conseil de département et ainsi de suite, ils trouvent qu'elles sont payées trop cher. Et ben nous on va, les écoutant par exemple, porter l'idée d'un service public national de la dépendance, c'est à dire tous les vieux qui font appel, toutes les personnes âgées, les handicapés qui font appel à des auxiliaires de vie, ben se sera plus au cas par cas, département par département avec des gestions… avec des bouts de scotch à la bonne franquette, non ! On proposera qu'il y ait un service public national de la dépendance, mais donc en s'appuyant sur les difficultés que rencontrent concrètement les gens quoi.
Pareil sur… s'il y a une association qui est mobilisée sur le rail, la liaison Amiens-Paris, qui est souvent catastrophique, ou la disparition des gares, on soutiendra les associations qui sont mobilisées, et on proposera des modifications du rapport entre le rail et la route et ainsi de suite, mais en s'ancrant là - sur ces quelques mesures - sur des collectifs qui se bougent le cul quoi. Puis alors ça fait 17 ans ans que je fais le journal Fakir, et ça fait 17 ans que j'enquête et que je recueille des témoignages, le témoignage des gens quoi, et à partir de là que je réfléchis à qu'est-ce qu'on pourrait mettre en place comme mesure sur les auxiliaires de vie sociale dernièrement mais notamment sur l'industrie. Faut voir dans quelle région on se trouve !
Moi j'ai lancé Fakir, c'était sur la délocalisation Yoplait, ensuite y a eu Magneti Marelli, y a eu Honeywell, y eu les chips Flodor - même les chips Flodor quittaient la Picardie - là dernièrement c'est Goodyear ou encore Bigard, bon, et face à tout ça, est-ce que vous avez le sentiment que les députés sont révoltés et qu'ils mettent en place des mesures par exemple de taxe frontière, de barrière douanière, de quota d'importation pour dire de défendre l'emploi industriel chez nous ? Non j'ai pas ce sentiment-là ! Là notre truc, on vient de dissoudre la région Picardie donc pour se lier à ce truc qui n'a pas de sens, complétement ridicule qui s'appelle Hauts-de-France quoi, toutes les décisions vont désormais se prendre depuis Lille, est-ce que vous croyez que les gens sont contents ?
Mais est-ce que vous sentez nos députés révoltés ? Non seulement ils ne sont pas révoltés mais ils ont voté pour cette mesure. Donc voilà, je pense qu'il y a un certain nombre de choses qu'on peut... sur lesquelles...
C'est le personnage de Lafleur quoi, il s'agit de leur botter le cul hein, Lafleur né au moment de la Révolution et qui distribue des coups de pied au cul du procureur qui se trouve là-bas, qui distribue des coups de pied au cul de son propriétaire qui est ici, ou aux culs des gendarmes quoi, donc voilà, y a une nécessité d'avoir à l'Assemblée des gens qui viennent parler un peu plus fort, et dire leur mécontentement. Et distribuer des coups de pied au cul, fussent-ils symboliques. Je suis assez fier parce que c'est Maurice Kriegel-Valrimont qui est le libérateur, l'homme qui fait prisonnier le général Von Choltitz commandant du Groß Paris en aout 1944, donc l'un des chefs de la résistance qui... dont j'ai reçu ce bureau.
Donc qui a été député ensuite à la libération, et qui a mis en place pas mal de loi, sur la sécurité sociale, sur la liberté de la presse au moment de la libération. Donc c'est une fierté en effet d'avoir le bureau de Maurice Kriegel-Valrimont qui fut un honnête homme quoi.
François Ruffin