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Discours / meetingJean-Luc Mélenchon (sur YouTube)· 3 février 2021 9 minAutoproduitActualité / polémiqueInstitutions & électionsSolidarités & familleJusticeImmigration & asile

Pour la paix civile : pas de guerres de religions !

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 60 %Attaque 30 %Défensif 10 %

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:45Locuteur 1Fait
    « La "racisation" est une manière de dénoncer comment, à travers les archétypes racistes, se construisent des discriminations et des assignations identitaires. »
  • 3:30Locuteur 1Fait
    « Porter un voile sur sa tête n'a jamais agressé personne. »

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

Je voudrais au moins me rendre utile à notre débat en donnant une ou deux précisions, parce que sinon, comme l'a dit Marie-George Buffet, non seulement on ne voit pas le rapport entre les concepts que vous dénoncez et les amendements que vous présentez mais surtout on pourrait croire qu'en effet il y aurait une théorie de l'indigénisme une théorie de la racialisation une théorie de l'intersectionnalité, comme hier encore on parlait d'une théorie du genre et que ces idées mettraient en cause l'équilibre de nos institutions, d'abord… …les idées sont des idées. Mais je voudrais quand même préciser les choses il n'y a jamais une théorie du genre. Il y a des outils de sociologie, d'art de ce que vous voulez, qui essayent d'expliquer que le genre est une construction culturelle et c'est donc le rôle normal des universitaires que de s'interroger sur la façon avec laquelle sont produits des archétypes.

De la même manière, craindre l'intersectionnalisme me fait rire parce que ce n'est rien d'autre que d'analyser comment différentes formes de discriminations peuvent s'additionner, il faut donc pour ça, les analyser, les identifier, puis montrer les mécanismes de leurs combinaisons. C'est un travail intellectuel il ne date pas d'aujourd'hui. Lisez Frantz Fanon et vous en saurez définitivement beaucoup sur l'empilement des choses, mais oui !

De la même manière, ce que l'on appelle la "racisation" est une manière de dénoncer comment, à travers les archétypes racistes, se construisent des discriminations et des assignations identitaires. Alors celui-ci aurait le rythme dans la peau, l'autre aurait je ne sais quoi, enfin vous connaissez tout ça aussi bien que moi. C'est ça l’intersectionnalité, c'est analyser comment des discriminations s'additionnent, et repérer ses parties de la population pour qui elles s'additionnent radicalement, en général ce sont les femmes, comme toujours.

De la même manière l'indigénisme est une théorie qui essaye d'introduire en politique, la place singulière des indigènes, à l'intérieur des sociétés, auxquelles ils ne reconnaissent de leur côté aucun droit et à l’inverse, à ces sociétés qui considèrent que leurs coutumes sont absolument étrangères au droit positif habituel, comment combine-t-on ça, c'est un vrai défi. Mais pas en France il n'y a pas d'indigènes. La question est posée dans toute l'Amérique latine par conséquent il y à un débat. [Brouhaha] Ceux qui disent qu'il y a… …Écoutez collègues arrêtez de hurler, j'essaye d'expliquer !

Vous prendrez la parole, vous parlerez après, mais respectez ! J'expose des arguments ! Les indigénistes donc sont ceux qui pensent qu'il y à des indigènes en France, ce que pour ma part je ne crois pas et que je combats parce que c'est une idée absurde qui nous ferait reculer.

Mais dans tous ces domaines c'est une bataille d'idées… Qu'on ne supporte pas le voile, mais je le comprends parfaitement. La question qui nous est posée n'est pas de savoir si nous le supportons mais de savoir comment la loi peut, par son action séparer, tout en garantissant la liberté de conscience ce qui relève du droit le plus intime la liberté de conscience et la foi, et le droit commun. Nous sommes je crois dans cet hémicycle dorénavant, immensément majoritaires à distinguer ceux qui font fonctionner le service public et qui par leur comportement leur habillement, je dis bien aussi leur comportement, ne doivent rien faire qui paraisse donner un signal aux usagers du service public, qui les humilie.

Pourquoi humilier ? Parce que toute religion est une hérésie pour l'autre ! Et par conséquent ceux qui sont les plus fondamentalement croyants n'ont nullement l'intention de montrer qu'ils se soumettent à quelqu'un.

Ça c'est pour le service, et puis après il y a les usagers. Collègues, si vous enlevez cette limite-là mais après, où on va aller ? On va aller d'une idée à l'autre d'une idée à l'autre, interdire et faire.

Vous excipez de ceux qui dans certains pays celles qui sont obligées de mettre un voile et qui si elles ne le mettent pas vont en prison. Mais vous avez mille fois raison de dénoncer ça, mais précisément on veut faire le contraire. C'est-à-dire ne mettre en prison personne à cause de son habillement et laisser à chacun la liberté de s'habiller d'une manière ou d'une autre.

Si une manière de s'habiller contrarie et bien on milite et c'est à ceux qui militent d'expliquer de convaincre, et pour finir d'emporter non pas la contrainte, mais l'adhésion. Parce que porter un voile sur sa tête n'a jamais agressé personne. La loi par rapport à la religion, n'interdit que des pratiques qui mettent en cause l'individu… [Brouhaha] …qui mettent en cause… …La loi ne peut punir que des actes, pas des opinions.

La seule opinion qui est condamnée dans notre pays, et nous déclarons que ce n'est pas une opinion, c'est le racisme. Maintenant j'espère avoir contribué au moins à éclairer ce que sont des termes, qui sinon peuvent passer dans la confusion. Puisque vous parlez du voile, alors je pense qu'un collègue a tout à fait le droit de donner comme exemple, quelque chose qu'il connaît de près, bien sûr que la loi ne traite pas d'une addition de cas particuliers.

Mais madame Genevard nous vous estimons assez pour savoir que vous ne serez pas indifférente à ce qu'on vous dise que des millions de gens se sentent humiliés par le fait qu'on les interpelle. Pour ma part je n'aurais jamais été dire à ma grand-mère de ne pas mettre le voile qu'elle mettait sur la tête, parce qu'à cette époque-là elle mettait un voile sur la tête, et une femme en cheveux eh bien c'était mal vu ! Alors évidemment ça peut porter à sourire aujourd'hui mais moi je n'aurais pas eu le front d'aller lui dire : "Enlève-toi ça de la tête pour être libérée et je ne sais quoi.

Donc que le voile… [Brouhaha dans l’hémicycle] Non mais je ne vous dirai pas que vous avez tort. Hier madame Ménard a dit qu'elle connaissait assez bien la religion catholique pour pouvoir en parler, je n'en disconviens pas puisque même dans sa mairie, ils mettent des crèches ! Ce qui est un signe de laïcité assez évident pour tous ceux qui passent par là.

Mais enfin bon pourquoi pas… Mais madame c'est la seule religion dans laquelle le père fondateur Saint-Paul… , …dit qu'il faut se voiler pour marquer la soumission de la femme à l'homme. C'est dans l'église catholique ! Tertullien, qui est celui qui va faire le plus avancer l'idée de trinité, dit : "Ne pas se voiler c'est se prostituer".

Heureusement l'église n'en est plus là ! Mais quand même au moins, je vous mets au défi de trouver un seul tableau une seule peinture où vous verrez la mère du Christ sans un voile sur la tête, ou celles qui étaient avec. Alors de grâce évitons-nous d'absurdes guerres de religions.

Et je voudrais vous dire que si telle a été l'évolution de l'église catholique… Si telle est l'évolution… J'ai connu moi, dans mon jeune temps les anticléricaux comme moi, aller narguer celles qui portaient des soutanes ou ceux qui portaient des soutanes. Et bien je vais vous dire, je ne le fais plus et je n'ai plus envie de le faire, ce qui contrarie parfois certains camarades. Parce que depuis que j'ai vu des hommes et des femmes avec des soutanes, mourir avec les miens, que ce soit en Argentine où que ce soit dans n'importe quel autre pays d'Amérique latine je n'ai plus envie de rire d'eux.

Et je salue leurs martyres aux côtés de la lutte du peuple. Alors il faut faire la part des choses. La part des choses c'est de partir d'une certaine tendresse pour la vie, comprendre que bien sûr il y a des militants… …Mon dieu comme la France a changé, voyez-même l'expression que j'emploie, comme la France a changé !

A Pâques dernier je me trouvais à mon bistrot, avec le patron qui est un bon musulman, et nous regardions dans la rue voilà des types qui descendent, c'était un vendredi, Ils avaient les chaussettes remontées jusqu'aux genoux, ceux-là c'étaient les salafistes. Alors on était là, les bras ballants à dire : "Ah là là, quelle comédie" ! Là-dessus, arrive un autre cortège dans l'autre sens qui portait une croix sur le dos, c'étaient des évangélistes.

Ah ça, la France a changé, c'est certain. Est-ce que nous allons régler ce type de problème par des brutalités ? Non !

Qu'il y ait une volonté de l'islamisme politique de subvertir les institutions, bien sûr que c'est vrai. La question qui est posée c'est de savoir comment on les combat. Et pour les combattre on ne leur donne pas la victoire, d'être eux, les représentants de tous ceux qui croient en faisant comme si tous ceux qui croient sont des suppôts de l'islamisme parce que ça n'est pas vrai.

C'est absurde, et les 3/4 des gens qui sont dans cette situation s'en défendraient. J'ajoute, collègues, que des fois, c'est un peu… Comment dire… difficile à avaler. Quand on se souvient de ce qu'ont été les solidarités mutuelles, lorsque les nôtres se battaient contre les islamistes, que ce soit en Algérie ou en Tunisie.

Et je voudrais vous rappeler que ceux qui ont été tués, l'ont été par les islamistes politiques et que c'était bien souvent des nôtres et qui se sentaient bien seuls. Je n'en fais le reproche à personne, mais je demande qu'à l'inverse, on ait l'honnêteté de ne pas transformer en suppôts de causes qu'ils ont toujours combattues, des gens qui ici, comme moi, comme d'autres sur d'autres bancs, plaident pour la paix civile parce que ce qui est en cause c'est la possibilité que nous gardions dans ce pays la paix civile. Tant qu'on est vivant, tant qu'on se parle tant qu'on se dispute, il y a un espoir pour la République.

S'il ne reste plus que la prison et la police c'est fini !