Intervention de Stéphane Ravier sur notre engagement militaire en Irak (13/01/2015)
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Chapitres
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Affirmations vérifiables (citations exactes)
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« notre pays est en guerre. »
- 0:49Invité politiqueFait
« Son ennemi a un nom, le terrorisme islamiste, qui est l'instrument du djihad. »
- 0:54Invité politiqueFait
« Les terroristes ont clairement revendiqué leur filiation avec Al-Qaïda et l'État islamique, qui contrôle de vastes territoires à cheval sur la Syrie et l'Irak. »
- 1:31Invité politiqueFait
« les responsabilités écrasantes qui sont les vôtres et celles de vos prédécesseurs de l'UMP dans la situation actuelle. »
- 1:42Invité politiqueFait
« Qui a laissé notre pays devenir une place forte des djihadistes en abdiquant tout contrôle sérieux de nos frontières et en laissant les imams les plus radicaux fomenter la haine dans nos quartiers ? »
- 1:51Invité politiqueFait
« Qui a défilé dimanche dernier à Paris aux côtés de représentants des pays du Golfe qui abritent les sponsors du djihad mondial ou encore la Turquie de Recep Erdogan, alliés objectifs de l'État islamique par peur de l'autonomisme kurde ? »
- 2:21Invité politiqueFait
« Nous seuls avions prédit avec Marine Le Pen que la stratégie atlantiste des changements de régime que vous avez appelé « printemps arabes » déboucheraient inévitablement sur des hivers islamistes. »
- 3:24Invité politiqueChiffre
« au moyen d'une quinzaine d'avions de combat et de deux bâtiments de la Marine nationale. »
- 3:31Invité politiqueChiffre
« le porte-avions Charles de Gaulle doit quitter Toulon cette semaine et vous avez annoncé le 17 décembre dernier devant la Commission des affaires étrangères des forces armées du Sénat l'envoi de 120 soldats français aux côtés des forces de sécurité irakiennes et kurdes. »
- 3:42Invité politiqueFait
« Cela fait de nous le deuxième contributeur à la coalition devant les Britanniques, ces mêmes Britanniques qui, en intervenant en 2003 aux côtés des États-Unis, portent une lourde responsabilité dans la déstabilisation de cette région. »
- 4:03Invité politiquePromesse
« Nous voterons donc pour la prolongation de notre intervention, mais nous pensons qu'il faut aller plus loin si nous voulons non seulement honorer notre rôle multiséculaire de protecteur des chrétiens d'Orient, mais aussi tout simplement protéger les Français en France. »
- 4:52Invité politiqueChiffre
« Avec le déploiement de 10 000 hommes sur notre sol, la France est aujourd'hui notre premier théâtre d'opération. »
- 5:03Invité politiqueFait
« Vous devez exiger de la Turquie qu'elle soit enfin claire dans son appui contre l'État islamique au lieu de l'utiliser contre les Kurdes. »
- 5:10Invité politiqueFait
« Vous devez tirer toutes les conséquences de la continuité territoriale entre la Syrie et l'Irak, qui constitue une vaste bande incontrôlable où l'État islamique prospère sur fond de trafic. »
- 5:53Invité politiquePromesse
« Il est donc urgent et légitime de prolonger notre intervention en Irak, mais aussi d'agir en Syrie et de monter en puissance jusqu'à ce que cette région ne soit plus un sanctuaire et un camp d'entraînement géant pour ces djihadistes qui nous ont si durement frappés dans notre chair. »
Temps de parole
- Stéphane Ravier92 %
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La parole est maintenant à M. Stéphane Ravier, non inscrit. Vous avez la parole.
Oui, M. le Président, si vous me le permettez, avant d'entamer mon propos, je voudrais saluer la mémoire d'un jeune lycéen de 16 ans, Michael, à Saturian, qui a été sauvagement et mortellement poignardé à Marseille alors qu'il sortait de son lycée. Je voudrais lui présenter à lui, à sa famille, à ses proches, mes plus sincères condoléances. M. le Président, M. le Ministre, mes chers collègues, notre pays est en guerre. Son ennemi a un nom, le terrorisme islamiste, qui est l'instrument du djihad. Il y a moins d'une semaine, le terrorisme islamiste a frappé notre pays en plein cœur.
Les terroristes ont clairement revendiqué leur filiation avec Al-Qaïda et l'État islamique, qui contrôle de vastes territoires à cheval sur la Syrie et l'Irak. Plus que jamais, aujourd'hui, la peur doit changer de camp, et pour cela, nous devons, à notre tour, aller frapper au cœur de l'épicentre de la terreur. Parler de notre intervention en Irak, c'est parler de la France, car nul ne peut plus nier que la menace soit devenue intérieure et que cette menace ait la même origine ici et là-bas. Mais en préambule, je ne saurais décemment passer sous silence les responsabilités écrasantes qui sont les vôtres et celles de vos prédécesseurs de l'UMP dans la situation actuelle.
En effet, qui a laissé notre pays devenir une place forte des djihadistes en abdiquant tout contrôle sérieux de nos frontières et en laissant les imams les plus radicaux fomenter la haine dans nos quartiers ? C'est vous ! Qui a défilé dimanche dernier à Paris aux côtés de représentants des pays du Golfe qui abritent les sponsors du djihad mondial ou encore la Turquie de Recep Erdogan, alliés objectifs de l'État islamique par peur de l'autonomisme kurde ? C'est encore vous !
Qui a fait le lit de l'islamisme le plus violent en déstabilisant tout le Proche-Orient au nom de faux prophètes médiatiques, les chevaux au vent et de leur idéologie mondialiste à l'opposé de toutes les réalités locales ? C'est encore vous ! Nous seuls avions prédit avec Marine Le Pen que la stratégie atlantiste des changements de régime que vous avez appelé « printemps arabes » déboucheraient inévitablement sur des hivers islamistes. Non pas que les régimes autoritaires à leur emploi fussent des parangons de vertus politiques, mais ils étaient préférables au chaos et à la violence fanatique qui les ont remplacés.
Préférables même aux régimes que vous soutenez toujours dans la péninsule arabique. Ces financeurs du djihad ont largement contribué à plonger la Syrie et l'Irak dans la situation actuelle. C'est à partir de la Syrie où vous l'avez laissé prospérer contre le régime que l'État islamique a pu mettre la main sur des pas entiers de l'Irak. Dans ces régions, ils pratiquent un véritable génocide des chrétiens d'Orient et d'autres minorités. Ce génocide, mes chers confrères, mes chers collègues, vous ne pourrez pas dire que vous ne le saviez pas et que vous ne le connaissiez pas. Face à cela, qu'aurions-nous fait aux yeux de l'histoire ?
Nous intervenons en appui des forces irakiennes et kurdes au moyen d'une quinzaine d'avions de combat et de deux bâtiments de la Marine nationale. Le porte-avions Charles de Gaulle doit quitter Toulon cette semaine et vous avez annoncé le 17 décembre dernier devant la Commission des affaires étrangères des forces armées du Sénat l'envoi de 120 soldats français aux côtés des forces de sécurité irakiennes et kurdes. Cela fait de nous le deuxième contributeur à la coalition devant les Britanniques, ces mêmes Britanniques qui, en intervenant en 2003 aux côtés des États-Unis, portent une lourde responsabilité dans la déstabilisation de cette région.
Toutefois, le poids militaire de cette coalition reste relativement mesuré et ses forces n'arrivent toujours pas à stopper l'armée djihadiste de Daesh. Nous voterons donc pour la prolongation de notre intervention, mais nous pensons qu'il faut aller plus loin si nous voulons non seulement honorer notre rôle multiséculaire de protecteur des chrétiens d'Orient, mais aussi tout simplement protéger les Français en France. La priorité pour notre pays est d'éliminer ce cancer de l'islamisme armé et ces métastases qui s'étendent jusque sur notre sol et de permettre ainsi aux populations déplacées de revenir chez elles vivre en paix.
Je n'ignore pas que les modalités d'intervention relèvent de l'exécutif, mais pour être efficace, vous allez devoir revenir sur certains de vos choix qui ont eu des conséquences gravissimes. Vous devez de toute urgence cesser de dépouiller nos armées de leurs moyens humains et financiers. Vous leur demandez toujours plus avec toujours moins de moyens, non seulement en opération extérieure, mais aussi désormais sur le territoire national. Avec le déploiement de 10 000 hommes sur notre sol, la France est aujourd'hui notre premier théâtre d'opération. Vous l'avez dit vous-même, il s'agit d'une véritable opération intérieure sans précédent.
Vous devez exiger de la Turquie qu'elle soit enfin claire dans son appui contre l'État islamique au lieu de l'utiliser contre les Kurdes. Vous devez tirer toutes les conséquences de la continuité territoriale entre la Syrie et l'Irak, qui constitue une vaste bande incontrôlable où l'État islamique prospère sur fond de trafic. Vous devez enfin également reprendre un dialogue soutenu avec le régime syrien, non pas pour le sanctifier ou l'absoudre, mais tout simplement pour réduire notre ennemi premier, qui est un ennemi commun. Enfin, ce dialogue impliquant les autres grandes puissances, comme les États-Unis et la Russie, doit prendre en compte les spécificités régionales.
De grâce, cessons de vouloir dupliquer nos propres institutions et faisons enfin preuve de réalisme dans des pays qui n'ont pas les mêmes traditions politiques que les nôtres. Il est donc urgent et légitime de prolonger notre intervention en Irak, mais aussi d'agir en Syrie et de monter en puissance jusqu'à ce que cette région ne soit plus un sanctuaire et un camp d'entraînement géant pour ces djihadistes qui nous ont si durement frappés dans notre chair.
La parole est maintenant à notre collègue Emery de Montessio, M. le Président Béry-Debas. Merci.
Stéphane Ravier