Aller au contenu
Pourquijevote
Tous les transcripts
Interviewfranceinfo — 8h30 franceinfo (sur Site radio)· 27 octobre 2020 25 minContradictoireActualité / polémiqueSantéTravail & emploiÉconomie & entreprisesInstitutions & élections

Réforme de l'assurance chômage, caricatures de Mahomet... le "8h30 franceinfo" d'Élisabeth Borne

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 65 %Attaque 10 %Défensif 25 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 84 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:21OuverteRéponse directe

    On y va tout droit à ce nouveau reconfinement ?

  • 0:47FerméeRéponse partielle

    Est-ce que vous nous confirmez que l'hypothèse d'un confinement le week-end fait bien partie des scénarios à l'étude ?

  • 2:29OuverteRéponse directe

    Le confinement version 2 sera-t-il différent de celui du printemps ?

  • 3:00OuverteRéponse directe

    Ce protocole sanitaire dans les entreprises va-t-il être modifié face à l'envolée des cas positifs ?

  • 4:28RelanceRéponse partielle

    Justement, vous venez d'en parler sur les cas contacts selon Jean-François Delfraissy : comment gérer 1 million de cas contacts par jour ?

  • 5:37OuverteRéponse directe

    Cette règle des cas contacts est-elle globalement respectée en France ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 1:00Invité politiqueChiffre
    « Plus de 50% des lits de réanimation sont occupés. »
  • 3:23Invité politiqueFait
    « Dès cet été, au cœur du mois d'août, on a eu un avis du Haut Conseil de la Santé publique qui nous disait qu'il fallait porter le masque dans les espaces clos et partagés. »
  • 3:37Invité politiqueFait
    « Dès le 1er septembre, on a mis en place un nouveau protocole avec le port systématique du masque dans les espaces de travail partagés. »
  • 3:55Invité politiqueChiffre
    « Il y a eu près de 55 000 interventions en entreprise. Il y a eu 300 mises en demeure pour non-respect du protocole. »
  • 11:18Invité politiqueChiffre
    « Dès le mois de juillet, on a présenté un plan massif, un jeune, une solution. C'est 6,7 milliards d'euros. »
  • 11:33Invité politiqueChiffre
    « 4 000 euros quand on embauche un jeune de moins de 26 ans en CDD de plus de 3 mois ou en CDI. »
  • 12:29Invité politiqueChiffre
    « On a eu près de 700 000 embauches de jeunes en CDD de plus de 3 mois ou en CDI. »
  • 12:55Invité politiqueChiffre
    « On a 314 000 contrats qui ont été signés à date depuis le début de l'année. On en a eu 350 000 sur toute l'année 2019. »
  • 14:43Invité politiquePromesse
    « L'État va prendre en charge la rémunération et la formation du salarié qui veut bien changer de métier pour payer à 100% pour les petites entreprises de moins de 300 salariés. »
  • 16:01Invité politiqueFait
    « On sait que la France est championne d'Europe des contrats courts. »
  • 16:41Invité politiqueFait
    « On a annoncé ce report de trois mois supplémentaires pour avoir le temps de discuter des paramètres avec les partenaires sociaux. »
  • 22:04Invité politiqueFait
    « On a annoncé aux partenaires sociaux de nommer deux personnalités qui pourront les rencontrer dès la semaine prochaine. »
  • 23:14Invité politiqueFait
    « Sur les aides à domicile, d'abord il y a une revalorisation qui est prévue dans le projet de loi de financement de la sécurité sociale. »

Temps de parole

  • Élisabeth Borne63 %
  • Présentateur17 %
  • Invité10 %
  • Invité 27 %

1,6 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:01
Présentateur

France Info. Bonjour Elisabeth Borne. Bonjour. La situation est critique, c'est le mot qu'a utilisé hier le président du Conseil scientifique Jean-François Delfraissy. Emmanuel Macron va réunir ce matin à l'Elysée un nouveau Conseil de défense. Il y en aura un second demain matin. Entre temps, Jean Castex, le Premier ministre, va lui consulter les partenaires sociaux. On y va tout droit à ce nouveau reconfinement ?

0:24
Élisabeth Borne

Écoutez, comme vous l'avez dit, la situation est grave et donc elle va nous amener rapidement à prendre des nouvelles mesures. Il y a plusieurs scénarios sur la table et donc on aura l'occasion d'en parler tout à l'heure en Conseil de défense. Et puis comme vous l'avez dit, on consultera les forces politiques et les partenaires sociaux. Je pense que c'est important quand on a des décisions difficiles à prendre, de pouvoir avoir ces échanges avec les forces politiques et les partenaires sociaux.

0:47
Présentateur

Est-ce que vous nous confirmez que l'hypothèse d'un confinement le week-end, c'est-à-dire interdiction de sortie en gros du vendredi soir au lundi matin, fait bien partie des scénarios qui sont aujourd'hui à l'étude ?

0:56
Élisabeth Borne

À ce stade, on ne peut évidemment rien exclure compte tenu de la gravité de la situation. Vous avez vu que plus de 50% des lits de réanimation sont occupés. Si l'épidémie se poursuit sur les tendances actuelles, on arrivera rapidement à saturation des capacités. Et donc il faut des mesures fortes pour casser la dynamique de l'épidémie. On aura l'occasion d'échanger sur les différents scénarios en Conseil de défense. Mais là, il n'y a pas une piste qui prend le pas sur toutes les autres ? Il y a un Conseil de défense pour regarder ces différentes pistes.

1:25
Invité

Madame Bornière, vous avez participé à la conférence du dialogue social organisée par le Premier ministre avec les partenaires sociaux. Évidemment, la crise sanitaire était au menu des discussions. Écoutez ce qu'a dit le président du MEDEF, Geoffroy Roux-de-Bézieux, à la sortie. Il faut trouver le bon curseur entre économie et santé. Si on revient à un confinement sur le modèle de Mars, on risque à l'écroulement de l'économie. Donc c'est ce curseur difficile que le gouvernement doit déterminer en discussion, évidemment avec le monde médical, avec le Conseil scientifique, avec le Haut Conseil pour la santé publique, mais aussi avec les partenaires sociaux.

Il faut un confinement, oui, mais différent.

2:05
Élisabeth Borne

Écoutez, de toute façon, on n'est plus en mars. Vous savez que depuis, tous les secteurs ont défini des protocoles très stricts qui n'existaient pas en mars. Et donc ça veut dire que, quelle que soit la solution qui sera retenue, la plupart des secteurs économiques peuvent continuer à tourner, compte tenu de ces protocoles sanitaires très stricts. Et c'est important pour notre économie et pour nos emplois.

2:29
Présentateur

Le confinement, version 2, celui qui sera peut-être annoncé dans les heures qui viennent, sera différent de celui du printemps, plus souple, peut-être plus de dérogation pour les entreprises ?

2:38
Élisabeth Borne

Enfin, ce que je vous dis, c'est que de toute façon, les entreprises ont désormais des protocoles. Par exemple, si on prend le bâtiment et les travaux publics, vous savez qu'ils s'étaient fortement arrêtés. Il n'était pas interdit et pourtant, il s'était fortement arrêté. Parce que précisément, il fallait du temps pour définir un protocole. Maintenant, ce protocole, il existe, donc ça permet de poursuivre l'activité.

3:00
Présentateur

Ce protocole sanitaire, justement, dans les entreprises aujourd'hui, face à l'envolée du nombre de cas positifs, est-ce que vous allez le modifier encore ?

3:07
Élisabeth Borne

Ce protocole, il est appelé à évoluer en fonction de l'évolution de la situation sanitaire.

3:13
Présentateur

C'est l'un des sujets qui sera abordé encore lors du Conseil de défense ?

3:16
Élisabeth Borne

Par exemple, sur le télétravail. Mais je pense que c'est important. Moi, j'ai visité beaucoup d'entreprises qui appliquent ce protocole très strict. Je vous rappelle que dès cet été, au cœur du mois d'août, on a eu un avis du Haut Conseil de la Santé publique qui nous disait qu'il fallait porter le masque dans les espaces clos et partagés. Dès le 1er septembre, on a mis en place un nouveau protocole avec le port systématique du masque dans les espaces de travail partagés. Ce qu'on constate, dans toutes les entreprises qui appliquent ce protocole, c'est qu'il n'y a pas de chaîne de contamination. Donc c'est un protocole qui est efficace et qui est par ailleurs très bien appliqué.

L'inspection du travail est très présente dans les entreprises. Il y a eu près de 55 000 interventions en entreprise. Il y a eu 300 mises en demeure pour non-respect du protocole.

4:02
Invité

Donc il n'y a pas de raison de le modifier dans l'immédiat, le protocole ?

4:04
Élisabeth Borne

Dans ces grandes lignes, il est efficace, je vous le dis. Ensuite, il faudra qu'on regarde les sujets de télétravail notamment. Même si on est bien protégé dans son entreprise, c'est important dans le contexte actuel de l'épidémie d'éviter les déplacements, d'éviter aussi les contacts qu'on peut avoir en marge de son travail. Donc je pense que c'est important d'aller à fond sur le télétravail pour les postes qui peuvent être télétravaillés.

4:28
Invité

Justement, vous venez d'en parler sur les cas contacts selon Jean-François Delphrécy, donc le président du Conseil scientifique. Le nombre réel de nouveaux cas par jour est de 100 000. En fait, il suffit que ces personnes aient croisé 10 personnes. Imaginons ça. Si on fait un calcul simple, on obtient 1 million de cas contacts par jour qui doivent donc s'isoler. On fait comment ? On les envoie quand même au travail, ces gens ?

4:49
Élisabeth Borne

Alors vous savez que si vous respectez les gestes barrières, vous n'êtes pas cas contacts. Si vous êtes à une bonne distance d'une personne qui a le Covid, mais que vous êtes donc à bonne distance et que vous avez votre masque, vous n'êtes pas un cas contact. Donc je pense que la règle, elle est simple. Elle est de bien appliquer les gestes barrières et de porter systématiquement le masque quand on est dans un espace où on n'est pas tout seul.

5:10
Invité

On ne change pas la règle des cas contacts en entreprise ?

5:13
Élisabeth Borne

Cette règle, elle est précise. Elle a été expliquée dans un question-réponse de la Direction Générale du Travail. On est convenu avec les partenaires sociaux d'avoir une fiche de synthèse pour bien expliquer les règles quand il y a quelqu'un qui a des symptômes en entreprise. Et puis ces règles des cas contacts, vous savez que si vous êtes pour le coup cas contacts, vous devez vous isoler pendant 7 jours et vous êtes pris en charge avec des arrêts de travail.

5:37
Présentateur

Cette règle, elle est respectée aujourd'hui globalement en France ?

5:40
Élisabeth Borne

Moi, je pense que cette règle, elle est respectée.

5:42
Présentateur

Il n'y a pas des gens qui peuvent être tentés d'aller travailler quand même pour ne pas perdre une journée de salaire, notamment la journée de carence ?

5:47
Élisabeth Borne

Je ne sais pas s'il y a des gens qui peuvent être tentés de le faire. En tout cas, ça n'est pas ce qu'il faut faire. Je pense que c'est important qu'on se dise qu'on est tous aussi responsables dans la période que l'on connaît. Il faut appliquer les gestes barrières. Quand on a des symptômes, il faut rester chez soi. Quand on n'est cas contact, il faut s'isoler. Mais je le redis, quand vous appliquez des gestes barrières, que vous restez à une distance suffisante des autres et que vous portez votre masque, dans ce cas-là, vous n'êtes pas qu'à contact.

6:11
Présentateur

Sur la question du télétravail qu'on abordait il y a quelques instants, Elisabeth Berndt, je voudrais vous faire entendre ce que disait hier le professeur Eric Caume, le chef du service des maladies infectieuses à la Pitié-Salpêtrière à Paris, qui était à votre place.

6:22
Invité

Il y a un vrai flottement sur le télétravail. Moi, je pense qu'on n'aurait jamais dû arrêter le télétravail, notamment inciter des gens à abandonner le télétravail à la reprise après les vacances en septembre. Je pense que ça a été une erreur. Il faut rester au télétravail le plus possible. C'est un outil de lutte contre l'épidémie.

6:37
Présentateur

À la fin du mois de septembre, c'est une étude de la Dares qui nous l'a appris hier, seulement 12% des salariés du privé... Elle ne dit pas ça, l'étude de la Dares. Attendez, je n'ai pas fini. Non, je réagis. 12% des salariés du privé ont passé au moins une journée dans leur semaine en télétravail. Ce n'est pas ça qu'elle dit ? Non, elle ne dit pas ça. Alors, allez-y.

6:53
Élisabeth Borne

Elle dit que... Moi, j'ai fini ma phrase. Elle dit que 12% des heures de travail ont été passées en télétravail. Ça veut dire que si on télétravaille 2 jours par semaine, c'est 30% des salariés qui étaient en télétravail.

7:06
Présentateur

Et ça veut dire, si je prends le chiffre à l'envers, que 88% des heures de travail ont été effectuées au bureau, à l'usine, en présentiel. Comme on dit, est-ce que ce chiffre a vocation à baisser dans les mois qui viennent ?

7:16
Élisabeth Borne

Alors, les 30% de salariés qui étaient en télétravail au mois de septembre, on a réalisé une étude mi-octobre qui montre que ce taux de télétravail avait déjà augmenté, puisqu'on avait 50% dans une enquête qu'on a réalisé des salariés dans les métropoles qui nous disaient qu'ils avaient fait du télétravail. Et vous avez compris que dans le contexte actuel, il faut aller au maximum de ce que l'on peut faire sur le télétravail. Pourquoi vous ne le rendez pas obligatoire, ce télétravail ? Je crois que c'est à peu près ce que je suis en train de dire. Quand on est sur un poste où on peut télétravailler, il faut télétravailler. Mais tous les postes ne sont pas télétravaillables.

Télétravailler, ça ne veut pas dire simplement consulter ses mails. Ça veut dire, effectivement, pouvoir faire son travail à distance et ce n'est pas tous les postes qui le permettent. C'est une incitation que vous faites

8:01
Présentateur

vis-à-vis des entreprises. Vous avez dans les... Où ça va être écrit noir sur blanc dans un décret ou dans une loi, le caractère obligatoire dans certains cas ?

8:08
Élisabeth Borne

Les règles, elles sont inscrites dans un protocole national en entreprise qui décline ce qu'est l'obligation de l'employeur de protéger ses salariés. Donc c'est un protocole qui a une force importante. On en parle régulièrement avec les partenaires sociaux. On aura l'occasion d'échanger à nouveau ce soir avec les partenaires sociaux. Et je vous le dis clairement, dans le contexte actuel de l'épidémie, même si on est bien protégé en entreprise, il y a les déplacements, il y a ce qu'on fait en marge du travail. Et donc, il faut aller au maximum sur le télétravail pour les postes qui le permettent. Il est 8h41,

8:42
Présentateur

le fil info sur France Info avec Mélanie Delaunay. Et on poursuit notamment sur les questions liées au chômage et à l'emploi. Avec vous, Elisabeth Borne. Voici Mélanie Delaunay.

8:49
Invité

14 600 contraventions dressées pour non-respect du couvre-feu depuis son entrée en vigueur il y a 10 jours. C'est ce qu'indique Gérald Darmanin ce matin chez nos confrères de France Inter. Ce couvre-feu va-t-il être durci ? Il faut s'attendre à des décisions difficiles, prévient le ministre de l'Intérieur. Plusieurs hypothèses sont sur la table du Conseil de défense sanitaire ce matin à l'Elysée. Avant de trancher demain, les chefs des partis politiques et les partenaires sociaux vont être reçus à Matignon. En Italie, où les bars et restaurants ferment désormais à 18h, les nouvelles restrictions sont contestées.

Des milliers de personnes ont manifesté à Milan et Turin, notamment, où cela a tourné à l'affrontement avec les forces de l'ordre. La sécurité va être renforcée autour des lieux de culte, en particulier pour la Toussaint, selon une note interne du directeur général de la police nationale que France Info a pu consulter 10 jours après l'assassinat de Samuel Paty. Donald Trump parle d'un jour historique pour l'Amérique à 8 jours de la présidentielle aux Etats-Unis. La très conservatrice Amie Coney Barrette a été confirmée à la Cour suprême. Tous les sénateurs républicains, sauf un, ont voté pour. France Info

10:00
Présentateur

Le 8.30 France Info, Salia Brakia, Marc Fauvel.

10:06
Invité

Toujours avec Elisabeth Borne, ministre du Travail. Plusieurs mesures ont été mises sur la table pour aider les entreprises en difficulté à cause du couvre-feu, par exemple. Mais l'une des principales difficultés pour les entreprises de l'hôtellerie-restauration est de payer leurs loyers. Un professionnel sur deux n'est pas à jour de ces loyers. Comment le gouvernement peut aider ces professionnels ?

10:27
Élisabeth Borne

Alors vous avez entendu qu'on va mettre en place un dispositif. On entend ce que disent effectivement les professionnels de l'hôtellerie et de la restauration dont beaucoup n'ont pas du tout d'activité, notamment dans l'hôtellerie maintenant depuis plusieurs mois. Donc il y a un dispositif de crédit d'impôt qui va être mis en place pour inciter les propriétaires à réduire leurs loyers. Ils auront un crédit d'impôt s'ils baissent leurs loyers.

10:51
Invité

Très bien.

10:52
Présentateur

Pour les jeunes, Elisabeth Borne, vous avez annoncé le prolongement du dispositif emploi franc qui vise à favoriser, à aider l'entrée de ces jeunes sur le marché du travail. Est-ce que c'est finalement le retour des contrats aidés qu'Emmanuel Macron avait supprimé en masse lorsqu'il est arrivé à l'Elysée ? Ce qui ne serait pas plus simple aujourd'hui de rappuyer sur ce bouton-là pour dire face à la vague terrible de chômage qui attend les plus jeunes, oui, il faut à nouveau avoir recours aux emplois aidés massifement.

11:15
Élisabeth Borne

Alors je voudrais rappeler que dès le mois de juillet, on a présenté un plan massif, un jeune, une solution. C'est 6,7 milliards d'euros. C'est le triplement des moyens qu'on consacre habituellement à l'emploi des jeunes pour qu'il n'y ait aucun jeune sans solution. Ce plan, c'est à la fois des primes à l'embauche, 4 000 euros quand on embauche un jeune de moins de 26 ans en CDD de plus de 3 mois ou en CDI. C'est des primes aussi pour encourager le recours à l'apprentissage qui est une voie qui permet d'aller vers l'emploi. Ce sont effectivement des emplois aidés. Moi, je ne vais pas crier victoire sur ce plan. Je vous pose la question

11:49
Présentateur

parce qu'on a le sentiment que vous avez le contrat aidé un peu honteux au gouvernement. Comment ils ont été supprimés au début du quinquennat

11:54
Élisabeth Borne

et remettre au bout de 3 ans ? Parmi tous les dispositifs, il y a aussi des emplois aidés mais on ne veut pas refaire des contrats aidés comme ça a pu se faire par le passé où c'était finalement un peu une voie sans issue. On vous mettait sur un emploi aidé, on ne s'occupait pas de vous et à la fin, vous étiez dans la même situation qu'au départ. On a un certain nombre de contrats aidés mais qui doivent s'accompagner d'une formation, d'un accompagnement vers l'emploi des jeunes. Et ce plan, je ne vais pas crier victoire parce qu'on sait que les semaines qui viennent vont être compliquées mais il y a déjà, voilà, il y a des signaux positifs sur août et septembre.

On a eu près de 700 000 embauches de jeunes en CDD de plus de 3 mois ou en CDI. C'est une légère augmentation par rapport à 2019 alors que dans la conjoncture qu'on connaît, on aurait pu s'attendre à un effondrement. Moi, je vais vous dire, je suis rassuré de savoir qu'il y a 700 000 jeunes qui vont traverser les semaines compliquées qui sont devant nous avec un CDD de plus de 3 mois ou avec un CDI. Et l'apprentissage également marche très bien. On a 314 000 contrats qui ont été signés à date depuis le début de l'année. On en a eu 350 000 sur toute l'année 2019. Ça veut dire que l'objectif d'avoir autant de contrats d'apprentissage en 2020 qu'en 2019, il est à notre portée.

C'est vraiment ce qu'on veut faire.

13:11
Présentateur

2019 qui avait été une très bonne année pour l'apprentissage qui avait enfin décollé en France. Il y en aura davantage cette année que l'an dernier. En tout cas, l'objectif,

13:17
Élisabeth Borne

c'est qu'on en ait autant. Et je pense que c'est important parce que quand on recrute un apprenti, on prépare l'avenir. On est en train de préparer les compétences dont on aura besoin dans 2 ans ou dans 3 ans. Et il faut apporter une réponse à tous les jeunes. C'est aussi pour ça que moi, j'ai annoncé la prolongation du dispositif des emplois francs qui est même boostée. On passe la prime sur la première année de 5 000 à 7 000 euros parce que moi, je ne peux pas accepter qu'on n'ait pas de travail donc c'est effectivement des primes plus importantes.

Et puis, c'est aussi un accompagnement pour les jeunes pour leur donner les codes qu'ils n'ont pas nécessairement pour les accompagner en entreprise pour les aider à apprendre les règles qui s'appliquent en entreprise.

13:58
Invité

Alors Elisabeth Borne, il y a les jeunes qui arrivent sur le marché et puis il y a ceux qui perdent leur emploi ou qui risquent de le perdre. Alors vous lancez un nouveau dispositif de formation pour permettre une reconversion professionnelle aux salariés dont les emplois sont menacés. En quoi ça consiste ?

14:12
Élisabeth Borne

Alors la priorité, c'est de préserver au maximum les emplois et les compétences, d'éviter que les entreprises licencient, c'est tout le sens de l'activité partielle, de l'activité partielle de longue durée, mais c'est vrai aussi qu'il y a des secteurs dont l'activité va baisser durablement alors qu'on en a d'autres qui sont en croissance. Donc ça veut dire que dans le même bassin d'emploi, vous pouvez avoir des entreprises qui doivent se séparer des salariés et d'autres qui recrutent.

Avec ce dispositif qu'on appelle transition collective, l'État va prendre en charge la rémunération et la formation du salarié qui veut bien changer de métier pour payer à 100% pour les petites entreprises de moins de 300 salariés et avec une participation des entreprises pour les plus grosses. Je pense que c'est important de permettre à chacun de rebondir. Dans la mesure du possible, on préserve les emplois, mais quand l'activité est durablement plus faible, on permet d'aller vers un autre métier. C'est le sens du dispositif. Je pense que c'est important. Ce dispositif, on l'a élaboré avec les partenaires sociaux. Ça montre aussi que le dialogue social, c'est important.

Ça permet, en se mettant tous autour de la table, d'apporter des bonnes réponses face à la crise que l'on traverse.

15:23
Présentateur

Pour la deuxième fois, Elisabeth Borne, le gouvernement a décidé d'écaler l'application de la réforme de l'assurance chômage. Elle devait entrer en vigueur cette année puis au 1er janvier prochain puis finalement, on l'a appris hier en avril dernier. Vous êtes vraiment sûr qu'elle entrera un jour en application, cette réforme qui est dénoncée par l'ensemble des syndicats aujourd'hui.

15:39
Élisabeth Borne

Alors, voilà, ce que j'évoquais, ça montre que le dialogue social, ça marche, mais il faut aussi faire preuve...

15:45
Présentateur

C'est pas un report que demandent les syndicats, c'est l'annulation de la réforme. C'est l'abandon.

15:48
Élisabeth Borne

Il faut aussi faire preuve de pragmatisme. Vous aurez compris que le gouvernement considère que c'est une bonne réforme. Cette réforme, elle vise à quoi ? Elle vise à inciter les entreprises à avoir des emplois de meilleure qualité. On sait que la France est championne d'Europe des contrats courts et on voit à quel point c'est le cas dans la période actuelle. Une réforme,

16:09
Présentateur

je me permets de vous interrompre, Elisa Benborn, qui d'après les calculs de l'UNEDIC, qui n'est donc pas un syndicat, va faire perdre ses droits à un million de chômeurs. C'est ce que l'UNEDIC disait en 2019. Quand la réforme a été présentée, vous nous dites encore que c'est une bonne réforme. Je dis qu'encourager les entreprises

16:24
Élisabeth Borne

à avoir des emplois de meilleure qualité et s'assurer que quand on reprend une activité, on est mieux rémunéré que quand on est demandeur d'emploi, ces principes-là, ils sont bons. Évidemment, il faut tenir compte du contexte et c'est pour ça qu'on a annoncé ce report de trois mois supplémentaires pour avoir le temps de discuter des paramètres avec les partenaires sociaux. Je peux vous assurer que le gouvernement est attentif aux difficultés que certains demandeurs d'emploi peuvent rencontrer aujourd'hui. C'est le cas des gens qui enchaînaient notamment des CDD cours. Donc on a le temps de discuter avec les partenaires sociaux pour faire une bonne réforme.

17:02
Présentateur

Il faut sur la table notamment le fait qu'il faudrait désormais travailler pendant six mois pour ouvrir les droits au chemin. Ça, c'est quelque chose que vous pourriez

17:10
Élisabeth Borne

renégocier avec les partenaires sociaux ? Si on a une discussion avec les partenaires sociaux, c'est parce qu'on est prêt à bouger sur certains paramètres. Et donc, c'est les discussions qu'on va avoir dans les prochains mois.

17:18
Invité

Celui-là, on fait partie ? Celui que Marc vient

17:20
Élisabeth Borne

ça fait partie des paramètres

17:21
Présentateur

qui sont sur la table. Donc, pour être pardon d'insister, la réforme qui sera peut-être en application l'an prochain à partir d'avril ne sera pas la même

17:29
Élisabeth Borne

que la première. Voilà, c'est ça

17:30
Présentateur

le dialogue social. C'est comme le confinement. Ce ne sera pas le même qu'au mois de mars. C'est ça le dialogue social.

17:34
Élisabeth Borne

Si on dialogue, c'est parce qu'on ne va pas faire la même chose que si on n'avait pas dialogué. Mais avouez qu'il a fallu la crise et le Covid pour que ça change. Écoutez, moi je note simplement qu'on sait écouter les partenaires sociaux, que ce dialogue, il est important

17:50
Présentateur

Mélanie Delonnet et on poursuit avec vous Elisabeth Borne juste après.

17:54
Invité

Un conseil de défense sanitaire ce matin, un autre demain et entre temps les chefs de partis politiques et les partenaires sociaux reçus à Matignon pour discuter des différentes hypothèses pour freiner l'épidémie de Covid comme avancer l'heure du couvre-feu. Il faut s'attendre à des décisions difficiles. Très bien ce matin sur France Inter le ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin. Face à la crise sanitaire, l'Assemblée a voté pendant la nuit la première partie du plan de relance de l'économie avec le soutien des Républicains 22 milliards d'euros de crédit l'an prochain.

Gérald Darmanin qui va proposer dans les jours qui viennent la dissolution du collectif contre l'islamophobie en France qu'il qualifie d'officine islamiste et dès la semaine prochaine la dissolution de Baraka City dans le viseur du gouvernement depuis l'assassinat de Samuel Paty. Le président du Conseil français du culte musulman ne souhaite pas que les caricatures de Mahomet soient à nouveau montrées dans les écoles. Sur France Info Mohamed Moussaoui explique qu'entre la liberté d'expression et la volonté délibérée d'offenser les sentiments des musulmans il y a le devoir de la fraternité et de la responsabilité.

Et puis le football est la ligue des champions de retour au Stade Vélodrome pour la première fois depuis 7 ans sans supporteurs dans les tribunes pour ce match entre l'OM et Manchester City. C'est à 21h au même moment les bleus de Corinne Diacre affrontent l'Autriche en qualification pour l'Euro féminin 2022. France Info

19:15
Présentateur

Le 830 France Info Salia Brakia Marc Fauvel

19:20
Invité

Toujours avec Elisabeth Borne la ministre du Travail alors on parlait à l'instant du report de la réforme de l'assurance chômage on en est où de la réforme des retraites

19:28
Élisabeth Borne

à l'abandonné ? Dans l'agenda social qu'on avait défini en juillet avec les partenaires sociaux on était convenu de reprendre les discussions au mois de décembre vous aurez compris que là aussi c'est une réforme auxquelles le gouvernement est attaché vous savez d'avoir un système de retraite plus juste je pense que concrètement

19:50
Invité

vous n'allez pas la faire pendant ce quinquennat ?

19:52
Élisabeth Borne

Je répète je crois qu'il faut effectivement tenir compte à la fois de la conjoncture évidemment on souhaite et on espère tous qu'on va pouvoir que cette épidémie va reculer et qu'on va pouvoir effectivement travailler plus sereinement sur ces sujets mais je le redis c'est une réforme qui vise à mettre en place un système plus juste et peut-être souligner que les salariés de la deuxième ligne dont on parle beaucoup ce sont les plus pénalisés par le système actuel donc là encore c'est une bonne réforme mais il faut trouver le chemin pour reprendre le moment venu les discussions avec les partenaires sociaux

20:27
Présentateur

Vous arriverez à garder toutes ces casseroles sur le feu jusqu'à la fin du quinquennat la crise économique gigantesque qui est devant nous l'assurance chômage l'envolée du chômage et la réforme des retraites dans un coin quelque part

20:37
Élisabeth Borne

Vous savez l'assurance chômage qui faille l'adapter pour tenir compte du contexte je pense que c'est important vous aurez compris que notre priorité c'est les réponses à la crise c'était le premier thème dont on a parlé avec les partenaires sociaux moi je suis mobilisé tous les jours mes équipes mon ministère pour défendre au maximum les emplois le plan de relance doit permettre aussi de créer des emplois la priorité du gouvernement c'est évidemment l'emploi

21:00
Présentateur

Et est-ce qu'une réforme aussi importante que celle des retraites peut se faire dans les derniers mois ou la dernière année d'un quinquennat ?

21:05
Élisabeth Borne

Moi je vous dis on a un agenda social chargé pour autant on ne renonce pas à mener des réformes qui permettent de transformer notre pays d'avoir un système de protection sociale plus juste maintenant on a un agenda immédiat qui est la réponse à la crise protéger les entreprises protéger les français

21:22
Invité

Elisabeth Borne vous parliez à l'instant des salariés de la deuxième ligne les caissières les caissiers les éboueurs les aides à domicile le président lui-même était pour une revalorisation de leur salaire lors de la première vague de l'épidémie la dernière fois que vous êtes venue ici Elisabeth Borne c'était le 4 septembre il y a pratiquement deux mois et vous nous avez dit ça sur le sujet

21:40
Élisabeth Borne

Il faut bien comprendre que le plan de relance il a une place très importante dans cette rentrée mais qui ne traite pas tous les sujets on a un agenda social dans lequel précisément il y a cette question des salariés de la deuxième ligne donc il y aura des discussions avec les partenaires sociaux sur ce sujet

21:56
Invité

Deux mois plus tard on en est où aujourd'hui ?

21:59
Élisabeth Borne

Alors je vous confirme que ce sujet est à l'agenda social on a décidé hier on a annoncé aux partenaires sociaux de nommer deux personnalités qui pourront les rencontrer dès la semaine prochaine d'abord pour cerner de quoi on parle qui sont les salariés de la deuxième ligne et comment ensuite on pourra identifier les branches professionnelles dans lesquelles un travail devra être fait au bénéfice de ces travailleurs de la deuxième ligne donc c'est un chantier

22:23
Invité

Tout ça va prendre encore du temps Alors qu'on en parle depuis loin de mars

22:27
Élisabeth Borne

On a beaucoup de sujets On est vraiment mobilisés pour sauver les emplois mais effectivement on n'oublie pas ces travailleurs de la deuxième ligne et donc le travail va démarrer dès la semaine prochaine avec les deux personnalités qui vont être nommées cette semaine Vous souhaitez que ça passe par des revalorisations de salaire ? Vous savez c'est des sujets qu'il faut regarder globalement c'est beaucoup de situations différentes

22:48
Présentateur

Et c'est beaucoup de personnes qui travaillent dans le privé dans lesquelles les mesures sont plus difficiles sans doute à mettre en place que

22:53
Élisabeth Borne

Je confirme que le gouvernement ne décide pas seul sur ces sujets Il faut d'abord se mettre d'accord sur les salariés dont on parle C'est quoi les salariés de la deuxième ligne Ensuite c'est forcément des négociations qui doivent se mener dans les branches qui peuvent concerner par exemple des parcours de carrière Je pense qu'on sait par exemple que sur les aides à domicile d'abord il y a une revalorisation qui est prévue dans le projet de loi de financement de la sécurité sociale Et puis c'est très important d'avoir des parcours de carrière parce que ça fait partie des métiers sur lesquels vous pouvez avoir une certaine usure professionnelle Donc c'est important de pouvoir avoir une évolution professionnelle

23:27
Présentateur

Un mot Elisabeth Borne sur les appels au boycott des produits français lancés par le président turc Récep Tayyip Erdogan et relayés par plusieurs pays du monde musulman Est-ce que ça vous inquiète aujourd'hui ? Est-ce que ça vous inquiète plus particulièrement pour la reprise économique ?

23:41
Élisabeth Borne

Je pense que c'est un autre sujet que la reprise économique ça montre que certains font semblant de ne pas comprendre qu'en France on veut lutter contre l'islamisme radical qu'on veut défendre la liberté d'expression qu'on veut le faire avec les musulmans et pas contre les musulmans Donc voilà ces amalgames ils sont effectivement très regrettables ou déplorables et effectivement on ne va pas échanger nos valeurs pour obtenir un renoncement à ces appels au boycott je pense que les populations ce qui est important c'est que les populations de ces pays entendent qu'on veut lutter contre l'islamisme radical mais qu'on le fait avec les musulmans et pas contre eux

24:22
Présentateur

Et est-ce que lutter pour la liberté d'expression ça passe par continuer à montrer les caricatures de Mahomet dans les élèves ce qu'avait fait Samuel Paty ce qui lui a sans doute coûté la vie le président du conseil français du culte musulman invité ce matin de France Info dit qu'il ne souhaite plus qu'on les montre

24:36
Élisabeth Borne

J'ai entendu ça je pense que c'est vrai que la liberté d'expression en France c'est quelque chose au cœur de nos valeurs et donc je pense que c'est important qu'on se dise qu'on ne renonce pas qu'on ne rogne pas ce qu'on considère comme faisant partie de la liberté d'expression voilà ce n'est pas non plus que les caricatures ce n'est pas que les caricatures il faut porter globalement la liberté d'expression dans notre pays c'est au cœur des valeurs de la république y compris à l'école c'est important apprendre la liberté d'expression à l'école c'est absolument fondamental et donc on les montre à l'école ou pas ?

je pense que c'est les professeurs ce n'est pas moi qui vais dire aux professeurs ce qu'ils ont à faire je pense qu'en tout cas porter la liberté d'expression au cœur de l'école former les citoyens de demain ça me paraît évidemment essentiel

25:21
Présentateur

merci à vous Elisabeth Borne ministre du travail