Aller au contenu
Pourquijevote
Tous les transcripts
DébatLCP (sur YouTube)· 29 novembre 2024 26 minContradictoireActualité / polémiqueBudget & impôtsRetraitesÉconomie & entreprisesSolidarités & famille

Michel Barnier abandonne la hausse de la taxe sur l'électricité | Parlement Hebdo - 29/11/2024

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 25 %Attaque 55 %Défensif 20 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 89 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 1:00OuverteRéponse directe

    Emmanuel Capus, on va débattre de cette hausse de l'électricité. Le RN a menacé de censurer. Le gouvernement a abandonné cette idée de taxe.

  • 3:00RelanceRéponse partielle

    Cet abandon de la hausse de la taxe sur l'électricité, c'était aussi une demande de votre groupe, mais est-ce que Michel Barnier a cédé à la gauche ou au RN ?

  • 4:00OuverteRéponse directe

    Le Premier ministre a aussi cédé sur l'Aide Médicale d'Etat. Il veut baisser les aides aux étrangers en situation irrégulière.

  • 5:00FerméeRéponse directe

    Un panier de soin restreint, vous êtes d'accord ?

  • 6:00OuverteRéponse directe

    Politiquement, Michel Barnier a cédé au RN sur ce point ? Il compte réduire les crédits de l'AME.

  • 7:00OuverteRéponse directe

    Est-ce qu'on assiste à une convergence entre le socle commun et le RN ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 2:00Le SénatFait
    « Le Sénat imprime sa marque sur le budget. Principale modification: la suppression de la hausse de la taxe sur l'électricité souhaitée par la chambre haute et plébiscitée par le Rassemblement National. »
  • 2:30Emmanuel CapusFait
    « On augmente moins les impôts. On n'augmente pas la taxe sur l'électricité, ça me va très bien. »
  • 4:00Alexandre PoussartFait
    « Le Premier ministre a aussi cédé sur cette question de l'Aide Médicale d'Etat. Il a dit vouloir baisser sensiblement les aides aux étrangers en situation irrégulière. »
  • 4:30Emmanuel CapusFait
    « Il faut éviter les abus, il faut éviter qu'il y ait un panier de soin qui soit trop important. Il faut éviter qu'il y ait des détournements du système. »
  • 5:00Marianne MaximiChiffre
    « Un quart des bénéficiaires de l'AME sont des enfants. »
  • 7:00Alexandre PoussartFait
    « Est-ce qu'on assiste à une convergence entre le socle commun et le Rassemblement National ? »
  • 7:30Emmanuel CapusFait
    « Je ne crois pas. C'est dans l'esprit de ce qui a été voté l'année dernière au Sénat. »
  • 9:00Marianne MaximiFait
    « Ce n'est pas à nous de gérer cette tempête financière. Qui a décidé de mettre le pays dans cette situation ? Ce n'est pas nous. »
  • 11:00Marianne MaximiFait
    « Ce qui s'est passé hier est assez grave, mais ce n'est pas que cette altercation. »
  • 12:00Emmanuel CapusFait
    « Qu'est-ce que je peux vous dire là-dessus ? Aurore Bergé dit que c'est plutôt une fierté d'être sur la liste dressée par LFI. »
  • 13:00Marianne MaximiFait
    « Nous avons assumé notre obstruction en 2023, mais ce n'est pas le même contexte. »

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

Générique - Alexandre Poussart: Bonjour à tous. Très heureux de vous retrouver dans l'émission qui vous fait revivre les moments forts de l'Assemblée et du Sénat. - Kathia Gilder: Aujourd'hui, Marianne Maximi est notre invitée.

Bonjour. Face à vous, Emmanuel Capus. Vous êtes membre de Horizons. - Alexandre Poussart: Vous débattrez du budget 2025, examiné en ce moment au Sénat.

La hausse sur la taxe de l'électricité a été finalement abandonnée par le Premier ministre sous la pression du Rassemblement National qui menace de le censurer. La réforme des retraites ne sera pas abrogée. La proposition de loi de La France Insoumise n'a pas pu être examinée jusqu'au bout.

Les députés du socle commun ont déposé des centaines d'amendements pour empêcher le vote final. Le débat a été étendu. Une altercation physique a eu lieu. - Kathia Gilder: Mais d'abord, le budget, avec les sénateurs qui rejettent la hausse de la taxe sur l'électricité. - Le Sénat imprime sa marque sur le budget.

Principale modification: la suppression de la hausse de la taxe sur l'électricité souhaitée par la chambre haute et plébiscitée par le Rassemblement National. Le gouvernement prévoyait une recette de 3,4 milliards d'euros. Pour compenser, la majorité sénatoriale veut une hausse des taxes sur le gaz. - On propose de l'ordre de 60 euros de plus sur une facture de gaz.

Le même ménage, sur l'électricité, avec ce que vous leur prenez, c'est entre 200 et 300 euros. Je crois qu'il n'y a pas photo. - Menacé de censure par le Rassemblement National, Michel Barnier a finalement renoncé à cette hausse.

La chambre haute a voté d'une courte majorité un amendement d'une communiste. Celui-ci renforce un dispositif pour freiner l'exil fiscal. - 100.000 emplois menacés, dont la moitié dans l'industrie.

C'est de ça que l'on parle. Il y en a qui touchent beaucoup d'argent et qui versent des dividendes. Ils organisent la fraude fiscale. - Le Sénat a voté la TVA sur l'eau en bouteille. - Cet amendement vise à encourager les consommateurs à privilégier l'eau du robinet. - Actuellement fixée à 5,5%, elle passerait à 20% et pourrait rapporter entre 250 et 300 millions d'euros par an.

Les discussions doivent se poursuivre au Sénat la semaine prochaine. - Alexandre Poussart: Emmanuel Capus, on va commencer à débattre de cette hausse de l'électricité. Le Rassemblement National a menacé de censurer.

Le gouvernement a fini par abandonner cette idée de taxe. - Emmanuel Capus: Je suis très satisfait. C'est une proposition du Sénat.

Je n'ai pas la même lecture que vous, en tout cas, du côté du Sénat. C'est une proposition de la commission des finances. On l'a votée en séance.

Ca me va très bien. Depuis le début, ce que l'on dit, c'est qu'il faut que l'effort porte davantage sur l'effort public que sur les impôts et les taxes. On augmente moins les impôts.

On n'augmente pas la taxe sur l'électricité, ça me va très bien. Si en plus, cela satisfait Marine Le Pen, c'est encore mieux. - Kathia Gilder: Cet abandon de la hausse de la taxe sur l'électricité, c'était aussi une demande de votre groupe, mais est-ce que Michel Barnier a cédé à la gauche ou au Rassemblement National? - Marianne Maximi: c'est aussi une mesure qui a été refusée à l'Assemblée nationale.

Je pense qu'il faut être très prudent avec les annonces de Michel Barnier. Il y a une opération de communication. Je vous renvoie à un article des Echos qui montrent qu'il n'y a pas réellement de baisse de l'électricité.

C'est une façon de communiquer qui est assez mensongère du côté du gouvernement. Dans cet article, il est démontré que les ménages, en moyenne, vont avoir une augmentation de 75 euros par an de leur électricité. Il va falloir regarder entre les lignes par rapport à la communication qui est faite.

Il n'y a pas du tout de renoncement du côté du gouvernement. Nous voyons aujourd'hui que le gouvernement a fait un choix, celui de plaire au Rassemblement National. Ce n'est pas nouveau.

C'est très clair dans le budget, notamment avec des annonces sur l'AME. C'est très grave. - Alexandre Poussart: Le Premier ministre a aussi cédé sur cette question de l'Aide Médicale d'Etat.

Il a dit vouloir baisser sensiblement les aides aux étrangers en situation irrégulière. - Emmanuel Capus: Je crois qu'il ne faut pas faire de démagogie sur ce sujet. Il y a beaucoup de faux débats.

Personne ne va laisser mourir les gens dans les hôpitaux. Je ne connais aucun médecin qui laissera mourir quelqu'un. Tout le monde sera toujours soigné dans ce pays.

J'étais favorable au maintien de l'AME. J'ai toujours défendu cette aide. Quoi qu'il arrive, les malades sont toujours soignés dans les hôpitaux.

Soit on a un budget, une ligne budgétaire qui le prévoit, soit ce sont les hôpitaux qui le prennent sur leur budget. En revanche, très clairement, il y a une demande assez forte, notamment suite au rapport qui avait été fait sur le fait qu'il faut éviter les abus, il faut éviter qu'il y ait un panier de soin qui soit trop important. Il faut éviter qu'il y ait des détournements du système, de la générosité des Français, et donc, il faut avoir un panier de soin restreint qui permet les urgences, l'aide médicale en cas de danger.

Il faut aussi pouvoir soigner le reste de la population française. - Kathia Gilder: Un panier de soin restreint, vous êtes d'accord? - Marianne Maximi: C'est quelque chose qui est agité par la droite et l'extrême droite, et c'est très grave.

Cela remet en question les compétences des médecins. Il y a un besoin sanitaire. C'est une bêtise énorme de dire qu'il faut restreindre l'AME.

Les virus, les maladies n'ont pas de frontières. C'est une mesure de santé publique. - Marianne Maximi: Un quart des bénéficiaires de l'AME sont des enfants.

On voit bien aujourd'hui où va le gouvernement, vers qui il s'attaque, ce sont les plus faibles, les plus vulnérables. Ca répond aussi à un agenda xénophobe qui est dicté par l'extrême droite. Nous avons un gouvernement qui a choisi de concilier des points programmatiques avec l'extrême droite.

C'est un choix politique qui clarifie la situation du pays. - Alexandre Poussart: Politiquement, Michel Barnier a cédé au Rassemblement National sur ce point? Il compte réduire les crédits de l'AME. - Emmanuel Capus: Je ne crois pas.

C'est dans l'esprit de ce qui a été voté l'année dernière au Sénat. En réalité, il y a une aide médicale, mais avec un panier de soin qui est plus réduit. C'est ce qui avait été voté ici par la majorité sénatoriale.

Je m'étais abstenu. Je pense qu'il faut davantage faire attention sur ce système, ne pas aller trop loin et sortir de la démagogie. - Alexandre Poussart: Est-ce qu'on assiste à une convergence entre le socle commun et le Rassemblement National? - Emmanuel Capus: Non. - Marianne Maximi: Bien sûr que oui, mais ce n'est pas nouveau.

C'est quelque chose que l'on voit depuis longtemps. On l'a vu avec la loi immigration l'année dernière qui a été adopté avec les idées de l'extrême droite et par les voix de l'extrême droite. Le socle commun était présent et ils ont voté ensemble.

C'est ce que l'on voit depuis la dissolution. Aujourd'hui, la droite qui gouverne ce pays, qu'elle soit macroniste ou républicaine, a décidé de s'allier avec l'extrême droite pour se maintenir au pouvoir. On voit ce qui est en train de se passer avec Michel Barnier qui cède sur des politiques xénophobes.

C'est extrêmement grave. - Kathia Gilder: Marine Le Pen maintient toutefois la pression sur Michel Barnier. Comment va se terminer ce bras de fer? - Emmanuel Capus: Je n'en sais rien.

Vous me posez la question d'une éventuelle censure? Les choses sont très simples. Soit Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon se mettent d'accord pour faire tomber le gouvernement avec l'appui des socialistes et des écologistes, et le gouvernement tombera, soit les partis de gouvernement, les socialistes, les écologistes, refusent de rentrer dans cette combine pour faire tomber le gouvernement parce qu'ils se disent qu'on a besoin d'un budget, parce qu'on ne peut pas se permettre, au moment où on est en train de vivre une crise politique forte, de rajouter en plus une crise budgétaire et financière, que les Français ne peuvent pas ne pas avoir de salaire, connaître une crise économique et financière dramatique dès le mois de janvier...

Dans ce cas-là, que ce soit les socialistes, le RN, mais aussi LFI, ils voteront le budget, ou en tout cas, ils s'abstiendront sur une motion de censure. - Alexandre Poussart: En cas de censure du gouvernement, vous assurerez une éventuelle tempête financière? - Marianne Maximi: Ce n'est pas à nous de gérer cette tempête financière.

Qui a décidé de mettre le pays dans cette situation? Ce n'est pas nous. C'est le président de la République.

Nous allons montrer notre désaccord. Ce gouvernement n'a pas de légitimité démocratique. On devrait enregistrer le fait qu'il soit là, qu'il gouverne avec l'extrême droite?

Non. C'est notre rôle. Nous l'assumons. - Alexandre Poussart: Même s'il n'y a pas de majorité à l'Assemblée, il faut quand même un budget. - Marianne Maximi: Il n'y aura pas de catastrophe.

On n'est pas aux Etats-Unis. Dire qu'il n'y aura pas de salaires, c'est faux. Il y a encore beaucoup de possibilités pour faire en sorte qu'il n'y ait pas de difficulté pour les fonctionnaires pour lever des impôts.

Nous ne sommes pas responsables de la crise politique du moment. Par contre, nous ne sommes pas là pour la cautionner. Nous allons déposer une motion de censure que nous voterons.

Ensuite, le Rassemblement National fera bien ce qu'il voudra. C'est son choix. On voit que Michel Barnier essaye d'apaiser le Rassemblement National.

Il aurait pu faire le choix de discuter avec la gauche, mais ce n'est pas du tout ce qu'il fait, alors que la gauche a apporté beaucoup d'amendements dans le budget. Michel Barnier a fait le choix de se diriger vers l'extrême droite. Nous allons censurer ce gouvernement, il va tomber, et ensuite, il y a un dernier problème, c'est que ce ne sera pas suffisant.

Emmanuel Macron restera président de la République. Je pense que les alliés vont lâcher au fur et à mesure le président de la République. - Kathia Gilder: Marine Le Pen a maintenu la pression.

Elle a dit qu'il avait jusqu'à lundi pour céder sur certaines lignes rouges. C'est une façon de faire, de lui mettre le pistolet sur la tempe? - Emmanuel Capus: Le sujet, ce n'est pas ça.

C'est le budget. On ne peut pas ajouter une crise financière à notre pays. Il n'y aura pas de shutdown.

Si on n'en veut pas, il faut quand même voter une loi qui permette de reprendre le budget de l'année dernière. Je ne vois pas comment LFI et le RN pourraient voter pour le budget de l'année dernière qu'ils ont rejeté. Il faut un peu de cohérence. - Kathia Gilder: Si ça ne se fait pas, le pays pourrait être bloqué. - Emmanuel Capus: Si le gouvernement tombe, on n'aura pas de budget au 31 décembre.

Non seulement on n'aura pas de budget, mais en plus, on aura une dégradation de notre notation par toutes les agences. On paye déjà 50 milliards d'intérêts de la dette, on payera encore plus. C'est de l'argent en moins pour les Français.

Il faut ne pas rajouter de désordre à l'instabilité. - Alexandre Poussart: Ca, c'est sur le fond. Sur la forme, on a vraiment l'impression que Marine Le Pen dicte à Michel Barnier le budget.

Ca ne vous gêne pas, cette manière de faire? - Emmanuel Capus: Je n'ai pas l'impression que Michel Barnier soit quelqu'un qui se laisse dicter ses positions. Il a une position de stabilité.

Il a ses positions. Je ne crois pas qu'il se fasse dicter quoi faire. - Alexandre Poussart: Il y a quand même beaucoup de concessions. - Emmanuel Capus: Il a dit qu'il était ouvert à toutes les opinions.

Je suis d'accord avec vous sur le point qu'il faut aussi écouter les partis de gouvernement, le Parti Socialiste, les écologistes, mais il ne faut pas non plus rejeter ni mépriser l'ensemble des représentants de la classe politique française. - Kathia Gilder: Je crois que vous n'êtes pas tout à fait d'accord. - Marianne Maximi: Non, parce que, déjà, "partis de gouvernement", c'est une drôle de définition.

Ce sont des sujets qui ont été adoptés par l'Assemblée nationale. Il faut avoir une discussion avec le Nouveau Front populaire. La situation vient aussi du déficit.

C'est quelque chose que vous ne voulez pas régler. Nous avons proposé un budget. Je parle du Nouveau Front populaire.

Nous avons proposé un budget avec beaucoup de nouvelles recettes. La situation l'exige. Nous refusons le fait d'aller prendre sur les services publics.

Nous trouvons d'autres choses. On parle par exemple d'une taxe qui fait peur à la macronie. C'est une taxe qui est discutée au sein du G20.

C'est un économiste très sérieux qui vise à s'en prendre à des très grandes fortunes ou aux grandes multinationales. On n'est pas dans une surenchère fiscale. - Alexandre Poussart: C'est 2% sur le patrimoine des milliardaires au-dessus d'un milliard. - Marianne Maximi: Ca ne devrait pas inquiéter qui que ce soit dans le pays. - Alexandre Poussart: On va parler de la proposition de loi de La France Insoumise pour l'abrogation de la réforme des retraites.

Le vote n'a pas pu avoir lieu dans les temps à cause des centaines d'amendements déposés par les députés du bloc central. Récit d'une séance tendue. - Il est minuit, les insoumis n'ont pas réussi à faire voter l'abrogation de la réforme des retraites. - Là, on a le spectacle d'une pseudo majorité de socle commun qui est aux abois, qui est en fin de course et qui ne trouve rien d'autre à faire que de l'obstruction sur un texte rejeté par tout le pays. - Toute la journée, les groupes de gauche ont reproché au socle commun d'avoir déposé des centaines d'amendements. - Ca suffit, la manière dont vous traitez la démocratie! - Quand on a été président d'un groupe où on a déposé des centaines d'amendements, on n'oppose pas aux autres le fait qu'ils aillent en déposer 800. - Suspension de séance, rappel au règlement, une journée de tension. - Faites attention.

Ce sera public sur le site de l'Assemblée nationale. Il y aura des listes avec vos noms. - Ce débat sur la question de la réforme des retraites mérite mieux que des menaces, des attaques personnelles!

Je n'ai aucun problème à figurer sur la liste des gens responsables! - Jusqu'à l'altercation. Autour de 22h30, pendant une suspension de séance, le député Nicolas Turquois s'emporte contre des députés de gauche.

Des membres de son groupe doivent s'interposer. - Je regrette qu'il y ait des menaces. On reçoit du harcèlement, y compris à domicile. - Son cas sera étudié lors du prochain bureau de l'Assemblée nationale. - Kathia Gilder: Marianne Maximi, vous étiez en séance lors de cette scène surréaliste.

Un député MoDem qui menace physiquement ses collègues de gauche, vous demandez des sanctions? - Marianne Maximi: On va demander évidemment une sanction, mais c'est une réponse institutionnelle à l'Assemblée. Ce qui s'est passé hier est assez grave, mais ce n'est pas que cette altercation.

C'est l'ensemble de la journée qui était un triste spectacle pour les Françaises et Français. - Kathia Gilder: On n'a jamais vu ça, un député qui se lève comme ça. - Marianne Maximi: L'histoire de l'Assemblée nationale est faite de moments de confrontation et de violence.

Je pense que ce n'est pas nouveau. Ce qui m'intéresse, c'est qu'on nous fait beaucoup de leçons, à La France Insoumise, en nous disant que nous serions des gens agressifs. La violence vient clairement du côté d'un député de la majorité.

C'est grave. Je voudrais juste dire que nous avons été des députés qui avons travaillé toute la journée dans le calme, dans le respect de l'Assemblée, et que le fait d'être dans une situation de tension qui a été créé par le gouvernement et par les groupes du socle commun a conduit à cette situation, qui est insupportable, qui est un exemple assez pitoyable de l'institution. On demande effectivement une sanction, c'est la moindre des choses, mais ça ne doit pas cacher ce qui s'est passé du matin 9h jusqu'à minuit. - Alexandre Poussart: On va reparler de ce débat, mais d'abord, on n'a pas l'habitude de voir ce comportement de la part d'un député du socle commun.

On a passé un cap? - Emmanuel Capus: Je vous confirme que c'est quelque chose qu'on n'a pas l'habitude de voir, encore moins au Sénat. On a des débats passionnés, mais moins physiques.

Quoi qu'il arrive, en politique, il n'y a pas la place pour la violence ou pour les menaces. Evidemment, je condamne très fermement tout type de menaces et de violences, de quelque endroit qu'elles viennent. - Alexandre Poussart: Que pensez-vous de cette stratégie de rendre publics les noms des gens qui sont contre cette abrogation de la réforme des retraites? - Emmanuel Capus: Qu'est-ce que je peux vous dire là-dessus?

Aurore Bergé dit que c'est plutôt une fierté d'être sur la liste dressée par LFI, je suis assez d'accord, mais je ne suis pas certain que ce soit quelque chose de politique dans l'esprit des gens LFI. C'est inacceptable. - Kathia Gilder: Ca fait partie des méthodes démocratiques? - Marianne Maximi: Les votes sont publics, nous sommes des personnalités publiques, nous portons un mandat. - Kathia Gilder: Ce sont des désignations. - Marianne Maximi: Allez sur le site de l'Assemblée nationale, vous avez des scrutins publics.

Tous les votes en scrutin public sont publics avec des listes qui sont publiées par l'Assemblée nationale. Concernant les interpellations des parlementaires, c'est très classique. N'importe quelle association le fait.

Les textes sont aussi disponibles sur le site de l'Assemblée nationale. C'est le jeu de la démocratie d'être interpellé par des citoyens. Je ne vois rien de grave là-dedans. - Kathia Gilder: Vous avez porté le fer contre la réforme d'Elisabeth Borne jusqu'à minuit et vous n'avez pas réussi à faire abroger cette réforme.

C'est est un échec pour LFI? - Marianne Maximi: C'est un échec pour le gouvernement et le socle commun. Ils ont démontré à quel point ils étaient minoritaires dans l'Assemblée nationale.

C'est pour cela qu'ils ont fait une obstruction assez inédite dans le cadre d'une niche parlementaire. Nous avons assumé notre obstruction en 2023, mais ce n'est pas le même contexte. Nous sommes sur un texte du gouvernement imposé par la force face à une opinion publique qui était opposée.

Le débat parlementaire aurait pu être allongé pendant des semaines pour arriver à ce texte. L'obstruction n'est pas nouvelle. C'est une tactique parlementaire qui est utilisée par les groupes d'opposition.

Ca a déjà eu lieu sur le mariage pour tous. Ne faites pas un procès à La France Insoumise. Par contre, qu'un groupe pratique cette stratégie sur un autre groupe, c'est inédit.

L'obstruction par une majorité, c'est un déni de démocratie. Cela prouve juste qu'ils sont minoritaires. Ce n'est pas un échec pour LFI.

L'amendement qui était important, c'était celui qui visait à abroger la réforme des retraites. Il a été refusé. - Kathia Gilder: Il y avait une majorité à l'Assemblée pour voter cette réforme, et pourtant, le vote n'a pas eu lieu.

Il y a bien eu de l'obstruction ? - Emmanuel Capus: Ce texte était important. Il a été mis dans une niche.

Ils ont passé 15 jours à l'Assemblée nationale sur la réforme des retraites pour voter deux articles. On s'est arrêté à l'article 2. Nous, on a réussi à voter le texte péniblement en travaillant jour et nuit.

Il y a une volonté de mettre le bazar à l'Assemblée en mettant dans une niche un truc qui mérite des débats pendant plusieurs semaines au moins. Il n'y a pas d'obstruction, il y a une provocation sur un texte qui, en plus, était très important. - Alexandre Poussart: Sur le fond, vu l'état de nos finances publiques, est-ce que c'est responsable de vouloir voir revenir la retraite à 62 ans avec 42 annuités? - Marianne Maximi: Oui, je crois que c'est responsable.

J'ai entendu beaucoup dire que nous avions voté cette réforme, mais c'est faux. Il y a eu un 49.3.

Cette réforme ne règle rien. Il y a toujours des difficultés économiques. Nous avons proposé plein de financements différents.

Nous avons des recettes pour financer la réforme des retraites. Si on arrivait vraiment à l'égalité salariale entre les femmes et les hommes, cela ferait 5 milliards en plus. Il y a aussi le fait de revenir peut-être sur les exonérations de cotisations patronales.

Ce sont aussi des recettes en plus. Ce sont des choses que l'on pourrait mettre dans un texte de loi quand nous arriverons au gouvernement, dans pas longtemps, j'imagine. C'est un faux débat.

Nous l'avons démontré. C'est un choix politique qui est grave qui met en difficulté les gens. - Alexandre Poussart: La retraite à 62 ans, c'est possible avec des financements en face? - Emmanuel Capus: Pour que les gens aient une retraite, il ne faut pas augmenter les impôts.

C'est ce que veut LFI. Ceux qui sont derrière vont cotiser toute leur vie et ne toucheront pas de retraite. Ce n'est pas une solution.

On est déjà le pays qui a le taux d'imposition le plus élevé de l'OCDE. Ce n'est pas une solution viable. - Kathia Gilder: Marianne Maximi, vous proposez une contribution sur les bénéfices exceptionnels des entreprises pétrolières et gazières, mais c'est par définition exceptionnel, donc ce n'est pas durable. - Marianne Maximi: Il y a notamment l'article 40.

Si on veut s'attaquer aux exonérations de cotisations patronales, il faut un texte de financement de la Sécurité sociale. Quand on sera au gouvernement, ce seront les leviers qu'on activera. Pour pouvoir déposer ce texte et en débattre jeudi dernier, il a fallu amener des recettes qui sont exceptionnelles pour permettre de discuter.

On l'a expliqué à maintes reprises. On a dû expliquer le fonctionnement constitutionnel de l'Assemblée et de notre démocratie à des députés qui semblaient découvrir que quand on est pas au gouvernement, on ne peut pas faire un PLFSS. - Alexandre Poussart: C'est à la fin de ce débat.

A la semaine prochaine.