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InterviewFrance Inter — L'invité de 8h20 (sur Site radio)· 27 octobre 2015 8 minContradictoireActualité / polémiqueLogementTravail & emploiÉconomie & entreprises

Gilbert Collard

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 15 %Attaque 55 %Défensif 30 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 61 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:19OuverteÉludée

    Comment l'expliquez-vous ?

  • 1:14RelanceRéponse directe

    Donc ça revient à être hostile à la loi telle qu'elle est aujourd'hui ?

  • 1:17FerméeRéponse directe

    La loi SRU qui impose 1% de logements sociaux dans les communes ?

  • 1:35FerméeRéponse directe

    Donc les amendes sont légitimes à vos yeux ?

  • 2:06OuverteRéponse directe

    Êtes-vous partisan de la mixité sociale et du fait d'avoir des logements sociaux dans les villes riches ?

  • 2:40OuverteRéponse partielle

    L'idée que les préfets puissent intervenir pour se substituer au maire pour imposer la construction de logements sociaux ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 1:47Invité politiqueFait
    « C'est en quelque sorte l'issue de secours que le législateur avait laissé. »
  • 2:04Invité politiqueFait
    « Si la population préfère payer des amendes plutôt que d'avoir un surpoids de logements sociaux, c'est le peuple qui décide que ça vous plaise ou non. »
  • 3:57Invité politiqueChiffre
    « Non, parce que les catégories B et C sont en hausse. »
  • 4:01Invité politiqueChiffre
    « Et si on inclut les DOM dedans, on arrive à 0,6%. »
  • 5:11Invité politiqueFait
    « Il y a trois types de violences aujourd'hui. »
  • 5:33Invité politiqueFait
    « Si on pouvait gérer, si on pouvait maîtriser, si on pouvait contrôler cette violence économique qui vient d'un peu partout, y compris de l'Europe, on n'aurait pas ces violences secondaires. »

Temps de parole

  • Gilbert Collard76 %
  • Présentateur24 %

1,2 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:01
Présentateur

Il est 8h22, le 7h9, Patrick Cohen, sur France Inter. Bonjour Gilbert Collard. Oui, bonjour. Fréjus, ville Front National depuis un an et demi, fait partie des communes récalcitrantes qui d'après le gouvernement ne font pas ce qu'il faut pour combler leur carence en logement social. Comment l'expliquez-vous ?

0:20
Gilbert Collard

Il n'y a pas que Fréjus, il y a beaucoup d'autres villes. Alors là on peut tenir de discours, le discours convenu puis le discours franc. Allez-y pour le franc. J'allais pour le franc, même si ça vous fait un choc, ne tombez pas. Tenez bon, tenez bon au micro. Moi je pense que l'on doit tenir compte de la vie des populations. Qu'à vouloir toujours imposer des mesures dites sociales, dont l'analyse demeure compliquée si on veut bien comprendre ce que chacun cherche. On braque les populations. Il faut agir en pédagogie avec les populations.

C'est-à-dire que si la population d'une ville, d'un village, est récalcitrante à l'installation de logements sociaux, d'abord il faut prendre le temps pour lui faire admettre l'installation de ces logements. Ensuite, si malgré le temps qu'on prend, la pédagogie qu'on y met, on n'y arrive pas, le coup de force est-il bon ?

1:14
Présentateur

Donc ça revient à être hostile à la loi telle qu'elle est aujourd'hui ? La loi SRU qui impose 1% de logements sociaux dans les communes ?

1:22
Gilbert Collard

Non, parce qu'il y a une amende, donc il y a une porte de sortie. Le législateur a décidé d'imposer les logements sociaux, comme il impose partout du reste à votre bon cœur, monsieur dame.

1:35
Présentateur

Donc les amendes sont légitimes à vos yeux ?

1:37
Gilbert Collard

Ah oui, la municipalité qui ne respecte pas les quotas de logements sociaux et qui est condamnée à payer des amendes, il est normal qu'elle les paye. C'est en quelque sorte l'issue de secours que le législateur avait laissé. Même si elles sont élevées, ces amendes ? Même si elles sont élevées, mais c'est un problème de démocratie. Si la population préfère payer des amendes plutôt que d'avoir un surpoids de logements sociaux, c'est le peuple qui décide que ça vous plaise ou non.

2:06
Présentateur

Êtes-vous partisan de la mixité sociale et du fait d'avoir des logements sociaux dans les villes riches ?

2:11
Gilbert Collard

Ah oui, moi je ne suis absolument pas contre la mixité sociale. L'idée qui commande mon raisonnement, c'est l'acceptation par les populations. Voilà. On ne peut pas imposer à des populations des modes de vie qui ne leur conviendraient pas et on doit travailler à les leur faire accepter si on veut faire un travail de pénétration d'idées tolérantes, larges, acceptées par tout le monde. On n'impose pas le « à votre bon cœur, monsieur dame ».

2:39
Présentateur

On s'est accepté. L'idée que les préfets puissent intervenir pour se substituer au maire pour imposer la construction de logements sociaux ?

2:46
Gilbert Collard

Oui, c'est dans la logique de cet État autoritaire qui veut imposer partout pour des raisons, à mon avis, qui sont de sous-bassement électoral. Parce qu'on cherche quand même dans ces logements sociaux une clientèle électorale qu'on a perdue ailleurs. Il y a aussi quand même, il ne faut pas non plus jouer les naïfs.

3:04
Présentateur

Mais moi j'entends souvent Marine Le Pen vanter l'intervention de l'État en matière économique et sociale.

3:09
Gilbert Collard

Oui, mais l'intervention de l'État peut être utile. Mais faut-il encore que ce ne soit pas une intervention qui vienne piquer les pouvoirs du maire ? Le maire c'est quand même celui qui est le plus en relation avec la population. Si on décide du point de vue de l'État d'imposer une décision là où le maire ne veut pas l'imposer, c'est que l'État pénètre en force dans la commune, dans le village, dans la ville, et il veut imposer ce que la population ne veut pas.

3:37
Présentateur

On va poursuivre Gilbert Collard sur les questions économiques et sociales. D'abord avec la nouvelle d'hier soir. Le chômage connaît son plus fort recul depuis 8 ans. Quatrième mois consécutif de baisse. Ce qui vous réjouit ? Si c'était une baisse réelle, je serais ravi.

3:56
Gilbert Collard

Elle n'est pas réelle ? Non, parce que les catégories B et C sont en hausse. Donc si on réunit toutes les catégories, il n'y a pas de baisse du chômage. Et si on inclut les DOM dedans, on arrive à 0,6%. Donc c'est un moment, un fugace moment. Il faut tenir compte aussi de ce que j'appelle moi les emplois d'État. C'est-à-dire les emplois aidés. C'est un instant qui ne durera pas. Hélas, moi si demain on me rapportait la nouvelle que le chômage baisse, que ce soit Hollande, que ce soit n'importe qui,

4:26
Présentateur

je vous dirais, je suis ravi. Ça vous réjouit sincèrement. On n'entend pas beaucoup le Front National sur les dossiers sociaux, Gilbert Collard par exemple. Le conflit à Air France, vous en pensez quoi ? Vous êtes de quel côté ?

4:37
Gilbert Collard

Ça m'a amené à évoluer dans ma réflexion. Parce que je trouve qu'être catégorique, c'est souvent être très con. Dans un premier temps, au vu des images du directeur des ressources humaines, avec sa chemise déchirée, comme un drapeau de patron en lambeaux, j'ai été choqué. Je me suis dit, c'est quand même la fin de l'état de la relation humaine. Je continue à le penser. Mais en même temps, je me suis dit que quelque part, il y a aussi la situation économique des personnels. Et je suis arrivé à cette conclusion qu'il y a trois types de violences aujourd'hui. Il y a la violence de l'économie qui pèse sur le patronat, qui enclenche une violence patronale, et il y a une violence salariale.

En définitive, les deux dernières violences sont toutes déterminées par la première, c'est-à-dire la violence de l'économie. Si on pouvait gérer, si on pouvait maîtriser, si on pouvait contrôler cette violence économique qui vient d'un peu partout, y compris de l'Europe, on n'aurait pas ces violences secondaires. Et malheureusement, on passe à côté de la vraie violence, qui est une violence financière, banquière, économique, et on ne la dénonce pas.

Alors, on a raison de dire que le personnel subit une violence patronale, mais on devrait ajouter aussi, quelque part, le patronat, entre guillemets, je parle des dirigeants, il subit une violence économique aussi, parce que plus personne n'arrive à être réellement dans ce complexe financier maître des rouages. Bon, vous ne vous mouillez pas beaucoup, j'ai bien peur de là. Tout le monde a raison dans ce conflit. Je ne sais pas ce que je veux dire, non, non.

Ce n'est pas sympa de dire ça, parce que je donne tort aux personnels qui ont commis des violences, je donne raison à Air France de vouloir imposer des réformes, parce que sinon, l'entreprise va mourir, mais dans la totalité, il y a des violences qui dépassent tout le monde, qui sont des violences économiques qu'on subit tous. Regardez le nombre d'entreprises qui déposent le bilan.

6:37
Présentateur

Sur le fond, est-ce que les salariés, les pilotes notamment, doivent faire des efforts de productivité pour sauver la compagnie ?

6:43
Gilbert Collard

C'est évident, c'est évident. C'est évident pour vous. C'est évident, mais si demain, on vous disait que France Inter va fermer, vous feriez des sacrifices. Non ? Vous allez les muets. Oui, enfin, non, je n'ai pas à répondre à cela. Vous n'avez pas à répondre. Ah ben, vous êtes gonflé. Vous posez la question sur les pilotes, j'humanise votre question en la ramenant à vous, et vous ne pouvez pas répondre. Bon ben, ça va, écoutez. Allez, on passe à autre chose. Vous pensez qu'Air France est en danger, c'est ça ? Air France est menacée de fermer. Mais demain, France Inter peut être en danger. Est-ce que vous accepteriez, vous, de faire des sacrifices sur votre traitement ?

7:15
Présentateur

Air France n'est plus une compagnie nationale et ne fait plus partie stricto sensu du service public. Non, mais que ce soit une compagnie nationale ou pas nationale. L'État n'est actionnaire qu'à 17% de la France.

7:23
Gilbert Collard

Non, mais le problème peut se poser. Attendez, il n'y a pas que lorsque l'État est actionnaire qu'on peut consentir des sacrifices dans ses revenus pour sauver l'entreprise. On est d'accord ? D'accord. Excusez-moi de vous réveiller. On est d'accord ? Non, non, non, les salariés devraient subir, accepter les sacrifices. Non, mais je ne dis pas dans le cadre d'une discussion lorsqu'une entreprise est en péril. Oui. Bon, où on est cégétiste et borné et on dit il faut qu'on ait raison, il faut qu'on ait raison. Les cégétistes sont souvent bornés. Le Titanic, ça arrive souvent, oui. Le Titanic va couler mais on regarde couler ou on décide de prendre des mesures.

Très libertairement, je vous pose la question, vous ne me répondez pas. C'est votre droit le plus absolu.

7:59
Présentateur

Non, non, mais moi je suis intéressé par vos réponses. Et moi, par les votes parce que je vous prends pour un type intelligent. Merci Gilbert Collard, député RBM, Rassemblement Bleu Marine du Gard. D'autres sujets d'actualité, bah tiens, il y a un conflit qui vous concerne aussi les avocats, on n'en va pas parler, ça viendra tout à l'heure sans doute avec les questions des auditeurs de France Inter. 01 45 24 7000.