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Discours / meetingFrançois-Xavier Bellamy· 22 janvier 2021 87 minAutoproduitFond programmatiqueDéfenseInstitutions & électionsÉducation & rechercheEurope & international

Que voulons-nous encore défendre ? Conférence à l'École de Guerre

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 81 %Attaque 9 %Défensif 10 %

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 10:49Invité politiqueFait
    « aujourd'hui dans notre actualité immédiate la menace face à laquelle nous sommes le plus directement mobilisés c'est la menace terroriste c'est la menace djihadiste »
  • 12:10Invité politiqueFait
    « beaucoup ont cru dans nos sociétés que l'histoire avait tranché que l'histoire s'était achevée avec la victoire d'un modèle unique »
  • 13:33Invité politiqueFait
    « en france nous devons faire face aujourd'hui à la menace que fait peser sur nous la radicalisation islamiste de jeunes nés en france grandi en france élevé en france »
  • 19:51Invité politiqueChiffre
    « notre pays était le dernier en europe dans l'enseignement des mathématiques »
  • 42:30Invité politiqueFait
    « votre propre danger votre propre difficulté c'est que vos responsables publics travaillent pour le sondage qui va tomber dans quinze jours »
  • 56:15Invité politiqueFait
    « ce député chef de bataillon les critiques in de l'armée de terre car je suis a souligné l'importance d'avoir un ennemi commun pour fédérer une nation »
  • 56:54Invité politiqueFait
    « le terrorisme islamiste est porté et c'est la particularité que je soulignais tout à l'heure par des personnes qui sont pour certaines d'entre elles pour beaucoup d'entre elles de nos rangs pour et on dirait qu'ils sont nés en france qui ont grandi en france »
  • 58:17Invité politiqueFait
    « si on devait revenir quelque chose de carl schmitt il faut pas tout retenir de carl schmitt parce que ce serait sans doute assez dangereux »
  • 1:00:23Invité politiqueFait
    « face à la menace islamiste nous avons peut-être pendant trop longtemps pêché par déni de réalité parce que nous ne voulions pas nommé d'ennemis »
  • 1:01:48Invité politiqueFait
    « si nous voulons vaincre cet ennemi il faut commencer par remplir le vide qu'il remplit dans l'esprit et le coeur de tant de jeunes français aujourd'hui »
  • 1:18:22Invité politiqueChiffre
    « la france arrive en dernier dans les pays européens pour l'apprentissage des mathématiques en quatrième et en première »
  • 1:19:03Invité politiqueChiffre
    « la france est le deuxième pays au monde pour le nombre de médailles fields »
  • 1:23:51Invité politiqueFait
    « l'école française a été l'une des plus efficaces au monde »

Temps de parole

  • François-Xavier Bellamy100 %

Modèle mistral-small-latest · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:01
François-Xavier Bellamy

monsieur le député merci de nous faire l'honneur de venir quand cet empire of amphithéâtre foch de l'école militaire pour cette conférence à l'école de guerre nous apprécions d'autant plus notre présence que vous avez des bouchons que nous savons qu'il est plus facile d'annuler un événement que d'honorer ses engagements dans le contexte actuel je suis le chef d'escadron louis dominique richard du comité des conférences de l'école de guerre ce comité a pour mission d' inviter des personnalités qui apporte un regard neuf pour compléter le socle de formation qui est délivrée ici par l'école de guerre avec vous monsieur le député nous ouvrons le cycle par une approche philosophique mais permettez moi d'abord malgré votre notoriété de vous présenter brièvement notre assistance vous êtes normalien agrégé de philosophie il avait enseigné dans le secondaire et en classes préparatoires parallèlement vous avez été adjoint au maire de versailles de 2008 à 2020 en 2019 vous êtes tête de liste les républicains est élu au parlement européen vous y présider la délégation française du parti populaire européen le groupe de centre droit le plus nombreux du parlement on peut s'interroger ici sur l'opportunité d'inviter dans cette enceinte un conférencier étiqueté politiquement à l'école de guerre nous ne faisons pas de politique nous ne nous mêlons pas des organisations partisanes de la république des partis comme disait dans les anciens de notre école mais cela ne nous empêche pas de penser nous invitons donc des conférenciers de tous bords afin de nous construire une pensée solide qui dépasse les les étiquettes politiques toujours réductrice le député après les déshérités qui analyse la crise de la transmission votre livre demeure a rencontré un important succès en librairie dans demeure vous vous interrogez sur la fascination du mouvement qui caractérisent nos sociétés occidentales selon vous au lieu d'être une transition entre deux état stable le changement devient un objectif en soi le fait d'avancer devient une finalité il manque le but qui donne un sens ce mouvement les cavaliers comme moi aime dire en avant puis nous arrêter et on se demande vers où on va et contre qui la question de la finalité doit évidemment précédé mouvement c'est le sens de votre présence ici à l'école de guerre ce soir nous formons à occuper les postes à haute responsabilité pour la défense de notre pays dans un contexte stratégique instable et avec une société en perpétuelle mutation il est essentiel pour nous et pour tout citoyen qui se sent concerné par les affaires de défense de nous interroger sur le sens de notre mission que voulons nous encore défendre cette question prime sur toutes les autres et elle vient donc légitimement ouvrir notre cycle de réflexion elle suscite par ailleurs et nous nous en félicitons un intérêt vif bien au-delà des rangs de la promotion en effet entre la promotion des parties devant vous et les nombreux youtuber actuellement en ligne c'est plus de 1000 personnes qui vous écoutent actuellement c'est sans doute une performance que nous n'aurions pas réalisé sans les restrictions actuelles preuve qu'on peut toujours tirer parti d'une situation a priori défavorable monsieur le député c'est avec beaucoup d'intérêt que je cède la parole merci beaucoup mon nom mon général messieurs les officiers généraux dames et messieurs les officiers chers amis avant tout je voudrais d'abord vous présenter mes plus sincères excuses pour ce retard bien involontaire j'arrive tout juste de la session plénière à bruxelles et les contraintes actuelles ainsi que probablement de l'horaire du couvre-feu ont créé des bouchons à l'entrée de paris qui font qu'il m'aurait sans doute fallu un char leclerc pour arriver plus rapidement entre les gars je suis désolé d'avoir tant tardé et de partager avec vous cette réflexion avec une rigueur si peu militaire dans l'horaire qui me laisse réellement confus je suis très heureux de pouvoir être parmi vous et je voudrais vous remercier de tout coeur mon général pour votre accueil ici à l'école de guerre c'est un très grand honneur pour moi de venir même de revenir un très grand honneur et je dire aussi un honneur qui se mérite parce que je me sens d'une certaine manière bien illégitime et tout intimidé de venir parler devant vous de cette question de la défense dont vous êtes évidemment des experts bien plus éminents que moi je voudrais réfléchir avec vous non pas en politique qui vous l'avez dit mon commandant nous ne sommes pas ici pour faire de la politique au sens partisan du terme mais avec un regard malgré tout politiques en tous les cas au sens le plus large de ce mot sur la question de la défense avec ce que peut nous donner aussi l'éclairage de la philosophie et l'éclairage de la pensée d'une manière plus générale sur cette question qui me paraît être effectivement centrale effectivement décisive que voulons nous encore défendre quel est notre but de guerre vous l'avez dit mon commandant lorsque on se lance en avant encore faut-il savoir vers où l'on va et quel est l'objectif que l'on se donne quel est l'effet que l'on recherche quelle est la finalité que l'on espère atteindre cette question là est au coeur de l'art de la guerre comme le rappelle un très grand stratège qui fut aussi un très grand philosophe et qui s'appelle claudio vite ce dont je suis sûr vous avez tous ont eu l'occasion ici de lire les travaux claus vite nous dit que la guerre est un phénomène de violence bien sûr mais ce phénomène de violence n'est pas un phénomène de violence aveugle un phénomène de violence gratuite ou qui se déclencherait de lui même la guerre poursuit un but et qui veut connaître la guerre qui veut comprendre la guerre doit savoir quel but elle se donne claus vide c'est un stratège qui ne s'intéressent pas à la guerre de l'intérieur mais pourrait-on dire à la guerre de l'extérieur non pas à la guerre en tant qu'elle est déjà commencée qu'elle est en train d'avoir lieu mais à la guerre à partir de ceux qui l'entourent à partir du contexte qui lui donne sens à partir du contexte qui permet de la comprendre ce contexte est toujours l'indicateur de ce que la guerre porte avec elle deux buts la guerre obéit à une rationalité elle a un but tchèque en allemand son but c'est évidemment la défaite de l'adversaire mais elle a aussi un but s'il en allemand on pourrait dire une finalité et cette finalité c'est ce que l'on cherche à atteindre à travers la défaite de l'adversaire et c'est cette finalité qui donne sa rationalité à la guerre on ne peut pas comprendre la guerre uniquement du point de vue de la tactique pour le dire autrement comme quelque chose qui serait liée à la manière de faire plier l'adversaire on ne peut comprendre la guerre qu'à partir de ce qui l'entourent c'est à dire à partir du but qu'elle se donne de la finalité qu'elle poursuit or cette finalité est précisément du domaine de la politique nous connaissons la formule bien célèbre de clausewitz souvent mal comprise la guerre c'est de la politique continue et par d'autres moyens la guerre est de la politique continue et par d'autres moyens ce que disait que la rose vide ça n'est pas comme aurait pu le dire un machiavel qu'au fond la politique passe parfois par la violence pour arriver à ses fins non ce que veut dire cloud vite c'est que on ne peut comprendre la guerre si l'on ne comprend pas d'abord qu'elle est d'une certaine manière encadrée par la politique que ce qui lui donne un sens c'est le but qu'elle se donne ou le but qui plus exactement de l'extérieur lui est donnée par une communauté humaine une communauté politique qui assume d'avoir quelque chose à défendre et c'est la raison pour laquelle on ne peut pas faire la guerre si l'on ne comprend pas ce que l'on a à défendre ou alors cette manière de faire la guerre devient extrêmement dangereuse parce que la guerre devient à elle même son propre but elle devient à elles mêmes sont propres tout elle devient à elle-même sa propre son une guerre qui deviendrait sa propre totalité c'est cette guerre que klaus vite redouté c'est celle qu'il est en train d'annoncer lorsqu'il laisse inachevé son grand ouvrage sur la stratégie c'est la guerre totalisante c'est la guerre totalitaire celle de ce que clausewitz appelle la montée aux extrêmes celle qui parce que justement la politique ne la canalise plus ne se connaît plus de mesure parce qu'elle devient un but en soi devient sa propre finalité et peut admettre n'importe quels sacrifices y compris des mesures et parce qu'il ne s'agit plus d'abord de défendre quelque chose mais qu'il s'agit d'abord de gagner la guerre parce que ce fake devient de cils d'une certaine manière et parce que seule compte la défaite de l'adversaire quel qu'en soit le prix et quel qu'en soit le moyen c'est la raison pour laquelle la question de savoir ce que nous voulons défendre r disons le une question fondamentale pour toute personne qui se mêlent de guerre que cette personne soit du côté de l'art de la guerre qu'elle soit militaire ou bien qu'elle soit du côté de ceux qui entourent la guerre par sa finalité politique c'est à dire du côté des responsables politiques mais aussi de ses acteurs politiques que nous sommes chacun d'entre nous comme citoyen dans une démocratie acteurs de la vie publique de notre société et volontaires pour y participer en déterminant ces buts que nous voulons a signé à le corps à notre corps politique tout entier pour être un grand stratège nous dit klaus vite il ne suffit pas d'être un bon tacticien il faut dans le brouillard de la guerre savoir discerner le but et gardez toujours à l'esprit la finalité du but il faut aussi savoir comprendre et nous y reviendrons ce que l'ennemi veut défendre ce que l'adversaire a pour but il faut pouvoir interpréter la manière dont il construit son propre objectif stratégique parce que c'est à partir de là que nous pourrons mettre en oeuvre des forces proportionnée c'est ainsi que klaus vite interprète les guerres révolutionnaires qui l'analysent comme une rupture absolument inédite dans l'histoire de la stratégie c'est guerre qui déchire l'europe après la révolution française c'est guerre-là ont changé de nature nous disons en substance klaus vite les guerres ont toujours traverser l'europe elles ont toujours marqué son histoire mais les guerres que se livraient les monarchies du passé n'avait plus rien à voir avec celle qui a été menée par la jeune république naissante elle poursuivait un tout autre but de guerre qui était sa propre survie et les armées qui lui faisait face n'ont pas su comprendre que la guerre avait changé de nature non pas par ses moyens par ses modalités par ces outils mais d'abord parce que quelque chose avait changé dans sa finalité quelque chose qui annonçait justement cette montée aux extrêmes que klaus vite se doutait c'est un grand danger de ne plus comprendre ce que nous avons à défendre parce que ce grand danger nous prive du sens de la guerre et en nous privant du sens de la guerre est bien une certaine manière il ne nous évite pas de faire la guerre au contraire il nous met aux prises avec la menace d'une violence qui devient généralisée comment ne pas voir au fond que c'est de cela qu'il s'agit dans le phénomène auquel nous faisons face aujourd'hui ce phénomène qui est sans aucun doute celui dont nous cherchons le plus à nous défendre le phénomène terroriste le phénomène jihadistes et je voudrais après cette brève lecture de clouds vite se pencher maintenant sur l'actualité de cette question pour nous français aujourd'hui que voulons nous encore défendre de quoi voulons nous nous défendre de qui voulons nous nous défendre de toute évidence bien que les menaces soient multiples bien que les risques soient divers bien qu'il faille se préparer à des engagements dont le spectre n'est pas encore connue aujourd'hui il n'en reste pas moins qu'aujourd'hui dans notre actualité immédiate la menace face à laquelle nous sommes le plus directement mobilisés c'est la menace terroriste c'est la menace djihadiste c'est face à cette menace que nos forces armées sont le plus engagées c'est face à cette menace qu'elle se mobilise aujourd'hui en afrique au moyen-orient et bien sûr de manière marquante évidemment sur le territoire national c'est cette menace qui a porté la violence sur le territoire français il y a maintenant depuis maintenant plusieurs années à travers une succession d'attentats que nous connaissons trop bien malheureusement c'est cette menace qui a frappé à nouveau y compris à bagdad aujourd'hui c'est elle qui représente le spectre de la violence pour nos sociétés de de 2021 il y a évidemment dans le dans le retour de la violence sur le territoire national une forme d' événement inédit d'événements qui ne paraissait pas à s'imposer d'évidence pour une société qui avait cru avec grand livre de francis fukuyama à la fin de l'histoire lorsque le mur de berlin s'est effondré lorsque le bloc soviétique a disparu beaucoup ont cru dans nos sociétés que l'histoire avait tranché que l'histoire s'était achevée avec la victoire d'un modèle unique le modèle de la démocratie libérale et de l'économie de marché beaucoup ont cru que c'en était fini des péripéties de l'histoire humaine et qu' il n'y aurait désormais plus de place pour la confrontation violente que nous allions pouvoir écrire une nouvelle page de la configuration des relations de l'humanité à la surface de la planète à travers les échanges commerciaux qui viendrait apporter par le doux commerce des hommes comme le disait déjà montesquieu une forme de rapprochement universel dans l'interdépendance mutuelle beaucoup avaient pu croire à cette idée de la fin de l'histoire et nous avons été ramené au retour de l'histoire à la fin de la fin de l'histoire par l'expérience de la violence terroriste en particulier par l'expérience des attentats à partir du 11 septembre 2001 et puis bien sûr sur le sol français de manière encore toute récente grande différence cependant entre ce qui a été vécu par la france et le 11 septembre 2001 grande différence entre ces formes de terrorisme le 11 septembre 2001 ressemblait encore à une agression exogènes une agression venus de l'extérieur il s'agissait bien de forces armées non conventionnelles qui avait résolu un projet d' agression contre le territoire américain et qu'il avait projeté littéralement de l'extérieur organisé de l'extérieur en france nous devons faire face aujourd'hui à la menace que fait peser sur nous la radicalisation islamiste de jeunes nés en france grandi en france élevé en france et qui ont passé des milliers d'heures sur les bancs de nos écoles de nos collèges de nos lycées nous avons commémoré tout récemment les attentats menés contre charlie hebdo contre l'hyper cacher et nous avons eu l'occasion d'évoquer ces attentats qui ont été commis par deux jeunes criminels français qui s'étaient retournés contre leur propre pays qu'est ce que cela peut bien vouloir dire de notre société aujourd'hui qu'est ce que cela peut bien vouloir dire de cette question qu avons nous encore à défendre que voulons nous encore défendre il y a évidemment un double enjeu qui n'a pas manqué d'être abordé sur le terrain politique d'abord évidemment un enjeu migratoires la question de savoir si nous avons la capacité d'intégrer est une question qui aujourd'hui est très présente dans les débats politiques mais je n'y reviendrai pas c'est une question proprement politique et ça n'est pas l'objet de notre réflexion de ce soir mais il y a un autre enjeu qui me paraît décisif et qui quelles que soient nos opinions politiques nos sensibilités politiques ne peut que nous concerner tous que voulons nous encore défendre au fond cette question nous renvoie à une fragilité que nous connaissons tous que nous connaissons bien et si elle a suscité un intérêt c'est peut-être parce qu'elles suscitent aussi en nous une forme d'inquiétude savons nous encore ce que nous avons à défendre croyons-nous encore avoir en commun l'idée de ce que nous voulons défendre ne sommes nous pas aussi devant une menace non pas seulement extérieur mais la menace d'un effondrement intérieur de l'effondrement de la conscience que nous aurions de ce que nous avons en commun au fond sur le terrain de la culture sur le terrain de la conscience de ce qui nous tient ensemble sur ce terrain là nous le savons bien nous sommes aujourd'hui face à une difficulté majeure de fait nous faisons toujours comme si la question de la culture n'était pas primordial nous faisons toujours comme si la culture était un sujet accessoires un sujet périphériques comme si la culture était une question superficielles ou superflus et nous l'avons bien vu d'ailleurs à travers la manière dont notre société tout entière à arbitrer ses priorités face à la crise du coronavirus toute crise agit toujours comme un révélateur et en l'occurrence cette crise à témoigner de ce que nous considérions comme étant des priorités essentielles nous avons maintenu ou vers tout ce qui touchait à la nécessité de la consommation immédiate tout ce qui touchait à la nécessité essentiel évidemment de nos besoins vitaux des besoins de nos corps et nous avons laissé fermé tout ce qui tenait à la culture tous qui tenait à la parole tout ce qui tenait au discours à la lecture et à travers ce choix collectif je ne formule pas là une critique politique je me borne à lire un choix de société toute entière car je crois que c'en était temps notre société a regardé pendant longtemps la culture comme une question marginale comme une question périphériques or deux fêtes ce vide que nous avons ainsi susciter ne peut manquer d'être remplie par le contraire de la culture c'est à dire la barbarie ce désintérêt pour la culture et j'appelle ici culture dans le sens le plus large du terme tout ce qu'une génération peut transmettre à une autre ce désintérêt pour la culture appelons ici culture tout ce que les êtres humains est sécrétée par leurs interactions et construire pour pouvoir l'offrir à ceux qui les suivront ce désintérêt pour la culture nécessairement devait être suivie d'une forme de retour de résurgence de la violence parce que ce désintérêt pour la culture ne pouvait qu'être l'occasion de laisser s'éroder en nous le sens d'une culture commune le sens de ce que nous avons en commun le sens de ce que nous partageons et de ce qui ne peut nous liés les uns aux autres dans la question de la culture il y a en tout premier lieu ses connaissances fondamentales qui nous permettent d'entrer en relation et de faire de nos désaccords de nos rencontres parfois conflictuelles l'occasion d'une conversation et non pas d'une confrontation il y a bien sûr le langage la langue la capacité de parler la même langue il y a dans cette langue le sens que nous donnons au mot et l'arrière plan historique qu'il faut pour pouvoir comprendre ce qui est en jeu dans ce qui est prononcée il y a les éléments fondamentaux d'une rationalité que la science peut nous transmettre et qui nous permet d'avoir à travers la compréhension de l'ordre de grandeur est d ordre de mesure à travers la connaissance de ce qui fait une déduction et une argumentation solide la possibilité d'une conversation bien au delà parfois du terrain scientifique et du terrain déductif il y a dans la culture et dans la connaissance la capacité de se repérer dans le temps et dans l'espace de se situer ainsi par rapport aux autres à tout ce qui nous entoure et à la communauté de laquelle on participe il ya la compréhension de ce qui fait le corps collectif qui constitue une nation et voilà tout ce que au fond nous n'avons pas su transmettre vous l'avez rappelé mon commandant mon premier acte public montignac de politique si j'osais a été comme professeur de philosophie de témoigner peut-être même devrait se dire de crier mon inquiétude devant la crise éducative majeur que notre pays traverse et je suis frappé de voir à quel point notre actualitté se concentre sur des sujets de très court terme alors que la seule véritable urgence qui est l'urgence du long terme nous ne savons pas la prendre en compte nous ne savons pas la considérer nous avons consacré des heures et des heures de polémiques politiques interminables sur le retard de notre pays dans la stratégie vaccinale et oui c'est vrai notre pays est en retard dans la stratégie vaccinale mais la stratégie vaccinale se rattrape si nous avons un mois de retard si nous avons deux mois de retard et nous ne manquerons pas de rattraper ce retard et de fait à l'échelle des décennies ce retard paraît bien accessoire comment se fait-il que nous n'ayons pas consacrer autant de notre attention collective à la parution des dernières enquêtes qui ont montré que notre pays était le dernier en europe dans l'enseignement des mathématiques voilà un sujet majeur s'il ne s'agissait que des mathématiques on pourrait considérer qu'il s'agit là d'un cas particulier mais non nous le savons très bien les mathématiques sont évidemment l' indice d'un échec plus global qui est aussi parfaitement documenté par la statistique publique celle du ministère de l'éducation nationale dans des domaines aussi variés que la transmission de la langue nous savons qu'aujourd'hui un jeune français sur 5 à 18 ans nous le savons grâce à vous grâce à la journée défense et citoyenneté qui est l'occasion de faire un test de lecture grandeur nature sur toute une génération un jeune français sur cinq a 18 ans nous disent les statistiques officielles a du mal à lire le français à sa majorité nous savons que au fond dans tous les savoirs fondamentaux nous sommes aujourd'hui en difficulté pour transmettre ce qui fait la condition pour qu'un jeune puisse entrer dans la société d'une manière qui soit bénéfique positive pour qu'ils puissent contribuer à la vie de la société et ceci ne peut pas manquer de déboucher sur une crise majeure en disant cela je ne nie pas la spécificité du phénomène djihadistes auquel il nous faut faire face je ne nie pas la réalité des menaces qui évidemment nous entoure et la réalité de la projection que ceux qui voudraient nous abattre organise et instrumente pour pouvoir mettre à mal notre unité nationale il n'en reste pas moins que si nous voulons leur faire face encore faut-il que nous puissions avoir quelque chose à répondre que nous puissions transmettre à tous les jeunes de notre pays à tous les citoyens en devenir à tous ceux qui le sont aujourd'hui la conscience de ce que nous avons en commun la conscience de ce que nous avons en commun à défendre et voilà pourquoi le défi me paraît être avant tout peut-être culture l intérieur qu avons nous encore à défendre c'est la raison pour laquelle cette question nous est posée si nous sommes en difficulté dans la transmission des connaissances ça n'est pas par accident ça n'est pas parce que nous aurions échoué faute de technique ou de savoir-faire faute de moyens bien sûr il y a des problèmes de techniques bien sûr il ya des problèmes de méthode bien sûr il y a des problèmes de moyens mais le vrai problème au fond le vrai défi au fond la véritable crise elle est d'abord intérieur nous le savons bien cette question de la transmission touche à la manière dont nous nous regardons nous mêmes voilà manière plus justement dont nous ne savons plus nous regarder nous-mêmes dont nous ne savons plus nous voir comme un nous c'est à dire comme une existence collective nous vivons la montée de l'individualisme le développement de cette société l'équipe dont parlait le sociologue zygmunt bauman c'est à dire de la fragilisation de tous les liens de l'érosion de la liquéfaction des liens qui l'unissent les personnes les unes avec les autres et là que la crise que nous vivons aujourd'hui cette crise sanitaire montre aussi à quel point la solitude est un grand mal de notre temps parce que précisément les liens entre nous ce sont à ce point est rodée nous vivons la montée de cette forme de consumérisme d'une relation à l'existence qui ramène tout à l'intérêt individuel qui ramène toute décision à un calcul intéressés et la politique elle même comment ne pas être frappé de ce qu' il est devenu normal d'analyser la politique et les comportements des acteurs politiques aujourd'hui comme un simple jeu de postures ayant pour seul et unique but d'accéder au pouvoir ou de se maintenir au pouvoir comment sait-il que tous les jours dans tous les médias il soit normal de regarder les décisions des responsables publics comme étant toujours l'effet d'une tactique individuelle plutôt que d'une volonté de servir quelque chose qui nous est commun nous nous sommes habitués à cet état de fait et en disant cela je ne porte pas de jugement moral sur les responsables politiques je dis simplement par là que nous n'avons plus conscience que quelque chose de commun peut mériter notre engagement et peut même pourquoi pas mérité le fait que nous donnions notre vie à ceux qui la dépasse infiniment j'ai été tellement frappé de voir comme le philosophe olivier rey qui a publié sur ce sujet un petit essai stimulant tout récemment l'idolâtrie de la vie j'ai été stimulés de voir lens j'ai été frappé de voir là encore à l'occasion de la crise du corona virus à quel point la vie humaine la vie individuelle apparaissait désormais comme le seul tout possible comme le seul absolue possible le chef de l'état le disais dans un entretien récent et là encore je ne me place pas sur le terrain de la politique politicienne et essaye de regarder notre société vivre il le disait et je crois qu'il se faisait avec ces mots le porte-parole de ce que notre société profondément pense aujourd'hui rien n'est plus important que la vie humaine rien n'est plus important que la vie individuelle et c'est la raison pour laquelle il faut tout organiser dans notre société il faut prendre toutes les décisions pour préserver une vie humaine la culture du risque zéro vient immédiatement de ce que nous ne croyons plus que quelque chose puisse dépasser en importance cette existence individuelle c'est cela qui aussi fait perdre son sens je le disais à tous les engagements collectifs et en particulier bien sûr malheureusement à l'engagement politique vu comme une succession de postures vu comme le règne de la communication comme si au fond tout ce que nous faisons devait nécessairement être l'objet d'un calcul et je suis frappé moi même étant aujourd'hui engagés sur le terrain politique de voir à quel point tout y est analysée à quel point nos propres décisions elles mêmes seront toujours regardé comme l'effet de ce le recul nous vivons une forme de deux règnes delà de la communication à travers cela la transformation de la société en marche et la transformation de la politique en marché y compris dans les valeurs que nous invoquons et l'omniprésence de ce lexique des valeurs qui me paraît en fait être un lexique très profondément relativité valeurs sont le produit d'une évaluation qui fluctuent évidemment avec les besoins et les intérêts les valeurs sont ceux qui s'évalue sur un marché et il y à une bourse des valeurs et de fait ce terme lui-même même lorsqu ils voudraient d'écrire des réalités moral est emprunté à l'univers commercial est bien dans ce lexique même apparaît une espèce de vacuité qui désigne ce vide intérieur j'ai été frappée en relisant ces quelques lignes tout récemment de jean jacques rousseau dans le discours hill origins sur l'origine et les fondements de l'inégalité parmi les hommes j'ai été frappé de trouver dans dans son diagnostic quelque chose qui parle à notre temps aussi il n'est pas de mon sujet écrit rousseau de montrer comment n'étant d'indifférence pour le bien et le mal avec de si beaux discours de morale comment tout se réduisant aux apparences tout devient factice est joué honneur amitié vertu est souvent jusqu'aux vis même dont on trouve enfin le secret de se glorifier comment en un mot demandant toujours aux autres ce que nous sommes et n'osant jamais nous interroger là dessus au milieu de tant de philosophie d'humanité de politesse et de maxime sublime nous n'avons qu'un extérieur trompeur et frivole de l'orgueil ce en vertu de la raison sans sagesse et du plaisir sans bonheur au fond il me semble qu'il ya dans cette description mélancolique et bien triste quelque chose qui rend cette question inquiétante qu avons nous encore à défendre si cette question se pose à nous c'est parce que nous nous sentons vide de réponse est peut-être cette question ne pouvait se poser que parce que sa réponse nous paraissait si lointaine que nous reste-t-il à défendre qu'un veau qu'on nous lorsque nous avons besoin d'évoquer quelque chose comme une valeur incontournable comme un absolu eh bien nous parlons de ces valeurs de la république qui nous paraît si importante nous parlons de ce que nous voulons préserver de ce que l'on cultive et et en particulier de cette liberté dont nous voyons bien qu'elle est aujourd'hui menacé nous parlons avec l'attentât qui tout récemment a touché le professeur samuel pâti de cette nécessité de défendre de manière inconditionnelle la liberté d'expression et la liberté de conscience et nous avons raison de tenir à ce combat mais je crois qu'il y a là encore quelque chose qui témoigne d'une difficulté quelque chose qu'ils appellent un dépassement comme si pour toute valeur transcendante nous n'avions plus à proposer que le règne de l'ironie que au fond le la consécration de la deûle à 4 mais je crois malgré tout je crois malgré tout que nous ne pouvons pas nous arrêter à la simple caricature comme la seule proposition que nous pourrions faire à des jeunes de ce que nous avons à défendre de ce que nous avons à partager bien sûr la france et le pays de la caricature la france est le pays d'ironie la france est depuis rabelais depuis voltaire le pays d'une liberté d'expression qui n'a jamais eu peur de s'attaquer aux puissants qui n'a jamais eu peur de défier l'oppression bien sûr et nous devons absolument défendre cela mais si nous croyons à la liberté d'expression et si nous croyons au caractère inconditionnel de la liberté d'expression et de la liberté de conscience c'est d'abord et se doit d'abord être parce que nous croyons à la valeur infinie de la conscience parce que nous croyons aux principes absolus que doit représenter le respect pour une certaine idée de l'homme et cette certaine idée de l'homme voilà ce qu'il nous faut sans doute réapprendre aujourd'hui à formuler de fait nous nous trouvons d'une certaine manière dans une situation d'impasse parce que nous ne savons plus dire ce que nous avons à défendre parce que nous ne savons plus proposer quelque chose comme une transcendance qui offre à tous les jeunes qui qu'ils soient et d'où qu'ils viennent et quelle que soit leur histoire parce que cela est indifférent quels qu'ils soient et d'où qu'ils viennent la possibilité de partager un destin commun et de s'inscrire dans une aventure collective lorsque j'étais encore moi-même enseignants j'ai commencé comme beaucoup de jeunes collègues dans des quartiers plus difficile dans des zones urbaines sensibles où j'étais alors que la guerre en syrie et battait son plein et nous étions alors incité comme professeur à tout faire pour dissuader ceux qui parmi nos élèves pouvaient être tentés de rejoindre les rangs de l'état islamique à l'époque et je me souviens très bien de ce qui nous avait été distribué d'éléments de langage d'outils de communication pour parler à des élèves qui auraient été aspirée par la spirale de la radicalisation le premier de ces éléments de langage qui nous était proposé le premier outil de communication consistait à alerter ces jeunes sur le danger que représentait pour eux ce voyage et cet engagement et il fallait leur dire et nous avions même publié avions eue a diffusé des photographies des images avec ce slogan qui disait fondamentalement si vous allez en syrie là c'est très dangereux vous pourriez y mourir est en moi même je me disais je crois que nous n'avons pas compris que ce à quoi aspire ces jeunes c'est une raison de vivre est fondamentalement une raison de vivre quand on est jeune c'est aussi une raison de donner sa vie ce que nous n'avons pas compris c'est que une raison de mourir c'était peut-être exactement ce que de manière atroce et infâme leur proposait la promesse destructrice du djihadisme j'avais lu avec sidération le récit des entretiens le compte rendu des échanges qui avait été entièrement repris et dont des extraits avaient été publiées dans la presse entre mohamed merah et le policier chargé de négocier avec lui avant qu'ait lieu l'assaut qui devait lui coûter la vie et mohamed merah parlait avec ce policier qu'il connaissait auparavant parce que c'est lui qui l'avait débriefer à son retour en france lorsqu'il était partie recherché précisément des proximités islamistes et il se livre est d'une certaine manière avec ceux à ce policier avec la franchise de celui qui parle une dernière fois à une relation déjà connues et mohamed mira disette à ce policier ce que vous ne comprenez pas c'est que moi j'aime la mort comme vous vous aimez la vie cette formule qui vient de loin en réalité qui a une histoire et qui trouve son écho dans des épisodes historiques anciens cette formule dit quelque chose évidemment de la promesse destructrice du terrorisme djihadiste mais elle dit aussi quelque chose de la difficulté dans laquelle nous nous trouvons aujourd'hui j'aime la mort comme vous vous aimez la vie au fond ce que mohamed merah avait cherché il le disait d'ailleurs exactement ces termes ce qu'il avait cherché plus que tout en partant trouver des terroristes qui pourraient l'initié c'était une fraternité j'ai cherché des frères disait-il j'ai cherché des frères des frères dans la mort des frères dans le fait de détruire et de tuer mais au fond toujours une fraternité savons nous offrir une fraternité sommes-nous capables d'offrir à ces jeunes qui grandissent en france une raison de vivre c'est à dire aussi une raison d'engager leur vie et peut-être de donner de donner leur vie non pas en mourant bien sûr mais de donner leur vie c'est à dire de sacrifier quelque chose de leur propre existence pour accomplir un but qui pourrait la dépasser il me semble que c'est derrière cette question le défi majeur qui est posée à notre société aujourd'hui le reste est presque anecdotique la question de savoir comment nous allons sortir de la crise du coc vide la question de savoir ce que nous allons faire de la dette et comment nous la rembourseront le sujet de savoir comment lutter contre le chômage et le chômage de masse au tout cela ce sont des questions techniques bien sûr elles sont fondamentales elles sont très importantes mais nous voyons bien que nous sommes aujourd'hui à la croisée des chemins parce que ce qui est en jeu c'est la possibilité même de dire encore nous est de défendre encore quelque chose en commun et c'est la raison pour laquelle il nous faut renouer avec le sens de ce que nous avons en commun je soulignerai peut-être simplement trois éléments qui me paraissent fondamentaux pour essayer de répondre à cette question ou tout du moins à défaut d'y répondre car ce serait bien un ambitieux pour décrire des lignes directrices dans lesquelles il me semble que nous avons aujourd'hui à nous engager et à creuser un sillon qui nous conduira à reconstruire ensemble l'unité de notre société et la conscience collective à travers cela de ce que nous avons à des formes d'abord il me semble que nous devons montrer que ce qui nous lie est plus grand que chacun d'entre nous ce qui nous lie c'est ce qui nous a fait un héritage une mémoire partagée une histoire en commun cette histoire nous l'avons trop longtemps décrite seulement comme étant coupable comme étant faite de zones d'ombré et nous avons considéré comme douteux comme dangereux comme inquiétant tout ce qui pouvait nous servir à décrire cette unité de notre société tout entière le terme d'identité est devenu sulfures le terme de nation nous a paru dangereux tout cela au fond nous l'avons mis à distance tout cela nous l'avons regardée avec défiance et pourtant notre société ne commence pas aujourd'hui nous ne sommes pas les propriétaires de ce qui nous a construit c'est ce que j'avais tenté de dire très simplement dans demeure il me semble que nous héritons d'une réalité collective qui a fait de nous ce que nous sommes qui a fait notre propre conscience du monde le regard que nous portons sur lui et qui n'est pas à notre disposition la réalité n'est pas plastique indéfiniment la réalité n'est pas disponible à la décision politique la réalité est précisément quelque chose qui nous résistent parce qu'elle est substantiel res le mot latin chose donne à la fois le terme de réalité et l'idée de résistance il y a justement dans cette existence collective qui ne date pas d'aujourd'hui un élan qui nous précèdent et qui résistent aussi en nous qu'ils résistent et c'est une bonne nouvelle la no herman à nos oublis à nos aveuglements d'aujourd'hui renouer avec cette histoire ça n'est pas à assumer une forme de roman national j'ai toujours trouvé pour ma part assez curieux cette expression comme si il fallait une fiction pour reconstruire notre attachement à ce qui fait une nation car le roman et fiction et c'est la raison pour laquelle nous aimons nous y plonger non nous avons simplement à retrouver le sens de ce qui a fait notre histoire le sens de ce qui fait cet élan qui ne portent jusqu'à aujourd'hui une société écrivent et auguste comte une société est faite de plus de morts que de vivants et je crois que il y à là sans doute une première piste qui doit nous guider c'est toujours dans notre histoire que nous pourrons retrouver ce qui nous poussera vers l'avenir nous avons ce débat français devant nous mais c'est aussi un débat européen et je le vois tous les jours dans nos discussions parlementaires il est très frappant de voir que nous avons construit l'europe sur une forme d'oubli volontaires sur un défaut de mémoire comme si l'union européenne devait être le nom d'une création ex nihilo qui regarderait comme dépasser tous ceux qui l'avaient précédé comme si le but de notre construction politique d'aujourd'hui c'était de tourner la page d'une histoire qui ne serait fait que d'errements d'erreurs et de violence et de conflits nous en avons connus évidemment un symptôme parfaitement clair lorsque dans le débat sur la constitution pour l'union européenne notre pays avait d'ailleurs été au premier rang dans cette voie et c'était à l'époque notre famille politique était aux responsabilités vous le voyez je ne fais pas ici de politique partisane c'est notre pays qui était intervenu avec la voie la plus forte pour refuser que soit inscrite dans la constitution les racines de l'europe comme si au fond il fallait se détourner de nos racines pour nous projeter dans l'avenir comme si il fallait refuser de nommer ce qui nous a faits pour pouvoir inventer notre liberté de demain comme s'il fallait des construire notre passé pour pouvoir être des êtres 9 est capable d'inventer quelque chose qui soit nouveau la vérité c'est que il est impossible de se projeter dans l'avenir si on ne trouve pas dans l'histoire ce qui peut animer notre élan la vérité c'est que toute personne qui a un jour planter un arbre c'est à quel point il est fondamental que les racines soient vivantes si l'on espère encore la sève et lorsque dans sa réponse sur ce sujet encore tout récemment le président de la république a affirmé que ce qui l'intéressait san été par le passé mais l'avenir que ce qui l'intéressait dans ce débat sur lui les racines de l'europe ça n'était pas les racines mais c'était la sève il me semble que nous ne devrions pas avoir à choisir entre les deux que nous ne pouvons pas choisir entre les deux être capable de s'inscrire dans le temps long voilà ce qu'il refera notre force voilà ce qui nous permettra d'écrire ce chant d'amour à une histoire qui peut encore être entonnés par des jeunes je le redis par des enfants d'aujourd'hui quelle que soit leur propre histoire s'ils veulent participer de cette aventure collective car ce qui fait l'identité de la france c'est qu'elle a toujours refusé de définir précisément sont ni identité sa spécificité sur la base d'une ethnicité ce qui fait l'identité de la france c'est qu'elle a toujours porté de manière singulière cette idée universelle qui l'a fait particulière j'y reviendrai pour conclure mais avec le sens de la possibilité pour tous ceux qui veulent la rejoindre d'épouser pleinement ce qu'elle est et de devenir français ce qui fait la singularité de la france c'est cette légion étrangère par exemple qui régiment unique au monde aujourd'hui a su attirer dans le monde entier des soldats qui sont devenus français non par le son refus mais par le sang versé et voilà au fond je crois ce que nous devons retrouver le sens d'un élan qui nous porte de très loin dans notre histoire et qui peut donner encore en vie aujourd'hui à tant d'autres d'être rejoints oui il y a une culture française oui il y à une entité de la france et oui si la france est le pays dans lequel les touristes un peu au moins maintenant bien sûr ont toujours rêvé de venir si la france est le pays le plus fréquenté dans le monde entier par le tourisme international c'est parce que le monde entier sait qu'il y a une culture française quand la france est parfois la dernière à s'enfermer dans le digne dans le déni d'elles-mêmes s'enraciner dans le temps long c'est aussi se projeter dans le temps long et je crois que c'est le deuxième élément qui me paraît fondamental la capacité de s'engager vers l'avenir nous le voyons aujourd'hui nous sommes je le crois à la croisée des chemins dans l'histoire de la mondialisation nous arrivons à un tournant sur le plan géostratégique géopolitique sur le plan tactique mais mon ami notre ami arnaud danjean avec qui j'ai eu le grand honneur d'être élu au parlement européen en parlerait bien mieux que moi avec l' expertise qui est la sienne mais je le constate tous les jours l'europe et la france sont à la croisée des chemins nous vivons la fin de la fin de l'histoire nous vivons le retour de l'histoire je le disais tout à l'heure nous voyons montée des tensions géopolitiques que nous ne soupçonnions pas il y a encore quelques années nous voyons de grands blocs affirmer leur capacité d'autonomie leur capacité d'action leur puissance et disons le affirmé cette puissance avec des modèles extrêmement différent du nôtre nous voyons le défi que représente aujourd'hui pour nous la confrontation entre eux la chine des états unis ces grands blocs qui se font face et au delà de la menace islamiste nous voyons bien à quel point nos sociétés sont au coeur de toutes les influences qui cherche d'une certaine manière à exercer sur elle des forces centrifuges qu'il nous faut encore maîtrisé dans cette perspective est dans ce défi l'un de nos grands talons d'achille me semble être précisément par l'oubli de notre histoire une forme de court termisme dont nous avons peine à sortir je le disais tout à l'heure la crise du coronavirus sera montrée sans doute comme jamais le règne des chaînes d'information en continu nous sommes en permanence le nez fixé sur le dernier événement la dernière statistique la dernière mesure qui sera pourtant changé probablement quelques jours après avoir été annoncée et dans cette espèce de passion pour l'immédiateté nous avons perdu le sens des médiations des transmissions nous avons perdu aussi le sens du long terme vers lequel il faudrait nous projeter un diplomate chinois avec lequel j'avais l'occasion d'échanger récemment me disait votre propre danger votre propre difficulté c'est que vos responsables publics travaillent pour le sondage qui va tomber dans quinze jours alors que nous travaillons sur une échelle de milan sans doute ce exagéré t-il évidemment notre fragilité aussi bien que sa puissance il ne reste pas moins que dans sa remarque se jouait quelque chose que je crois décisif parce que nous avons perdu le sens de l'histoire longue grève ont aussi perdu le sens de ce que l'avenir est long et nous avons tant de mal à nous projeter dans un avenir qui appelle de notre part une stratégie concertée une décision collective qui suppose que nous puissions identifier ce que dans cette nouvelle donne mondiale nous avons vraiment à défendre l'union européenne s'est construite sur l'idée que précisément le monde allait par l'uniformisation que je décrivais tout à l'heure être exposé à de moins en moins de conflits de moins en moins de rapport de force sans aucun doute aussi ce 20ème siècle traumatisant sur les ruines desquels elle est née à tel vacciner l'europe contre le vocabulaire de la puissance nous ne savons plus parler le langage de la puissance nous ne savons plus parler le langage de la défense de quelque chose que nous aurions à faire peser dans la balance et c'est la raison de cet incroyable naïveté naïveté de l'europe dans le monde et l'ayant pas peur de le reconnaître aussi naïveté de la france en europe tant d'occasions de développer ce point pourrait nous être offerte si nous en avions le temps mais vous en avez tous j'en suis sûr dans vos parcours respectif avec vos compétences vous en avez tous déjà fait le constat il me semble que aujourd'hui le rendez-vous pour l'europe le rendez vous pour la france s est sorti de la naïveté qui suppose je le redis de renouer avec le long terme et de réapprendre à se projeter dans l'avenir se réinscrire dans une histoire reprendre en considération le temps long voilà deux défis majeurs il ne s'agit pas de réponse encore une fois mais peut-être simplement d'ouverture à des réflexions qui doivent maintenant me semble-t-il être menées de toute urgence car c'est la seule véritable urgence enfin le troisième et dernier élément et jeu art minerai par là au fond il me semble que ce que nous avons à défendre que ce que nous avons à sauver aujourd'hui et c'est sans doute le plus important le plus décisif c'est la possibilité même d'une nous c'est le sens de cette capacité d'agir ensemble et même de cette volonté d'agir ensemble que voulons nous encore défendre nous devons d'abord défendre le fait même que ce nous existent nous devons d'abord défendre le fait que se nouent veille vouloir défendre quelque chose voulons nous encore vouloir quelque chose friedrich nietzsche avait fait de la volonté de puissance de la volonté vers la puissance la grande maxime qui expliquerait le tout de l'histoire humaine la volonté de pouvoir la volonté de vouloir voulons nous encore vouloir quelque chose il me semble que c'est là ce qu'ils appellent la réflexion la plus la plus urgente pendant la campagne européenne 1 d un des concurrents de la campagne un autre candidat avait eu ce mot que j'ai trouvé extrêmement juste et très estimable d'ailleurs dans l'honnêteté intellectuelle qu'il témoignait il avait dit je me sens bien sûr français mais je me sens plus proche moi qui suis membre d'un milieu parisien inclus dans la mondialisation je me sens finalement plus proche de n'importe quel autre urbain métropolitain inclus dans la mondialisation je me sens plus proche d'un new-yorkais ou d'un berlinois que d'un habitant de limoges ou de quelqu'un qui vit de l'autre côté du rer qui pourtant passe à côté de chez moi la crise des gilets jaunes la fracturation de la société la montée des tensions sociales la montée de la conflictuelle it et sociale et de la même manière aussi je le redis la menace djihadiste et sa capacité de séduction la montée de l'islamiste de l'islamisme et ça et de la radicalisation et la tentation qu'elle exerce sur tant d'esprit aujourd'hui en france et les symptômes sont tellement nombreux les difficultés n'ayant pas peur de le dire sont tellement fréquentes et permettent de prendre la mesure aujourd'hui ne serait-ce qu après la mort de samuel pâti du fait que nous avons encore tant de mal à partager quelque chose comme un nous collectif tout cela c'est autant de recoupements autant de signaux faibles ou forts qui indique que l'existence même de ce nous est en difficulté nous avons besoin nous réinscrire dans une histoire nous avons besoin de nous projeter dans le temps long mais nous avons aussi besoin et peut-être même d'abord de ré apprendre ce qu'est ce nous ce qu'est cette existence collecter cette existence collective ce qu'est la réalité politique finalement la possibilité même d'être une cité non pas seulement de vivre ensemble au sens de vivre les uns à côté des autres sans se faire trop de mal mais la possibilité de délibérer ensemble de dialoguer ensemble d'exprimer nos désaccords et d'éprouver des divergences sans se regarder comme des adversaires comme des ennemis sans rentrer en conflit la possibilité de prendre le temps de la discussion pour pouvoir former une décision collective qui soit vécu comme collective cela même encore une fois je le répète est en jeu aujourd'hui au fond ce que nous avons perdu c'est le sens de ce nous c'est à dire le sens de ce qu'une société est plus qu'une addition d'individus une société est plus que la somme de ses parties exactement comme disait saint-exupéry une maison est beaucoup plus que l'addition des pierres qui la composent et met sa maison ça n'est pas aimé chacune des pierres qui la composent c'est aimer le tout ce qui compte 10 saint-exupéry c'est incertaine arrangements des choses c'est la manière dont les choses s'arrangent la façon dont elles se disent pause ce qui compte c'est un certain arrangement des choses les choses dit saint-exupéry les choses je m'en fous elle subsisteront ce qui compte c'est incertaine arrangements des choses l'amour de la maison c'est le début de la vie de l'esprit écrit saint-exupéry dans la lettre général six lettres un général inconnu qu'on retrouvera dans ses papiers après sa mort lettre qu'il n'avait jamais envoyé resté à l'état de brouillon et qui parce que personne n'aura jamais su à quel général elles étaient destinées trois ou quatre généraux se sont disputés le l'objet a fini par être publié par les éditions gallimard sous le titre de lettres général x cette lettre me semble-t-il dit tout du défi dans laquelle nous sommes aujourd'hui il faut absolument parler aux hommes que faut-il dire aux hommes saint-exupéry nous sommes en 1943 au milieu de la seconde guerre mondiale est engagée contre le nazisme et il a décidé de tout donner évidemment et il donnera tout et il donnera sa vie et évidemment pour mettre fin à cette menace immense qui est sur le point d'aboutir l'europe la menace du totalitarisme nazi mais avec une lucidité immense saint-exupéry écrit que lorsque le nazisme aura été vaincue lorsque le totalitarisme aura été défait alors restera le combat le plus important qui est celui de savoir de nouveau ce que nous avons en commun de savoirs de nouveau ce qui nous lie les uns aux autres de savoir reconstituer cet arrangement des choses on ne peut plus vivre uniquement écrit saint-exupéry on ne peut plus vivre uniquement de publicité de frigidaire et de jeu de la belote il nous faut quelque chose de plus quelque chose de plus grand et c'est cette grandeur de l'existence collective d'une nation qui me semble-t-il doit être retrouvés aujourd'hui et qui ne s'impose plus d'évidence et c'est la raison au fond pour laquelle de manière si singulière c'est la raison pour laquelle la société vous demande temps c'est la raison pour laquelle elle a tentant de vous vous qui incarné l'engagement militaire il m'arrive souvent de rencontrer les officiers des militaires qui s'étonne de ce qu'aujourd'hui on voudrait que nos armées viennent réparer tout ce qui est des faits à l'intérieur de notre société nous rêvons avec une forme de nostalgie du retour du service national nous rêvons que la défense puisse en intégrant tous nos jeunes leur réapprendre cette expérience du collectif cette existence collectif leur réapprendre à être un nous est parfois évidemment militaires se plaignent de ce qu'on ne les laisse pas faire leur métier de ce qu'on ne comprend pas que leur véritable métier c'est celui que la nation a confié à nos armées celui de préparer la défense de notre pays notre sécurité pour garantir la paix après tout n'est ce pas cela que nous avons à défendre mais non ce que nous voudrions que nos armées défendent c'est aussi peut-être le sens de ce nous que vous incarnez aujourd'hui porté l'uniforme choisir aujourd'hui l'engagement militaire c'est accepter de s'engager pour une réalité plus grande que sa propre vie c'est accepter de s'engager bien sûr pour des valeurs pour la paix pour la sécurité c'est accepter de s'engager bien sûr pour des intérêts collectifs c'est accepté et c'est sans doute d'abord cela qui compte de s'engager pour un pays de s'engager pour la nation celui qui s'engage ainsi s'engage pour une réalité particulière on ne défend pas abstraitement la paix ni la sécurité ni la justice dans le monde on s'engage pour le succès des armes de la france on s'engage pour son pays dans l'armée de son pays on s'engage donc même si ce pays a une relation singulière avec l'universalité on s'engage pour un destin particulier le destin collectif d'une nation qui mérite d'être prolongée parce que cette histoire est belle et qu'elle a encore quelque chose à dire au monde qui nous entoure qu'elle peut encore servir l' équilibre de ce monde voilà ce que disent ceux qui acceptent de porter l'uniforme bien sûr ils ne disent pas qu'ils veulent mourir pour leur pays ce n'est pas la leur but ils n'aiment pas la mort il aime la vie bien sûr et ils ne sont en cela pas du tout semblable à la violence terroriste qui lorsqu'elle frappe justement n'ayant pas d'autres buts tactique de détruire et de tuer et plus une réalité politique mais plus la réalité qu'une nation exprime en s'engageant collectivement dans une opération militaire non le militaire ne s'engage pas pour mourir mais il sait qu'il s'engage qu'il engage sa vie et que sa vie est mise en risque d'une manière particulière pour le militaire la mort n'est pas un accident du travail elle a quelque chose à voir avec le danger qu'il a accepté d'assumer en choisissant d'aller partout où la menace peut frapper l'existence même de la nation et c'est la raison pour laquelle l'uniforme fascine autant aujourd'hui c'est la raison pour laquelle vous avez tente à dire à notre pays aujourd'hui parce que ce pays qui ne sait plus ce qu'il a encore à défendre plus exactement qui n'arrivent plus à dire ce nous qui pourraient vouloir défendre quelque chose que nous avons en commun ce pays peut recevoir de vous l'enseignement magnifique de l'aspiration à donner ce que nous sommes pour quelque chose de plus grand que nous ce pays peut recevoir de vous l'exemple d'un engagement que personne ne peut suspecter d'être calculé d'être intéressées et d'être au fond étriqué l'engagement que personne ne peut supposer n'être que pure communication voilà ce que notre pays peut recevoir de vous et c'est la raison pour laquelle au fond il me semble que en venant ici je ne venais pas d'abord vous faire une leçon quelle qu'elle soit mais au contraire vous dire ce qui me paraît le plus important vous dire ce que nous devons tous éprouvé à votre gars que un pays entier qui sent arriver parfois à trouver le mot pour le dire éprouve à votre endroit une infinie reconnaissance parce que vous êtes pour nous aujourd'hui l'un des derniers signes de reconnaissance l'un des derniers signes de reconnaissance de notre destin collectif par vous nous reconnaissons et nous reconnaissons qu'il y a quelque chose comme un nous qui vaut la peine que chacun des jeux qui sont ici s'engage avec sa liberté pour quelque chose qui le dépasse reconnaissance que nous éprouvons tous ensemble à votre endroit et tout particulièrement à l'endroit de ceux qui tout récemment encore ont donné leur vie pour la france au mali je pense évidemment à ceux qui nous ont quittés tout récemment dans cette vague de de deux morts au combat que nous avons vécue comme un deuil national encore et qui nous appellent à redire avec des mots toujours nouveau l'infini reconnaissance que nous avons pour ceux qui protègent cette existence collective qu'est notre nation et qui nous réapprennent à être une nation c'est là sans doute ce que vous nous apportez le plus important de plus essentiel est de plus beau aussi et cela compte infiniment merci encore [Applaudissements] ce député chef de bataillon les critiques in de l'armée de terre car je suis a souligné l'importance d'avoir un ennemi commun pour fédérer une nation et votre parti c'est qu'il faut détruire cet ennemi commun à l'heure actuelle les ni comment désigner c'est l'ennemi c'est le terrorisme islamiste sauf que les terroristes proviennent majoritairement de français ne pensez vous pas que cela risque de déboucher sur une accentuation des fracturations des fracturations intercommunautaires qui sont déjà très grande anse à notre pays merci beaucoup pour cette question elle me permet de revenir sur sur ce passage de notre réflexion de ce soir qui me paraît effectivement décisif la question pardon je crois on m'a dit j'allais l'oublier qu'il faut que je répète la question parce que tout le monde n'a peut-être pas entendu notamment ceux qui nous suivent à distance la question que que vous posiez la question et carl schmitt a dit que pour que une réalité politique existe il fallait qu'elle désigne son ennemi et qu'elle ne détruise aujourd'hui l'ennemi c'est le terrorisme islamiste mais le terrorisme islamiste est porté et c'est la particularité que je soulignais tout à l'heure par des personnes qui sont pour certaines d'entre elles pour beaucoup d'entre elles de nos rangs pour et on dirait qu'ils sont nés en france qui ont grandi en france n'y at il pas là le danger d'une fracturation définitive de la société française c'est celle c'est la question que j'ai que j'ai tenté de poser avec vous et vous avez tout à fait raison de le dire je crois que si on devait revenir quelque chose de carl schmitt il faut pas tout retenir de carl schmitt parce que ce serait sans doute assez dangereux mais si on devait revenir quelque chose de garde schmidt ce serait effectivement la nécessité de désigner un ennemi vous connaissez peut-être cet épisode resté célèbre dans les annales de la philosophie de la soutenance de thèse de jean hyppolite le pardon la soutenance de thèse de julien freund julien freund soutenait sa thèse sur la dialectique hégélienne et sur la notion d'ennemi à la fin de sa soutenance de sa présentation le professeur jean hyppolite qui faisait partie du jury lui pose cette question vous parler d' ennemi vous êtes obsédé par l'ennemi vous voyez partout de l'ennemi mais enfin voyons et moi si je veux n'avoir que des amis il n'y a aucune raison que je sois contraint de désigner un ennemi il ya là une contestation immédiate du propos de 48 pourquoi faudrait-il avoir des ennemis et devait être pendant très longtemps nous avons voulu je le disais tout à l'heure ne plus avoir d'ennemis nous avons vécu avec l'idée de la fin de l'histoire avec l'idée que nous ne pouvions plus avoir d'ennemis et que désigner un ennemi c'était provoquer la guerre c'était provoqué le conflit raison pour laquelle nous avons préféré ne jamais désigné d'ennemis ne jamais regarder l'adversaire c'est en car et c'est encore le cas aujourd'hui à bien des égards et face à bien des menaces je fais une petite excursion dans le dans le dans le sujet d'actualité mais je suis fasciné de voir par exemple au parlement européen à quel point l'union européenne a du mal à sortir de cette passivité à sortir de cette naïveté à reconnaître que oui il existe des menaces et qu' elle doit les regarder en face fasciné de voir la passivité avec laquelle nous accueillons par exemple le comportement très agressif par exemple de de la turquie aujourd'hui alors non pas la france qui a été en première ligne grâce à vous dans ce dans ce dans ces moments de tensions qui ont marqué les derniers mois mais mais l'union européenne elle continue d'entretenir avec une forme de tranquillité sereine la fiction d'une adhésion de la turquie à l'union européenne comme si au fond rien ne s'était passé et lorsque nous disons mais regarder en face ce qui arrive il faut peut-être répondre là on nous rétorque que systématiquement et vous êtes belliciste vous voulez provoquer la guerre bien nous et c'est la réponse que julien freund avait fait un agent hippolyte si quelqu'un vous désigne comme son ennemi vous aurez beau ne pas vouloir avoir d'ennemis il viendra vous la guerre et si vous préférez cultivez votre jardin et il viendra vous faire la guerre jusque dans votre jardin face à la menace islamiste nous avons peut-être pendant trop longtemps pêché par déni de réalité parce que nous ne voulions pas nommé d'ennemis parce que nous ne voulions pas désigner l'adversaire parce que nous ne voulions pas mettre des mots sur la menace qui était en face de nous et que de temps il aura fallu pour que des responsables politiques acceptent de nomi la menace je crois que si nous avons quelque chose à retenir de carl schmitt c'est la nécessité de nommer maintenant vous avez parfaitement raison de le dire la question la question qui se pose c'est la question de savoir comment faire pour détruire l'ennemi et détruire l'ennemi c'est en protéger évidemment tout ce qui pourrait séduire y compris dans notre pays il me semble que de ce point de vue là la réflexion que je tentais partager avec vous est aussi un élément indispensable en tout cas les questions que je partage les questions que très humblement j'ai tenté d'ouvrir ce soir sont des questions qui me paraissent incontournables si nous voulons pouvoir vaincre cet ennemi si nous voulons vaincre cet ennemi il faut commencer par remplir le vide qu'il remplit dans l'esprit et le coeur de tant de jeunes français aujourd'hui si nous voulons vaincre cet ennemi il faut commencer par accepter de transmettre à ces jeunes quelque chose comme un idéal collectif de telle sorte qu'ils ne le chercheront plus par substitution dans celui qui leur est proposée par la promesse islamistes si nous voulons vaincre cet ennemi il faut bien sûr employer des moyens militaires adéquat des moyens sécuritaires indispensables il faut mettre en oeuvre une réponse judiciaire adaptée mais à la fin le défi majeur est et sera le défi culturel le défi intellectuel le défi intérieur et je crois que aujourd'hui nous sommes aussi devant cet enjeu absolument décisif si nous voulons pouvoir faire face à la menace terroriste à la menace islamiste on ne pourra pas répondre uniquement par des moyens sécuritaires à la radicalisation on ne pourra jamais mettre un policier derrière l'épaule de chaque français c'est impossible le vrai défi si nous voulons mettre fin à la radicalisation c'est d'abord encore une fois d'avoir un autre récit à partager or quelle est notre récit aujourd'hui il est je crois malheureusement affecté par cette pauvreté que j'évoquais tout à l'heure parce par ce vide qui me paraît être en quelque sorte peut-être la première menace au fond l'ennemi est nécessaire disait karl schmidt mais plus nécessaire encore sans doute je le crois le fait d'être conscient qu'à la fin le pire ennemi d'une nation c'est toujours ses propres faiblesses sommesous écrivait dans l'art de la guerre nous sommes au sixième siècle avant jésus-christ donc il y a de cela bien longtemps si nous écrivait dans l'art de la guerre que l'armée victorieuse c'est celle qui est plein et qui se jettent sur ses adversaires comme une pierre se jette sur des oeufs celle qui est animé par un élan celle qui est animé par cette aventure intérieure dont elle a pleinement conscience celle là peut détruire l'armée qui lui fait face si l'armée qui perd est vide de substance et de contenu au fond mon pire ennemi c'est toujours toi même d'une certaine manière notre pire ennemi ce sont toujours nos propres vies de nos propres lacunes nos propres insuffisances et l'histoire des civilisations montre suffisamment toute une civilisation ne meurt jamais parce qu'elle a été attaquée et vaincu par ceux qui l'entouraient une civilisation meurt toujours parce que d'une certaine manière elle s'est laissée mourir parce qu'elle ne se croyait plus avoir de raison de vivre et je crois que encore une fois ce que je dis n'empêche pas de continuer de travailler avec toute l'énergie requise pour remporter des victoires militaires pour consolider notre arsenal sur le plan de la sécurité pour renforcer notre chaîne judiciaire tout cela est indispensable mais à la fin nous ne gagnerons cette guerre et nous ne serons à la hauteur ceux qui ont déjà donné leur vie pour que nous puissions la gagne et que si nous savons de nouveau partager ce qui nous rendra plus forts ce qui nous rendra fort enfin ce qui fera la force de tous les jeunes français quel qu'il soit pour résister à la violence qui menace de nous diviser de manière définitive cet engrais sont vos trous d'un marine nationale vous nous parlez beaucoup de prise de conscience de raison et finalement je vais essayer un petit peu quand quand on nous rappelle que l'autonomie de la volonté c'est un savant mélange de devoir et de raison est ce qu'aujourd'hui le citoyen n'a pas oublié qu'il devait et ce qu'il n'a pas oublié qu'il ya des règles qui ont été établies par la nation et finalement comment lui faire prendre conscience de ses devoirs la question qui est posée que je que je répète encore une fois pour ceux qui sont à distance la question qui est posée et nous sommes décidément entre avec de grands films de brillant philosophe ce soir et c'est nous nous appuyons sur le propos de quand nous nous trouverons que toute réalité collective est évidemment l'articulation d'une liberté d'une conscience d'une raison et puis de devoir qui pèsent sur notre agir la difficulté n'était le pack dans la société d'aujourd'hui les individus ont perdu conscience de leurs devoirs et perdu conscience que la nation imposé des devoirs évidemment vous avez tout à fait raison de le dire je crois que ce pan l'abri question et sur quoi se fonde le devoir qui était la question qu ancien par excellence comment fonder le devoir le le risque serait et je crois que nous sommes aujourd'hui face à ceux à ce danger que faute de savoir sur quoi le devoir se fondent nous leur rendions infiniment coercitif de plus en plus coercitif et que nous finissions par ne le rendre opératoire que par la menace de la sanction qui se multiplieraient à l'infini faute d'une conscience claire de la signification du 2 voir si nous ne savons pas pourquoi nous avons des devoirs en effet le seul moyen la seule manière de faire respecter le devoir et bien c'est d'utiliser le bâton et le grand paradoxe est qu une société libérale ou une société qui en tous les cas à retirer du libéralisme le sens d'une forme date hommisme social d'individualisme une société qui a poussé disons le libéralisme jusqu'à ne plus croire à la réalité du collectif pourrait devenir finalement la société la plus coercitives qui soit précisément parce que le devoir n'est plus régulé par la manière dont chacun y adhèrent mais seulement imposée par la contrainte et la sanction il me semble que le le défi devant lequel nous sommes placés et toujours je le redis le même c'est la question de savoir comment nous regardons le devoir comme l'effet de notre liberté aujourd'hui au fond quand quand nous quand nous cherchons à définir la liberté nous la définir ont toujours comme cette liberté d'indétermination qui est le propre de sa définition moderne disons la liberté c'est le fait d'avoir le choix le fait d'avoir une pluralité de choix devant soi et de stands ville à la société ne peut qu'être un problème pour ma liberté parce que je vis en société je n'ai plus tous les choix possibles montchamp d'options se restreint de fait si la liberté consiste à avoir le choix le fait que les autres existait un problème pour ma liberté parce que en existant il m'impose leur propre liberté et ainsi ils restreignent la dimension de mes choix possibles tous ne m'appartient plus puisque les autres sont là l'existence de l'autorité est évidemment une restriction imposée à ma liberté car quand l'autorité s'exprime alors je n'ai plus le choix je suis contraint de la suivre donc l'autorité restreint la liberté l'altérité restreint la liberté si la liberté consiste à avoir le choix si la liberté consiste à faire ce que l'on veut cette définition de la liberté qui est réellement propre à la modernité cette définition regard de l'autorité comme une menace et est de ce fait elle tente de trouver un compromis entre la liberté de l'individu le devoir à l'égard du collectif comme si au fond la liberté des uns s'arrête là où commence celle des autres et nous sommes chacun d'entre nous avec notre bulle de liberté mais qui est malgré tout fini limité parce que les autres sont là aussi et qu'il faut bien les prendre en compte et c'est à cela que répondre l'ordonnancement de la société au fond les règles sociales serait comme une espèce de code de la route qui nous permet de rouler ensemble sans nous mettre en danger de rester en sécurité alors que d'autres libertés sont présentes le devoir doit trouver un compromis avec l'autonomie personnelle et disons le au fond la liberté un compromis avec l'autorité et l'altérité il me semble que cette vision est en fait catastrophique précisément parce qu'elle décrit l'autorité comme un problème parce qu'elle décrit l'altérité comme une gêne parce qu'elle se prive de l'expérience de ce nous que nous évoquions tout à l'heure le propre du devoir que construit l'existence de la décision politique en particulier dans une exigence démocratique c'est que c'est l'effet de ce nous qui s'engagent dans une direction déterminée c'est nous qui voulons de voir quelque chose je disais tout à l'heure voulons nous encore vouloir la question est aussi voulons nous encore devoir et les deux questions sont liées la définition la plus satisfaisante de la liberté ne me paraît pas être celle que nous donne la modernité la définition la plus satisfaisante de la liberté ne me paraît pas être d'avoir le choix d'ailleurs à ce compte là on aurait sa liberté que tant qu'on n'aurait rien choisi parce que quand vous avez choisi quelque chose vous n'avez plus le choix vous avez fait un choix et choisir c'est renoncer la véritable définition de la liberté ne me paraît pas être celle qui consiste à dire qu'il faut avoir le choix ou faire ce que l'on veut mais au contraire qu'il faut choisir être libre ça n'est pas avoir le choix être libre c'est faire un vrai choix c'est choisir de s'engager c'est choisir les liens dans laquelle on s'engage c'est choisir les devoirs que l'on veut assumer c'est choisir ce que l'on veut regarder comme étant une autorité tu veux te connaître toi-même demande nietzsche dans schopenhauer éducateurs tu veux te connaître toi même alors demande toi à qui tu veut obéir ils apparaissent assez dans par-delà bien email toujours nietzsche il apparaît encore une fois qu'au ciel et sur la terre une seule chose honte et c'est d'obéir longtemps et dans la même direction de la et de la seule résulte quelque chose qui fait que la vie vaut la peine d'être vécu quelque chose qui fait que la vie est capable de donner naissance à quelque chose de raffiner de fou de divin quelque chose comme la danse la poésie la musique la philosophie nietzsche que l'on regarde souvent comme le destructeur de la morale il apparaît qu'une seule chose compte aussi aller sur la terre et c'est d'obéir longtemps et dans la même direction la véritable définition de la liberté est sans doute celle de celui qui s'engage dans une voie déterminée et plus nous engageons notre liberté dans quelque chose que nous avons résolu de suivre plus nous faisons une authentique expérience de liberté cette liberté encore une fois consumériste qui consiste à avoir le choix qui consiste à rentrer dans son existence comme un consommateur dans un catalogue de supermarchés en voulant avoir devant soi le plus grand palais de la plus grande palette d'options disponibles cette liberté là ne peut que nous tétaniser que la meilleure chose à faire si vous voulez toujours avoir le choix c'est de ne jamais rien acheter quand vous achetez quelque chose vous choisissez et donc vous renoncer mais c'est au moment où vous décidez quelque chose que vous faites une expérience de la véritable de la véritable liberté être vraiment libre ça n'est pas faire ce que l'on veut être vraiment libre c'est vouloir vraiment ce que l'on fait et cela implique d'avoir le sens de ce que l'on doit à ce que l'on a voulu rien de grand ne se fait qu'il n'était d'abord appris répété qu'ils ne soient le produit d'un entraînement d'une exigence qui n'était été reçue aussi et je reviens à cette question de la transmission qui n'était reçu de m qui ont fait par leur autorité grandir notre liberté aucun d'entre nous ne serait ce qu'il est aujourd'hui s'il n'avait pas eu d'abord des maîtres expression que nous avons banni là encore de notre langage ordinaire y compris dans l'éducation nationale si nous n'avions pas eu des maîtres pour pouvoir accompagner notre propre cheminement notre propre progression vers notre propre liberté et vers son accomplissement c'est parce que nous avons pour reprendre votre expression c'est parce que nous avons pendant des années fait nos devoirs que nous sommes devenus capables de parler de penser d'écrire et ainsi que nous sommes devenus capables de conquérir notre propre liberté intérieure c'est parce que nous avons suivi le chemin du devoir que nous sommes arrivés par ce cheminement progressif jeu ce cas notre liberté c'est parce que nous avons rencontré une autorité c'est parce que nous avons rencontré une altérité que notre liberté a grandi il me semble que on rendrait un très mauvais service à l'autorité en expliquant que les individus ont aujourd'hui perdu le sens du devoir parce qu'ils veulent défendre leur liberté ils ont perdu avec le sens du devoir ils ont perdu leur liberté et je crois que c'est ce qu'il y a de magnifiques d'ailleurs jeu sans doute la marine nationale est-elle larmes que j'ai eu le plus le privilège de fréquenter en ayant la grande chance de pouvoir embarquer à plusieurs reprises j'ai toujours été très marquée de 2 précisément de cette expérience très forte de l'autorité qui se vit sur un bâtiment vous le savez peut-être la navigation et la métaphore qui représente la politique depuis que la philosophie est né depuis platon quand on cherche à parler de l'autorité politique ont décrit à société comme un bateau parce qu'un bateau c'est le lieu qui matérialise de la manière sans doute la plus concrète possible l'expérience d'un collectif et le fait que lorsque nous sommes tous embarqués ensemble alors il faut que quelqu'un assume le service de la décision pour pouvoir nous permettre de naviguer en sécurité d'abord bien sûr et pour pouvoir garantir au fond ce climat de liberté qui j'en étais à bien des reprises de témoins règne justement dans les lieux où l'autorité s'exerce le plus naturellement le plus paisiblement le plus humblement mais aussi le plus tranquillement possible et je crois que ce sens du devoir ne doit pas être opposé à l'idée de la liberté mais bien au contraire regardez comme le chemin vers la véritable liberté et c'est dans cette redécouverte que sans aucun doute notre société pourra retrouver ce que quand décrivait en effet comme cette articulation magnifique de la conscience de la raison et de la morale pour construire le chemin de notre existence monsieur l'éviter une question beaucoup plus terre à terre il ya un consensus que ce soit sur le plan de la société sur le camp également du monde politique pour dire que l'éducation nationale ne coûte très cher qu'elle n'est pas efficace qu'elle n'est pas efficiente certains parlent à une époque du mammouth incapable de réformer on pourrait donner beaucoup de causes salaires des professeurs très faibles après des concours difficile voire très compliqué etc on pourrait aussi noté une monopolisation croissante de l'état sur l'éducation depuis le 19e siècle avec aujourd'hui une partie de l'éducation sous traiter à l'enseignement privé et en parallèle on note des systèmes parallèles se construisant de plus en plus or certains penseront à l'instruction aux familles qui revient à la mode d'aujourd'hui d'auto-école en contrat moi je pense à une des premières voix qui fonctionne le mieux dans l'éducation c'est un cadeau bien fait avec des inégalités sociales qu'ils continuent à croître est ce qu'il ne serait pas temps de mettre fin au monopole de l'éducation nationale peut-être en se basant sur ce que d'autres pays font et ce qui s'appelle le shaq scolaire alors moi je citerai pas quand mais juste jeunes seniors qui disait l'amour ne se fait pas payer autant s'appelle de la prostitution il en est de même pour l'enseignement l'enseignement se donne se dispense que pensez vous en tant que peut-être députés mais sûrement professeur de cette idée qui furent fait régulièrement sur place de fait aujourd'hui alors la question est assez longue je ne sais pas si je vais réussir à la répéter tout entier mais elle se termine par cette magnifique phrase l'amour comme l'enseignement ça ne se vend pas ça se donne de fait si vous savez peut-être que la grande distinction entre le philosophe et le sophiste à l'époque de socrate de platon c'est que le philosophe c'est celui qui enseigne gratuitement alors que le sophie se fait payer pour ses cours on peut considérer qu'aujourd'hui en france en effet rentrée dans l'éducation nationale est de se conduire à un très grand acte d'amour mais alors la question touche pour le dire d'une manière très générale à la crise actuelle de l'éducation et à la manière d'y répondre et vous formulez la suggestion de remplacer le modèle de l'éducation nationale d'aujourd'hui par un modèle de chèques scolaires alors revenir sur le sujet ducasse nationale ça appellerait beaucoup de développement il faudrait presque il revenir ça supposerait aussi peut-être de rentrer sur un terrain politique qui n'est pas lieu ici de d'investir j'ai conscience de l'occasion qui nous réunit est je crois que c'est c'est important de ne pas de ne pas déroger à la règle qu'il qu'elle impose je dirais simplement deux choses que je que je crois être fondamental la première c'est que oui nous vivons une crise majeure de l'éducation en france aujourd'hui c'est un fait il faut le dire le rappeler il faut le crier parce que vous dites qu'il ya consensus pour le dire je ne suis l'enquète team ce qui est paru tout récemment nous montre que la france arrive en dernier dans les pays européens pour l'apprentissage des mathématiques en quatrième et en première dernière la dernière nous sommes même derrière le l'azerbaïdjan derrière la géorgie nous sommes à quelques points au dessus de l'albanie mais à 200 points en dessous du japon dans la classification voilà on est vraiment très très loin des standards qu'on pourrait attendre de l'éducation nationale en france en particulier en mathématiques qui est quand même une discipline phare en france la france est le deuxième pays au monde pour le nombre de médailles fields donc l'équivalent du prix nobel de mathématiques et puis évidemment très loin de ce que l'on pourrait attendre eu égard à l'investissement de la france dans son éducation la france est le septième pic mondial et l'éducation nationale c'est le deuxième budget de l'état après la charge de la dette c'est le premier budget opérationnel de l'état la france est un pays qui dépensent en moyenne plus par élève que la plupart des pays avec lesquels elle est comparée dans cette dernière enquête internationale par ailleurs disons dernières statistiques qui me paraît fondamental pour comprendre aussi cette fracturation de la société que je voulais tout à l'heure la france est aujourd'hui le système scolaire le plus inégalitaire de tous les pays de l' ocde depuis l' enquête pisa de 2013 ce chiffre n'a cessé d'être confirmée dires de tous les pays de l' ocde la france est le pays qui produit la plus grande différence entre ce qui réussit et ceux qui échouent donc il y a encore des élèves qui réussissent très bien dans notre pays heureusement on peut en être très heureux mais la différence est abyssale avec ceux qui sont en échec et deuxièmement la france est le pays dans lequel le parcours scolaire d'un élève et le plus directement prédictible à partir de son milieu social d'origine c'est très important de dire ça parce que c'est une blessure très grave dans la promesse méritocratique de la république c'est une blessure évidemment impardonnable je veux dire par là que nous faisons croire à l'égalité des chances alors que cette égalité des chances en réalité n'existe pas je ne crois pas pour ma part je le dis très simplement je ne crois pas qu'on compensera avec de la discrimination positive ou avec des politiques de quotas l'inégalité profonde que l'école de la république a laissé s'installer la véritable justice consiste à donner à chaque enfant le meilleur de notre culture le meilleur de sa culture parce qu'il est français c'est sa culture c'est sa langue le meilleur de cette connaissance qui lui permettra d'accomplir son propre destin et là se trouve la véritable égalité qui est au coeur encore une foi de la promesse républicaine et c'est absolument fondamental donc oui vous avez raison d'attirer l'attention sur ce point c'est un sujet absolument essentiel et je crois que c'est le sujet crucial pour notre avenir vous disiez que la question était plus concrètes plus triviale peut-être mais au fond c'est la même question je veux dire par là que ce que nous avons évoqué tout à l'heure n'était pas abstrait c'était d'abord au fond de la capacité d'être une société que nous avons parlé ce soir et elle commence par le fait de réparer l'école pour que l'école puisse transmettre à chaque jeune la conscience ce à quoi il doit d'être ce qu'il devient et le devenir pleinement la deuxième chose que je voudrais dire et je le dis très brièvement mais encore une fois il faudrait beaucoup plus de temps pour développer sur ce sujet oui je le redis nous avons évidemment à mieux nous organiser nous avons à mieux organiser nos moyens nos méthodes nous avons à réformer et la structure peut être d'une administration qui ne donne pas satisfaction il d'ailleurs fascinant de voir à quel point les mauvais résultats s'enchaînent sans que au fond la sonnette d'alarmé ne soit jamais réellement tirer elle sent que jamais des décisions drastiques ne soient enfin prises oui nous pouvons envisager des modèles très variés pour organiser l'éducation de notre société malgré tout je crois je continue de croire je suis un professeur de l'enseignement public et je continue de croire que un pays comme le nôtre sonore d'organiser la manière dont tous ces enfants pourront recevoir ensemble le meilleur de notre culture je crois absolument à la liberté je crois absolument à la liberté des parents de choisir pour leurs enfants l'éducation qu'ils souhaitent c'est fondamental y compris dans des débats d'actualité terrain sur lequel je n'entrerai pas et je crois qu'en même temps il est bon et sain et légitime qu'un pays puisse se doter d'un outil qui permette à tous les enfants qui le souhaiteront dans les familles le souhaiteront d'avoir accès à une instruction gratuite libre et qui leur permettent encore une fois de rejoindre la nation je crois que nous n'avons rien à gagner pour le dire autrement a détruit quelque chose qu'il faut au contraire réparer et je le dis d'autant plus simplement que il me semble que nous en sommes capables le travers dans lequel nous tombons aujourd'hui n'est pas consubstantiel à l'éducation nationale bien sûr nous pouvons regarder ce qui dans d'autres pays du monde fonctionnent mieux bien sûr nous pouvons nous inspirer des comparaisons internationales bien sûr il faut avec pragmatisme essayer de regarder comment nous pouvons nous inspirer des exemples les plus réussis mais nous pouvons aussi puiser dans notre histoire de quoi ré apprendre à enseigner l'école française a été l'une des plus efficaces au monde elle a été celle qui a si tu es une nation à partir d'une société incroyablement fracture est incroyablement divisée lorsque vous lisez peggy lorsque vous lisez camus lorsque vous lisez les grands écrivains français qui parlent de leur professeur et qui disent ce qu'ils doivent à l'enseignement public vous comprenez que l'échec actuel de l'enseignement public n'a rien d'une fatalité lorsque camus reçoit le prix nobel de littérature la première personne à laquelle il écrit c'est à son professeur à son instituteur qui lorsqu'il était enfant dans une famille pauvre dans les faubourgs d'alger cet instituteur qui lui avait appris à lire à écrire c'est à lui qu'il adresse sa première lettre après avoir reçu le prix nobel de littérature pour lui dire sa gratitude et le vieux professeur lui répond à ce jeune élève qui avait fait son chemin fait d'une manière si brillante avec ces mots tellement touchant il commence à l'être uniquement mon cher petit albert camus prix nobel de littérature écrit à monsieur germain et monsieur germain répond mon cher petit nous avons de quoi être fier de ce que l'école française a su faire a su être pour ceux qui l'ont fréquenté il n'y a aucune raison que nous restions dans cette situation d'échec et oui nous avons bien sûr des réformes à faire sur le plan technique méthodologique sur le plan économique sur le plan budgétaire oui bien sûr vous avez raison de le dire il faut sortir les professeurs du déclassement dans lequel leur métier s'enlise ce qui suppose bien sûr de s'organiser pour mieux les rémunérer tout cela est fondamental mais à la fin la seule vraie question qui nous est posée c'est voulons nous encore transmettre que voulons nous encore transmettre je suis un professeur qui a été formé dans un iufm où on nous expliquait que nous ne devions surtout pas transmettre des connaissances que nous n'avions rien à transmettre j'ai été accueilli dans mon métier par ces mots qu'un inspecteur général prononcer à notre arrivée vous n'avez rien à transmettre il nous recevait dans notre métier est au fond c'est la raison pour laquelle le défi éducatif est le même que celui que nous avons échangé sur lequel nous avons échangé ce soir que voulons nous encore défendre qu avons nous encore à transmettre c'est une seule et même question et je crois que vous pouvez faire nous pouvons faire toutes les réformes que nous voudrons y compris encore une fois 2 de confier l'enseignement entièrement au secteur privé si on vous laisse ici appliqué la vraie question qui nous est posée c'est une question de société c'est une question intérieure est ce que nous voulons encore transmettre que voulons nous encore transmettre et cette question là aucune réforme technique ne nous donnera la réponse qui nous permettra de reconstruire ce que j'ai dit est évidemment un appel à regarder la question dans toute sa profondeur c'est aussi un en vérité une invitation à l'espérance parce que nous ne sommes pas condamnée à échouer et parce que j'en ai fait moi même l'expérience et je peux en témoigner lorsque nous allons devant des élèves encore une fois quel que soit leur propre histoire lorsque nous avons devant des élèves et vous l'avez vécue comme moi j'en suis sûr comme officier avec le désir de transmettre ce que nous avons reçues et qui anime notre élan alors nous retrouvons toujours en eux toujours la soif infinie d'apprendre le désir de recevoir l envie de partager quelque chose d'exigeant quelque chose qui est plus grand que nous mais qui en étant plus grand que nous nous permet d'atteindre notre propre moteur et de nous rejoindre vraiment merci encore infiniment [Applaudissements]