De la victoire de 2012 au crash de 2022 : Anatomie d'une perte d'influence (Documentaire)
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« Le déficit public s'élève à 5,2 % du PIB et le chômage frôle les 10 %. »
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« La cour des comptes dit que ça va très mal. »
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« François Hollande apporte une réponse qui est et bien il faut aider les entreprises. »
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« Je vais vous dire qui est mon adversaire. Cet adversaire, c'est le monde de la finance. »
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« Ce qu'il nous propose, c'est finalement, comme il a dit lui-même, l'accélération de politique qu'il faut bien appeler d'austérité. »
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« J'ai indiqué cet après-midi à monsieur le Premier ministre que s'il jugeait que je me trompais, s'il jugeait que mes convictions étaient contraires aux orientations du gouvernement qu'il dirige, dans ce cas, je croyais nécessaire de reprendre ma liberté tout comme il accepte de me la rendre. »
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« Ceux qui s'occupaient de de d'économier euh euh savaient très bien qu'il était sur une ligne très libérale. »
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« Emmanuel Macron est perçu comme quelqu'un qui a une nouvelle approche. C'est le fameux en même temps avec l'espoir qui renaît à gauche. »
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« Aussi, j'ai décidé de ne pas être candidat à l'élection présidentielle. »
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« Je ne veux pas d'une gauche qui fait des propositions à crédit pour perdre totalement son crédit. »
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« Olivier Fort dans quel état on est quand on est patron d'un parti qui a fait 1,7 % à la présidentielle un grand parti comme le Parti socialiste ? »
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« Je n'aurais pas de mal à y retourner. »
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[musique]
6 mai 2012, c'est un soir de fête inoubliable pour le Parti socialiste. [acclamation] Et aujourd'hui, presque un souvenir lointain, un âge d'or révolu pour une partie du PS. [acclamation] La dernière célébration d'une victoire à la présidentielle il y a 14 ans. [acclamation] Merci. Merci peuple de France. ici rassemblé [acclamation] de m'avoir permis d'être votre président de la République. Sur la place de la Bastille, des milliers de personnes exultent.
[musique]
Vraiment un moment de grande joie, dynamisme, énergie et enthousiasme. Comme une résurrection après le traumatisme du 21 avril 2002 et l'élimination de Lionel Jospin à l'élection présidentielle. [acclamation] Le Parti socialiste est alors de retour au pouvoir 31 ans après la première élection de François Mitteran. Oui, c'est vrai qu'on était dans une situation unique, même plus importante que celle de 1981. Gagné la présidence, la perspective d'avoir une majorité [musique] législative se dessinait. La gauche était majoritaire au Sénat. on est à l'apogée euh très clairement de de ce qu'est la gauche dans dans ce pays. Il faut qu'on soit irréprochable. Euh faut qu'on soit à 110 %.
Dans ces moments-là, il faut se lâcher un peu, faut en profiter parce que dès le lendemain, les problèmes commencent. Parti dominant en 2012, le PS a progressivement perdu tous les leviers du pouvoir. Comment son influence s'est-elle effondrée face à la montée en puissance de la France insoumise jusqu'à être rejeté aujourd'hui par une partie de l'électorat de gauche. PS comment le parti qui désignait la finance comme ennemi ? Qui est mon adversaire ? C'est le monde de la finance. C'est-il déchiré sur l'économie et quelles conséquences les divisions passées ont-elles sur la primaire actuelle ? C'est comme ça que se passe un débat. Parle pas comme ça. 20127 a a tué la camaraderie.
C'est la fin d'une histoire. Oui, le paix est mort. Je crois pas du tout. Je crois que le socialisme et les socialistes ont le cuir dur. D'hier à aujourd'hui, plusieurs acteurs emblématiques du parti, un ancien premier ministre, un ex-député, une ministre frondeuse reviennent sur 15 ans de fracture OPS. Avec cette question : quelle place le parti à la rose peut-il encore occupère à gauche ? Pour comprendre les divisions actuelles au PS, il faut d'abord rembobiner le quinquena Hollande. Dès son arrivée à l'Élysée, le président prend de plein fouet la situation économique du pays. Le déficit public s'élève à 5,2 % du PIB et le chômage frôle les 10 %.
Alors, ministre de l'intérieur, Manuel Vals était aux premières loges. Il y a une crise de l'euro. Euh, il y a une tension permanente sur euh les marchés. La France et pas surveillance directement mais enfin elle est observée. L'adition laissée par Nicolas Sarkozy était salée. Vient le moment solennel du conseil des ministres. Cela fait 10 ans que la gauche n'avait pas siégé dans le salon Mura. Holland des héros aurait dû dire bah écoutez [musique] on a une situation financière qu'on avait pas imaginé. La cour des comptes dit que ça va très mal.
Bah voilà, il faut changer, il faut des mesures, il va mieux affronter tout de suite l'opinion et lui dire la vérité plutôt que d'augmenter euh euh les impôts. Cette politique fiscale heurte aussitôt l'opinion publique. Comment par ailleurs lutter contre le chômage de masse ? François Hollande va tenter un paris économique avec le CICE. C'est donc ce fameux crédit d'impôt pour les entreprises. 20 milliards qui permettront d'alléger le coût du travail. Une mesure clivante à gauche comme nous l'explique le politologue Bruno Cotè. Si on veut de la justice sociale, il faut qu'il y ait de la croissance économique qui mette du carburant dans la machine à distribuer de l'égalité.
Et François Hollande apporte une réponse qui est et bien il faut aider les entreprises. Et on sait que dans la vie politique française à gauche, aider les entreprises c'est souvent qualifié de cadeaux. En 2014, François Hollande veut aller plus loin. Il propose le pacte de responsabilité. Il est fondé sur un principe simple. Moins de charge sur le travail, moins de contraintes sur leurs activités et en même temps une contrepartie, plus d'embauche et plus de dialogue social. Et le 14 janvier, lors d'une conférence de presse à l'Élysée, le président assume sans détour sa ligne politique comme s'il tombait le masque. Suis-je un social démocrate ? Oui.
Au sens où ce pacte de responsabilité, qu'est-ce que c'est d'autre qu'une démarche de compromis social donc social-démocrate ? Et là, immédiatement on a une querelle interne parce que immédiatement vous avez dans le groupe parlementaire une opposition qui se constitue. Je trouvais qu'il prenait un contrepied par rapport aux angles qu'il avait développé pendant sa campagne. Une campagne marquée par cette phrase emblématique qui avait rassemblé l'électorat de gauche. Je vais vous dire qui est mon adversaire. Cet adversaire, c'est le monde de la finance.
[applaudissements] Alors, en ce début de Quinquena, la politique économique de François Hollande est perçu comme une trahison pour une partie du PS. Sur l'aile gauche, les premières fissures apparaissent. Je reste un peu perplexe. Quand on fait de mauvais diagnostics, on propose rarement de bonnes solutions. Ce qu'il nous propose, c'est finalement, comme il a dit lui-même, l'accélération de politique qu'il faut bien appeler d'austérité. Il a fallu le faire parce que c'est ça que demandait notre économie. Pour dire les choses d'autr, les contradictions nous ont pété à la gueule. Manuel Vals était en première ligne. En 2014, sa nomination comme premier ministre accentue les crispions.
Il était soupçonné au fond d'être trop à droite. C'est considéré par une partie du Parti socialiste comme une provocation. Et la rupture devient publique en août 2014. Je sais, je suis bien embêté. Oui, je connais. À la fête de la rose à Frang en Bresse, Arnaud Montebourg et Benoît Amont, deux ministres de l'aile gauche du PS, vont défier le chef de l'État. Aujourd'hui, l'entêtement et l'obstination à poursuivre les politiques de réduction des déficits et donc une erreur qui risque d'être mortelle et il faut avoir l'intelligence d'en sortir.
Arnaud Bondbourg va avoir un propos ce jour-là qui va être jugé par l'Élysée comme presque insultant, en tout cas défiant l'autorité du président de la République. Je vais lui envoyer une bonne bouteille de la cuvée du redressement au président hein. Présent ce jour-là, le député Razi Amadi assiste à la provocation. Ce qui suscite mon effroid, c'est que je vois sous mes yeux l'effondrement. À partir du moment où [musique] on rentre en confrontation à la vue de toutes et tous, qu'on s'oppose avec plus de violence que ce que l'on pourrait exprimer vis-à-vis de nos ennemis et nos adversaires politiques, c'est la fin.
Dès le lendemain, le ministre de l'économie Arnaud Montbourg est poussé vers la sortie. J'ai indiqué cet après-midi à monsieur le Premier ministre que s'il jugeait que je me trompais, s'il jugeait que mes convictions étaient contraires aux orientations du gouvernement qu'il dirige, dans ce cas, je croyais nécessaire de reprendre ma liberté tout comme il accepte de me la rendre. Faut pas faire autrement parce que quand vous avez un gouvernement, c'est ça peut pas être le bordel. permanent et le ministre de l'économie, il a un rôle très important, y compris de cohérence, de confiance vis-à-vis notamment et des partenaires européen euh mais aussi vis-à-vis du monde économique et social.
Et les départs s'enchaînent. Benoît Amont, le ministre de l'éducation nationale, quitte lui aussi le gouvernement et ce n'est pas le seul. Aurélie Philippetti, elle a pris les devant dans une lettre ouverte adressée au président et au premier ministre. Elle annonce son départ du gouvernement et déplore que le couple exécutif coupe court à tout débat économique. Je pense qu'ils avaient un peu perdu de vue les gens qui avaient voté pour nous et que l'ont représenté. Et pour moi, c'était ça la chose la plus grave en fait. C'est j'avais l'impression qu'il s'éloignait de ceux qui nous avaient mis là où on était. Ce sont des personnalités à l'époque emblématique du Parti socialiste.
Et bien leur départ du gouvernement évidemment est perçu comme une dégringolade et comme le signe que François Hollande finalement n'arrive plus à gouverner avec son propre parti. Dans ce marasme ministériel, Jean-Christophe Cambadellis prend la tête du PS. Devant les journalistes, il s'efforce de faire bonne figure. C'est le type de PS que je veux construire. Un parti socialiste rassemblé. combatif qui soit en capacité d'aider le gouvernement. Pour tout vous dire, en arrivant à Solferino, je me suis dit c'est trop tard parce que nous sommes dans une situation où il va falloir aider le président de la République et en difficulté avec une contestation interne.
Donc je me dis je vais faire ce que je peux. Bon, essayer de rassembler. Une mission périlleuse alors que François Hollande et Manuel Vals continuent leur virage économique avec un nouveau venu. Et l'inconnu qui arrive en pleine lumière, c'est donc Emmanuel Macron, l'ancien conseiller économique de François Hollande, ancien banquier d'affaires. L'arrivée d'Emmanuel Macron au ministère de l'économie était vraiment le point de bascule en fait hein du quinquena. Ceux qui s'occupaient de de d'économier euh euh savaient très bien qu'il était sur une ligne très libérale. Une ligne assumée par Emmanuel Macron avec sa loi pour, dit-il, libérer la croissance. Il y en a pour tous les secteurs.
Travail du dimanche, installation des pharmaciens ou bien fin du monopole des trajets en autocar. des mesures qu'il défend fermement dans l'hémicycle face à l'opposition d'une partie des députés de gauche. Nous rendons une justice plus efficace et plus rapide et vous le savez, nous permettons à des Françaises et des Français qui ne peuvent se déplacer sur le territoire de le faire et vous le savez et finalement vous retrouvez vous retrouvez de part et d'autres une forme d'union une forme d'union ceux qui ne veulent pas changer le pays. Et la bronca prend de l'ampleur en 2016 avec la loi Elcomie. Nous n'envoyons pas les salariés dans la gueule du loup patronal.
Nous essayons de développer des nouvelles formes de relation de confiance. Toujours d'inspiration libérale, ce texte favorise la flexibilité de l'emploi. La loi travail, elle aurait jamais dû arriver sur la sur le bureau de l'Assemblée nationale. Jamais. C'était pas une loi de gauche, enfin c'est pas une loi qui correspondait à la mission que les Français nous avaient confié en 2012. La contestation contre la politique économique du gouvernement s'exprime aussi dans la rue. De quoi mettre mal à l'aise le premier secrétaire du PS et je dis moi premier secrétaire je ne voterai pas cette loi dans cet état.
Manuel Vals a compris immédiatement que il était dans une impasse politique que ce texte devait être retravaillé. Il va le faire. Ce ne sera pas suffisant. Devant les caméras, l'Assemblée nationale devient le théâtre de la lutte entre les frondeurs socialistes et le gouvernement. On a essayé de réunir des hommes et des femmes de gauche, des parlementaires, des députés qui étaient comme nous décidés à manifester leur hostilité. Cette période là était terrible. C'était à qui aurait la flèche la plus aiguisée en direction de son propre camarade ? Ça n'a pas été de gaié de cœur que des gens se sont opposés à la majorité à laquelle ils appartenaient.
J'estime que les frondeurs ont été comme des lanceurs d'alerte. Les frondeurs vont même jusqu'à tenter de déposer deux motions de censure contre le gouvernement. C'est absolument énorme. Ça veut dire c'est une prise de distance qui symboliquement marque l'opinion. Franchir ce Rubicon, c'est véritablement véritablement exprimer un désaccord qu'on ne peut plus on ne peut plus le gérer et on en vient finalement à voter contre son propre camp. Défié par des députés de sa propre majorité, Manuel Vals décide de passer renforce. En application de l'article 49 aligné 3 de la Constitution, j'ai donc décidé d'engager la responsabilité du gouvernement sur le vote.
Aujourd'hui, il ne fait pas la démonstration de son aptitude à gouverneur. Il ne fait pas son la démonstration de son aptitude à moderniser, à réformer ce pays sans brutalité. Il n'y avait aucun resp à aucun moment. Donc les uns faisaient la fronde, l'autre faisait du 493. Il faisait du 493 donc on faisait la fronte. Mais 493 c'était bah c'était le signe de de l'échec collectif en fait he de la gauche. Ça montrait qu'il y avait pas eu ce dialogue qui aurait permis de ressouder la majorité. En application de l'article 40. En terme d'image pour moi c'était catastrophique.
Le réalisme politique aurait dû mener encore une fois le président de la République, moi je lui demandais dans ses fonctions de trancher or on a gardé les mêmes socialistes dans le même parti et ça amené à la rupture et d'une certaine manière ça donnait corps à ma théorie des gauches irréconciliables.
[musique]
Non je pense pas que ce soit une histoire de gauche irréconciliable. Je pense que c'est une question plus de position par rapport au pouvoir entre bah ce qu'on doit faire quand on est en campagne et ce qu'on fait quand on est aux responsabilités. Alors bien sûr, on peut jamais réaliser à 100 % un problème un programme de campagne électorale mais on doit quand même y être fidèle.
[musique]
Monsieur le président de la République, fracturé sur le plan économique, le PS va se déchirer aussi sur ses valeurs. Lorsqu'en 2015, [musique] au lendemain des attentats, le président propose la déchéance de nationalité. Nous devons pouvoir déchoir de sa nationalité française, un individu condamné pour une atteinte aux intérêts fondamentaux de la nation ou un acte terroriste. Même s'il est né français, je dis bien même s'il est né français. Quand on sort de l'Assemblée de Versailles, je manifeste mon désaccord. La déchéance de nationalité pour [musique] les binationaux, c'est introduire dans notre droit une idée qui était développé par l'extrême droite.
Pour une partie de la gauche, un petit peu le coup de trop et on voit véritablement qu'en fin de mandat de France Hollande, cette question de la déchaalité va signer un petit peu et bien ce divorce total à l'intérieur du Parti socialiste à l'époque. Et après on a couru derrière nos électeurs. [applaudissements] D'autant que de nouveaux concurrents émergent face au PS. Le 6 avril 2016, Emmanuel Macron, encore ministre de l'économie, annonce le lancement de son propre mouvement. Moi, je suis d'un gouvernement de gauche et je l'assume totalement avec les valeurs auxquelles je crois et ce qui me caractérise, mais je veux travailler avec des gens qui se sentent aujourd'hui à droite.
Emmanuel Macron est perçu comme quelqu'un qui a une nouvelle approche. C'est le fameux en même temps avec l'espoir qui renaît à gauche. Ce que ne sait pas encore l'électorat de centre gauche et l'électorat du Parti socialiste à ce moment-là, c'est que le projet d'Emmanuel Macron pour 2017 n'est nullement d'être le candidat du Parti socialiste. Il va siphoner le Parti socialiste, c'est très clair. Et le 16 novembre 2016, il présente sa candidature à la présidentielle sous l'étiquette de la République en marche. Allez, un coup de poignard pour François Hollande. Au plus bas dans les sondages, il prend une décision radicale.
Aujourd'hui, je suis conscient des risques que ferait courir une démarche, la mienne, qui ne rassemblerait pas largement autour d'elle. Aussi, j'ai décidé de ne pas être candidat à l'élection présidentielle. Ce renoncement va précipiter l'effondrement de la maison socialiste. Sans candidat naturel, le PS organise une primaire en janvier 2017. Hier soir, c'est à France 2 que les sept prétendants avaient rendez-vous pour un ultime débat.
Donc, c'est aussi une manière pour le Parti socialiste de dire "On s'est écharpé sur François Hollande, on s'est divisé sur le mandat de François Hollande, la primaire va essayer de nous réunir." Mais à nouveau, plusieurs courants parfois très divergents s'expriment. On a le droit de regarder ce que dit Emmanuel Macron. Je ne trouve pas ça inintéressant. Je trouve tout cela simplement vieux. Je ne veux pas d'une gauche qui fait des propositions à crédit pour perdre totalement son crédit. La primaire réunit près de 2 millions d'électeurs. 58,65 [acclamation] et c'est Benoît Amont l'exfondeur qui remporte le scrutin face à Manuel Vals.
La poignée de main est vite expédiée et les regards fuyants. La mise en scène était pourtant censée symboliser la réconciliation après le combat. [applaudissements][acclamation] Ça a été une erreur de ma part de m'engager dans cette primaire. Cette primaire n'était pas une primaire pour désigner un candidat pour l'élection [musique] présidentielle. C'était une primaire pour trancher la ligne du PS et pour mettre en cause la gauche du gouvernement. Et contrairement à son engagement, Manuel Vals refuse finalement de soutenir Benoît Amont pour la présidentielle. Écoutez-moi, je ne me sens pas trahi. Mais sans doute les électeurs de la primaire se sentent-ils aujourd'hui trahis ?
En démocratie, le respect de la parole donnée, c'est important. C'était terrible pour pour nous, pour Benoît, pour pour la campagne. Enfin, ça a beaucoup aussi évidemment fragilisé le candidat à ce moment-là. Désunis, la machine socialiste n'est plus en ordre de bataille derrière Benoît Amont, son candidat à la présidentielle. Il n'y a plus aucune branche à laquelle se rattacher. On voit des camarades quitter le navire, on en voit d'autres abandonnés et on se dit quel gâchi. Le parti est désormais prise en ét à sa droite avec la République en marche et à sa gauche avec la montée en puissance de la France insoumise.
Un mouvement créé par Jean-Luc Mélenchon, ancien socialiste qui avait quitté le parti en 2008. Donc lui aussi Jean-Luc Mélenchon va au fond sur les décombres du Parti socialiste de de l'époque et ben il va créer une nouvelle proposition politique qui va tout de suite rencontrer un certain écho à gauche. Je vous appelle à une campagne pour conquérir le pouvoir. Cette nouvelle offre va séduire les électeurs de gauche à la présidentielle de 2017. Il termine 3e loin devant Benoît Amont qui n'obtient que 6,3 % des voix. une défaite historique.
Donc là, on a un tel gouffre en terme de voix de nombre de voix entre le candidat de la France insoumise et le candidat du Parti socialiste Benoît Amont que d'une certaine manière ça symbolise un rapport des forces complètement complètement inversé par rapport à la décennie et à la période Mitteran. Comme un symbole de cette déroute, l'historique siège du PS est mise en vente en 2017. Ici, il y a eu tellement de choses de réunions, de débats, de conciliabules, de réflexion euh de vie des des des socialistes de conférences de presse dans cette cour. C'est une part de l'histoire, la fin d'une époque. En 2018, un nouveau chapitre va s'ouvrir pour le PS.
Olivier Fort prend la tête d'un parti à reconstruire. dans tous les ces camarades. Parmi ses soutiens, Johanna Roland, la mère de Nant est numéro 2 du PS. On est passé de 300 députés au moment où François Hollande est élu président de la République à 30 députés. À ce moment-là, il faut quand même beaucoup de courage pour tout refaire, pour aller rechercher de la crédibilité, de l'adhésion. [applaudissements] Bonsoir. J'appelle toutes celles et ceux qui seront D'autant que le PS va encore subir une débacle électorale en 2022. Olivier Fort dans quel état on est quand on est patron d'un parti qui a fait 1,7 % à la présidentielle un grand parti comme le Parti socialiste ?
C'est un échec historique et il faut le reconnaître. qu'il faut reconnaître que sans doute il faudra beaucoup modifier de nos propres comportements, de nos propres propositions, de nos propres organisation. Dans la perspective des législatives, le nouveau patron milite alors pour l'union de toute la gauche. Le 7 mai 2022, au côté des écologistes et des communistes, il celle une alliance avec les insoumis. [acclamation] Dans une salle survoltée, 1500 sympathisants présents pour découvrir le logo de la nouvelle union populaire écologique et sociale. Le V de la victoire, les militants veulent y croire. Le président nous a dit Olivier Fort, il a pas le choix.
Il s'agit de sauvegarder la possibilité pour les socialistes d'avoir des députés à l'Assemblée nationale. Il est embarqué par la dynamique de Jean-Luc Mélenchon et de la France insemise à l'élection présidentielle.
Je considère qu'il pouvait pas y avoir d'alliance avec Jean-Luc Mélenchon et ces 10 dernières années sur bien des domaines m'ont donné raison et notamment sur non seulement la politique économique [musique] sur la question de la violence sur la l'utilisation de la haine des juifs à des fins politiques sur tous ces sujets-là et c'est un faossé [musique] et que le parti socialiste tente encore ses alliances pos des raisons uniquement pour sauver des sièges c'est insupportable la stratégie de la survie n'est valable que si elle vous permet de survivre. Or là, le parti socialiste ne se survit pas, il perd son identité, il perd même ses valeurs.
À cause de cette alliance avec LFI, certains vont même jusqu'à quitter le parti comme l'ancien premier ministre Bernard Casneu. Vous pensez pas retourner au PS ou pensez je sais pas si PS tout d'un coup se ressaisissait euh décidé de changer l'orientation pour retourner dans son lit en restant fidèle à sa source pour reprendre l'expression. Je n'aurais pas de mal à y retourner. En crise d'identité le PS se tourne vers Raphaël Gluxman, le fondateur de place publique pour porter ses couleurs aux élections européennes en 2024. lui qui n'est pourtant pas socialiste. Je pense que ça a été une étape importante pour le Parti socialiste. Une partie disait "Attention, les socialistes vont s'effacer.
Je crois profondément que c'est une erreur. On sait qu'on ne perd rien quand on rassemble la gauche et les écologistes parce que la vérité c'est que le splendide d'isolement ça a jamais été une stratégie de victoire. Paris plutôt gagnant pour le parti. Raphaël Gluxman termine en 3e position. Raphaël Gluxman a plus que doublé son score par rapport à 2019 avec 14 % contre 6,9 % en 2019. Mais il faut le dire, le score très haut du Rassemblement national a été plutôt très mal vécu ici. Le soir même, la dissolution annoncée par Emmanuel Macron fracasse la dynamique du Parti socialiste.
Et à gauche, sous la pression des militants, de nouvelles négociations débutent pour créer une vaste union contre le Rassemblement national. Il y a pas de problème, ça avance très large. Unissez-vous, ne nous trahissez pas. Unissez-vous. Hier soir, après des heures de tractation, [acclamation] ils se sont déjà mis d'accord sur le principe de candidatures uniques dans chaque circonscription. Sous une même bannière, le Nouveau Front populaire. Même les socialistes hostiles à la France insoumise comme Carole Delga applaudissent. Face au péril de l'extrême droite, Macron met la France en danger. Je dis oui au Front populaire.
Le nouveau Front populaire a été fait parce que dans son histoire, la gauche et dans leur histoire, les socialistes ont toujours été au rendez-vous quand l'enjeu était central. Et rappelez-vous à ce moment-là, l'extrême droite était donnée gagnante des élections législatives. Les Françaises et les Français nous ont suivi, je le rappelle, puisque cette grande coalition est arrivée en tête des élections législatives. Une alliance fragile, le temps d'une élection. Bienvenue sur France 2. 2 ans après l'union du Nouveau Front populaire, les questions sur la ligne politique ne semblent toujours pas tranché au Parti socialiste.
Vous êtes cinq candidats à vouloir représenter la gauche social-démocrate. Ce soir, vous allez débattre, nous dire vos projets pour la France. Assumez aussi vos divergences. Lors des débats de cette primaire, des divisions apparaissent sur les questions de pouvoir d'achat et de politique internationale. Mais surtout, une fois encore, les tensions explosent sur l'alliance avec LFI. Et quand tu envoies des messages subliminaux en disant les uns aux autres "Ah oui, on verra peut-être" et ben tu sais quoi ? Tu nous mets tous dans la panade, tu mets toute la gauche qui est autour de cette table en se disant "Mais est-ce qu'ils vont vraiment être sincèr ? Est-ce qu'ils vont vraiment le faire ?
On sait que tu veux faire ton alliance avec la France insiste. On sait que tu es déjà en train de te préparer pour présidentielle. On est dans l'élection présidentielle que je sache. On est le prochain président de la République il doit dire prochain président de la République on verra il doit trancher cette question et l'épinos question de cette primaire du Parti socialiste Crafeg Luxman évidemment lui c'est le candidat de ceux qui veulent au fond trancher le nœud gordien des socialistes par rapport aux insoumis. Olivier Fort est toujours sur le discours qu'il faut que la gauche soit unie pour gagner l'élection présidentielle et les élections législatives avoir une majorité.
Donc entre les lignes nous dit qu'en fonction du rapport de force, il serait sans doute ouvert à une négociation avec les insoumis. Alors après 15 ans de fracture, quel avenir pour la gauche social-démocrate ? Avec 140000 personnes inscrites pour voter, cette primaire sera-t-elle le moment de la clarification ? Elle a en tout cas cette ambition, faire émerger un candidat ou une candidate susceptible en 2027 de continuer à faire vivre le Parti socialiste.