Olivier Faure face à Thomas Sotto sur RTL | intégrale
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 40 %Attaque 40 %Défensif 20 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 86 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:23OuverteRéponse directe
Est-ce que vous êtes d'accord avec lui ?
- 1:10RelanceRéponse directe
Pourquoi vous appelez le mot indécence ?
- 2:24FerméeRéponse directe
Vous dites qu'il faut que Total reverse intégralement tout cet argent indu, si j'ai bien compris.
- 3:15FerméeRéponse directe
Ça serait rétroactif ou pas ?
- 4:53RelanceRéponse directe
Et à ceux qui disent, à propos de Total en substance, « Attention, c'est un jeu dangereux. »
- 5:52RelanceRéponse directe
Total dit qu'on partage les bénéfices puisqu'on a bloqué les prix. Ce n'est pas suffisant ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:10PrésentateurChiffre
« La guerre est donc profitable à Total, avec ses bénéfices en hausse de 51% sur un an. »
- 0:15PrésentateurChiffre
« Total qui dans la foulée a annoncé une hausse de 5,9% des dividendes reversés aux actionnaires. »
- 2:40Invité politiquePromesse
« nous avons déposé une proposition de loi qui est une proposition qui vise à taxer les super profits pour les entreprises qui font plus de 750 millions de chiffre d'affaires. »
- 2:53Invité politiqueChiffre
« Total, ce serait 2 milliards. »
- 3:05Invité politiqueChiffre
« sur cette moyenne-là, quand on a dépassé cette moyenne de plus de 1,2, plus 1,5, etc., avec des taux progressifs, eh bien là, on est taxé à 20, 30 ou 40 %. »
- 3:36Invité politiquePromesse
« cet argent sera intégralement redistribué en direction des grands rouleurs, de toutes celles et ceux qui ont besoin de leur voiture. »
- 5:16Invité politiqueFait
« C'est une entreprise française, c'est une entreprise qui fait partie de notre quotidien depuis si longtemps. »
- 6:34Invité politiqueFait
« les entreprises qui sont très profitables, elles doivent contribuer en acceptant une accession de leurs super profits. »
- 7:25Invité politiquePromesse
« on peut réinstaller un bouclier tarifaire. »
- 7:34Invité politiqueChiffre
« 170 millions pour l'instant, d'après ce que dit le gouvernement. »
Temps de parole
- Olivier Faure77 %
- Présentateur20 %
- ?4 %
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Thomas Soto, RTL Matin. Il est 7h42, il est le premier secrétaire du parti socialiste. Olivier Faure est donc l'invité d'RTL Matin. Bonjour et bienvenue sur RTL, Olivier Faure. Bonjour à vous Thomas Soto. La guerre est donc profitable à Total, avec ses bénéfices en hausse de 51% sur un an. Total qui dans la foulée a annoncé une hausse de 5,9% des dividendes reversés aux actionnaires. Non, ces résultats n'ont rien de choquant, disait à l'instant François Langlais. Est-ce que vous êtes d'accord avec lui ?
Est
-ce que vous faites partie des démagogues que dénonçait François à
l
'instant
? Est
-ce que vraiment la question mérite d'être posée ? Mais enfin, vous en connaissez la réponse. Évidemment, je ne suis pas d'accord avec François Langlais. Dire que si les Français veulent vivre au mieux, qu'ils viennent tous actionnaires de Total, j'avoue que j'ai été un peu sidéré par l'éditorial économique de François Langlais ce matin. La réalité, c'est que l'indécence de cette situation,
je
ne dis pas que les entreprises ne doivent pas être profitables, elles doivent l'être. Mais comment imaginer
qu
'une entreprise tire des bénéfices simplement liés au fait qu'il y a une guerre illégale qui est menée aujourd'hui par Donald Trump au Proche-Orient ?
Pourquoi vous appellez le mot indécence ? Ce n
'est
pas indécent pour une entreprise de gagner de l'argent.
Non, mais en revanche, gagner de l'argent parce que la guerre existe, parce qu'il y a des gens qui aujourd'hui en souffrent, oui, il y
a
une forme d'indécence. Et je dois dire que dans notre histoire,
en
France, à chaque grand moment, à chaque grande guerre,
en
réalité, 1914-1918, 1939-1945, à chaque fois,
l
'État a toujours considéré que ceux qui avaient profité de la guerre devaient contribuer au redressement du pays. Ça a été vrai à chaque étape et on a considéré même à la fin de la Seconde Guerre mondiale qu'on revenait sur tous les profits qui avaient été considérés comme, en réalité, indignes pendant toute la période de la guerre.
Ce sont indignes, les
profits de Total, aujourd'hui ?
Oui, je pense que quand on profite de la guerre et quand on n'a rien fait de particulier, il n
'y
a pas un génie particulier qui soit attribuable à cette hausse des bénéfices de Total. Il n
'y a
pas eu une innovation technologique quelconque. Il n'y
a
aucun souffle nouveau qui vient justifier le fait qu'il gagne davantage d'argent. Quand une entreprise provoque une innovation de rupture, qu'elle est sur un marché où elle est la première, il
y a
une logique à ce qu'elle gagne plus d'argent. Là, qu'est-ce qu'ils ont fait de plus que d'habitude ?
Vous dites
quoi, Olivier ? Vous dites qu'il faut que Total reverse intégralement tout cet argent indu, si j'ai bien compris.
Oui, en fait, ce que nous avons déposé comme proposition de loi hier avec Boris Vallaud, Philippe Brun, Estelle Mercier et les socialistes du groupe, nous avons déposé une proposition de loi qui est une proposition qui vise à taxer les super profits pour les entreprises qui font plus de 750 millions de chiffre d'affaires. Donc,
les très grosses
entreprises.
Les
très
grosses entreprises. Ce serait comment,
combien
? Très simplement. Qu'est-ce qu
'il
y
a
dans cette proposition de loi ? Total, ce serait 2 milliards. 2 milliards.
Ça veut
dire simplement que, en fait, quand on
prend
la moyenne des 3 dernières années, on regarde ce qu'était le chiffre d'affaires et quel était le bénéfice habituel.
Et
sur cette moyenne-là, quand on a dépassé cette moyenne de plus de 1,2, plus 1,5, etc., avec des taux progressifs, eh bien là, on est taxé à 20, 30 ou 40 %.
Ça
serait rétroactif ou pas ? Parce que normalement, une loi n'est pas rétroactive.
Ça ne
peut
pas être rétroactif. Donc,
c'est à partir du moment où elle est votée ? Oui. D'accord. Donc, ça ne taxerait pas les profits dont on parle ce matin
? Pas
ceux-là ? C'est difficile de revenir en arrière. Mais la réalité, c'est qu'il faut la faire vite. C'est une proposition d'intérêt général. Et je souhaite qu'effectivement, on puisse la faire adopter rapidement, pour une raison simple. C'est que cet argent-là,
de
la même façon que l'État s'est engagé par la voix du Premier ministre à ce que les taxes, les sur-taxes reçues, perçues grâce à l'augmentation du prix du baril, eh bien, en fait, cet argent sera intégralement redistribué en direction des grands rouleurs, de toutes celles et ceux
qui ont besoin de leur voiture. Avec des aides ciblées.
Avec des aides ciblées. Avec, je pense, aux infirmières libérales, je pense à toutes celles et ceux qui sont à domicile, je pense aux taxis, je pense à tous ceux qui ont besoin de leur véhicule. J'habite à 45 km de Paris. Eh bien, dans ma circonscription, les gens font la navette, pour une part d'entre eux en tout cas, entre Paris et la Grande Couronne. Et ça suppose qu'à un moment, ces gens-là soient aidés, accompagnés, parce que ça pèse lourd. Et puis, au-delà de tout ça, c'est vrai aussi qu'il va falloir se poser la question des salaires. Parce que le vrai sujet,
on
parle souvent du pouvoir d'achat, mais le pouvoir d'achat, il peut très bien augmenter facialement,
mais
en réalité, le reste à vivre, ce qui nous est disponible après les dépenses contraintes, il peut, lui, diminuer en même temps. Et donc, il va falloir qu'à un moment aussi, on se pose la question de ce qu'est le reste à vivre des Français aujourd'hui. Et donc, ça supposera aussi que les entreprises, et je pense notamment à la question du SMIC, mais pas exclusivement, il va falloir que les entreprises comprennent aussi qu'elles ont des salariés qui, aujourd'hui, tirent la langue.
Et à ceux qui disent, à propos de Total en substance,
«
Attention, c'est un jeu dangereux. Vous voulez taxer vos Total de 2 milliards, si j'ai bien compris. »
Si
vous les embêtez,
ils
vont partir.
Ils
vont mettre le siège social de Total à l'étranger. À l'instant, sur TF1, la porte-parole du gouvernement, Maude Bréjean, dit avoir un pétrolier national, c'est aussi un outil de souveraineté pour le pays.
Mais
moi, je crois au civisme, y compris de Patrick Pouyanné. Tu n'as pas peur qu'ils partent
?
C'est une entreprise française, c'est une entreprise qui fait partie de notre quotidien depuis si longtemps. Et je n'imagine pas,
à
chaque fois, c'est toujours la même histoire qu'on nous raconte, les grands patrons vont partir, les sièges aux cheveux vont s'exporter, etc. La vérité, c'est qu'heureusement, même ces gens-là savent très bien qu'ils peuvent ne pas augmenter les dividendes de 6%.
C
'est possible. Et ils savent très bien qu'ils comprennent les actionnaires ne les quitteront pas parce que ce sont des entreprises qui sont très profitables.
Donc c
'est du cinéma ? Et donc il y a beaucoup de cinéma autour de tout ça. Et la réalité, c'est qu'il n'y a aucun risque de voir Total s'enfuir où que ce soit.
Total dit qu'on les partage les bénéfices puisqu'on a bloqué les prix. Et c'est vrai que ce sont les seules stations-services où les prix du diesel et du sans-plomb sont plafonnés. Ce n
'est
pas suffisant ? Ils vont annoncer la
prolongation
pour
le mois
de mai de ce plafonnement
?
Ce n
'est
pas suffisant. La preuve en est, c'est qu'ils ont réalisé des bénéfices extraordinaires. Parce que, enfin on ne va pas entrer dans la technique trop, mais en réalité c'est parce que Total a été habile en achetant
tôt
des flux de pétrole disponibles.
Et
donc quand
le cours... On ne peut pas leur reprocher
de mal gérer, on ne
peut
pas leur reprocher
d'être habile.
Mais on ne peut pas leur reprocher quoi que ce soit, on ne
peut
pas leur reprocher l'habileté. Moi ce que je dis simplement, c'est que leur part de civisme, c'est que quand un pays va mal, quand les français vont mal, les entreprises qui sont très profitables, elles doivent contribuer en acceptant une accession de leurs super profits.
Emmanuel
Macron a appelé le gouvernement à réfléchir à de nouvelles réponses. Le Premier ministre Sébastien Lecornu a dit à peu près la même chose. Pourquoi ne pas baisser les taxes sur le carburant ? Il y avait à l'époque une baisse sur la TIPP, qu'on appelle, qui a changé de nom aujourd'hui, mais c
'est
le même principe. Et sous Lionel Jospin, en 2001, cette TIPP avait été baissée, ça avait fait baisser le prix du litre de 60 centimes je crois à l'époque. Pourquoi ne pas retourner dans ce dispositif
?
Si vous voulez qu'on entre dans la technique, on le peut
le faire. Non, ce n'est pas technique, c'est
politique.
Oui, mais la réalité, il y a deux réalités. Il y
a
une réalité technique dans laquelle on ne rentrera pas. Et il
y a
une deuxième réalité,
c
'est qu'en fait, on peut réinstaller un bouclier tarifaire.
Mais
le bouclier tarifaire, il se compte en milliards. Or, vous l'avez compris, l'État ne récupère pas des milliards. 170 millions pour l'instant, d'après ce que dit le gouvernement. Donc, on est très, très loin d'avoir cette capacité-là. Et moi, je veux bien qu'on dise que désormais, la seule priorité, c'est le prix du carburant. Qu'on prend des mesures générales qui profiteront aussi bien à celui qui roule en SUV qu'à celui qui a une voiture qui lui permet d'aller travailler et qui est une voiture modeste. Et donc, on a des mesures d'ordre général. Moi, je prône des mesures qui soient ciblées sur celles et ceux qui en ont réellement besoin.
Donc, ce qu'a commencé à faire le gouvernement,
mais de manière amplifiée ? Oui,
c
'est ça ? Oui, bien sûr. Qu'il y ait un plus grand nombre de bénéficiaires, que ce soit sur une durée plus longue. Parce que malheureusement, ce que l'on comprend désormais, c'est que la crise va durer. Et que ce que Donald Trump vient de déclarer, c'est-à-dire qu'il pense bloquer les drogues pendant plusieurs mois. Et donc, les conséquences vont être terribles. Chacun l'a bien compris. Et donc, ça suppose qu'on prenne des mesures qui soient aussi très redistributives. Donc, d'abord en direction de celles et ceux qui en ont besoin. Et non pas en direction de ceux qui peuvent, malgré tout, payer un carburant plus cher.
Olivier Faure, cette crise va durer et va peser sur la campagne présidentielle qui vient. Il y
a
quelqu'un qui se sent de plus en plus à l'aise dans cette pré-campagne.
C
'est François Hollande. Est-ce que vous pourriez vous effacer devant lui ? Est-ce que ça pourrait être le candidat qui met tout le monde d'accord chez les socialistes
? Je doute que ce soit celui qui met tout le monde d'accord. Mais moi, je n'ai aucun problème avec quiconque dès lors qu'il passe par un mode de sélection que tout le monde comprend. La primaire ? La primaire. Vous
y
participerez, vous, ou pas ? Mais je ne sais pas encore ce que je ferai. Ce que je veux dire, c'est que moi, je suis... Vous savez pas ce que vous ferez. Moi, je plaide. Non, parce que je plaide pour qu'il y ait un mécanisme qui conduise à un candidat commun de la gauche hors et les filles. Et donc, ce que je ne veux pas, c'est que nous reproduisions ce que nous avons connu déjà à trois reprises. Première reprise, enfin,
première
fois,
c
'était avec Lunel Jospin et le 21 avril 2002. Cinq, six, sept candidats de gauche au premier tour, aucun au second, et l'extrême droite qui nous remplace. Eh bien, moi, je souhaite que cette fois-ci, il y ait un seul candidat de cette gauche réformiste, de cette gauche démocratique
et
écologique. Et ça suppose qu'à un moment, on se met d'accord sur la façon d'y parvenir. Et moi, je vois cette multiplication, mais on a, en fait, vous parlez de François Hollande,
mais
enfin, François Hollande, Bernard Cazeneuve, Raphaël Glucksmann, Rousse Vallaud, Romguez, Rousse Vallaud, Romguez, François Ruffin, Clémentine Autun. Enfin, ça ne peut pas durer. On ne peut pas continuer à désespérer les Françaises et les Français en multipliant les ambitions et en n'ayant pas le moyen, à un moment, d'arriver à quelque chose de clair, de simple. C'est qu'il y aura un seul ou une seule candidate pour cette élection, pour l'espace que nous représentons.
Rapidement, demain 1er mai, est-ce que vous pourriez aller acheter de la viande chez ce boucher qu'on entendait dans le journal de 7h sur RTL, qui va ouvrir demain en ne respectant pas la loi ? Est-ce qu'il faudrait lui mettre une amende à ce monsieur
?
Oui,
moi je crois au respect de la règle. Et la règle,
c
'est que le 1er mai, qui est le seul jour qui est entièrement chômé par quasiment tous les Français, en dehors de ceux qui ont des activités, notamment dans les services publics, qui sont indispensables. Mais la vérité, c'est que ce jour-là est un jour, j'allais dire, sacré, n'exagerons pas. En tout cas, c'est un jour qui a été balisé, parce qu'il est le jour où nous rendons hommage à la fois au combat, celles et ceux qui n'ont
pas
mis un droit du travail, qui sont un droit du travail qui permet de protéger les salariés. Et puis en même temps, c'est aussi le jour où on fait les travailleurs, et non pas simplement le travail.
Merci beaucoup Olivier
Ford d'être
venu.
Olivier Faure