Rachat de SFR : négociations difficiles – 08/06
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BFM Business et La Tribune présente 8-19 d'Edwis Chevrillon. Bonsoir à tous, bienvenue dans le 18-19. Évidemment, on va parler de ce deal historique, le rachat d'ECFR par ses trois concurrents. On en parlera dans un premier temps avec Marc Ferracci, il est député, il est l'ancien ministre de l'industrie. Et donc, évidemment, il connaît très très bien le dossier parce que c'est une longue histoire que ce rachat d'ECFR. On parlera aussi, tiens, des Chinois qui grignotent petit à petit l'industrie tricolore et européenne. En tous les cas, c'est les échos qu'on en a, notamment avec Stellantis qui ouvre la porte, la grande porte de son usine de Rennes à Dongfeng. Est-ce qu'il y a un danger ?
Réponse de Marc Ferracci, ça sera d'ici quelques instants après le journal de Stéphanie Collot. Et puis, j'en recevrai Olivier Lelon, il est le délégué syndical CFDT de SFR. Il y a beaucoup de craintes sur l'emploi, qu'est-ce qu'il redoute ? Il y a des engagements qui ont été pris, est-ce que pour eux, ils seront respectés ou pas ? On en parlera aussi, un débat avec Mathieu Pechberti, grand reporter de BFM Business. Mais tout de suite, Stéphanie Collot. Le journal Et on commence, bonsoir Stéphanie, il est tout juste 18h, on commence parce que la dernière info, ça vient de tomber, le projet SCAF est officiellement enterré.
Oui, Emmanuel Macron et Frédéric Mers se sont entendus pour arrêter les frais après 8 ans de gestation. Dassault Aviation et Airbus ne sont pas parvenus à s'entendre sur le partage des tâches et les droits sur les technologies. Le futur avion de combat européen devait remplacer à partir de 2040 les grafales français fabriqués par Dassault Aviation et les Eurofighters allemands et espagnols, notamment fabriqués par Airbus. À quoi ressemblera la France en 2070 ? L'INSEE vient de publier ses projections. Le pays pourrait perdre plus de 3 millions d'habitants d'ici là, une décroissance historique et inédite qui va peser sur le système des retraites.
Le Conseil d'orientation des retraites va dégrader sa prévision. Le déficit des retraites est désormais prévu à 2,4% du PIB en 2070 contre 1,4% dans le rapport de l'an dernier. Dans les télécoms, après plusieurs semaines de négociations, Free, Bouygues Télécom et Orange vont bien racheter SFR. L'opérateur va être récupéré à la découpe par ses concurrents, une opération à plus de 20 milliards d'euros et qui doit encore être enterrinée, notamment par l'autorité de la concurrence. Le processus pourrait s'étaler sur plusieurs années. La consolidation du secteur bancaire se poursuit en Italie. Deux banques sont désormais sur les rangs pour acheter Montedei Pasqui.
Intesa San Paolo lance une offre de rachat pour 31 milliards d'euros. Si elle aboutit, cette opération pourrait donner naissance au deuxième groupe bancaire de la zone euro en termes de capitalisation avec plus de 27 millions de clients. Banco BPM est également sur les rangs. Et puis dans l'audiovisuel, on reparle du rachat de M6. Selon le Parisien, des discussions ont lieu avec la première chaîne, mais aussi avec CMA-CGM, propriétaire de BFM Business, qui est déjà actionnaire à hauteur de 11%. Les deux groupes réfléchiraient à se partager. Le groupe M6, la sixième chaîne, revenons à TF1, tandis que CMA-CGM pourrait récupérer W9 ou encore Sixterre.
Le titre M6 clôture en hausse de plus de 11%. Et justement, 18h02, on va faire un tour sur les marchés. Les marchés avec Antoine Larigauderie. Bonsoir Antoine. Bonsoir Stéphanie, bonsoir Edwige. Bonsoir Antoine. Et le CAC termine en baisse ce soir ? Oui, très légère baisse. C'est intervenu au fixing. En toute fin de séance, moins 0,23%, 8199 points. Mais alors, très très nette surperformance de la tech. L'Euronext Tech Leaders gagne encore 1%. On a un Eurostock 50 qui a terminé à l'équilibre. C'est encore une fois le secteur des semi-conducteurs qui a signé les plus fortes hausses aujourd'hui.
Malgré la très forte correction vendredi à Wall Street et ce matin du côté des marchés coréens, STMicro a gagné 4% à 63,34 euros. On a Soitec qui a gagné 6,7% à 156,45 euros. M6, vous en avez parlé, qui a gagné quasiment 12% en clôture à 12,84 euros. A noter le secteur des télécoms, très mitigé. Après les annonces autour de SFR, Orange a gagné 2% à 17,80 euros. Alors que Bouygues, en revanche, a perdu 1,9% à 49,20 euros. Le grand signe, la plus forte baisse du CAC 40 à moins 2,7% à 140,10 euros. Arkema, moins 3,7% à 57,85 euros. C'est la plus forte baisse du SBF 120. Un petit coup d'œil sur le pétrole. Et on a quand même largement consolidé depuis ce matin.
On était monté au-delà des 97 dollars. On redescend à 94,65. Les volumes d'échange, 3,7 milliards, assez faible. Le CAC 40, lui, recule de 0,23% en clôture, 8,199 points.
Merci Antoine, merci Stéphanie. Rendez-vous avec vous. Ce sera 19h, 19h30. Tout de suite, c'est le 18-19. Mon premier invité, c'est l'ex-ministre de l'Industrie, Marc Ferracci. BFM Business et la Tribune présentent le 18-19 d'Edwish Levrillon. Vous êtes bien dans le 18-19. C'est vraiment un deal historique, en tous les cas, dans les télécoms. Et puis, dans la concurrence et concurrence européenne, celui du rachat des CFR par ses trois autres concurrents. On en parle avec Marc Ferracci, député ancien ministre de l'Industrie. Bonsoir, Marc Ferracci. Bonsoir. Merci d'être là. C'est ce deal.
Vous, évidemment, ça a duré tellement longtemps que vous l'avez supervisé lorsque vous étiez en charge de l'industrie et notamment des télécoms, forcément. Est-ce que c'est une bonne chose ou pas ?
Je pense que c'est une bonne chose. En quoi ? Je pense que c'est une bonne chose parce qu'au fond, il y a plusieurs enjeux autour de ce deal. Il y a un enjeu qui est important, qui est celui de la concurrence et du pouvoir d'achat des Français. Parce qu'évidemment, le nombre d'opérateurs, ça peut avoir un effet sur la facture de votre abonnement de téléphone.
Bien sûr, ça a un effet.
Et donc, on verra. Ça, ça va être le rôle des autorités de la concurrence, l'autorité de la concurrence en France ou la Commission de Bruxelles, de regarder les conséquences en matière, justement, d'impact sur les prix. Donc, c'est un enjeu qu'il faudra regarder. Mais moi, je vois un enjeu plus important de mon point de vue, parce que le monde change. C'est l'enjeu des investissements dans notre modèle de télécom. On a besoin d'investir pour renforcer la qualité du réseau. On a besoin d'investir pour finaliser la fibre. Vous savez qu'à certains endroits, la fibre n'arrive pas encore et on a besoin de l'amener jusqu'au dernier kilomètre.
On a besoin d'investir pour la cybersécurité de nos réseaux, dans un monde où, on le voit, les attaques sont de plus en plus nombreuses. Pour ça, nos opérateurs ont besoin d'avoir des moyens. Et d'ailleurs, le rapport de Mario Draghi sur la compétitivité européenne, il y a déjà deux ans,
Déjà enterré depuis deux ans.
Oui, mais justement, il n'est pas si enterré que ça, si vous regardez, puisqu'il défendait le principe d'une consolidation dans le secteur des télécoms, justement pour favoriser ces investissements qui sont nécessaires à notre compétitivité. Les télécoms, c'est une infrastructure critique. Et donc, je pense qu'il faut arriver à trouver un équilibre entre cet objectif de préserver la concurrence et l'objectif de compétitivité des opérateurs, c'est-à-dire leur donner des capacités d'investissement.
En même temps, c'est une entreprise qui va disparaître. On en parlera tout à l'heure avec le délégué syndical CFDT de SFR, parce qu'elle est amenée à être découpée. Est-ce que c'est un aveu d'échec ?
Non, ce n'est pas un aveu d'échec. C'est une dynamique assez normale dans un système d'économie de marché, d'économie capitaliste. Il y a des phénomènes de consolidation, il y a des phénomènes d'entrée de nouveaux acteurs sur un marché. C'est ce qui a été le cas il y a quelques années avec Free. Et puis, il y a des phénomènes qui obligent à restructurer l'organisation. Vous parlez effectivement de la disparition de SFR. Moi, je pense aux salariés de SFR. Je pense que votre interlocuteur, évidemment, va beaucoup vous en parler. Ce qu'il faut savoir, c'est que dans ce deal, les choses ne vont pas se faire de manière brutale.
Jusqu'en 2029, il y a une garantie d'emploi ou de proposition d'emploi pour les salariés de SFR. C'est un élément très important. Et d'ailleurs, les opérateurs qui vont reprendre SFR ont intérêt à ce que les équipes, les cadres, mais aussi les salariés qui sont dans les boutiques, ne quittent pas SFR trop rapidement parce que ça fait aussi partie des actifs d'une entreprise que de conserver ses salariés. Donc, je pense qu'on a besoin d'accompagner cette transition sociale de la meilleure des manières.
Vous avez été ministre de l'Industrie, vous avez vu passer pas mal de dossiers. Nous aussi, ici, d'un point de vue différent, évidemment. Vous avez envie de dire, c'est une garantie jusqu'à 2029. C'est rien du tout. Vous voyez, c'est dans deux ans.
C'est dans un peu plus que deux ans.
On est quasiment en 2027, si j'ose dire, en septembre 2026.
Bien sûr. Et ça, c'est le rôle de la négociation sociale. La négociation sociale va commencer avec les organisations représentatives des salariés. Et elle a besoin d'être, évidemment, exigeante. Exigeante à la fois sur les conditions de départ pour ceux qui voudraient partir, mais aussi sur les conditions de formation, de reconversion. Vous l'avez dit, moi, j'ai eu à traiter, en tant que ministre, beaucoup de dossiers de restructuration industrielle. Parfois des sites qui fermaient. Parfois des entreprises qui menaient des plans sociaux. Eh bien, le principe, quand il y a une restructuration de cette ampleur, c'est d'accompagner chaque salarié.
D'accompagner chaque salarié dans son projet professionnel. Parfois, le projet se retrouve dans les entreprises qui vont reprendre les actifs des CFR, c'est-à-dire dans les trois autres opérateurs. Et puis, pour d'autres salariés, eh bien, ce seront des perspectives différentes. Mais là, l'engagement doit être, évidemment, d'accompagner cette transition et de ne laisser personne sur le bord du chemin.
Marc Ferracci, vous avez parlé de la question de la concurrence, parce que c'est intéressant de voir à quel niveau ça doit se passer. Est-ce que je recevais, si je dirais, ça a un peu donné le top départ, parce qu'il avait, un peu, quelque part, donné son feu vert à cette consolidation ? Benoît Curé, le président de l'autorité de la concurrence, mais c'était déjà il y a quelques mois. Mais est-ce que ça va être au niveau français ou au niveau européen, au niveau de Bruxelles ?
Eh bien, ça fait partie encore des choses qui doivent se décider. D'abord, il y aura probablement un examen de chaque dossier, c'est-à-dire du dossier de chaque opérateur. Free, orange et bouillé. Donc, sur ce sujet, les opérateurs, en fonction de leur taille, en fonction de la part de leur chiffre d'affaires qui se fait en France, auront une alternative qui est soit de se soumettre à l'autorité de la concurrence française, soit de se soumettre à la direction de la concurrence de la commission de Bruxelles.
Mais c'est eux qui choisissent ou pas ? Non, parce que la concurrence européenne, la direction de la concurrence, elle peut se saisir.
Elle peut se saisir également. Mais en tout cas, ça va dépendre au cas par cas de la situation de chaque opérateur et de l'impact que le rachat des actifs des SFR a sur son modèle économique.
Et donc, d'abord, est-ce qu'il faut mieux que ça soit l'autorité française ou l'autorité bruxelloise ?
Alors, on a coutume de dire, mais là, je parle un petit peu de manière évasive, que la commission de Bruxelles est plus stricte sur la capacité à faire des consolidations parce qu'elle défend les principes de la concurrence. Mais il faut bien dire que la commission de Bruxelles est en train d'évoluer. Elle a publié, vous le savez, vous en avez parlé probablement sur votre plateau, elle a publié il y a quelques mois une nouvelle doctrine qui est en cours d'examen qui vise, comme je le disais tout à l'heure, à trouver un meilleur équilibre entre les principes de la concurrence qui sont au fondement de la construction européenne et le principe de la compétitivité des entreprises.
On a besoin, il faut le dire très directement, de construire des champions européens. Et pour construire des champions européens, on a besoin de leur permettre d'acquérir une taille critique. C'est ça aussi l'enjeu de cette consolidation, c'est de pouvoir se battre contre des acteurs américains, contre des acteurs chinois, contre des acteurs japonais qui se déploient un petit peu partout dans le monde.
C'était le 30 avril qu'elle avait dit désormais qu'elle voulait aider les entreprises, je cite, à atteindre une taille critique indispensable pour être compétitif dans certains secteurs. Alors qu'avant, c'était la défense du consommateur à tout prix. Tout à fait. On a assisté à cette guerre tarifaire, l'arrivée de free. Tout à fait. Est-ce que c'était une erreur l'arrivée de free quand vous regardez un petit peu avec du recul ?
Non, je ne pense pas parce qu'au moment où free est arrivé, ça a créé un effet sur les prix qui était véritablement très significatif. Il y a un ancien vice-président de l'autorité de la concurrence, un ancien collègue économiste qui est Emmanuel Combes qui m'a dit un jour vous savez, l'arrivée du quatrième opérateur de téléphonie mobile, c'est une mesure de pouvoir d'achat sans précédent pour les Français. Alors, ça ne veut pas dire qu'en supprimant un opérateur, évidemment, le prix des abonnements va s'envoler. Si c'est le cas, les autorités de la concurrence interviendront.
Mais il faut quand même se dire que la concurrence par principe, elle permet effectivement d'avoir des effets sur les prix. Mais il faut arriver à trouver cet équilibre parce que notre monde a changé.
Ce sont plus que trois, donc bon.
Notre monde a changé, mais il faut bien voir que dans d'autres pays, il y a très rarement quatre opérateurs. On était un des rares pays à avoir quatre opérateurs. On a toujours quatre opérateurs pour quelques années encore, le temps que la consolidation se fasse. Mais c'est assez inédit la plupart du temps, y compris dans des pays extrêmement vastes comme les Etats-Unis, il y a un nombre relativement réduit d'opérateurs parce qu'on considère que plus vous êtes gros, plus vous avez la capacité à consentir des investissements pour sécuriser ces infrastructures critiques que sont les infrastructures télécom. Donc, il faut trouver cet équilibre.
Et moi, je suis satisfait, je me réjouis que la Commission européenne mette un peu d'eau dans son vin et fasse évoluer un petit peu sa doctrine au regard de la concurrence. Parce qu'on a besoin aussi de protéger nos champions nationaux.
Ah oui, c'est une sacrée évolution en fait. Et intéressant de voir qu'aujourd'hui, il y a une annonce aussi de consolidation hostile, cette fois-ci, dans les banques en Italie. Là, vous, vous étiez au courant forcément de ces négociations lorsque vous étiez ministre de l'Industrie. Alors, pas forcément
sur le système bancaire. Non, non. Ah oui, sur les télécoms. Je reviens sur les CEPA. Bien sûr, évidemment.
Je reviens sur les CEPA.
S'agissant des télécoms dont j'avais la tutelle, j'étais chargé des infrastructures numériques. Pas de tout ce qui est réglementation numérique, mais des infrastructures. Donc, les opérateurs télécoms. Donc, effectivement, je discutais avec les acteurs. Et déjà, à ce moment-là, c'est-à-dire, il y a à peu près un an, les enjeux étaient bien posés sur la table. Les opérateurs souhaitaient avoir des capacités d'investissement et ils avaient des arguments pour cela.
Mais, évidemment, à l'échelle de Bercy qui se préoccupe d'industrie, mais qui se préoccupe aussi de concurrence, de pouvoir d'achat, de consommation, eh bien, le message que nous portions collectivement, c'était de trouver un équilibre.
Mais là, on pourrait très bien avoir un étranger débarqué, non ?
Là, en l'occurrence...
Un opérateur, je ne sais pas, un opérateur...
Non, le deal tel qu'il a été conclu et qui doit désormais se concrétiser par la consolidation, eh bien, va partager les actifs de SFR entre les trois autres opérateurs.
Non, mais ça, ok. Mais qu'est-ce qui... Est-ce que, désormais, ça veut dire que le marché français est fermé ? On ne pourra pas avoir un quatrième opérateur étranger qui débarque ?
Un autre opérateur peut intervenir. D'accord, ok. Il faut bien voir que les coûts d'investissement, eh bien, pour mailler tout le territoire avec vos infrastructures, sont extrêmement lourds, vous le savez.
Vous ne croyez pas qu'il y aura une vente des infrastructures pour la fibre ? Tout est possible. Des fonds d'investissement, comme ça se fait ? Tout est possible. Mais ici, nous avons
un garde-fou très important qui est le contrôle des investissements étrangers. Et vous le savez, quand on a des enjeux de souveraineté, et ici, on a un enjeu de souveraineté avec le numérique parce que c'est une infrastructure critique, il y a des enjeux de cybersécurité, il y a des enjeux de résilience de nos réseaux, eh bien, on a une approche très rigoureuse consistant à regarder les investisseurs qui rachètent le cas échéant des opérateurs ou des entreprises françaises. On le fait de manière systématique, on le fait de plus en plus s'agissant de l'industrie. Il y avait 100 contrôles des investissements étrangers par an en 2014. Il y en a 4 fois plus aujourd'hui.
Et à chaque fois, eh bien, on regarde les impacts sur notre souveraineté. Pas toujours efficace
si l'on en croit Arnaud Montebourg qui était votre prédécesseur.
Moi, je constate qu'un contrôle des investissements étrangers sur deux aboutit soit à une interdiction, soit à des mesures de sauvegarde, c'est-à-dire à des restrictions sur l'opération menée. Donc, il y a quand même un impact.
On va parler parce que là, il y a quand même un enjeu. Moi, j'ai beaucoup de témoignages là-dessus comment les Chinois grignotent un peu des PME ou des start-up un peu clés, que ce soit dans les nouvelles technologies et qu'à pas feutrer. Et puis, évidemment, il y a Ceylantis qui a ouvert grand les portes de son usine de Rennes à Dongfeng. Avant de parler de ce sujet qui est très important, on a appris juste avant l'ouverture de ce 18-19 que le projet SCAF, vous savez, cet avion européen, j'en avais parlé avec Eric Trappier sur ce même plateau, est officiellement enterré. Frédéric Merz et Emmanuel Macron ont reconnu que Airbus et Dassault Aviation ne pouvaient pas s'entendre.
C'est dommage. C'est dommage parce que nous sommes à un moment où la coopération européenne et particulièrement la coopération franco-allemande est importante à la fois pour avoir des capacités d'investissement, à la fois pour partager une vision stratégique sur ce que sont les besoins de la défense européenne. Mais sur ce genre d'opération, moi j'ai toujours considéré, y compris quand j'étais ministre, que c'est aux industriels de faire la preuve qu'ils savent mener à bien une opération aussi complexe que celle-là. En l'occurrence,
la discussion,
vous le dites, a eu lieu pendant des mois et des mois et il se trouve qu'il n'y a pas d'accord qui ait été trouvé. Ça ne veut pas dire que sur d'autres sujets, y compris en matière de défense, il n'y a pas de coopération franco-allemande. Il y a quelques jours sur un autre segment de notre industrie de défense que sont les blindés. Eh bien, il y a un rapprochement qui a été fait entre KNDS et des actionnaires allemands. Donc, on voit que sur d'autres sujets, ça peut fonctionner. Sur le SCAF, ça n'a pas fonctionné.
Oui, et c'est dommage. C'est une question d'égo ?
Non, je ne pense pas. Je pense que c'est vraiment des problématiques industrielles et la difficulté à faire vivre un projet de cette complexité et de cette ampleur.
Marc Ferrati, je le disais, il y a quand même beaucoup d'inquiétudes sur l'offensive chinoise, notamment dans l'automobile, évidemment, au niveau européen, au niveau des Allemands qui sont en train d'avoir une sorte de prise de conscience, eux qui défendaient l'arrivée des Chinois parce qu'ils sont clients, ils ont des partenariats avec les Chinois, ils sont en train de se rendre compte que dans la machine outil, dans tous les secteurs qui ont fait la force de l'économie et de l'industrie allemande, ils sont en train de perdre pied. C'est aussi un peu en train d'arriver en France.
Le fait que Stellantis décide d'ouvrir ses portes de son usine à Rennes, à Dongfeng, est-ce que pour vous c'est une bonne nouvelle ? Ça veut dire que le monde avance ou au contraire ça signifie un peu la mort des constructeurs automobiles français ?
Non, ça ne signifie pas la mort des constructeurs automobiles français. C'est d'abord une démarche assez pragmatique. On avait à Rennes une usine qui était en sous-capacité de production. L'accord va permettre d'augmenter très significativement peut-être jusqu'à doubler la capacité de production et ça, je vous le dis, c'est la meilleure garantie de pérenniser l'usine, de pérenniser l'outil industriel et de pérenniser les emplois.
C'est absolument nécessaire d'augmenter la capacité de production et les syndicats sur place le savent bien, j'ai été confronté à beaucoup de dossiers d'équipementiers automobiles, il a beaucoup de dossiers automobiles dans lesquels les usines tournaient à 60-65% de leur capacité de production et là, ça pose un problème sur la pérennité du site. Donc, le premier point, c'est cela. Ensuite, c'est une vision court terme. Bien sûr, c'est une vision court terme et c'est pour ça qu'il faut aussi avoir une vision long terme.
La vision long terme, c'est que quand un acteur chinois vient en France, soit pour participer à une co-entreprise avec Stellantis comme c'est le cas de Dongfeng, soit pour racheter des actifs et des entreprises françaises, ça doit se faire à nos conditions. Et là, j'insiste, quand on produit en France, on ne doit pas simplement avoir des usines d'assemblage. Un maximum de composants doivent être produits en France et en Europe. Et ça, c'est le principe de la préférence européenne que je défends, que je défendais et que je défends toujours. Ça veut dire quoi ? Ça veut dire qu'une part de la valeur ajoutée...
C'est ouvert au Brésil... C'est pour ça,
je vais aller vous dire ce que je pense de ce qui est en train de se nouer. Mais le principe de la préférence européenne, c'est de dire qu'il y a une certaine proportion de la valeur ajoutée qui doit être produite en Europe. Et donc, même si on faisait venir tous les composants et qu'on les assemblait à Rennes ou ailleurs, eh bien, on ne bénéficierait pas de la préférence européenne. 70% de la valeur ajoutée d'une voiture doit être du contenu local. Ça, c'est le premier point. Et effectivement, je vous rejoins, ce qui est en train d'être discuté au niveau européen, c'est une définition de la préférence européenne qui ne me satisfait pas.
Qui ne me satisfait pas, qui ne devrait satisfaire personne, parce qu'on ouvre la préférence européenne qui permet de bénéficier de la commande publique, des aides publiques, à des acteurs qui ne sont pas dans l'Union européenne en l'état actuel de la négociation du texte. Donc moi, je demande qu'on ait une approche restrictive de la préférence européenne et de bon sens. C'est-à-dire qu'il consiste à réserver la préférence européenne aux acteurs strictement européens.
Comment vous expliquez que ce ne soit pas du tout le cas ?
Alors, parce qu'il y a aujourd'hui un texte qui est en discussion et ça n'est pas encore terminé. Et donc, il y a des rapports de force, d'influence entre la Commission européenne, entre certains acteurs, entre certains pays.
Vous connaissez bien tout ça,
des pays dont les chaînes de valeur sont déjà très délocalisées.
Oui, les Allemands, par exemple,
ont un intérêt à ce que la préférence européenne s'applique de manière très large. s'ils ont des usines ailleurs qu'en Europe, ils veulent pouvoir faire bénéficier leurs usines de la préférence européenne. Voilà au fond la divergence qui a pu exister en France. Et mon successeur Sébastien Martin a évidemment repris ce flambeau et il défend la préférence européenne dans une approche stricte. En France, on a besoin véritablement d'une démarche extrêmement rigoureuse qui consiste à limiter la préférence européenne au pays refaire. Mais nous verrons, si vous le voulez bien, nous verrons à la fin.
À l'arrivée.
Quand le texte sera adopté, quel en sera le contenu. Je pense qu'il faut toujours se battre jusqu'au dernier moment et jusqu'au dernier quillement.
Vous avez raison et peut-être que justement ça peut faire, tout ce qui se passe en ce moment peut faire évoluer les Allemands parce que leur industrie est quand même très touchée par l'arrivée des Chinois. Et je pense,
si je puis terminer, il y a un autre enjeu, c'est qu'on doit avoir des contreparties quand les Chinois viennent investir chez nous. Quand j'ai visité l'usine de batterie de Envision avec le président de la République à Douai, il y avait des salariés chinois dans l'usine qui formaient les salariés français. Je pense que ça, il ne faut pas laisser ça de côté. Il faut imposer aux Chinois ce que les Chinois ont fait il y a 30 ans avec nous, c'est-à-dire des transferts de technologie.
Absolument. Enfin, 30 ans, même il y a 20 ans, c'était nous qui faisions du transfert de technologie. Aujourd'hui, c'est des Chinois qui font, on est en train de les supplier qu'ils fassent du transfert de technologie avec nous. Pas les supplier,
mais il faut se servir de la force de notre marché intérieur pour obtenir ce genre de contrepartie.
C'est une vraie arme. Merci beaucoup, Marc-Pérenti, d'avoir été avec nous à dire comment vous avez vous décrypté, analysé ce grand deal de SFR. On continue d'en parler avec notamment Olivier Lelon, vous l'avez dit, qui est délégué syndical CFDT de SFR. Beaucoup de craintes sur l'emploi. Et face à lui, ce sera Mathieu Pechberti qui est grand porteur à BFM Business. A tout de suite.
BFM Business et la Tribune présente
Le 18-19 d'Edvie Chevrillon. Vous êtes bien dans le 18-19. On continue à parler du rachat des SFR. Il faut dire que c'est un deal quand même à plus de 20 milliards d'euros. Un deal qu'on attendait depuis longtemps. Un deal historique aussi parce qu'il sonne peut-être le point de départ d'une consolidation en Europe, dans ce secteur des télécoms mais aussi dans d'autres secteurs. On va en parler avec Olivier Lelon qui est délégué syndical CFDT de SFR. Bonsoir Olivier Lelon. Bonsoir. Merci d'être là parce qu'évidemment un des aspects de ce deal c'est l'aspect social. Les craintes pour les salariés des SFR et puis la question des prix aussi parce qu'il y avait une guérilla tarifaire.
Est-ce qu'elle va s'arrêter ou pas ? Et avec nous Mathieu Peche-Bertic grand reporter à BFM Business qui suit très bien ce dossier. Bonsoir Mathieu. Ça fait combien de temps que vous suivez ce dossier ? Oh là là mon Dieu. Trop d'années. Oui. Ce qu'on peut dire juste pour planter bien le décor on l'a planté avec Marc Ferracci l'ancien ministre de l'Industrie qui avait la tutelle des télécoms. C'est un deal historique 20 milliards c'était attendu mais en même temps c'est des discussions qui ont été très très très longues et très très très houleuses parce qu'il faut quand même voir qu'il y avait des inimitiés entre tous ces ticounes des télécoms français des énormes inimitiés.
Oui cette opération en réalité ça fait alors officiellement on va dire 8 mois qu'elle est négociée ou en tout cas qu'elle a été divulguée mais en réalité ça fait quasiment un an et demi que à la fois les concurrents de SFR donc Bouygues, Free et Orange discutent entre eux de comment ils peuvent racheter ils pouvaient racheter SFR et puis ensuite il y a eu des discussions avec SFR et puis ces derniers jours mais de manière assez logique ça a effectivement été très tendu on nous a même dit plusieurs acteurs du dossier nous ont assuré que le deal avait failli casser comme on dit vendredi alors même que les groupes Bouygues, Free et Orange avaient validé en conseil d'administration l'opération donc ça a été très tendu mais j'ai envie de dire
avec un délan justement vendredi soir le vendredi 5h
exactement et c'est pour ça qu'en fait ça a été un petit peu reporté que ça a été officialisé dans la nuit de samedi à dimanche bon en fait c'est assez classique puisque dans le secteur des télécoms vous le savez il y a 3 propriétaires 3 milliardaires sur 4 SFR qui appartient donc encore pour quelques temps à Patrick Drahi Bouygues qui appartient évidemment à la famille Bouygues et Martin Bouygues et puis Free à Xavier Niel et donc ça fait en réalité quasiment des décennies 20 ans pour certains ou au moins 10 ans que ces milliardaires on va dire bataillent et ferraillent donc ça crée effectivement un contexte très tendu et des dernières négociations ces derniers jours extrêmement tendus
oui il y avait les créanciers aussi de Patrick Drahi qui étaient autour de la table
alors effectivement mais ça c'est on va dire que c'est Patrick Drahi lui-même qui les gère de son côté donc ça il a l'habitude de négocier avec ses créanciers puisqu'il vit sur un empire qui est très endetté depuis toujours c'est un peu son business model j'ai envie de dire mais donc effectivement il y a eu beaucoup de monde autour de la table et puis comme vous l'avez dit tout à l'heure il y avait aussi on n'en a pas parlé parce qu'il s'est fait discret mais il y avait aussi l'État l'État français qui est actionnaire d'orange aussi autour de la table donc cette opération qui avait
qui avait bloqué du reste le rapprochement le rachat par Bouygues on s'en souvient quand Emmanuel Macron était ministre de l'industrie
exactement il y a 10 ans alors est-ce que c'est l'État qui avait bloqué ou Martin Bouy qui avait jeté l'éponge il y avait toujours débat aujourd'hui 10 ans après mais effectivement il y avait eu en tout cas un bras de fer entre les acteurs et l'État français donc cette opération extrêmement complexe cette fois-ci a été au bout et ça clôt une période d'ouverture du marché des télécoms à 4 opérateurs en 2011 en 2012 même quand Free est arrivé donc il y a 15 ans
oui en même temps ça clôt pas tout de suite je me tourne vers vous Olivier Lelon parce que je répète le délégué syndical CFDT de SFR il y a quand même ça va prendre au moins 2, 3, 4 ans pour avoir les accords de l'autorité de la concurrence française ou européenne et puis il y a qu'est-ce qui va se passer pour SFR d'abord ce matin vous êtes enfin ce soir mais ce matin vous êtes réveillé comment ? avec une gueule de bois ou au contraire vous dites vous avez une épée de Damoclès qui était au-dessus de votre tête ben au moins ça y est elle est tombée vous êtes dans quel état d'esprit ?
gueule de bois non parce que effectivement ce rachat était annoncé quelles que soient les péripéties il n'y avait pas a priori de porte de sortie pour les différents acteurs du marché télécom en France que le rachat de SFR parce que le but de l'opération quoi qu'on en dise quoi qu'on essaie de faire croire de toute façon c'est bien de faire disparaître le deuxième opérateur de France pour renforcer sa base de clients bien évidemment mais aussi à terme faire relever les tarifs des abonnements c'est bon c'est un secret de Paul Uchinel tout le monde vous dira que non bien évidemment on fera attention à la concurrence il y a aussi
de désendetter Patrick Drahi
Patrick Drahi avait la nécessité de vendre SFR parce qu'il l'a surendetté il a surendetté son groupe en donnant comme caution SFR qui est la pépite du groupe de Patrick Drahi et donc nous Société Saine on se retrouve à devoir payer les pots cassés de Patrick Drahi d'ailleurs pour ça que dès 2024 on a alerté sur la restructuration de la dette qui était présentée comme la seule façon de faire perdurer l'activité de SFR et il était quand même écrit en gros en dessous attention bonne affaire ne la laissait pas passer c'est ce qu'on a plaidé devant le tribunal de commerce le tribunal de commerce a dit que les syndicalistes franchement avaient des idées un petit peu tordues mais on se retrouve au bout de l'exercice avec ce qu'on annonçait dès le début dès 2024 la vente de SFR c'était une action qui était
alors sur l'opération sur le deal tel qu'il est tel qu'il a été conçu tel qu'il est maintenant sur la table je veux dire avec une partie pour Bouygues Télécom qui récupère la plus grosse partie donc il y a aussi la partie qui va chez Orange une partie donc le découpage et l'autre qui va chez Free comment c'est perçu chez vous ? expliquez-nous un peu
alors ça fait donc des mois voire plus d'un an que les salariés sont très inquiets parce que cette phase de renégociation de la dette tout le monde voyait où ça allait mener et là oui ça fait un an qu'on vit en lisant les coupures de presse qui parlent des négociations du rachat possible et donc là ce matin tout le monde a le moral dans les chaussettes c'était déjà pas brillant avant et là j'ai passé ma matinée à répondre aux salariés dans des réunions que nous avons organisées tout le monde se demande ce qu'il va devenir demain alors on nous répond ne vous inquiétez pas il y a une garantie
et c'est garanti jusqu'en 2029 voilà écrit Seledman donc il a la directrice générale d'Orange a dit que les collaborateurs chez CFR sont inquiets et on tient évidemment à les rassurer je le redis notre angle sera d'engager les collaborateurs parce qu'on va devoir les motiver les retenir parce que le travail est à faire pour la migration des réseaux et c'est colossal voilà
donc moi je lis les communiqués de presse et je vois effectivement une garantie d'emploi d'une durée d'un an le lave-vaisselle que j'ai acheté chez L'Arti le week-end dernier a lui une meilleure garantie que l'emploi chez SFR puisque la garantie contractuelle est de deux ans non c'est c'est insuffisant insuffisant j'irai peut-être même jusqu'à 1 décent qu'est-ce que vous réclamez vous comme garantie à la fois en termes de durée garantie de l'emploi et puis en termes de conditions j'ai envie de dire de départ on a entendu Christelle Edman ce matin qui disait que le secteur des télécoms les effectifs baissaient en tout cas depuis maintenant 10-15 ans de manière inévitable s'il y a concentration il y aura forcément des réductions d'effectifs c'est quoi votre perspective pour les 3-4 prochaines années la perspective n'est pas bonne du tout parce que pour revenir sur cette garantie d'un an c'est le temps nécessaire pour mettre en place un PSE entre le moment ou fin 2027 un plan social entre le moment ou fin 2027 ils prennent les clés de SFR et la fin de la garantie fin 2028 c'est le temps nécessaire pour mettre un plan social en oeuvre et donc fin 2028 on commence à se débarrasser des salariés quand on regarde comment est expliquée la reprise des activités alors il y a le côté entreprise
alors on va peut-être le rappeler non Mathieu vous voulez que je le fasse comme vous voulez non mais allez-y je vous en prie orange c'est vous le spécialiste
écoutez l'essentiel la partie on va dire clientèle entreprise avec la marque SFR Business qui est un peu connue ira chez Bouygues et ensuite il y a un partage des abonnés mobiles entre Bouygues beaucoup évidemment c'est celui qui en reprend le plus un petit peu orange quand même c'est important environ 4 millions d'abonnés mobiles évidemment free et free c'est ceux de la marque Raid pour essayer un petit peu d'identifier après il y aura beaucoup d'activités de réseau qui iront chez Bouygues alors c'est peut-être là-dessus qu'il y a le plus de sujets sur l'emploi ça va nous le dire peut-être le sujet sur l'emploi c'est déjà dans le processus qui semble devoir être mis en oeuvre quelque part on construit une réserve d'Indien donc on met les salariés qui vont être achetés dans une structure alors moi j'appelle ça une structure de défaisance à priori ce sera peut-être le périmètre de SFR mais on met tous ces salariés là et puis on va regarder ce qu'on va en faire véritablement et si on doit supprimer des emplois ce sera nécessairement ceux des salariés de SFR donc ils sont très directement visés par les réductions d'emplois qui vont intervenir
et le nécessairement c'est vous qui le dites
ou alors ce sont les racheteurs c'est l'interprétation qu'on fait alors c'est vrai qu'on a très peu d'informations c'est très succinct donc on est obligé de lire et d'essayer d'interpréter de comprendre ce qui se dit entre les lignes dans les communiqués de presse des acheteurs de SFR donc là ce qu'on comprend c'est qu'il y a une structure dans laquelle on rassemble tous les salariés et puis après on voit que les abonnés grand public sont dispatchés entre les trois opérateurs et les salariés là-dedans on ne sait pas les salariés ne sont fléchés nulle part donc on pourrait penser que les trois opérateurs vont dire ah bah oui mais alors moi je n'ai repris qu'une petite partie des abonnés grand public donc les salariés c'est pas pour moi ça c'est une chose et on a le même raisonnement sur le réseau et le réseau d'ailleurs ça ne fait pas partie des actifs qui seront repris alors on va faire vivre le réseau jusqu'à ce qu'on ait réussi à transvaser les abonnés qu'on a rachetés de chez SFR à chez Bouygues chez Orange ou chez Free et puis au bout du bout que deviennent les salariés qui ont permis de faire la jonction vous avez été
prévenu comment ? Vous avez un communiqué de presse est-ce que le patron des SFR est venu vous présenter ? Là je sais qu'en ce moment Hilliard est en train de rassembler ses salariés donc chez vous
SFR aussi cet après-midi
SFR c'était cet après-midi ?
Le top management Alors comment est-ce que j'ai été prévenu ? J'ai reçu un SMS samedi à 23h45 et puis après on m'a passé un petit coup de téléphone dimanche matin
D'accord
Et on lit les communiqués de presse et après on lit la prose des journalistes qui décryptent aussi ou qui tentent de décrypter aussi de leur côté Est-ce que vous pouvez nous donner quand même une petite photo du nombre de salariés qui sont chez SFR à la fois chez SFR et puis dans les boutiques parce qu'on sait que c'est un peu compliqué il y a des boutiques chez SFR et puis défranchisées et puis est-ce que vous avez une idée sur les quelques milliers de salariés de SFR je crois qu'il y en a 6 000 à votre avis c'est très tôt pour le dire mais combien seront on va dire dispatchés repris à la fois par Orange Bouygues et Free Alors c'est en l'état c'est très compliqué à dire parce qu'on a assez peu d'indications donc on va rester sur les échelles qu'on annonce depuis plusieurs mois pour nous il y a quasiment 50% des salariés qui se retrouvent en danger dans cette opération Alors c'est la vente des SFR mais c'est le démantèlement d'Altice France donc là on parle des salariés de SFR ou des MVNO Oui
c'est juste parce que Altice France n'est pas rachetée par le Altice France
n'est pas rachetée donc il y a les boutiques SFR qui sont reprises et pas en totalité d'ailleurs Ah bon ?
Elles sont reprises par qui ? Alors
de ce que nous comprenons Bouygues en reprend une partie Orange en reprend une partie je n'ai pas vu qu'il y a de reprendre une partie mais bon il est quand même dit dans le communiqué de presse que la totalité des boutiques ne sera pas reprise Alors quelle proportion est-ce que chacun reprend 10 boutiques 20 boutiques il y a 2000 salariés chez SFR Distribution donc les boutiques en propre de SFR après vous avez les franchisés aussi à côté 2000 salariés aussi eux quand SFR disparaît leur business disparaît vous avez les filiales techniques d'Altis qui n'y travaillent uniquement pour SFR ça c'est 3000 salariés quand SFR s'arrête qu'est-ce qu'ils deviennent et puis plus largement ce qui préoccupe aussi la CFDT c'est le contexte économique global des télécoms les emplois diminuent et l'impact sur l'ensemble des sous-traitants des entreprises de télécoms qui perdent un donneur d'heure majeur SFR nous on voit la globalité
Que va devenir la marque ? parce qu'elle devrait être en partie poursuivie là je vois Olivier Leloup vous n'êtes pas encore au courant de ça Mathieu Pechberti ?
Alors pour le moment rien n'est très clair mais ce qui se dessine corrigez-moi si vous avez d'autres infos supplémentaires mais par exemple pour la marque Red qui est la marque on va dire low cost de SFR les abonnés vont être repris par free donc il y aura évidemment une période de transition parce que ce sera un an, deux ans ce sera pas très long où la marque continuera d'exister chez free mais free il y a une seule marque et c'est free donc a priori les abonnés Red basculeront vraiment en marque free pour SFR je pense que ça sera un petit peu différent parce que ceux qui seront repris par Bouygues est-ce que Bouygues va conserver la marque SFR pour faire on va dire une marque premium et une marque plus low cost avec Bouygues je pense qu'à terme la marque SFR je pense qu'elle subsistera pour la partie entreprise qui sera chez Bouygues mais je pense que sur la partie abonné grand public je pense que les repreneurs à savoir Free Bouygues et Orange feront disparaître la marque dans la durée sur 2-3 ans je pense
bonne question je poserai Olivier Roussa le patron de Bouygues qui sera mon invité ça sera mardi prochain donc beaucoup de questions à lui poser vous parliez tout à l'heure de savoir si la guérilla tarifaire est-ce que l'impact ça va avoir sur les prix le prix des abonnements ou pas vous dites vous avez le sentiment que ça va peser sur la guérilla tarifaire va s'éteindre avec le rachat des CFR c'est ça grosso modo que vous nous dites
à terme c'est quand même un début de l'opération on ne fait pas disparaître un concurrent pour rester avec un niveau de tarification aussi faible qu'actuellement sinon l'opération en elle-même va être très profitable pour les trois opérateurs qui nous rachètent mais derrière bien évidemment
très profitable c'est quand même 20 milliards on se partage
quand même 8 milliards de chiffre d'affaires c'est un bon deal
ou pas ?
ça dépend pour qui je crois qu'en fait
vous avez dit que c'était un bon deal pour Orange
je crois que c'est un bon deal pour tout le monde il ne faut pas oublier que ce deal est d'abord rendu possible parce qu'il y a un vendeur le vendeur c'est Patrick Drahi
20 milliards quand même sur la table 20 milliards c'est beaucoup
20 milliards ça sera peut-être 21 à la fin et puis autour de SFR il y a pas mal le filial je ne rentre pas dans les détails mais il devrait récupérer environ 24 milliards d'euros alors ce n'est pas pour lui il a quand même 16 milliards de dettes à rembourser donc c'est quand même le but de l'opération c'est quand même rembourser ses dettes à la fin il y a une partie de ce solde qui sera partagé avec ses co-actionnaires qui sont ses anciens créanciers lui il devrait repartir on va dire avec 3 à 4 milliards d'euros donc c'est effectivement une belle opération pour Patrick Drahi qui était quand même dans une situation qui était loin d'être évidente il y a encore 2-3 ans et ensuite pour ceux qui rachètent Bouygues, Free et Orange en fait tout le monde gagne des abonnés
tout le monde gagne
du chiffre d'affaires
c'est rentable à partir de
c'est rentable tout de suite tout de suite je pense qu'en fait moi je pense que paradoxalement c'est alors l'opérateur qui reprend le plus d'activités c'est Bouygues c'est plus de 40% des activités de SFR mais je pense que c'est paradoxalement pour Bouygues que ça va être le plus difficile on a vu en bourse en tous les cas parce qu'ils reprennent des activités compliquées des réseaux il va falloir démonter des antennes en refaire il y aura beaucoup d'intégration d'équipes on va dire que le mécano le mécano industriel va être très lourd pour Bouygues même si financièrement ils vont y gagner je ne suis pas inquiet mais quand vous regardez à côté Free ils reprennent 30% des activités c'est des abonnés c'est que des abonnés c'est les abonnés raides ils vont tout de suite le basculer sur le réseau et donc pour Free ça va être une opération fabuleuse et puis moi effectivement je souligne quand même le fait que c'est aussi très avantageux pour Orange parce qu'Orange c'est le leader de marché
mais c'était la condition ce n'est pas bien du Lille on l'avait dit
Absolument c'était la condition mais quand vous avez la consolidation dans des marchés on l'a vu en Espagne où Orange est d'ailleurs on l'a vu en Grande-Bretagne on l'a vu en Italie en général le leader du marché l'opérateur historique Telefonica en Espagne Telecom Italia en Italie British Telecom en Grande-Bretagne ne participe pas à l'opération ce sont les petits opérateurs les concurrents qui réalisent la consolidation or là l'opérateur historique va regagner des parts de marché c'est quand même inédit
inédit en même temps il avait dit qu'il n'avait pas cité notamment sur les entreprises
disons qu'Orange a bien négocié on va le dire comme ça
Olivier Lelon pour vous maintenant vous faites
qu'est-ce qui va se passer ? qu'est-ce qui va se passer ? déjà on va attendre d'avoir un peu plus de précision sur cette opération certes il y a la vente et ses effets mais il y a aussi toute cette période de flou qui va durer deux ans
parce qu'il peut se passer plein de choses en deux ans
qui va durer oui environ 18 mois quelque chose comme ça à partir de maintenant pendant laquelle l'entreprise essaie faire et donc les salariés sont censés travailler comme si il ne rien se passait et maintenir une activité normale ce qui va être très compliqué parce qu'ils vont nécessairement avoir la tête ailleurs il n'y a aucun engagement solide pour les rassurer il n'y a a priori aucun accompagnement dans l'immédiat pour les motiver parce que si c'est pour continuer à bidouiller comme on le fait ou tout centime dépensé à regarder de près
est-ce qu'il y a un guichet qui va être ouvert un plan social tout de suite
non parce qu'Altis ne paiera pas pour dégraisser à la place des acheteurs ça c'est une certitude et donc c'est pour ça que la réserve d'Indien dont je vous parlais tout à l'heure inquiète beaucoup parce qu'il n'y a vraiment aucune garantie au bout d'un an qu'est-ce qu'on devient et puis il y a une petite étrangeté dans ce qui est expliqué c'est soit on garde son emploi soit il sera fait une proposition d'emploi partant du principe que tout le monde est basculé dans la même structure et donc que l'emploi n'est pas remis en cause pendant un an cette petite étrangeté ça laisse à penser que les opérateurs qui rachètent SFR vont chasser ce qu'on appelle les talents maintenant dans le langage RH maintenant nous sommes des talents donc on va aller chasser les talents en leur disant tiens signer donc le contrat avec Bouygues tu vas avoir une proposition vachement plus intéressante que chez SFR et donc ils vont commencer c'est comme ça qu'on le comprend commencer à exfiltrer les salariés qui les intéressent et puis laisser entre guillemets la plèbe dans cette structure et puis derrière passer passer aux suppressions donc ça va amoindrir de manière le SFR c'est ce que vous dites sans plus d'explications c'est comme ça qu'on le traduit alors peut-être qu'on se rompe on avait le sentiment ce matin en écoutant les différents dirigeants des trois opérateurs que Orange et Christelle Ellemann avaient un peu le lead entre guillemets sur ces sujets sociaux est-ce que un c'est votre sentiment est-ce que deux quand on est salarié on a plutôt envie d'aller chez Orange qui a une image on va dire d'enjeux social ex-service public plutôt positive ou est-ce que finalement on n'est pas forcément maltraités chez Bouygues et chez Free on n'est plus dans les années 2000 où c'était un peu on va dire difficile non ?
Est-ce que vous avez demandé à rencontrer quelqu'un ?
Ah mais oui on écrit depuis quasiment un an mais dans la mesure on n'a pas encore rencontré un seul des dirigeants qui va nous racheter c'est un peu difficile de se faire une idée sur leur capacité d'écoute sociale et de réponses à nos attentes ce qui est sûr c'est que si ça continue tel que c'est parti ils vont retrouver une entreprise en charpie parce qu'il faut quand même donner quelque chose aux salariés pour qu'ils mènent à bien cette période de transition et laisser SFR en un état correct quand ils vont le récupérer parce que là c'est pas gagné vu le moral des troupes c'est absolument pas gagné et pour le moral des troupes aussi il serait très avantageux pour eux de dire très précisément ce qu'ils entendent par protection de l'emploi parce que si c'est simplement un an c'est juste préparer un plan social on appelle ça un plan social ou un plan de sauvegarde de l'emploi mais bon c'est un plan de suppression d'emploi donc si c'est juste un an ça ne rassure personne ce matin tous les salariés j'en avais plus de 1000 dans la réunion qu'on a organisée tous les salariés se posent la question de leur devenir demain et c'est pas un an qui les rassure loin s'en faut
Est-ce que dans l'accord il n'y a pas de il n'y a pas de Mathieu Pézberti il n'y a pas de de termes pour dire il faut que SFR garde un certain niveau de rentabilité parce que comme dit Olivier Lelon on le rappelle que vous êtes délégué syndical pour la CFDT peut-être retrouver une SFR en charpie parce que les talents seront partis parce que ceci cela il y a un risque quand même
c'était l'un des quelques sujets de discussion très féroces de ces dernières semaines les trois acheteurs encore une fois Bouygues, Orange et Free disant à SFR que pour se prémunir de l'effondrement de SFR et pour l'éviter ils demandaient à ce que SFR continue d'investir et il y a un mécanisme je ne vais pas rentrer dans la technique mais de complément de prix donc aujourd'hui c'est 20 milliards d'euros ça pourrait monter à 21 je schématise un petit peu si en gros SFR est toujours dans une santé satisfaisante d'ici un an donc effectivement pour le coup c'est une grosse inquiétude des trois acteurs de ne pas récupérer un opérateur dans un an et demi ou deux ans qui aura perdu 20% d'abonnés et il y a aussi un enjeu pour Patrick Drahi de continuer d'éviter de perdre des abonnés pendant cette période de transition parce que sinon lui-même perdra de l'argent
Merci Olivier Lelon d'avoir été avec nous délégué syndicat CFDT de SFR on comprend vos inquiétudes en tous les cas tenez-nous au courant on en saura un peu plus parce que là le deal vient de se faire donc il faut qu'on rentre dans les détails vous-même vous disiez que vous étiez en train de lire des communiqués de presse enfin j'imagine que vous en sachiez quand même un petit peu plus que nous Merci Mathieu pour BFM Business voilà c'est la fin du 18-19 on se retrouve bien sûr demain tout de suite Stéphanie Collot pour son journal de l'écho bonne soirée le 18-19 d'Edwin Chevrillon sur BFM Business Sous-titrage ST' 501
Marc Ferracci