Jean-Paul Mattei - Le Barbier du matin du 25/01/24
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
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Questions et réponses
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- 0:07OuverteRéponse directe
Jean-Paul Maty, bonjour.
- 0:15OuverteRéponse directe
On va commencer par une nouvelle triste : la flambée des actes antisémites.
- 0:34OuverteRéponse directe
Que peut faire le législateur ?
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Vous avez parrainé un otage.
- 1:31OuverteRéponse directe
L'hommage du 7 février, ça sera un moment important ?
- 2:14OuverteRéponse directe
Cette colère que l'on voit depuis quelques jours, pour vous, c'est une fièvre passagère ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:23PrésentateurChiffre
« 1676 l'année dernière en France, contre 436 l'année précédente. »
- 0:29PrésentateurChiffre
« Il y a eu plus d'actes antisémites en trois mois, depuis le 7 octobre, dans notre pays, qu'en trois ans. »
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« Ils parlent d'abord de reconnaître la profession en tant que telle. »
- 2:47Invité politiqueFait
« Moi, je dirais que c'est une profession presque d'intérêt général. »
- 3:31Invité politiqueFait
« Ce mal-être, il y a longtemps qu'il y a des signaux d'alerte qui sont donnés. »
- 3:45Invité politiqueFait
« Notamment les éleveurs, qui galèrent vraiment. »
- 4:22Invité politiqueFait
« Moi, je peux vous assurer que c'est un secteur d'activité des plus complexes au niveau des règles administratives. »
- 4:47PrésentateurFait
« La FNSEA, dans ses 24 revendications publiées hier, met en tête les normes environnementales. Il souhaite un moratoire, en tout cas une remise en question, une remise à plat. »
- 5:56Invité politiqueFait
« On a tendance, c'est vrai, à appliquer certaines lois. Et parfois, on ne prend pas la dimension des textes totalement, l'impact des textes que l'on peut voter. »
- 7:23Invité politiqueFait
« C'est vrai qu'on est assez déçus sur le résultat d'Egalim. »
- 8:17Invité politiquePromesse
« Et il faut aller au bout de cette loi et sans l'application. »
- 10:15Invité politiqueFait
« que je peux comprendre. »
- 11:33Invité politiquePromesse
« Je souhaite une censure. »
- 11:43Invité politiqueFait
« Pourquoi je me suis abstenu ? Parce qu'on a eu des conditions d'adoption très compliquées. »
Temps de parole
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- Présentateur19 %
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Jean-Paul Maty, bonjour. Bonjour. Monsieur le Président, vous tombez un jour particulier, vous l'avez compris. Joyeux anniversaire. Merci beaucoup, c'est une grande famille. Radio-J. Alors on va commencer, hélas, par une nouvelle triste. J'aurais préféré un autre cadeau d'anniversaire. C'est la flambée des actes antisémites. Le CRIF les a comptabilisés. 1676 l'année dernière en France, contre 436 l'année précédente. Une flambée, bien sûr, due au 7 octobre. Il y a eu plus d'actes antisémites en trois mois, depuis le 7 octobre, dans notre pays, qu'en trois ans. Que peut faire le législateur ?
D'abord, je dirais, c'est qu'on puisse appliquer les textes condamnant ces actes antisémites. Moi, je suis effectivement glacé par cet envolé. Moi, depuis le 7 octobre, j'ai eu l'occasion d'ailleurs de participer à la manifestation, la première manifestation qu'avait lieu à Paris contre les actes du Hamas. Et je me rendais compte à quel point les Juifs de France se sentaient stigmatisés et autres. Et menacés. Et menacés. Donc, c'est des actes inadmissibles et qu'on ne peut que condamner. Alors, le législateur, il y a l'application des lois pénales et autres. Je sais que le ministre de la Justice est très vigilant sur ces questions. Également le ministre de l'Intérieur. Voilà.
Donc, on ne peut être qu'en solidarité avec, je dirais, les Françaises et les Français. Bon, je ne fais pas de différence.
Vous avez parrainé un otage.
Oui, j'avais parrainé un otage qui, hélas, est décédé en Palestine.
L'hommage du 7 février, ça sera un moment important aussi ?
Je pense que c'est un moment très important. Je pense que c'est nécessaire qu'on fasse cet hommage. Il y avait déjà eu la grande manifestation à Paris aussi, qui avait été organisée. Le 12 novembre. Le 12 novembre, par la présidence de l'Assemblée nationale avec le président du Sénat, qui allait dans le bon sens. Et j'étais présent également. Je pense qu'il est important de marquer. Il faut marquer. Il faut marquer les esprits. Il faut vraiment être très, très ferme. Ne pas hésiter. Ne pas avoir d'hésitation. Condamnée. Je sais que la présidence de l'Assemblée nationale a beaucoup de courage aussi. Elle est souvent attaquée. Et franchement, tout ça, c'est inadmissible.
Alors, l'actualité dominée par la crise agricole. Vous avez été longtemps maire de GER. G-E-R. Donc, 2000 habitants.
Dans les Pyrénées Atlantiques. Une commune de 2000 habitants. Une commune rurale. Donc, touchée par ces crises. Oui, bien sûr. Mais moi, c'est un milieu que je connais bien. De par ma profession, j'ai accompagné beaucoup d'agriculteurs. Comme notaire. J'étais notaire. Et beaucoup d'agriculteurs et autres. Et franchement, je regardais les propositions qui ont été faites par la FNSEA. Ils parlent d'abord de reconnaître la profession en tant que telle. Moi, je dirais que c'est une profession presque d'intérêt général. L'agriculteur, à la fois, il nourrit les Français, mais il aménage l'espace. Il est le garant de l'espace. Il a une connaissance parfaite de la nature.
Beaucoup plus que certains, je dirais. S'il y a quelqu'un qui connaît bien les problématiques de la nature, ce sont bien les agriculteurs. Et notamment les problèmes de biodiversité et autres. Donc, je crois qu'il faut que cette profession soit respectée et soit considérée comme une profession majeure. C'est elle qui gère l'espace de l'ensemble de notre pays.
Cette colère que l'on voit depuis quelques jours, pour vous, c'est une fièvre passagère ? Parce qu'il y a des points très précis, comme le gazole, on va régler ça. Ou bien c'est le début d'une grande jacquerie ?
Je ne suis pas certain que c'est le début d'une grande jacquerie. Ce mal-être, il y a longtemps qu'il y a des signaux d'alerte qui sont donnés. Je ferai, moi qui côtoie souvent les agriculteurs, il y a longtemps qu'ils tirent la sonnette d'alarme. Notamment les éleveurs, qui galèrent vraiment. Je pense que pour tout ce qui concerne le secteur de l'élevage, la production laitière, ce sont des métiers vraiment très durs. C'est tous les jours. Tous les jours, c'est une présence en permanence sur les exploitations. Souvent, c'est des exploitations à caractère familial. Heureusement d'ailleurs qu'il y a souvent des parents qui sont là. Ce n'est aucun week-end.
Enfin, c'est vraiment des métiers de passion. Et donc, quand vous accumulez à la fois cette contrainte dans le temps et le fait qu'ensuite on a des résultats qui sont médiocres d'un point de vue financier, il y a un moment où ils disent stop, ras-le-bol. Plus des problématiques liées au contrôle, toutes les formalités. Moi, je peux vous assurer que c'est un secteur d'activité des plus complexes au niveau des règles administratives.
Ils passent un ou deux jours par semaine, ces éleveurs, à faire des problèmes administratifs. Oui, absolument.
Mais c'est très compliqué. Il y a tout un tas de règles, des règles au niveau européen, au niveau de la protection, des contrôles sanitaires. Enfin, c'est vraiment un truc, excusez-moi l'expression, de dingue.
Alors justement, la FNSEA, dans ses 24 revendications publiées hier, met en tête les normes environnementales. Il souhaite un moratoire, en tout cas une remise en question, une remise à plat.
Oui, franchement, un agriculteur, il n'a pas envie d'empoisonner les gens et d'être contre l'environnement. Moi, j'ai visité beaucoup d'exploitations agricoles. Ils font des efforts incroyables pour essayer d'évoluer, pour justement correspondre aux normes qui sont nécessaires. Mais il y a cet emballement, cette complexité de ces normes pour eux, qui fait qu'ils sont dépassés. Mais, prenant le cas des traitements phytosanitaires, je dirais des champs, on parle de bandes d'isolement par rapport aux habitations. Moi, j'ai bien connu ça sur ma commune. Il n'y a pas qu'un problème de distance, il y a un problème aussi de vent.
Vous n'allez pas étendre des produits lorsque vous avez une tempête et autres. Et tout ça, les agriculteurs, ils le savent bien, ils le connaissent. Ils connaissent ces règles. Ils font très attention à l'environnement et ils ne veulent pas braquer les populations qui vivent. Moi, j'avais une commune à la fois avec des agriculteurs, mais aussi des gens qui étaient des noms d'agriculteurs. Les voisins d'agriculteurs. Et ça se passait très bien. Ça se passe très bien.
On accuse la France, on accuse les députés de faire du zèle quand il y a des directives européennes et de faire des transpositions où on en rajoute. C'est vrai ?
On a tendance, c'est vrai, à appliquer certaines lois. Et parfois, on ne prend pas la dimension des textes totalement, l'impact des textes que l'on peut voter. Alors, certes, on a des études d'impact et autres, mais je crois qu'il faudrait avoir un peu de recul par rapport à ces règles qui sont certainement nécessaires. Mais je crois qu'il faut laisser du temps pour qu'elles s'appliquent et laisser faire aussi les agriculteurs. Être en dialogue avec eux, les écouter, parce qu'eux, ils savent. Ils savent faire. Ils savent faire. Quand on voit d'ailleurs les propositions de la FNSEA, moi, je les trouve assez raisonnables.
Franchement, ce n'est pas des choses, alors peut-être à la marge, mais franchement, ce sont des propositions de bon sens. Le ministre de l'Agriculture est issu de votre famille, Marc Fénaud. Est-ce qu'il est en question dans cette affaire ? Non, moi, je pense qu'il n'est pas en question. Marc Fénaud a fait un travail très important. Il y a un texte qui devait être présenté au Conseil des ministres qui va être retardé. Et lui, je pense qu'il avait plus d'ambition au départ sur ce texte-là, qui a été un peu réduit dans sa rédaction. Non, moi, je trouve que c'est un très, très bon ministre de l'Agriculture qui connaît très, très bien le monde rural. Très, très bien.
Et il est dans le temps long, dans l'écoute. Il y a beaucoup de choses qui ont été mises sur la table. Il faut laisser autant.
Oui, on a fait la loi Egalim, la première, il y a bientôt 5 ans. Et on nous dit que ce n'est pas appliqué, finalement. La répartition de la valeur n'est pas faite au profit des producteurs, des agriculteurs. Les industriels, la grande distribution, coince le jeu.
Oui, mais il y a Egalim 2, il y a différents textes. C'est vrai qu'on est assez déçus sur le résultat d'Egalim. L'esprit d'Egalim, c'était qu'on arrivait à définir un prix proposé par les agriculteurs en tenant compte de toutes leurs contraintes salariales, investissements et autres pour arriver à ce qu'ils aient une marge raisonnable. Et ensuite, par effet domino, entre les industriels et les distributeurs, on devait arriver au prix final. Et on se rend compte qu'il y a des dérapages. Alors moi, je pense qu'il faut qu'il y ait une grande transparence sur tout ça. Je sais que Bruno Le Maire a mis en place des contrôles là-dessus.
Mais il faut qu'on se pose et voir pourquoi ces prix sont si bas. Et puis après, il y a eu des événements extérieurs. Bien sûr. L'augmentation des prix générales dues à la guerre en Ukraine. Donc il faut être en capacité de les réviser de manière presque immédiate. Alors tout ça, c'est un peu théorique. Mais je crois qu'il faut qu'on remette tout à plat. Et que l'esprit d'Egalim doit être respecté. Et il faut aller au bout de cette loi et sans l'application.
Au bout du compte, il y a un consommateur qui achète. L'opinion est à fond derrière ce mouvement de cholère agricole. Mais au supermarché, les gens choisissent le moins cher. Et c'est souvent du poulet vénézuélien ou ukrainien. Bien sûr.
Il y a une contradiction dans les Français. Il y a un problème de pouvoir d'achat aussi. Est-ce que, vous savez, on dit que les agriculteurs sont aidés. Moi, j'aimerais que ce soit le vrai prix. Et qu'à la fin, le consommateur accepte de payer le vrai prix. Il faut mettre plus d'argent dans notre assiette. Oui, je pense qu'il faut mettre plus d'argent. Ce sont des choix aussi de société par rapport à donner la priorité à l'alimentation, une alimentation saine. On voit bien ce qui s'est passé avec les produits bio, pardon, pas biologiques, bio. Tout ce qui est le bio qui rend du mal à trouver un marché.
Et oui, le marché du bio dégringole. Et l'Europe dit qu'il faut mettre plus de surface agricole en bio. Mais c'est contradictoire.
Oui, mais on a un vrai sujet de cohérence entre le producteur et le consommateur sur ce type de produit. Beaucoup d'exploitations bio ont beaucoup de mal aujourd'hui.
C'est un phénomène européen. Colère en Pologne, colère en Allemagne, colère aux Pays-Bas, colère en France. Ça va peser sur les élections européennes ?
Oui, je pense. Ça, c'est sûr que ça va peser. Il faut qu'on se réveille, en quelque sorte, et qu'on regarde les normes qui sont mises en place. Qui vont certainement dans le bon sens. La transition énergétique, l'environnement est une vraie cause mondiale. Mais il faut être lucide et ne pas trop brusquer. Il faut se laisser un peu de temps. C'est une question d'étalement dans le temps. Oui, moi je pense que c'est une question d'étalement dans le temps. D'ailleurs, on le voit bien sur certains produits. On parle beaucoup du glyphosate et autres. On n'a pas de produit de remplacement. Qu'est-ce qu'on fait ? Qu'est-ce qu'on fait par rapport à ça ?
Il faut regarder par rapport également à l'impact sur la santé. Vous savez, l'agriculture, c'est le temps long. Ce n'est pas immédiatement. Les résultats se voient avec beaucoup d'années. Donc, il faut beaucoup anticiper. Et ce que fait Marc Fénaud, il anticipe beaucoup. Maintenant, on a cette crise, ce coup de ras-le-bol généralisé des agriculteurs que je peux comprendre. Vous savez, quand vous accumulez toutes les contraintes, il y a un moment où on dit stop.
Il y a un des dossiers qui est phare, c'est le dossier de l'eau, de l'accès à l'eau pour l'irrigation. On l'a vu avec les mégabassines. C'est un dossier où Israël a trouvé des solutions technologiques incroyables. On est en retard de ce côté-là ?
Là aussi, on a d'abord beaucoup de difficultés à parler de l'eau, parce que c'est un sujet sensible. Et depuis quelques années, ça devient de plus en plus difficile. Des retenues, moi je vois dans mon coin, on avait un lac qui avait été mis en place. Je pense qu'aujourd'hui, il y aurait beaucoup de mal à le réaliser. Mais heureusement qu'il y est, parce qu'il permet de maintenir l'étiage de la dour. Il permet de protéger les poissons, mais il permet aussi d'arroser. Je crois que l'eau, ça peut être très technique. Et je pense que les mégabassines dont on parle, il y avait un processus qui a été fait en responsabilité.
Et je crois qu'on ne peut pas dire, écoutez, on est complètement hors sol sur ces mégabassines. Non, au contraire, c'est des dossiers bien réfléchis et qui respectent l'environnement.
Le Conseil constitutionnel, aujourd'hui dans un autre dossier, donnera son point de vue sur la loi immigration. Vous vous étiez abstenu au moment de cette loi très polémique. Vous souhaitez une censure sur certains articles ?
Je souhaite une censure. D'abord, je trouve un peu paradoxal de se dire qu'on va corriger notre texte par le Conseil constitutionnel. Déjà, ça me trouble un peu, je vous le dis franchement. Pourquoi je me suis abstenu ? Parce qu'on a eu des conditions d'adoption très compliquées. Je vous rappelle qu'il y a eu une motion de rejet votée par l'ensemble, je dirais, des oppositions, et ce qui nous a empêchés de débattre. Est-ce que le texte doit être corrigé ? Oui, je pense, et j'espère qu'il le sera. Mais ce n'était pas le but en soi. Moi, j'aurais préféré qu'on vote un texte beaucoup plus équilibré et qu'on n'attende pas, je dirais, la voie de recours du Conseil constitutionnel.
D'ailleurs, le président du Conseil constitutionnel s'est un peu ému de cette analyse, de cette façon de faire. Eh bien, Jean-Paul Matéi, merci, bonne journée,
et maintenant, on va partager mon gâteau. Merci beaucoup, Christophe Barbier. Votre invité demain à 7h45 sera Ilana Sicurel, députée européenne Renaissance. Et vous n'aurez pas le droit tous les jours à un gâteau, profitez-en. Une fois par an, c'est très bien.
Jean-Paul Mattei