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InterviewBFM TV (sur Dailymotion)· 28 août 2026 20 minContradictoireActualité / polémiqueÉconomie & entreprisesRetraitesSécuritéJustice

Présidentielle: David Lisnard défend sa candidature et se dit ouvert à une "primaire de droite"

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 45 %Attaque 40 %Défensif 15 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 95 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:22OuverteRéponse directe

    Est-ce que vous n'êtes pas trop nombreux ?

  • 1:59OuverteRéponse directe

    Vous ferez quoi sur l'héritage ?

  • 3:34OuverteRéponse directe

    Est-ce qu'il est compréhensible de taxer dès le premier euro ?

  • 4:18RelanceRéponse directe

    Vous dites deux choses sur la transmission : plus et moins taxé, plus régulièrement ?

  • 6:55OuverteRéponse directe

    Qu'en pensez-vous sur l'âge pivot des retraites ?

  • 8:52OuverteRéponse directe

    Faut-il accepter davantage d'immigration face à la démographie ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 2:10Invité politiqueChiffre
    « On est le pays qui a le plus d'impôts et de charges. C'est incontestable. 45% de prélèvement obligatoire. »
  • 2:13Invité politiqueChiffre
    « On est le pays qui taxe le plus l'héritage aujourd'hui. C'est incontestable aussi. Le taux de 45% le plus élevé, ou un des plus élevés du monde, un des trois plus élevés. »
  • 3:11Invité politiqueChiffre
    « Comment se fait-il qu'il manque 20 000 places de prison depuis 15 ans ? »
  • 4:05Invité politiqueChiffre
    « Aujourd'hui, c'est 100 000 euros par tranche, par 15 ans, par enfant, mais c'est totalement insuffisant. »
  • 7:31Invité politiqueChiffre
    « On va fermer 4 000 écoles, pas classe, en France dans les cinq prochaines années. »
  • 7:38Invité politiqueChiffre
    « On va ouvrir 2 000 EHPAD et on va fermer 4 000 écoles. »
  • 7:54Invité politiqueChiffre
    « L'année dernière, seuls 13 % des titres de séjour ont été pour le travail. »
  • 11:59Invité politiqueChiffre
    « On a 950 milliards de dépenses sociales en France, on n'a jamais autant eu de SDF dans nos rues. »
  • 19:18Invité politiqueChiffre
    « Le chiffre d'affaires du narcotrafic, on l'évalue à 8 milliards. »
  • 19:23Invité politiqueChiffre
    « Il y a 300 000 familles qui vivent du narcotrafic en France. »
  • 19:26Invité politiqueChiffre
    « Il y a 200 000 forces de l'ordre en France entre les gendarmes, les policiers, etc. »
  • 7:11Invité politiqueFait
    « Je pense qu'il faut cesser de vouloir entretenir un système qui est mort. L'État-providence ne peut plus fonctionner tel qu'il a été conçu en 1945. »
  • 3:44Invité politiquePromesse
    « Je suis même pour la liberté d'attribution de l'héritage à qui on veut, de faciliter, de baisser toutes les fiscalités pour le transmettre aux jeunes, du vivant. »
  • 7:04Invité politiqueFait
    « Oui, c'est une proposition qu'on fait depuis très longtemps qui a été suivie dans beaucoup de pays. C'est un principe de réalité. »

Temps de parole

  • David Lisnard72 %
  • Présentateur28 %

4,6 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Présentateur

Il est 8h29 et vous êtes bien sur RMC et BFM TV. Bonjour David Lissnard. Bonjour. Merci d'être mon invité ce matin. Vous êtes maire de Cannes, vous êtes à la tête de votre propre mouvement politique, un mouvement libéral, résolument libéral, et vous êtes candidat à l'élection présidentielle. Honnêtement, vous devriez être le candidat des patrons. Et pourtant, hier, ils ne vous ont pas mis sur la scène. Est-ce que vous n'êtes pas trop nombreux ? Pardon de vous poser la question aussi franchement, mais est-ce que vous n'êtes pas trop nombreux ?

0:27
David Lisnard

C'est pour ça que je propose une sélection, pour éliminer un certain nombre d'entre nous. Vous dites candidat des patrons. Moi, j'ai été petit patron, j'ai été commerçant, j'ai été aussi salarié. Je suis aussi le candidat de ceux qui veulent s'en sortir dans la vie, c'est-à-dire de montrer que le système tel qu'il est aujourd'hui ne peut créer que du déterminisme social, de la précarité, etc. Le débat d'hier, c'était entre ceux qui ont planté le pays et ceux qui le planteront encore plus. Donc, moi, j'arrive avec mon expérience du terrain, à la fois de maire, de père de famille, de personnes qui viennent aussi du privé. Et on le sent bien, d'aller 10 ans.

Et j'ai envie de faire entendre cela parce que je crois qu'on peut vraiment redresser le pays à condition de tenir une direction, de redonner le pouvoir aux Français, de travailler avec pragmatisme. Bref, de retrouver une certaine constance.

1:19
Présentateur

Ce qui est sûr, c'est qu'il y a, vous parlez souvent aussi de questions régaliennes, de sécurité, mais sur l'économie, clairement, ce début d'année présidentielle, il commence avec des problématiques très clivantes, avec la question de la dette, de l'héritage, des retraites. Sur l'héritage, voilà, une question fondamentalement clivante. On a eu cette semaine, du côté de la gauche, quelqu'un comme Mathilde Panot, à mon micro, qui disait, à partir de 12 millions, on prend tout. On a la CFDT qui dit, il faut taxer dès le premier euro. Et on a, de l'autre côté, quelqu'un comme Marine Le Pen, qui dit que c'est un impôt immoral, l'impôt sur les successions.

Et Bruno Retailleau qui dit, je les baisserai. Vous ferez quoi ?

2:00
David Lisnard

Vous voyez, je ne vais pas aller tout de suite sur la morale, mais on pourra aller sur les principes. Si la France manquait d'impôts, je trouve que ce débat serait légitime. On est le pays qui a le plus d'impôts et de charges. C'est incontestable. 45% de prélèvement obligatoire. Premier élément. Deuxième élément, on est le pays qui taxe le plus l'héritage aujourd'hui. C'est incontestable aussi. Le taux de 45% le plus élevé, ou un des plus élevés du monde, un des trois plus élevés. Donc je veux bien, mais tout ça, c'est du détournement d'opinion. Parce que ça évite la seule question qui vaille aujourd'hui.

Comment est-il possible que dans le pays où nous payons le plus d'impôts et de charges, on ait une dégradation des services publics et des comptes publics ? Comment se fait-il qu'alors qu'on paie plus d'impôts qu'ailleurs, on ait de plus en plus de dettes ? Et comment se fait-il que dans le pays qui a le record du monde de la dépense publique, on attende de plus en plus aux urgences ? Moi, je le vois dans ma commune et dans plein de communes.

2:47
Présentateur

C'est ça qui va être c'est-à-dire les impôts en soi ?

2:50
David Lisnard

Mais il faut de l'impôt, évidemment. Il faut du bien commun et il faut du service public. C'est une évidence en subsidiarité, comme on dirait. Mais ce que je veux dire, c'est qu'aujourd'hui, quelle est l'efficacité de l'impôt ? À quoi sert notre argent ? Comment se fait-il que dans plein de villes aujourd'hui, dont la mienne, après une heure du matin, il n'y ait quasiment plus, voire plus de police nationale ? Comment se fait-il qu'on ait des multirécidivistes dans la rue ? Comment se fait-il qu'il manque 20 000 places de prison depuis 15 ans ? Donc, il ne parle pas de ça, il ne parle absolument pas de l'organisation des pouvoirs publics.

On a de plus en plus d'agents de la fonction publique, très souvent, d'ailleurs, pas managés, pas commandés, pas bien traités, et on a de moins en moins de services publics sur le terrain. C'est ça la question. Et c'est cette question-là, moi, que j'essaie de répondre, parce qu'en tant que Français, c'est ce qui me préoccupe.

3:32
Présentateur

Sur la question de l'héritage, je vous repose la question. Est-ce qu'il est compréhensible, acceptable de taxer dès le premier euro ? Ou alors, à l'inverse, de se dire qu'il y a un seuil et en dessous, on ne paie rien ?

3:42
David Lisnard

Je suis, en enviant au principe, je pense qu'il faut respecter la propriété privée, et notamment la propriété du fruit de son travail. Pourquoi Mme Panot dit qu'on prend tout ? Mais c'est qui, ceux-on ? Pourquoi l'État gérerait mieux l'argent que ceux qui l'ont gagné ? Moi, je suis même pour la liberté d'attribution de l'héritage à qui on veut, de faciliter, de baisser toutes les fiscalités pour le transmettre aux jeunes, du vivant. Aujourd'hui, c'est 100 000 euros par tranche, par 15 ans, par enfant, mais c'est totalement insuffisant. Tous les pays qui ont libéré cela ont recréé de la mobilité du capital au profit de la jeunesse. Et je le répète...

4:18
Présentateur

Rentre-moi un peu dans les détails, ça veut dire quoi ça, David Dysnarkand ? Vous dites deux choses, c'est-à-dire, un, je veux favoriser la transmission, ça veut dire qu'il faudrait pouvoir transmettre plus et moins taxé, plus régulièrement, tout au long de sa vie, à ses enfants, ses petits-enfants ?

4:31
David Lisnard

Oui, notamment l'indirect, mais aussi donner une plus grande liberté d'attribution pour des gens qui ont de l'argent, pour des causes, la cause animale, attribuer, pourquoi pas, un fonds de capitalisation, que vous remarquerez que je propose depuis des années pour la retraite, et maintenant j'ai vu que d'autres le reprennent, les mêmes qui les disqualifient. Donc, c'est...

4:49
Présentateur

Et pardon, vous avez dit une autre chose, David Dysnark, vous avez dit, je suis pour aussi faciliter le fait de transmettre, y compris à d'autres et à qui on veut. Vous avez peut-être vu que Clémence Guettet, députée LFI, est favorable à davantage de droits pour l'amitié, et notamment la question de la transmission du patrimoine.

5:07
David Lisnard

Non, mais moi, je trouve... Enfin, je ne comprends pas ces gens-là, si vous voulez. Mais vous dites un peu la même chose, non ? Ce n'est pas la politique, oui, mais ce n'est pas l'amitié. L'amitié, c'est subjectif, c'est intime. Enfin, je comprends que quand on est ultra-interventionniste et d'extrême-gauche, ultra-communiste, on veut même réguler l'amitié, on veut même faire un régime fiscal pour l'amitié. Mais moi, ça ne m'intéresse pas. Ce que je veux, c'est qu'on laisse les gens tranquilles, qu'on les laisse faire leur vie, quoi. C'est aussi simple que cela. Sur ce point, ça aussi... On ne va pas faire un régime fiscal pour l'amitié. On découvre cette semaine de nouveaux clivages...

Et en plus, elle ne dit pas que cela. Pardonnez-moi, elle ne dit pas que cela. Elle rattache cela à, évidemment, le dénigrement de la famille. Dans le même propos que j'ai entendu à posteriori, elle estime que la famille traditionnelle, on va dire, qui peut être recomposée ou pas, d'ailleurs, est une espèce de scorie d'extrême-droite. Donc, vous voyez, ces gens-là sont des idéologues, sont des extrémistes et sont très dangereux, à mon sens.

6:00
Présentateur

Donc, favoriser, malgré tout, effectivement, la transmission... Mais la propriété...

6:04
David Lisnard

Parce que vous savez, l'impôt... Moi, je ne suis pas concerné à cette personne par l'héritage, dont j'en parle très librement. Mais l'héritage, il a déjà payé l'impôt. Plein de fois. C'est un impôt sur la mort, l'impôt sur l'héritage. C'est quand même un argent qui a été déjà le plus taxé au monde. Nous avons le record du monde des prélèvements obligatoires, des impôts et des charges. Alors, tous ces gens-là sont des génies pour inventer des nouveaux impôts. Ça, je leur fais confiance. Ils sont super astucieux pour ça. Mais aujourd'hui, on a trop d'impôts.

Si on veut relancer l'activité économique, la prospérité, si on veut que les Français gagnent plus d'argent, il faut aujourd'hui moins pénaliser la création de valeur et la transmission du capital et de la valeur.

6:43
Présentateur

Lysnard, tout est lié au fond. La question de la transmission, la question de la vie, la retraite, l'âge. Vous l'avez peut-être entendu. Vous venez de parler de la capitalisation, on va y venir. Mais simplement sur l'âge pivot, l'âge de la retraite, Bruno Retailleau, hier, dit qu'il faut indexer potentiellement ou faire évoluer l'âge de départ à la retraite en fonction de l'espérance de vie. Qu'en pensez-vous ?

7:04
David Lisnard

Oui, c'est une proposition qu'on fait depuis très longtemps qui a été suivie dans beaucoup de pays. C'est un principe de réalité. Mais moi, je vais bien plus loin. Je pense qu'il faut cesser de vouloir entretenir un système qui est mort. L'État-providence ne peut plus fonctionner tel qu'il a été conçu en 1945 parce qu'il reposait sur trois piliers qui n'existent plus. Le premier pilier, le plus important, c'était la démographie. On faisait des enfants et on faisait reporter. C'était une base de pyramides qui cotisait pour les autres. Aujourd'hui, c'est une pyramide de Ponzi, comme on dit, c'est-à-dire qu'il y a de moins en moins de cotisants.

On va fermer 4 000 écoles, pas classe, en France dans les cinq prochaines années. Moi, je suis maire, je vois ça partout parce qu'il n'y a plus de gamins. Et c'est une réalité. On va ouvrir 2 000 EHPAD et on va fermer 4 000 écoles. La révolution démographique, elle change tout. Elle change le rapport à la santé. Elle change le rapport au bénévolat. Elle change tout. Le deuxième pilier, c'était une immigration maîtrisée, moins de 100 000, et du travail. L'année dernière, seuls 13 % des titres de séjour ont été pour le travail. Donc, c'est une immigration maintenant massive, non maîtrisée de peuplement, qui coûte cher aux finances publiques.

Troisième élément, c'était des gains de productivité énormes. On va en retrouver dans quelques années. Je travaille beaucoup actuellement sur la robotique liée et l'évolution du rapport au travail. J'aurais aimé d'ailleurs qu'on parle de ça hier dans les débats. J'ai essayé d'en parler dans mon débat avec M. Roussel. Le vrai débat de la REF, hier, c'était entre M. Roussel communiste et moi. Il y avait deux versions. Et c'est celui d'ailleurs, je trouve qu'une grande chaîne telle que la vôtre ont dû s'en emparer, laisser le débat pénible aux autres.

8:25
Présentateur

Qui n'aurait pas dû être privatisé, ce débat. Vous avez bien raison. L'an dernier, j'étais moi-même sur cette scène. Et c'est moi qui avais animé le grand débat de la REF. Et nous avions tout à fait laissé les autres chaînes pouvoir le partager. France Info avait d'ailleurs diffusé ce débat en même temps. Je ne pensais pas toucher une corde aussi sensible. Oui, mais je le fais parce que je trouve que c'est très important, la démocratie. David Lissnard, vous disiez, les robots, en effet, vous l'avez vu, notamment en Chine, ils se développent. Est-ce qu'au fond, il faut accepter que face à cette réduction de la démographie, certains disent, ça justifie davantage d'immigration.

Vous vous dites, non, ça ne doit pas justifier davantage d'immigration. On doit transformer le travail ?

9:05
David Lisnard

Oui, absolument. Parce que la population française, y compris, moi j'ai beaucoup d'immigrés récents dans ma commune, c'est une ville qui a un taux de pauvreté élevé, beaucoup d'immigration maghrébine, capverdienne, etc., veulent de l'ordre. Et me disent qu'aujourd'hui, eux-mêmes sont les premiers à me dire qu'il faut couper, fermer le robinet migratoire. Et qu'il y a un enjeu, c'est de préserver un mode de vie, l'égalité homme-femme. Vous voyez cette extrême gauche qui voit du patriarcat dans une côte de bœuf sur un barbecue, mais qui ne voit pas de patriarcat sur la burqa. Ils sont quand même un peu désingués, si tu voulais. Désingués ? Oui, oui, je le pense, oui.

Et ce problème, c'est qu'ils sont en train de... Cette idéologie indigéniste, racialiste, qui devient raciste, qui est souvent antisémite, est en train de contaminer des écoles, des universités, parfois des médias, parfois des grandes écoles. Donc il y a un problème civilisationnel aussi qu'il faut regarder en face. Et la robotique, je vous annonce, je fais du teasing, comme on dit, mais je vais sortir un ouvrage sur l'IA et la robotique, un petit ouvrage sur l'encyclique du pape dans quelques semaines. Il y a un lien ? Oui, parce qu'en fait, d'abord, c'est accrocheur pour le vendre. C'est ça ce que je me disais, mais attendez-le pas, parce que la robotique, je ne comprends pas.

Je vais vous dire tout simplement, j'ai visité une entreprise à Paris qui s'appelle Vend Aircraft, qui est fantastique, une des meilleures au monde pour les exosquelettes et les robots, qui vont faire un accord stratégique avec Renault. Et j'ai compris beaucoup de choses ce jour-là. Et en même temps, j'avais lu l'encyclique, qui pose des vraies questions. Après, je ne suis pas d'accord surtout dans l'encyclique, mais j'aurais aimé que les hauts commissariats aux grands machins, qui ne servent à rien en France, aux commissariats, aux autorités, machin, et la même réflexion de prospective.

Ce que je veux dire, c'est qu'on va avoir dans 30 ans d'hypothèses raisonnables, 50 millions de robots en France, 20 millions dans l'industrie et les services, 20 millions dans les ménages, ça va être un marché colossal, et 10 millions pour aider les personnes à mobilité réduite, les personnes âgées et tout. Donc tout cela, il faut voir quelle sera la fiscalité là-dessus, comment on répartit la productivité, la valeur ajoutée et la taxation de la valeur ajoutée par rapport à ces nouveaux outils. C'est passionnant et c'est ce futur-là qu'il faut qu'on construise.

11:03
Présentateur

David Lissnard, la dette, voilà aussi un des... Alors à la fois évidemment un des grands débats parce que clivant, là aussi, faut-il brûler la dette, faut-il geler la dette, une partie en tout cas. Mais bien au-delà de ça, comment faire face ? Aujourd'hui même, l'agence Fitch va devoir rendre sa notation de la France. Elle est redoutée, la France qui est non seulement très endettée, mais qui paye cette dette de plus en plus chère, plus chère que l'Espagne ou l'Italie. L'Italie c'est la droite, l'Espagne c'est la gauche, ils ont réussi, nous on n'y arrivera pas ?

11:31
David Lisnard

Si on va y arriver évidemment, mais on n'y arrivera pas avec ceux qui nous ont amenés dans le mur. Enfin c'était extraordinaire, dans le débat d'hier, vous aviez ceux qui nous expliquent comment ils vont régler les problèmes alors que ça fait 20 ans qu'ils les créent, et qui ont créé la dette, et qui nous expliquent tout de façon très docte. Et puis vous avez les autres qui ont des propositions encore pires, ultra-dépensières, ultra-démagogiques. Voilà, il faut faire comme on fait dans n'importe quelle entité, dans n'importe quelle entreprise, dans n'importe quelle association. Il faut regarder à budget zéro, regarder les dépenses qui ne servent à rien.

On a 950 milliards de dépenses sociales en France, on n'a jamais autant eu de SDF dans nos rues.

12:04
Présentateur

Mais est-ce qu'il faut baisser les dépenses sociales, ou est-ce qu'il faut changer le modèle ?

12:07
David Lisnard

Les deux, évidemment. Parce que le problème c'est que ce modèle de dépenses sociales non maîtrisé, avec plus de 200 aides, il ne permet pas d'aider les plus précaires, que nous on traite dans les centres communaux d'action sociale, et qu'on aide, il y a une réalité humaine. Et parallèlement, il favorise l'importation de la pauvreté et la culture de l'oisiveté. Donc il faut en finir totalement avec ce modèle qui n'est plus finançable.

Ce qui arrive sur la dette, enfin c'était prévu, enfin je vous avais interviewé il y a 3 ans, et après la dissolution, les mêmes qui nous font des leçons d'austérité sont ceux qui viennent de voter, sous la pression du Parti Socialiste, l'abandon de la réforme des retraites. Ce sont les mêmes qui votent des surfiscalités, ce qu'ils ne comprennent pas. On est tellement en apnée budgétaire qu'on ajoute des impôts qui, eux, tuent l'activité économique et qui réduisent les flux qui reviennent aux services publics.

12:55
Présentateur

David Lissnard, vous allez tenir combien de temps ?

12:58
David Lisnard

Moi je suis tenir, écoutez, je ne sais pas si je ferai un ou deux mandats de Président de la République, mais...

13:04
Présentateur

Non, vous avez bien compris, évidemment, vous pouvez ironiser,

13:07
David Lisnard

mais comme je le disais, vous êtes très nombreux,

13:09
Présentateur

on est en train de se retrouver dans une sorte de primaire sauvage,

13:12
David Lisnard

où les uns et les autres espèrent peut-être

13:15
Présentateur

une sorte de sortie, comme dans les courses automobiles, où il y en a un qui va à un moment ou à un autre prendre la tête et que les autres vont dire « Allez, ok, je lâche l'affaire, j'abandonne ».

13:24
David Lisnard

Écoutez, moi, entre 50 nuits et 11 d'étatisme, je propose autre chose. Je propose que la société civile, que le pays se reprenne en main. Je crois que je le travaille. Après, on est d'accord ou pas avec moi. Mais c'est élaboré, c'est le fruit de mon travail. J'irai au bout. Et je propose une compétition à droite avant. C'est à ceux qui la refusent de se justifier. N'inversons pas la charge de la peur. Ceux qui la refusent, c'est qui ? C'est Édouard Philippe ? Oui, apparemment. Apparemment. Mais quand Gabriel Attal dit « Je ne suis pas hostile ».

13:53
Présentateur

Gabriel Attal, ici même, à mon micro hier matin, disait « Mais moi, cette primaire, je suis ok ».

13:58
David Lisnard

Chiche, qu'il le fasse. Brûlons-Retaille aussi. Allez, on y va. On se réunit.

14:02
Présentateur

Et vous y allez sans Édouard Philippe, c'est pour lui ?

14:04
David Lisnard

Mais je pense que ceux qui ne viendraient pas auraient besoin de se justifier de pouvoir faire gagner Jean-Luc Mélenchon, Marine Le Pen.

14:11
Présentateur

Ce matin, vous nous dites, David Lissnard, « Allons-y, montons-la tout seul ». Oui. On y va avec Gabriel Attal. Ceux qui veulent, moi, ce n'est pas à moi. Avec Bruno Retailleau, avec qui ? Est-ce que ça va jusqu'à Éric Zemmour ? Est-ce que ça va jusqu'à... Quoi ? Rappel-Nuxman ?

14:25
David Lisnard

Je vais vous répondre. Non, non, je ne suis pas de gauche. Non, mais je veux dire,

14:27
Présentateur

si on fait entre Jean-Luc Mélenchon et Marine Le Pen.

14:30
David Lisnard

Moi, si vous voulez, je n'irai pas gouverner avec des gens en qui je ne crois pas. Je n'irai pas gouverner avec Édouard Philippe, avec Attal. Ces gens-là nous ont amenés dans le mur. Et je pense qu'ils disent des choses intéressantes.

14:40
Présentateur

Je n'irai pas gouverner avec eux. Vous nous dites ce matin, je n'irai pas gouverner. Non, non, bien sûr. Vous ne serez pas ministre d'Édouard Philippe ou de Gabriel Attal.

14:46
David Lisnard

Je n'y suis déjà pas allé. Hier, je n'irai pas demain. Je ne cherche pas des points retraite ni sur un CV. En revanche, j'ai un principe de réalité. C'est que la division, l'éparpillement sur le centre droit et la droite fait perdre. Ce n'est pas à moi de délivrer des titres de compatibilité républicaine des uns ou des autres, etc. Je ne veux pas être assimilé au macronisme. Je ne suis pas d'extrême droite. Mais vient qui veut à la primaire de droite. Vient qui veut.

15:12
Présentateur

Alors, est-ce que vous dites de droite ou de droite et du centre ?

15:14
David Lisnard

Vous dites quoi ? De droite et du centre, si vous voulez. Mais vient qui veut dans cette primaire de droite. Comme il y a une primaire de gauche qui s'organise. Et qui vote ?

15:22
Présentateur

Et qui vote, pardon. Mais tout le monde. Alors, la primaire de gauche, il y a plusieurs modèles de primaires. Là, en ce moment, c'est en train de virer effectivement la primaire sauvage. Mais si on reprend, ne serait-ce que la primaire telle qu'elle était faite pour la droite en 2016 ou la primaire de la gauche en 2011. La primaire de la gauche en 2011, c'était une primaire dite ouverte, c'est-à-dire que venait qui voulait. Mais il fallait quand même cocher une petite case qui disait qu'on se reconnaissait dans les valeurs de la gauche. Est-ce que vous, vous vous dites, on fait le même principe, on fait une sorte de texte commun sur... C'est quoi le texte ?

15:52
David Lisnard

C'est ce que j'ai écrit. Je ne veux pas vous le dire là, mais c'est de dire... Alors, est-ce qu'on va jusque...

15:56
Présentateur

Non, mais c'est quoi vos valeurs ? C'est quoi les valeurs communes à tous ceux qui pourraient participer à cette primaire ? De refuser les extrêmes ? De quoi ?

16:01
David Lisnard

Non, parce que les extrêmes, c'est quoi le dénominateur commun ? Moi, je pense que c'est de libérer la société. En tout cas, c'est ma conviction de dire qu'on s'engage à rétablir les comptes publics, de faire en sorte qu'on rétablisse l'ordre républicain, et chacun y mettra ce qu'il veut dedans. C'est aussi simple que cela, mais il y a un principe de réalité. La réalité est en face. C'est-à-dire qu'aujourd'hui, vous voyez bien, et ça va s'accentuer à partir de décembre, c'est-à-dire que les candidats, à mon avis, liés à la Macronie s'effondreront parce que personne n'en veut. Personne n'en veut en réalité dans le pays réel.

16:37
Présentateur

Est-ce qu'en vrai, David Disner, vous vous parlez ?

16:39
David Lisnard

Alors, pas avec tout le monde, mais oui, moi, je parle avec certains, avec Bruno Ontario notamment.

16:43
Présentateur

Alors, est-ce que vous pourriez faire cette primaire tous les deux ?

16:44
David Lisnard

Ah mais non, ce n'est pas une primaire.

16:46
Présentateur

Non. Donc, on peut imaginer que vous fassiez ça avec...

16:50
David Lisnard

La gauche est en train d'y arriver. Il y aura Mélenchon et il y aura un candidat de gauche au plus social-démocrate. Et vous ne vous parlez pas avec Édouard Philippe ? De temps en temps. Il n'y a pas de problème humain. Ce n'est pas mon souci.

17:01
Présentateur

Qu'est-ce qui bloque pour qu'il fasse la primaire ?

17:02
David Lisnard

Ce qui bloque, c'est que ces personnes-là s'imaginent que le pouvoir l'aurait dû. Quand vous avez été nommé et que vous êtes conseiller d'État, vous imaginez que le pouvoir vous est dû. Moi, c'est cette caste-là. Je vais faire voler en éclats. Je pense qu'une primaire, elle peut révéler non seulement des propositions, mais aussi des parcours et des comportements. Le courage, qui était le thème de la REF, c'est bien. Le courage dans les mots, c'est déjà un début, mais il faut regarder le courage dans les actes, dans la façon d'être, dans la façon d'avoir dirigé des entreprises ou d'avoir été salarié ou d'avoir fait sa vie.

Je pense qu'il faut ce grand moment démocratique qui peut être un révélateur de projets, de personnalités. Et puis moi, je vais essayer de faire une équipe de France de gens qui savent faire, de gens qui ont géré des complexités. Ce week-end, j'ai le campus de la Gagne. Écoutez, on joue à guichet fermé, je m'en réjouis. Il y a des personnes qui viennent, certaines me soutiennent, d'autres ne me soutiennent pas, mais sont plutôt des sympathisants. Mais vous verrez, des profils très différents.

17:52
Présentateur

Ça veut dire quoi de la Gagne, le campus de la Gagne ?

17:54
David Lisnard

Ça veut dire qu'on peut faire gagner notre pays. Ça veut dire que c'est un état d'esprit. On dit la grinta en football ou en Italie. Il faut être méditerranéen.

18:03
Présentateur

Il y aura qui à votre campus de la Gagne ?

18:04
David Lisnard

Il y aura beaucoup de monde.

18:05
Présentateur

Parce que pour le coup, le campus de LFI, c'était le campus de la Gagne.

18:07
David Lisnard

De la Gagne de quoi ?

18:08
Présentateur

L'ambiance, le nombre de personnes.

18:10
David Lisnard

Ils peuvent gagner électoralement, mais ce serait la loose pour la France. Par revanche, ça j'en suis convaincu.

18:14
Présentateur

Vous estimez, quand vous regardez les sondages, qu'effectivement, il est de plus en plus crédible désormais ce duel du deuxième tour ?

18:20
David Lisnard

Malheureusement, oui. Et puis surtout, il y a une cohérence. C'est-à-dire que Jean-Luc Mélenchon et son équipe, ils sont cohérents. Je les combats ardemment. Je suis aux antipodes de ce qu'ils sont et de ce qu'ils disent. Mais ils ont une dynamique d'offre politique qui correspond à une sociologie, etc. Donc, c'est des gens structurés. Politiquement, il n'y a pas de soucis. Moi, je veux les affronter. D'ailleurs, je veux les démystifier.

Mais là-dessus, vous verrez, vous aurez des intervenants comme de Laurent Alexandre à Véronique Jeuneste, en passant par Jean-Louis Borloo qui va venir, Hervé Morin, Étienne Blanc, le sénateur qui est Nouvelle Énergie et qui a tant fait pour aider à lutter contre le narcotrafic. Je sais que ça va être évoqué dans quelques instants avec mon collègue d'Alès dont je salue le courage et qui affronte comme tous les maires le développement de ce fléau et de cette violence.

19:11
Présentateur

Ça sera un des enjeux pour vous ?

19:13
David Lisnard

Oui, bien sûr. Ah oui, c'est un enjeu fondamental. Vous vous rendez compte qu'aujourd'hui, le chiffre d'affaires du narcotrafic, on l'évalue à 8 milliards. En réalité, il est supérieur au budget de la justice. Il y a 300 000 familles qui vivent du narcotrafic en France. Il y a 200 000 forces de l'ordre en France entre les gendarmes, les policiers, etc. Donc, on est face à un phénomène colossal, colossal de violence, des détournements de la jeunesse, des problèmes sanitaires. C'est colossal.

19:36
Présentateur

Merci beaucoup d'avoir répondu à mes questions sur RMC et BFM TV. David Lissnard, il est 8h49. 9h50.