Anasse Kazib - "Les rappeurs et footballeurs devraient aider les grévistes financièrement"
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 24 %Attaque 53 %Défensif 23 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 98 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 8:19OuverteRéponse directe
Comment fonctionne concrètement la caisse de grève Infocom CGT ?
- 9:54OuverteRéponse directe
Quelles sont les conditions pour recevoir une aide de votre caisse de grève ?
- 10:24OuverteRéponse directe
Votre caisse est-elle co-gérée avec d'autres syndicats ?
- 11:09OuverteRéponse directe
Comment assurez-vous la transparence des fonds ?
- 11:56OuverteRéponse directe
Quels types de travailleurs ont été aidés par les caisses de grève ?
- 13:13OuverteRéponse directe
À partir de quel moment dans l'histoire apparaissent les premières caisses de grève ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 4:09PrésentateurFait
« Il n'y a aucune urgence financière à vouloir faire une réforme des retraites. »
- 8:08Invité politiqueChiffre
« Plus de 2 millions d'euros récoltés depuis le 5 décembre et la première mobilisation, manifestation contre la réforme des retraites. »
- 9:37PrésentateurChiffre
« On est aujourd'hui à quasiment 3 millions, 200 000 euros pour être précis. »
- 10:04PrésentateurFait
« On considère simplement qu'il faut avoir fait 2 jours de grève consécutifs. »
- 11:36PrésentateurChiffre
« C'est quand même la première caisse de grève en France, avec 3,2 millions d'euros qui ont été collectés depuis le 5 décembre. »
- 13:23Locuteur 8Fait
« C'est les chefs d'ateliers tisseurs de Lyon, qui sont devenus, quelques années après, parmi les dirigeants principaux des révoltes de Canut, qui sont un des actes fondateurs du mouvement ouvrier en France. »
- 14:12Locuteur 8Fait
« C'est un outil de lutte dès le départ et qui correspond à l'idée qu'une lutte peut s'étendre sur la durée et qu'il faut se donner les meilleures conditions possibles pour pouvoir tenir l'affrontement. »
- 15:04Locuteur 8Fait
« C'est comme ça que se sont créées les caisses de grève à l'origine. »
- 19:25Locuteur 8Fait
« Et c'est pour ça que les caisses de grève ont été beaucoup moins utilisées dans les années, en gros, dans les 30 glorieuses, puisque la durée moyenne des grèves était beaucoup plus courte. »
- 20:24Locuteur 8Fait
« C'était que ça faisait déjà deux semaines que la grève était commencée. Les vacances scolaires arrivaient. »
- 22:01Locuteur 8Fait
« Plein de personnes qui se sentent en solidarité avec le mouvement, qui ne se sentent pas capables ou pas en situation de faire grève. »
- 23:42PrésentateurFait
« La caisse de grève qu'on avait lancée lors du mouvement contre la loi travail à l'époque, on ne l'a pas fermée justement dans ce but-là. »
- 35:37Locuteur 2Fait
« Les femmes seront gagnantes parce que le nouveau système de retraite sera beaucoup plus redistributive en faveur des basses pensions. »
- 36:05Locuteur 2Fait
« Si ça existe en décembre qu'on met les grands gagnantes depuis le mois de décembre à peu près en particulier dans la bouche même de gloire de fil et bien c'est parce qu'ils savent au fond qu'on va être les grands gagnantes de ce projet de retraite. »
- 39:51Locuteur 2Chiffre
« Pour chaque enfant, comptez 5 plus 5 plus 5, ça fait 15, alors qu'aujourd'hui c'est 20% pour les deux parents. »
- 56:42Locuteur 1Chiffre
« Il y a 70% des gens qui ont droit à l'aide juridictionnelle. »
- 1:09:32Locuteur 6Fait
« le gouvernement a abandonné quelque part la démocratie et qu'il ne fonctionne plus lui qu'à coup de com' »
- 1:09:48Locuteur 6Fait
« l'opinion c'est elle qui va donner du fric aux caisses de crève »
- 1:12:54Locuteur 6Fait
« la dignité du travailleur elle est fondamentale dans le mouvement social parce qu'elle est fondamentale tout le temps »
- 1:16:46PrésentateurFait
« Emmanuel Macron avait mis un hélicoptère le 8 décembre pour s'exfiltrer que les renseignements généraux avaient trouvé des plans d'évacuation des égouts ils pensaient que les gilets jaunes allaient envahir l'Elysée de par les égouts »
- 1:19:32Locuteur 1Fait
« la répression des manifestations c'est absolument hallucinant »
- 1:26:42PrésentateurChiffre
« la RATP qui sont capables dès le premier retour de pousser le curseur jusqu'à quasiment le 24 janvier pour la plupart c'est à dire plus de 55 jours de grève »
- 1:29:27PrésentateurChiffre
« la CFDT elle revendique plus de 120 millions d'euros »
- 1:29:45PrésentateurChiffre
« tu pourrais déjà donner 11 millions ou 12 millions dès le début »
- 1:34:35Invité politiqueFait
« elle tend très clairement à disparaître des programmes scolaires »
- 1:34:47Invité politiqueFait
« on a toujours tiré des leçons des échecs de toute façon »
- 1:34:54Invité politiqueFait
« ça fait quand même un nombre considérable de gens avec des segments du corps social qui n'étaient pas en grève avant »
- 1:35:03Invité politiqueFait
« on apprend des savoir-faire enfin tout mouvement »
- 1:36:30Invité politiqueFait
« la grève est une joie la révolution est une jubilation »
- 1:37:41PrésentateurFait
« ce silence là c'était une claque »
- 1:38:56PrésentateurFait
« non pour nous c'est pas terminé on veut les plier et on peut les plier »
- 1:40:22PrésentateurChiffre
« pendant votre plateau ça a monté on est à 19 000 »
- 1:41:57PrésentateurFait
« si Mbappé il donnait un million ou deux millions »
- 1:45:03Locuteur 8Fait
« aujourd'hui je refuse de supporter encore jusqu'à ma retraite »
- 1:45:14Locuteur 8Fait
« 3 chambres et demie à l'heure activement les bas salaires les temps parcelles imposés de l'esclavage »
- 1:45:26Locuteur 8Fait
« ce qu'on revendique c'est l'internalisation d'abord c'est-à-dire finir avec la sous-traitance totalement au sein de l'hôtel Ibis »
- 1:54:04PrésentateurChiffre
« on est je crois à plus de 25 000 euros »
- 1:55:01Locuteur 3Fait
« ce mouvement qui a commencé il y a un peu moins d'un an maintenant »
- 1:55:30Locuteur 3Fait
« la réforme des retraites qui nous impacte directement étant un milieu à 75% voire 80% féminin »
- 1:59:50Locuteur 5Fait
« le gouvernement a un projet c'est de diminuer les dépenses publiques consacrées aux retraites »
- 2:00:04Locuteur 5Fait
« 14% c'est un plafond et ça ils n'ont fait que le répéter »
- 2:02:32Locuteur 5Fait
« une étude d'impact remise aux députés qui est truquée qui montre de faux chiffres »
- 2:03:41PrésentateurChiffre
« on parle de 350 milliards d'euros »
- 2:06:13PrésentateurFait
« cette fameuse idée des 14% c'est de dire voilà nous avons un budget et quoi qu'il arrive et quoi qu'il advienne il ne faudra pas le dépasser »
- 2:06:38PrésentateurChiffre
« la part du PIB consacrée aux retraites est passée comme ça de 6% à 14% »
- 2:06:43PrésentateurFait
« quelqu'un a décidé que ça devait s'arrêter là »
- 2:10:00PrésentateurFait
« et donc là aussi il y a une espèce de grand malentendu parce qu'on nous dit on fait ça au nom de la solidarité »
- 2:13:20Locuteur 3Fait
« c'est ce qu'on demande justement et de ne pas commencer nos carrières à 1600 euros »
- 2:18:20PrésentateurChiffre
« tout ça crée d'abord une période de transition délirante avec un déficit total de 65 milliards en lissage environ 4,7 milliards d'euros par an qu'il va falloir financer »
- 2:21:42PrésentateurChiffre
« il y a actuellement en moyenne à peu près 30% de solidarité dans le régime de retraite »
- 2:21:57PrésentateurChiffre
« le nouveau système ne propose que 10% »
- 2:25:49Locuteur 3Fait
« L'argent quoi c'est une telle manne financière la protection sociale dans sa globalité »
- 2:26:43Locuteur 3Chiffre
« quand on a baissé les allocations logements de 5 euros 5 euros c'est énorme pour un étudiant »
Temps de parole
- Présentateur61 %
- Locuteur 47 %
- Locuteur 66 %
- Locuteur 26 %
- Locuteur 35 %
- Locuteur 85 %
- ?4 %
- Locuteur 13 %
- Locuteur 52 %
≈ 20,3 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
Modèle mistral-small-latest · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
Je vais travailler pour tous ceux qui ont suivi le générique. Vous avez vu, il y a plein de logos. Et en fait, je vais travailler pour tous ces gens ce soir. Donc, je vais les citer vite parce que ce n
'est
pas l'objet. Donc, il
y a
Le Média, Bastamag, Radio Parleur, Sud Radio, Le Monde Moderne, Le Vent Se Lève. Si j'en ai oublié, ne m'en voulait pas. La soirée va être longue. Normalement, elle va durer 5 ou 6 heures.
Je
dis 5 ou 6 parce qu'on devait commencer déjà à 18. Il est 18, 17. Donc, des surprises, il va y en avoir. C'est quoi cette soirée
? Ça
commence
par
une idée que la grève, ce n
'est
pas fini. La grève, c'est quelque chose qui va durer. L'action, c'est quelque chose qui va durer. Et la démocratie, c'est quelque chose qu'il faut faire vivre.
Et
nos amis du gouvernement ont commencé aujourd'hui les débats qui se sont ouverts à l'Assemblée nationale. Et j'ai l'impression qu'ils ont envie d'aller vite.
Il
y
a
du 49.3 qui nous pond au nez.
Un
petit peu d'obstruction parlementaire, disent-ils, de la part de la FI et d'autres partis politiques. Mais ils voudraient aller très vite avant le 15 mars, avant
le
premier tour des élections.
Et
en même temps, ils nous disent qu'il faut faire vivre la démocratie. Et ce n
'est
pas facile de faire vivre une démocratie quand les espaces pour la faire vivre, ils sont un peu restreints, ils disparaissent.
Et
puis,
il
y
a
un espace qui est là depuis maintenant 60 jours pour certains, même un peu plus,
qui
s'appelle la grève.
Et
cette grève, elle est pour moi, en tout cas, admirable, venant des cheminots, des traminots. Mais il y a plein de gens en grève.
Il
y
a
des avocats, les médecins, les danseurs de l'opéra. Ce n
'est
quand même pas rien. La comédie française est en grève. Et
tous
ces gens
ont
besoin
d
'une ère de la guerre qui est,
c'est
l'argent.
Je
préfère vous le dire, c'est l'oseille. Et on s'est regroupés, donc tous ces médias dont je vous ai parlé, plus quelques organisations. Il y a Attaque, il y
a
la Fondation Copernic, les Amis de la Terre, le syndicat des avocats, quand même, merci. Regards, il y a des partis politiques. Évidemment, c'est un peu toujours les mêmes. Il y a le PG, la FI, PCF, Génération NPA, Ensemble, la REM, LR. Non, il ne
faut
pas toucher mes papiers, s'il vous plaît. Je préférais que vous ne touchiez pas mes papelards quand je fais des trucs. Donc, en fait, tous ces gens se sont dit, mais si on se regroupe
et
qu'on demande à vous qui êtes,
pour
cette soirée, l'élément, j'allais dire, le plus important,
on
va leur demander de faire vivre cette grève
et
ces mouvements et de faire vivre cette démocratie longtemps. Et pour ça, il faut un petit peu d'oseille. Et cette oseille,
on
a décidé de vous le demander à vous. Alors, vous n'êtes pas obligés de mettre des sommes énormes. Bon, moi, j'ai mis 500 000 euros, par exemple. Mais vous, vous pouvez mettre moins. Par exemple, 5 euros. Mais si vous êtes nombreux à mettre 5, ça aide. Et ça va aider des gens à vivre et à continuer de faire vivre ce qui est un combat.
C
'est une bataille qu'on est en train de mener. C'est une bataille.
La
réforme des retraites, si tu as presque un prétexte, la réforme des retraites, c'est ce qui se voit aujourd'hui. Mais ce qu'il y a derrière, c'est une idéologie. C'est deux mondes qui s'affrontent. C'est, pour faire très simple, le monde de la solidarité, le monde du chacun pour soi. Il n'y a aucune urgence financière à vouloir faire une réforme des retraites.
On
va vous le raconter toute la soirée. Si vous nous regardez, c'est que vous le savez déjà. Ce discours, vous le connaissez par cœur.
Donc, on
va essayer de faire vivre le plus longtemps possible
cet
espace qui est un espace de liberté et d'échange démocratique. Et pour ça, il faut de l'oseille. Donc, vous le voyez, c'est écrit là, en dessous.
Ça
s'appelle le collecton.
C
'est finaux, comme truc, avec des cas pour faire un peu peur. Vous tapez donc le pot commun, hashtag collecton. Et là, vous allez tomber sur une page et vous pourrez donner. Cet après-midi,
le
site a planté.
On
ne sait pas pourquoi. Mais ce matin, quand on l'a ouvert, par exemple, vers midi, on a tous donné un petit peu, autant qu'on est ici, on a donné un peu d'argent. On est arrivé à 400 euros.
C
'est vous dire si on ne
va
pas vivre longtemps avec ça. Mais
quelques
heures après,
juste
en balançant le truc sur les réseaux, on en était à 4600 euros en quelques heures, comme ça, sans rien faire, sans cette émission. Donc, on s'est dit que quand même, ça pouvait fonctionner. Donc, voilà, ce soir, on va faire ça.
On
va essayer de récupérer de l'argent. 5 euros.
C
'est,
voilà,
au minimum. Alors, vous voyez, pas des pièces, on n
'est
pas des clodos quand même. Mais, vous voyez, donner un petit peu. Tous. Nombreux.
Ça
peut faire quelque chose à l'arrivée d'important pour les gens qui se battent,
qui
ont perdu deux mois de salaire pour certains. Ce n
'est
pas rien. Pour moi, par exemple,
c
'est assez facile. Mon travail, c'est auteur. Donc, je peux venir ici, vous dire, donnez de l'argent, faites la grève, il faut se battre. C'est fastoche. Moi, j'ai un salaire, en fait.
Et
je ne le perds pas. Par contre, le stylo, si je le lève, tout le monde s'en fout.
Tout
le monde s'en cague qu'un auteur arrête de travailler. Par contre, quand un cheminot arrête de bosser, lui, alors là, ça se voit. Donc, ces gens sont des têtes de pont et il faut les aider. Voilà, c'est pour ça qu'on va le faire. Donc, on va commencer
un
premier plateau pour vous expliquer justement ça.
C
'est quoi une caisse de grève ? Où c'est né ?
A
quoi ça sert ? Comment ça fonctionne ? Et comment on donne, surtout ? Donc,
on
va commencer par Radio Parleur, excuse-moi. Voilà, et Bastamag, donc sur l'histoire des caisses de grève. Et donc, j'appelle à me rejoindre,
et
après, je me tire. Agnès Rousseau, qui est là, chère Agnès,
et
Martin
Bordrero,
c'est ça, Bordrero, espagnol. Qui vont vous expliquer tout ça beaucoup mieux que moi. Bonjour. Bonjour.
J
'espère que vous serez
heureux dans
ce média. Vous êtes déjà venu ici
?
Ah non, c'est le premier. C'est vrai ?
Vous
verrez, c'est chaleureux. Et juste derrière vous, il
y
a un buffet. Dès que vous avez faim et soif, vous vous retournez. A tout à l'heure. Merci.
Eh
bien, bonsoir, bonsoir. On démarre tout de suite le premier plateau de ce collecton. Une soirée pour se mobiliser en soutien du mouvement de grève contre la réforme des retraites. Une soirée aussi pour entendre les actrices, les acteurs de cette grève. Ensuite, on va expliquer,
on
va analyser, on va débattre cette mobilisation contre la réforme des retraites. Pour bien commencer, on vous propose de vous pencher avec nous sur ce qu
'est
un peu le cœur de cet événement de ce soir. Nos invités vont s'installer. Le cœur de cet événement de ce soir, elles sont l'un des symboles de la mobilisation contre la réforme des retraites. Je parle bien sûr des caisses de grève. Elles ont collecté plusieurs millions d'euros pour aider les grévistes à tenir financièrement en quelques minutes, une vingtaine à peu près. On va détailler ensemble leur fonctionnement. Comment s'assure-t-on que les grévistes touchent bien l'argent qui sera récolté ce soir et qui est récolté depuis le début de la grève ? Plus largement, pour un mouvement social, à quoi ça sert d'avoir des caisses de grève ?
Pourquoi sont-elles devenues si importantes au cours de ce mouvement contre la réforme des retraites ? On va en parler avec nos invités.
Alors, Gabrielle Rosenmann, vous êtes ancien cheminot, vous êtes actuellement doctorant à l'École des hautes études en sciences sociales et vous rédigez une thèse sur les caisses de grève de 1864 à nos jours. Bonsoir. Romain Altmann, vous êtes secrétaire général du syndicat Infocom CGT. Vous co-gérez une des principales caisses de grève de ce mouvement. Plus de 2 millions d'euros récoltés depuis le 5 décembre et la première mobilisation, manifestation contre la réforme des retraites. Bonsoir. Merci à tous les deux d'être avec nous pour débuter cette soirée.
Alors, pour commencer, Romain Altmann, on va se tourner vers vous. On va faire un peu de pédagogie, tout simplement. La caisse de grève Infocom CGT, elle existe depuis 2016. Elle a déjà reversé plus d'1,5 million d'euros à des personnes grévy. C'est ce qu
'on
peut lire sur votre site internet. Alors, concrètement, d'abord, ça marche comment, cette caisse de grève ? Comment l'argent que les spectatrices et spectateurs vont peut-être récolter, vont nous donner ce soir ? Il va arriver peut-être jusqu'à des personnes en lutte. En fait,
il
est simple.
C
'est que toute personne qui décide de donner quelques euros jusqu'à des milliers d'euros, puisqu'on a tous les cas de figure qui se présentent à nous, est en fait centralisée dans un pot commun qui permet, après des demandes faites par des grévistes, qu'ils soient de tous les secteurs, pas simplement que les secteurs dits traditionnels, qu'ils soient cheminots, traminots ou autres, permet en fait d'avoir une aide financière concrète et qu'il leur revient à 99%. Quand on fait un don, par exemple, de 100 euros, il y a 99 euros qui reviennent directement dans la poche du gréviste. Le 1 euro, c'est quoi ?
C'est en fait les frais que prennent le pot commun, en l'occurrence, parce que par ailleurs, notre syndicat, cette initiative syndicale,
en
tout cas, elle ne prend aucun frais, parce que justement, elle tient une transparence totale sur sa gestion et son fonctionnement et a décidé d'absorber tous les frais sur l'activité que peut avoir le syndicat, mais pas d'impacter l'aide que font les gens pour leur venir en aide financièrement. Donc aujourd'hui, c'est en tout cas comme ça. Juste petite précision, on est à plus de 3 millions d'euros de collectés, pas 2 millions, on a
fêté le
troisième. Cet internet a peut-être aussi un bug de notre côté, on s'en excuse, mais on est aujourd'hui à quasiment 3 millions, 200 000 euros pour être précis.
Et est
-ce
qu'il
y a
des conditions pour recevoir une aide de votre caisse de grève ? Est-ce qu'il faut être syndiqué ? Est-ce qu
'il
faut être membre de la CGT ? Comment ça se passe ?
Alors nous,
on
a voulu une caisse de grève qui s'est différenciée par différents aspects, notamment celui-là, qui est de dire aujourd'hui, pour aider les gens en lutte, il n
'y a
pas besoin, on considère nous, d'être syndiqués ou pas syndiqués. On considère simplement qu'il faut avoir fait 2 jours de grève consécutifs. Après que vous soyez à la CGT, à FO, à Sud, voire à la CFDT, même peu importe le syndicat, dans l'absolu, on pense qu'il faut valoriser, c'est le fait d'être en lutte plutôt que des histoires de chapelle ou d'organisation, qui est souvent une des problématiques posées dans des caisses de grève qui peuvent par ailleurs exister.
— Et
donc votre caisse, elle est co-gérée avec d'autres syndicats ? Comment ça
se passe
? — Alors
elle est co-gérée parce qu'elle s'est voulue rassembleuse, en fait. Et on pense qu'il faut dépasser ces frontières syndicales, parce qu'on est dans la lutte. Et quand on est dans la lutte, on ne
va
pas commencer à différencier... Je parle à Gabriel, qui est par exemple ancien membre à Sud. Je ne vais pas me différencier de Gabriel dans la lutte, de savoir de quel syndicat il est. Et donc on a voulu gérer cette caisse avec d'autres syndicats, notamment Sud, Sud Poste 92, pour ne pas les citer, Gabriel Quirante et ses camarades, et la CGT Goudieur, parce que voilà, on a créé un outil militant de lutte, en fait, qui se veut disponible pour le mouvement social, parce qu'au-delà de nos étiquettes syndicales, dont on est tous fiers, je crois, on revendique surtout d'être efficace dans la reversion rapide des fonds auprès des grévistes.
Et comment vous assurez la transparence ?
C'est
une question qui est importante.
Alors, justement,
j'invite tous les gens qui nous regardent à aller sur le site qui est dédié, en fait, à la caisse de grève, qui
s
'appelle caisse-solidarité.fr, et ils pourront voir, justement, partout où va l'argent, combien est collecté. Et tout ça se fait en toute transparence, justement, pour éviter toute suspicion, d'ailleurs, et dont les règles sont clairement établies, justement, pour pouvoir en bénéficier. En tout cas, c
'est
l'objectif pour nous, c'est qu'on veut être irréprochable sur cette initiative, et je pense qu'elle l'est, puisqu'aujourd'hui, c'est quand même la première caisse de grève en France, avec 3,2 millions d'euros qui ont été collectés depuis le 5 décembre, ce qui est quand même, il
faut
le reconnaître, assez énorme et inédit. Et aujourd'hui, on compte près de 400 caisses de grève en France qui ont été répertoriées à quelque chose près. Mais je pense que Gabriel nous en parlera plus aussi, de ce point de vue-là.
On
va parler un peu de l'histoire de ces caisses de grève. Dernière question, avant de passer un peu à la suite de cette interview. Quel type de domaine, de travailleurs ont été, pour l'instant, aidés par les caisses de grève ? Des cheminots ? Est-ce que c'est des choses plus classiques ? On va aussi avoir des personnes plus inattendues, dans des domaines moins mobilisés d
'habitude
?
En tout
cas,
c
'est l'intérêt, c'est de dire que nous, évidemment, que le secteur en pointe dans la lutte a été les cheminots ou les salariés de la RATP. Donc évidemment, ça a capté une partie de la caisse de grève. Mais nous, on a justement aussi valorisé les secteurs dont on parle moins, c'est
-à
-dire des secteurs, des fois, des entreprises du privé. On a aidé, par exemple, des salariés du jeu vidéo, dont personne ne sait, à part l'initiative originale qu'ils ont menée au travers du stream reconductible pour de la collecte de noms, d'ailleurs. Et on a aidé des enseignants, on a aidé un peu différents domaines qui, jusqu'à maintenant, étaient assez peu mis en avant dans la lutte et qui,
il
est important de montrer, parce qu'on tient à le dire, cette caisse de grève, elle se veut utile, elle n'est pas juste là pour se donner bonne conscience sur le fait que moi, je ne
peux
pas faire grève, donc je donne à la caisse de grève. On veut justement qu'elle soit utile à alimenter le mouvement social. Et pour alimenter le mouvement social, nous, on pense qu'il faut l'élargir, il faut l'amplifier, il ne
faut
pas que ça reste que sur des secteurs dits traditionnels, même si, évidemment, on sait tous que la locomotive SNCF intersyndicale, que l'on connaît bien, donne un signe important dans ce rythme et dans ce mouvement. Gabriel Rosenman, vous êtes justement ancien cheminot. Maintenant, vous êtes donc, on l'a dit tout à l'heure, à l'école des hautes études en sciences sociales, d'une thèse sur les caisses de grève. D'abord, une question simple, à partir de quel moment dans l'histoire on voit apparaître les premières caisses de grève
? La
première que j'ai trouvée pour l'instant, c'est en 1830. C'est les chefs d'ateliers tisseurs de Lyon, qui sont devenus, quelques années après, parmi les dirigeants principaux des révoltes de Canut, qui sont un des actes fondateurs du mouvement ouvrier en France. Et donc, qui ont mis en place une caisse à base de cotisations volontaires pour préparer une lutte pour avoir un tarif satisfaisant contre les fabricants qui voulaient leur extorquer de la marchandise en dessous de ce qu'ils jugeaient juste. Et donc,
c
'était une partie des cotisations qui était dédiée à ça, à compenser les conséquences financières d'un arrêt de travail.
Et
donc, ce n
'était
pas exactement le salariat qu'on connaît aujourd'hui, puisque c'était des chefs d'atelier avec une situation encore un peu mixte entre l'artisanat et le salariat. Mais peut-être qu
'il
y
a
eu d'autres expériences avant que je n
'ai
pas trouvées, mais en tout cas, ça remonte au moins à 1830.
Donc,
dès le départ, ces caisses de grève, elles servent à alimenter des rapports de force, à
pouvoir aller
en action ?
C'est un outil de lutte dès le départ et qui correspond à l'idée qu'une lutte peut s'étendre sur la durée et qu'il faut se donner les meilleures conditions possibles pour pouvoir tenir l'affrontement et donc ne pas être pris à la gorge financièrement trop tôt.
Et qui alimente les caisses de grève à travers l'histoire ? Est-ce que c'est les salariés ?
Est
-ce que c'est les organisations syndicales ? Est-ce que c'est d'autres organisations ?
Ça dépend des expériences et c'est un débat, y compris au sein du mouvement ouvrier. Est-ce que le financement des grèves doit être avant tout par le patronat ?
C
'est-à
-dire,
est-ce qu'il faut obtenir le paiement des jours de grève ? Ce qui est une pratique qui a été... Ce qui a été une tradition longtemps dans des grosses centrales syndicales. Et qui fait partie de l'offensive néolibérale d'essayer d'empêcher que ça se passe maintenant, même si c'est encore le cas quand une grève gagne, elle peut tout à fait négocier des conditions de reprise avantageuses. Ou est-ce que c
'est
aux salariés eux-mêmes
de
préparer les futurs conflits en mettant de l'argent de côté par le biais d'une partie des cotisations syndicales ? C'est comme ça que se sont créées les caisses de grève à l'origine. Et depuis la fin du 19e siècle et la généralisation de la méthode de la souscription, de l'appel à solidarité à l'extérieur, il y a l'idée que c'est en partie à ceux qui ne font pas grève de soutenir ceux qui le font. Et donc c'est aussi à ça que correspond en partie l'explosion des caisses de grève dans ce mouvement-là.
Alors,
question un peu bête, dans une perspective historique, vous avez vu plein de mouvements qui
ont
utilisé les caisses de grève. À quoi ça sert d'avoir une caisse de grève pour ces mouvements ? Qu'est-ce que ça leur apporte ? Et combien de temps ça leur a permis de durer
à chaque fois ?
Alors, ça dépend de plein
de
conditions.
Mais
la première approche qu'on a des caisses de grève, c'est que ce serait une aide principalement financière qui viserait à réduire la facture à la fin de la grève. Et parfois, c'est ça. Mais je pense que leur fonction principale, et c'est ça qu'on voit bien dans le cadre de ce mouvement-là, c'est une fonction qui est plus politique, qui est d'intervenir en cours de grève pour donner confiance aux salariés pour continuer, et dans certaines situations, pour faire peur à leurs adversaires, patronat, gouvernement. Et une pratique, par exemple, qui est assez fréquente et que Romain pratique très souvent ces temps-ci, c'est la remise de chèques géants. Et donc, il y
a
une manière de communiquer à la fois aux salariés et à ceux qui regardent avec sympathie, leur montrer que la solidarité existe et peut se matérialiser par des chèques. Et ça s'adresse aussi à leurs adversaires. Par exemple, les grévistes de l'hôtellerie, de la CGT, des hôtels de prestige,
qui ont mené beaucoup de grèves
longues
dans des
hôtels. Donc là, ça fait plus de 7 mois qu'ils sont en grève à Batignolles. On voit systématiquement les vidéos de remise de chèques aux grévistes, aux DRH et aux patrons de
l
'entreprise pour leur montrer qu'en fait, ils ont les moyens de tenir et que c'est à eux de lâcher.
Donc en fait, ce n
'est
pas juste un soutien matériel, c'est aussi rendre public le soutien, c'est aussi créer le rapport de force, c'est aussi dans ce sens-là que vous communiquez beaucoup sur les remises de chèques, c'est quelque chose d'important
?
Nous, en fait, on l'a construit comme ça, en tout cas. C'est pour ça qu'on a toujours été dans des initiatives de remise de chèques avec aussi les médias, parce qu'en fait, on est clairement dans une guerre aussi de communication,
c
'est-à-dire
que... Les gros chèques
cartonnés. Voilà, les gros chèques cartonnés, qui sont assez voyants d'ailleurs quand on se balade dans les transports avec,
dont les gens
des fois nous interpellent en disant « c'est sympa, je veux bien le chèque ». Et par ailleurs, qu
'ils
nous disent aussi beaucoup, souvent, on vous soutient. En l'occurrence, c'est pas nous, parce que là, on allait soutenir des cheminots, en l'occurrence, dans différentes gares. Et c'est ça qui est intéressant, c'est que la question des caisses de grève,
en
fait, elle a évolué aussi sur sa fonction, c'est
-à
-dire pas simplement, comme l'a dit Gabriel très bien, d'une aide concrète, mais aussi une arme politique, j'allais dire presque, sur le fait d'influer dans le mouvement, ou en tout cas de montrer qu'il peut durer, et de justement remettre l'argent immédiatement, et pas dans X semaines ou X mois. Et c'est ça l'intérêt, en tout cas pour ce qui est de la nôtre, de pouvoir, en 48 heures, pouvoir remettre des sommes importantes aux grévistes concernés, qui, eux,
évidemment,
voient ça... Enfin, on a même, nous, été surpris de voir des grévistes quand même très heureux de nous voir, et qu'on avait même des fois les larmes aux yeux, parce qu'ils se sentaient, du coup, beaucoup moins isolés. Ils voyaient qu'il y avait un soutien extérieur, qu'il y
avait
un soutien de la population. Et c'est important dans le moral des troupes, quand des fois, il peut de temps en temps baisser, quoi. Ça peut être très long.
Et ce mouvement, justement, il dure depuis le 5 décembre. C'est un mouvement qui est très long, le plus long encore que les grèves de 95. Est-ce que les caisses de grève, c'est aussi un symbole ou un outil de ces grèves qui durent, qui s'étalent dans le temps, qui, face à un gouvernement inflexible, par exemple, est-ce que c'est assez symptomatique de ça ?
Gabriel le dira mieux que moi, je pense. Mais moi, je veux juste dire une chose sur ça. C'est que, quand on a lancé la première caisse de grève, quasiment numérique, en 2016, on était un des seuls à le faire. Aujourd'hui, on a pu voir que, sur le mouvement des retraites, on est à pas loin de 400 caisses de grève qui existent, du local au national, je fais vite, et très variées de
tous les secteurs, de tout.
Mais en tout cas, on a généralisé une pratique, et c'est tant mieux. D'ailleurs, c'est le mouvement social, le mouvement ouvrier a pris, entre guillemets, ces nouvelles formes de caisses de grève, parce qu'en fait, ce n
'est
pas nouveau, mais en tout cas, qui illustrent clairement une réappropriation d'un des outils de lutte, même si, évidemment, aujourd'hui, la question qui se pose aussi, c'est de savoir comment on lui donne un impact global, et pas simplement de tel ou tel endroit.
Ok, Ruyen Rosenman, là-dessus ?
Oui,
je pense que les caisses de grève,
c
'est très directement lié à la longueur des conflits, parce que l'idée de compenser une partie du salaire perdu est beaucoup moins évidente quand on fait des grèves d'un ou deux jours, et c'est pour ça que les caisses de grève ont été beaucoup moins utilisées dans les années, en gros, dans les 30 glorieuses, puisque la durée moyenne des grèves était beaucoup plus courte. Et donc, à partir du moment où on part sur une grève longue, il y a besoin, et c'est ça qu'on a entendu, malgré les caisses de grève pour l'instant à la RATP ou à la SNCF,
c
'était l'idée qu'après quasiment deux mois de reconductibles, que c'était principalement pour des raisons financières que les grévistes se remettaient sur un rythme de grève sur des journées d'action, plus que sur le reconductible, et pas pour des raisons ni de perte de morale, ni d'un coup convaincus par la réforme. C'était parce que deux mois d'épreuve financière, c'était dur. Je pense qu'un autre élément important qui est lié à la longueur de la grève, c'est qu'en fait, au cours même de cette grève-là, la fonction des caisses de grève a évolué. Et on a senti un emballement très très net autour du 20 décembre.
C'est à la fois une première explosion en termes de nombre de caisses de grève et en termes de dons, et qui est arrivé aussi sur la caisse d'Infocom CGT.
On a déjà
plusieurs semaines après le début, la première
grève,
au moins 10-15 jours.
Il
y a des premières caisses qui avaient été créées dès le début de la grève, mais la première explosion, c'est autour de cette date-là. Et je pense que ça prend un sens assez précis. C'était que ça faisait déjà deux semaines que la grève était commencée. Les vacances scolaires arrivaient. Et il y a eu la compréhension très large, je pense, de la part des donateurs, qu'il fallait que les deux locomotives du mouvement, qui étaient la SNCF et la RATP, arrivent à passer les vacances, en l'absence de l'éducation nationale, qui était un peu le troisième secteur le plus fort, et qui, pour cause de vacances, n'allait pas pouvoir jouer le même rôle.
Et donc, il fallait que les dons affluent à ce moment-là précis pour arriver à passer l'obstacle. Et une fois que les vacances ont été passées, et que la journée du 9 janvier, que le mouvement a continué, on est passé sur, je pense, une logique un peu différente, qui a été, et on le voit aujourd'hui avec le nombre de caisses, sur les 400 dont parlait Romain, il y en a quasiment la moitié qui sont créés dans des lycées, des collèges et des écoles. Les professeurs, les répartis centres. Voilà. Et donc, il y a eu, en même temps que la locomotive de la grève a un peu changé, le nombre de caisses qui se créent suit ce mouvement-là.
Et donc, aujourd'hui, il y a un vrai focus sur l'éducation nationale, en partie aussi sur l'enseignement supérieur, qui se prépare à partir en grève de manière organisée à partir du 5 mars. Et en plus des multiples secteurs, on le disait, opéra, raffinerie, etc., qui ont aussi assuré la continuité de ce long mouvement.
Ces grèves, ces caisses de grève, est-ce que ce n
'est
pas aussi un moyen pour des personnes qui sont précaires, intérimaires, en période d'essai, de s'engager dans la grève malgré le fait de ne pas vraiment pouvoir la faire ? Si on est en période d'essai et qu'on fait grève, le risque,
c
'est de se voir virer, tout simplement. Je ne
peux
pas me mobiliser, je suis en CDD en intérim, dans une petite boîte, je mets de l'argent, je vous soutiens. Est-ce que vous avez eu cet écho-là, avant peut-être, et là aussi cette fois-ci ? Peut-être d'abord, il y a Brielle et ensuite.
Je pense qu'il y
a
tout à fait ça. Plein de personnes qui se sentent en solidarité avec le mouvement, qui ne
se
sentent pas capables ou pas en situation de faire grève. Alors ça touche à la fois des indépendants, des retraités, qui tout simplement ne pourraient pas faire grève, et aussi des précaires, qui sont tenus par des contraintes administratives, des contraintes managériales ou financières. Et après, ça s'articule aussi à un débat qui est un peu plus compliqué, qui je pense qui fait partie des tensions qu'il
y
a à l'intérieur de la question des caisses de grève, qui est entre soutien au secteur clé et volonté d'extension de la grève. Donc la fameuse grève par procuration dont on entend parler depuis 1995.
Donc
je donne de l'argent, pour ça que
je
n
'ai
pas besoin d'aller en manifestation, peut-être par peur des fois d'ailleurs.
Pas forcément pas besoin,
mais
je pense que Bruno en parlait juste avant, mais avec l'idée que certaines grèves seraient moins utiles que d'autres, bon,
moi,
ce n
'est
pas mon avis, mais je pense qu'à l'intérieur de ce phénomène des caisses de grève, ça met en question ce raisonnement-là et où il y aurait une forme de délégation de la grève à ceux qui auraient le plus d'impact. Sauf qu'en fait, si on pousse cette logique-là au bout, et on l'entend même à l'intérieur de la SNCF, où les commerciaux, par exemple, ceux qui vendent des billets, disent qu'en fait, il n
'y a
que les conducteurs qui ont un vrai impact. À l'intérieur des conducteurs, c'est
les
conducteurs de TGV qui font perdre le plus d'argent. Et à la fin,
on
arrive à 50 grévistes pour la France entière. Et forcément, ce n
'est
pas tenable.
Et
face au durcissement des grèves qui durent, qui s'installent, est-ce qu'il ne faudrait pas anticiper justement les caisses de grève ? Est-ce qu'il ne faudrait pas se dire, pour commencer une grève, en ayant une chance d'aboutir, il faudrait déjà avoir une caisse de grève bien remplie pour amorcer le mouvement ? Est-ce que c'est quelque chose qu'il faudrait réfléchir ? Du coup, c'est déjà des choses qui sont en réflexion ? Est-ce que ça change un peu les modalités de cette pratique
? Disons que
justement, nous,
on
avait réfléchi comme ça.
C
'est-à-dire qu'en fait, depuis 2016, la caisse de grève qu'on avait lancée lors du mouvement contre la loi travail à l'époque, on ne l'a pas fermée justement dans ce but-là. Et ça nous a permis d'ailleurs d'avancer, je veux dire presque de préparer le prochain mouvement social et qui aussi doit nous amener à évoluer auprès des donateurs et des gens qui nous écoutent sur l'idée de dire que, en tout cas pour ce qui concerne notre caisse de grève, il y
a
une nécessité justement de l'alimenter de manière permanente si on ne veut pas se retrouver dans l'urgence, à trouver tout de suite des millions d'euros. Parce que là, on a une générosité qui est formidable, une solidarité des Français qui est incroyable, en tout cas pas vue depuis ces dernières années, mais qui en même temps est limitée. Parce qu'il faut aussi se dire tranquillement, ces caisses de grève, même si elles totalisent en France pour l'instant 5,5 millions d'euros, ça reste quand même très insuffisant pour assurer, j'allais dire, une nette substantielle à tous les grévistes en France. Et donc, il y
a
à la fois ce débat, nous, on en a fait plutôt le parti d'en faire un outil permanent du mouvement social, après, à voir comment elle est mise en place, mais qui en tout cas nécessite effectivement qu'on anticipe autrement, qu'on se prépare et qu
'on
s'arme différemment quand on doit affronter politiquement, en tout cas, à la fois le patronat et aujourd'hui le gouvernement.
Alors,
Gaël Quirant, qu'on citait tout à l'heure, qui est donc syndicaliste à Sud-PPTT, disait l'an dernier, faire grève sans caisse,
c
'est comme faire du camping sans tente. Est-ce que ça vous parle ?
Oui, je pense que Gaël a raison de cette formule et je pense que ça fait partie, en tout cas, des débats qu'on remet sur le devant de la scène aussi. Et votre initiative de ce soir, elle permet ça. Et au-delà du fait de dire aux gens, soutenez-nous, donnez aux caisses de grève, parce que c'est derrière des grévistes que vous vous aidez, elle permet aussi de remettre sur le devant de la scène la fonction, le rôle de ces caisses de grève et qui, quand même aussi, comme l'a dit Gabriel, en train d'évoluer, ou en tout cas, chacun a sa fonction, chacun a sa philosophie, mais nous,
on
l'a voulu de cette manière-là, c'est-à-dire utile à la lutte, de manière transpartisane, c'est-à-dire au-delà des étiquettes syndicales, et qui se veut totalement transparente. Et après, à chacun de juger, justement, on regarde ces éléments, lesquels il considère la plus efficace ou utile possible dans la période, en tout cas. Oui, en plus, on en parlait tout à l'heure, ces caisses de grève, leur mise en place, les soirées de dons, comme ici, le Collecton, ou comme d'autres, le Stream Reconductible, ça devient un vrai événement qui fait partie de la grève. Je voulais parler un peu du Stream Reconductible, je l'explique en deux mots.
Une équipe de streameuses et de streamers, donc des gens qui jouent aux jeux vidéo sur une plateforme qui s'appelle Twitch, que des gens regardent, ils la regardent jouer aux jeux vidéo, s'est lancé dans une sorte de 24 heures sur 24 de jeu pour récolter de l'argent. Ils sont arrivés à plusieurs centaines de milliers d'euros, 150 000 euros. Est-ce que d'abord, une initiative comme ça, qui est complètement hors cadre, quelque part, au départ, même si elle est lancée par, notamment Usul, qui est un chroniqueur habitué des chroniques politiques, on va dire ça comme ça. Ça vous a surpris ? Et vous en espérez d'autres
?
Alors, nous, ça nous a surpris parce que c'est inédit. Et ça, il faut quand même le noter. Alors, il
y
a Usul, mais ils sont très nombreux autour de lui, avec Jean Macier, et d'autres streamers ou youtubeurs. Ils ont pris une initiative qui est complètement originale. Et j'allais dire, ce qui est vraiment intéressant, c'est que ça a été une alliance, en fait, d'un milieu peu organisé, plutôt indépendant, qui n'était pas forcément structuré, avec des outils syndicaux comme les nôtres qui ont permis de faire une initiative intéressante puisque la caisse de grève qu'on a lancée, en fait, elle s'est alimentée de plein d'initiatives de ce type-là, de gens inorganisés ou qui sont dans leur environnement et qui ont contribué, finalement, à une caisse de grève globale.
Et ça, c'est le premier point qu
'il
faut noter. Et le deuxième là-dessus, c'est vraiment l'événement. C'est-à-dire qu'en fait, on est dans un public qui est assez peu mobilisé d'habitude dont nous, syndicalistes, avons un regard très bizarre de se dire, mais c'est qui ces gens ? Des gamers. Enfin, c'est plutôt des jeunes, d'ailleurs. Donc, nous, on commence un peu à vieillir quand même.
C
'est une surprise au
début, mais vous
n'étiez pas une inquiétude. Complètement.
Et une surprise, c'est même inédit puisque de ces derniers mouvements sociaux, on n
'a
jamais eu ce type d'initiative qu'a vu le jour. Et ça, c'est vraiment génial parce que ça montre une évolution et un engagement qui a pu trouver sa place dans ce mouvement, en l'occurrence, sur le mouvement des retraites.
Donc, vous voyez d'autres formes qui émergent, des fêtes de soutien, des choses comme ça ?
Oui, on a eu, on
a le magazine Plein de dos qui a aussi, lui, collecté pour la caisse de grève et qui a réparti une partie sur la note et sur d'autres caisses de grève. On a eu... On
a eu des photos
de Gilets jaunes.
Voilà. On a eu aussi des réalisateurs qui diffusent leurs films gratuitement au bénéfice de la caisse de grève. Donc, nous, on en a diffusé un avec Mourad Laffitte il n
'y a
pas longtemps sur son film sur les urgences ou l'état de situation des urgences. Voilà. Il y a plein d'initiatives autour qui se greffent autour de ça et qui trouvent leur intérêt dans le fait de se fédérer. Parce qu'après, la question qui se pose, c'est, ouais, mais c'est vrai qu'on veut contribuer au mouvement mais on n'a pas non plus l'expérience pour redonner cet argent et que ça soit bien fait correctement. Et donc, il
y
a ce relais que nous,
on
prend de dire, écoutez, nous,
on
a un peu cette expérience-là donc, voilà, on vous donne les éléments de toute manière comme tout est transparent, on n
'a
rien à cacher de ce point de vue-là.
C
'est plutôt intéressant d'avoir ces complémentarités d'initiatives où chacun joue son rôle à son niveau.
Merci beaucoup. Merci beaucoup. Merci à vous pour vos réponses éclairantes qui nous ont permis de rester un panorama des caisses de graines.
J'adore être là avec vous. Ça me fait super plaisir que vous soyez là.
On n'a pas
le
choix.
On
est obligés
de baider l'antenne.
Alors, on attend comme le
don de 500 000 euros mais
on
n'a pas de
500
000.
Bah dit, j'ai mis 500 000,
j
'ai droit quand même. J'ai acheté ici, moi. J'étais là le premier jour.
Donc,
on va passer l'antenne à Bruno qui va faire la transition vers la
suite. Oui, enfin,
vous pouvez rester.
Non, restez, restez, restez. En fait,
je voulais vous annoncer une bonne nouvelle et une mauvaise nouvelle. La bonne, très bonne nouvelle, c'est que tout à l'heure,
je
vous
ai
dit qu'on était à 4 000 balles. Le fait que je le dise, on est passé à 8 000. Donc, non, non, c'est plutôt une très bonne nouvelle. Ça va super vite. Donc, je vais vous le redire, il faut donner. Il y a le truc qui va s'afficher, la collecton et tout ça. La mauvaise, c'est que le site plante.
Parce
que vous êtes très nombreux à y aller en même temps. Le site plante. Non, mais c'est vrai, il y a un truc comme ça, il y
a
un flux qui ne se fait pas. C'est ce qu'on m'a expliqué. Donc, ce n
'est
pas très grave. Vous pouvez continuer à donner. De toute façon, ça restera ouvert assez longtemps, je pense. On va aller, nous, à peu près jusqu'à minuit. Mais après, ça sera encore ouvert et demain et après-demain. Et on va faire durer ce truc-là. Donc, on va relayer ça après sur les réseaux. Vous inquiétez pas, vous pouvez donner vos 5 euros. S'il y en a un qui veut donner 500 000 qui ne se gratte pas ou alors envoie un chèque. L'autre truc,
c
'est qu'il y
a
un duplex maintenant parce que j'avais dit qu'il y
aurait
des surprises. Il y en a. Il y a un barnum. C'est une sorte de chapiteau qui a été monté à côté de l'Assemblée nationale. Et là-bas, il y a Serge Faubère. Donc, je ne sais pas s'il est là. Il est...
Serge ?
Allô, Serge ? J'adore faire ça. Allô, Serge ? C'est généralement le mec qui reste comme ça une demi-heure devant la caméra
et
il ne bouge pas. Essayez de faire ça sans bouger. Vous allez voir, c'est un truc de professionnel. Donc, en fait, il est... On va recevoir des députés sur ce duplex et sous ce barnum. Donc là, il y avait Esther Benbassa, je crois, qui était prévu. Donc, normalement, nous, on devrait quitter cette antenne.
C
'est fait.
On
n
'en
a pas de sang.
Ils
n
'ont
pas de sang.
C'est
quand même. Ouais.
Le 2 février de l'année d'accéder partout sur les lieux de pouvoir. Ce que je veux dire aujourd'hui, c'est que sur le premier
des
grèves, il faut qu
'on
l'amplifie, évidemment. Il faut qu'on reste unis. Il faut qu
'on
s'unisse toutes les populations au-delà de toutes les parties, au-delà de toutes les querelles syndicales. Il
faut qu'il
y ait
des coordinations
à faire
des états généraux tous ensemble. C'est à ça qu'on appelle avec les gilets jaunes et on espère qu'on sera nombreux à le faire. Et vive la grève, vive les courages amateurs.
Je me trouve très momentanément maître de cérémonie,
ce qui va me permettre d'annoncer la prochaine
personne. Je
me trouve très momentanément maître de cérémonie, de micro-coumbert, ce qui va me permettre d'annoncer
la prochaine intervention, qui est celle d'Aurénie, trouvée, d'attaque, à qui je donne le micro, et elle-même d'ailleurs que le roi de l'Union a fait
la prochaine non pas intervention mais si j
'ai
bien compris d'un jour. Alors, on va dire à toi. Bonjour
à toutes et tous que je viens de vous parler de droit
d
'effort. Droit d'effort parce qu'ils sont beaucoup moins attaqués par ce projet de retraite
les
plus précaires et en particulier les droits des travailleuses qui tumulent le plus le temps partiel, d'arrêt d'activité, de bas
salaire, et
voilà,
on sait que
ce projet de retraite dans
son ensemble
et ce n
'est
pas seulement quelques mesurettes, dans son ensemble va profondément aggraver les inégalités entre les femmes et les hommes. Je voudrais juste lui dire un passage,
il
y a, dans l'intervention, il y a un interview d'aujourd'hui d'une députée en marche qui nous dit les femmes seront gagnantes.
C
'est Catherine Fabre, députée en marche. Les femmes seront gagnantes parce que le nouveau système de retraite sera beaucoup plus redistributive en faveur des basses pensions. On a vraiment cherché à aider
l'ensemble des femmes. Alors on a besoin
de
verser une lave quand même,
vraiment.
Alors là, laissez-moi
vous dire quelques éléments quand même qui démontent totalement en fait toute cette propagande du gouvernement. Si ça existe en décembre qu'on met les grands gagnantes depuis le mois de décembre à peu près en particulier dans la bouche même de gloire de fil et bien c'est parce qu'ils savent au fond qu'on va être les grands gagnantes de ce projet de retraite et je ne
le
disais pas seulement parce qu'à tellement qu
'il y a une
petite mesure mais c'est vraiment l'ensemble du projet de retraite c'est-à-dire le système par point qui prend en compte toute la carrière qui fera que les femmes vont perdre énormément beaucoup plus que les hommes envoyés par ce projet de retraite.
Alors
par point régime par point toute la carrière mais c'est tout à fait logique et mathématique c'est-à-dire qu'à partir du moment où vous ne prenez plus en compte les 25 meilleures années dans le plus mais toute la carrière et bien vous allez prendre en compte complètement et par un système par point qui répercute totalement les périodes de temps partiel les périodes de passager etc. dont sont victimes en premier lieu les femmes. Donc c'est ce système-là qui va effectivement augmenter les inégalités entre les femmes et les hommes et il y
a
un exemple dans l'histoire qui vous montre ça qui est très clair c'est par toute façon que la commune presse on
est
passé des 10 meilleures années pour 20 meilleures années pour calculer le montant de la pension et
bien ça a augmenté les inégalités entre les femmes
et les hommes ça on le sait parfaitement. Évidemment
le gouvernement
ça se voit totalement sur
la réalité sur la réalité des faits sur
l'histoire sur ce qui s'est passé mais nous
évidemment on est aussi
déduqués ce qui s'est passé et on s'est parfaitement en prenant en compte toute la carrière au lieu des 25 meilleures années il se passera la même chose sur ce qui s
'est
passé quand on est passé des 10 meilleures années aux 25 meilleures années pour calculer les
millions
de pensions c'est-à-dire que en particulier pour les femmes on peut dire que les femmes qui subissent ça et bien prendre en compte à part les périodes de bas salaires les périodes de temps partiel etc.
et
vous savez qu'aujourd'hui déjà la pension des femmes est inférieure de 40% à celle des hommes et on sait que ça va s'en tirer de la même façon vous savez qu'aujourd'hui les femmes partent
plus
tard que les hommes à la retraite et là aussi on pense que ça va s'en tirer je vais vous expliquer rapidement
pourquoi mais
je voudrais vous dire une chose c'est que on parle beaucoup aujourd'hui de l'émancipation des femmes car la première émancipation des femmes c
'est
l'autonomie financière c'est la possibilité par une paraison y compris quand on est vieille de pouvoir se séparer d'un homme éventuellement violent parce qu'on a les moyens financiers d'espérer et donc c'est de sortir de la pauvreté en particulier les femmes en traité qui n'ont pas d'autre choix bien sous-monte que de ne pas se séparer de leurs compagnons c'est l'émancipation financière
l'autonomie
financière est une
variable
essentielle que l'émancipation des femmes or
le gouvernement va
remplir la
dépendance
financière des femmes par rapport aux hommes avec ce projet de retraite en particulier pendant la période de retraite la pension de réversion alors il nous faut être un sketch comme quoi il
serait revenu sur l'âge à partir duquel
les femmes peuvent bénéficier de la pension de réversion 55 ans 15 à 62 ans pour venir à 55 ans pour les fonctionnaires d'empêche que et par sa même limite âge qui n'existait pas et par rien cette pension de réversion nous on a fait les calculs elle va être attendue elle va être attendue alors qui sont les premières bénéficiaires de ces pensions de réversion et bien ce sont les deux et puis leur histoire de 5% des premiers enfants voilà déjà il faut répéter pour rappeler une chose c'est qu'aujourd'hui à 3 ans on peut avoir 2% de plus de majoration que pour les deux parents donc ça veut dire que pour 3
ans déjà on est même
parce qu'il s'agit d'avoir 5% en plus d'une pension dans le nouveau projet concrète pour chaque enfant comptez 5 plus 5 plus 5 ça
fait
15 alors qu'aujourd'hui c'est 20% pour les deux parents par ailleurs vous le savez ce sera au choix le père ou la mère or et bien le choix le risque évidemment c'est que ce soit le père qui engroge la hausse de pension puisque c
'est
lui qui a une pension supérieure et les salaires étant une pension supérieure
et
puis surtout ce qui est plus important c
'est la perte de majoration de durée d'assurance vous savez qu'aujourd'hui
et
bien
rachent
de durée d'assurance
on
ne dit jamais on supprime les majorations de durée d'assurance qui étaient attribuées essentiellement aux maires évidemment donc on perd pour 2 enfants par exemple on perd 4 ans de durée de cotisation voilà donc ça c'est aussi essentiel et donc ça montre aussi l'emploi total de gouvernement je dirais en vous disant que c'est pour ça qu'on a organisé toute cette action que vous le voyez ici à cause de Macron
qui
a été décliné dans plus de 60 villes et qu'il y
a
une manière de mettre la question des femmes en avant la question du droit des femmes
et
de se battre contre ce projet de retraite voilà
on
est bon ?
c'est
super joyeux votre truc là finalement il y
a
un truc que j'adore tu
as
l'assemblée nationale le bourbon et derrière il y
a
des girots de flics et des nanas qui dansent c'est quand même joyeux quand ça veut non
? putain
les mecs tristes là ils sourient un peu je vais vous faire sourire tu veux que
je... vous
avez vu que c'est là ça va mon brouillon ? ben ouais je veux bien fais moi un bisou on
va faire de la vraie télévision à la con tu sais voilà
ça fait plaisir merci
de nous retrouver
c'est la moitié du showbiz bloc
on
avait lancé le showbiz bloc on est deux
quand
même ben oui on est ensemble là donc pour cette soirée qui vise à récolter des fonds pour soutenir les copains grévistes on est ensemble jusqu'à quelle heure à peu près
?
alors ils ont prévu minuit minuit ?
mais
vu le temps que ça prend rien que pour aller sur un duplex revenir plus nos conneries ça peut être une heure du matin le principal c'est pas le temps que ça dure c'est que les gens ne trouvent pas salon ouais ben c'est ça le truc quoi et puis surtout qu'on les dirige on les oriente tranquillement vers la caisse
oui
est-ce que tu peux rappeler peut-être l'adresse ?
je
vous ai lâché ben le collecton donc ça c'est écrit là vous voyez hop c'est écrit sur l'écran je vous ai lâché il y a 20 minutes on était à 8000 balles là on est à 12 238 et c'était il y a 6-7 minutes donc ça a dû monter encore le site plante parfois
je
peux pas vous dire mieux donner de l'oseille insister c'est pour la bonne cause c'est pour que des gens puissent continuer à travailler maintenant on va passer à un nouveau platoche c'est bien ça j'ai bien compris on fait un nouveau plateau qui va traiter de grevilla j'ai demandé ce que c'était que la grevilla et je savais pas donc je vais vous écouter vous avez intérêt d'être clair parce que sinon ça va merder donc on va le faire ce plateau avec Violette Voldoir
qui
nous a rejoint et on continue donc avec Martin qui était là tout à l'heure soyez bon on
vous laisse
présenter vos invités on
va essayer effectivement
d'abord on va introduire un peu l'idée de ce deuxième plateau qu'on est très heureux de faire ici aux médias dans cette soirée collectons avec Radio Parleur après deux mois de grève et dix journées nationales de mobilisation environ contre la réforme des retraites de nombreux secteurs ont opté un peu pour leur propre calendrier d'action on en parlera occupation de lieu jet de robe d'avocat perturbation de vœux des élus des discours des ministres actions visant les permanences des députés les meetings aussi pour les élections municipales en fait entre chaque journée de manifestation les mobilisations ciblées se multiplient de plus en plus on vient d'en voir une à l'instant en duplex elles sont pour la plupart locales c'est l'idée souvent originales comme là les rosistes très originales et un mot est apparu on verra d
'où
il est apparu pour les désigner la grévilla entre grève et guérilla un harcèlement permanent de tout ce qui incarne la majorité présidentielle Violette
oui
cette grévilla elle est apparue pour la première fois en tout cas nous on l'a vu pour la première fois sur un tweet de Solidaire l'union syndicale Solidaire et il a été très vite repris donc c'est un mélange de grève et guérilla qui consiste en une stratégie très simple c'est-à-dire aller partout tout le temps ne laisser aucun répit aller dans les entreprises aller dans certains syndicats notamment à la CFDT aller aussi voir les députés de la majorité partout où ils se déplacent pour rappeler les grévistes à leurs bons souvenirs autour de ce plateau pour en parler avec nous ce soir Myriam Guénim syndicate avocate en droit social au barreau de Bobigny adhérente au syndicat des avocats de France et non pas syndicat syndiqué au syndicat des avocats de France Mathilde Larrère historienne, enseignante et chercheuse à l'université Paris-Est Marne-la-Vallée spécialiste des mouvements révolutionnaires et insurrectionnelle au 19ème mais aussi chroniqueuse pour Mediapart et arrêt sur image Anna Skazib ex-chroniqueur au Grand Galle de RMC il me semble mais surtout surtout cheminot et syndiqué Sud Rail et puis Olivier Besancenot facteur ancien candidat à la présidentielle pour le nouveau parti anticapitaliste et toujours membre de ce parti bonsoir à tous les quatre alors je vais adresser ma première question à vous Mariam Guénim avocate donc et syndiquée au syndicat des avocats de France les avocats ont eu ce geste c'était autour du 8 janvier c'était d'ailleurs le 8 janvier au barreau de Caen les avocats ont jeté leur robe au pied de la ministre de la justice Nicole Belloubet c'était le premier geste de cette nature qui a été très très vite repris alors vous avez vous-même fait ce geste de jeter sa robe comment ça se passe quand on a l'habitude de faire plutôt des manifestations d'un coup qu'est-ce que ça veut dire que ce geste de jeter sa robe noire au pied de la ministre ou au pied du tribunal
alors
je crois que les confrères de Caen avec qui on a échangé parce que c'est eux qui ont initié ce geste ils l'ont ressenti un peu comme à un moment il y
a
un tel mépris de la part de cette ministre qui se déplace dans leur juridiction et qui refuse de s'adresser aux avocats qui rencontrent en gros le président du tribunal le procureur et qui refuse de parler aux avocats notre robe c'est un peu notre étendard c'est notre outil de travail symboliquement et donc du fait de jeter notre outil de travail devant elle c'est de lui dire en fait vous nous méprisez tellement qu'on en arrive à un point où on est obligé de jeter notre outil de travail et donc c'est comme ça que les confrères de Caen l'expliquent et après effectivement ça a été repris par un certain nombre d'avocats trois jours après Nicole Belloubet était à la cour de cassation de la même façon elle passe sous les ors de la république mais sans vouloir rencontrer les avocats sans vouloir nous croiser et en fait quand elle veut pas nous croiser nous on se remet dans un mur qui est juste derrière on se met à hurler en demandant sa démission et effectivement c'est pour faire du bruit c'est pour se faire entendre c'est ce que vous disiez c
'est
qu'il faut être partout où ils sont parce que comme ils décident de mépriser le dialogue social tel qu'il était traditionnellement opéré et bien on essaye nous de les interpeller à des moments où ils s
'y
attendent pas forcément où ils l'ont pas souhaité Belloubet elle est complètement déstabilisée à Caen c'est à dire qu'elle continue son discours elle récite sa leçon en disant je viens aujourd'hui ouvrir le tribunal inauguré etc alors qu'il y
a
quand même 150 avocats dans elle qui viennent de jeter sa robe je pense que là c'est vraiment on n'est plus dans le mépris on refuse de discuter avec toute forme d'opposition finalement avec ce gouvernement
et
du coup le fait de multiplier ces actions là il y a un enjeu de visibilité aussi sur les réseaux sociaux mais est
-ce
que ça marche est-ce que de votre point de vue ça a permis vraiment de braquer un projecteur sur le mouvement des avocats qui était déjà dans la rue avant le 8 janvier et qui était déjà engagé dans ce mouvement contre la réforme des retraites
effectivement les avocats les premières actions ont commencé au mois de septembre on a eu des manifestations nationales mais qui étaient uniquement pour les avocats au
syndicat des avocats de France bien avant
le 5 décembre première grosse journée de mobilisation
au syndicat des avocats de France dès le 5 décembre on a travaillé avec l'interprofessionnel parce que nous on considère que ce projet il est mauvais pour tout le monde c'est pas un combat corporatiste qu'on mène on considère que ce projet il est pernicieux et pour absolument l'ensemble de la société donc c'est pour ça qu'on a dès le 5 décembre participé à l'ensemble des interpros maintenant effectivement symboliquement et au quotidien on est obligé on est en grève depuis 6 semaines donc quand on est
en
grève depuis 6 semaines dans les tribunaux concrètement ce que ça représente c
'est
qu'on demande un report de nos audiences mais on fait pas la grève dans son cabinet on fait la grève au tribunal en expliquant aux gens en expliquant pourquoi on est en grève en faisant oeuvre de pédagogie et effectivement ces actions là ça permet d'avoir une visibilité d'avoir un point d'entrée vers les gens de leur expliquer pourquoi en 30 ans c
'est
la première fois que l'ensemble des avocats de France sont en grève 70 000 avocats dans un pays qui est censé être un état démocratique qui s'inquiète sur la survie de leur cabinet et sur le fait surtout c'est hyper important de dire que nous ce qu'on veut c'est continuer de pouvoir défendre tout le monde et ce projet de loi économiquement il aura un tel impact sur un certain nombre de cabinets que moi par exemple en Seine-Saint-Denis il y
a
la moitié des cabinets qui fermeront en Seine-Saint-Denis pour vous donner une idée il y a 70% des gens qui ont droit à l'aide juridictionnelle les premiers avocats qui seront impactés par cette réforme des retraites c'est les avocats qui traitent ce type de dossier c'est pas les avocats du 8ème arrondissement qui sont dans des cabinets d'affaires et pourtant même eux sont mobilisés aujourd'hui parce que cette solidarité a un sens quand on porte notre robe c'est de défendre tout le monde et en tout cas de donner l'accès à tout le monde à une défense potable et normale dans un pays démocratique
Alaskazib vous depuis plusieurs semaines maintenant vous menez des actions très ciblées comme ça avec des participants de Sudrail mais aussi des gens représentant d'autres professions comment c'est né dans l'envie de le faire et comment vous avez décidé de mettre ça en action
? Déjà nous
notre première arme c'est la grève déjà de manière générale c'est
à
dire que
pour
avoir des actions coup de poing il faut déjà avoir une grève forte forte sur le terrain et ça ça passe notamment par nos piquets de grève les assemblées générales etc après dans les actions ponctuellement en fait nous on a une coordination RATP-Sensef depuis le début de la mobilisation qui essaye de penser en fait un certain nombre d'actions essentiellement le rôle qu'elle a le premier grand rôle qu'elle a joué c'était au moment de la trêve justement ou lorsqu'il y avait certaines directions syndicales qui appelaient une trêve
au moment
des fêtes et puis d'autres du côté notamment de Martinez qui on peut pas l'accabler d'avoir il a pas appelé à la trêve mais lorsqu'on est le 19 décembre et qu'on dit aux gens rendez-vous le 9 janvier c
'est
à dire qu'on laisse 20 jours à des grévistes qui sont déjà plus de 20 jours de grève de errer comme ça dans la nature c'est à dire sans mot d'ordre sans rien du tout en gros tenez vos piquets jusqu'au 9 janvier donc pour en tout cas cette coordination le rôle qu'elle a eu de jouer c'était d'être un sort d'état-major entre guillemets de la base des grévistes pour essayer de penser la grève au quotidien on a fait notamment par exemple des piquets tournants c'est
à
dire on se rassemblait massivement dans des dépôts de bus parce qu'il y avait la crainte que certains dépôts il n
'y
avait plus de blocage qui était suffisant du fait que la grève devenait un peu plus faible Agnes
Kasi pardon de vous couper mais est-ce que ces piquets de grève justement en particulier ont été suffisamment visibles et visibilisés notamment sur les réseaux sociaux il y
a
eu quelques reportages qui ont été faits rendons hommage ici à BFM TV qui a été sur le piquet de grève d'Anière et qui a fait plusieurs reportages sur place mais est-ce que par ailleurs les piquets de grève étaient suffisamment visibles sur les réseaux sociaux autant que les actions menées par les avocats
après oui effectivement ça surprend toujours déjà on n
'a
pas l'habitude de voir les avocats être mobilisés en plus de ça de voir des avocats faire des mêlées avec la gendarmerie nationale dans les
tribunaux ça c'était la cour de cassation c
'est quelque chose de et c'est normal c'est inédit un piquet de voir un bras zéro devant un dépôt c'est pas quelque chose de très original les gens ont l'habitude après structurellement le fait de faire des actions fortes en fait de mobiliser du monde dans des dépôts ça a été important et notamment la question de la répression où on a commencé à parler des piquets de grève notamment lorsqu'on a commencé à avoir la répression et de la répression elle a été très intense sur les dépôts de bus du 5 décembre jusqu'à plus de 50 jours chaque journée chaque matin à 4h du matin il y avait des dizaines et des dizaines de camions de CRS devant l'ensemble des dépôts de bus de la RATP et ça c'est quelque chose qui est important c'est la première fois où on a vu des salariés de la RATP se faire réprimer se manger des coups de matraque comme un camarade à pavillon sous bois il y a des camarades qui ont été en garde à vue etc.
enfin il y a énormément de choses qui se sont passées et derrière après oui de temps en temps on a su faire des actions coups
de
poing on est parti devant le siège de la république en marche on est parti dans les locaux de la CFDT qui a été relayé aussi énormément sur les médias mainstream mais également sur les réseaux sociaux parce qu'il y avait une symbolique importante en fait pour nous à ce moment là nous ou moi il
y a
une phrase que je dis souvent c'est qu'on n
'a
pas besoin de berger dans cette grève parce qu'il n
'y a
pas de mouton
Laurent Berger qui est secrétaire de la
CFDT pourquoi ? parce qu'à un moment donné la CFDT à la RATP elle pèse 4% à la SNCF elle fait 11,5% mais dans la réalité de la grève la CFDT n'est pas présente c'est à dire que pour nous il était inconcevable qu'une grève qui est portée par une locomotive des transports publics en fait ça soit la CFDT qui négocie la régression sociale sur le dos des grévistes et pour nous d'y
aller est-ce qui
a justifié l'action qui a été menée justement au siège de la CFDT dans lequel le hall a été envahi
il y a eu
des slogans il
y a eu le hall qui a été envahi sur la trahison
de la CFDT on
a fait une toute autre action qui n'avait rien à voir avec la réforme des retraites c'était sur le cas d'Adam Assissé par exemple on est allé dans les locaux de Richebourg pour exiger l'embauche de Adam Assissé au moment où il y
a
eu toute la polémique dans les réseaux sociaux on a interpellé un directeur qui nous a reçu pendant une heure avec lequel on négociait justement de pouvoir avoir une réunion parce que justement on opposait systématiquement le cheminot l'agent de la RATP avec le travailleur du nettoyage précaire moi déjà personnellement j'ai lutté aux côtés des travailleurs de Honneth c'était une grève fin 2017 qui a duré 45 jours 84 grévistes à 100% avec lesquels on était quotidiennement chaque matin sous-traitants exactement sous-traitants de la SNCF donc moi t'imagines bien quand j'entends quelqu'un me dire ouais qu'est-ce que vous vous avez à faire du sort des salariés de la propreté ça me rend dingue mais symboliquement nous on est venu dire ce jour-là que nous on a un amour fraternel un amour d'ouvrier en fait vis-à-vis de Adam Assissé qu'on ne connaissait pas au demeurant il
faut
savoir que lui-même il a été convoqué en audience au commissariat du 12ème arrondissement pour demander en fait quel lien il avait avec l'action de la coordination RATP-SNCF il ne connaissait même pas et nous on ne le connaissait pas mais symboliquement on est venu dire on se bat pour la réforme des retraites mais nous on ne vous laissera pas réprimer des salariés comme ça sous prétexte qu'on le voit sur une photo allongée Olivier Besancenot je me tourne vers vous ensuite on demandera à Mathilde Larrère ces actions elles s'organisent assez vite sur les réseaux sociaux etc des fois elles sont souvent auto-organisées comment vous les avez accueillies effectivement quand elles sont globalement apparues après deux semaines de mouvement à peu près de voir se multiplier des actions du quotidien comme ça où plus un député LREM plus un maire plus un autre pouvait faire ses voeux pouvait se poser etc
Non
mais ça c'est le propre d'un mouvement qui est fort et qui est confronté à un mépris à un mur c'est-à
-dire
où simplement de la communication on va voir expliquer ce que vous connaissez par cœur mais c'est pas nouveau
la
première action à laquelle j'ai participé c'était de rentrer dans le siège de BlackRock je ne sais plus à quel moment c'était pour là aussi pointer du doigt symboliquement le cœur de ce projet de loi qui est en réalité ni plus ni moins qu'une capitalisation qui dit pas son nom mais des actions dans les actions de grève c'est pas une question de visibilité c'est une question comment tu organises la grève et comment tu la fais durer comment tu l'enracines comment tu lui donnes de la visibilité comment tu portes des coups comment tu cherches à faire mal à ton adversaire mais c'est vieux comme la lutte de classe je veux dire il y
en
a eu en 1995 il y
en
a
eu
en 68 pendant la révolution russe il y avait les ouvrières de Saint-Pétersbourg elles prenaient les ouvriers on les appelait les brouetteuses quand elles
n
'étaient pas contentes elles prenaient le patron elles le mettaient dans la brouette et puis elles l'envoyaient en dehors de l'usine on pourrait appeler ça une action il n'y avait pas de réseaux il n'y avait pas de réseaux sociaux à l'époque mais n'empêche que voilà c'est aussi vieux que la lutte de classe après les questions de visibilité c'est très ambigu parce
que
comment dire la visibilité il n
'y
a aucun de nous quatre ni aucun de ceux qui sont impliqués dans la mobilisation qui peut la gérer ça dépend aussi du regard du dominant du traitement médiatique y compris dominant sur lequel on n'a pas la main parce qu'on n'a pas le bras long là-dedans le problème c'est comment ça se combine à la grève à la mobilisation et c'est ça qui est le plus important et comment aussi à un moment ou à un autre ça ne correspond pas à une impasse
c
'est-à-dire que là tu peux aussi avoir une situation où tu es confronté à une séquence longue de grève de mobilisation de manifestation de blocage et pour moi si c'est ça la question c'est toute licence en art je m'en fous je prends tout ce qui va dans le sens de la lutte et de la mobilisation et de toute façon ça ne
se
décrète pas ça ne se décrète pas ça c'est le propre d'une mobilisation les gens ils inventent d'eux-mêmes leur mobilisation collectivement et ça permet à la lutte et à ceux qui l'amènent de s'organiser mais par contre si on est parti parce que là on nous parle dans une séquence précise de la grève c'est pour ça moi je ne suis pas commentateur de la grève peut-être demain il y aura des ouvrages passionnants sur les modalités d'action nouvelle mais moi je ne
suis
pas là-dedans le problème c'est que dans la séquence qu'on connaît on ne
va
pas gagner que par la grève d'usure
c
'est-à-dire que par une guerre
d'usure ou par des actions on cherche à les amoindrir il en faut mais ça ne va pas suffire
et
dans la séquence qu'on connaît Olivier Besancenot justement il y a quelque chose qui est assez absent notamment pendant les vacances de Noël la grève a quasiment disparu des reportages et des grandes matinales de radio et de télévision notamment mais aussi des 20h l'existence sur les réseaux sociaux le fait qu'il y ait une démocratisation aussi une appropriation de ces modes de lutte puisqu'il n'y a pas que les avocats qui ont jeté le rôti de travail il
y
a les cartographes de l'hygiène il y a les soignants il y a les enseignants il
y a l'opéra voilà c'est pas une action mais c'est magnifique
en fait est-ce que ça ça entretient aussi quelque chose d'un bien
sûr mais tout ça c'est bon parce
que ça casse les codes et nous n'importe quel nous quand on a vu les avocats et les avocates jeter leur robe évidemment que ça nous a tous fait tiffé parce qu'on disait tiens tiens voilà il y a des comment dire il y a des gens tu leur parles il
y a
des écoutiers qui se ferment c'est-à-dire c'est d'entrée de jeu lui bon lui l'SNCF c
'est
un âge je le connais c'est même pas la peine Besancenot c'est une grande gueule anticapitaliste ça sert à rien ceux de
la
RATP on les connaît par cœur et puis tout à coup voilà t
'as
un regard qui change parce que t
'as
le balai de l'opéra là dans le thème de ce qu'on essayait tous et toutes de mettre en avant c'est
-à
-dire sur le thème de ce qu'il y avait profondément d'universel qui était dans notre camp c'était celui de la mobilisation et qu
'on
se battait pas pour des régimes spéciaux et pour tous ça ça pète les scores mais c'était pas prévisible y compris ce que tu disais l'action qui était n'était pas préméditée elle a eu cet impact-là parce que ça correspondait à quelque chose voilà moi je voudrais insister aujourd'hui sur le fait parce que parce que tout ce qu'on a fait depuis le 5 on ne
l
'a pas fait pour rien et on se mobilise pour gagner on se mobilise pour gagner moi aujourd'hui si je suis motivé c'est pour gagner c'est pas pour rentrer dans l'histoire en termes de durée de grève et de modalité d'action nouvelle et d'action surprenante tout ça ça sera pour après et là le problème c'est que ça dépend de notre camp on peut leur faire mal en face mais si on prend la responsabilité moi je pense qu'on je termine vraiment là-dessus mais on a un pouvoir qui est affaibli beaucoup plus affaibli que ce qu
'on
veut bien croire tous les coups qu'on leur a porté ils leur font mal on voit la crise politique que même autour de l'affaire récente en réalité ça ça traduit quelque chose de beaucoup plus profond et donc c'est pas le moment dans le camp du mouvement social syndical, politique, dégréviste de se dire qu'on va simplement faire une guerre d'usure plus des journées d'action syndicales saute-mouton et s
'en
en moins voilà là il faut qu'on trouve ensemble une modalité qui permette de remettre le nom dans le décor parce que c'est le nombre d'abord et avant tout voilà de la visibilité c'est ça pour moi de la visibilité aujourd'hui c'est un million de personnes dans les rues de Paris qui est suivie par 3 jours de grève générale ça c
'est
de
la
visibilité alors il n
'y a
pas de bouton magique tout le monde me l'a dit depuis le départ j'entends que ça c'est vrai même depuis 15, 20
ans, 30 ans
j'entends que ça mais t'as des boutons pause
et
puis t'as des boutons accélérés et si le mouvement syndical et le mouvement ouvrier dans son ensemble pouvait utiliser aussi souvent le bouton accélérer que le bouton pause je pense qu'on aurait déjà plié le gouvernement depuis belle lurette par exemple
on va
parler de cette importance de coordonnées et manifestations et actions du quotidien et AG et grève générale je voulais revenir rapidement à
ce
que Mathilde Larrer c'est des grands gestes que vous parliez du fait que ça cassait les codes et que c'était pas complètement nouveau vous êtes historienne Mathilde Larrer de ce point de vue c'est cette importance de casser les codes etc c'est clair en panneau en quoi ça a de l'importance pour vous pour alimenter un mouvement social
non
mais ouais c'est pas nouveau du tout en fait ce qu'il
y
a c'est que vous mélangez je pense des actions qui sont un peu de nature différente parce que vous trouvez ? ouais je trouve pourquoi la nature différente
? parce
qu'en fait il y en a qui relèvent de la fête et ça c'est normal enfin c'est ce que dit Simone Veil dans la grève de 36 la fête c'est une joie le mouvement social c'est une joie il
y
a un moment jubilatoire de fête parce que même si on n
'a
pas encore gagné on a affaibli on le sent et donc il y
a
eu des moments de joie après il y
a
ce qui va relever de ce qu'on va appeler le charivari ça c'est une vieille tradition de charivari
et
c'est même avant la lutte des classes puisque c'est un mouvement populaire de façon générale et donc là c'est tout ce qui est violence symbolique parfois réelle d'ailleurs contre les biens et les personnes contre l'opposant donc c'est au black rock c'est en écrit sur les murs c'est en saccage une permanence bon ça ça vient du charivari
et
ça a toujours été présent et c'est assez efficace de fait pour fragiliser après il y a tout ce qui est dans la monstration des outils de travail alors qu'on les jette ou qu'on les exerce le ballet de l'opéra parce que dans tous ces cas là ce qui s'exprime c'est la dignité du travailleur c'est ses gestes ses outils ses vêtements mais ce qu'il montre c
'est
qu'il est travailleur et qu'il est fier de ce travail et cette dignité qui est niée par les réformes par les discours etc elle s'affirme et elle s'affiche et ça aussi c'est très ancien quand les ouvriers manifestaient dans les rues de Paris en 1830 en 1848 ils avaient des bannières avec leurs outils de travail donc ça aussi on a toujours ça et puis après on a tout un tas d'actions qui viennent en fait du répertoire d'actions de ce qu'on appelle les mouvements post-industriels donc ça commence avec Act Up les mouvements féministes les mouvements climatiques etc et qui jouent de la société du spectacle et qui en jouent d'autant plus actuellement que comme le gouvernement a abandonné quelque part la démocratie et qu'il ne fonctionne plus lui qu'à coup de com' et bien en face on joue avec les mêmes armes et on joue avec les coups
de
com' d'autant que l'important c'est de gagner aussi la bataille de l'opinion c'est d'abord parce que l'opinion c'est elle qui va donner du fric aux caisses de crève et que donc c'est important voilà et que donc c'est important de la gagner et ça ça joue donc toutes ces actions elles font penser à ce que pouvait faire Act Up quand il mettait du sang partout dans les labos pharmaceutiques elles peuvent faire penser les laïnes et les daïnes ça vient d'Act Up aussi les
daïnes peut-être il
faut expliquer
c'est quand on s'allonge on s
'est tous allongés on a écrit pourquoi est
-ce
qu'ils veulent enterrer l'université et la recherche bon c'est pour faire une image c'est sûr qu'on n'était pas on était juste notre petit département c'était pas mais voilà on fabrique de l'image pour jouer et ça aussi c'est important mais ça a existé aussi avant les réseaux sociaux
quand
on pense par exemple les femmes qui c'est le 26 août 1970 elles vont à l'arc de triomphe avec une gerbe sur laquelle il y
a
écrit il
y a
celle qui est plus inconnue que le soldat inconnu de point sa femme il y a eu trois photos de ce truc n'empêche c'était tout petit elles étaient 15 mais voilà on sait c'est la naissance du MLF donc ça a toujours existé c'est super important et effectivement l'objectif c'est on fait tout tout ce qu'on peut mais effectivement on ne lâche pas la pression voire on l'augmente
Justement Mathilde Herrère je reviens sur ce que vous disiez sur la question de la dignité et ce que vous disiez aussi Myriam sur ce geste qui répond à un mépris ressenti d'une certaine surdité on pense aussi aux grévistes de Radio France qui lors des voeux de leur présidente Sybille Veil la chorale de Radio France s'est levée comme un seul homme ou femme d'ailleurs pour chanter par dessus et couvrir la voix de la présidente qui restait tel un soldat en scène il y
a
quand même quelque chose aussi d'une reconstruction de l'identité professionnelle ou de ce que c'est que de l'identité d'être dans un métier et de se faire attaquer et de répondre est-ce que ça ça n'avait pas juste un peu disparu sur ces 15-20 dernières années parce que c'est aussi quelque chose qui revient beaucoup dans les manifestations c'est mais
il y
a une culture politique qui est en train de renaître dans ce mouvement social contre la réforme des retraites est-ce que vous qui êtes historienne vous voyez et vous ressentez ça aussi
? Je ne pense pas que ça ait disparu simplement la dignité des travailleurs et des différents corps de métier c'est sûr que ce n
'est
pas quelque chose qu'on voit sur les médias les plus dominants et ce n
'est
pas quelque chose qu'on entend dans le langage politique encore moins gouvernemental mais cela dit ça a toujours été intensément vécu exprimé et présenté par les différents corps de métier par les travailleurs c
'est plus
une question de discours c
'est que là on le
voit en fait parce que je pense que quel que soit le métier qu'on fait avocat, cheminot, prof il y a une fierté une dignité un amour du métier de ses objets de ses gestes etc. que là ça soit par ces formes de dépôt ou alors pour les chanteuses elles n
'ont
pas déposé leurs jambes les danseuses mais en tout cas elles l
'ont fait puisqu'il
y
a
eu
aussi des fausses jambes
accrochées sur des pancartes ça a été plus oubliable mais ça
elle est toujours là après franchement pour avoir travaillé sur des photos de B68 et des photos de 1936 le terme dignité du travailleur etc. c'est archi fréquent ce besoin et qu'on relise le texte de Simone Veil en 1936 W pas celle de l'IVG la dignité du travailleur elle est fondamentale dans le mouvement social parce qu'elle est fondamentale tout le temps simplement là on la regarde
mais
ça c'est peut-être nouveau aussi un peu que du coup on la regarde je me tourne vers vous Anna Skazy parce que sur la question justement de la dignité des travailleurs les cheminots sans mauvais genoux ont été quand même la locomotive de ce mouvement et donc ont porté quand même ce mouvement de grève très très fort est-ce que justement à un moment donné ces actions symboliques d'autres corps de métier ça vous a permis juste de souffler un peu parce que dans le mouvement social pour vous ça a été quand même compliqué il y
a
beaucoup de cheminots qui ont dû renoncer à pas mal de jours de grève jusqu'à deux mois de salaire notamment est-ce que justement de voir qu'il
y a
un peu un relais entre guillemets pris par d'autres corps de métier un peu sur les mêmes sur les retraites mais aussi sur les thématiques de la dignité du travailleur ça vous a permis de respirer un peu
ou
à respirer après bon moi j'aime bien qu'on essaye de nous porter nous aussi un peu parce que ça fait pas mal d'années qu'on essaie de porter on porte un peu les différents mouvements après non moi je ne me satisfais pas qu'il
y ait
un relais honnêtement enfin moi je ne
me
satisfais pas qu'il
y ait
un relais parce qu'en réalité ça ne fonctionnera pas comme ça c'est-à-dire que ça ne fonctionnera pas avec en fait une succession en fait de chacun il démarre sa grève et quand l'autre a fini l'autre en démarre une autre moi je pense qu'il faut une grève de masse réelle et interprofessionnelle en fait et il faut qu
'il
y
ait
un réveil de la jeunesse parce que moi c'est peut-être un des bémols j'ai l'impression de cette mobilisation et je pense qu'on devrait avoir un peu le regard un peu plus sur ce qui est en train de se passer dans la jeunesse parce que enfin souvent les commentateurs politiques traitaient la jeunesse un peu de celles et ceux qui dès qu'il
y a
une grève ça leur va bien parce que ça leur permet de sécher les cours etc le problème c'est que même là ne serait-ce que pour sécher les cours ils ne le font pas il y
a
eu quelques blocages mais c'est sur les E3C sur les
épreuves du nouveau bac sur les
épreuves du nouveau bac il y a un peu des enseignants des chercheurs qui se mobilisent aussi mais c'est pareil sur une réforme dont je n
'ai
plus le nom mais sur une réforme qui vise à précariser encore plus l'activité alors que ce sont déjà des précaires dans l'enseignement supérieur mais le problème c'est qu'il va falloir à un moment donné qu'on tape tous sur le même clou ensemble et au même moment c'est ce que nous en tout cas on essaye de montrer c'est que même avec une grève forte et importante dans les transports publics ce n'est pas suffisant et ça on le voit et c'est pareil parfois je rencontre des camarades gilets jaunes et le mouvement des gilets jaunes moi j'y étais le 24 novembre j'étais sur l'avenue des Champs-Élysées j'ai vu le mouvement des gilets jaunes le plus subversif qui a existé c
'est-à-dire en novembre
décembre et même ça ça n'a pas été suffisant moi je me rappelle le 24 novembre je répondais à une interview en disant c'est criminel de la part des confédérations syndicales de ne pas appeler à se joindre avec les gilets jaunes quand tout le monde disait mais vous êtes fou d'aller avec les gilets jaunes c'est que des fachos et des petits patrons mais on a essayé de batailler je me rappelle avec Olivier on avait lancé ce qu'on appelait le pôle Saint-Lazare notamment avec le comité Adama le comité Adama avec les gens ils ne comprenaient pas ils disaient mais il y a Anas Kazib il y a Assa Traoré il y
a
Olivier Besançon mais qui sont ces gens qui vont sur l'avenue des Champs-Élysées avec les gilets jaunes mais parce qu'on a considéré que la combinaison en fait de la classe ouvrière paupérisée et également de la classe moyenne un peu qui a peur du déclassement parce que c'est un peu sociologiquement ce qu'était le mouvement des gilets jaunes combiné avec le mouvement ouvrier enfin imaginez une seule seconde les scènes du 1er décembre si vous ajoutez 30 000 40 000 50 000 travailleurs syndiqués avec leurs drapeaux avec leurs torches etc.
sur l'avenue des Champs-Élysées mais le mouvement n'a même pas la même ampleur combiner le mouvement des gilets jaunes avec la grève le blocage structurel de l'économie perpétuellement mais déjà quand on voit le niveau de tension et de crainte moi je le rappelle souvent de savoir que Emmanuel Macron avait mis un hélicoptère le 8 décembre pour s'exfiltrer que les renseignements généraux avaient trouvé des plans d'évacuation des égouts ils pensaient que les gilets jaunes allaient envahir l'Elysée de par les égouts ça montre le niveau en fait de peur qu'a eu la bourgeoisie à ce moment-là et si on l'avait combiné en plus avec une grève massive et forte mais c'est un cocktail explosif en tout cas moi je pense que la combinaison elle doit être celle-là elle doit être celle de 2016 de la jeunesse et des étudiants et des secteurs du privé la combinaison avec le mouvement des gilets jaunes et la combinaison avec aujourd'hui ceux qui se mobilisent il ne
faut
pas se mentir ce sont les secteurs statutaires et de la fonction publique ce sont celles et ceux qui savent ce qu'ils ont le plus à perdre moi je perds plus qu'un salarié du privé donc moi je ne pourrais pas dire au gars qui est dans une petite boîte de 5 travailleurs dans le BTP de lui dire pourquoi tu n
'as
pas fait grève reconductible c'est inenvisageable inenvisageable pour un salarié un maçon un carreleur de faire 50 jours de grève pour une réforme des retraites où il va dire mon ami et je termine là-dessus excuse-moi
si
on retire la réforme des retraites
qu'est-ce qu'on va avoir derrière et moi je suis convaincu que oui la réforme des retraites ce n'est pas suffisant si on veut essayer d'avoir cette fameuse jonction et d'avoir une grève de masse il va falloir aussi sur la question du programme d'avancer parce que moi si je retire la réforme des retraites c'est toujours le même gouvernement qui continue à précariser et c'est le même gouvernement qu'on est déjà en train de nous proposer entre une bataille Le Pen et Macron en 2022 moi je n
'ai
pas envie que mon avenir et l'avenir de mes gamins ça soit celui de perpétuellement choisir entre la peste et le choléra ou des personnes qui nous précarisent
On va
voir un peu ce
qui est intéressant
dans ces actions c'est qu'on a vu aussi des corps de métier travailler ensemble qui n'étaient pas forcément habitués à être ensemble sur le terrain vous disiez que c'est important qu'on enfonce tous le même clou on a quand même l'impression qu'on est en train d'enfoncer plein de clous différents un peu chacun dans son couloir encore Meryem Gagnon par exemple avec les avocats est-ce que vous essayez de construire des choses comme ça avec des corps de métier que vous ne
voyez
pas d'habitude sur le
terrain clairement
en tant qu'avocat en tout cas au syndicat des avocats de France je ne pense que effectivement ce combat si on le gagne bien sûr il y
a
des gens qui viennent évidemment il
y a
de plus en plus de gens qui sont concernés parce que je pense que moi je suis d'accord avec vous c'est pas simplement le combat de cette réforme des retraites derrière on a encore ce qu'on nous annonce c'est un face à face entre Le Pen et Macron donc si on veut un autre modèle de société si on veut que les gens se sentent impliqués dans le pays dans lequel ils vivent il faut qu'on arrive à ramener ces gens-là et l'exemple de la jeunesse que vous choisissez est très juste mais il faut le mettre à mon avis en parallèle avec la manière aussi dont est réprimé le mouvement social moi j'ai été étudiante à la Sorbonne on est dormi dans la Sorbonne sans qu'aucun CRS ne s'en offusque là ils sont tabassés moi j'ai jamais vu des CRS à l'intérieur de la Sorbonne c'est quand même aussi un vrai problème
dans notre
démocratie sur d'autres mobilisations notamment en 2009
c'était moins réprimé et là on est quand même les violences policières depuis deux ans
et demi c'est hallucinant ce qui se passe dans ce pays la répression des manifestations c'est absolument hallucinant et que nous avocats on s'en préoccupe et qu'on le mette en avant dans la lutte sur ce mouvement social heureusement notre travail c
'est
de faire de la défense donc heureusement que les avocats se sentent concernés par également la répression ça serait scandaleux sinon
et
justement est-ce que ces actions qui sont très ponctuelles faites rapidement souvent complètement pas déposées c'est pas le concept de ces actions ça permet un peu de contourner ces interdictions en cascade on pense à la marche au flambeau à Lille le 23 janvier dernier à des centres-villes interdits à Bordeaux dernièrement en gros depuis l'état d'urgence ça vient très très souvent ces actions elles sont trop rapides pour être interdites elles permettent d'agir quand même malgré le fait que tout est verrouillé depuis en plus Olivier Besancenot ouais mais il
n
'y
a
pas de moyen de technique comment dire il n
'y a
pas de moyen de technique de contourner c'est une stratégie politique la stratégie politique elle a été plantée dans le décor pour le mouvement des Gilets jaunes l'année dernière je me souviens que pendant le mouvement on se
disait mais
qui c'est qui va vouloir redéposer des trajets de parcours on était tous là à partir dans Paris voilà on était il y
a
eu une stratégie complètement différente à ce moment là et en effet il y a des rendez-vous il y a des rendez-vous loupés il y a le rendez-vous loupé des Gilets jaunes et du mouvement ouvrier du mouvement syndical et notamment on parlait de la répression mais ne serait-ce que du point de
vue
de la répression 68 quand les confédérations syndicales appellent à la grève générale en tous les cas une journée de grève générale c'est suite à l'évacuation de la Sorbonne et là quand on voit le niveau de répression qu'il
y a
eu sur le mouvement des Gilets jaunes début décembre on était en droit d'attendre le minimum syndical sans mauvais jeu de mots c'est à dire ce type d'appel qui n
'a
pas eu lieu mais mine de rien le chemin de la convergence des alliances on l'appelle comme il veut il se fait il se fait bon an mal an y compris là on le voit alors on le voit dans des collectifs entre le mouvement des Gilets jaunes et puis des grévistes ça c'est clair sur les piquets de grève y compris des figures au mouvement des Gilets jaunes qui sont venus sur des piquets de grève sur des dépôts de bus et je pense que c'était inconcevable même pour eux il y a encore quelques mois et vice versa et vice versa et puis et puis je dirais entre toute la discussion sur la visibilité les actions et en réalité c'est quelque chose de plus profond là vous avez raison il y
a
quelque chose de nouveau enfin de plus de plus marquant cette fois-ci que les autres séquences c'est un retour à la conscience de classe
voilà
c'est un retour à la conscience de classe la chanson la fameuse chanson pour l'honneur des travailleurs
que
tout le monde chante c'est que tout le monde est en train de se rappeler pas simplement à sa corporation mais au fait d'être un exploité un producteur
en
vendant sa force de travail manuelle ou intellectuelle et c'est cette grande régression politique idéologique qu'on subit par le délitement des idées des idéologies du mouvement ouvrier traditionnel depuis 20 ou 25 ans qui est en train de se réinviter par le bas voilà et qui doit percuter mais c'est un jeu de miroir ça percute des cheminots de la RATP comment des postiers de voir des avocats et le balai de l'opéra mais c'est vrai de l'autre côté j'imagine que pour certaines professions se dire que finalement notre camp à nous c'est peut-être finalement la même chose que les autres sauf que vendre notre force à la place de vendre notre force de travail manuelle on fait que vendre notre force de travail intellectuel mais qu'en réalité on a plus de points communs avec un salarié de la RATP un cheminot qu'avec finalement un quelconque bourgeois de cette société là je pense que ça aussi c'est des plafonds de verre qui sont en train de sauter du fait de l'action de la mobilisation alors le problème c'est que pour ça pour que ça s'apporte sur le long terme vous allez dire je suis monomaniaque mais on a besoin d'une victoire
on
a besoin d'une victoire une
victoire
c'est qu'on prenne ce projet loi on le fout à la poubelle franchement moi je raconte pas je suis pas là pour pipoter il y
a
des fois et puis je suis fier de l'avoir fait aussi on a fait grève des fois pour des questions je vais dire morales
pour
dire ce que vous faites vous le faites pas en notre nom et on se bat pour ça voilà et je vous regarde dans les yeux dominants autant que vous êtes en vous disant ce que vous faites c'est pas en mon nom ça aussi c'est un ressort mais sans conviction qu'on pouvait gagner là je le dis même au moment où je vous parle
on
peut encore gagner
mais
à la condition de ne
pas
reprendre je veux dire après action blocage stratégie des luttes j'allais dire
toute
licence en art on discute de tout mais on peut se mettre d'accord sur ce qui marche pas depuis 2003 il y a 4 contre-réformes sur les retraites qui sont passées on a utilisé la même stratégie c'est planter dans le décor une journée d'action tous les mois voire tous les 2 mois sans lendemain
ça
ça ne marche on peut se mettre juste d'accord sur
les deux ça
ne marche pas
est-ce que ça a des chances de marcher cette fois-ci puisque Anna Skazib le disait tout à l'heure il faut des journées de mobilisation massive il y
a
quand même des journées de mobilisation interprofessionnelle qui ont rassemblé plus de monde dans les rues que sur les derniers mouvements sociaux sur les 20 dernières années il y
a
des secteurs qui ne se sont jamais mis en grève je prendrais un exemple au hasard les douaniers il y avait dans certaines journées de mobilisation 40% de grévis chez les douaniers c'est du jamais vu donc est-ce que ce moment-là en fait il n
'est
pas déjà derrière nous sauf que face à cette mobilisation il y
a
eu un mur et que la grève le blocage et les manifestations en fait aujourd'hui c'est terminé ça ne fonctionne plus
non ça par contre franchement honnêtement alors là je vais même pas je vais même pas gaspiller de la salive pour dire ça parce que de toute façon quand bien même les grèves la lutte de classe elle existera ça je me fais honnêtement sans faire de la gonflette même quand bien même là on se fait bananer on se fait plier je peux vous dire un truc il y
aura
encore des grèves dans ce pays et ce et puis même les gens politisés du côté des classes possédantes c
'est
les premiers à le savoir d
'ailleurs il y a toujours des grèves aujourd'hui même à l'heure où on parle mais non le seul truc c'est comment dire plusieurs secteurs qui sont au fond
tout à l'heure à l'assemblée il y avait des égoutiers qui sont venus on a discuté pareil on parle de visibilité mais si on donnait de la visibilité à ce que sont les égoutiers ce qu'ils font aujourd'hui je veux dire tu parles à tout le pays tu leur expliques en 30 secondes pourquoi ce projet de loi il faut en finir mais eux par exemple ils disent voilà on fait ça comme j'avais entendu d'ailleurs sur un piqué de grève d'Enedis en disant mais faut bien dire aux mecs de la RATP de la SNCF ils n'ont pas fait tout ça pour rien et même si on est fait pour l'instant le faire à la queue le le la question qui est posée c'est qu
'on
se remette ensemble et comme la lutte de classe elle n
'est
pas prévisible personne n
'a
un schéma pour dire voilà ça se passe comme si ça se passe comme ça mais moi je pense que ça cette idée elle a fait son chemin c'est les fameuses idées de on va falloir qu'on y aille ensemble mais pour ça il faut un petit détonateur qui soit organisé par les organisations les collectifs les soutiens pour dire que voilà on plante dans le décor c'est pour ça que je pense une manifestation nationale elle aurait un sens si c'est pour replanter la possibilité de généraliser
la grève
je voyais Mériam Ghanim réagir à la question de Violette ah
oui
moi je
pense
que la grève pour l'instant on n
'a
rien inventé de mieux pour désorganiser un pays il faut être clair quel que soit le domaine d'activité dans lequel on est c'est clairement ça donc moi je ne pense pas que la grève ce soit un moyen d'action qui soit derrière nous et au contraire il faut qu'on multiplie les actions et qu'on les soutienne parce que je ne vois pas comment on peut faire autrement pour l'instant je n
'ai
pas trouvé mieux c
'est surtout
le retour
de
la grève cette grève là cette grève là moi je le dis c'est le retour de la classe ouvrière en fait avec sa méthodologie parce qu'il faut je vous donne un exemple la grève perlé à la SNCF en 2018 la grève
perlé c'était
en gros il y avait deux jours de grève trois jours de boulot cette grève là elle a été vendue comment elle a été vendue dans le sens de dire les gens ne veulent plus faire de grève
reconductible il faut
tenir et on essaye de tricoter comme on peut après tu en avais même à cette époque là ils étaient même pour faire une grève de 59 minutes pour retirer la réforme ferroviaire tu vois ce que je veux dire parce que les gens comprenaient ils disaient la grève les gens n'en veulent plus mais aujourd'hui quand tu arrives à montrer qu'il y a des secteurs pour lesquels il y a quasiment 10 ans sans mobilisation notamment la RATP qui sont capables dès le premier retour de pousser le curseur jusqu'à quasiment le 24 janvier pour la plupart c'est à dire plus de 55 jours de grève et
sans
perdre le soutien
de l'opinion c'est absolument important c'est quelque chose d'incroyable
le retour des piquets le retour des assemblées générales on le dit souvent que la bourgeoisie grappille du terrain à chaque fois sur les méthodologies de la classe ouvrière pourquoi ?
parce qu'en fait c'est les âgés les piquets ça se perd la tradition mais de voir qu'en fait tout ça peut revenir comme ça comme si limite de rien n'était les caisses de grève les caisses de grève c'est formidable c'est justement la thématique de l'émission aussi mais les caisses de grève moi j'ai fait des dépôts de bus les deux premières semaines où les gens je leur disais camarades prenez commencez à ouvrir des caisses de grève allez voir les camarades de l'info comme CGT nous l'info comme CGT on les a sollicités je crois dès la première semaine parce qu'on sait à quel point la question financière peut-être que toi pour l'instant c'est pas ta préoccupation parce que c'est le cinquième jour de grève mais nous en tant que militants avec notre tradition on sait qu'à un moment donné c'est faux de croire qu'un mouvement de grève va durer que dans tes plans dix jours ou deux semaines est
-ce
que vous pensez à Naskazip que justement les caisses de grève bien fournies qui peuvent constituer aussi un entre guillemets trésor de guerre pour l'avenir ça peut rassurer aussi des secteurs qui n'ont jamais ou rarement fait grève et qui disent mais moi je ne peux pas me permettre parce que j'ai mes enfants mes traites à payer etc de se dire mais même si je fais grève j'ai quand même ce tapis de sécurité là peut-être c'est pas assez connu des secteurs qui n'ont pas l'habitude de se mettre en grève notamment dans le privé
mais c'est justement ça c'est la tradition aujourd'hui typiquement
encore
faut-il la connaître la tradition
mais
Rosa Luxembourg il y a une citation de Rosa Luxembourg qui est fantastique qui dit le chemin de la victoire est pavé des dalles des défaites et c'est à travers aussi des défaites partielles ou complètes que t'arrives à justement de tes erreurs et notamment moi quand je discute avec la totalité des camarades de la RATP tu sais c'est quoi leur préoccupation aujourd'hui c'est de pouvoir alimenter leur caisse de grève pour partir fort et aujourd'hui les gens sont en train de se poser la question de justement ils anticipent parce qu'ils comprennent qu'aujourd'hui la question financière on ne peut pas faire une grève illimitée avec de l'amour et de l'eau fraîche ça ne fonctionne pas parce qu'à un moment donné il y
a
une réalité qui te rattrape c'est celle de ton frigo c'est celle de ce que tu mets dans l'assiette de tes enfants et tu peux être le plus déterminé de la planète Terre si tu n'as pas de quoi payer tes traites dans le mois pendant que tu es en lutte à un moment donné la lutte elle s'arrête et c'est comme ça souvent moi j'entends les gens dire il faut souffler les gens ils sont essoufflés personne n'est essoufflé les gens ils sont obligés ils sont contraints par la force financière de devoir reprendre le travail pour pouvoir repartir mais si tu leur donnes de l'argent tout de suite les gens partent en grève ils ne s'arrêtent ils ne s'arrêtent même pas et nous on l'a dit plusieurs fois notamment on a interpellé les confédérations syndicales l'une qui a une cagnotte la plus importante la CFDT elle revendique plus de 120 millions d'euros mais si la CFDT elle se disait ne serait-ce que je vous donne un chèque de 20 millions d'euros mais ils pourraient eux-mêmes être à la pointe à l'avant-garde du retrait de la réforme mais ils se contentent simplement de petites miettes de petits trucs et c'est quelque chose d'assez inconcevable moi je dis souvent si tu prends la CGT solidaire force ouvrière tu leur dis ne serait-ce que donner 10 euros par adhésion la CGT elle revendique 700 000 adhérents en force ouvrière 400 000 mais tu pourrais déjà donner 11 millions ou 12 millions dès le début dire les camarades tenez votre grève tenez de l'argent et à un moment donné quand tu vois qu'il y a uniquement la caisse la plus connue au-delà des locales celle des camarades de l'Infocom c'est pas normal de voir que des confédérations syndicales elles ne préparent pas le terrain de l'argent c'est comme t'envoies un soldat sur le terrain tu lui donnes pas de fusil et quand tu vois il commence à se faire canarder tu commences à dire ah ouais merde j'aurais dû l'armer mais moi j'en veux pas aux camarades de la RATP qui n'a jamais fait grève c'est normal qu
'ils
ne sachent pas c'est quoi la caisse de grève mais pour des confédérations syndicales pour des dirigeants syndicaux lorsque tu appelles à une grève illimitée normalement avec la grève illimitée au même niveau c'est la question financière c'est de dire ok on veut en illimité mais on va préparer le terrain et on va commencer pendant les 3 mois d'appel au 5 décembre il fallait que les caisses elles se remplissent elles soient pleines et je peux te dire
que
si tu vas face au gouvernement Macron avec une caisse t'as même pas encore commencé un jour de grève t'as 20 millions d'euros je peux te dire que quand ils sont en train de chipoter de dire combien de temps ils peuvent tenir là ils vont se dire c'est parti pour longtemps
Mathilde Larrère comment ça se transmet justement cette tradition ce savoir savoir faire une caisse savoir la gérer savoir distribuer être bien sûr que l'argent ira aux bonnes personnes que les gens ne vont pas partir avec la caisse ou que ce ne sera pas mal géré est-ce que tout ça c'est des questions qui j'imagine se posaient déjà au 19ème siècle dans la période dont vous êtes spécialiste comment ça se gérait justement sur les périodes que vous vous avez étudiées alors c'est deux questions pas comment ça se transmet comment ça se gérait au
19ème siècle il y a comment ça se
gérait d'un côté et puis comment ça se transmettait justement
ce savoir faire de
la gestion quand on fait l'histoire de la grève au 19ème siècle la grève il y
a
toujours eu des grèves ça s'appelait coalition c'était des grèves mais elles étaient courtes elles duraient peu justement pour des questions financières en fait ce qui va faire que la grève peut s'installer et qu'on va se retrouver avec des grèves de plusieurs mois de casse ville dans les années 1880 etc là c'est l'international c'est l'association internationale des travailleurs créée en 1869 et qui en fait assure justement cette solidarité financière c'est à dire que à chaque fois quand il y
a
une grève à Paris les travailleurs de toute la France mais aussi de Londres mais aussi de Berlin filent du fric et ça arrive pour tenir les travailleurs il
y a
une grande grève de typographes qui tient avec le fric des londoniens et ça c'est comme ça que ça fonctionne et l'international elle sert à ça elle sert à ça elle récupère les enfants aussi les enfants des grévistes elle
les récupère c
'est
-à-dire c'est-à-dire que quand il y a les grévistes ça mange
surtout les petits c'est meilleur ça croustille sous la dent non mais
ça ne l'en fera pas
on prend c'est-à-dire que les enfants par exemple les enfants des typographes qui sont en grève à Paris ils sont envoyés dans des familles ouvrières ailleurs dans d'autres départements pour être nourris ce qui fait que les parents n'ont pas l'angoisse de nourrir les enfants quand après il y a des d'ailleurs souvent il y a des grévistes qui vont se faire arrêter qui vont faire de la prison parce que bon même si là il y a une grosse criminalisation c'est encore pire à l'époque et bien les enfants des ouvriers en prison c'est d'autres familles qui s'en occupent donc là il y
a
une solidarité et qui est profondément financière et qui est au cœur du fonctionnement de l'international donc c'est comme ça qu'on tient puis après il y
a
des solidarités il
faut
voir que tout au 19ème siècle le monde ouvrier est enchâssé avec le monde rural il n
'y
a pas un ouvrier qui n
'a
pas un frère une sœur qui a un lopin de terre quand il n'en a pas lui-même parce que souvent les ouvriers sont aussi ouvriers paysans donc déjà il n
'y a
pas la peur de la bouffe mais on s'arrange en tout cas dès qu'il
y a
une grève toute la famille envoie de la bouffe et venir de la bouffe donc il n
'y a
pas ce problème de la
bouffe qui se pose et du coup un peu plus largement comment ce savoir-faire ou en tout cas ces pratiques de solidarité au-delà des seules caisses de grève se transmettent et est-ce que c'est voilà ça passe aussi par des actions un peu on parlait de grevia au tout début de cette émission mais c'est-à-dire d'actions répétées de moments où on se rencontre de moments de communion aussi qui ne sont pas forcément les manifestations mais des actions à la fois joyeuses à la fois de charivari est-ce que ça permet la transmission justement de tout ce savoir-faire de faire une grève justement et de la tenir
oui
ça permet la transmission de toute façon la transmission elle se fait évidemment d'abord par les orgas c'est bien ça que ça sert les orgas elles doivent transmettre à la fois les savoir-faire les savoir-faire grève et tout ce qu'on va appeler une culture de grève et de lutte ça peut se transmettre dans des familles quand on est d'une famille de militants il y
a
des choses qu'on apprend comme ça et puis ça pourrait se transmettre en fait à l'école aussi d'une certaine façon si on faisait l'histoire des luttes si on faisait une histoire des luttes qui raconte ça qui raconte cette histoire des caisses de grève des grèves des moyens d'action des gens qui dansaient dans les usines en 36 au lieu de raconter les
histoires
vous dites qu'elle a invisibilisé cette histoire dans plusieurs
domaines
elle tend très clairement à disparaître des programmes scolaires ça c'est sûr alors que vous dites que
c'est aussi une histoire en tout cas les séries révolutionnaires c'est souvent une histoire qu'on raconte et qui finit mal et donc il faut produire un autre discours aussi sur ces
périodes-là ça ne veut pas dire
grand-chose finir mal parce que je suis complètement d'accord avec Rosa Luxembourg on a toujours tiré des leçons des échecs de toute façon là ce qui est en train de se passer ça fait quand même un nombre considérable de gens avec des segments du corps social qui n'étaient pas en grève avant qui n'étaient pas en lutte des gilets jaunes aux avocats tout ça qui sont maintenant conscientisés formés on apprend des savoir-faire enfin tout mouvement après ça veut dire que tous ceux-là tous ceux qui sont actuellement et ceux depuis 2016 formés qui ont fait ces expériences le mouvement d'après ils n'ont plus qu'à réactiver tout leur savoir-faire dans le marché dans le bisou c'est pour ça qu'il y
en
a de plus en plus on récupère moi je vois à la fac on récupère des gens qui en 2016 ils ont ça y est on leur a appris à faire les banderoles il
faut
faire les trous parce que sinon avec le vent ça tombe c
'est bon le coup d
'après ils font les trous
mais
oui il y
a des trucs de base donc il y a bien
quelque chose qui s'exprime qui
ne s'est pas totalement exprimé sur les 20 dernières années
quand même je reviens
mais en ce moment tout à fait est-ce que ça se troncne aussi par
des moments de joie ça nous a été dit en tout cas à Radio Parleur avec des témoignages de militants qui nous ont dit mais là ces dernières actions Emmanuel Macron chahuté au bouffe du Nord d'autres types d'actions aussi la perturbation des voeux de la maire du 20e arrondissement de Paris Madame Calandra tout ça c'était des moments de joie très
intense est-ce
que c
'est
ça qui permet de raconter aussi parce qu'aller en manifestation aujourd'hui ça veut dire aussi avoir peur prendre le risque d'être blessé d'être réprimé c'est pas non plus si facile que ça il
y
a aussi beaucoup de gens qui sont dissuadés de par la répression policière et la violence qui s'y déroule donc il y a aussi peut-être besoin de réactiver des choses plus de choses joyeuses plus de joie d'un côté justement pour se donner du courage pour aller dans d'autres dans d'autres trains ça a toujours été
joyeux
vraiment enfin
la
grève est une joie la révolution est une jubilation enfin voilà ça a toujours été comme ça il y a toujours eu des fêtes enfin simplement on les raconte pas et on les enseigne pas mais c'est
frustrant ce République Nation à 17h on est parti il y a forcément une forme de frustration et on voit que ces mouvements-là ils créent quelque chose oui
mais il
y
a ils
se
racontent eux-mêmes par les
réseaux sociaux aussi
de toute façon d'abord souvent par la joie les fêtes parce que c
'est
en effet vieux comme le mouvement d'émancipation parce que derrière la lutte il y
a
la soif d'émancipation donc de casser toutes les chaînes qui jusqu'à présent nous rendaient prisonniers de ce système-là mais tu peux aussi avoir des moments graves
des
moments très graves qui cassent les codes là on parlait c'est pour ça que là on n'invente rien depuis tout à l'heure enfin je veux dire je ne
sais
plus on
n'est pas là pour écrire un livre qui va casser la barre à l'occasion de je ne sais plus quelle
séquestration où il y avait toutes les bonnes âmes pour dire c'est pas normal ces ouvriers leurs usines elles sont en train de fermer mais qu'est-ce qu'ils vont séquestrer les cadres et là on avait toutes les bonnes âmes toutes les condamnations morales et
puis dès que tu allais sur un plateau on te demandait de
condamner et
puis
quand tu ne condamnais pas on te disait oh là là mais qu'est-ce qui se passe qu'est-ce qu'ils ont fait je me souviens je ne me souviens plus du nom de la boîte désolé mais à l'époque je me souviens quand ils ont levé la séquestration tous les ouvriers de la boîte ils ont fait une haie d'honneur ils sont tous mis comme ça de dos dans le silence ce silence là c'était une claque
c
'était une claque il n
'y a
plus personne qui pouvait parler après ce silence là parce que ça venait rappeler à quel point derrière tout ça il y
a
des vies des vies humaines donc pour ça je veux dire il n
'y a
pas de recette miracle il n
'y a
pas de recette miracle il n
'y a
pas de c'est une inventivité collective qui peut être grave qui peut être joyeuse qui peut être les deux en même temps individuellement tu vas traverser une grève tu vas avoir des moments de doute tu vas avoir des moments de douleur des moments pénibles des moments d'exaltation tout est jouable de fatigue voilà on a besoin parce que je pensais à la fameuse citation de Rosa qu'on cite souvent à juste titre et mon ami et complice Michael Louis il dit quand même il faut quand même éviter que ça se transforme de défaite en défaite jusqu'à la victoire c'est
pas ce que je veux dire
donc
pour ça que je
réinsiste sur l'idée que la grande victoire en attendant la grande victoire on a besoin de victoire partielle et si j'insiste comme un bourrin depuis le début de cette émission là dessus c'est parce que je sens
que
pour des bonnes ou des mauvaises raisons dans notre camp
il
y en a qui personne va dire on va plier les gaules personne va dire ça
on
va dire bon allez
on
va on va on va remettre un petit peu plus loin et là c'est pas le moment c'est pas le moment de faire pause donc tous ceux qui nous regardent donner de l'argent parce que ça aussi ça sera un signe envoyé à tout le monde à toutes les organisations en disant non pour nous c'est pas terminé on veut les plier et on peut les plier donc ça c
'est
un sens au delà du truc comptable je veux dire ça a un sens politique au bon sens du terme de le faire merci
beaucoup Olivier Besancenot vous aurez donc le mot de la fin de ce plateau merci à Mériane Guénim avocate Mathilde Larrère historienne Anna Skazib Cheminot syndiqué Sudrail Olivier Besancenot membre du NPA merci donc d'avoir été avec nous sur ce plateau en direct du Média pour cette soirée spéciale Collectons donc les dons seront reversés sur une caisse donc vous avez un site internet c'est pas trop exactement à quelle caisse sera versée mais on vous dira tout évidemment vous pouvez donc de côté de Radio Parleurs retrouver tous nos reportages nos enquêtes nos émissions en podcast sur Radio Parleurs.net et tout de suite je vais laisser voilà les deux hommes qui nous ont pris en sandwich dans ce plateau reprendre le contrôle du plateau du Média à vous
j
'ai pas l'impression que c'était super bien contrôlé j'ai des invités
super j'ai entendu des choses
extraordinaires
mais le contrôle est une chose qui partage notamment qu'on va les piller
on va rien lâcher il faut rien lâcher ce que tu disais est très juste pardon non
non mais
c'est ça une minute il y
a
une bonne et une mauvaise nouvelle c'était réparti par plateau voilà la caisse est redescendue à 3000 par contre ma piscine est
commandée donc
continue à envoyer de l'oseille il n
'y a
pas de problème et là ils m'ont dit ne fais pas ça ils vont le prendre au premier degré je lui ai dit ne fais pas ça en fait la vérité la vérité c'est que pendant votre plateau ça a monté on est à 19 000
et
des brouettes et des belles brouettes c'est déjà de la belle brouette à ce niveau là donc 19 000 euros donc si vous regardez le média c'est bien il faut continuer si vous ne le regardez pas c'est deux ans de goulag c'est moins pratique et
si vous avez envie
si vous avez envie de donner donc c'est hashtag collectons donc ça s'écrit comme ça s'éternue donc K O 2 L E C et après ton comme l'appelle chaoton T H O N voilà hashtag collectons en même temps c'est écrit et
donc si jamais ça bouche si
jamais ça coince un petit peu si vous dites si le site il vous dit non non mais pour l'instant c'est qu'il a chaud c'est à dire qu'on est tous tellement en train de donner voilà ça fait un espèce d'embouteillage donc il faut y revenir un tout petit peu plus tard si jamais c'est momentanément interrompu voilà nous ça nous fait marrer que ça a fait ça a fait péter le site parce que les gens donnent mais en fait c'est pas drôle quoi on peut pas récupérer l'argent tout de suite on sait aussi que ça s'arrête pas à la fin de l'émission ça va durer longtemps plusieurs jours parce qu'on n'est pas à la télé ça s'arrête pas au bout de deux heures en fait ça peut continuer sur les réseaux et je vous encourage tous là tous ceux qui sont Olivier tout le monde là relayer ce qu
'on
vient de faire sur vos réseaux à vous à vos communautés à vous parce que c'est eux qui vont continuer à donner dans les jours qui viennent voilà ça c'est important alors il
n'y a pas
aussi s'il y a des fouteux qui peuvent donner des thunes aussi parce que ça on le dit souvent on entend souvent si Mbappé il donnait un million ou deux millions enfin voilà que ces gens là moi je leur dis je suis né à Sarcelles je suis issu des quartiers populaires souvent on demande les quartiers populaires ils sont où ? aller devant les dépôts de bus et les AG de la SNCF etc les quartiers populaires ils sont là et donc ça serait bien qu'ils se rappellent aussi des quartiers populaires pas uniquement au moment de la coupe du monde qui sont issus de sevrants, de bondis ou d'autres mais qu
'ils
se rappellent aussi dans ces moments là qu'ils sont aussi souvent issus de la classe ouvrière qu'ils ont des mères des pères qui ont travaillé dans le bâtiment ou dans le ménage et qu'on se bat aussi pour toutes ces personnes là pour leurs parents leurs oncles, leurs cousins etc et qu'ils essaient un peu de donner mettre la main à la patte ça serait bien parce que moi des fois ça me rend dingue quand il y a uniquement des personnalités un peu comme vous deux qui êtes un peu médiatisés qui mettez avec Vicage aussi qu'on peut citer qui essayent de faire l'effort et c'est pas normal normalement l'ensemble des rappeurs des footballeurs etc des gens qui sont un peu issus des quartiers populaires qui sont issus de la classe ouvrière de commencer à embrayer le pas et je pense que si t'as des Mbappé et compagnie qui commencent aussi à se ranger à dire on donne des thunes pour un machin bon je rêve mais bon
au moins le message il est lancé il y a deux
bonnes nouvelles dans ce que tu viens de dire c'est que Mbappé pourrait donner c'est vrai qu'il vient de milieux populaires et qu'il pourrait donner et que nous là sur la caisse ça peut être anonyme on n
'est
pas obligé de donner son nom on peut dire je file 25 millions d'euros mais je dis pas
qui
quand
ça
va arriver on va vraiment faire bizarre mais vous pouvez le faire c'est vrai il a raison et moi qui suis stéphanois
s
'il y a un footballeur qui est encore dans l'équipe de Saint-Etienne envoie de la thune on doit être 18ème c'est une catastrophe enfin bref on va faire maintenant on devait passer sur un duplex il y
a
des problèmes techniques mais ça ne m'étonne qu'à moitié on va vous passer il
y a
un reportage sur les femmes de chambre
de
l'hôtel Ibis Batignolle qui sont en grève depuis des mois qui en bave depuis des mois et elles ont été rejointes par un collectif féministe il n
'y a
pas longtemps pour faire une action
et
ils ont occupé un hôtel
et
ils ont fait un peu ce dont vous parliez des petites actions comme ça et qui sont très visibles et très utiles donc on va regarder ça parce que le média il y était à ce moment là
moi
c'est Kéké Raïssa Rachel j'ai 45 ans gouvernante à l'hôtel Ibis les Batignolles aujourd'hui nous sommes mobilisés par rapport à la grève que nous faisons parce que ça fait quand même le 17 ça fait 7 mois que nous sommes en grève contre le groupe encore et la sous-traitance je
m'appelle Sylvie je
travaille à Ibis les Batignolles on dénonce la sous-traitance dans l'hôtellerie parce que la sous-traitance les
temps sont faites les heures suivantes ne sont pas payées les condenses infernales le boulot des femmes de chambre qui est très dur qui abîme le corps des femmes moi
pendant
16 ans aujourd'hui je refuse
de supporter
encore jusqu'à ma retraite
elles
se mobilisent 3 chambres et demie à l'heure activement les bas salaires les temps parcelles imposés de l'esclavage plutôt que du salariat ce qu'on revendique c'est l'internalisation d'abord c'est-à
-dire
finir avec la sous-traitance totalement au sein de l'hôtel Ibis et travailler directement avec le groupe pour avoir les mêmes droits que les salariés du groupe parce que je vois qu'avec la sous-traitance nous vivons aussi la discrimination au sein de cet hôtel on n'a pas le droit de manger ensemble à table même quand il fait quand il y a la canicule on n'a pas le droit même à une bouteille d'eau on n
'a
pas le droit de prendre le petit déjeuner avec eux quand tu te trompes pour prendre un petit croissant c'est tout un problème donc aujourd'hui voilà pourquoi on s'est dit que les femmes doivent sortir du silence
et les gars
les gars
en plus là il n
'y a
vraiment aucune excuse putain comme si tu n'avais pas l'habitude vraiment
vous
avez reconnu c'était les rosies qui ont aidé les femmes de chambre de l'hôtel d'Ibis-Batignol et c'était plutôt un bon truc donc vous allez nous parler de quoi vous les gars mais nous on fait un plateau de droite puisque je ne
suis
qu'avec des gens de droite donc il y a aussi des gens de droite non mais je sais c'est
des gens de droite les
vannes les vannes sur Sud Radio ce n
'est
pas la radio ce n
'est
pas Sud Radio c'est droite ils sont plus à droite qu'au Sud c
'est vrai
je suis fasciste une semaine je suis extrémiste de
gauche
donc
tu n'es pas extrême centriste
je n'ai pas
ah
dis donc non mais Sud Radio c'est quand même la radio qui est la plus pertinente sur les Gilets jaunes de toutes les radios qu'on l'a juste de droite toute gauche enfin il y a des émissions moyennes que j'apprécie moyennement à Sud Radio mais il y
en
a des très bien et je trouve que vraiment la radio elle gagne du enfin c'est moi je suis très content que vous existiez je ne sais pas il
faut
reconnaître qu'il a mouillé le maillot des Gilets jaunes et ça me fait effectivement plaisir de voir un journaliste à sa place c'est à dire que vous avez deux sortes de journalistes vous avez le journaliste de siège c'est à dire la pire chose qui puisse lui arriver dans sa carrière c'est de glisser de sa chaise et puis après vous avez les journalistes les vrais journalistes c'est à dire un journaliste qui va sur le terrain qui va se rendre compte qui sent l'appel de la palette qui brûle et puis qui sait à quoi ça ressemble une charge de CRS qui sait à quoi ça ressemble des violences policières qui sait à quoi ça ressemble un usage immodéré des GLIF-4 des lanceurs de balles de défense et qui peut aussi nous expliquer d'ailleurs ça va être dans
t
'as pas écrit un bouquin à ce propos
? J
'ai écrit un bouquin qui sort le 19 mars mais vraiment vous êtes parfait ce soir
Tant qu'à
nettoyer autant faire brouiller comme disait ma grand-mère comment il s'appelle ce bouquin
?
Il s'appelle Passager clandestin Passager clandestin et donc c'est quoi ? C'est un bout de ta vie depuis l'enfance ?
C
'est quoi ? C'est les manifestations des gilets jaunes ? C'est ton boulot à Sud Radio de patron de presse ?
C
'est quoi ? Oui c'est un peu tout ça c'est ce que j'entendais tout à l'heure syndicaliste dire en fait
on
est tous pour beaucoup en tout cas issus de la classe ouvrière moi ce qui est mon cas je suis fils d'ouvrier petit fils d'ouvrier petit fils de maçon
et
quand j'ai vu les gilets jaunes être comme ça dans la rue
je
dirais avec la force d'un geyser j'ai toute ma vie qui a rejailli comme ça et donc je me suis dit il faut que j'aille voir il faut que je
comprenne
ce que revendiquent ces gens et donc je suis allé sur
le
terrain ça raconte un peu tout ça et puis aussi l'envers du décor
du
monde politique et des médias des journalistes de salon qui en général rentrent
de
week-end le dimanche à 21h sur la 13 regardent les tendances twitter et nous expliquent ce qui s
'est
passé dans les manifs donc je suis un peu élevé contre tout ça semble-t-il avec
un
certain écho dans la société puisque les français sont en attente justement je crois de médias qui mouillent un peu le maillot qui sont sur le terrain on fait juste ce boulot là
on
y va on rapporte on explique et moi je pense qu'on est dans nos fondamentaux et dans notre mission essentiel le quart d'heure de pub est en passée et maintenant tout le monde est installé non mais ce qui est bien dans cette initiative là le collecton donc je rappelle c'est hashtag collecton c'est donner des sous pour soutenir les copains et les copines qui font la grève ça nous amène à faire on dit transborder c'est à dire qu'il y a un mélange des médias avec le média ici avec Sud Radio et puis aussi dans les sensibilités politiques de nos invités qui sont là puisqu'on a monsieur Marlex voilà qui a fait un excellent rapport sur Alstom j'ai découvert ça avec beaucoup de plaisir j'aime bien quand les députés font leur boulot et donc très honnêtement vous faites le vôtre et puis il
y a
monsieur Ombril aussi alors donc qui représente un syndicat alors je caricature un peu parce que j'ai toujours un peu de mal à me souvenir de c'est la CFE CGC ouais
voilà
donc lui dès que t'es pas la CGT il comprend pas non non mais pour comment dirais-je tirer sur la ficelle on s'est rencontré dans le cortège de tête et j'étais content et je vous l'ai dit d'ailleurs comme je le pensais c'est-à-dire effectivement vous étiez à côté du représentant de la CGT Pepito enfin pardon monsieur Martinez et puis aussi celui de FO et puis il
y
avait vous et je trouvais que ça faisait un front syndical qui disait beaucoup qui disait beaucoup sur cette comment dirais-je sur ce projet de loin sur ce enfin moi j'appelle ça un bâton merdeux mais le truc des retraites ça disait beaucoup
sur
l'incohérence l'impréparation l'absurdité de ce projet et c'était un vrai plaisir de vous retrouver dans le cortège de tête maintenant je vais laisser le président de Sud Radio officier et nous on va continuer à y
avoir
des cours en regardant donc le montant
le montant merci Léon mais
je t'en prie Catherine en regardant le montant de la caisse de grève augmenter allègrement voilà
c'est
bien ils ont fait le job à notre place et
là tu es en
train de te remettre des compliments c'est ça pour une fois les compliments je les prends avec beaucoup de plaisir et donc les médias en ce moment sont très occupés par les affaires de sex tape et de tout ça ils ne parlent pas beaucoup et d'une manière générale ils parlent assez peu de ce qui se passe aujourd'hui en France c'est à dire une sorte de privatisation générale du pays et on va parler de ça avec vous avec nos quatre invités dont deux ont déjà été présentés on attend la quatrième qui va peut-être arriver c'est Cathy vous vous installez
? Ah
oui d'accord pardon
d
'accord donc je vais commencer par les présentations Agathe on ne doit pas dire votre nom de famille
donc
Agathe vous êtes responsable d'une association
qui
s'appelle
Alors
je suis porte-parole du collectif Non Retraite
qui
est un collectif citoyen de décryptage de la réforme des retraites
et qui est très impliqué sur ce combat-là donc à vos côtés on l'a présenté tout à l'heure c'est François Omry qui est connu un peu sur les réseaux parce que vous êtes assez brillant donc je vous le dis c'est vrai que moi je vous ai repéré à la sortie de l'Elysée c'est très carré je veux dire quand vous en voyez c'est généralement du lourd et c'est pour faire plaisir à personne et en fait vous êtes une sorte d'opposant très virulent contre cette réforme on vous a beaucoup enfin voilà et moi je suis ravi de vous accueillir parce qu'on est au Média enfin je ne
sais
pas vous connaissiez le Média un peu vous regardez un peu
ce qu'on fait oui
j
'en ai
entendu parler à sa création par contre je ne suis pas un téléspectateur ou un auditeur régulier je vous le confesse non non mais je vous remercie de votre invitation non non mais donc
on est là
pour aider les grévistes parce que contrairement à ce qu'on imagine il y a beaucoup de grèves un peu partout en France d'autres formes de grèves on en a parlé tout à l'heure des grèves un peu perlées des mouvements qui manifestent et évidemment quand les gens font grève ils sont démunis donc là on lance ce téléthon des grèves pour aider tous ces grévistes un peu partout en France et on est je crois à plus de 25 000 euros d'après ce qu'on m'a dit dans l'oreillette ce
qui
est plutôt pas mal et on a 4000 personnes qui nous regardent en ce moment et on fait des grosses audiences généralement aux médias parce qu'après les émissions sont revues assez régulièrement donc en face de vous donc Cathy le gars vous êtes à Sud Sud
Santé
Sud Santé et donc vous vous occupez des problèmes de santé où là aussi il y a beaucoup de grèves et beaucoup d'émissions comment ?
On est en grève depuis une mois depuis une mois de mars même ça va faire presque un an qu'on est
sur
un mouvement de grève aux urgences qui a commencé à l'assistance publique et qui s'est propagée
et
vous êtes opposé à la réforme des retraites mais il n
'y
a pas
que
ça le mouvement dans le milieu de la santé est beaucoup plus large et dit d'une manière assez forte qu'on soigne mal et de plus en plus mal en France aujourd'hui
Alors là il y a donc ce mouvement qui a commencé il y a un peu moins d'un an maintenant qui réclame un des effectifs mais pour avoir des effectifs on réclame qu'ils soient mieux rémunérés
et
on réclame aussi avoir des ouvertures de lits et d'arrêter d'enfermer surtout puisque s'il
y
a l'engorgement des urgences telles qu'on le voit en ce moment c'est aussi parce qu'on n'arrive pas à replacer les personnes qui arrivent aux urgences et qui restent des heures et des heures sur des brancards et ensuite bien sûr la réforme des retraites qui nous impacte directement étant un milieu à 75% voire 80% féminin on voit cet impact sur le monde sur notre monde hospitalier avec des métiers qui sont un peu décousus des temps partiels des congés parentaux et autres
alors
à vos côtés vous avez déjà été présenté par le Boloch tout de suite donc monsieur Marlex vous vous êtes député d'Eure-et-Loire c'est quoi le chef-lieu ?
je
suis désolé c'est Charles mais moi je suis député de Dreux pas très très loin de Paris d'accord donc Olivier Marlex vous vous êtes oui vous êtes connu enfin votre nom est apparu par ce gros travail sur Alstom ça en est où Alstom aujourd'hui puisque grâce à la commission d'enquête il y a une information qui est ouverte
?
monsieur sur les faits que j'ai signalé oui il
y a une
enquête du parquet national financier je crois sur la question c'est
est
-il normal qu'on retrouve certains acteurs intéressés à la vente dans les financeurs de la campagne du président de la république voilà c'est la question que je pose vous
avez la réponse
et puis vous avez vu aujourd'hui on a une grande une grande nouvelle sur Alstom puisque Alstom devrait racheter Bombardier ce qui est plutôt ce qui est plutôt une consolidation intéressante
petite
réserve quand même sur Bombardier c'est
quoi pour les
gens qui ? Bombardier c'était un des trois acteurs occidentaux européens dans la construction de trains il y a Siemens les allemands il
y
a Alstom les français et Bombardier les canadiens très présents en France et donc c'est plutôt une bonne nouvelle qu'est cette alliance petit regret c'est qu'a priori c'est la caisse des dépôts du Québec qui sera l'actionnaire de référence donc du coup les français bon mais en tout cas c'est une alliance qui me paraît intéressante et qui montre qu
'il
n
'y
avait pas de fatalité à devoir
se
marier avec Siemens ce qui était une concurrence plus rude pour sans doute pour Alstom Transport
et
là on va parler tous les six de le premier sujet enfin on l
'a
appelé il
y
a deux sujets la France à la découpe dans un deuxième temps mais surtout on a le sentiment depuis qu'Emmanuel Macron est au pouvoir qu'on assiste à une privatisation extrême au niveau de l'éducation de la santé de l'économie évidemment comment on se débrouille avec ça quel est votre regard sur cette privatisation du pays voilà j'aimerais qu'on échange là-dessus tous ensemble oui une privatisation
au
profit faut-il le dire de fonds spéculatifs de fonds
de
pension etc parce que finalement si c'est privatisé mais que c'est géré un peu en bon père de famille avec des vrais entrepreneurs
qui
créent de l'emploi dans le pays etc
ça
peut se discuter mais là finalement on le voit avec BlackRock puisque Olivier Marlex on a fait des lives ensemble on a bien expliqué ce qu'il y avait derrière aussi comment non seulement on allait atteindre la solidarité comment les personnes qui étaient les plus grandes contributrices finalement au système des retraites allaient
sortir
de ce système et comment petit à petit on allait précariser à partir du point puisqu'on ne sait pas encore comment on va calculer ce point et on va prendre en compte
toute
la carrière et si vous avez à la force du poignet fait une belle carrière dans la dernière partie de votre vie on va sans cesse vous rappeler que pendant 10 ans vous avez galéré empilé les petits boulots le temps partiel etc et ça va servir visiblement ce qu'il
y a
dans les tuyaux parce que pour l'instant c'est pas bien clair puisque les membres du gouvernement ont du mal à nous l'expliquer mais on a bien compris quand même l'essence de cette la nature de cette réforme
ce
point sera calculé sur l'ensemble de la carrière ça veut dire qu'en bout de course finalement on va avoir des pécadilles et de la misère après une vie de travail donc peut-être qu
'on
peut commencer par Agathe Agathe X sur l'ensemble sur l'économie de ce système qu'est-ce que vous avez à en dire
?
Nous ce qu'on a montré avec le collectif nos retraites mais qui est maintenant un constat qui est partagé quand même par l'ensemble des acteurs qui s'investissent sur cette réforme c'est que le gouvernement a un projet c'est de diminuer les dépenses publiques consacrées aux retraites c'est de baisser la part des retraites dans le produit intérieur brut il l'a dit très très tôt dans le débat sur les retraites c'est Jean-Paul Delevoye qui n'était encore qu'au commissaire à la réforme des retraites qui disait au micro de France Inter en 2018 14% c'est un plafond et ça ils n'ont fait que le répéter et on a appris récemment que 14% serait le plafond mais en fait ce serait plus bas on ne consacrerait que 13% du produit intérieur brut à nos retraites
cette
baisse des pensions elle se fait dans un contexte où le gouvernement veut entièrement remettre à plat notre système de retraite changer sa logique changer ses règles changer entièrement sa philosophie
et
le système par points qu'ils essayent de proposer qu'ils proposent aujourd'hui et qui est combattu massivement à la fois par la rue par les grévistes mais aussi par une majorité du pays et certains députés ils proposent un système qui ne garantira plus un niveau de vie au moment du passage à la retraite notre système aujourd'hui il garantit un niveau de vie au moment du passage à la retraite il dit on va prendre une partie du salaire du revenu de référence que vous avez et on va vous le garantir ce sera à partir de ça qu'on calculera votre retraite le système à points casse complètement cette logique là et rend totalement imprévisible le niveau de vie qu'on a à la retraite avec un risque majeur qui est la baisse du niveau des pensions pour tout le monde c'est ce qu'on a montré le niveau des pensions va baisser pour tout le monde puisque le gouvernement plafonne les dépenses
alors
qu
'on
sait qu'il va y avoir plus de retraités à l'avenir et ça ça va conduire à une paupérisation des retraités et aussi à un changement de nos relations sociales on en parlera peut-être tout à l'heure sur l'entrée de la capitalisation mais aussi la dépendance à la famille voilà ce qui se joue en ce moment sur fond de débats démocratiques complètement abîmés on a commencé à parler des retraites il y a 8 mois le gouvernement a eu une stratégie avec le rapport de Levoy qui a consisté à techniciser
ce
sujet-là à le rendre incompréhensible pour les gens inaccessible pour les gens alors qu'on parle quand même de notre vie d'une partie importante de notre vie de nos rapports sociaux donc les gens se sont sentis démunis se sont sentis en difficulté face
à
ce sujet alors qu'on ne devrait pas on devrait se poser juste des questions normales vis-à-vis des retraites c'est combien je vais toucher et à quel âge je vais partir aujourd'hui le gouvernement ne peut pas nous répondre et puis le gouvernement
et là
le
gouvernement a construit ce débat sur le flou l'opacité voire les trucages le flou et l'opacité c'est l'absence de simulateurs alors que le gouvernement dispose de chiffres depuis le début de son travail sur cette réforme et deuxièmement c'est son passage au cours là où il
est
dû à l'Assemblée avec une étude d'impact remise aux députés qui est truquée qui montre de faux chiffres ce qui est quand même scandaleux pour notre démocratie aujourd'hui et puis une volonté de restreindre les débats en diminuant le temps de parole en commission voire et là en actionnant la procédure accélérée c'est-à-dire moins de débats à l'Assemblée et au Sénat et un passage en force de cette loi d'un point de vue démocratique
Olivier Marlex vous qui êtes un patricien de l'Assemblée nationale est-ce que vous avez senti cette opacité ce déni de démocratie cette technicisation finalement des débats
Oui
alors la méthode au Parlement c'est franchement sans précédent je pense d'avoir un sujet aussi important auquel on consacre aussi peu de temps on a eu il y
a
eu une semaine pour la commission spéciale quand on dit une semaine à l'Assemblée sachant que c'est ni le lundi matin ni le mercredi matin où il y
a
d'autres choses ça veut dire qu'on a eu quatre journées et demie où on était censé examiner un texte qui touche le quotidien de tous les Français et pour des générations à venir donc c'est absolument scandaleux enfin c'est un vrai déni de démocratie pas d'étude d'impact aucun élément sur le financement puisque à ce stade on ne sait rien on a des hypothèses de financement mais on
est
dit ne vous inquiétez pas tout ça viendra plus tard on parle de 350 milliards d'euros mais on est censé ne pas se préoccuper donc une semaine en commission une petite semaine entre les deux pour éventuellement essayer de rédiger des amendements avant la séance et maintenant la séance avec un seul objectif pour le président de
la
République faire voter tout le monde avant les élections municipales il a dit je crois lorsqu'il a reçu les députés du groupe En Marche il y
a
eu assez de débats maintenant il faut il faut adopter cette réforme c'est quand même sidérant ce qu'il a dit en privé je ne
suis
pas à le vérifier je ne
t
'ai pas invité je ne
suis
pas En Marche vous avez compris mais c'est quand même sidérant dire on a assez débattu alors qu'il fait croire aux partenaires sociaux je me disais François Amrille qui vont débattre financement il nous fait croire à nous qu'on va avoir un vrai débat parlementaire donc non tout ça effectivement est assez scandaleux en termes de méthode scandaleux pour les français vous l'avez très bien rappelé il n
'y a
aucun simulateur qui fonctionne aujourd'hui pour nos compatriotes donc tout va légiférer en plein brouillard tout ça effectivement amène à s'interroger sur ce que recherche Emmanuel Macron à travers cette réforme alors c'est vrai que pardon je vous coupe
c
'est pour essayer on a l'impression que quoi qu'il arrive quoi qu'on fasse il veut passer coûte que coûte il n'en a rien à faire des grévistes enfin il y
a
une sorte d'homme de glace comme ça c'est très sidérant on est tous il y
a
eu la grève la plus longue de l'histoire mais là je vous pose la question à vous syndicalistes et gc parce que j'imagine que suite je connais un peu mieux la réponse c'est qu'est-ce qui qu'est-ce qui nous reste d'autre que la grève pour lutter contre cette impossibilité de faire bouger cet état
moi
j'ai envie de dire il faut toujours donner une chance à la démocratie malheureusement ayant dit ça il y a quelques semaines je constate que toutes les chances données n'ont pas eu beaucoup de succès je vais revenir sur ce que vous avez dit flou opacité non c'est beaucoup plus grave que ça au départ il y a un mensonge et je pense que c'est très très grave d'avoir lancé cette réforme sur la base de ce mensonge initial qui est de dire je fais une réforme sociale
alors
qu'en vérité c'est une réforme budgétaire
on
parlera tout à l'heure peut-être de l'hôpital moi j'ai dit ça à une certaine époque le destin qui est promis aux retraités à leur vie et au niveau des retraites c'est ce qu'on constate aujourd'hui sur l'hôpital depuis qu'on gère de façon budgétaire le fonctionnement des hôpitaux donc certes la comparaison peut paraître un peu osée mais l'idée c'est ça cette fameuse idée des 14% c'est de dire voilà nous avons un budget et quoi qu'il arrive et quoi qu'il advienne il ne faudra pas le dépasser ce qui me fait dire mais c'est quand même étonnant cette idée que nous sommes passés de l'après-guerre au niveau des retraites qui représentaient 6 à 7% du PIB et puis le progrès social a fait que le temps qu
'on
passe à la retraite c'est progressivement allongé de 8 années à 22 années récemment la part du PIB consacrée aux retraites est passée comme ça de 6% à 14% et quelqu'un a décidé que ça devait s'arrêter là
voilà
c'est ça pour moi qui est particulièrement grave quelqu'un on ne sait pas qui on ne saura jamais a dit stop c'est fini 14% c'est assez probablement il a fait référence à une moyenne au niveau européen il a constaté que en France les retratés gagnaient peut-être un petit peu trop peu importe je ne veux pas le savoir mais il n'empêche qu'aujourd'hui cette idée elle s'est installée partout parmi les personnes qui exercent le pouvoir et petit à petit c'est devenu presque comme une évidence mais cette évidence ne passe pas donc qu'est-ce qu'on fait on invente un mensonge on dit qu'on change le système pour le rendre plus juste et dès l'instant qu'on regarde dans le détail
petit à petit on s'aperçoit c
'est à dire ils sont très forts pour ça ça s'appelait régime général et c'est devenu régime universel mais ce terme d'universel a trompé tout le monde ça rejoint ce que vous
mais je
ne veux pas botter en touche par rapport à la question qui était la question
Oui c'est qu'est-ce qu'on fait Moi je représente une
organisation la CFECGC l'organisation de
l
'encadrement
et
je dis en toute humilité que notre capacité à agir en termes de mobilisation par rapport aux autres acteurs syndicaux n'est pas du même niveau en
termes de mobilisation d'appel à la greffe
c'est vrai que ce n
'est
pas dans notre nature mais j'estime que nous avons quoi qu'il arrive et quel que soit le sujet un devoir de vérité et donc la contribution j'en suis très fier de mon organisation dans ce dossier là a été je pense une contribution très importante à emmener le débat sur le terrain justement de la crédibilité ou plutôt de l'inverse de la crédibilité des chiffres chacun finalement apporte nous sommes dans l'intersyndical et nous assumons ça de façon très sérieuse nous sommes dans l'intersyndical et je vous affirme qu'en rejoignant l'intersyndical la CFECGC en a surpris beaucoup ça n'a pas été si simple nous avons fait voter la résolution en comité confédéral elle a été prise à l'unanimité nous avons pris nos responsabilités nous sommes là où il est normal que l'on soit dans un débat de cette nature et je vais finir en vous disant la chose suivante c'est que dans cette affaire ce qui est peut-être très très grave plus grave encore que le mensonge initial c'est qu'on a fait de la politique à partir des chiffres
en
fait on a emmené le terrain du débat politique des options à prendre finalement pour la société sur la négation de l'évidence des chiffres et c'est très très grave dans une société démocratique quand on en est là normalement nous on a l'habitude de traiter des dossiers syndicalement et je pense qu'on fait de même dans les différentes assemblées qui font la loi c'est-à-dire on se met d'accord sur les paramètres techniques on essaye de créer une forme de consensus sur les questions de financement sur les questions pour le coup de répartition de solidarité et après on prend des options politiques et on n
'est
pas forcément d'accord syndicalement on peut ne pas être d'accord sur certains sujets dans des accords qui soient interprofessionnels ou dans l'entreprise mais au moins on a fait la part des choses entre les deux et le gouvernement nous a emmené sur un terrain où on a nié l'évidence des chiffres ce qui me paraît particulièrement préjudiciable justement aux grands équilibres de la démocratie oui et où on a nié aussi
le
fait que par ce système inégalitaire et un peu unique on va aller finalement vers des assurances privées puisque les gens vont être obligés pour ceux qui en ont les moyens d'ailleurs parce que c'est encore un autre point à débattre d'aller vers des assurances complémentaires vers de la capitalisation employons le mot et donc là aussi il
y a
une espèce de grand malentendu parce qu'on nous dit on fait ça au nom de la solidarité vous regardez il y a beaucoup de régimes il y a je ne
sais
plus 43 régimes ce n
'est
pas juste d'avoir 43 régimes il y aurait encore beaucoup à dire parce que l'universalité ce n
'est
pas ça mais bon voilà donc ils disent on va aller vers l'universalité et en réalité on va introduire encore plus de disparités dans le système général et dans la solidarité nationale vous à l'hôpital Cathy Legac donc je rappelle vous êtes syndicat sud de la PHP assistance publique hôpitaux de Paris on sait tous une grève très longue
l
'état déplorable dans lequel est l'hôpital on a vu pour la première fois un ensemble de chefs de service
déjà
ce ne
sont
pas des
soyons
un peu triviaux des fricards
puisque
quand on est professeur de médecine chef de service
et
qu
'on
s'occupe des autres on va dans le privé on travaille moitié moins on gagne dix fois plus donc ce sont des métiers à vocation pour que des gens on arrive à démissionner comme ça et on le voit avec les avocats et beaucoup de métiers à vocation comment vous vivez ça à la fois ce mépris et quels sont pour vous les enjeux comment on pourrait renouer ces fils vous perdez le capitaine a dit monsieur Pelou puisque en pleine en pleine coronavirus réforme de l'hôpital vous avez Agnès Buzyn qui avait 10-72 heures avant
j
'ai trop de travail donc comment vous vivez
toute
cette situation et comment peut-on en sortir
il
y
a
beaucoup de questions désolé pour
assurer les médecins ont démissionné de leur mission administrative donc de tout ce qui est la gestion et la co-gestion qu'ils avaient avec les directeurs et les missions qu'on leur octroie et donc ils ont arrêté ces missions là et ils continuent à faire des soins ou des cours à l'université pour certains d'entre eux ensuite c'est vrai que à l'hôpital c'est difficile de faire grève on est assigné pour le coup comme on est déjà en effectif minimum parce que les lois les unes après les autres on commence à à casser l'hôpital public à partir de la loi Bachelot jusqu'à maintenant donc on est déjà en effectif minimum et puis là quand on se met en grève on est assigné quand on n'est pas assigné de toute façon on vient travailler enfin quand on est assigné pour venir travailler et ceux qui sont en repos sont tellement crevés qu'ils restent en repos et malheureusement pour certains ne vont pas dans la rue et pour autant ils sont tous impactés et se rendent bien compte de la difficulté déjà de comprendre cette réforme des retraites ça a été difficile auprès de nos agents enfin de nos collègues de leur expliquer ce qu'allait ça a été très bien expliqué là sur le plateau ce qu'allait être cette réforme pour nous qui sommes calculées sur les six derniers mois de notre carrière
et
d'ailleurs dans l'exemple qui est proposé il y a un salaire à 2500 euros pour un infirmier alors s'il gagne 2500 euros de demi de carrière jusqu'à fin de carrière super augmentez-nous parce que c'est ce qu'on demande justement et de ne
pas
commencer nos carrières à 1600 euros et puis oui et puis là on a Agnès Buzyn qui part qui quitte qui n'a pas écouté parce que plus elle nous faisait depuis huit mois plus elle proposait des alternatives à nos revendications plus on faisait grève
et
plus il y avait du monde dans la rue et elle a proposé que des primes alors on demande une augmentation de salaire mais pas par la prime par le salaire net et elle n'en a proposé que ça et elle a proposé aussi que des petites mesurettes travailler plus pour gagner plus selon
vous je t'en prie je voulais vous poser la question sur son remplaçant j'espère pas me tromper c'est Olivier Véran c'est ça son nom il a l'air d'avoir un profil comme ça un peu plus ouvert un peu moins techno que l'était Buzyn est-ce que vous fondez un micro espoir sur le fait qu'il puisse un petit peu qu'il a été mis là aussi pour vous écouter et pour engager des petites réformes un peu
non
j'ai pas vraiment espoir dans la république en marche Olivier Véran il a vu tous les acteurs avant même au moment où on faisait grève il était député donc il était aussi aux commissions donc il a reçu tous les acteurs du collectif Interurgence je pense qu'il a vu le collectif Interhôpitaux voilà il a vu
certains
acteurs
Olivier Marlex Olivier Véran excusez-moi je vous ai coupé mais il
vous en pense il y a une hérite de
bosser à l'Assemblée et vous en pensez quoi je vous ai coupé
mais c'est pour qu'on dialogue
un peu malheureusement il n
'y aura
pas de différence de programme par rapport à M. Macron donc il a déjà dit
je
vais faire un audit
et
on va réfléchir
moi je pensais que ça fait des années qu'on réfléchissait on
va faire il me semble on va faire un audit sur les conditions de travail pour
savoir ce qu'il
en sort
il
est médecin
il
est neurologue dans un hosto s'il ne sait pas les conditions de travail des personnels dans les hostos là déjà ça commence à être inquiétant parce que un il a reçu quasiment tous les acteurs qui ont fait grève là depuis quasiment un an on lui a déjà expliqué alors pas moi mais les acteurs de terrain lui ont déjà expliqué ce qu'il en était de l'hôpital de la souffrance que quand même cette grève elle est issue d'une agression d'un patient sur des soignants et puis je rappelle quand même qu'il devait être c'était lui qui normalement était pressenti comme ministre avant que Mme Buzyn soit nommé donc il était déjà très proche du président
avec
ce gouvernement et avec cette assemblée on a l'impression que pire que que sous Sarkozy sous François enfin on n
'a
jamais vu ça une assemblée à ce point Gaudiot des ministres à ce point Gaudiot aussi parce qu'il y en a quand on réfléchit bien il y a des remplacements et tout ça mais il n'y
en
a pas un qui bronche ou qui émet même des fois on regarde dans la Marocanare ou quand on lit le Calard on se dit tiens là ça ne bronche pas on a l'impression d'être une armée aux
heures de complément je rappelle
qu'il y avait quand même une majorité parlementaire qui était au contraire assez turbulente c'était l'époque où un certain Jean-François Copé était président du groupe majoritaire et avait théorisé la coproduction avec l'exécutif donc c'était pas exactement la même relation là il
y a
une soumission totale du Parlement ce qui fait que je pense que c'est d'ailleurs la principale explication du vrai malaise démocratique qu'il
y a
dans notre pays en ce moment c'est-à-dire qu'il y a le président sous la Ve République avec le fait majoritaire il n
'y a
plus de contre-pouvoir et comme il a une majorité un groupe qui est totalement inexistant et qui n'ose pas exister face à lui et bien il n
'y
a que la volonté du président de
la
République tout seul qui s'exprime
et en dément d
'ailleurs
les
gens qui démissionnent de La République En Marche il y
a
encore eu une députée il y a ces dernières 48 heures
qui
a expliqué en fait que tout était géré par 6 personnes autour du président de la République et qu'eux-mêmes n'étaient pas associés aux travaux législatifs sur la réforme d'artemps il y
a
un point sur lequel je dois quand même revenir c'est vraiment derrière la philosophie effectivement qu'il y
a
derrière cette réforme on a du mal à y comprendre on voit que plein d'arbitrages ne sont pas rendus ils bricolent des indices en direct live en commission sur ce que l'évolution du calcul du point ce qui est très grave une espèce de fil rouge et François Aubryl pourra en parler mieux que moi mais une espèce de fil rouge de l'action d'Emmanuel Macron à chaque fois qu'il touche à la sécurité sociale c'est quand même effectivement une casse de notre système de protection sociale il l'a fait sur la réforme de l'assurance chômage où on a dit au cadre supérieur enfin c'est eux qui ont une des réformes les plus dures de la réforme de l'assurance chômage avec une espèce d'intérêt à aller se faire assurer dans le privé au-delà de certains salaires et là c'est exactement la même chose le fait d'abaisser le plafond de 8 fois le plafond de la sécu à 3 fois le plafond de la sécu on tentait de se dire c
'est
un problème de riches de très hauts salaires non c'est le problème de tout le monde parce que tout ça crée d'abord une période de transition délirante avec un déficit total de 65 milliards en lissage environ 4,7 milliards d'euros par an qu'il va falloir financer la génération de remplacement du système par répartition donc ce sont les actifs qui payent pour les inactifs sauf que les actifs ne seront plus là en tout cas ils cotiseront de manière très insuffisante alors qu'il va falloir continuer à payer les retraites des très hauts salaires qui vont partir donc on se crée un déficit annuel de 4,7 milliards c'est un problème de période de transition qui est énorme mais surtout philosophiquement donc on se retrouve demain avec une sécurité sociale en tout cas sur la retraite comme sur l'assurance chômage où petit à petit les plus hauts salaires sont invités à aller faire ces sessions à s'organiser différemment et la sécurité sociale est décidément dans l'esprit de M.
Macron réservé à gérer seulement ce qui est pour le reste il y
a
encore une donnée de l'INSEE récente là où on a vu que 25% des plus pauvres n'atteignaient pas l'âge de 62 ans pour toucher la retraite alors que les plus riches ont une moyenne de vie de 80 ans donc il
y
a une disparité une de plus il faut faire
attention
à
la moyenne
de vie entre la moyenne de vie de la
population
et la moyenne de vie en bonne santé
en bonne santé et
parce
que ils sont morts donc il n'y a même plus de question de santé
mais parce qu'il y a beaucoup de nos ouvriers enfin des ouvriers des salariés à la production je dirais qui et bien eux ils ont la moyenne plus basse que des hauts fonctionnaires par exemple et c'est très important de voir aussi la moyenne de vie en bonne santé de notre population et elle diminue et elle diminue et ça c'est vraiment un indicateur aussi depuis qu'on a fait les dernières réformes des retraites on voit bien que ça diminue et je suis d'accord avec vous nous c'est ce qu'on a remarqué avec cette réforme des retraites c'est que c
'est
la protection sociale dans son ensemble qu'on attaque et nous on se dit le prochain combat c'est la sécurité sociale
alors
justement
les uns et les autres pour revenir à la philosophie qui sous-tend tout ça est-ce que vous pensez
que
brisons le tabou qui a une volonté manifeste de cet exécutif de complètement mettre à mal de casser la sécurité sociale d'ubériser la société de dire les premiers de cordée finalement le ruissellement finira par marcher c'est la loi du plus fort
tu
traverseras la rue t'as qu'à faire des études c
'est
ce qu'on a entendu les gens qui ne sont rien etc et que finalement on change de postulat on change de paradigme et qu'on accepte de vivre dans une société où il y
a
de l'inégalité la loi du plus fort et que c'est comme ça puisque le monde aujourd'hui il est comme ça et que de toute façon on va vers cette société là qu
'est
-ce que vous en pensez
? il y a très
clairement un modèle tout à l'heure vous avez parlé d'Olivier Véran je ne
vais
pas en dire beaucoup parce que je ne
l
'ai pas encore rencontré je ne
sais
pas parce que ça va être l'occasion dans les jours qui viennent mais il s'est déjà exprimé à l'Assemblée et il a dit un truc qu'on entend tout le temps c'est la réforme il
faut
la voter elle était dans le programme
moi
je ne peux plus supporter ça j'en peux plus de ça parce qu'à ce moment là qu'est-ce qu'on fait ici ? on fait un programme on vote tous les 5 ans et puis on se revoit 5 ans plus tard en l'occurrence
ce
qu'il y avait dans le programme c'est le fameux 1 euro cotisé donnant les mêmes droits ce qui de toute façon n'a strictement aucun sens parce que ça sous-entendrait qu'il n
'y a
pas de solidarité dans le régime donc il y en a aujourd'hui énormément et c'est une très bonne chose il y a actuellement en moyenne à peu près 30% de solidarité dans le régime de retraite c'est-à-dire que quand vous payez une cotisation il y a 30% de cette cotisation qui va aux différents équilibres du régime et donc c'est là en même temps il y
a
de la contributivité il y
a
de la solidarité au passage le nouveau système ne propose que 10% je ne sais pas comment on va faire pour gérer la solidarité alors qu'on divise par 3 le coefficient de solidarité maintenant sur votre question au moment du programme dans le programme d'Emmanuel Macron il y avait cette phrase étatisation du régime d'assurance chômage j'y reviens c'est pas d'un dossier sur les retraites c'est avec ça à mon avis qu'on répond le mieux à la question et moi je disais déjà à l'époque on nous demandait de commenter les différents programmes on est avant l'élection je dis mais vous savez étatisation pour nous ça veut dire privatisation parce que justement les partenaires sociaux dans la démocratie française ils ont un rôle d'être en permanence j'allais dire des gens à qui on donne mandat pour faire évoluer la société il y a une espèce d'interaction permanente entre le pouvoir politique bien sûr sans que chacun ne cherche à exercer les pouvoirs de l'autre mais il
y a
une forme de supplétivité d'ailleurs c'est codifié dans le code du travail et dans la loi les partenaires sociaux sont mis en responsabilité pour gérer et faire évoluer leurs systèmes sociaux par rapport à leur propre code de solidarité qui sont d'un très bon niveau parce que justement ils sont basés sur le principe de l'accord qui est négocié et qui est conclu entre les partenaires suivant les personnes qu'ils représentent et ce que vient nous dire le pouvoir actuel il dit tout ça c'est terminé tout ça c'est terminé je vais vous partenaires sociaux syndicats vous confinez dans l'entreprise et là vous allez vous allez vous battre pour gratter ce sur quoi je vous ai mis en concurrence ce qu'au passage on a organisé en début de mandat c'est la concurrence surtout en fonction de la pression économique moi je vais en tant qu'état étatiser les systèmes ce qu'on appelle le filet de sécurité et comme vous le disiez tout à l'heure je vais inviter ceux qui peuvent un peu mieux se pourvoir à se retourner vers le privé en fonction des produits qui existent pour qui s'assurer un peu mieux par rapport au risque de perdre son emploi qui s'assurait un peu mieux pour avoir une meilleure retraite c'est très clairement ce qui est à l'oeuvre mais évidemment ça n'est pas dit comme cela et pour finir c'est moi ce que je trouve absolument inadmissible quand le gouvernement nous fait les ordonnances sur le code du travail au moins il annonce la couleur nous on n
'est
pas d'accord mais au moins il annonce la couleur il dit je vais déréguler parce que c'est bien on lui dit mais pourquoi c'est bien ah mais je l'ai lu dans le manuel bon ok très bien mais au moins il ne trompe pas les gens sur la marchandise mais après il trompe les gens quand sur l'assurance chômage il vient rendre dégressive les allocations pour une certaine catégorie de personnes il sous-entend de fait que les gens ne recherchent pas activement du chômage mais comment est
-ce
qu'on peut dire ça alors qu'on a entre les mains des éléments fiables statistiques des études qui sont qui sont contredites donc qui sont dans le domaine scientifique et qui viennent nous dire qu'il n'y a pratiquement pas d'aléa moral sur le système d'assurance chômage donc en fait on est sur effectivement une volonté de faire muter le système social français dans sa complexité mais aussi dans sa richesse et sa capacité à s'adapter aux évolutions économiques on le fait muter dans un système qui est beaucoup plus rude et dans lequel chaque individu sera invité en fonction de ses capacités et de ses possibilités de toute nature à mieux se pourvoir vers le privé C'était fait d'ailleurs par la branche sous François Hollande sur la branche famille avec la mise sous condition de ressources de la question familiale c'est déjà la même logique donc il y
avait
vraiment et évidemment je pense qu'on ira un peu plus loin sur la santé c'est la prochaine étape mais là peut-être que les gens se réveilleront quand on leur expliquera que vu leur niveau de salaire et bien on remboursera moins bien leur opération leur traitement du cancer etc. Donc la question que pose cette réforme c'est vraiment quel est notre attachement à notre système de protection sociale tel qu'il a fonctionné depuis la libération et tel qu'on a su le réformer parce qu'il y
a
des gens qui n
'ont
pas eu le courage de le faire il y en a qui ont eu le courage de le faire de le réformer M. Macron lui ne cherche pas à le réformer il cherche effectivement à y faire de grandes brèches
L'argent quoi c'est une telle manne financière la protection sociale dans sa globalité qu'il y a plein d'acteurs que ça soit BlackRock que ça soit les Mutuelles qui cherchent à récupérer une partie de cet argent là dans des fonds privés et on voit bien à l'hôpital quand on a des patients qui arrivent et la première chose c'est de leur demander s'ils ont la Mutuelle parce qu'on n'est pas sûr qu'ils puissent payer le tiers payant payer l'indemnité journalière et on a les assistantes sociales qui sont de moins en moins nombreuses à l'hôpital qui viennent voir les patients pour prendre des Mutuelles très vite pour qu'ils ne soient pas mis en difficulté financière mais on voit bien que c'est cette manne que l'État n'a pas la main dessus qu'il cherche à avoir et tout en réformant la retraite aujourd'hui hier la branche chômage
la
CAF quand on a baissé les allocations logements de 5 euros 5 euros c'est énorme pour un étudiant pour quelqu'un qui est dans la précarité et bientôt ce sera sur la sécurité sociale et ça on ne se fait aucune illusion là dessus ce sera donc
justement au delà de cette question des retraites qui est finalement un élément déclencheur je dirais l'acte 1 de ce quinquennat
est
-ce que derrière il y a selon vous les uns les autres un projet de société justement la France
c
'est un peu la deuxième question à la découpe est-ce qu'on va prendre des pans entiers comme ça soit de la solidarité nationale soit de l'industrie soit un peu de tout ce qui fonctionne de la culture de tout ce qui est stratégique au niveau national que ce soit les transports l'eau les ressources naturelles et qu'on va finalement petit à petit les privatiser pour détruire finalement ce lien qui fait
une
nation
et
pour sans cesse avoir des répondre à des demandes financières est-ce que c'est votre sentiment à tous vous avez travaillé par exemple on
va
commencer peut-être avec vous Olivier Marlex sur l'affaire Alstom
qui
est de mon point de vue l'archétype parfait de ce qu'il ne faut pas faire de comment on a vendu la France à la découpe
c
'est l'archétype d'une affaire il y a eu Alstom il y a
eu
Alcatel il y a
eu
Technip il y a
eu
beaucoup d'autres entreprises
ADP
maintenant
créé ADP bien sûr la privatisation d'ADP moi je n
'ai
rien dans certains cas contre les privatisations je rappelle juste que c'est quand même le général de Gaulle qui a organisé les nationalisations qui a inventé les nationalisations je suis toujours de droite mais
parce que
Anasse Kazib