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Conférence de presseC dans l'air (sur YouTube)· 5 mai 2026 63 minContradictoireActualité / polémiqueDéfenseSécuritéEurope & internationalÉconomie & entreprises

Trump sauve son pilote et promet l'enfer - C dans l’air - 06.04.2026

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

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Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 10 %Attaque 60 %Défensif 30 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 99 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 1:15OuverteRéponse partielle

    Quels sont les enjeux de la prise de parole de Trump aujourd'hui ?

  • 2:00OuverteRéponse directe

    Comment analysez-vous le style disruptif de Trump dans ce contexte ?

  • 3:27RelanceRéponse directe

    Trump promet l'enfer aux Iraniens : est-ce une stratégie efficace ?

  • 4:11OuverteRéponse directe

    Trump change-t-il souvent de position sur l'Iran ?

  • 4:56OuverteRéponse directe

    Ses conseillers lui disent-ils la vérité ?

  • 5:39OuverteRéponse directe

    Quelle est la réaction des démocrates à ses déclarations ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:32D.TrumpFait
    « Il n'y aura pas d'annonce de cessez-le-feu. »
  • 10:34D.TrumpFait
    « Si j'avais le choix, qu'est-ce que je voudrais faire? Prendre le pétrole. »
  • 14:54D.TrumpFait
    « La Maison-Blanche affirme que D.Trump n'a pas validé le cessez-le-feu de 45 jours proposé par les médiateurs. »
  • 15:20M.PirzadehFait
    « Légalement, ça peut constituer un crime de guerre. »
  • 27:18D.TrumpFait
    « Si les infrastructures iraniennes venaient à être attaquées par les Etats-Unis, nous riposterions de la même manière. »
  • 27:18M.PirzadehFait
    « Leurs menaces sont des incitations publiques et explicites à commettre des crimes de guerre et des crimes contre l'humanité. »
  • 28:01M.PirzadehFait
    « Ils ont réussi à casser les têtes des services de renseignement iranien. »
  • 28:41Gal J.-P.PerrucheFait
    « Ils n'étaient pas prêts. »
  • 29:22Gal J.-P.PerrucheFait
    « Le système iranien politico-militaire continue de fonctionner. »
  • 33:55B.NétanyahouFait
    « Cette opération de sauvetage renforce ce principe sacré: on ne laisse personne derrière. »
  • 36:08M.PirzadehFait
    « Cela a été fait dans le but d'éviter la disgrâce de Trump, le président des Etats-Unis. »
  • 36:53Gal J.-P.PerrucheFait
    « Les événements militaires n'ont pas du tout la même valeur selon qu'il s'agit de l'armée américaine ou iranienne. »
  • 48:56E.MacronFait
    « Les dégâts ne sont que matériels et limités. Il n'y a aucun blessé à déplorer. »
  • 49:41E.MacronFait
    « La France est présente dans 3 bases militaires des Emirats, navales, aériennes et terrestres. »
  • 50:22N.SarkozyFait
    « Il nous faut travailler ensemble pour lutter contre la volatilité des prix du pétrole. »
  • 52:33Chiffre
    « Les Emirats arabes unis sont devenus les premiers acheteurs d'armement français, avec 21 milliards d'euros de commandes. »
  • 53:18Gal J.-P.PerrucheFait
    « Le problème serait si, comme je l'ai lu récemment, les Emirats envisageaient de se joindre aux Américains pour attaquer l'Iran. »
  • 56:02G.LaganeFait
    « La guerre qui a commencé depuis maintenant 38 jours reste existentielle pour l'Iran, mais peut-être tout autant pour les monarchies du Golfe. »
  • 57:26M.PirzadehFait
    « Tous les comptes des Gardiens de la révolution se trouvent dans les Emirats. »
  • 58:53C.RouxFait
    « Trump ne "s'inquiète pas de commettre des crimes de guerre". »
  • 59:37M.PirzadehFait
    « On est au bord d'un Iran potentiellement nucléarisé. »
  • 1:00:21M.PirzadehFait
    « L'Iran, aujourd'hui, c'est la plus grande coupure Internet jamais orchestrée à l'échelle internationale depuis la création d'Internet. »
  • 1:02:33Gal J.-P.PerrucheFait
    « Trump est capable de tout dire et son contraire. »

Temps de parole

  • ?100 %

≈ 0 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

Les intervenants ne sont pas encore identifiés sur ce transcript — l'identification des locuteurs est en cours de traitement et apparaîtra prochainement.

0:00

en quatre semaines. ... - C.Roux: Bonsoir. D.Trump provoque une nouvelle fois le monde ce soir avec une nouvelle prise de parole aux côtés des militaires notamment dans le bureau Ovale. Il n'y aura pas d'annonce de cessez-le-feu. Le chef de la Maison-Blanche a refusé cet après-midi l'accord proposé. Hier soir, le président américain a copieusement insulté les Iraniens, les traitant de "tarés" et leur promettant l'enfer s'ils refusaient d'ouvrir le détroit demain à 20h, heure de Washington. Un nouveau report de son ultimatum de 24 heures et la promesse de cibler cette fois-ci les infrastructures énergétiques civiles si l'Iran ne pliait pas. Ce soir, il reviendra sûrement sur le sauvetage spectaculaire d'un pilote américain en terres iraniennes.

1:15

Les images avaient plongé Washington dans une grande fébrilité dans la bataille des images. Avec nous pour discuter de cela ce soir, le général J.-P.Perruche. Vous êtes général de corps d'armée, ancien directeur général de l'état-major de l'UE. F.Encel est avec nous. Vous êtes docteur en géopolitique et maître de conférences à Sciences Po Paris et à la Paris School of Business. M.Pirzadeh, vous êtes rédactrice en chef à France 24, ancienne correspondante à Téhéran. G.Lagane, vous êtes spécialiste des questions de défense, enseignant à Sciences Po. Bonsoir à tous les 4. Merci de participer à ce "C dans l'air" en direct. Je vais citer D.Trump.

2:00

Je me tourne vers G.Lagane. On aurait pu s'habituer à ces prises de parole de D.Trump. Dans le contexte dans lequel nous sommes aujourd'hui, ça reste choquant, désarmant, inquiétant, y compris pour les Américains. - G.Lagane: Oui. Ses prises de parole sont disruptives. C'est quelqu'un qui vient du monde du spectacle, de la téléréalité, du catch. Il a importé dans la politique américaine des manières de dire et de faire qui n'existaient pas beaucoup. Il y avait le précédent de Ronald Reagan,

2:43

qui avait lui-même été un acteur, mais quand il est entré en politique, il a pris tous les codes de la politique américaine. D.Trump n'a pas du tout fait cela. Il a importé en politique ce qui avait fait son succès dans le monde des médias. Une forme d'habitude s'est instaurée. Son premier mandat a déjà été ponctué par des interventions intempestives, des tweets très tôt le matin avec un usage des majuscules, un vocabulaire plus que relâché... C'était déjà une forme d'habitude qui s'était instaurée. La nouveauté, dans cette séquence, c'est qu'il commente en direct la guerre qu'il mène. Il y a un aspect concret. On est, d'une certaine manière, dans la négociation, la propagande, le commentaire de ce qui se passe. Ca peut à la fois troubler les spectateurs que nous sommes

3:27

et peut-être aussi les adversaires que sont les Iraniens. - C.Roux: La difficulté, c'est qu'il y a une guerre qui se joue en ce moment en Iran et dans la région et on guette des signaux d'apaisement... Quand il dit qu'ils vont déchaîner les enfers et qu'il parle des infrastructures civiles, on est presque obligés de l'entendre, de l'écouter. - M.Pirzadeh: C'est clairement D.Trump qui fait la pluie et le beau temps sur cette guerre depuis 38 jours. Il faut regarder ses déclarations depuis début janvier, quand des millions de personnes manifestaient en Iran. Il dit tout et son contraire. Il leur dit d'abord de sortir dans la rue, que l'aide arrive. Finalement, il négocie jusqu'à arriver à ce tweet hier où il les insulte. Vous le dites poliment mais c'est une insulte qu'il emploie. J'avais listé toutes ses prises de parole depuis un mois. Très rapidement, il a dit qu'ils avaient gagné la guerre mais qu'ils négocient, etc. On n'arrive pas à savoir. Ils sont dans une bataille de rhétorique. C'est ce qui s'est passé aussi avec le pilote. Il y a eu une succession de déclarations.

4:56

On n'arrive plus à savoir exactement où en est cette guerre, si les buts de guerre américain ont été atteints, ce qu'il pense réellement. A tel point que ses plus proches conseillers essaient de mettre autour de lui des personnes qui lui disent la vérité. Autour de lui, il n'y a que des personnes qui lui disent ce qu'il a envie d'entendre, c'est-à-dire qu'ils gagnent la guerre et qu'ils sont en supériorité sur le terrain. - C.Roux: La directrice de cabinet de D.Trump a dit ceci. ... Il ne va pas falloir seulement commenter les frappes en enjolivant la vérité mais en disant réellement ce qui se passe sur le terrain. - M.Pirzadeh: Ca veut dire qu'il est mal entouré. Il entend ce qu'il a envie d'entendre.

5:39

Il fait des tweets avec des majuscules et avec des fautes d'orthographe. - C.Roux: Dans la vie politique américaine, on commente aussi les déclarations de D.Trump. On a cette phrase du chef des démocrates au Sénat... Il y a également M.Taylor Greene, qui a pris ses distances avec D.Trump. Ce serait pas si grave s'il n'y avait pas ce qui est en train de se jouer en ce moment en Iran et aussi dans l'ensemble des pétromonarchies du Golfe, également en Israël et au Liban. - F.Encel: C'est vrai. On a affaire à une brutalisation lexicale et rhétorique très concrète aux Etats-Unis. En même temps, ce n'est pas nouveau chez ce personnage. Ce qui nous paraît beaucoup plus inquiétant ici, c'est qu'on est en pleine guerre. Mais je rappelle que la guerre vaut aussi brutalisation rhétorique

6:21

de manière générale à travers la planète. Il y a quelques années, pour seulement quelques bisbilles entre l'Iran et l'Arabie saoudite, feu l'ayatollah Khamenei avait traité l'actuel prince héritier de "demeuré", moyennant quoi celui-ci avait rétorqué que Khamenei était le nouvel Hitler. Ce ne sont pas des gros mots en soi, mais fondamentalement, c'est extrêmement violent. Pourtant, on n'était pas en guerre. On ne s'habitue pas suffisamment. Mais Trump est tellement imprévisible que ça ne signifie pas que la montée en vulgarité de ses propos correspond exactement à ce qui se passe sur le terrain. - C.Roux: C'est ce qu'on essaie de comprendre, si la montée en pression de son vocabulaire correspond

6:59

à une montée en pression sur le terrain. - F.Encel: Ce n'est pas mécanique et d'autant moins évident, que le 27 février, il négociait encore à Genève... Enfin, ses envoyés spéciaux négociaient avec la délégation iranienne. Il disait qu'ils pouvaient à la limite s'entendre avec ce régime mais ne les menaçait pas directement à l'époque. Surtout, il ne les insultait pas. Quelques heures plus tard, il y avait les frappes massives sur l'Iran. - C.Roux: Il avait fixé un ultimatum. Il avait donné le sentiment de le reporter de 24 heures.

7:42

Maintenant, c'est demain à 20h qu'il déchaînera les enfers si le détroit d'Ormuz n'est pas rouvert. ... Quand on est militaire, qu'est-ce qu'on fait de ça? - Gal J.-P.Perruche: C'est un peu compliqué. Il se positionne comme étant le chef. C'est un pouvoir personnalisé. Dans la guerre informationnelle, il veut occuper l'estrade en permanence. Pour exercer cette attraction sur sa personne et montrer qu'il est le chef, il a besoin de choquer, et donc de déstabiliser

8:27

les gens. Les militaires américains, et j'en connais un certain nombre, qui ne sont pas d'accord... - C.Roux: Ce qui est intéressant, c'est ce que je listais... C'est reporté par l'ambassade américaine en Bulgarie. Il s'en amuse, désormais. - M.Pirzadeh: Tous les comptes Twitter des ambassades iraniennes du monde en font des infographies. C'est assez rigolo à voir. - C.Roux: Question. - G.Lagane: Sauf que Trump n'est pas un diplomate. - C.Roux: Mais il dit qu'il négocie. - G.Lagane: Il a pour sa des émissaires, ...pour ça des émissaires, qui sont d'ailleurs son gendre et son grand ami monsieur S.Witkoff qui ont été dépêchés auprès des Iraniens et des Ukrainiens... Ce sont la partie sérieuse de l'administration. Lui, il est dans la position d'un dirigeant politique non pas pour aller dans le détail des négociations avec tel ou tel adversaire, mais pour vendre au public américain et accessoirement au public mondial l'esprit de sa politique.

9:50

On peut le trouver de mauvais goût, mais force est de constater que ça marche. On en parle. On le commente à l'infini. On finit même par oublier la réalité. En quoi ce qu'il dit a un rapport direct avec les opérations militaires sur le terrain? Dans le cas particulier de ce qui se passe depuis quelques jours, l'inconvénient, c'est que ça a un léger rapport. - C.Roux: Il est dans la difficulté. - G.Lagane: Pas du tout, au contraire. - C.Roux: Quand il est en difficulté, il ne parle pas. - G.Lagane: Vendredi, on ne savait pas trop où ça allait aller. On imaginait ce que ça donnait, les images d'un pilote américain aux mains du gouvernement d'Iran... Là, il peut se targuer, je dis ça sous le contrôle du général, une réussite exceptionnelle sur le plan militaire.

10:34

Donc il a d'autant plus confiance dans ses capacités. - C.Roux: D.Trump prendra de nouveau la parole ce soir. Le président américain a rejeté cet après-midi l'accord de cessez-le-feu proposé par le Pakistan et menace cette fois de s'en prendre aux infrastructures énergétiques. Il dit que demain, ce sera la journée des centrales électriques et des ponts. Ce serait un pas de plus dans la guerre avec l'objectif assumé de viser des infrastructures civiles iraniennes. - 38e jour de guerre contre l'Iran. Un nouvel ultimatum et des insultes du président américain. - Le président menace l'Iran et tient des propos extrêmement injurieux.

11:18

- Intimider les Iraniens, leur dire qu'ils iront en enfer ne marchera pas. - Il reste beaucoup d'interrogations. Quand a-t-il prévu l'escalade et à quel moment va-t-il viser des infrastructures civiles? - Hier, le président a écrit un message sur son réseau social avec un ton et un style qui n'appartiennent qu'à lui. ... Le président menace d'attaquer les infrastructures civiles iraniennes et repousse une fois encore l'ultimatum désormais fixé à mardi 20h. - Le président m'a dit qu'il pense pouvoir obtenir un accord d'ici demain. Il me dit qu'il y a de bonnes chances pour que l'accord

12:02

soit conclu demain. - Pourtant, aux Etats-Unis, beaucoup en doutent. - Vous pensez vraiment que quelque chose va arriver mardi à 20h? - Franchement, je ne pense pas. Tout ce que cela montre, c'est la faiblesse du président Trump. - Tout le week-end, sur les plateaux de télévision, les démocrates condamnent durement la violence verbale du président et sa gestion du conflit. - Ce président a un comportement scandaleux. - Aucune avalanche d'insultes, de fanfaronnades ou de propos musclés ne pourra masquer le fait que ce président est irrationnel

12:46

et qu'il n'a pas de plan. - Sur le terrain, la guerre s'intensifie un peu plus chaque jour, ciblant déjà les infrastructures civiles en Iran. Les forces américaines et israéliennes ont détruit le pont de Karaj, la centrale nucléaire de Bouchehr a été touchée... Dans le Golfe, les attaques iraniennes se multiplient sur les sites énergétiques aux Emirats arabes unis, à Bahreïn et au Koweït sur des usines de dessalement d'eau de mer. Face aux menaces du président américain, l'Iran réagit en anglais. - Si les infrastructures iraniennes venaient à être attaquées par les Etats-Unis, nous riposterions de la même manière. Nos forces armées prendraient

13:31

pour cible toute infrastructure similaire appartenant aux Etats-Unis. Leurs menaces sont des incitations publiques et explicites à commettre des crimes de guerre et des crimes contre l'humanité. - A la Maison-Blanche, il y a bien une victoire ce week-end. - Le pilote américain a été sauvé en Iran. - Le président vient de l'annoncer: on l'a retrouvé. - C'était une mission risquée avec des centaines de forces spéciales déployées dans les montagnes iraniennes. - Le 2e pilote américain de l'avion de combat abattu en Iran a été secouru, mais cela suffira-t-il à faire taire les critiques, de plus en plus nombreuses? Pas si sûr. D'autant que le président demande au Congrès une rallonge au budget de défense, pour le porter

14:09

à 500 milliards de dollars, ...1500 milliards de dollars, en réduisant notamment les dépenses non liées à la défense. Les éditorialistes s'interrogent. - Les coûts deviennent exorbitants, sans parler de toutes ces souffrances humaines. Donc si Trump ne voit pas qu'on perd chaque jour un peu plus, il va devoir être confronté à ces problèmes politiques et militaires, et il faut qu'il admette ce qu'il se passe. Mais je doute qu'il le fasse. - Pour la 1re fois de son 2d mandat, la cote de popularité du président américain est inférieure à 40 % d'opinion favorable. Cet après-midi, la Maison-Blanche affirme que D.Trump n'a pas validé le cessez-le-feu de 45 jours

14:54

proposé par les médiateurs. Le président doit s'exprimer ce soir en conférence de presse. - C.Roux: Nous allons revenir dans un instant sur le sauvetage spectaculaire de ce pilote américain, mais d'abord, revenons sur ce 1er reportage avec cette question. Il dit que s'il ne se passe rien demain, ce sera une journée noire pour les infrastructures énergétiques, électriques, les ponts. - M.Pirzadeh: Légalement, ça peut constituer un crime de guerre. Quand il s'était exprimé jeudi déjà, en disant qu'il négociait avec les Iraniens, les Américains ont bombardé le pont B1 qui n'avait pas encore été inauguré. C'était une prouesse des ingénieurs iraniens. Il devait relier Téhéran au nord de l'Iran pour désengorger le trafic. Il était encore en construction. Personne ne s'en est servi.

16:05

Mais en dessous, il y avait un parc avec des familles. C'était la dernière fête de Norouz. Il y a eu plusieurs victimes civiles. Selon les Israéliens et les Américains, ce pont servait à faciliter l'acheminement de missiles sur cette route. Il y a eu une sorte de flottement quand ce pont a été bombardé. C'était très impressionnant. Ca m'a rappelé un peu comment les Israéliens bombardent dans le Sud-Liban, les ponts, pour empêcher les missiles d'arriver vers le Sud-Liban, vers le Hezbollah. Il a dit que ça allait être "le bridge day", "le jour des ponts". Je me suis demandé s'il était en train de faire ça pour pressuriser pour la négociation. Mais s'il se met à attaquer les infrastructures civiles

16:50

et énergétiques... Tout à l'heure, une grande infrastructure civile a été touchée, de pétrochimie, qui transforme le méthanol... C'est tous les dérivés du pétrole. C'est essentiel pour l'Iran. Avec la fermeture du détroit d'Ormuz, le prix du méthanol a bondi. Il avait demandé à B.Nétanyahou et à l'armée israélienne de ne plus bombarder les infrastructures civiles. - C.Roux: Qu'est-ce que ça raconte? - M.Pirzadeh: J'ai du mal à croire que les Américains ne sont pas au courant quand les Israéliens vont bombarder ces installations très importantes. C'était une des plus grandes installations d'Iran. Sa reconstruction va coûter des milliards et des milliards

17:25

de dollars, un argent que l'Iran n'a pas. Ca raconte quand même que en même temps qu'il n'y a pas de négociations, les bombardements continuent. C'est ce qui s'est passé ces 37 derniers jours. - C.Roux: Il dit à l'instant ceci... Il faut accompagner cette déclaration... Il dit que les Iraniens veulent entendre les bombes car ils veulent être libres. - M.Pirzadeh: On ne peut pas parler au nom de cette population... Il y avait une certaine adhésion à cette guerre. Ils ont demandé cette aide quand ils étaient dans la rue en janvier. Mais au bout de 38 jours de guerre, cette adhésion diminue.

18:09

C'est évident. Il n'y a pas 90 millions de personnes qui demandent les bombes. Au contraire, je sens beaucoup d'anxiété, de tristesse et d'inquiétude de ce qui va être dit aujourd'hui et demain, si la guerre s'arrête demain... - C.Roux: Il y a eu une frappe sur l'université de Sharif. - M.Pirzadeh: C'est l'équivalent de polytechnique. C'est la plus prestigieuse d'Iran. Elle est classée parmi les plus prestigieuses au monde par le classement de Shanghai. Tous les Iraniens qui vont dans cette université travaillent aujourd'hui dans la Silicon Valley. Ce centre universitaire servait aussi à développer l'industrie des missiles, apparemment. On ne sait pas si c'est la vérité, mais l'université est complètement à terre. C'était un des bastions de contestation contre le régime.

18:51

Cette image de l'université bombardée traumatise les Iraniens. Les images de la tour Azadi, le monument emblème de la ville de Téhéran, qui se réveille sous un épais nuage noir, ça traumatise également les habitants. Donc il ne peut pas dire que tous les Iraniens, le bruit des bombes les rassure. Il y a beaucoup de personnes qui n'en veulent plus. - F.Encel: Ca illustre la contradiction de Trump avec ses propres propos, en janvier quand il a encouragé les gens à aller dans la rue. Il faut rappeler que les manifestations avaient commencé avant ses encouragements. Trump n'est pas un néoconservateur. Il ne s'intéresse pas au peuple iranien.

19:34

Il menace de déclencher des frappes sur des infrastructures civiles... - C.Roux: C'est une étape en plus de franchie dans cette guerre, quand même. - F.Encel: Sur le plan légal, moral, et surtout sur le plan politique. Comment imaginer que la population iranienne, même si elle continue de détester ce régime... Comment peut-on croire qu'elle va pouvoir se libérer grâce au fait qu'il n'y aura plus d'électricité ou que les ponts et les universités seront détruits? - C.Roux: Ce qui est intéressant, c'est ce que vous nous disiez

20:09

à l'instant. Une émission chasse l'autre, mais c'est important... Comme vous l'avez rappelé tout à l'heure, il fut un temps où D.Trump disait qu'il ne fallait pas frapper les infrastructures énergétiques car ce pays devra économiquement se relever. - Gal J.-P.Perruche: Il s'était fait des illusions sur la capacité ou l'incapacité du gouvernement, du régime des mollahs, à résister à la pression militaire. Autant les frappes sont très importantes parce qu'elles touchent des dirigeants,

20:50

parce qu'elles affaiblissent le potentiel militaire de l'Iran... Mais petit à petit, vous avez un peu une usure du coût/efficacité des frappes. Je crois qu'on en est à 16 000 frappes du côté des Américains. Mais qu'est-ce qu'elles changent? Elles modifient quoi dans le rapport de force dans la confrontation? Tant que les Iraniens sont capables d'envoyer des missiles sur Israël, des drones en quantité sur les pays du Golfe, on ne voit pas bien ce que 1000 ciblages supplémentaires vont changer. - C.Roux: D'où l'intérêt militaire pour eux de frapper des infrastructures énergétiques? C'est autre chose, pour le coup. - Gal J.-P.Perruche: On rentre dans autre chose. C'est un nouveau stade qu'on franchit. On est un peu engagés dans une nouvelle fuite en avant. Le facteur temps joue plutôt en faveur des Iraniens, jusqu'au point où les Iraniens seront incapables de sortir de nouveaux missiles et de nouveaux drones et donc d'avoir des actions concrètes sur le terrain. Mais on ne voit pas arriver ce temps. Du côté de D.Trump, il y a une pression à l'intérieur.

22:15

Tout ce qu'il fait commence à être contredit, commenter. Il est un peu dans une nasse. Il ne peut pas accepter de baisser la garde... Il y a quelques jours, il laissait penser que les Etats-Unis pouvaient finalement se satisfaire de ce qui a été fait. "On rapatrie les boys, on a fait le job et on est content avec ça." Là, il aurait la position d'un loser en disant cela. C'est ce qu'il craint le plus. - C.Roux: Il est quand même tenu par un calendrier. D'après la Constitution américaine, il a 60 jours à compter

22:59

du 28 février pour faire valider son opération par le Congrès. Peut-être que ça joue aussi. - G.Lagane: J'introduirais peut-être 3 éléments. Le premier, c'est que la pression intérieure qui s'exerce sur D.Trump... Votre reportage était intéressant, mais il faut peut-être le nuancer. Quand vous regardez les sondages, ils sont effectivement défavorables. La popularité de la guerre est faible dans l'opinion américaine. Mais les opinions sont très segmentées selon votre parti politique. Vous avez une très forte opposition des démocrates. Vous avez un public indépendant partagé mais plutôt négatif. Par contre, chez les républicains, le soutien est toujours là en majorité.

23:43

Le sujet iranien est un vieux sujet aux Etats-Unis. Le contentieux avec l'Iran est un vieux sujet. D.Trump, dans les années 80, quand les Etats-Unis et l'Iran avaient déjà des gros problèmes, il avait dit qu'il fallait se saisir de l'île de Kharg. Il avait déjà en tête cette île à l'époque. Le 2e élément, c'est qu'on a vu l'évolution de la stratégie américaine sur les frappes, avec peut-être une orientation plus sur les frappes civiles. Du point de vue international, c'est le cas. Une industrie sidérurgique comme celle qui a été frappée avant-hier peut avoir des débouchés civils, mais aussi militaires. - C.Roux: C'est ce que disent les Russes.

24:26

Et ce, lorsqu'ils frappent sur des infrastructures énergétiques ukrainiennes. - G.Lagane: Et c'est possible que ce soit vrai. Ce n'est pas parce que c'est les Russes qui le disent que c'est forcément faux. - C.Roux: Sauf qu'on les condamne. C'est ce qu'on dit. - G.Lagane: Le droit international est clair. On n'a pas le droit de frapper des infrastructures civiles. Mais il s'est beaucoup développé ces dernières années dans le sens d'une protection des civils. Mais il rend aussi les opérations militaires stricto sensu difficiles à mener. Nous avons subi des bombardements pendant la Seconde Guerre mondiale qui seraient aujourd'hui considérés comme totalement illégaux. Enfin, sur la popularité du régime... Je vous rejoins dans le fait qu'une population bombardée

25:05

ne peut que se retourner contre la personne qui la bombarde. Maintenant, on parle d'un régime où l'opinion est assez remontée, assez éloignée des instances dirigeantes. Et on parle d'une situation... Rappelez-vous qu'en début janvier, ce sont des milliers d'Iraniens, peut-être 30 000, tués par les forces de sécurité. Cette semaine, il y a eu encore l'exécution de 2 personnes... C'était ce matin. - C.Roux: Un homme condamné pour des liens avec Israël et les Etats-Unis. - G.Lagane: En 3 mois, il a été arrêté, jugé et exécuté. Par rapport à nos standards occidentaux... Il faut remettre dans le contexte les éléments actuels. - C.Roux: Je voudrais vous poser une question sur ce que ça change

25:50

dans le moment en termes de stratégie militaire. On pensait que D.Trump allait débarquer sur l'île de Kharg, qu'il allait masser des effectifs de commando dans la région... Peut-être peut-il éviter cette étape s'il passe par les infrastructures énergétiques? Est-ce que ça affaiblit beaucoup plus l'armée iranienne que ce qu'il fait aujourd'hui? - G.Lagane: Je suis d'accord que l'Iran continue de frapper. Maintenant, quand on regarde quantitativement les choses par rapport à il y a plusieurs semaines, le nombre de missiles envoyés par l'Iran est quand même en très nette réduction.

26:34

D'autre part, si vous voulez faire pression sur le régime, il faut le frapper là où ça fait mal. Je crois qu'il y a eu des frappes sur des installations pétrochimiques iraniennes, il y a quelques minutes. C'est le nerf de la guerre. Ce processus de négociation-affrontement en cours, l'Iran ne peut que sentir une pression supplémentaire si on vise cela. - C.Roux: Une pression supplémentaire pour les contraindre à la négociation et à la réouverture du détroit d'Ormuz. Dans ce que D.Trump dit, c'est un des éléments. Il vient de s'exprimer à l'instant. "Si j'avais le choix, qu'est-ce que je voudrais faire? Prendre le pétrole."

27:18

- M.Pirzadeh: On parle des installations civiles et énergétiques mais ils ont eu aujourd'hui la personne en charge du renseignement des Gardiens de la révolution. Vous avez 12 agences de renseignement en Iran. Dans les prisons, vous êtes soit arrêté par les Gardiens de la révolution, soit par les Gardiens de l'Etat islamique. Il avait un rôle très important. Ils ont réussi à casser les têtes des services de renseignement iranien. Ils attaquent encore, comme ils ont commencé à le faire, à l'appareil répressif iranien. Et encore une fois, la répression, il y va à plein régime. Il y a eu 9 ou 10 exécutions depuis une semaine. Les arrestations se multiplient. Même si D.Trump et B.Nétanyahou disent pour le moment aux Iraniens qu'il ne faut pas sortir car ce n'est pas sécurisé pour eux, ils continuent de tenter de frapper l'appareil sécuritaire pour que les Iraniens puissent ensuite ressortir dans la rue. Je me demande naïvement... Quand ils étaient dans la rue en janvier, pourquoi ce n'est pas à ce moment-là que la guerre a eu lieu? - Gal J.-P.Perruche: Parce qu'ils n'étaient pas prêts. - G.Lagane: Les éléments militaires n'étaient pas là. - Gal J.-P.Perruche: Regardez ce qu'il y avait de déployé

28:41

à l'époque dans cette région. La réponse est dans la question. Ils n'étaient pas prêts. Il y a un manque de synchronisation. Dans les premiers commentaires que j'ai pu faire au tout début de l'opération, je me demandais quel était l'objectif politique en lien avec l'action militaire. C'est toujours ça qui a été déphasé jusqu'à maintenant. - C.Roux: Est-ce qu'il y a une domination incontestable de l'armée américaine et israélienne vis-à-vis de cette guerre mosaïque iranienne? On voit la capacité de nuisance des Iraniens. On parlait du temps du côté des Iraniens. Est-ce que, jour après jour, les armées américaine et israélienne fragilisent de manière très significative l'armée et les capacités de nuisance iraniennes? - Gal J.-P.Perruche: Si on se réfère aux faits, je constate

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qu'aujourd'hui encore, après 38 ou 39 jours de guerre, le système iranien politico-militaire continue de fonctionner et que les frappes qu'ils font ne sont pas des frappes désespérées, de gens qui tirent le dernier missile. Elles sont ciblées. On disait tout à l'heure qu'on voyait une réduction du côté des Iraniens pour les frappes de missiles. C'est vrai. Il y a un affaiblissement considérable de leur stock. Ce n'est pas le cas des drones. Ils continuent de les gérer tactiquement. On a vu encore aujourd'hui une salve de missiles qui sont partis sur Israël avec une destruction à Haïfa avec pas mal de dégâts

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et des morts. Ce système de commandement et de contrôle politico-militaire, malgré l'étêtement pratiqué, continue de fonctionner. - C.Roux: Ca vous surprend? - Gal J.-P.Perruche: J'avais bien compris que les Iraniens s'étaient préparés de façon très décentralisée pour conserver... Mais quand même, cette unité d'action qu'ils conservent aujourd'hui m'étonne un peu. - F.Encel: Avec les distractions de la dangerosité balistique que niaient les Iraniens...

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Ils ont réussi à propulser un missile sur quasiment 4000 km, sur une base américaine en plein océan Indien alors qu'ils démentaient qu'ils travaillaient à ce type de missiles. Donc comment les croire sur le plan nucléaire? Pour revenir sur le plan militaire, ils n'ont pas de marine de guerre ni d'aviation de combat. Ils ont une capacité de nuisance. C'est ce qui gêne les Américains. Dans une guerre considérée comme asymétrique, on est toujours beaucoup plus exigeant vis-à-vis du plus fort, en se demandant quand est-ce qu'il va enfin écraser le plus faible. Sauf que cette capacité de nuisance ne suffit pas au régime iranien, même s'il reste en place. Je crois qu'il va rester en place. J'espère me tromper. Mais il restera en place avec une capacité de nuisance régionale absolument affaiblie.

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L'espace aérien iranien, on le sait depuis juin 2025, il est nu. On le voit bien tous les jours. Si ce régime reste en place et qu'il essaie de reconstituer une capacité balistique, ce sera extrêmement difficile. Je n'imagine pas que les Israéliens et les Américains, une fois la guerre de haute intensité achevée... Je n'imagine pas qu'après cela, si le régime reste en place, il ne soit pas surveillé au dernier degré dans un espace aérien qui ne lui appartient plus. - C.Roux: Ils arrivent encore à cibler des avions de combat américains. C'est ce qui s'est passé, avec un des épisodes qui restera

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un épisode marquant de ce conflit, avec 2 pilotes américains qui ont été abattus. - Gal J.-P.Perruche: A l'avenir, l'armée américaine et le président lui-même vont prendre des précautions pour éviter que le scénario qu'on a connu ce week-end se reproduise. Rien ne dit que la prochaine fois qu'il y aura 2 avions qui seront descendus, on va pouvoir récupérer les pilotes. - C.Roux: On y vient. C'est l'unité spéciale de la marine américaine SEAL Team Six, connue pour avoir participé à l'opération contre Ben Laden en 2011, qui a participé à cette opération hors normes: exfiltrer sur le territoire iranien un pilote qui s'était écrasé. Il s'est caché pendant 30 heures dans les montagnes. Récit d'une mission sauvetage techniquement périlleuse

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et politiquement essentielle pour la crédibilité de l'armée américaine. - C'est un extraordinaire retournement de situation. Les Etats-Unis ont secouru le 2e membre d'équipage. - Une mission extraordinaire. Une opération conjointe entre l'armée et la CIA. - L'Amérique souffle. 2 jours après le crash d'un de ses avions F-15E et l'éjection des 2 pilotes au-dessus de l'Iran, D.Trump et son allié israélien annoncent la bonne nouvelle. - B.Nétanyahou: Cette opération de sauvetage renforce ce principe

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sacré: on ne laisse personne derrière. - Les 2 pilotes se sont retrouvés isolés en plein territoire ennemi après leur éjection. Leur siège est même retrouvé. Seront-ils capturés ou sauvés? Compte à rebours dans les médias américains et traque par l'Iran. - Si vous les capturez et livrez vivants un ou plusieurs pilotes et les donnez aux forces de l'ordre et aux forces militaires, vous recevrez une précieuse récompense. - Leur tête est mise à prix. Les Gardiens de la révolution et les milices locales

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des bassidjis ratissent la région. - Vous allez le trouver? - Si tu le veux, on le trouvera. - L'un des pilotes est rapidement sauvé, récupéré par l'armée américaine. L'autre, un colonel, va rester caché pendant 36 heures. Il s'est spécialement entraîné à ces situations dans des stages de survie. Il faut apprendre à se cacher, utiliser cette radio très spéciale pour être localisé. Lors d'une éjection, les moyens sont rudimentaires. - Il a un équipement très léger. Il a très peu de rations, un peu d'eau et le voilà en plein désert, essayant d'échapper à une multitude d'Iraniens motivés par cette récompense. - Cette énorme opération de sauvetage mobilise des dizaines d'avions. Ici, des hélicoptères américains se font tirer dessus par des Iraniens. 2 Black Hawk et un avion A10 sont perdus.

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Des forces spéciales sont également déployées. Parmi elles, sans doute des militaires spécialistes de ces sauvetages à haut risque, les Pararescue Jumpers, surnommés les PJ. - C'est un spécialiste des techniques de sauvetage, en plus d'être un médecin de combat. On peut être rattaché à une autre équipe d'opérations spéciales. - La CIA aurait repéré le pilote à 20 kilomètres au sud d'Ispahan, dans la montagne, à 2000 m d'altitude. Des avions se posent sur une piste de fortune à quelques kilomètres. - La CIA a été méticuleuse. Ils ont dit que le pilote avait été secouru alors même

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qu'ils étaient en train d'organiser l'opération. - Selon le "New York Times", d'autres forces spéciales, les Navy SEALs partent l'exfiltrer d'une crevasse. Mais l'avion se serait embourbé sur la piste. D'autres appareils sont utilisés pour les évacuer. Les Américains détruisent leurs propres avions. L'Iran s'en félicite, diffuse ses trophées et l'utilise dans sa communication. - Cela a été fait dans le but d'éviter la disgrâce de Trump, le président des Etats-Unis. Ce président ignorant est pris au piège dans le bourbier de la guerre et dans l'agression qu'il a lui-même déclenchée. -5 Iraniens auraient été tués dans cette opération de sauvetage. Le pilote américain, lui, est grièvement blessé.

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- C.Roux: D.Trump n'avait pas le choix. Il fallait qu'il récupère ce soldat. - Gal J.-P.Perruche: Effectivement, les événements militaires n'ont pas du tout la même valeur selon qu'il s'agit de l'armée américaine ou iranienne. On parle d'un seul homme et on voit que sa survie avait une importance stratégique considérable. On apprécie les événements militaires en fonction de leur retentissement politique et stratégique. Là, il fallait vraiment sauver ce pilote. La procédure de récupération des pilotes est un peu la même dans tous les pays, un peu modernes, développés. A partir de l'éjection, un signal est lancé.

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L'alerte mobilisation est déclenchée. En fonction des positions, du terrain, on mobilise un certain nombre de moyens. On échafaude alors une opération de récupération pour le pilote. Ce qui m'interroge, c'est qu'il a fallu 30 heures. - C.Roux: C'est beaucoup? - Gal J.-P.Perruche: Oui. On dit qu'au-delà de 48 heures, la probabilité de pouvoir récupérer les pilotes devient très mince. Là, on était à un peu plus de 30 heures, c'est beaucoup. Pourquoi ont-ils été si rapides à récupérer le premier pilote et si "lents" à récupérer le second? - C.Roux: C'est une opération très coûteuse pour les Américains. Question, justement. - Gal J.-P.Perruche: Absolument. Il ne faut rien laisser... C'est pour ça que, quand les Iraniens, dans leurs commentaires, disent qu'ils ont abattu des hélicoptères,

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on voit bien dans les ruines qu'il n'y a pas de ruines d'hélicoptères, mais des ruines d'avions. - C.Roux: Sachant que la CIA a fait une campagne de désinformation pour brouiller les pistes. - Gal J.-P.Perruche: Ca fait partie des façons de tromper le jeu, la connaissance de la situation de la part de l'adversaire. Je crois que le cas particulier, c'est que le pilote aurait été récupéré par des gens, mais dans un véhicule, et qu'il serait déjà très loin de la zone des combats.

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des gens, ou en étendant la zone de recherche. - C.Roux: G.Lagane, sur ce sauvetage et l'importance qu'il pouvait revêtir à 38 jours de guerre, au moment où on explique parfois que D.Trump est dans le piège de la guerre en Iran? - G.Lagane: C'est dans le champ des perceptions... Dès le 2e ou le 3e jour de la guerre, voyant que le régime iranien tenait, on a commencé à parler d'enlisement et de difficultés. On aura un probablement encore plusieurs semaines de combat et de commentaires où on dira que les Américains n'y arrivent pas. - C.Roux: Vous dites qu'il n'est pas dans le piège iranien? - G.Lagane: Il y est certainement... Quand vous engagez une opération militaire, vous n'êtes jamais

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à 100 % sûr que vous allez gagner, qu'il n'y aura aucun mort, qu'il n'y aura aucune difficulté... Dans la nature de la guerre, le risque existe. Si on en croit le récit qui a été fait de cette opération, elle a été montée par les Américains avec une certaine maestria, même s'ils ont eu de la chance. Mais elle démontre aussi que les Iraniens, dont on disait que sur le plan terrestre, ils retrouvaient un avantage par rapport aux Américains... Ils arrivent pas à retrouver un étranger sur leur sol, alors qu'ils en ont la localisation et les Américains arrivent à l'exfiltrer. Par rapport à toutes les discussions qu'on peut

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avoir sur cette intervention, ça envoie quand même le message que l'armée américaine est en nette domination. - C.Roux: Quand vous parliez d'une offensive terrestre, chaque fois qu'on disait "mais non, jamais ils débarqueront, ils rentreraient sur un terrain de guerre qu'ils ne connaissent pas"... Vous considérez que c'est plutôt... - G.Lagane: C'était une opération vraiment difficile. Là, c'est un accident. Ils étaient au milieu d'une région montagneuse quadrillée par les bassidjis. L'Iran n'est pas un pays désert. Il est occupé par une population avec une administration, un réseau de sécurité... Il y avait toutes les raisons que ça échoue. Il y a la longue histoire pour les Américains de la relation avec l'Iran et de l'échec de 1980, quand ils ont voulu

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délivrer les diplomates tenus en otage par les Iraniens et qu'ils n'y sont pas parvenus. Il y a une forme de revanche sur l'histoire. - M.Pirzadeh: D'ailleurs, cette carcasse d'avion... J'ai tout de suite fait le parallèle avec cette opération pour exfiltrer les diplomates américains en 1980. C'est un vrai traumatisme pour les Américains pris en otage à l'ambassade américaine. Il y a eu une tempête de sable. Les carcasses d'avions sont toujours exposées à l'ambassade américaine, qui est depuis devenue "Le Musée de l'arrogance américaine", le fait d'armes des Iraniens. Ils y ont vu une nouvelle vengeance divine.

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On parle des militaires, mais on peut aussi parler du poids des mots et des images. Quand on voit des Iraniens que l'on dit en infériorité numérique dire qu'ils ont abattu 2 F-15, qu'un pilote se cache chez eux... Ca aurait pu très mal tourner. Quand des Américains ont été pris en otage par la République islamique il y a 15 ou 20 ans, en se retrouvant malencontreusement dans les eaux territoriales iraniennes, on se souvient de leurs images utilisées par les Iraniens. Ca aurait pu mettre fin à la guerre, pousser D.Trump à donner des concessions au régime...

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Si ce pilote avait été retrouvé par le régime... - C.Roux: Il aurait été instrumentalisé. - M.Pirzadeh: Et c'est ce qui est intéressant. - C.Roux: Ils ont communiqué sur le fait d'avoir abattu 2 F-15. - M.Pirzadeh: Ils ont construit un petit aéroport de fortune à côté d'Ispahan, une grande ville. Ils ont construit un aéroport à une quarantaine de kilomètres d'Ispahan, dans le désert. Le terrain est montagneux et désertique. Les Américains devraient le connaître, pour l'avoir pratiqué il y a 40 ans. - F.Encel: Toujours avec cette relativisation du terme d'enlisement. Les Américains se sont enlisés au Vietnam pendant environ 10 ans.

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On est à 38 ou 39 jours. Pour ceux qui subissent la guerre, c'est 39 jours de trop, mais il est très prématuré... - C.Roux: Pardon, je vous coupe. Je dis ça parce qu'il est capable de nous dire "c'est fini dans quelques jours", "ça va durer 5 jours", "dans les 2 semaines, c'est plié "... On pensait qu'il y avait une forme de calendrier américain, comme ils l'ont fait par le passé, avec des opérations très ciblées et rapides, comme la guerre des Douze Jours. C'est peut-être pour ça que vient très vite l'interrogation sur la durée. - F.Encel: C'est juste, mais on devrait écouter

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différemment Trump et tenir compte du fait qu'il est extraordinairement imprévisible. Il vit dans une absence totale de surmoi, avec un ego surdimensionné. C'est en fonction de cette grille qu'il faut l'analyser. Vous évoquiez la guerre des Douze Jours... Elle est essentiellement irano-israélienne. Les Américains ont largué une bombe, mais ils n'ont pas envoyé le moindre soldat. Quand on remonte dans le temps, quand une puissance intervient de manière massive, il est difficile de parler d'enlisement, surtout quand il n'y a pas de troupes au sol, avant plusieurs semaines voire plusieurs mois. - C.Roux: Un ancien conseiller de J.Biden et de B.Obama a expliqué dans "La Tribune Dimanche" que D.Trump avait mal à prévoir les conséquences. Peut-il être surpris?

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On parle des conséquences économiques et... - G.Lagane: C'est comme si vous demandiez à un opposant... - C.Roux: J'ai précisé qu'il avait été conseillé de J.Biden et de B.Obama. - G.Lagane: C'est vrai qu'on a du mal à comprendre. - C.Roux: Un mot sur la purge dans l'entourage de P.Hegseth, dans le ministère des Armées? Le chef d'état-major de l'armée et 2 autres généraux ont été évincés. Au milieu de cette guerre, il y a une espèce de purge. Ce sont les mots du "Wall Street Journal". 17 gradés américains ont été limogés ou contraints de démissionner depuis l'arrivée de P.Hegseth. Que se passe-t-il? - Gal J.-P.Perruche: Il y a 2 façons de juger de la relation

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que le militaire, surtout le militaire responsable comme un chef d'état-major, peut avoir avec la politique. Soit c'est quelqu'un qui prend ce que dit le politique et dit qu'il va faire de son mieux, s'arranger pour que ça marche... Ou vous avez le militaire plus responsable, ma conception du chef, qui dit au politique: "Attention, vous allez avoir tel problème, telle difficulté. Et s'il se passe ça?" La plupart des politiques prennent ça en considération et en tiennent compte dans leurs décisions, notamment pour déterminer les objectifs politiques de l'action militaire.

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Et vous avez les autocrates ou les gens qui n'ont pas de surmoi comme D.Trump. Il ressemble davantage à un dictateur. Je nous renvoie à l'histoire, à Hitler, qui avait convaincu son armée qu'envoyer un corps d'armée à travers l'Ardennais ne posait pas de problème alors que c'est une zone très forestière. Il fallait que les chars se déplacent sur des voies très étroites. Si on déplaçait les chars de tête, il y avait plus d'offensive. Mais les Français, à l'époque, n'ont pas cru l'observateur qui leur disait qu'ils étaient en train de rentrer dans l'Ardennois pour percer notre dispositif. Personne n'y a cru. Ca a été gagnant. Suite à quoi, il a dit: "Vous voyez, les militaires... C'est moi qui ai raison." Ca illustre bien l'attitude de l'autocrate par rapport à ses militaires. Il veut des militaires tout à fait loyaux, fidèles... - C.Roux: En général, un militaire, ça exécute les ordres. - Gal J.-P.Perruche: Mais ça n'exempte pas de l'expertise technique qu'il doit au politique.

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On a eu aussi des exemples chez nous. - C.Roux: C'est l'un des pays du Golfe avec lesquels Trump a des intérêts stratégiques: les Emirats arabes unis. Depuis 1995, Paris a noué des accords de défense avec 3 bases militaires, des militaires sur place... La France assure une mission défensive avec son partenaire. Des Rafale, des chars Leclerc et des canons Caesar sont engagés pour répondre aux attaques iraniennes. Mais que recouvre réellement cet accord de défense? - Sans relâche, ils sont pris pour cible par l'Iran depuis plus d'un mois. Les Emirats arabes unis et leurs infrastructures énergétiques et militaires. Comme ces bases où des forces françaises sont déployées. Riposte dans les airs. Les forces armées françaises défendent le territoire émirati et abattent plusieurs dizaines de drones et missiles iraniens. - E.Macron: Les dégâts ne sont que matériels et limités. Il n'y a aucun blessé à déplorer.

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Mais tout cela nous conduit à rehausser notre posture et notre accompagnement défensif pour être aux côtés de ceux avec lesquels nous avons des traités de défense. - La France est présente dans 3 bases militaires des Emirats, navales, aériennes et terrestres. 900 soldats y sont mobilisés. 1995, début de la coopération entre les 2 pays. A l'époque, les Emirats arabes unis s'inquiètent déjà d'être ciblés par l'Iran. ... 14 ans plus tard, l'accord est renforcé. N.Sarkozy inaugure la base navale française à Abou Dhabi, une première dans le golfe Persique. Le président français voit l'intérêt d'une présence militaire près du stratégique détroit d'Ormuz. - N.Sarkozy: Il nous faut travailler ensemble pour lutter contre la volatilité des prix du pétrole.

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La volatilité des prix du pétrole ne fait l'affaire de personne. Ni des producteurs ni des consommateurs. Voilà un sujet sur lequel la France et les Emirats doivent prendre rapidement des initiatives communes. S'il devait leur arriver quoi que ce soit, nous serions, Altesse, à vos côtés. - Les 2 pays coopèrent aujourd'hui aussi avec des entraînements militaires conjoints. Ici, un exercice annuel dans le désert présenté dans cette vidéo par un officier du 5e régiment de cuirassiers.

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- Les militaires français agissent avec leurs homologues émiratis autour de scénarios qui associent main-d'oeuvre tactique, combat militaire désertique, combat en zone urbaine... - Une présence qui se traduit en actes. En 2022, la France déploie des missile sol-air pour se protéger des Houthis qui ciblent Abou Dhabi. Puis, soutien préventif lors de la guerre des Douze Jours. - E.Macron: La France est une des seules nations étrangères dont les militaires sont présents avec leurs familles et qui sont présents en toute occasion, même lors des derniers événements où on a vu la péninsule prise pour cible. Voilà une des plus belles marques de confiance

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dont nous puissions témoigner au pays qui nous accueille. - La coopération passe aussi par de gros contrats. Missiles, chars et surtout avions de chasse... Fin 2021, une commande record de 80 Rafale français. Les autorités des 2 pays restent discrètes sur les détails et préfèrent célébrer leur coopération culturelle, comme lors de l'inauguration du Louvre à Abou Dhabi. - C'est un projet qui nécessite non seulement le dialogue et la communication entre les civilisations, mais aussi une alliance entre les civilisations, une alliance qui protège la civilisation humaine de ses ennemis. L'Emirat n'a pas trouvé de meilleur allié et ami

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que la République française pour partager cet objectif humain noble. - Ces 10 dernières années, les Emirats arabes unis sont devenus les premiers acheteurs d'armement français, avec 21 milliards d'euros de commandes. - C.Roux: Peuvent-ils nous demander plus que ce que nous faisons aujourd'hui? - Gal J.-P.Perruche: Le président a pris une ligne claire: on agit en défensive, c'est-à-dire pour défendre l'espace aérien des Emirats, notamment. Le problème serait si, comme je l'ai lu récemment, les Emirats envisageaient de se joindre aux Américains pour attaquer l'Iran. A ce moment-là, on défendrait vraiment quelqu'un qui attaque l'Iran. La situation deviendrait compliquée. Mais jusqu'ici, on se tient à notre ligne politique.

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On respecte nos accords de défense signés dès 2009 avec les Emirats. On défend leur espace aérien et l'intégrité de leur territoire, etc. Le problème serait si les Emiratis allaient plus loin. - C.Roux: C'est ça. On a parfois des déclarations qui tournent un peu autour de cette ligne. Encore une citation, aujourd'hui, par l'AFP, d'un haut responsable des Emirats: "Les Emirats sont prêts à se joindre à tout effort mené par les Etats-Unis pour rouvrir le détroit d'Ormuz."

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Depuis le début, on se demande s'ils vont, d'une manière ou d'une autre, s'engager davantage dans le conflit. - F.Encel: Si les Emirats, les Saoudiens ou le Koweït s'engagent dans ce conflit, ils le feront ensemble, dans le cadre de coopération du Golfe. Sur le plan militaire, je vois pas bien ce que ça apporterait par rapport à la puissance de frappe et la détermination massive des Israéliens et des Américains. Enfin, je me demande dans quelle mesure ces capitales ne cherchent pas précisément à capitaliser au moment où les diplomates se retrouveront sur le tapis vert dont ils sont accoutumés après les phases défensives de la guerre

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pour dire: "Vous, Iraniens, nous avez attaqués. On aurait, dans le droit national, eu toute latitude pour riposter. On ne l'a pas fait. Voici nos exigences." Il y a une hypothèse à évoquer avec diplomatie. Ces armées, sauf l'armée émirati, qui a montré, au Yémen, qu'elle savait se battre... On peut retourner le problème dans tous les sens. Il y a manifestement un problème de capacités et compétences militaires de la base des pétromonarchies du Golfe, alors même que le matériel qu'ils achètent quantitativement et qualitativement correspond à des montants phénoménaux ces dernières années. - G.Lagane: Le premier élément, c'est peut-être que la guerre qui a commencé depuis maintenant 38 jours reste existentielle pour l'Iran, mais peut-être tout autant pour les monarchies du Golfe. Il faut mesurer ce que représente cette guerre pour ces Etats très récents, qui ont à peine 50 ans. Eux qui avaient construit leur modèle par l'exportation de pétrole via le détroit d'Ormuz et l'accueil de touristes...

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C'est une remise en question totale. Quand bien même il y aurait demain un cessez-le-feu, à tout moment, le détroit peut être fermé, les capitales des Etats du Golfe peuvent être visées... Tout le modèle est à revoir. Même si ces Etats sont ouverts à des solutions diplomatiques, ils vont essayer d'escalader. Leur objectif sera que la menace iranienne soit définitivement éradiquée. Vont-ils mobiliser leurs capacités? Frédéric a raison de dire que l'aspect opérationnel n'est pas toujours majeur dans ces armées, mais ils ont quand même 80 Rafale. Ce sont d'excellents avions. S'ils entraient en lice... On ne sait pas bien ce qu'il se passe

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derrière les radars. Là où je rejoins Frédéric, c'est que ça se ferait en coopération. Je pense que ceux qui vont donner le la, ce sera probablement les Emirati, parce qu'ils ont une capacité militaire, qu'ils sont très liés à Israël... - C.Roux: Ils sont très liés, aussi. - G.Lagane: Du fait des accords d'Abraham. Mais l'Arabie saoudite est aussi dans une rivalité historique avec l'Iran et est frappée dans sa capitale. C'est une humiliation. - M.Pirzadeh: Je me pose une question depuis 38 jours: pourquoi les Emirats ne s'attaquent pas à la manne financière des Gardiens de la révolution? Tous les comptes des Gardiens de la révolution

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se trouvent dans les Emirats. Geler ces comptes pourrait déjà stopper... - C.Roux: Ca enverrait peut-être un mauvais signal aux investisseurs. - M.Pirzadeh: Vous avez totalement raison. Ce doit être ça. Mais si les infrastructures énergétiques ou de dessalement sont attaquées en Iran, ils ont promis la réciprocité. Les Emirats, Oman, tout le Golfe dépend en grande partie du dessalement. L'eau, dans ces régions, c'est aussi important que le pétrole. Si les usines de dessalement d'eau de mer sont attaquées, est-ce que ça ne va pas changer la donne et les pousser à entrer en guerre?

58:09

- C.Roux: On parlait du fait que D.Trump frappe les infrastructures civiles, électriques... On se demandait si c'était en contradiction avec le droit international. Il s'en moque, il vient de le dire. Trump ne "s'inquiète pas de commettre des crimes de guerre". On revient à vos questions. Question. - F.Encel: Si. Je pense que c'est d'autant plus vrai qu'en temps de guerre, en général, vous suivez le chef. C'est vrai dans une démocratie qui n'a jamais cessé d'être

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en guerre depuis pratiquement 45. Constitutionnellement, aux Etats-Unis, le président est vraiment le chef des armées, comme en France. D.Trump en joue beaucoup. Ce sauvetage a été positif. Je rejoins le général: si ça n'avait pas été le cas, ç'aurait été catastrophique. - C.Roux: Question. - M.Pirzadeh: Je ne suis pas sûre qu'améliorer le sort du peuple iranien a été ce qui l'a motivé à entrer en guerre ou à négocier. On est en train de négocier pour débloquer le détroit d'Ormuz. On ne parle plus du tout des 440 kg d'uranium enrichi, qui étaient un des buts de guerre de D.Trump.

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On est au bord d'un Iran potentiellement nucléarisé. La population est la grande oubliée de cette guerre et c'est très dommageable. - C.Roux: Faute d'images, aussi. - M.Pirzadeh: Faute d'images, oui. Mais la différence de traitement entre ce qui se passe en Iran et au Liban est criante. Quand des missiles tombent sur Haïfa ou au Liban, on a des images. En Iran, les journalistes n'ont pas le droit de travailler ou se tiennent aux informations factuelles sans pouvoir se rendre sur les lieux des frappes. Et black-out... L'Iran, aujourd'hui, c'est la plus grande coupure Internet jamais orchestrée à l'échelle internationale depuis la création d'Internet. - C.Roux: Question. Nous en parlions ce soir.

1:00:21

- F.Encel: Si, si. - Gal J.-P.Perruche: Ils prétendaient attaquer les bases américaines qui se trouvaient dans ce territoire. C'était leur 1er objectif. Par manque de précision ou de volonté, ils ne les ont pas... - C.Roux: C'est vrai que les usines de dessalement au Bahreïn, notamment... - G.Lagane: Au Koweït, ils ont frappé une usine de dessalement et ont dit que ce n'était pas eux qui l'avaient fait mais les Israéliens, en se faisant passer pour les Iraniens. On sait que le rapport entre le régime iranien et la vérité...

1:01:05

- F.Encel: Et à Oman, je ne crois pas qu'il y ait de bases américaines, mais Oman a été frappée, comme l'Azerbaïdjan. Il y a plusieurs zones du Conseil de coopération du Golfe qui ne sont pas du tout militaires, qui n'ont pas un seul soldat américain, et qui ont été frappées par l'Iran. - C.Roux: Et si on veut parler de mensonges et de duperies, les Iraniens parlent d'une duperie avec l'exfiltration de ce soldat américain, disant qu'il s'agissait de tenter de récupérer

1:01:48

les 440 kg d'uranium enrichi. Propagande classique du régime iranien. - M.Pirzadeh: Ils disent que ce sont les Américains eux-mêmes qui ont abattu les avions en question. - G.Lagane: Je ne suis pas sûr que la population soit complètement oubliée par les Américains, mais on a affaire au président Trump. La puissance militaire a été dévalorisée par les échecs de l'Afghanistan et de l'Irak. Dire qu'on va aller apporter la liberté aux Iraniens, c'est pas très vendeur. - M.Pirzadeh: Ils n'assument pas un changement de régime comme le font les Israéliens. - G.Lagane: Il y a plusieurs discours, mais pas celui-ci. - C.Roux: Question. Sans doute qu'il va en parler. C'est dans quelques instants, à 19h, heure de Paris. Question. - Gal J.-P.Perruche: Trump est capable de tout dire

1:02:33

et son contraire. Il veut monopoliser l'horloge. C'est lui, le maître des horloges. La communication qu'il y a autour n'a aucune importance. C'est pour déstabiliser les gens qui l'écoutent. - C.Roux: Question. - M.Pirzadeh: Non. - G.Lagane: Il faut demander aux Iraniens. - F.Encel: Je ne pense pas, pour une raison simple: il n'a jamais eu de but de guerre extrêmement clair.