État des lycées normands : le vice-président de la région Normandie répond aux critiques
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 30 %Attaque 50 %Défensif 20 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:27OuverteRéponse directe
Êtes-vous soulagé ? Les lycées ne sont plus pris pour cibles comparé à jeudi dernier ?
- 1:33OuverteRéponse directe
Est-ce que vous trouvez normal qu'un chef d'établissement paie de sa poche l'embauche de vigiles ?
- 2:45OuverteRéponse directe
Que répondez-vous à Nicolas Maillard-Rossignol qui dénonce des lycées dans un état lamentable ?
- 3:43OuverteRéponse directe
Des lycéens disent qu'il n'y a pas assez de tables et de chaises dans les classes. Que répondez-vous ?
- 4:56OuverteRéponse directe
Vous avez vu l'image d'une adolescente maîtrisée par un policier au lycée Leclerc-Navar à Alençon. Vous avez été choqué ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 1:01InvitéChiffre
« On est à plusieurs millions de dégâts à ce jour. »
- 1:56InvitéFait
« L'argent des lycées, il vient uniquement de la région de la dotation globale de fonctionnement. »
- 2:07InvitéFait
« C'est nous qui payons tout pour les établissements dès lors que ça concerne nos compétences légales. »
- 3:08InvitéChiffre
« Nous, depuis dix ans, en moyenne, on investit 40% de plus que lui quand il était président. »
- 4:08InvitéChiffre
« L'année dernière, on a acheté pour 630 000 euros de chaises et de tables pour les lycées normands. »
Temps de parole
- Invité61 %
- Invité politique30 %
- Présentateur6 %
- ?3 %
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Le réveil 100% local, ici matin.
Bon
réveil, merci d'être là au lendemain d'une nouvelle mobilisation des lycéens. L'invité d'ici matin, ce matin, Bertrand Deniau, vice-président de la région Normandie et en charge des lycées. Il répond ce matin à vos questions, Jean-Baptiste Marie.
Bonjour Bertrand Deniau. Bonjour. Êtes-vous soulagé ? Les lycées, je parle, des bâtiments ne sont plus pris pour cibles comparé à jeudi dernier. Par exemple, notamment en Seine-Maritime, où plusieurs établissements ont été victimes d'incendies, comme par exemple Blaise Pascal à Rouen.
Comme disait Laetitia Bonaparte, pourvu que ça dure. Oui, on est soulagé parce qu'il y a moins de violence, il y
a
moins d'agression, il y
a
moins de dégradation. Mais ça reste fragile et chaque jour, on nous réserve sans doute de mauvaises surprises, donc on va rester prudents.
Vous avez avancé dans le chiffrage des dégâts à l'échelle de la région. Je rappelle que la compétence des lycées, c'est celle de la collectivité, la vôtre.
Oui,
nous,
on
est les propriétaires des murs, notamment. On est à plusieurs millions de dégâts à ce jour. Il y a eu des incendies,
il
y a eu des carreaux de cassé,
il y
a eu des portes fracturées, il y
a
eu des portes brûlées.
Il
y a plein de services, des systèmes informatiques et électriques détruits. Donc au total, ça fera des millions.
Vous faites un audit encore à l'heure actuelle ?
On regarde, oui, quand les agents et les services peuvent passer pour vérifier un peu les choses, on regarde ce qu'il y
a
à faire. Et puis après, il faudra le temps des travaux et des discussions d'assurance et des mises en sécurité des lycées. Donc ça va prendre et du temps et beaucoup d'argent.
Après cet événement, la sécurité de certains lycées a été mise à mal. Près de Rouen, par exemple, au lycée Val-de-Seine à Grand-Quevilly, le chef d'établissement a annoncé au professeur qu'il allait payer de sa poche l'embauche de vigiles pour sécuriser le lycée. Est-ce que vous trouvez ça normal, un ? Et deux, est-ce que ce n
'est
pas au conseil régional de prendre en charge ces frais
?
Non, ce n
'est
pas vrai. D'abord, les lycées n'ont pas de budget propre. L'argent des lycées, il vient uniquement de la région de la dotation globale de fonctionnement. Donc le proviseur, lui, charge de la sécurité et de la police de l'établissement. Donc c'est lui qui commande les vigiles, mais c'est la région qui paye ces vigiles-là et elle le fait très régulièrement. Donc c'est nous qui payons tout pour les établissements dès lors que ça concerne nos compétences légales.
Mais il existe pour certains une certaine autonomie, notamment pour l'établissement public local d'enseignement.
C
'est un acronyme encore de l'administration,
l
'EPLE, mais c'est ce qu'a affirmé en tout cas ce
chef
d'établissement.
Chaque lycée est un EPLE et chaque lycée a son autonomie dans la gestion des fonds qui lui sont versés par la région. C'est une dotation globale.
Donc vous dites ce matin, c
'est faux, ce chef d'établissement ne va pas rémunérer des agents de sécurité sur son
propre budget. C'est de l
'argent de la région, c'est peut-être de l'argent qu'il a gardé d'autres années, qu'il n
'a
pas dépensé d'autres années sur la dotation globale de fonctionnement, mais c'est des fonds régions au départ.
Alors lundi, Nicolas Maillard-Rossignol, le maire socialiste de Rouen, a dénoncé sur Ici Normandie, je le cite, des lycées dans un état lamentable avec certaines situations catastrophiques. Que lui répondez-vous Bertrand Deniau ?
Il
y a
un proverbe chinois qui dit qu'avant de parler,
il
faut d'abord se demander si ce qu'on a à dire est plus important qu'un silence, et je pense qu'il aurait dû se l'appliquer une fois de plus. C'est
-à
-dire ? C'est-à-dire qu'il est bien placé pour savoir que quand il était président de région, il n'investissait pas un centime ou presque dans les lycées, parce que nous, depuis dix ans, en moyenne, on investit 40% de plus
que
lui quand il était président. Et il nous a laissé des ruines absolues, je pense au lycée de Forges-les-Eaux, où ça nous a coûté 6,5
millions
pour refaire le lycée. En Seine-Maritime ? En Seine-Maritime ? On parle, il apparaît sur vos ondes du lycée de Conteleux, qu'il a rafistolé quand il y avait déjà des fuites il y
a
quelques années, et maintenant on est obligé de faire des gros travaux pour réparer ses fuites. Donc, il n'est pas le mieux placé vraiment pour parler de l'état des lycées, parce que vu l'état du parc qu'il a laissé quand il a été battu, vraiment, ça a laissé à désirer.
Bertrand Deniau, il y a
aussi des investissements plus petits, entre guillemets, par exemple, on a entendu des lycéens de Victor Hugo à Caen, qui disent qu'il
n
'y a pas assez de tables et de chaises dans les classes. Il y a aussi la question de la chaleur, par exemple, dans le lycée Malher-Bacan, avec toutes ces classes exposées sud, où il a fait très chaud l'été dernier,
en
tout cas au mois de juin.
Alors, les chaises au lycée Victor Hugo, donc le lycée Victor Hugo, ce qui aurait été bien, c'est qu'il nous parle aussi de la cantine, qui vient d'être faite intégralement par la région, qui nous a coûté plus d'une dizaine de millions. L'année dernière, on a acheté pour 630 000 euros de chaises et de tables pour les lycées normands. Donc non, il ne manque pas de chaises, ça c'est faux. D'abord, les chaises,
elles
sont achetées depuis bien longtemps, et il y avait à l'époque plus de lycéens que maintenant, donc il y a plus de chaises que de lycéens dans les lycées de Normandie. Donc il
n'est pas prévu de
faire davantage d'efforts financiers ? Vous dites qu
'on
en fait suffisamment aujourd'hui ?
Non, mais pour les chaises, il y
a
ce qu'il faut, donc pour les chaises, non. Pour le reste, pour le lycée Malherme notamment, le lycée Malherme, il a été construit après-guerre, il a été construit dans des conditions de climat qui ne sont pas celles d'aujourd'hui, comme la plupart des établissements de Normandie. Donc oui, c'est un gros problème,
le
réchauffement climatique, mais c'est un réchauffement climatique qui touche tout le monde. Ça coûte des dizaines et des dizaines et des dizaines de millions, et donc quand l'État nous donne moins et nous demande de faire plus, on est obligé de faire des choix, donc ça prend un temps.
Très rapidement, s'il vous plaît,
Bertrand Deniaux, vous avez sans doute vu cette image mardi dernier d'une adolescente de 14 ans, élève du lycée Leclerc-Navar à Alençon, maîtrisée au niveau du cou par un policier, là maintenant avec le bras serré autour de sa gorge. Vous avez été choqué
? J
'ai été choqué aussi qu'elle mette le feu à une poubelle et qu'elle l'empêche le pompier d'éteindre le feu, et c'est pour ça qu'elle a été interpellée à
l'école
et non pas au cou.
Merci Bertrand Deniaux,
vice-président
de la région Normandie, d'avoir été l'invité d'ici matin. Bonne journée.
Merci, au revoir.