Cour des comptes : comment expliquer la nomination surprise d’Amélie de Montchalin ?
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Guillaume Tabar à 8h11 maintenant pour l'éditorial avec le Figaro. Guillaume, bonjour. Bonjour David.
C'est une information du Figaro. Amélie de Monchalin sera nommée à la tête de la Cour des comptes. Comment expliquer cette nomination surprise ? pas nomination surprise mais nomination nécessaire puisque la Cour des comptes n'avait plus de patron depuis le début de l'année hein Pierre Moskovici ayant rejoint la Cour des comptes européennes et comme souvent quand il a des choix de personnes à faire et bien Emmanuel Macron a pris son temps.
Donc cette humilation était attendue mais le choix d'Amélie de Monchalin qui devrait être officiellement annoncé demain au conseil du ministre ne l'était pas forcément. Elle sort tout juste de laborieuse préparation du budget 2026. Elle y a pris une part essentielle.
On y reviendra. Et donc on l'imaginait plutôt poursuivre une carrière ministérielle, d'autant que la ministre des comptes publics est jeune hein, elle vient tout juste de fêter ses 40 ans et qu'en général la première présidence de la Cour des comptes et le couronnement et le terme d'une carrière publique. Songez que si elle va au terme de son mandat, elle pourrait rester à tête de la Cour des comptes jusqu'en 2054.
Ni vous ni moi ne seront peut-être encore ici. Ben disons ce que vous êtes optimiste. Pourquoi alors Emmanuel Macron a-t-il fait ce choix ?
Bah, d'abord pour récompenser une des rares figures politiques nées par le macronisme et qui lui soit restée totalement loyal. Euh, Emmanuel Macron approche également de la fin de ses mandats et euh comme il l'a fait avec Richard Ferrand au Conseil constitutionnel, cela lui permet de placer quelques proches pour la suite. Enfin, il se fait remarquer en nomant la première femme rue Cambon.
Alors ceux qui apprécient Amélie Montchalin comme ceux qu'elle aga reconnaissent unanimement sa compétence et sa puissance de travail de qualité nécessaire à ce poste euh à l'Assemblée nationale puis au gouvernement. Il faut dire qu'elle avait un côté très techno, hein, ce qui lui avait valu quelques surnoms un peu cruels comme madame Tableau Excel ou la dame de la compta. Le sexisme est jamais très loin, hein.
Oui. Euh mais avec la préparation de ce budget impossible, elle avait révélé aussi un véritable sens tactique et politique. Peut-être un peu trop d'ailleurs, hein, car au diapason de Sébastien Lecornu, c'est elle qui a beaucoup négocié avec les socialistes et qui leur a donc énormément cédé.
Certains macronises vont jusqu'à même parler de syndrome de Stockholm en àers le PS. Et l'ironie c'est donc qu'elle a accouché d'un budget très critiquable et qu'à la tête de la Cour des comptes, c'est elle maintenant qui va devoir donner des leçons de rigueur et de maîtrise des finances publiques. Vous me direz qu'après tout, c'est ce qui est arrivé à Pierre Moscovic ici.
Alors, ce départ signifie-t-il un remaniement plus important que prévu ? Bah c'est vrai que pour l'essentiel, on attendait que le remplacement de Rachid Adati à la culture. Bon, avec les comptes publics, c'est un autre ministère important, d'autant que le budget 2027 ne sera pas plus simple à construire que le budget 2026, mais parions que même pour un an seulement, les prétendants ne manqueront pas.
Guillaume Tabar, merci. Vous retrouvez l'éditorial de Guillaume sur le figaro.fr
Amélie de Montchalin