Le grand entretien avec Yannick Jadot
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Et avec Alexandra Ben Saïd, nous recevons ce matin dans le grand entretien l'eurodéputé écologiste qui va conduire la liste verte, EELV, aux élections européennes. Beaucoup de questions, j'attends les vôtres au 01 45 24 7000 sur les réseaux sociaux et l'application France Inter. Bonjour Yannick Jadot. Bonjour. Emmanuel Macron s'est vu décerner par l'ONU le titre de champion de la Terre pour son action en faveur de l'écologie. Et du climat dans le discours qu'il a prononcé devant l'Assemblée Générale de l'ONU. Il a dit et redit quelle était l'urgence à agir en la matière.
Alors est-ce qu'en dépit de la démission de Nicolas Hulot, le président français ne reste pas l'une des voix les plus fortes sur le sujet ? Quel autre chef d'État, d'après vous Yannick Jadot, d'un pays comparable parle ainsi ?
Incontestablement, les Nations Unies ont voulu récompenser le discours d'Emmanuel Macron, notamment le discours qu'il avait fait après le retrait des États-Unis de l'accord de Paris. Donc dans ce cadre-là, on peut comprendre cette récompense. Mais vous savez, moi, au moment du discours d'Emmanuel Macron à l'Assemblée Générale des Nations Unies, j'étais à Strasbourg. J'étais à Strasbourg sur la question du projet autoroutier de contournement. J'étais avec le maire de Kopsheim. J'étais avec Germain Schell, 89 ans, qui se bat contre le saccage de la forêt de la plaine d'Alsace. J'étais avec les militants. J'étais avec la pasteur.
Et toutes ces personnes, aujourd'hui, rassemblées, qui défendent leur patrimoine naturel, qui défendent leur patrimoine culturel, qui défendent leur terroir, ont considéré qu'Emmanuel Macron n'était pas le champion de la terre, mais le champion de la terre brûlée. Donc il y a l'écologie des discours et il y a l'écologie des faits, l'écologie des actes. Ce ne sont que des mots. À l'Assemblée Générale des Nations Unies, ce sont des mots. Make the planet great again, c'est un slogan.
Mais quand le président Macron est président d'un pays, la France, dont les émissions de gaz à effet de serre ont augmenté l'année dernière, quand le président Macron décide, pour son gouvernement, de continuer à importer de l'huile de palme d'Indonésie, participant à une déforestation massive et au réchauffement climatique... Donc ce n'est pas un ami de la terre. Ce n'est pas un ami de la terre. Quand il soutient un projet de mine d'or en Guyane qui va saccager notre Amazonie, ça ne participe pas de la résolution des problèmes, ça contribue au problème.
Et quant à l'ONU, Emmanuel Macron défend le multilatéralisme lorsqu'il fustige la loi du plus fort, lorsqu'il défend cette idée que la souveraineté n'appartient pas aux nationalistes. Est-ce que là, Yannick Jadot, vous êtes dans le même camp sur les valeurs ?
Bien sûr. Bien sûr que je soutiens le multilatéralisme. Si je me bats autant pour l'Europe, c'est que je pense qu'aujourd'hui, l'Europe, au fond, c'est le front civilisationnel. Au sens où c'est l'Europe qui, aujourd'hui, peut à la fois porter dans les enceintes internationales la régulation publique de la mondialisation, un projet de paix, un projet de défense des valeurs universelles, l'état de droit, la démocratie, les libertés individuelles. Si je défends l'Europe, c'est parce que je considère qu'on a absolument besoin de l'Europe pour la protection de la santé et de l'environnement. Donc bien sûr que le nationalisme, à la fin, comme le disait Mitterrand, c'est toujours la guerre.
Mais quand il s'agit d'agir, quand il s'agit de porter justement ce projet européen, moi j'ai entendu le président Macron au Parlement européen. Il a parlé de souveraineté européenne, bravo. De souveraineté climatique, bravo. De souveraineté alimentaire, bravo. Mais dans la réalité, quand il signe un accord de libre-échange avec le Canada...
Le CETA, ça fait un an, un an d'application.
Le CETA.
On n'a pas été envahi de bœufs canadiens, Yannick Jadot ?
On n'a jamais dit que ça allait arriver la première année, puisque les Canadiens sont en train de mettre en place une filière viande bovine qui se produit dans des conditions absolument abominables de souffrance animale, dans des élevages concentrationnaires, avec très peu de contrôle vétérinaire. Nous avons augmenté de 50% nos importations de pétrole issus des sables bitumineux. C'est le pétrole le plus sale qu'on peut extraire de la terre. Donc finalement, quand Emmanuel Macron soutient cet accord-là, quand il soutient la négociation d'un accord avec le Mercosur, Brésil, Argentine, Paraguay, Uruguay, ça va se transformer en saccage de l'Amazonie, encore pour élever de la viande bovine.
Et c'est au fond, ça n'est pas de la souveraineté alimentaire, ce n'est pas de la souveraineté climatique, c'est la mondialisation de la malbouffe, c'est la mondialisation de la souffrance animale, c'est l'emballement climatique qui est créé. Donc moi, les discours, bravo, mais la seule chose qui intéresse les Françaises et les Français, les Européennes et les Européens, ce sont les actes. Et pardon, sur les actes aujourd'hui, Emmanuel Macron participe davantage de la crise climatique que de sa résolution.
Quel regard portez-vous, Yannick Jadot, sur les premiers pas de François Rugy, le successeur de Nicolas Hulot ?
Le premier jour d'arrivée de François de Rugy à son ministère, Édouard Philippe a reporté à dix ans les objectifs de la loi de transition énergétique. Je pense que tout était dit. François de Rugy aura un ministère de la figuration. Je le regrette, parce que la crise écolo, elle n'attend pas l'alternance de 2022. Donc il faut absolument trouver tous les moyens pour essayer de protéger la biodiversité. Vous lui faites pas un procès d'intention sur l'éco-taxe, il semble prêt ? J'attends de voir. Tant mieux s'il le fait. Enfin !
Mais alors, qu'on m'explique pas qu'il faut faire le grand contournement de Strasbourg parce qu'il y a énormément de camions qui traversent Alsace parce qu'on n'a pas d'éco-taxe et qu'on va mettre quand même en place l'éco-taxe. Moi, j'attendais de François de Rugy qu'il arrête le massacre de la forêt.
Et sur le nucléaire, on l'a entendu très ferme sur EDF, sur la possibilité de construire de nouveaux EPR. Il a été plus que sceptique, il a été ironique. Là, il va y avoir un moment de vérité à la fin du mois d'octobre. On va avoir la feuille de route énergétique. Vous ne lui laissez pas un peu de crédit jusqu'à ce moment-là ?
Mais moi, je ne fais qu'espérer que ce gouvernement va respecter la loi. Va respecter la loi.
Il ne vous a pas rassuré par ce scepticisme ?
Est-ce que dans son histoire, François de Rugy a combattu le nucléaire ? Bien sûr. La question est, Nicolas Hulot ne voulait pas non plus des nouveaux EPR. Nicolas Hulot veut favoriser les énergies renouvelables ou voulait favoriser les énergies renouvelables et les économies d'énergie. Ce que je constate, malheureusement, c'est que la France est très en retard sur les énergies renouvelables. On n'est même pas raccord avec nos objectifs européens.
Donc, on est d'une certaine façon hors la loi européenne que nos émissions de gaz à effet de serre continuent et qu'on a toujours l'impression que finalement, c'est Édouard Philippe, le grand homme d'Areva, qui décide de la politique énergétique sur instruction d'EDF. Enfin, pardonnez-moi, on est quand même dans un pays étonnant. On nous fait matin, midi et soir l'affaire Benalla. Édouard Philippe a été patron des relations publiques d'Areva entre 2007 et 2010. Ça, ça veut dire patron du lobbying. Avec Anne Lauvergeon. À une époque où... Quel rapport avec Benalla ?
Non, ce que je veux dire, c'est que moi, j'aimerais qu'il y ait une commission d'enquête sur le fait que 1,8 milliard d'euros d'argent public a disparu d'Areva à cette époque-là sur l'affaire Uramine. 1,8 milliard d'euros. Depuis, tous les ans, on ajoute des milliards et des milliards dans le nucléaire. Pas une commission d'enquête pour savoir comment est géré cet argent, pourquoi cet argent disparaît, s'évapore. Eh bien, il y a des gens qui ont été en responsabilité. Je préférerais qu'on nous divertisse un peu moins avec Benalla et qu'on aille un peu plus sur les sujets de fond qui nous concernent.
Êtes-vous satisfait, Yannick Jadot, par la solution trouvée sur l'Aquarius, solution à plusieurs États européens, là où de nombreuses voies demandaient à la France d'accueillir le bateau ?
Ce que j'aimerais, c'est que pour un bateau qui applique une règle humanitaire de base, l'assistance à personne en danger, on n'ait pas à chaque arrivée de l'Aquarius une négociation européenne en catastrophe, en situation de crise. Ce bateau, aujourd'hui, c'est une partie de l'honneur européen. Vous savez que l'Europe confie de plus en plus aux bandes armées libyennes ou au gouvernement marocain la gestion des migrants. Ça se fait dans des conditions épouvantables que nous ne voulons pas voir. Il y a un bateau qui sauve des vies et on a l'impression que pour 58 rescapés, à chaque fois, c'est une crise européenne. Moi, j'aimerais que comme l'Europe...
Mais la réponse est européenne. Bien sûr.
J'aimerais que comme l'Europe est aujourd'hui capable de donner des passeports européens à des réfugiés politiques, l'Europe ait la fierté, l'honneur d'accorder un pavillon européen à l'Aquarius parce que finalement, ce bateau, avec d'autres, fait ce que nos gardes-côtes ne font plus ou font mal.
Donc vous ne faites pas le procès au gouvernement et à la France de ne pas accueillir le bateau ? Vous pensez qu'il faut respecter la règle européenne qui n'est pas celle-là ?
Si vous voulez, moi, quand cette affaire est sortie, j'ai été glacé par les réponses des membres du gouvernement qui consistent à dire qu'il y a des règles, le bateau doit avant arriver à Malte plutôt qu'arriver à Marseille. J'aurais aimé que le gouvernement français dise nous accueillons avec honneur, fierté, l'Aquarius qui vient de sauver des vies à Marseille. Parce qu'encore une fois, c'est l'honneur de cette association que de sauver des vies, ce serait l'honneur de l'Europe. En même temps, on ne peut pas se... Les écologistes ont proposé que SOS Méditerranée, notamment, et Médecins Sans Frontières qui travaillent sur l'Aquarius soient pris à 40.
Parce qu'on ne peut pas se désoler à la fois que l'Italie ne respecte pas les règles européennes et se désoler que la France les applique.
Alors là, si vous voulez, il y a eu 750 000 réfugiés en Italie. La réponse de la France a été d'installer une frontière à Vintimille et avec le reste de l'Italie.
Je parle de l'Aquarius.
Oui, oui, moi je parle de ce qui se passe avec l'Italie. Salvini est un monstre, mais ce monstre a été élu. Et malheureusement, les politiques européennes et les égoïsmes nationaux ont nourri la bête Salvini. Donc, moi, j'espère toujours qu'il y ait une véritable politique de droit d'asile européenne qu'on casse la corde de Dublin qui est une aberration absolue et qu'enfin, on accueille ces réfugiés avec dignité. Vous savez, juste un exemple, je discutais avec Damien Carême hier qui a rejoint notre liste pour les européennes. Le maire de Grande-Synthe qui à la fois est exemplaire sur la gestion de sa ville et à la fois exemplaire dans l'accueil des réfugiés.
Et il m'expliquait qu'un des réfugiés qui était sur Grande-Synthe aujourd'hui est un médecin syrien qui veut s'installer à Grande-Synthe parce qu'on manque de médecins à Grande-Synthe. Et bien ça, c'est un bel exemple de toutes les énergies vitales qui arrivent, y compris sur ces bateaux.
Yannick Jadot, une question de politique européenne. Manuel Valls s'en va à Barcelone. Il va faire campagne pour les municipales. Que dites-vous ? Que lui dites-vous ? Bon débarras ou bon courage ?
Bonne chance. Si vous voulez, moi, je ne fais pas un procès. Incontestablement, il était dans une impasse politique dans notre pays. Il veut construire une nouvelle aventure. Je ne partage pas les mêmes idées que Manuel Valls sur beaucoup de choses. Maintenant, il a envie de cette aventure-là. Ce seront les électeurs barcelonais qui trancheront.
Ça n'est que ça. Ça n'est qu'une gestion de carrière politique. On ne peut pas y voir une bonne nouvelle. Et elles sont rares en Europe. L'idée qu'on peut avoir une double identité politique. L'idée qu'un homme puisse se présenter au-delà de ses frontières.
Mais je trouve ça... Vous avez raison. Je trouve ça très bien. Mais Manuel Valls est toujours aussi celui qui a joué d'une sorte d'obsession nationale aussi. Y compris pour ceux qui ont la double nationalité. Donc je suis très bien aujourd'hui qu'il affirme que cette double nationalité, cette double culture, doivent être valorisées.
Allez, on file au standard. Beaucoup de questions sur France Inter ce matin. Je salue Annie. Bonjour et bienvenue. Oui, bonjour. Yannick Jadot vous écoute.
Oui, alors M. Jadot, aujourd'hui, on est bien d'accord, le plus important pour l'Europe et pour le monde, c'est l'écologie. Alors moi, je pose une question. Pourquoi ne pas faire une liste commune à gauche pour les Européennes, bien sûr, avec Benoît Hamon, Jean-Luc Mélenchon et le Parti communiste au lieu de se séparer ?
Voilà, c'est ma question. D'accord, merci Yannick. Yannick Jadot vous répond.
Vous savez, j'entends bien cette inquiétude qu'il y a à gauche à voir les forces qui se revendiquent des valeurs de gauche ou des valeurs de l'écologie se rassembler parce qu'il y a une sorte de déprime autour de la situation politique. mais je l'ai dit en début d'interview, on va se décider avec les élections européennes une partie de l'avenir de l'humanité. Quand on voit le monde tel qu'il fonctionne, quand on voit la crise écologique, l'Europe est incontestablement l'échelon indispensable. Et je sais que le groupe vert depuis 40 ans a des élus au Parlement européen.
Je sais les combats qu'on a menés, les victoires qu'on a eues, que ce soit sur l'huile de palme, que ce soit sur la pêche électrique, que ce soit sur les OGM, sur l'ambition sur les énergies renouvelables. Et je ne veux pas que dans cette élection européenne, on perde de vue ce qui est l'enjeu européen. Pour moi, l'enjeu de l'élection européenne, ce n'est pas la recomposition de la gauche française. Qu'est-ce qui vous sépare vraiment
de Jean-Luc Mélenchon, qui a fait de l'écologie l'un des axes forts, l'un des piliers de son programme ? La question d'Annie, c'est unis, on est plus forts, divisés,
ça semble suicidaire. Sauf que c'est faux, sauf que ce n'est pas exact quand il s'agit du proportionnel à un tour. Plus, au fond, on valorise ses idées, plus sa ligne est claire, et plus, finalement, on a d'élus au Parlement européen. Mais quand Jean-Luc Mélenchon veut faire de ce scrutin un référendum anti-Macron, je considère qu'il n'a pas pris la mesure de la crise qu'il y avait au niveau européen, qu'il n'a pas pris la mesure de la montée des extrêmes droites en Europe. Et pour ma part, je ne déserterai jamais du combat européen.
L'idée de renationaliser le scrutin européen pour en faire la revanche de 2017, je considère que c'est une désertion par rapport à ce qu'est l'enjeu européen aujourd'hui. Alexandra puis Antoine.
Yannick Jadot, est-ce que vous considérez que les progressistes, les démocrates, ont perdu la bataille des idées en Europe ?
Non, je ne crois pas. Les enquêtes d'opinion, au fond, montrent davantage une attente, une attente de transformation des politiques de l'Union européenne qu'au fond, une volonté de rupture avec l'Union européenne. Par contre, si les institutions européennes sont devenues détestables, le libéralisme comme horizon, la technocratie comme méthode, l'austérité comme solution, ce n'est pas le fait des anti-européens, ce n'est pas les europhobes qui ont construit ces politiques-là, c'est ceux qui ont géré l'Europe depuis des années. Ceux d'ailleurs que veut rassembler Emmanuel Macron dans une sorte de gros corps mou européen, prétendument progressiste.
Donc le débat, c'est comment révolutionner, changer l'Europe de l'intérieur, ce que font les écologistes, pour que justement, on investisse. Quand les écologistes proposent un plan d'investissement de 100 milliards d'euros par an sur les énergies renouvelables, c'est à la fois créer de l'emploi, de l'espoir pour nos jeunes, c'est créer de l'activité économique sur tous nos territoires et c'est dépendre de l'eau, du vent et de nos déchets plutôt que de Poutine, de les pétro-monarchies du Golfe ou du Gabon pour nos approvisionnements énergétiques.
Allez, on refile au standard. Bonjour Michel.
Bonjour. Bienvenue. Bonjour à vous deux. Bonjour La France Inter. Je voudrais vous poser une petite question simple. Moi, j'ai voté écolo et je crois que je ne voterai plus jamais écolo parce que l'écologie, c'est synonyme de punition. C'est toujours une écologie punitive. Par exemple, je prends l'exemple du gasoil. On nous prend vraiment pour des clowns en nous disant qu'il faut augmenter le gasoil, le gasoil. Et puis, on commence à nous dire que finalement, l'essence, ça ne polluerait peut-être pas tant que ça. En réalité, moi, je fais partie des classes moyennes, je suis un provincial, un provincial, et on nous ajoute des taxes et des taxes dans l'écolo.
Je suis désolé, mais c'est fini pour moi.
Merci Michel pour cette question. Yannick Jadot. Il a raison.
Il a raison. Je comprends parfaitement l'argument. J'ai participé au comité sur la fiscalité qui a recommandé l'alignement de la fiscalité du diesel sur celle de l'essence. Il y avait une niche fiscale sur le diesel et c'était l'alignement. Qu'est-ce qu'on recommandait à ce moment-là ? C'était de dire qu'à chaque fois qu'on va monter d'un centime, ça fait 3 à 400 millions d'euros. Ces 3 à 400 millions d'euros ne vont pas venir abonder le budget de l'État et faire des automobilistes des vaches à lait, mais vont les aider à changer de mode de transport. On va avoir dans l'année prochaine 2,8 milliards d'euros liés à cette taxation des carburants notamment et du carbone.
Ça va abonder le budget commun sous prétexte d'écologie, alors que le seul sujet, ce serait d'améliorer les petites lignes, ce serait d'investir dans le tram, ce serait d'aider beaucoup plus fortement les automobilistes à changer de véhicule. C'est ça l'écologie. Sinon, effectivement, c'est punitif.
Et ça n'est pas dans le budget. Il y a quand même une augmentation du budget de l'écologie, il y a des milliards mis sur la transition, les nouvelles mobilités, ça ne vous suffit pas ?
C'est à peu près stable au niveau du budget de l'écologie alors que c'est censé être le grand défi et je considère que c'est le grand défi.
Une augmentation de 3% ?
C'est le ministère perd à peu près 1000 emplois par an mais vous savez, l'écologie, c'est un budget, vous avez raison. Je regrette que, par exemple, toutes les aides pour installer des doubles vitrages et tout ça soient en train de disparaître mais l'écologie, au-delà du budget du ministère, est-ce qu'on interdit ou pas le glyphosate où on se retrouve dans la même situation que le chlordécone dans les Antilles ? C'est une affaire d'État,
un scandale d'État, demande un auditeur sur l'application d'Inter, cette affaire du chlordécone ? Bien sûr, bien sûr que c'est
un scandale d'État. À partir du moment où vous avez des autorités publiques qui, en toute connaissance de cause, ont autorisé l'utilisation du chlordécone pendant près de 20 ans alors que les États-Unis avaient arrêté, c'est un scandale d'État et je considère que c'est aussi un scandale d'État quand on apprend que le glyphosate est dangereux, cancérogène, qu'on apprend maintenant avec nos nouvelles études que ça participe de la très forte mortalité des abeilles et je serai dimanche avec les apiculteurs bretons pour les défendre, et bien c'est un scandale d'État de confier à la FNSEA qui doit visiblement boire du glyphosate matin, midi et soir de leur confier la sortie du glyphosate.
Voilà pour la réponse à Martin. Yannick vous demande toujours sur l'application France Inter énergie renouvelable, d'accord, mais devons-nous continuer les éoliennes qui défigurent les paysages et sont bruyantes, Yannick Jadot ?
Quand vous produisez de l'énergie, il y a toujours une pollution. C'est pour ça que les écologistes proposent d'investir massivement dans les économies d'énergie, dans l'efficacité, investir dans la rénovation de nos logements, c'est des artisans sur tous nos quartiers, sur tous nos territoires, et c'est des factures d'énergie allégées pour nos concitoyens.
Vous dites que la nuisance éolienne est moins forte que les autres.
Que la nuisance nucléaire. Eh oui, que la nuisance nucléaire. C'est moche, ça fait du bruit,
mais c'est irréversible.
Non, il y a des règles. Une éolienne tombe. Au pire, il y a un lapin qui est en difficulté. Une centrale nucléaire explose. Pardonnez-moi, c'est une catastrophe pour l'ensemble d'une région. Et je serai d'ailleurs, toujours l'écologie de terrain, vendredi, en train de visiter la première éolienne au large du Croisic qui va fournir Enercop, coopérative d'énergie renouvelable, citoyenne. C'est une très bonne nouvelle.
Allez, on file au standard pour une dernière question. Bonjour Lucille.
Oui, bonjour. Bienvenue. Justement, je vais... Bonjour et merci. Je vais enchaîner sur le scandale d'État. Et je suis tout à fait étonnée que notre président de la République, qui est un jeune homme si brillant, n'ait absolument pas compris le danger pour toute la planète. Enfin, pas pour la planète, elle s'en fout, la planète. Mais pour l'humanité, pour nous, hommes, de destruction totale à cause de cette évolution climatique pour laquelle on ne fait rien. Et alors, je voulais demander à M. Jadot, justement, si, profitant du coup d'éclat que j'ai beaucoup apprécié de M. Hulot, ce dernier ne pourrait pas lancer un vaste mouvement citoyen pour crier au secours, au secours.
En ce moment, on est en train de faire un crime contre l'humanité.
Merci, Lucille. On transmet la question à Yannick Jadot. M. Hulot, ne pourrait-il pas lancer un grand mouvement fédérateur ?
Les écologistes ont lancé un grand rassemblement des écologistes pour les européennes. La question du climat, la question de la santé, la question de la biodiversité, ce sont des questions qui doivent être traitées à l'échelle européenne. Évidemment, les pays ont une responsabilité et on le voit dans le cas de la France. Mais c'est à l'échelle européenne qu'il faut absolument organiser cette transition. Il vous manque, Nicolas Hulot ? Mais il a dit lui-même que finalement, la question de l'écologie, ce n'est pas la question de l'homme providentiel. Lui-même l'a acté dans vos studios en disant, voilà, il ne suffit pas d'être Nicolas Hulot dans un gouvernement pour que ça change.
Donc moi, je veux participer, contribuer fortement à un rassemblement des écologistes pour qu'il y ait une force politique qui soit satisfasse, madame, au fond. Quand elle dit je veux des écologistes pour agir et les écologistes au Parlement européen agissent, moi, mon sujet, c'est qu'on soit meilleur, qu'on soit plus convaincant et la démission de Nicolas Hulot est un énorme moment de clarification entre l'écologie de l'affichage qui est l'écologie de ce gouvernement et l'écologie du courage qu'incarnent les écologistes. Pour reposer la question
de Lucille, est-ce qu'il pourrait vous être utile à nouveau, Nicolas Hulot ?
Je crois que son message à la fin de l'interview chez vous, c'était laissez-moi tranquille maintenant. J'ai besoin de repos, j'ai besoin de prendre du recul et évidemment, il faut répondre à cette demande.
Merci Yannick Jadot d'avoir été au micro d'Inter. Je rappelle que vous allez conduire la liste Europe Écologie La liste des écologistes. Des écologistes, c'est mieux. Aux élections européennes, vous êtes vous-même eurodéputé. Marie-Card
nous sommes de la liste où nous avons aujourd'hui, vous avez
Yannick Jadot