Algérie : Macron engage le bras de fer avec Tebboune
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
Analyse automatique
Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie
Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 10 %Attaque 30 %Défensif 60 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 93 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:00OuverteRéponse directe
Comment expliquer ce changement de pied soudain de Macron sur l'Algérie ?
- 2:00OuverteRéponse directe
Le couple Tebboune-Macron avait de bonnes relations. Qu'est-ce qui a changé ?
- 4:00OuverteRéponse directe
Macron évoque des difficultés croissantes en matière migratoire et sécuritaire. De quoi parle-t-il ?
- 6:00RelanceRéponse partielle
L'Algérie accuse la France de s'exonérer de ses responsabilités. Le dialogue est-il encore possible ?
- 8:00OuverteRéponse directe
Macron pouvait-il s'attendre à cette réaction algérienne ?
- 10:00OuverteRéponse directe
Les visas de court séjour pour les officiels algériens : une mesure symbolique ou efficace ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 2:00S.LedouxFait
« E.Macron était très content de l'arrivée de Tebboune. Il a soutenu son arrivée à la présidence de l'Etat algérien après Bouteflika, qui était resté longtemps au pouvoir. »
- 4:00S.BrakhliaFait
« Macron dit qu'il constate "des difficultés croissantes en matière migratoire et sécuritaire avec Alger". »
- 10:00S.LedouxFait
« La présidence algérienne avait prévenu elle-même, lors d'une interview il y a plusieurs mois, que dès qu'il y aura une mesure française, il y aura réciprocité. »
- 12:00S.LedouxFait
« E.Macron enjoint B.Retailleau à s'assurer que les pays européens adoptent la même fermeté vis-à-vis de l'Algérie. »
- 14:00S.LedouxFait
« L'Algérie est un producteur essentiel de gaz. »
- 20:00S.LedouxFait
« La voie diplomatique retrouve son chemin, beaucoup plus que la voie de la médiatisation de ces conflits. »
- 22:00S.LedouxFait
« Elles ont été régulièrement mauvaises depuis 1962, depuis l'indépendance. Mais il y a toujours eu des solutions. »
- 24:00S.LedouxFait
« Pendant la campagne présidentielle, il est en Algérie et il considère que cette histoire coloniale a été un crime contre l'humanité. »
- 26:00S.LedouxFait
« E.Macron se rapproche du Maroc après 3 ans de brouille. Il y a eu énormément de problèmes entre ces 2 Etats pendant 3 ans. »
Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
france.tv access ... - S.Brakhlia: Bonsoir et bienvenue dans "C dans l'air" l'invité.
Bonsoir, S.Ledoux. Vous êtes l'auteur de "L'Algérie de Macron".
Le président de la République a décidé de durcir le ton avec l'Algérie: "Nous n'avons pas le choix que d'adopter une approche de fermeté." Comment expliquer ce changement de pied soudain? - S.Ledoux: E.Macron a décidé de favoriser la voie diplomatique depuis plusieurs mois.
Une voie plutôt discrète où s'engage la diplomatie entre les 2 Etats plutôt que des interventions médiatiques tout azimut. B.Retailleau est omniprésent sur ce sujet.
Il avait pris une autre option en essayant de trouver une solution diplomatique à une crise multiforme. Il y a aussi cette dimension. Il y a différents contentieux entre la France et l'Algérie qui se sont multipliés depuis un an. - S.Brakhlia: On va y revenir.
Le couple Tebboune-Macron, à la base, a de bonnes relations. Ce sont 2 personnes qui s'apprécient. - S.Ledoux: Oui.
E.Macron était très content de l'arrivée de Tebboune. Il a soutenu son arrivée à la présidence de l'Etat algérien après Bouteflika, qui était resté longtemps au pouvoir.
On a eu une relation tout à fait satisfaisante pendant quelques années jusqu'à très récemment. Les 2 chefs d'Etat ont de moins en moins de relations. - S.Brakhlia: Les relations, même par téléphone, sont quasi inexistantes depuis plusieurs mois.
Pour justifier son changement de pied, E.Macron dit qu'il constate "des difficultés croissantes en matière migratoire et sécuritaire avec Alger". De quoi il parle? - S.Ledoux: Il parle principalement du retour des OQTF... - S.Brakhlia: Les obligations de quitter le territoire français. - S.Ledoux: Le retour pour certaines personnes en situation irrégulière ou des personnes qui ont été condamnées qui doivent quitter le territoire français.
Ce sont des personnes de nationalité algérienne. Pour cela, il faut que l'Etat algérien accepte de les accueillir. Ce n'est pas le cas. - S.Brakhlia: Qu'il délivre des laissez-passer consulaires. - S.Ledoux: La tension a été progressivement mise en scène par le ministre de l'Intérieur sur le fait que l'Etat algérien ne respectait pas ces accords. - S.Brakhlia: L'Algérie a réagi tout à l'heure par voie de communiqué.
Elle accuse la France de "s'exonérer de ses responsabilités et de faire porter tous les torts à la partie algérienne". Ca veut dire que le dialogue n'est même plus possible? - S.Ledoux: Le dialogue s'est dégradé depuis un an.
La décision d'E.Macron, on le savait, ce n'est pas une surprise...
On a une réaction de la part d'Alger qui est celle que vous venez de décrire. Pour le moment, en tout cas. - S.Brakhlia: E.Macron pouvait s'attendre à cette réaction? - S.Ledoux: Il s'y attendait forcément.
Mais que faire, quelle voie prendre entre la diplomatie et une super-médiatisation qui fait pression sur l'Algérie et qui n'a absolument pas marché non plus? La méthode Retailleau n'est pas forcément très efficace non plus, avec un pouvoir algérien qui s'est renfermé progressivement. - S.Brakhlia: C'est ce que dit aussi le ministre des Affaires étrangères algérien.
Le régime algérien ne répond pas à la pression et aux ultimatums. Le président demande à ce que soient refusés les visas de court séjour aux détenteurs de passeports officiels. En mars, B.Retailleau, ministre de l'Intérieur, avait déjà instauré une demande de visa pour ces mêmes officiels, les diplomates algériens.
Ca fait mal à Alger ou pas? - S.Ledoux: C'était dans les tuyaux depuis quelques mois, cette mesure de rétorsion.
Elle était envisagée également par E.Macron. Ca touche surtout une sphère du pouvoir.
Cette exonération de visa Ne concerne pas la population algérienne, mais des officiels, des diplomates, leur famille. C'est un sujet évoqué depuis des années, le fait que des familles de diplomates puissent aller en France sans visa. Ca touche ça.
Ca ne touche pas la population algérienne dans son ensemble. - S.Brakhlia: On peut considérer que c'est une mesure symbolique? - S.Ledoux: C'est à la fois une mesure symbolique et une mesure qui, en même temps, infléchit la position d'E.Macron.
Ce n'est pas rien non plus, ce qui vient d'être décidé par lui. Ca marque un durcissement. E.Macron rentre enfin dans un rapport de force entre les 2 Etats. - S.Brakhlia: La présidence algérienne avait prévenu elle-même, lors d'une interview il y a plusieurs mois, que dès qu'il y aura une mesure française, il y aura réciprocité.
A quoi faut-il s'attendre? Que peuvent faire les Algériens? - S.Ledoux: Ils peuvent aller dans le sens de rétorsion de visa pour des Français qui voudraient rentrer sur le territoire algérien.
Ils peuvent aussi durcir encore plus la question des OQTF en n'acceptant toujours pas ces personnes ressortissantes algériennes qui doivent normalement regagner le territoire algérien. - S.Brakhlia: Ca va plus loin.
E.Macron enjoint B.Retailleau à s'assurer que les pays européens adoptent la même fermeté vis-à-vis de l'Algérie.
On a vu il y a quelques jours la Première ministre italienne recevoir chaleureusement le président algérien. Ils ont même signé des accords stratégiques. Est-ce qu'on peut être sûrs que l'Italie va suivre cette voie de fermeté française? - S.Ledoux: E.Macron en appelle à l'Europe.
En même temps, on ne voit absolument pas cette Italie qui est en plein rapprochement avec l'Algérie...
C'est toute la géopolitique, cette question. L'Algérie est un pays plutôt isolé sur le plan international en ce moment. Elle a un contentieux avec le Maroc, le Mali, l'Espagne.
Elle se tourne vers l'Italie, qui accepte de se rapprocher d'elle pour des questions énergétiques. Elle a été coupée des hydrocarbures russes suite à l'invasion de l'Ukraine. Elle se tourne vers l'Algérie pour avoir un accord autour des hydrocarbures, du gaz.
L'Algérie est un producteur essentiel de gaz. - S.Brakhlia: Ca va être compliqué pour E.Macron d'avoir une alliée qui s'appelle G.Meloni sur le dossier algérien? - S.Ledoux: Ce serait impossible.
E.Macron s'était déjà tourné vers l'UE en ce qui concerne B.Sansal pour condamner son arrestation et sa détention. - S.Brakhlia: Au gouvernement, B.Retailleau prônait la fermeté envers l'Algérie.
Il considère qu'Alger humilie régulièrement Paris. Ca veut dire que la ligne Retailleau a gagné? - S.Ledoux: E.Macron va reprendre dans cette lettre à son Premier ministre... - S.Brakhlia: Il envoie une lettre à F.Bayrou pour lui donner des instructions vis-à-vis de l'Algérie. - S.Ledoux: Ca a été publié dans un journal.
C'est comme ça qu'on le sait. Il reprend cette ligne, sachant qu'il avait recadré à plusieurs reprises ce ministre de l'Intérieur, qui gagne une popularité croissante. On le voit dans les sondages.
C'est à travers 2 sujets majeurs: la lutte contre le narcotrafic et l'Algérie. C'est ce 2e sujet qui est fondamental dans une crédibilité peut-être présidentielle. - S.Brakhlia: On peut se poser la question de la nouvelle stratégie du président de la République.
Le président algérien lui-même soulignait, fustigeait une "cabale des extrêmes droites revanchardes et haineuses"quand il a vu comment B.Retailleau parlait de l'Algérie. Quand E.Macron rejoint la stratégie de fermeté de B.Retailleau, ça complique les choses? - S.Ledoux: Exactement.
Ce que vous avez cité, c'est aussi la voix des autorités algériennes, qui faisaient la différence entre la position d'E.Macron, qui est beaucoup plus sage, prudente et modérée, et ce qu'ils entendaient du côté de B.Retailleau.
Là, c'est impossible de dissocier les deux. - S.Brakhlia: Vu l'état des tensions, qu'est-ce qui ferait que la relation s'apaise? - S.Ledoux: La voie diplomatique retrouve son chemin, beaucoup plus que la voie de la médiatisation de ces conflits.
Ils ont été extrêmement médiatisés depuis quelques mois. C'est un sujet passionnel des 2 côtés de la Méditerranée. L'apaisement passerait par une voie plus diplomatique, discrète.
Mais on n'en sait rien. On est avec un Etat algérien de plus en plus autoritaire et qui se renferme de plus en plus depuis quelques années. - S.Brakhlia: Vous qui êtes historien, les relations avec l'Algérie aujourd'hui n'ont jamais été aussi mauvaises? - S.Ledoux: Elles ont été régulièrement mauvaises depuis 1962, depuis l'indépendance.
Mais il y a toujours eu des solutions, des tentatives de solution. On y est arrivés. Là, ces crises multiples depuis un an, c'est du jamais-vu. - S.Brakhlia: E.Macron a pourtant essayé dès son arrivée au pouvoir en 2017 de donner des gages au régime algérien.
Sur la politique mémorielle, il a engagé un long processus. Finalement, ça n'a pas été suffisant. - S.Ledoux: La décision d'E.Macron fait rupture avec son engagement auprès de l'Algérie depuis 2017.
Pendant la campagne présidentielle, il est en Algérie et il considère que cette histoire coloniale a été un crime contre l'humanité. C'est un terme qu'il ne va pas réutiliser une fois élu président de la République. Il a choisi ce dossier-là, de la mémoire de la guerre d'Algérie, pour en faire un dossier majeur et proche de lui, son domaine présidentiel, afin d'amener à une réconciliation des mémoires.
Ce sujet est aussi en train de patiner depuis 2 ans. - S.Brakhlia: Vous disiez qu'il y a plusieurs contentieux dans la relation avec l'Algérie.
La reconnaissance de la marocanité du Sahara occidental, ça a été une brisure dans la relation avec l'Algérie? - S.Ledoux: C'était l'été dernier.
On est là aussi dans de la géopolitique. E.Macron se rapproche du Maroc après 3 ans de brouille.
Il y a eu énormément de problèmes entre ces 2 Etats pendant 3 ans. Là, on est à 2 mois de l'arrivée d'E.Macron au Maroc en voyage officiel.
Une sorte de deal entre le Maroc et E.Macron se fait. E.Macron se range sur la position du Maroc s'agissant du Sahara occidental.
C'est majeur. C'est la 1re fois qu'un président de la République prend position contre l'Algérie pour le Maroc. - S.Brakhlia: L'autre contentieux, et c'est le plus important, c'est l'emprisonnement de 2 Français en Algérie, l'écrivain B.Sansal et le journaliste C.Gleizes.
A plusieurs reprises, E.Macron a demandé la libération de B.Sansal, en vain.
Merci beaucoup, S.Ledoux. Restez avec nous sur France 5.
Dans un instant, "C dans l'air".
Bruno Retailleau