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La grande histoire des primaires de la gauche en 2011

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 60 %Attaque 10 %Défensif 30 %

Affirmations vérifiables (citations exactes)

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    « Dominique Stroscan demeure toujours le favori des enquêtes d'opinion pour la prochaine présidentielle. »
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    « Nous aurons donc ni plus ni moins qu'une liste nominative des opinions politiques des Français. »
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    « 2,6 million de personnes ont voté. »
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    « François Hollande reste aujourd'hui le seul homme politique français à avoir gagné une élection présidentielle en ayant remporté une primaire. »

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Oui, les primaires. Oui, bien sûr. Oui.

Dominique Stroscan demeure toujours le favori des enquêtes d'opinion pour la prochaine présidentielle. Je le dis très simplement euh aux Français, nous serons euh au rendez-vous de 2012. Encore une fois, Ségolen Royal a pris tout le monde de cours.

J'ai décidé de proposer ma candidature à l'élection présidentielle. Je suis là pour que ça change. Je suis pas là pour me faire plaisir.

Nous aurons donc ni plus ni moins qu'une liste nominative des opinions politiques des Français. Chacun doit savoir que ma détermination à poursuivre le combat pour les idées et les rêves que je porte, pour les solutions nouvelle que je veux mettre au pouvoir est totale. Le dernier président de la République qui vient de la gauche a gagné une primaire.

Dans cette vidéo, on vous raconte la victoire plutôt inattendue de François Hollande à la primaire citoyenne de 2011. Aux Parti socialistes, les primaires on connaît. C'est même le premier parti de France à les avoir organisé. en 1995.

Madame, monsieur, bonsoir. Le Parti socialiste a choisi [musique] son candidat à l'élection présidentielle. Les militants ont préféré Lionel Jospin à Henré Emmanuel par 65 [musique] % des voix.

Rebelote en 2006 quand Ségolen Royal est investi candidate par un vote des militants du parti. Madame, monsieur, bonsoir. La victoire de Segolen Royal est tellement large que la confirmation officielle est tombée beaucoup plus tôt que prévue avant minuit au siège du Parti socialiste.

Sauf que 2 ans plus tard, le PS est en crise. Le parti vient d'échouer aux élections européennes. La majorité présidentielle l'emporte [musique] et le score des écologistes est impressionnant puisqu'il talonne le parti à la rose.

Or pour reprendre la main à gauche, la première secrétaire du parti, Martine Au décide d'un référendum interne et formule des proposition notamment sur la manière de désigner le candidat socialiste à la primaire de 2012. Première question posée aux militants. Êtes-vous favorable aux primaires ouvertes en clair pour que les citoyens et non plus les seuls adhérents du PS désignent le prochain candidat à la présidentielle ?

Oui, les primaires. Oui, bien sûr. Ou ça vous en dit pas en tant que militant d'être dépossédé finalement dépossédé.

Non, on est pas une primaire ouverte à tous. En France, c'est inédit. Pour les primères précédentes, seuls les militants, c'est-à-dire les personnes inscrites au Parti socialiste, pouvait voter.

Là, sous réserve d'une petite participation financière d'un € et la signature d'une charte d'adhésion aux valeurs de la gauche, n'importe quel citoyen français inscrit sur les listes électorales [musique] pourra y participer. Mais avant même le début de la campagne, le vainqueur paraît presque connu d'avance. Dominique Stroscan demeure toujours le favori des enquêtes d'opinion pour la prochaine présidentielle.

La domination de Dominique Stroskan aujourd'hui puisqu'il obtiendrait dans cette simulation 34 % des des suffrages. C'est bien DSK le grand favori de cette primaire. Homme politique expérimenté, ancien ministre de l'économie dans le gouvernement Jospin.

Il est depuis 2007 le directeur du fond monétaire international où il se retrouve en première ligne face à la crise financière de 2008. Mais il n'oublie pas ses amis du PS. Est-ce que vous suivez un petit peu ce qui se passe au Parti socialiste ou est-ce que tout ça vous semble aujourd'hui bien loin ?

Je suis parce que ça m'intéresse. J'ai pas énormément de temps à y consacré mais je suis plus que vous croyez. Alors début 2011, la rumeur enfle.

Domix Troscan se prépare. Il y a un calendrier qui a été prévu par le Parti socialiste. C'est le 28 juin et donc vous en saurez plus le 28 juin.

Hors caméra le style est plus direct. Certains de ses proches affirment qu'il sera candidat et leur leader à peine reparti. Il prépare son retour en France, réunion tous azimut aujourd'hui à l'Assemblée et au Sénat.

En fait, à ce moment-là, presque personne ne le voit perdre. Mais dans la nuit du 13 au 14 mai 2011, Dominique Stroskan est arrêté par la police de New York. Les charges qui pourraient être retenues contre lui sont les suivantes : agression sexuelle, tentative de viol et de séquestration.

Dominique Stroskan est inculpé quelques heures plus tard. Une accusation qui fait suite à la plainte d'une femme de chambre de 32 ans travaillant dans cet hôtel sophitel de Square. Selon le récit de la jeune femme, Dominique Stroskan est nu.

Au moment où elle entre dans la chambre, il sort de sa douche. Il l'aurait alors jeté sur le lit et forcé à lui faire une félation avant de l'entraîner vers la salle de bain et de fermer à clé la porte de la suite. Cette affaire provoque une réunion de crise au Parti socialiste.

À situation inédite, un vrais semblable au Parti socialiste. Ironie du calendrier, Martin Aubri devait rencontrer aujourd'hui à Paris Dominique Stroskan. Elle préside finalement un bureau national exceptionnel sous l'œil des médias du monde entier.

Quelques minutes plus tard devant la presse, elle tient le cap. DSK ne doit pas entraîner le parti dans sa chute. Il y a l'émotion bien sûr, il y a le le bouleversement que chacun ressent, mais il y a notre responsabilité être à la hauteur et je le dis très simplement aux Français, nous serons au rendez-vous de 2012.

DSK s'engage dans un combat judiciaire qui va durer plusieurs mois. Au pénal, les charges retenues contre lui seront finalement abandonnées en août 2011. Mais c'est surtout dans l'opinion publique que les dégâts sont importants.

Sa candidature est totalement disqualifiée et lui-même renonce en septembre 2011. Je voulais être candidat. Je pensais que ma position FMI me donnait un regard aigu sur la vérité de la situation française, sur ses difficultés aussi ses atouts dans la mondialisation et que je pouvais être utile apporter des réponses.

Alors tout ça est derrière moi. Je ne suis évidemment pas candidat, même si je continue de penser que la victoire de la gauche est nécessaire dans notre pays. La primaire est donc beaucoup plus ouverte que prévue.

Finalement, ils sont six à être officiellement candidats. Laissez-moi vous les présenter. Jean-Michel Beet, [musique] le moins connu des candidats, il est le président du parti radical de gauche qui s'est associé au PS pour organiser le scrutin.

Manuel Vals, il est le premier [musique] à s'être déclaré candidat dès 2009. Député maire d'Évri, il est considéré comme l'un des futurs ténors du Parti socialiste. Moi, je crois que la défaite de la gauche n'est pas programmée.

Ça n'est pas une fatalité. Nous pouvons battre Nicolas Sarkozy et ma candidature, l'occasion de primaire qu'il faut d'abord organiser au sein du Parti socialiste ou au sein de la gauche, c'est de dire que oui, nous avons j'ai un projet mais nous avons parce que la gauche est un mouvement collectif, un projet de société différent de celui de la droite mais adapté au monde tel qu'il est, à la société française telle qu'elle est. Segolen Royal, c'était la candidate malheureuse des socialistes en 2007.

Alors qu'on l'annonçait prête à raller Dominique Stroscan, elle se déclare candidate fin novembre 2010. Encore une fois, Ségolen Royal a pris tout le monde de cours. Prévenu Martin Aubri et Dominic Troscan quelques heures seulement avant de se déclarer.

La voilà donc candidate au primaire socialiste Arnaud Mondbourg. Député socialiste depuis 1997. Il n'est [musique] pas très connu des sympathisants au moment où débute la campagne, mais il est porté par deux propositions très fortes, une 6e République et [musique] la démondialisation.

Fabriquer davantage en France et en Europe et lutter contre les pays qui font de la concurrence déloyale. Arnaud Mondbourg veut donc une France démondialisé. Protectionnisme euh contrôle des capitaux utilisation de la monnaie à des fins politiques.

Les Chinois, les Américains font ça. Pourquoi les Européens seraient incapables de le faire ? Martin Aubri, première secrétaire du PS et maire de Lille.

Suite au déclenchement de l'affaire DSK, elle annonce sa participation à la primaire le jour de la fin du dépôt des candidatures. J'ai décidé de proposer ma candidature à l'élection présidentielle. [applaudissements] Après une critique en règle de la présidence SarkoZi, Martin Aubri s'engage à redresser la France mais elle se garde de trop promettre.

François Hollande, ancien premier secrétaire du parti de 1997 à 2008, il connaît très bien les courants socialistes et est perçu comme le candidat du consensus. Il se présente après son élection à la présidence du département de la Corè début 2011. Je suis là pour que ça change.

Je suis pas là pour me faire plaisir. Je suis pas là pour poursuivre une envie de jeunesse. Je suis pour que l'État que je constate celui de mon pays et que je n'accepte pas puisse changer en 2012.

Voilà le sens de mon engagement. Rapidement, François Hollande, bon connaisseur des arcanes du PS, devient le favori de la primaire à la suite de la chute de DSK. [musique] Fin juin, la majorité présidentielle de droite attaque la primaire de la gauche.

Il y a un problème. En effet, les listes d'hébergement vont très clairement faire apparaître les noms de ceux qui ont décidé d'afficher leur sympathie à l'égard du Parti socialiste et par différence les noms de ceux qui n'ont pas décidé d'afficher cette sympathie. Nous aurons donc ni plus ni moins qu'une liste nominative des opinions politiques des Français.

Face à ces accusations, les organisateurs annoncent des mesures. Pour couper court aux accusations de fichage politique, le Parti socialiste a d'ors et déjà promis de brûler les listes des électeurs après le vote, devant Hissier et en présence de la presse. [musique] C'est pendant l'été 2011 que la campagne commence véritablement.

Universités d'été du PS, chaque candidat tente de marquer sa différence sans pour autant attaquer frontalement les autres. La limite, elle est extrêmement simple. Ne jamais attaquer les personnes, savoir que de toute façon, nous ne gagnerons qu'ensemble.

C'est ce que j'ai fait pendant 3 ans au Parti socialiste qui d'un cadavre à la renverse, comme on nous disait est devenu un parti fort, un parti qui est aujourd'hui regardé comme une source d'espoir pour les Français. Un seul mot d'ordre, donc l'unité. Dès hier soir, les trois principaux candidats se sont même prêtés à la traditionnelle photo de famille.

De manière générale, le ton de cette campagne reste très poli puisque chacun s'est engagé à se ranger derrière le vainqueur de la primaire. Le premier débat télévisé est toutefois le moment d'un premier accrochage. Mais les deux favoris des sondages veulent temp découdre.

C'est Martin Aubri Challenger qui la première interpelle François Holland. François, on ne peut pas aujourd'hui, si l'on veut être sérieux, on ne peut pas dire qu'on va arriver à zéro euh déficit en 2017 dans l'incertitude qui est celle aujourd'hui de l'Europe et du monde. Il faut donner une direction [raclement de gorge] et je la proposerai dans l'élection présidentielle si je suis choisi.

Cette direction doit aller vers la maîtrise de notre endettement. Je ne serai pas le président qui accroîtra la dette comme Nicolas Sarkozy l'a fait. Le premier tour de la primaire est fixé le 9 octobre 2011.

À 20h, une seule donnée est déjà connue, celle de la participation. Environ 2,6 million de personnes ont voté. Un chiffre salué par les responsables du PS.

J'ai prouve un un sentiment de de fierté. Je pense cette fierté de peut être partagé par tout le monde. C'est la fierté devant le choix des électeurs.

Tout de même 2 millions de personnes qui viennent voter, c'est inédit. C'est énorme. C'est beaucoup plus que ce que nous prévoyons.

Au début, on disait 500000 puis on a pensé 1 million comme un plafond. maintenant à deux, fierté pour les militants qui ont quand même organisé des élections, ce qui est très compliqué. Le premier enseignement du scrutin, c'est la déroute de Ségolen Royal qui ne récolte que 6,95 % des voix.

Elle ne sera jamais présidente de la République. Arnaud Monbourg surprend et récolte plus de 17 % des suffrages. Chacun doit savoir que ma détermination à poursuivre le combat pour les idées et les rêves que je porte, pour les solutions nouvelles que je veux mettre au pouvoir est totale.

Chacun a mesuré la puissance et la force du message politique qui m'a conduit aux portes du 2è tour. En somme, la flamme de la Nouvelle-France ne s'éteindra pas. Vive la République !

Vive la 6e République ! Vive la France ! Et vive la Nouvelle-Fance !

Son score important le place en position d'arbitre face aux deux candidats qualifiés pour le second tour, François Hollande et Martin [musique] Aubri. Dès le soir du premier tour, les deux personnalités prononcent des discours dans un objectif de rassemblement. Ce premier tour est une promesse, mais tout reste à faire pour donner à la France en 2012 une femme présidente de notre République.

Je veux féliciter les électeurs pour le choix qu'ils ont fait pour ce premier tour en me plaçant en tête ce qui me conduit aujourd'hui à appeler au rassemblement le plus large autour de ma candidature. Mais François Hollande par favori. L'écart de 9 points avec Martin Aurri est important et il bénéficie dès le soir du premier tour des ralliments de Jean-Michel Beet et de Manuel Vals qui cumulent à e2 de 6 % des voix.

Martine Auri et François Hollande s'affrontent dans un débat en face à face le 12 octobre. On avait des couteaux mais on les a pas sortis finalement. Non c'est-à-dire on espérait qu'on avait des couteaux mais voilà préparer.

Non mais c'était très respectueux. Malgré les amabilités entre les deux candidats, le débat est un peu plus tendu. Martin attaque la gauche molle mais sans jamais nommer explicitement son adversaire.

Vous vous êtes censé viser François Hollande et Non. Et d'ailleurs, je constate que Martin Aubry n'évoquait personne donc j'en suis très heureux. Il aurait pu y avoir méprise ou mal entendu.

Ce n'est pas le cas. Moi, je ne sais pas ce que c'est que la gauche dure. Je n'ai pas envie d'ailleurs d'une gauche dure, très franchement.

On sort de 5 ans d'une présidence brutale et on serait nous une candidature sectaire. Je ne le veux pas. La maire de Lille met aussi en avant son passage au plus près du pouvoir numéro 2 du gouvernement Jospin pendant 3 ans entre 1997 et 2000.

Elle est surtout chargée de l'emblématique réforme des 35 heures. Je pense que l'expérience est majeure. On est dans un pays qui va mal.

Il va falloir garder le cap. Il va falloir, j'ai travaillé en entreprise, j'ai dirigé une grande ville, une grande métropole. J'ai été effectivement surtout numéro 2 du gouvernement.

Contraste total avec François Hollande qui lui n'a jamais exercé de responsabilité ministérielle, même s'il se défend de tout manque d'expérience. Moi, je suis un homme de ténacité. J'ai fait de la politique très jeune.

J'ai été candidat 26 ans dans une circonscription, c'était Jacques Chirac qui était le député. De jours après le débat, Arnaud Monbourg refuse de donner une consigne de vote mais annonce qu'il votera à titre personnel pour François Hollande. Le 16 octobre soir, le second tour rend son verdict.

François Hollande triomphe. [applaudissements] Une famille recomposée sur le peron de Solferino autour du candidat désigné les ex [acclamation] qu'ils soient candidats du premier tour ou concurrente du second. Cette victoire me confère la force et la légitimité. pour préparer le grand rendez-vous de la présidentielle.

Lors de sa campagne présidentielle, malgré quelques turbulences, il parvient à emmener tout le Parti socialiste derrière sa candidature. Parti Nobril le soutient publiquement à plusieurs reprises. Il prend quelques semaines pour organiser son équipe.

Ça me paraît quand même la moindre des choses. Il y a eu quelques critiques portées à François Hollande pour dire que on patinait. Je vais pas répondre à une critique qui n'a pas de sens.

Je suis la première secrétaire du Parti socialiste, donc j'allais dire la première militante pour que François Hollande soit en mai prochain le président de la République française. Arnaud Mondbourg Emmanuel Vals sont nommés ministres du premier gouvernement héros. Le dernier nommé devient même premier ministre en 2014.

François Hollande reste aujourd'hui le seul homme politique français à avoir gagné une élection présidentielle en ayant remporté une primaire. Il emporte au second tour face au président sortant Nicolas Sarkozy.