Nicolas Dupont-Aignan invité d'Hedwige Chevrillon sur BFM Business
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 45 %Attaque 40 %Défensif 15 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 91 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:42OuverteRéponse directe
Est-ce que c'est le genre de traitement de la politique ? Est-ce que c'est plutôt positif ou pas positif ?
- 2:48OuverteÉludée
Qu'est-ce que vous pourriez dévoiler sur votre personnalité ?
- 3:07OuverteRéponse directe
Qu'est-ce qu'on peut faire pour empêcher ce genre d'horreur ?
- 6:25OuverteRéponse directe
Vous avez vu ce sondage quand même, on voit bien que c'est très difficile pour Nicolas Sarkozy... Vous y croyez à ces sondages ?
- 7:30RelanceRéponse directe
Pourquoi vous dites ça ?
- 9:08OuverteRéponse directe
On prend par exemple, je sais que vous avez été à Belfort... Qu'est-ce que vous en pensez ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 3:48PrésentateurChiffre
« Nous avons en Essonne trois fois moins de policiers par habitant qu'à Paris. »
- 3:59PrésentateurChiffre
« Depuis l'arrivée du gouvernement Hollande, il y a eu 112 policiers de moins. »
- 4:03PrésentateurChiffre
« Il y a 1500 policiers, il en manque au moins 300. »
- 4:29PrésentateurFait
« J'ai un individu connu des forces de police, trafiquant de drogue, qui a tabassé dans un commissariat de ma circonscription trois policiers. »
- 4:49PrésentateurFait
« Le parquet a demandé le jugement immédiat. Le juge a relibéré l'individu qui sera jugé en février 2017. »
- 8:47PrésentateurPromesse
« L'entreprise qui revient en France, qui investit dans une zone de fort chômage, aura un bonus fiscal. »
- 16:09PrésentateurPromesse
« Pareil, je propose d'arrêter la directive travailleurs détachés. »
- 20:17PrésentateurFait
« Il y a un islam politique en France qui veut l'emporter sur la République. »
- 22:15PrésentateurFait
« M. Hollande en cachette a remis la Légion d'honneur au roi d'Arabie Saoudite, qui fait des massacres monstrueux au Yémen. »
Temps de parole
- Présentateur69 %
- Nicolas Dupont-Aignan25 %
- ?6 %
≈ 38,6 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
Modèle mistral-small-latest · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
BFM Business.
L
'heure H, l'invité d'Edvie Chevrillon.
Bonjour
à tous et bienvenue dans l'heure H avec notre invité Nicolas Dupont-Aignan, le président de Debout la France. Nicolas Dupont-Aignan, bonjour.
Bonjour Edvie Chevrillon.
Merci d'être avec nous. Vous avez tenu votre congrès, c'était un dizaine de jours et vous avez parlé de l'effet répulsif de la primaire à droite. On va y revenir en disant peut-être que ça allait justement vous profiter. Je voudrais juste plus léger peut-être, je ne sais pas du reste. Vous avez regardé en Ambition Intime sur RM6 ? J
'ai
regardé la fin, mais pas longtemps.
Est-ce que c'est le genre de traitement de la politique ? Est-ce que c'est plutôt positif ou pas positif ? Vous
savez,
tout ce qui permettra de mieux connaître les personnalités, tout en sachant que l'exercice est à prendre avec des pincettes, sera positif. Moi je pense que les Français sont assez sages et ont besoin d'informations.
Plus il y aura d'informations. Pourquoi
je devrais-je cracher dessus ? Non, je
pense que ce n'est
pas mauvais. Il faut de l'information. J'aimerais qu'il
y
ait la même attention
sur
les projets de
fonds.
Oui.
C'est-à-dire qu'on est une vraie campagne présidentielle,
c
'est-à-dire qu'on ne se limite pas à des émissions style Ambition Intime d'un côté ou style Politicaillerie de l'autre. C'est-à-dire, est-ce qu'un jour on va pouvoir comparer les projets, poser des questions de fonds sans avoir le sentiment d'embêter les Français
? Parce
que je crois qu'ils attendent des solutions.
On vous a sollicité ?
Pas encore.
Pas encore, donc vous êtes
open.
On verra. On
verra. Visiblement, si on vous propose, vous direz oui. Mais je suis bien obligé de dire oui, soyons francs. Parce que je pense qu'il faut faire connaître la personne. Mais au-delà de ça, j'aimerais tellement qu'il y
ait
une ambition, une émission qui parle des projets de fonds, qui parle des défis à 20 ans, qu'on ne soit pas dans l'immédiat. On a des défis devant nous colossaux. Et vous parliez de mon congrès la semaine dernière. J'ai fait un discours un peu curieux. J'ai commencé en disant, je ne
vais
pas vous parler des autres.
Je
vais vous parler de la France telle que je la vois en 2050. Et comment on y va
?
2050, ça paraît très loin. Quand j'ai écrit ça, mes collaborateurs m'ont dit, ça ne va intéresser personne, etc. Eh bien, l'auditoire était captivé. Non pas par ce que je disais simplement. Mais
parce que pour
la première fois,
on
leur parlait à 30 ans. Et quel est le rôle d'un président de la République, si ce n'est de préparer le pays à l'avenir
?
Est-ce qu'on peut parler des défis du monde dans 30 ans ? Et qu'est-ce que sera la France dans 30 ans ? C'est ça l'enjeu.
Aujourd'hui, on est plutôt dans un rythme d'ambition intime que sur ce genre de projet à 2050. Qu'est-ce que vous pourriez dévoiler sur votre personnalité, Nicolas Dupont-Union
? Je
n
'ai
rien à dévoiler. J'ai simplement à essayer de montrer et de dire ce que je suis,
loin
des caricatures, parfois
médiatiques.
Plus sérieusement,
on
reviendra sur la question politique. Mais là, vous êtes député de l'Essonne. Il y a eu ce drame qui s'est passé samedi avec Avery-le-Châtillon, évidemment, avec ces policiers qui ont été vraiment brûlés vifs. Qu'est-ce qu'on peut faire pour empêcher ce genre d'horreur ?
Beaucoup de choses. D'abord, je vis en Essonne la colère des forces de police depuis des années, quels que soient les gouvernements. Il y a des raisons à ce qui s'est passé. Et quand je vois le ministre, le Premier ministre, ce matin, répéter
leur discours
creux, ça me révolte. J'ai encore eu le procureur jeudi dernier avant cet incident. J'ai écrit des dizaines de lettres à tous les gouvernements. Nous avons en Essonne trois fois moins de policiers par habitant qu'à Paris.
Alors
que nous avons des cités très dures. Depuis l'arrivée du gouvernement Hollande, il y
a
eu 112 policiers de moins. Le précédent gouvernement sous Sarkozy en avait supprimé. Il y a 1500 policiers, il en manque au moins 300. On a envoyé ces policiers dans des voitures qui sont hors d'âge, pas protégés, dans un quartier très difficile, premier point. Deuxième point, on a une justice en Essonne d'un laxisme incroyable.
J
'ai cité cet exemple parce que je veux le dire tellement j'ai été en colère depuis des mois. J'ai un individu connu des forces de police, trafiquant de drogue, qui a tabassé dans un commissariat de ma circonscription trois policiers. Tabassé. Et il a été relâché.
Il
devait être jugé le 30 août, c'était au mois de juin, cet incident grave. Il devait être jugé le 30 août, il s'est présenté à l'audience en disant qu'il n'avait pas d'avocat.
Le
parquet a demandé le jugement immédiat. Le juge
a
relibéré l'individu qui
sera
jugé en février 2017. Le lendemain, Madame Chevrillon, le lendemain, il a été tabassé sa soeur et c'est ma police municipale qui a sauvé cette fille, qui sinon serait morte. Et vous croyez que cet individu est en prison aujourd'hui ?
Il
est toujours en liberté. Ça veut dire qu'on ne peut pas continuer comme ça.
Comme disait Jean-Jacques Révoie, c'est-à-dire vraiment la justice française, tous les chiffres le montrent, est complètement exsangue et n'a plus du tout les moyens, de même que l'intérieur.
Ce n
'est
pas une question de moyens seulement, côté justice. Il y
a
d'abord les lois, les magistrats appliquent des lois.
Il
ne s'agit pas de taper sur les magistrats, ils appliquent des lois.
La loi
Taubira, 5 ans, vous pouvez être condamné à 5 ans de peine, vous ne les faites pas. Premier point. Deuxième point, pas de place
de prison.
Et il faut en construire 40 000. C'est
ce qu
'a annoncé le gouvernement.
Le gouvernement vient de l'annoncer après 4 ans de politique suicidaire. Il faut des juges qui à un moment n'acceptent pas qu'un policier, un pompier, un médecin, une infirmière, qui vont dans des quartiers, se fassent tabasser sans qu'il n'y ait de réponse judiciaire immédiate. Mais tous les jours j'ai ça en ESSODE. Ça fait des années qu'on a alerté. Comment Manuel Valls, qui est élu de ce département, ne peut pas être au courant ? Comment osse-t-il encore aller voir les policiers avec toujours ces mêmes phrases convenues ? Il
y a
un moment, ça suffit, il y a des actes à prendre. Et j'ai fait une proposition de loi d'ailleurs, pour que toute agression sur policiers entraîne l'incarcération immédiate. Nos policiers sont à bout. Il faut savoir où ils en sont.
On
parle un mot des primaires peut-être, Nicolas Dupont-Aignan, en disant... Vous avez vu ce sondage quand même, on voit bien que c'est très difficile pour Nicolas Sarkozy, et l'INJUP et Caracol en tête. Ce sont des sondages très compliqués, les sondages pour une primaire, parce qu'on ne sait pas très bien sur quoi on s'appuie, non ? Vous y croyez
à ces sondages ?
Non, j'y
crois pas du tout.
Qui va voter, et surtout jusqu'où le périmètre doit-il s'étendre ?
Et puis surtout,
au
-delà de la course des petits chevaux, et des différences de personnalités qui sont réelles. Il ne
faut
pas les nier. Quand vous regardez, ceux qui sont candidats ont tous été membres du même gouvernement.
On
gouvernait dans l'ensemble 10 ans,
2002
-2012. Et quand vous regardez les projets, à l'exception de la partie sur l'identité, où il y
a
une différence entre Sarkozy et Juppé...
Même sur le plan économique,
on
voit
qu'il y
a qui
sont
plus radicals que d'autres, comme un client est plus radical que celui d'Alain Juppé.
C'est quand même le même projet. Et en vérité, ce projet, c
'est
pourquoi je ne
suis
pas candidat à la primaire, n'est pas du tout adapté à la France de demain. C'est un projet qui est recyclé des années 80-90, baisse de charges pour tout le monde, réduction d'impôts qu'ils ne feront pas. Pourquoi ? Pourquoi vous
dites ça ? Parce que... Les deux bases, on va quand même expliquer, c'est la réduction d'impôts, effectivement. Importante, alors, baisse sur les entreprises, où là, il y a quand même un clivage, on voit bien, quand même, entre... C'est la même chose.
Nicolas Sarkozy ou François
Fillon. Non, il y a une grave erreur de tous ces projets sur le plan économique. Oui. C'est qu'ils continuent les saupoudrages de baisse de charges, alors que moi, je veux cibler
les
baisses de charges sur les entreprises qui investissent en France. La grande différence, c'est que cette politique de saupoudrage des baisses de charges ne marche pas. Il faut compenser la perte de compétitivité de notre territoire. Et si on veut, comme je le propose, relocaliser un million d'emplois dans les cinq ans, ce qui est vital, je propose de baisser l'impôt sur les sociétés de moitié, uniquement, uniquement, pour les bénéfices réinvestis sur le sol français. Je veux que la politique à l'égard des entreprises donne un bonus fiscal à ceux qui investissent en France. Ça a marché sur un point. Le crédit impôt recherche.
C'est grâce au crédit impôt
recherche. C'est vrai
que maintenant, tous les autres pays commencent à... Oui, mais... Évidemment, à faire, parce qu'on voit bien les résultats, ça marche. Il
faut
faire la même chose avec un crédit impôt investissement. Il faut... Je propose des contrats de relocalisation. L'entreprise qui revient en France, qui investit dans une zone de fort chômage, aura un bonus fiscal. Exactement ce que veut faire Mme Theresa May en Angleterre.
Si
on reste au programme des Républicains de la primaire, ça n'apportera rien. On va arroser le sable. Et ça, je pense que c'est pas bon.
Ça veut dire quoi, lorsque vous dites que ce que fait Theresa May vous paraît très positif
?
C'est-à-dire que Theresa May, les Anglais... Parce
que
lorsqu'on voit justement l
'économie, les
entreprises sont extrêmement inquiètes de ce qui se
passe. Sauf celles qui produisent en Angleterre, qui sont favorisées par la baisse de la livre. Il y a très peu d
'emplois.
Il y en a beaucoup. Il y a plus d'industries en Angleterre qu'en France. Il
n'y a
pas sens d'oublier. Ils ont compris la mondialisation, que c'est une guerre économique. Et ils ont compris qu'il fallait investir dans l'industrie et la recherche.
Elle
va dégager 5 milliards par an pour conquérir de nouveaux champs scientifiques. Moi, je voudrais qu'on prépare la France
au
grand défi du XXIe siècle. Ça veut dire quoi ? Ça veut dire investir. Or, notre industrie n'investit plus. Nos plus belles entreprises sont bradées à l'étranger. Il n
'y
a
pas de différence entre
investir en France et investir à l'étranger. Ça veut dire que les entreprises délocalisent.
On prend par exemple, je sais que vous avez été à Belfort. Vous prenez le cas d'Alstom. Vous avez vu, Alstom, ils viennent de remporter un nouveau. C'est le troisième grand contrat international qui vient de remporter un milliard trois. On a appris ça ce matin. Alstom se porte bien. Simplement, ce qu'ils fabriquent en France, ça ne correspond plus tellement aux besoins de la SNCF aux régions. Ce
n'est
pas du tout ça.
Excusez-moi. Si vous posez la question,
Alstom a les meilleurs produits. Elle les vend dans le monde entier. Les Américains, d'ailleurs, commandent des trains Alstom. Absolument. Mais les font produire chez eux. Chez eux.
Ça veut dire qu'aujourd'hui... Attendez la suite. Il ne veut plus les trains d'intensité fabriqués par Alstom. Non, c'est la SNCF qui a
un comportement scandaleux. Pourquoi la
SNCF ? Scandaleux. Il fait commander des rames de TGV dont elle n'a pas
besoin. Pas du tout. C'est que les Allemands, quand ils font un appel d'offres, organisent l'appel d'offres pour que Siemens soit le seul qui peut répondre.
C'est
ce que fait aussi la SNCF, parce qu'elle a même fait que pour que les trains soient à 200 km heure, parce qu'au-delà, justement, la SNCF Alstom ne pouvait pas... Excusez-moi.
Les Eurostars, qui a acheté des Siemens, c'est la SNCF, qui n'ont pas marché en plus. Seul pays du monde, la France, quand elle a un bon produit, qu'achète à l'étranger. Autre mesure que je propose, c'est que quand on... Si je peux finir, quand on achète
une
commande publique avec l'argent du contribuable, on devrait obliger à fabriquer en France pour 75% de la commande. Ce que font les Américains, ce que font les Indiens, ce que font les
Brésiliens... C
'est 30% aux Etats-Unis. Aux Etats
-Unis,
le train va être fabriqué à 98%. Oui, ça, c
'est
la commande Alstom. Oui. Ça veut dire quoi ? Ça veut dire que dans cette guerre mondiale, qui est économique, il
y
a les pays qui sont naïfs comme la France, qui ne défendent jamais leurs intérêts, et puis il
y
a les pays comme l'Allemagne, les Etats-Unis, qui défendent
leurs intérêts. C'est par
l'Etat. Alstom a été sauvé plusieurs fois par l'Etat. Mais
je ne veux pas que
l'Etat sauve Alstom, madame. Je veux que l'Etat
et
les commandes publiques et les décideurs publics aient un réflexe patriote et achètent en France.
Mais par exemple... Que font
les autres ? Et à ce moment-là, l'Etat n'aura pas besoin de venir au secours d'Alstom. Attention, je ne dis pas d'acheter quand le produit n'est pas bon.
Mais quand le produit est à qualité égale... Il y a un
SNCF qui disait que
je
n
'ai
pas besoin de chaise d'apporteur.
On n'a pas besoin de chaise d'apporteur. Parce que les
trains qui sont fabriqués à Belfort ne correspondent pas
aux besoins
de la...
C'est pas vrai. Attendez, si. Tout le monde commande des trains Alstom, sauf la
SNCF.
Mais
non.
Parce que la SNCF, on a habitué la SNCF...
La
TGV du futur,
c'est pas avec qui ? A jouer son petit
jeu toute seule.
La TGV du futur,
c
'est fait avec qui ? Parce
que l'Etat l'a obligé ? Ben non, pas
du tout.
Et heureusement. Non, pas du tout. Il faut arrêter ces entreprises publiques qui se comportent comme des entreprises privées en situation de monopole. Et il faut une incitation à produire en France. Si on ne fait pas ça, nous perdrons nos savoir-faire, nos technologies, et
nous serons
largués dans la mondialisation. Et je remarque que tous les pays du monde qui réussissent dans la mondialisation ont à la fois une politique libérale, que je veux, pour nos PME, baisser les impôts, simplifier les procédures. Il faut du libéralisme pour nos PME, mais il faut aussi un État stratège qui défende nos
intérêts. Alors justement, on va
prendre un autre actualité, c
'est
l'actualité du jour, Nicolas Dupont-Aignan, qui sont les chantiers de Saint-Nazaire, STX.
Vous
avez vu qu'il y a un problème de bilan, est en train de déposer son bilan. Donc il faut trouver une solution pour STX, les chantiers de Saint-Nazaire. Parce que pour le coup, les commandes sont étrangères, mais c'est fabriqué en France. Donc ça, comme quoi il y a quand même des étrangers qui commandent et que c'est fabriqué en France, et on trouve ça très bien. Mais qu'est-ce qu'il faut faire ? Est
-ce
qu'il faut que l'État prenne une participation dans les chantiers de Saint-Nazaire ?
Il faut que l'État évite à tout prix
qu
'une entreprise étrangère, chinoise,
s
'empare d'un savoir-faire français. Il faut donc que l'État, provisoirement, monte au capital et ensuite trouve une solution avec des CNS et d'autres pour créer un champion de l'industrie navale, à la fois militaire et civile. C'est ce que font tous les pays du monde et on doit le faire. Je voudrais qu'on comprenne bien...
Il n
'y
a malheureusement plus beaucoup de chantiers navals. Écoutez,
STX gagne de
l'argent,
pour
la
première
fois, il est
bénéficié. Oui, mais
il
a
fallu mettre beaucoup d'argent dedans. Et oui, et heureusement, il y
a
des emplois derrière, il y
a
des travailleurs. Et dans la vie, il y a deux solutions. Soit on se couche et on sera un pays de service, c'est-à-dire un pays d'esclaves. Soit on développe l'économie à la fois en libéralisant l'économie pour les PME, pour la recherche, pour créer de nouvelles pépites, parce qu'il ne
faut
pas simplement conserver les pépites existantes. Mais quand on a un secteur stratégique, on le défend. C'est ce que font les Américains et les Chinois et ils ne s'en portent pas plus mal.
Ce qui est paradoxal dans les chantiers de Saint-Nazaire,
c
'est qu'en l'occurrence, ce ne
sont
pas des commandes françaises. C'est des commandes étrangères.
Et alors, ça veut dire qu'on est capable de produire en France ? Je lisais une interview du vice-président de Toyota, qui nous expliquait qu
'à Valenciennes,
il produit français. Moi, je ne fais pas de différence entre la nationalité des entreprises, mais je veux qu'on produise en France et je veux qu'on garde les savoir-faire. Et pour ça, c'est pour ça que je veux baisser l'impôt sur les sociétés, pour les bénéfices réinvestis en France. C'est pour ça que je veux simplifier la vie des PME. C'est pour ça que je veux développer la recherche dans notre pays, car il va falloir monter en gamme, il faut qu'on arrive à conquérir l'avenir. Il n'est pas normal
qu
'on paye si mal nos chercheurs, il n'est pas normal qu'il y ait des milliers de chercheurs français aux Etats-Unis. Il faut comprendre qu'avec la politique qu'on a menée depuis 15 ans, quels que soient les gouvernements, de baisse de charges sur les bas salaires, on fait des trappes à bas salaires
et
nos ouvriers qualifiés, nos salariés qualifiés ne bénéficient pas de baisse de charges. Et je visite le mondial de l'automobile et une entreprise comme Valeo et d'autres me disaient qu'ils n'ont pas profité du CICE.
15
millions d'euros en l'occurrence, 15 millions d'euros pour salaires ETF.
Oui, mais ils ont moins profité que les grandes surfaces, que la banque postale. Or, j'estime que les baisses de charges doivent être ciblées sur les entreprises qui affrontent la
concurrence internationale. C'est une
stratégie, en l'occurrence Jean-Veux Pizani-Ferry qui est venu nous expliquer, en termes de création d'emplois. C'est sûr que les résultats ne sont pas en rendez-vous.
Mais parce qu
'on a une politique qui est toujours la même depuis 20 ans, parce qu'on n
'a
pas compris le monde qui vient, parce qu'il faut investir dans le numérique, la robotisation, parce que l'entreprise France ne
gagnera que si elle se
modernise, mais en favorisant la production en France. Pareil, je propose d'arrêter la directive travailleurs détachés, car il est inacceptable que des travailleurs viennent d'autres pays et ne payent pas les charges sociales françaises.
Oui, mais en même temps, je recevais l'autre jour Hervé Mariton, qui était encore candidat à la primaire. Après, il a été finalement recalé
en l'occurrence.
Il
pensait un peu
différemment des autres dont ils l'ont exclu. Ils ont exclu tous ceux qui pensaient différemment. Mariton, Guénaud, Miard.
Mais Guénaud,
il
n'était pas, in fine,
il
n'était pas candidat. Ah si, il a été candidat. Oui, mais il n'avait pas le nombre de... Il faut quand même mettre des critères, non ?
Ah ben les critères, c'est de penser pareil que Juppé ou Sarkozy, d'avoir été dans le même gouvernement et de
reproduire les mêmes erreurs. Il y a eu des
pressions, il y a eu des pressions sur les uns, sur les
autres.
C'est bien, ils ont sauvé
Mme
Kosciusko parce qu'elle est bien dans le paysage de la pensée unique. Il fallait quand même une femme, surtout. Mais la question, je trouve ça déshonorant pour les femmes d'ailleurs.
Oui.
Parce que les
femmes
doivent pouvoir heureusement se battre à armes égales.
Quand Nicolas
Sarkozy dit hier aux Zéniths qu'il est le candidat du peuple contre les candidats des élites.
Ça
vous fait rire ?
Si vous voulez, Nicolas Sarkozy, soyons francs, dit en ce moment des choses que j'approuve. Parfois j'ai l'impression d'ailleurs qu'il recopie mon projet politique. Mais le problème c'est qu
'il
n'est pas crédible et que personne ne peut croire
que
cet homme qui a bafoué le référendum par exemple de 2005 sur l'Europe,
en
faisant approuver par le Parlement ce que le peuple avait refusé, appliquera un référendum. Donc le problème de Nicolas Sarkozy, c'est pas ce qu'il dit.
On est en train de faire deux
référendums en l'occurrence.
Qui peut croire qu'il les fera alors qu'il a violé la parole du peuple en 2007.
Le
Parlement c'est le peuple. Non. Quand le peuple a décidé par référendum quelque chose, seul le peuple par référendum peut l'annuler.
Et
donc vous y croyez quand Nicolas Sarkozy dit qu'il est candidat du peuple face au candidat des élites, en
l'occurrence à l'INJUPÉ ? Je crois qu'il y a pas beaucoup
de Français qui le croient. En revanche, Nicolas Sarkozy pose une vraie question.
Et
donc moi je ne balaye pas d'un revers de la main. Il pose de vraies questions sur la politique menée, et notamment l'illusion d'Alain Juppé sur une identité heureuse, et la mollesse et la tiédeur des solutions que propose Alain Juppé. Et moi j'attends le résultat de la primaire, et j'affronterai au premier tour de l'élection présidentielle le candidat des Républicains, en disant à l'électorat de droite qu'il y a un autre discours et un autre projet politique, et qu'il faut regarder et comparer.
Est-ce que pour vous, Nicolas Dupont-Aignan, en fait, l'hypothèse la plus favorable, entre guillemets, c'est que ce soit Alain Juppé qui remporte cette primaire, et pour vous, justement, plus
extrémiste,
on va dire, du moins pour certains, non mais pour certains, vous pourrez justement... Ce
qui
m'importe, vous pourrez justement rafler une partie de l'électorat qui n
'est
pas séduit par peut-être le côté édredon d'Alain Juppé.
Ce
qui m'importe, c'est le débat de fond. Et c'est vrai qu'un débat avec Alain Juppé ou avec Emmanuel Macron, des personnalités respectables, mais qui ont des idées profondément différentes des miennes, permettrait de faire avancer le jugement des Français. Car l'enjeu, c'est de débattre avec des gens
francs
qui disent ce qu'ils feront. Et le mérite d'Alain Juppé, c'est qu'il annonce ce qu'il fera. Je suis en désaccord avec certaines de ses options, fondamentalement. Je crois qu'une autre politique est nécessaire pour la France. Et j'aimerais que les Français puissent juger à partir de projets sérieux, chiffrés, pour qu'on puisse voir les différences et qu'on puisse choisir, je dirais, avec lucidité. C'est ça la démocratie. Et notamment sur l'immigration, sur les constructions de places de prison, sur la sécurité. J'ai un projet beaucoup plus ferme que celui d'Alain Juppé.
Est-ce que c'est vrai que vous êtes personne à non grata dans les mosquées de Vigneux-sur-Seine, Montgeron, hier, justement, dont vous êtes le maire, et Brunois, dans
votre circonscription ?
Comme j'ai dit que le
Burkini était une
alienation de la femme, certains dirigeants de mosquées de ma circonscription m'ont écrit une lettre insultante, voulant faire la loi républicaine. Et j'ai pris cette lettre avec gravité, car ça veut dire qu'il y a un islam politique en France qui veut l'emporter sur la République. Et ça, je ne l'accepterai jamais. Et d'ailleurs, beaucoup de Français de tradition et de religion musulmane de mince circonscription m'ont soutenu. J'ai reçu des lettres extraordinaires en me disant,
«
Merci d'être là, ne cédez pas face à cet islamisme radical qui nous déconsidère,
car
nous pratiquons notre foi avec bienveillance.
»
En tout cas, jamais je n'accepterai qu'une religion, quelle qu'elle soit, l'emporte sur les lois de la République. Et je crois que les Français commencent à prendre conscience qu'on a été très faibles avec un islam politique qu'il faut remettre à sa place.
Est-ce qu'il faut couper les ponts ? Hier soir, on recevait à midi Gérald Darmanin dans BFM Politique, qui est lui pour le coup le coordinateur de la campagne de Nicolas Sarkozy, maire de Tourcoing, qui s'est engagé. Justement, il avait des propositions pour faire un pacte avec l'islam. Mais il dit qu'il faut couper les ponts avec les grands financiers, en l'occurrence le Qatar, l'Arabie Saoudite et d'autres fonds comme ça.
Je le propose depuis 10 ans. Et M. Darmanin soutient un candidat qui fait des conférences à 100 000 euros dans les Émirats, M. Sarkozy. Donc je l'invite à venir me soutenir, ça sera plus cohérent.
Faut
-il recevoir le 19 octobre Vladimir Poutine à Paris ? Il doit venir en l'occurrence pour l'inauguration. Justement, là c'est financé par l'État russe, comme quoi on a des contradictions. Donc l'Église orthodoxe en bordure de Seine. Est-ce qu'il faut l'accueillir alors qu'on voit bien la position de la Russie, qui s'est opposée notamment à la France sur le Conseil de sécurité vis-à-vis de la Syrie et d'Alep
?
Oui, il faut l'accueillir, ne serait-ce que pour lui dire notre désaccord sur certains points. Parce que si on ne l'accueille pas, je ne vois pas pourquoi M. Hollande en cachette a remis la Légion d'honneur au roi d'Arabie Saoudite, qui fait des massacres monstrueux
au Yémen.
Je ne vois pas pourquoi à ce moment-là on ne reçoit plus personne.
J
'ajoute que la situation en Syrie n'est pas celle qu'on décrit obligatoirement, que Assad et Poutine ont de grands torts de refuser la trêve humanitaire à Alep, et je dénonce, mais que nous avons de grands torts de soutenir des groupes islamistes dangereux, al-Qaïda,
en
Syrie contre Assad. Et les donneurs de leçons en Syrie, alors que la France a été lamentable depuis 4 ans, alors que nous aurions dû agir contre l'État islamique, et nous serions aujourd'hui en position beaucoup plus de force vis-à-vis d'Assad et vis-à-vis de Poutine. C'est notre désertion
dans
cette région du monde qui explique le
drame
humanitaire.
Est
-ce que ce n
'est
pas le drame humanitaire qui est d'abord dû à Assad et à Poutine ?
Mais le drame humanitaire il est dû autant à l'Arabie Saoudite, au Qatar, à l'État islamique qu'à Assad. Je les mets dans le même sac et je refuse ces indignations à éclipse. Alors, recevons Poutine, nous aurions dû jamais fermer notre ambassade en Syrie, parce que nous nous sommes retirés de ce jeu, et mettons tout le monde autour de la table pour faire une trêve humanitaire
et régler le problème.
Déjà au Conseil de sécurité, on a du mal. Merci beaucoup Nicolas Dupont
-Aignan. Mais c'est parce
que c'est difficile qu'il faut le essayer.
Merci beaucoup d'avoir été avec nous.
Merci de votre invitation.
de cette heure.
Nicolas Dupont-Aignan