Mathieu Lefèvre est l'invité politique de la matinale de franceinfo
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
Bonjour Mathieu Lefèvre. Il y a de l'actualité aujourd'hui avec Emmanuel Moulin. Cette nomination, il va il va passer devant les les députés, les les sénateurs auditionnés par les commissions des des finances de l'Assemblée nationale et et du Sénat pour valider cette nomination à la tête de la Banque de France.
De nombreuses oppositions expliquent qu'il y a un problème parce que il est proche du chef de l'État. Elles ne remettent pas en cause ses compétences à Emmanuel Moulin. Est-ce que c'est la nomination de de trop d'Emmanuel Macron ?
Je crois qu'on a beaucoup de chance d'avoir des gens comme Emmanuel Moulin aux affaires. Emmanuel Moulin, c'est un grand serviteur de l'État qui a servi dans de nombreuses crises, qui a servi dans le public et dans le privé. Je pense que ce serait un atout pour notre pays qu'il devienne gouverneur de la Banque de France.
Maintenant, comme vous l'avez dit, le choix est laissé aux parlementaires. Il y a un autre sujet qui va qui va arriver qui est dans l'actualité aussi, c'est la question des carburants, le le prix des des carburants avec demain cette conférence de presse du côté de de Matignon, du du Premier ministre au sujet de des aides sur sur les les carburants. Alors, qu'est-ce que peut annoncer le Premier ministre ?
Je sais que vous allez pas nous nous donner les annonces avant les les annonces, mais est-ce que ces aides, elles peuvent potentiellement être élargies ? Ce que je peux vous dire, c'est que le premier ministre fait preuve de réactivité et qu'il est attentif à la France qui travaille, attentif à tous les secteurs qui sont impacté par la hausse des prix du carburant et que la politique du gouvernement, c'est une ligne entre le n'importe quoi budgétaire consistant à avoir des aides indiscriminées et l'immobilisme. C'est donc une ligne de crète qui se poursuivra demain avec des annonces.
Il y a certaines conditions pour obtenir ces ces aides pour ces travailleurs modestes. J'étais en direct d'une station de service il y a il y a moins d'un mois avec un un homme d'une cinquantaine d'années. Il me racontait qu'il avait trois enfants, qu'il se considérait comme travailleur euh pauvre. il était tout près du du SMIC, il était en en difficulté, sauf que il faisait 25 km par jour pour aller au travail au total et donc il ne remplissait pas toutes les conditions que le gouvernement avait expliqué pour obtenir ces aides.
Qu'est-ce que vous dites à ces laissez pour compte à ceux qui ne cochent pas toutes les cases mais qui sont en difficulté ? Jeour'd que le gouvernement est réactif, il a déjà fait preuve de réactivité puisque les aides du mois de avril ne sont pas celles du mois de mai, ne seront pas probablement pas celle du mois de juin. Je crois qu'il faut faire preuve de beaucoup d'écoute social et d'attention à l'endroit du monde qui travaille.
C'est ce qu'a fait le premier ministre avec l'indemnité gros rouleur. C'est ce qu'il fait quand il porte une attention toute particulière au secteur du BTP, au secteur agricole, au secteur des taxis et des VTC. Il faut poursuivre ce chemin.
En revanche, une politique indiscriminée qui viserait les Français sans conditions de ressources, sans conditions de travail, ce serait une politique qui verserait dans le n'importe quoi budgétaire. Même si la crise dure, on ne retrouvera pas le quoi qu'il en coûte. Ça vous pouvez nous le dire avec la crise va durer.
Il faut donc agir à la fois sur des réponses de court terme pour aider les Français à passer ce cap et agir aussi avec des réponses de long terme. Et c'est tout le sens de ce que fait le premier ministre autour du grand plan d'électrification des usages pour nous aider à être moins dépendant. On importe chaque année 60 à 80 milliards d'euros d'énergie fossile.
Il l'a dit hier à l'Assemblée nationale, on paye cash notre dépendance. Il faut réduire cette dépendance en nous électrifiant. Et ça tombe bien parce qu'on a une électricité qui est abondante dans notre pays et décarboné.
Hier, vous étiez euh justement avec le président de la République qui a présidé un conseil de planification euh écologique. Il a demandé au gouvernement à vous d'accélérer sur la mise en place de la consigne sur le plastique. Ça veut dire très concrètement après les consultations que vous allez avoir euh qu'on qu'on pourrait se retrouver de manière obligatoire à à utiliser ces ces consignes pour les bouteilles en en plastique.
Aujourd'hui, on est un gros pays consommateur de de plastique et on ne recycle pas assez. On est loin de l'atteinte de nos objectifs européens. Ça a une conséquence.
Ça nous coûte 1 milliard et demi d'euros par an qu'on verse au budget de l'Union européenne. Et donc on a proposé hier un grand planque dont la consigne est un des leviers qui va nous permettre d'atteindre ces objectifs. Mais il est à la consigne, il y a également d'autres types de disposition notamment des dispositions de sobriété, d'écoconception, de réemploi.
Je crois qu'on ne peut pas se passer de ce levier parce que ce milliard et demi d'euros, il trouverait mieux à être appliqué dans l'éducation de nos enfants ou dans la transition écologique plutôt que d'être versé en tant qu'amende. Mais tout le monde n'est pas d'accord avec vous. forcé de le constater.
Je regarde les propos de David Lissard, c'est le maire de Cann, il est aussi président de l'association des maires de France. Il dit assez de cette écologie technocratique, punitive et inefficace. Qu'est-ce que vous répondez au maire de Cann ?
Je réponds d'abord qu'il y aura une concertation qui va s'engager avec les collectivités qui sont parties prenantes. Il a raison quand il dit que certaines collectivités ont dimensionné leurs investissements et qu'il faut donc être très vigilant. Une écologie venue d'en haut, descendante, qui ne consulterait pas, qui ne s'appuyerait pas sur les maires ou sur les élus locaux aurait tort par définition.
Je dis en revanche au président Lisnar que on peut pas se satisfaire de verser 1 milliard et demi d'euros à l'Union européenne chaque année. Euh ce milliard et demi d'euros serait mieux employé au financement de la transition écologique ou au financement de l'école de nos enfants ou au désendettement comme le problème de monsieur Lisenard plutôt qu'en amende. Parce queil y a la la question économique derrière derrière tout ça.
Ça priverait ces collectivités locales d'une manne financière conséquente qu'elle tire de de la revente du plastique. Est-ce qu'il y a va y avoir une compensation ? Ça va être un sujet dans ces dans ces consultations.
Sûr il y a des leviers possibles de compensation notamment au travers des éco-organismes qui participent à la gestion des déchets dans notre pays pour que les collectivités bénéficient d'un plus grand soutien. En tout état de cause, on ne fera pas cette réforme contre les collectivités. On la fera avec elle en les accompagnant aussi bien au plan financier qu'au plan industriel.
Mais je le dis, le statut court sur le plastique n'est pas possible. Aujourd'hui, il y a aussi un un conseil des ministres. Le Premier ministre Sébastien Lecornu, il souhaitait un grand acte de décentralisation et il y a donc ce projet de loi qui arrive, il s'appelle renforcer l'État local.
J'ai j'ai simplifié mais l'association des maires ruraux de France, elle parle d'un renoncement du gouvernement. Ces associations d'élus locaux, elles souhaitaent plus d'autonomie financière, on en parlait, et fiscale. Qu'est-ce que vous leur dites ?
Comment vous les rassurez ? Je leur dis d'abord que ce projet de loi va permettre de faire bouger les choses en renforçant le rôle des préfets de région et des préfets de département. L'action locale est parfois un peu compliqué, un peu inefficace.
Ce projet de loi tire toutes les conséquences des consultations qu'a pu mener le premier ministre auprès euh des préfets. Je leur dis aussi que le temps du projet de loi de finances n'est pas encore venu. Ces questions vocation à être traité dans le projet de loi de finance et que ces simplifications dont elles ne sont d'ailleurs qu'un point de départ.
Le Sénat va débattre amendé et tranché sont indispensables pour notre pays. Justement, certains élus locaux nous disent ce n'est pas un projet de décentralisation, c'est une recentralisation autour du préfet. Le préfet c'est le représentant de l'État dans les départements ou dans les régions.
Donc on peut pas parler de recentralisation en revanche et c'est ce que nous faisons notamment s'agissant de l'ADEM. Il faut que l'action de l'État dans les territoires soit beaucoup plus lisible qu'elle ne l'est aujourd'hui. On peut pas avoir d'un côté par exemple les délégations régionales de LAADM et de l'autre les Dréal, les directions qui s'occupent de l'environnement dans les départements et dans les régions.
Il faut plus de synergie, éviter les doublons, éviter les redondances. Quand on dépose un projet, il faut pas avoir affaire à la fois à l'ADEM et à la fois à l'adréal, par exemple, en matière d'environnement. Ça permet d'aller plus vite.
L'ADEM, justement, c'est un sujet, c'est même un point de de crispation pour expliquer à nos téléspectateurs. Laadem, c'est l'agence de la transition écologique. 8000 projets par an pour accompagner les entreprises et les collectivités dans cette transition écologique.
Ça pèse quand même 4 milliards d'euros. Ce que vous nous dites ce matin, l'adem ne va pas disparaître. C'est bien ça.
Non. Et heureusement, il y a des gens qui vont parce qu'il y avait des des points de crispation. Certains craignaient la disparition de LAADEM.
Oui, mais je veux d'abord le dire, LAAD restera l'ADEM et ces salariés font un travail d'excellence au service de la transition écologique. Et en général, ceux qui veulent supprimer l'ADEM ne veulent pas supprimer les projets que finance l'ADEM dans leur département qui sont des projets essentiels, notamment des projets de décarbonation qui permettent d'avoir une énergie plus lisible, moins chère, plus souveraine et évidemment plus simple pour les Français. En revanche, je dis qu'on peut s'améliorer dans l'organisation, dans l'articulation entre les services de l'État dans les territoires et les délégations régionales de LAADEM.
C'est tout le sens de la réforme que nous portons avec Françoise Gatel au Sénat aujourd'hui et et au conseiller des ministres. Mais euh de deux choses l'une, soit on considère que euh le statut qu est indispensable dans les 12 prochains mois, soit on se dit qu'on continue à réformer au service de la lisibilité de l'action de l'État. Pourtant vos prédécesseurs, ils ne sont pas vraisemblablement sur la même ligne que que vous.
Je parle de de François de de Rugie, Christophe Béchu du groupe Horizon, Agè Panier Runiaché. Ils disent le démantellement progressif de l'ADEM représente une menace sidérante. Vous comprenez ces inquiétudes ou pas du tout ?
Je comprends les inquiétudes. C'est la raison pour laquelle je me suis rendu hier. C'est la première fois qu'un ministre le faisait au conseil d'administration euh des salariés de LAADM.
Il faut échanger. Ma porte est évidemment euh ouverte si cette réforme euh n'est pas comprise. En revanche, je leur dis pas de démantellement.
Il y aurait un démantellement si l'ADEM était une autorité administrative indépendante. L'ADM, ce sont des crédits publics votés par le Parlement, contrôlés par le Parlement et dont les Français ont aussi le droit de rendre compte. Il y a un dernier sujet que je voulais aborder avec vous, c'est ce projet de loi d'urgence agricole qui est arrivé hier dans l'hémicycle à l'Assemblée nationale et parmi les les points de de crispation, il y a la réintroduction de certains pesticides.
Euh le gouvernement dit non, il n'y aura pas de réintroduction de certains pesticides. En tout cas, on va on ne va pas en parler dans dans ce texte. Pourtant, il y a des sénateurs, les Républicains, notamment le sénateur Duplomb qui dit "On va réintégrer cela dans le texte." Qu'est-ce que vous vous dites ?
Je dis que ça n'est pas une initiative gouvernementale, que le texte que présente le Premier ministre est un texte de compromis ambitieux au service de nos agriculteurs qui permet d'avoir des progrès environnementaux. Je pense notamment à la qualité de l'eau au-delà des enjeux de quantité ayant en parallèle une initiative sénatoriale qui n'est pas l'initiative du gouvernement. Merci Mathieu L Fèvre.
Mathieu Lefèvre