Apolline Matin du 28 septembre - 8h/9h
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
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Questions et réponses
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- 21:39OuverteRéponse directe
Pourquoi cette ferveur inouïe autour du pape ?
- 23:10OuverteRéponse directe
A-t-il voulu redonner une fierté aux catholiques ?
- 24:40OuverteRéponse directe
Pourquoi Macron a-t-il changé d'avis pour assister à la messe ?
- 26:04OuverteRéponse directe
Le caractère populaire de la visite a-t-il influencé Macron ?
- 29:09OuverteRéponse directe
Quels messages forts sur l'euthanasie ?
- 31:00OuverteRéponse directe
Comment a-t-il touché les personnes handicapées ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:14PrésentateurFait
« Le pape vient de partir de Lourdes, c'est sa dernière journée en France. »
- 1:58PrésentateurFait
« Léon XIV veut évoquer l'importance de l'Europe pour ramener la paix. »
- 3:15PrésentateurFait
« Marie va le rejoindre, sauf que rien ne va se passer comme prévu, puisqu'il va abuser d'elle, la confier à un deuxième, puis à un troisième homme. »
- 3:36PrésentateurFait
« Marie a été amenée à 250 kilomètres de son domicile, embrigadée dans un réseau de prostitution. »
- 5:38PrésentateurChiffre
« La CGT a recensé 174 rassemblements pour l'instant. »
- 5:59PrésentateurChiffre
« Le nombre de stations-services indépendantes en faillite a été multiplié par 5 sur les 6 premiers mois de l'année. »
- 6:11PrésentateurChiffre
« On est déjà à 33 cette année. »
- 22:26InvitéChiffre
« 25 000 jeunes, adultes, qui demandent le baptême désormais à Pâques. »
- 34:53InvitéFait
« l'église de France, c'est l'église catholique au monde qui a entamé le plus gros effort de vérité. »
- 35:55PrésentateurFait
« c'est un des terres fondateurs de l'Union Européenne. »
- 39:14InvitéFait
« Il s'est rendu à l'UNESCO. »
- 39:19InvitéFait
« Qui sont les gens qui piétinent le droit international ? Ce sont ses néo-empereurs, Poutine, Erdogan, Xi Jinping, Modi, Khamenei, enfin, etc. »
Temps de parole
- Présentateur57 %
- Invité29 %
- Invité 23 %
- ?3 %
- Invité 32 %
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Vous
écoutez RMC,
8h01
sur RMC et c'est l'heure du journal de Quentin Vinet. RMC, Apolline Matin. Bonjour Quentin. Bonjour Apolline et bonjour à tous. Le pape vient de partir de Lourdes, c'est sa dernière journée en France. Il va la passer à Metz avec une tonalité internationale, vous verrez. Et finalement Emmanuel Macron assistera à l'ultime Metz du pape. Le président a changé d'avis. Vous entendrez dans ce journal témoignage RMC d'une mère qui alerte sur les dangers des réseaux sociaux. Ils auront seulement quelques messages, vous verrez que sa fille s'est retrouvée au cœur d'un réseau de prostitution, témoignage bouleversant.
Et vous allez entendre aussi Zinedine Zidane avant le deuxième match des Bleus en Ligue des Nations ce soir en football, ce sera en Belgique.
Le
pape est dans l'avion, il a décollé, il a quitté Lourdes il y a quelques minutes. Oui, en direction de Metz, la quatrième et dernière étape de sa visite en France. Il va y rencontrer les représentants des autres religions, des chefs d'État. Il va encore une fois déambuler en Papa Mobile,
ce
sera dans l'après-midi, avant de célébrer une ultime messe à la cathédrale Saint-Étienne. Ce sera en présence donc d'Emmanuel Macron. Marion Gauthier,
on
vous retrouve en direct de Metz ce matin pour RMC. Emmanuel Macron ne devait pas y assister, mais donc il a changé d'avis.
Oui,
le chef de l'État a réorganisé son agenda, dit l'Elysée ce matin, sans plus de précision. Alors est-ce l'engouement populaire qui pousse Emmanuel Macron à venir sous les arches gothiques de la cathédrale ? Deux mille personnes attendues à l'intérieur, plus de dix mille à l'extérieur. Jusque-là, la présidence assurait qu'elle séparait visites d'État et visites religieuses du souverain pontife. Les discussions diplomatiques sur la paix, l'Europe et l'intelligence artificielle n'ont visiblement pas suffi. Lors de la préparation du voyage apostolique, l'Élysée voulait plus de temps et de séquences partagées avec Léon XIV.
Et
c'est donc à Metz que le pape termine sa visite en France. Pourquoi Metz ? Question qui se pose. Mais ce n
'est
pas un hasard, il y a toute une symbolique autour du choix de cette ville.
Oui,
en cette période de tensions majeures, Léon XIV veut évoquer l'importance de l'Europe pour ramener la paix. Metz est une ville frontalière, un territoire qui a fait l'expérience de la réconciliation avec la réconciliation franco-allemande. Les ennemis sont devenus des amis, a expliqué l'évêque de Metz. Le pape veut aussi parler d'unité. Il est attendu ce matin au centre Robert Schumann où je me trouve. Robert Schumann,
c
'est l'un des fondateurs de l'Union Européenne, enterré près d'ici et en voie de béatification aux racines de l'Europe pour la paix et l'unité. Voilà le nom déjà connu du discours du souverain pontife qui devrait le prononcer en anglais devant des chefs d'État et de gouvernement des 27 invités par l'Élysée. Marion Gauthier en directeur de Metz ce matin pour RMC. Un des temps forts de cette visite en France pour le pape Léon XIV, c'était hier soir à Lourdes. Il a rencontré sept victimes d'abus sexuels de l'Église, Église à qui il a demandé de poursuivre son action face à ce qu'il a qualifié de fléau.
Cinq des sept victimes ont pris la parole à l'issue de cette rencontre pour saluer un pape, et je cite là, authentiquement à l'écoute.
C
'est un témoignage bouleversant, que vous avez pu entendre un petit peu plus tôt ce matin sur RMC. Énième alerte d'ailleurs sur les dérives des réseaux sociaux, le témoignage d'Émilie. Émilie, la mère d'une adolescente de 15 ans, elle racontait ici la descente aux enfers subie par sa fille l'année dernière. Mathias Tesson, vous êtes le chef du service police-justice RMC. C'est vous qui êtes entré en contact avec Émilie. Elle nous a donc raconté qu'en l'espace de quelques jours et en seulement quelques messages, sa fille s'est retrouvée au cœur d'un réseau de prostitution.
Oui, et tout a commencé par une banale conversation sur l'application Snapchat, il y a quelques mois, sur fond de jeu de séduction entre Marie et un jeune homme qui lui est majeur. Marie va le rejoindre, sauf que rien ne va se passer comme prévu, puisqu'il va abuser d'elle, la confier à un deuxième, puis à un troisième homme. Les parents signalent alors sa disparition à la police et comprennent qu'elle est sur le point de se prostituer, mais il est trop tard. Marie a été amenée à 250 kilomètres de son domicile, embrigadée dans un réseau de prostitution. Une annonce est même publiée par ses proxénètes sur Internet, un calvaire qui va durer quasiment une dizaine de jours.
Il
n
'y a
vraiment aucun signe avant-coureur. Dans ses annonces, évidemment, il n
'y a
pas le fait qu'elle est mineure. Par contre, il y a un prix, il y a des prestations, il y a des suppléments, il y
a
des notes laissées par les clients, il y
a
des commentaires des plus odieux. Donc, notre fille est traitée comme une marchandise qu'on drogue en permanence. Un proxénète qui la surveille en permanence dans le Airbnb, on la réveille pour enchaîner des passes jusqu'à près de 10 par jour.
Ces
parents vont aller sur la trace d'abord d'une voiture située dans l'Oise pour tenter de la retrouver, dans laquelle Marie a pu passer. Ils vont planquer devant pendant 48 heures, mais Marie ne revient pas. Non, elle a été déplacée en Indre-et-Loire par ses proxénètes. La police délimite un secteur en bornant un téléphone. Les parents s'y rendent. Ils fouillent les logements Airbnb, collent des affiches, finissent même par mettre la pression à un groupe de jeunes pour recouper des informations. Et ils obtiennent enfin une adresse, celle d'un squat. La jeune fille est retrouvée saine et sauve, mais dans un état de santé très préoccupant. Sa mère lance aujourd'hui un appel aux autres parents.
Prendre
un moment avec vos enfants de regarder Snapchat, Instagram, TikTok, même Fortnite, Roblox et tous les autres. De leur demander avec qui ils parlent, qui les contactent. Et on ne sait pas ce qui se passe derrière un téléphone quand ils sont seuls dans leur chambre. Ça n'arrive pas qu'aux autres. Donc aux parents, j'aimerais leur dire qu'en 3-4 jours, toute leur vie peut basculer. Parce que derrière un compte, un profil en apparence banal peut se cacher une personne très malveillante, voire même tout un réseau.
Une plainte pour viol sur mineur de plus de 15 ans a été déposée par les parents de Marie. Une enquête ouverte par le parquet de Sanlis. Elle se poursuit à l'heure actuelle sans qu'on sache si des suspects ont été interpellés. Voilà, témoignage bouleversant et important qu'il fallait entendre ce matin. Et que vous avez recueilli Mathias Tesson donc pour RMC. Des pompiers se réveillent là ce matin au pied de la Tour Eiffel à Paris dans le cadre de leur mobilisation pour de meilleures rémunérations. Un recentrage également de leur mission à la veille de la mobilisation de demain dans la fonction publique. La CGT a recensé 174 rassemblements pour l'instant.
Ce sera sans doute plus dans tout le pays. L'intersyndicale annonce déjà plus d'un tiers des enseignants grévistes demain dans les écoles. Dans ce contexte de flambées des carburants qui rendent les fins de mois encore plus difficiles et qui coûtent également la vie. C'est plus surprenant mais de petites stations-services. Celles qui ne peuvent pas se permettre de plafonner les prix comme chez Total. Le nombre de stations-services indépendantes en faillite a été multiplié par 5 sur les 6 premiers mois de l'année. Quand on compare les données des tribunaux de commerce avec les données de l'année dernière. Concrètement c'était 6 l'année dernière. On est déjà à 33 cette année Victor Jouanin.
Ce sont surtout les stations-services rurales qui ont le plus de mal. Exemple dans le sud d'Ardèche, près d'Aubna.
Depuis l'envolée des prix, Sébastien Contremine n'arrivait plus à se dégager de marge. Il s'est donc résolu à fermer il y a 10 jours. Là à
la
fin on fout tous dedans, c'est les tarifs que pratique Total. Mais
des
gros écarts comme ça,
non. Là on était à 35 centimes quasiment. C'est la concurrence déloyale. Si les choses ne bougent pas, je ne les éclairerai plus jamais, c'est fini. Je garderai quand même mon activité de garage. Si je n'avais pas ça aujourd'hui,
je
serais à la
rue. Et c'est aussi la fuite des clients chez Total qui va sans doute conduire Jean-Pierre Perrault a licencié l'un des deux pompistes de sa station Esso au nord de Lyon. Là on est à 40% de pertes
au
niveau litrage. Ça va engendrer, je pense, un licenciement économique au moins sur une personne.
Les fermetures de stations-services accélèrent et vont continuer à accélérer, craint l'un des représentants de la filière Francis Pousse. D'après notre dernier sondage, on estime à 200 à 300 stations qui sont ou qui vont être dans le dur très rapidement. C'est déjà un drame économique et social pour nos exploitants, mais aussi pour les habitants du coin. La France compte 10 000 stations-services, c'est 4 fois moins qu'il y a 50 ans. Ça ressemble à un séisme politique. Le Rassemblement National va pouvoir constituer un groupe au Sénat. La moitié des sièges étaient annoulés hier lors des élections sénatoriales. Alors le RN passe de 3 sièges à au moins 12 et même 15 avec ses alliés de l'UDR.
Ça s'explique par ses résultats aux dernières municipales, notamment près de la Méditerranée. Marine Le Pen et Jordan Bardella saluent une victoire historique. Le Sénat reste majoritairement à droite. La France Insoumise y fait son entrée avec le gendre de Jean-Luc Mélenchon qui obtient donc un siège dans le Rhône. L'actualité politique, c'est aussi la primaire socialiste. Ça se passe sur RMC avec le patron du PS, Olivier Faure, qui sera l'invité des Grandes Gueules tout à l'heure à 11h. Et alors on est au lendemain du championnat du monde de la frite qui avait lieu ce week-end à Arras.
Et ça ne s'invente pas, c'est en Belgique que l'équipe de France va jouer ce soir son deuxième match de Ligue des Nations, le deuxième même de Zinedine Zidane à la tête des Bleus qui va encore faire tourner des changements par rapport à l'équipe qu
'a
jouée à vendredi en Turquie.
Le
plus important, c'est d'apprendre à se connaître tous, les uns les autres. Et même si là, on a eu ce match-là en Turquie, sincèrement, on s'est plus reposé et pensé à faire des soins et toutes ces choses-là que s'entraîner parce qu'on n
'a
pas le temps. Mais l'idée, c'est toujours de bien préparer les matchs de toute façon, même si on n
'a
pas beaucoup d'entraînement, parce qu'on est tous des compétiteurs. Et ce qu'on a envie quand on rentre sur un terrain, c'est de gagner le match de toute façon.
Parmi les changements attendus, c'est sûrement Désir Edoué qui jouera ce soir à la pointe de l'attaque française. C'était le journal de Quentin Vinet.
Il
est 8h10 sur RMC. Faire ses courses aujourd'hui, mais être encaissé en décembre. Voilà la pratique du chèque différé qui se multiplie désormais. Des consommateurs partagés entre bol d'air et engrenage du surendettement. Elisabeth Cogni est avec nous, bonjour. Vous mettez en garde contre cette pratique qui en apparence peut donner le sentiment de soulager sur le moment parce qu'on n
'est
pas encaissé tout de suite. Mais attention, ça n'est pas sans conséquence. Il faut se méfier, Emmanuel, aussi de ces paiements différés.
Oui, le paradoxe, c'est qu'on a voulu restreindre le chèque parce que justement, il y avait beaucoup d'impayés. Et là, on vous incite à payer en chèque. C'est quand même un peu paradoxal et sans aucune garantie.
On en parle dans un instant. Et n'hésitez pas à nous appeler au 3216 si vous avez recours vous-même à ces paiements différés. Ou si vous avez vu cette pratique, c'est désormais le cas dans des super-us, dans des magasins Carrefour. On en parle dans un instant. 8h14 sur RMC et sur RMC Story. Est-ce que vous avez vu ces affiches dans votre supermarché ? Il y en a un peu partout maintenant. Faire ses courses tout de suite, mais payer dans plusieurs semaines. Ça s'appelle la pratique du chèque différé. Ça se multiplie partout en France. Ce n
'est
pas nouveau, mais c'est à nouveau plébiscité par un certain nombre de Français qui estiment qu'évidemment, ça les soulage. En tout cas, pour un temps. Elisabeth Cogni, bonjour. Vous êtes la fondatrice de la société d'études, Madame Benchmark. Vous mettez en garde contre cette pratique ? Oui, alors effectivement, ça doit être une solution de crédit ponctuelle. Ça peut aider si on a une grosse dépense qui est imprévue et que la paie arrive un peu plus tard. Mais effectivement, si on multiplie
ça, c'est le même
problème que tout sur-endettement, toute offre de crédit, etc., qu'on peut cumuler. Et puis, contrairement à demander quelque chose à une banque, il n
'y
a pas de contrôle. En fait, on vous accorde tout de suite l'opération. Donc, il faut être sûr que l'argent est là quand le chèque est débité. D'abord, un, on apprend donc que le chèque n'a pas disparu. C'est-à
-dire
qu'on nous dit régulièrement que le chèque et que l'argent liquide disparaissent. Non, il résiste pour justement répondre à un certain nombre de demandes.
Le paradoxe, c'est qu'il avait disparu
parce que notamment les commerçants disaient mais attendez, compte tenu du nombre d'impayés, etc., on ne veut plus de chèque.
Et là, ça devient au contraire la solution que l'on propose. Pourquoi ? D'abord, un, pourquoi les commerçants font ça ? Parce que sinon, les gens ne font plus leurs courses ? En ce moment, c'est un peu tendu sur le pouvoir d'achat. Donc, les enseignes ressortent des opérations qui fonctionnent pour qu'il y ait tous les jours des gens qui viennent faire leurs courses en magasin. Et ça, c'est une des solutions. C
'est très, très simple à mettre en place. C'est
faire crédit.
C
'est comme à l'ancienne, la maison fait crédit. Exactement. C'est accorder un petit délai de paiement à court terme. Il n
'y a
pas de formalité. On ne
va
pas vous demander si vous êtes fiché Banque de France ou pas. C'est une petite aide avant que
l'argent rentre. Mais attention, oui. Sachant que le risque,
c'est que les gens, par exemple, aillent dans les différentes enseignes, faire le tour, finalement, de ces promos. Et donc, du coup, on se
dit
pour l'enseigne, quel est l'intérêt ? Parce que vous avez un client qui va aller faire un autre plein dans un autre magasin. Vous prenez le risque d'avoir des impayés.
Alors,
de toute façon, on est dans un monde de concurrence. Donc, tous les jours, les magasins vont chercher à avoir les meilleures offres. C'est une bagarre au jour le jour d'avoir la meilleure offre. Donc, ils vont jouer un mois, pas le mois d'après, etc. En fonction de ce qu'ils veulent mettre en avant. Mais effectivement, ça comporte un certain risque. Un certain risque. Yannick, d'ailleurs, vous vouliez témoigner aussi là-dessus et réagir. Yannick, vous êtes maçon à Perpignan. Bonjour, Yannick.
Bonjour.
Yannick, ça
vous paraît une bonne idée ou inquiétant
?
Non, non, en fait, moi, je l'ai. Parce que, comme vous disiez, ça fait quelques taxas existent. Moi, je l'ai fait, ça m'a mis en difficulté. Parce que,
en fait,
si on fait ça, il faut se mettre dans la tête que soit, le mois prochain, on ait une rentrée d'argent un peu plus grosse. Importante. Ou alors, c'est parce qu'on a eu, comme disait la dame, un imprévu là, ce mois-ci. Mais il faut penser que le mois prochain, quoi qu'il arrive, il va falloir manger quand même. Donc, on va doubler le montant des courses le mois
d'après. En fait, vous
vous êtes retrouvé à un moment, vous vous êtes dit, ça va m'aider. Et finalement, ça n
'a
pas été le cas, Yannick
?
Oui, voilà, oui. Finalement, je n
'ai
pas pu le régler, ce chèque-là. Parce que quand on fait les courses, c'est des montants qu'on fait les courses pour le mois avec une famille.
C
'est des montants assez élevés.
Et
je n
'ai
pas pu l'assumer derrière. Et donc, ça a fait tout un engrenage de frais, des trucs qui m'ont mis en grosse difficulté. Ça
va mieux aujourd'hui, Yannick ?
Ça a allé mieux il y a quelques mois. Mais là, j'ai de nouveau des difficultés. Mais ce que je vous parle là du chèque, c'est qu
'il
y a deux, trois ans déjà. Mais pour moi, c'est un piège. Pour moi, c'est un piège.
C'est un piège. C'est comme ça qu'il faut aussi le voir réaliser avec Cogné. Attention.
Alors,
les Français sont quand même des bons gestionnaires en général. Mais effectivement, il faut faire attention. On peut être tenté de multiplier les opérations, etc. Donc, il faut gérer. Effectivement, il faut que le compte soit créditeur. Pour ne
pas décaler le
problème. Exactement. Il y a évidemment aussi la question de ceux qui espèrent en décembre, notamment puisque pour un certain nombre de ces enseignes, ce qu'on propose, c'est de faire ces courses aujourd'hui et que le chèque ne soit encaissé qu'en décembre. Avec l'espoir, évidemment, qu'en décembre, pour certains, peut-être il y
a
un 13e mois ou un revenu supplémentaire. Oui, en décembre, il y
a
souvent une avance sur les primes éventuellement. Ou ça peut être aussi pour les gens qui ont un revenu un peu variable tous les mois et ils prévoient que là, ils ont un revenu qui est un peu supérieur. Après, sinon, c'est juste pour décaler et il faut faire attention. Merci beaucoup,
Elisabeth Conny. Les règles du découvert ont
été durcies aussi.
Emmanuel. Effectivement,
les
règles non seulement du crédit, mais aussi du découvert, comme vous disiez. Vigilance. On a souvent alerté là-dessus sur RMC. C'est une manière, en quelque sorte, d'être à découvert sans avoir à passer par la banque. Merci beaucoup, Elisabeth Conny, spécialiste de la consommation, fondatrice de la Société d'études. Madame Benchmark. J'aime beaucoup ce nom, Madame Benchmark. Effectivement, merci à vous. Il est 8h19. Monsieur Humour, Arnaud Demanche. RMC. Apolline Matin.
C
'est tous les jours Demanche. Salut Arnaud. Monsieur Humour est dans la place. Bonjour les amis. J'espère que vous avez passé un bon week-end dans la sainteté. Car nous avons pu admirer ce week-end l'homme que Dieu a choisi pour porter le message de l'espérance. Oui, Zinedine Zidane a fait son retour à
la tête des Bleus.
1-0 contre la Turquie. Malheureusement, un match assez bof. Vous avez regardé, c'était le genre de match qui fait même dire à Jérôme Rotten, franchement, franchement, même moi j'aurais fait mieux. Mais surtout, la grosse actue,
c
'était évidemment le pape qui a commencé par un stade de France bourré à craquer de jeunes chrétiens.
C
'était ouf. CNews étaient enthousiastes de Villiers. Il était à fond.
C
'est incroyable. C'est un miracle. Tous ces blancs en Seine-Saint-Denis, on n'a jamais vu ça. Le pape a fait quelque chose d'extraordinaire. Tout le pays est devenu catholique. Christine Kelly, qu'en pensez-vous
?
Oh.
C'est tellement bon. Ce que le pape a réussi, c'est tellement
fort.
Il y avait 80 000 jeunes au stade, à fond. Moi, je m'attendais à ce que le pape intéresse seulement des mamies. Et en fait, non, la foi catholique fait un retour auprès des jeunes. Les parents des ados, ils doivent flipper. Apo, ces gosses, ils vont rentrer à 5h du mat. Mais t'étais où ? On s'est fait un sang d'encre. C'est bon, lâche-moi.
J'étais au vépre avec garance, c'est bon. Et
après, on
a admiré une hostie avec Jean-Baptiste dans une crypte. Tu passes tes soirées dans des cryptes ? Ouais, bah, ton pote Mathieu Béliard aussi, Welfest. En plus, les croix sont à l'envers et ses copines, elles sont en cuir. On le fait pas chier, vas-y, c'est bon.
C'est bon,
quoi. Le pape, c'est la
nouvelle
à Yann Akamroa. C'est génant, c'est génant,
quoi. Trop la gênance. Le pape, c'est la nouvelle à Yann Akamroa. Il a fait 700 000 sur les Champs-Elysées, un stade de France et une date en province. Tous les programmateurs sont dessus. Allô, le Vatican, ici, c'est les vieilles charrues.
Pote Léon, il n'est pas disponible en juillet, par
hasard. Tous les jeunes, ils étaient au taquet. On les a entendus chanter au Seigneur. Comment ne pas te louer ? Comment ne pas te louer ? On dirait Manu Le Chypre quand il tombe sur une annonce pour une maison
avec
piscine et
barbecue pour les vacances à 450 euros la semaine.
Comment ne pas te louer ? C'est une bonne occasion.
C
'est
un messe sur les Champs-Elysées a réuni, vous le disiez, plus de 700 000 fidèles.
Et
des people et des politiques. On y
a
vu Marine Le Pen, Jordan Bardella, Gabriel Attal et Édouard Philippe. Le pape a dit « Aimez-vous les uns les autres ? » Et ils
ont tous baissé la tête en disant « Ouais, ouais ». Le long du parcours, on a aussi aperçu Arthur Chevalier, notre historien, qui courait derrière la papa mobile en hurlant « Et pourquoi le pape Pissette a voulu excommunier Napoléon ? » « Pourquoi le Vatican doit s'excuser ? » Ben oui, dès qu'on touche à Napoléon. Alors j'ai été surpris par un truc, je ne sais pas si vous l'avez aussi, la voix de Léon XIV.
Parce
qu'il est américain, quoi. Et il a la même voix que tous les autres papes. Il dit « Aimez-vous les uns les autres ? » Alors qu'il est né à Chicago. Moi j'attendais « Oh yeah, le Christ a ressuscité ! » Hallelujah, you gotta believe in Christ, you gotta believe in Jesus, you gotta believe in yourself. Yeah, hallelujah, hallelujah ! Et en fait, non ? Croyez à la Sainte Église catholique. Il doit être obligatoire de parler comme un pape pour être élu pape.
Il y a un test en langage de pape.
Sinon, ce n
'est
pas tamponné. Alors j'ai regardé BFM tout le week-end, il y avait beaucoup d'intervenants et d'analyses, dont Pierre-Hugues Dubois. Pierre-Hugues Dubois, c'est le matinalier de Radio Notre-Dame, c'est-à-dire qu'il fait un peu le même métier que vous, Apolline. Il y a probablement l'émission Pierre-Hugues Matin, de Radio Notre-Dame. Mais est-ce qu'ils ont un humoriste aussi ?
C
'est tous les jours Jean-Eude de la Thibaudière de Montfaucon. Eh
oui !
Bonjour à tous ! Bonjour frère Arthur, bonjour frère Manu, bonjour frère Mathieu. Aujourd'hui, le pape sera à Metz pour prêcher l'amour, la paix et la fraternité. Ouh là là, c'est toujours la même chose avec lui. C'est vraiment le souverain poncif. Oh oh oh !
C'est
de l'humour de gâteau ! Oui, c'est de l'humour gâteau. Le pape qui était à Lourdes hier pour voir des handicapés et des paralytiques. Et cet après-midi, il ira à Metz, dans les vestiaires de leur club de foot, pour voir aussi des handicapés et des paralytiques. Vous avez vu leur dernier match ? Poutoum pouf ! En tout cas, moi j'étais au Stade de France, et on était dans une ferveur de ouf ! Alléluia ! Et on a prié comme des dingues en lisant nos micelles. Il y avait tous mes potes du pèlerinage de Chartres. Il y avait Anguéran, Basile, Mehdi, un catholique marocain. Du coup, c'est un peu un beurre de micelle. Oh !
De micelle !
On
a parlé spiritualité, on a parlé voile.
Gros débat voile. Tu viens au stage de Catamaran au Glénan cet été ? Badioum pouf ! Trop l'éclate ! Trop l'éclate ! Trop
l
'éclate ! Merci
beaucoup !
Attendez, j'en
ai
une dernière ! Allez-y !
Une petite
dernière ! Donc vous avez vu le pape qui a béni les enfants qui étaient sur son cortège, les parents ont tendu les bébés, il a fait « Oh, mon pauvre enfant, j'espère que tu guériras vite ! » Mais je ne suis pas un enfant, je
suis Eric Chouette ! Et j'en ai
marre
du
grand couillon des RMC
qui fait toujours la même blague ! Et c'est vrai, c
'est pas gentil !
Et à demain ! Je vous laisse !
J
'ai
hâte de dans un instant, on continue à parler du pape, puisque mon invité dans le face-à-face,
c
'est Jean-François Colosimo, spécialiste des religions, historien des religions, et éditeur du pape ! Et oui, mesdames, messieurs, et il est sur RMC, BFM TV dans un instant, à tout de suite
!
Merci d'écouter RMC, il est 8h28
!
RMC, Apolline Matin ! Et le rappel des titres, Victor Pourchet ! Le pape vient de décoller direction Metz ce matin, dernière journée de Léon 14 en France, marquée par une messe à laquelle Emmanuel Macron assistera. Première historique au Sénat, le Rassemblement National et ses alliés obtiennent au moins 15 sièges et vont pouvoir former un groupe à la Chambre haute pour la première fois. Et puis du foot ce soir, 20h45, Belgique-France, ce sera sans qu'Iliam Mbappé est blessé. Un mot de météo, tant plus vieux vers la Manche et les Pays de la Loire, avec des orages qui remontent du Poitou, les températures de 20 à Brest jusqu'à 30 à Bourges.
La météo sur RMC avec Penny Lane, l'outil qui réunit compta, facturation et compte pro. RMC jusqu'à 9h. Apolline Matin,
face à face.
Apolline de Malherbe. 8h29 et vous êtes bien sur RMC et BFM TV. Bonjour Jean-François Colosimo.
Bonjour Apolline.
Merci d'être avec nous ce matin. Vous êtes historien des religions,
vous
êtes directeur des éditions du CERF, vous êtes l'éditeur du Pape, et notamment de son encyclique, l'encyclique du Pape sur l'intelligence artificielle. On y reviendra, vous l'avez rencontré plusieurs fois, vous avez commenté aussi tout le week-end. Et aujourd'hui, dernière visite, dernière journée du Pape, au moment où l'on se parle, il est dans l'avion, il a quitté Lourdes et il est en direction de Metz. Une question d'abord sur cette ferveur inouïe, ces foules, plus nombreuses encore que ce qui était imaginé. Mais ils étaient où, ces catholiques de France qui tout d'un coup portent haut, j'allais dire ? Ils étaient où ?
Alors je crois que c'est ce qu'a voulu le cardinal Aveline, qui est quand même le grand artisan de cette venue, qui est l'ami personnel, n'est-ce pas, de Léon XIV, qui lui-même était un papa bilé. C'est un papa bilé français, ce n'était pas vu depuis longtemps, l'archevêque de Marseille, qui avait déjà fait venir François, le papa François au stade de l'Hérodrome. Il voulait que d'un coup se manifeste cette extraordinaire vitalité dont le plus grand signe, vous le savez, c'est ces 25 000 jeunes, adultes, qui demandent le baptême désormais à Pâques, n'est-ce pas
? Et
c'est un renouveau ?
Oui, alors évidemment, soyons clairs, ça ne compense pas l'effondrement du baptême, par exemple, des enfants qui a été divisé par quatre depuis un demi-siècle, n'est-ce pas ? Mais malgré tout, c'est un signe énorme parce qu'en fait, ils ne viennent pas de familles chrétiennes, je veux dire, ils ne viennent pas...
C'est
désormais un catholicisme choisi
?
Absolument, donc jeune, mobilisé, mobilisable, on l'a vu, n'est-ce pas ? Et un catholicisme conscient, on est passé d'un catholicisme hérité, sociologique, désormais, à un catholicisme véritablement approfondi, su, connu.
Est-ce qu'il a voulu leur redonner une forme de fierté ?
C
'est-à-dire qu'on a le sentiment, et on va parler aussi du message, parce qu'il y a l'aspect spirituel, il y a l'aspect aussi politique de cette visite, et on sent bien que c'est tout à fait présent et conscient de la part de Léon XIV. Mais si l'on parle du peuple, des croyants de France, est-ce qu'il leur a redonné une forme de fierté ?
Est
-ce qu'on est passé d'une forme... Après, est
-ce
qu'on avait l'impression que ce week-end,
c
'était cool d'être catholique ?
Vous
voyez ce que je veux dire ?
Mais ça l'est certainement, d'abord, d'une part, pour ces jeunes, n'est-ce pas ? Qui, encore une fois, cherchent quoi ? Ils cherchent du sens, de la verticalité, de la communion, être ensemble, dans un monde qui, quand même, est un monde plein d'inquiétudes, plein de drames, plein de guerres, et quand ce n
'est
pas la guerre, c'est la nature elle-même qui se dérègle, comme encore cet été, n'est-ce pas ? Donc, on voit que, face à cette angoisse, il y a cette volonté de trouver, trouver du sens. Et lui, il apporte ça. Alors, pourquoi il apporte ça ? S'il y a ça aussi de frappant, par-delà les catholiques,
c
'est qui cet homme ? Mais c'est un homme qui ne doit son pouvoir à personne. Donc, il n
'a
pas de dette. Il n
'a
pas de dette à remplir, il ne
va
pas vous manipuler, il ne
va
pas vous mentir, n'est-ce pas ? Il y a une forme de liberté, et en plus, il est complètement dans l'idée du sacrifice. Le pouvoir réclame un sacrifice, et lui, il le fait. Regardez, il a des racines françaises, est-ce qu'il s'est payé une petite promenade en Normandie, sur la terre de ses ancêtres ? Non. Pas du tout, parce qu'il est sa fonction. Et ça, c'est quelque chose de surprenant dans notre paysage politique, désormais, quand même assez concassé.
Il est sa fonction, avec, évidemment, face à cette liesse, un retournement, puisqu'on apprend ce matin qu'Emmanuel Macron a bousculé son agenda pour participer, en quelque sorte, ne pas être en reste, peut-être. Le président de la République et le pape ont eu un très bon échange vendredi, voilà ce que nous fait dire l'Élysée. Ils ont parlé IA, Europe, paix, Liban, et sa sainteté a fait savoir au président que cela lui ferait plaisir de poursuivre leur conversation. C'est pourquoi le président a changé son agenda pour assister aujourd'hui à la visite à Metz et à la Metz, le précédent. Emmanuel Macron se rendra finalement à la Metz.
Alors, on sait que, sous la Vème République, n'est-ce pas, les présidents n'assistaient pas aux Metz, en tout cas, ne communiaient pas même lorsqu'ils étaient catholiques, n'est-ce pas, regardez le général de Gaulle. Charles pouvait parfois communier dans des petites chapelles à titre privé, mais jamais un président de la République.
C'est-à-dire,
Charles, l'homme privé, effectivement, allait à la Metz le dimanche et communier, mais
le général, le
président, lui, non.
Bien sûr que non. Alors, ce qui a changé, c
'est
en 1980, c'est Giscard d'Estaing, Valérie Giscard d'Estaing,
qui
pour la première fois, et d'ailleurs,
c
'était lors d'une visite d'un pape, c'était Jean-Paul II, c'était sur le parvis de Notre-Dame. Emmanuel Macron, lui, assistait à la messe du pape François au stade Vélodrome, là encore, voulu par le cardinal Aveline, la venue de François, pas celle du président, nécessairement.
Il
y
a
eu une polémique là-dessus, n'est-ce pas ? Donc,
il
y
avait cette... La semaine dernière, Emmanuel Macron
a dit je n'irai pas à la messe.
Est
-ce que le fait
de voir aussi le caractère immensément populaire de cette visite, de cette arrivée du pape, peut-être au-delà de ce qu'imaginait Emmanuel Macron, l'a encouragé à se dire allez, j'y vais, je veux en être aussi ?
Certainement, il faut se rappeler aussi qu'il y a chez Emmanuel Macron un garçon qui, adolescent, s'est converti à l'âge de 14 ans même s'il est déclare agnostique aujourd'hui.
Mais il
a demandé le baptême
à ce moment-là.
Avec sensibilité donc énorme, n'est-ce pas ? Et puis, il y a quand même un phénomène, c'est clair, cette popularité mais aussi la longévité, n'est-ce pas ? Lui qui connaît avec, semble-t-il, beaucoup de regrets sa fin de deuxième mandat qui évoque déjà 2032 pour respecter la Constitution, voilà qu'il a face à lui un homme qui mourra à la tâche, n'est-ce pas ? C'est ça quand même la grande différence. Et le dernier point, c'est que la Moselle, c'est une terre concordataire, c'est-à-dire c'est une terre qui a échappé à la loi de 1905 parce que malheureusement, elle était sous l'emprise allemande après 1870.
On va
revenir sur le choix de Metz et sur la question aussi du rapport à l'Europe. Mais il y a eu dans la prière du pape lorsqu'il était dans la grotte à Lourdes, ces mots « Obtient » il s'adressait donc à Marie, il prie et il dit « Obtient pour la France des dirigeants sages et généreux, prêts au sacrifice d'eux-mêmes et voulant servir le bien commun.
» Oui, parce que je crois que même lorsqu'on est le pape à Rome, on a un œil sur la France qui est la clé de voûte quand même de l'Europe aujourd'hui en raison effectivement de sa force nucléaire, en raison aussi de son siège aux Nations Unies. La France, elle compte quoi et on voit bien qu'aujourd'hui dans l'atmosphère générale de l'accession au pouvoir
de
manière régionale ou de manière centrale de parties en fait d'extrême droite au sein de l'Europe, il y
a
une forme d'inquiétude pour Rome, n'est-ce pas, de voir la France finalement être prise, elle l'est déjà d'ailleurs, dans une campagne présidentielle très violente.
Très violente mais qui pour un temps a eu l'air presque suspendue avec d'ailleurs un certain nombre de responsables politiques qui soit se sont rendus à son arrivée à l'Élysée avec ce discours plus politique soit même ont assisté à la messe place de la Concorde.
Absolument, absolument. Alors, c'est le mot, moi je cherchais le mot, vous voyez, je me disais qu'est-ce qui s'est passé et vous le dites, ce mot-là, c'est suspendu, suspension. Il
y
a eu une espèce de suspension du temps. On a retrouvé d'un coup de la bienveillance, on a retrouvé d'un coup de l'acceptation de l'altérité, on a retrouvé d'un coup des policiers qui encadraient une manifestation, le Stade de France avec le sourire, sans trop d'inquiétude. Il y a eu cette suspension, une espèce de parenthèse enchantée qui nous a apporté
au
milieu, encore une fois, de beaucoup d'angoisse.
De beaucoup d'angoisse et dans un moment effectivement où Français eux-mêmes sont très angoissés pour leur sort et où il y a effectivement une bataille politique qui parfois est très virulente. La question des plus faibles, deux moments en particulier sur lesquels je voudrais revenir avec vous. L'un, c'est un moment plus politique avec les mots que l'on comprend bien s'adressant à la question de l'euthanasie. Ce qui est légal n'est pas nécessairement moral et donner la mort et c'est vraiment comme ça qu'il le dit. Et puis la question du rapport au handicap, je voudrais qu'on y vienne aussi parce qu'il y a eu ces images qui ne peuvent qu'émouvoir évidemment avec ces enfants handicapés.
Sur l'euthanasie d'abord, c'est un message. Il n'a pas mâché ses mots. Il a vraiment mis les pieds dans le plat.
Oui, il a été le pape. Il a confessé tout à fait ce que l'Église catholique pense.
Il
est dans son rôle de manière tout à fait parfaite. Il n'a pas appelé à l'insurrection. Il a demandé une forme pour les catholiques et aussi pour les personnels soignants dont on sait que cette question les embarrasse quand même beaucoup qu'ils croient au ciel ou qu'ils n
'y croient pas.
Ils
sont
tiraillés.
Qu'ils croient au ciel ou qu
'ils
n
'y
croient pas. Ils sont tiraillés, n'est-ce pas ? Il a demandé une espèce de conscientisation qui pourrait amener une forme de résistance passive à ce que ça ne devienne pas. Comme c'est le cas d'ailleurs, tous les pays qui ont adopté une loi sur l'euthanasie, on a vu d'un coup en fait grandir cette pratique. Cette pratique elle a explosé que ce soit au Canada, que ce soit en Belgique, que ce soit en Suisse.
N
'est-ce pas ? Et donc là-dessus, il demande une forme de vigilance, de retenue. Mais vous voyez que ce pape qui est un homme de l'intériorité, qui est un homme de la discrétion, il nous a épaté parce qu'il parle français, enfin il a devenu tous ses discours en français de manière excellente. Mais ce pape de la discrétion, de la retenue, de l'intériorité, il est aussi très très ferme parce que ça a été un gouvernant toute sa vie. Il a gouverné son ordre à l'échelle internationale des Augustins. Il a fallu faire avec le Nord, le Sud, les riches, les pauvres, les traditionnalistes, les progressistes. C
'est
un gouvernant qui écoute
mais
qui ensuite tranche.
Qui
ensuite tranche, on va revenir d'ailleurs sur ses mots et la manière dont il a pu toucher ceux qui ont pu le rencontrer. Les personnes handicapées, ces images d'un pape qui sur les Champs-Elysées prend dans ses bras des enfants mais aussi des handicapés les plus faibles parmi
les plus faibles. Vous avez raison.
Effectivement, ça tranche dans notre époque.
Ça tranche dans notre époque mais ça ne tranche pas avec la culture française la plus véhiculée, y compris républicaine, y compris, je dirais, nos compatriotes athées. Pas besoin, je dirais que ça a infusé la France, cette idée que vous vous jugez par rapport à la manière dont vous traitez le plus vulnérable, le plus fragile. N'est-ce pas ? C'est l'expérience des écoliers, n'est-ce pas, en France. Il y en a un qui va mal, on fait corps autour de lui, on n'essaie pas de lui mettre la tête sous l'eau.
Cette
idée-là, c'est une idée très chrétienne qui a imprégné la République. Il n
'y a
pas de contradiction là-dessus. La France, c'est la générosité, n'est-ce pas ? Et on se juge encore une fois sur le statut que l'on réserve à celui qui est le plus exposé
qui
finalement semble parfois même guerre humain,
vous
savez, parfois des handicaps tels qu'il semble nous présenter des corps torturés. Non, l'humanité dit, Léon, vous n'avez pas le droit de diminuer l'humanité de l'autre.
Lorsque vous évoquez cette question aussi d'une forme d'acceptation de l'autre dans les classes avec des enfants handicapés qui, pour certains, et c'est un parcours du combattant des familles, réussissent à trouver une place effectivement dans l'école, il est très frappant de voir que l'une des premières mesures de l'AFD, qui pourtant a été élue dans certains landers en Allemagne, c'est précisément sur cette question du handicap, l'handicapé qu'on doit sortir des classes, sortir des écoles, ne pas mêler aux autres enfants.
Mais vous voyez que là, c'est le rôle du pape, alors c'est l'AFD, mais c'est aussi les oligarques de la Silicon Valley qui combattent, ils nous demandent de reprendre le pouvoir sur eux, qui pratiquent une espèce de soulichéisme, qui se prennent pour des surhommes et qui nous prennent, nous, pour des esclaves, en quelque sorte, n'est-ce pas, de cette intelligence artificielle à laquelle ils veulent nous conditionner. Et je précise effectivement que vous avez
publié au CERF cette encyclique du pape sur l'intelligence artificielle. Je voudrais que vous écoutiez des mots, Jean-François Colosimo, qui sont ceux d'un homme, Jean-Marie Delbos, qui a été victime à Bétaram, victime évidemment de violences et d'agressions sexuelles. Il a rencontré le pape hier et voilà ce qu'il en dit à l'issue de leur rencontre.
Le
pape qu'on a rencontré,
c
'est un gars plein d'humanité. Il est incroyable. Incroyable. Les autres sont sortis comme moi, troublés. Je lui ai raconté mon histoire de là jusqu'à Z. Il ne
faut
pas se leurrer. Il n
'a
pas fait de promesses pour dire...
Mais
on a senti qu
'il
nous avait écoutés. À un moment donné, il a dit « Bon, avant de nous quitter,
je
vais vous donner ma bénédiction.
» J
'ai fait le signe de croix alors que j'avais décidé que plus jamais je le ferais. Donc ce gars-là, j'ai eu un sentiment qu'il était avec nous.
Ce
gars-là, il était avec nous. Voilà comment il parle du pape après l'avoir
rencontré.
Ça veut dire que c'est une rencontre...
Là,
on est au maximum de la tragédie, n'est-ce pas ? Puisque cette église qui est censée apporter l'amour, le bien, elle a malheureusement failli, de la manière la plus dramatique qui soit, avec des massacres d'enfants, en fait, qui sont aujourd'hui des adultes et doivent porter
à
vie, n'est-ce pas ? Cette catastrophe personnelle causée par des gens qui étaient censés représenter Dieu. Donc, de ce point de vue-là, il faut dire quand même que l'église de France, et là, c'est important pour Léon, l'église de France, c'est l'église catholique au monde qui a entamé le plus gros effort de vérité.
Elle s
'est
saisie de
cette
question. finançant cette fameuse commission, le rapport sauvé, etc., qui ne l'a pas épargné, n'est-ce pas ? Donc, de ce point de vue-là, il y a un exemple français. Quand on dit France fille née de l'église, peut-être qu'elle ne l'est plus vraiment, mais la France reste un laboratoire formidable pour toutes les églises catholiques au monde, national, d'inventivité, de responsabilité et d'effort de vérité. Et puis, il y a lui, et là, je crois que, bon, le témoignage de cette victime nous aspire quoi ? Finalement, une forme un peu de silence. Ça veut dire qu'il y a encore quand même du mystère.
En dépit, vous voyez, on a voulu tout rationaliser, on a voulu tout techniciser et pourtant, nos vies restent suspendues
au
mystère. Pourquoi
Metz ? Alors,
Metz, c'est parce que, d'abord, plusieurs raisons. C'est la Moselle, c'est la guerre perpétuelle entre la France et l'Allemagne, c'est une terre de souffrance. Ensuite, c'est la terre de Robert Schumann et il faut savoir quand même que l'idée de l'Union Européenne...
C'est un des terres
fondateurs de l'Union Européenne.
de trois démocrates chrétiens. Schumann, Adenauer, Gasperi, un Allemand aussi, un Italien avec ce Français. Ils sont tous les trois, d'ailleurs, nés dans des zones frontalières. Donc, ils ont tous hérité de cette guerre perpétuelle. Et
je précise, Jean-François Colosimo, parce qu'on me le fait dire à l'instant que l'avion du Pape a de l'avance et il atterrit dans un petit quart d'heure, même pas à Metz.
On aura fini avant.
Oui, non, mais
je trouve
intéressant aussi de se dire qu'il arrive et qu'il aura évidemment ses premiers mots à Metz. Metz, il l'a choisi,
effectivement. Il est
vénérable, c'est-à-dire, il est dans le premier stade.
C'est-à-dire, c
'est vénérable. Ce
n'est pas encore simple, enfin, c'est quasi simple. Non, non,
il est reconnu et il a eu des vertus héroïques. Après, il faut être béatifié puis après, il faut être canonisé mais là, il faut des miracles. On verra bien. Mais Gasperi aussi, en Italie, le même processus est engagé. Il y a eu, vous savez, il y a eu tout ce débat sur les racines chrétiennes ou pas de l'Europe au sens historique sur 2000 ans, 3000 ans.
Il
va revenir là-dessus ?
Oui, bien sûr. Mais l'Union européenne, elle, elle est née de cette volonté démocrate chrétienne d'écarter les deux totalitarismes nazis et staliniens.
Jean
-François Colosimo,
il y aura aussi aujourd'hui un moment très fort où il sera, c'est un moment œcuménique, comme on dit,
c
'est-à-dire accompagné des représentants des différentes religions qui seront à
ses
côtés.
Oui, absolument. L'Église catholique, Rome, est devenue la championne. Alors, le dialogue œcuménique,
c
'est le dialogue entre les protestants, les catholiques et l'orthodoxes pour refaire l'unité de l'Église. Mais
là,
il y
aura aussi le grand rabbin France, le recteur de la grande mosquée de Paris, le représentant de la fédération protestante, le chef des bouddhistes,
ils seront ensemble autour de l'Église. Inter-religieux. Alors ça, c'est Jean-Paul II, vous savez, qui a assise en 1986, avait réuni tous les chefs religieux, c'était prémonitoire, tous les chefs religieux du monde, c'était un peu, avec le respect qu'on leur doit, c'était un peu la fashion week quand même du vêtement liturgique, vous voyez, du vêtement sacerdotal.
Pour
dire que, en fait, les guerres de religion,
c
'est une guerre faite à la religion véritable. Là, il va reprendre ça et il va essayer de montrer aussi qu'en Europe, les religions peuvent avoir une contribution à la paix, doivent l'avoir. contrairement à François, contrairement à François, il a un parti très clair pro-ukrainien et anti-russe.
Pro
-ukrainien, anti-russe et, j'allais dire, pro-Europe. C'est-à-dire que l'Europe comme espace aussi du pardon,
c
'est-à-dire l'idée d'avoir réussi quelques années après la fin de la seconde guerre mondiale à se pardonner, à décider de construire ensemble l'Union européenne, pour lui, c'est éminemment chrétien comme démarche
? Ça découle, c'est peut-être une forme sécularisée, mais ça découle de ça. S'il y
a
un génie de l'Europe, c'est la capacité de se demander pardon entre Européens, mais parfois aussi de demander pardon aux autres peuples de la Terre. Comment est-ce qu'il procède, le pape Léon ? C'est assez simple, n'est
-ce
pas ? Comment est-ce qu'il procède ? Il procède par le fait qu'aujourd'hui, il est le grand garant de ce monde
de
l'État de droit, du droit international, des institutions internationales. Il s'est rendu à l'UNESCO. Qui sort de l'UNESCO aujourd'hui ? C'est Donald Trump, n'est-ce pas ? Qui sont les gens qui piétinent le droit international ? Ce sont ses néo-empereurs, Poutine, Erdogan, Xi Jinping, Modi, Khamenei, enfin, etc. Et désormais aussi l'Amérique de Trump qui a décroché finalement, je dirais, de sa conception universelle des droits. Il est le défenseur absolu de ça et il vient ranimer ça dans une Europe affaiblie mais en disant à cette Europe qu'elle a, en fait, la véritable martingale,
qu
'elle a la véritable formule.
Mais on a l'impression qu'on a commencé cet entretien en évoquant la fierté qu'il redonne aux chrétiens, aux catholiques de France. Là,
c
'est aussi une manière de dire, assumez, vous êtes l'Europe, assumez.
Soyez fiers, en fait, non, vous, certes, vous êtes dans une période difficile, certes, vous êtes peut-être désarmés, oui, vous subissez beaucoup de choses mais en attendant, gardez-vous le flambeau cette idée que, finalement, un monde du dialogue, c'est mieux qu'un monde de la haine. Ça peut sembler un truisme mais il faut le rappeler avec force.
Merci beaucoup, Jean-François Colosimo, d'avoir été avec nous ce matin historien des religions. Vous êtes directeur des éditions du CERF. Je rappelle effectivement l'encyclique du pape sur l'intelligence artificielle qui est publié chez vous. Je voudrais également préciser à tous ceux qui nous écoutent que l'avion du pape, je ne
sais pas,
c
'est
un miracle, mais en tout cas, a avancé très vite. Il sera en avance sur le programme à Metz. Il atterrit dans quelques minutes à peine. Du côté de BFM TV, ce sera à suivre, évidemment, en direct, l'arrivée du pape. Il est 8h49. Apolline Matin,
c
'est terminé. Dans un instant, les GG. Et nous,
on
se retrouve demain dès 6h50 sur RMC et RMC Story. A demain.