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InterviewFrance Inter — L'invité de 6h20 (sur Site radio)· 27 novembre 2023 6 minComplaisantFond programmatiqueEnvironnement & énergieAgriculture & alimentationÉconomie & entreprises

Jean Burkard : "Préserver la biodiversité c'est pas juste pour le plaisir d'entendre des oiseaux, c'est vital"

Source d'origine 2 locuteurs

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 70 %Attaque 20 %Défensif 10 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 1:40OuverteRéponse directe

    Comment expliquer que la France ait mis autant de temps à établir cette nouvelle stratégie pour la biodiversité ?

  • 2:17FerméeRéponse directe

    Donc deux tiers des subventions qui sont néfastes à la biodiversité vont à l'agriculture, c'est ça ?

  • 3:05OuverteRéponse directe

    Comment on fait pour mobiliser les entreprises dans ce combat pour la biodiversité ?

  • 4:07FerméeRéponse directe

    Est-ce que vous connaissez le montant de l'enveloppe que va dévoiler Elisabeth Borne pour défendre cette biodiversité ?

  • 4:50OuverteRéponse directe

    Est-ce qu'on prend réellement le bon chemin sur la biodiversité ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:12InvitéChiffre
    « Un million d'espèces animales et végétales sont menacées d'extinction dans le monde. »
  • 2:00PrésentateurChiffre
    « En France, aujourd'hui, il y a chaque année 10 milliards d'euros de subventions qui sont versées chaque année et qui sont dommageables à la biodiversité. »
  • 4:16PrésentateurChiffre
    « On devrait être aux alentours de 260 millions d'euros. »
  • 4:40PrésentateurChiffre
    « En France, on a 13 000 espèces, 20% sont menacées de disparition. »
  • 5:01InvitéFait
    « La restauration de la nature, la réduction des plastiques, ces textes ont été amoindris ou rejetés. »
  • 5:03InvitéFait
    « L'autorisation du glyphosate a été prolongée de 10 ans. »

Temps de parole

  • Présentateur65 %
  • Invité35 %

≈ 5,2 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-2603 · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Présentateur

France Inter, le 5-7.

0:08
Invité

Il est 6h21, la biodiversité s'appauvrit à un rythme alarmant. Un million d'espèces animales et végétales sont menacées d'extinction dans le monde. Comment la préserver, voire la restaurer ? Elisabeth Borne présente ce matin la stratégie française pour la biodiversité. Bonjour Jean Burcard. Bonjour. Vous êtes directeur du plaidoyer du WWF France. Vous serez à Matignon tout à l'heure pour assister à cette présentation. Et dans trois jours, vous vous envolez vers Dubaï pour la COP28 sur le climat. Climat et biodiversité, même combat, les deux sont indissociables.

0:39
Présentateur

Disons que c'est deux crises jumelles. Deux crises qui ont une cause commune, c'est l'activité humaine. Donc effectivement, on a commencé à prendre conscience de cette crise climatique. Je crois que maintenant, il est accepté par tous ce qu'il faut tendre vers la neutralité carbone. Sur la biodiversité, on a encore du travail à faire. On a encore des gens à sensibiliser.

0:58
Invité

C'est le parent pauvre des grands engagements internationaux ?

1:00
Présentateur

C'est encore le parent pauvre des engagements internationaux, exactement. Ça pose beaucoup plus de questions, puisqu'au-delà du réchauffement climatique, il y a la question des pollutions, les pollutions de l'eau, de l'air, de la terre, la question de l'artificialisation des sols. Et tout ça, il faut évidemment pouvoir lutter de front contre ces différentes causes.

1:22
Invité

Oui, préserver la biodiversité, c'est pas juste pour le plaisir d'entendre des petits oiseaux chanter le matin. C'est vital.

1:26
Présentateur

La biodiversité, ça remplit des fonctions qui sont indispensables à notre survie en tant qu'économie, en tant que société. On a beaucoup documenté la disparition des abeilles et des vers de terre. Sans les abeilles et les vers de terre, on ne peut pas avoir les cultures dont on dispose aujourd'hui en France.

1:40
Invité

Alors, comment expliquer que la France ait mis autant de temps à établir cette nouvelle stratégie pour la biodiversité, si c'est si important que ça ? Parce qu'il y a plus de deux ans de retard. Ça devait être prévu déjà pour le premier quinquennat.

1:50
Présentateur

Ça fait du débat, parce qu'évidemment, on est très heureux aujourd'hui d'avoir une stratégie pour la biodiversité, mais il existe encore des stratégies contre la biodiversité. En France, aujourd'hui, il y a chaque année 10 milliards d'euros de subventions qui sont versées chaque année et qui sont dommageables à la biodiversité. Et évidemment, au premier rang desquels, 7 milliards d'euros pour l'agriculture. Quand on favorise l'agriculture intensive, on détruit la biodiversité. Donc, en fait, tant qu'il y aura...

2:17
Invité

Donc, deux tiers des subventions qui sont néfastes à la biodiversité vont à l'agriculture, c'est ça ?

2:23
Présentateur

Exactement. Et donc, en fait, tant qu'on aura ces subventions dommageables à la biodiversité, les politiques en faveur de la biodiversité, ça sera une éponge contre un karcher.

2:30
Invité

Mais ça, normalement, Elisabeth Borne, tout à l'heure, devrait dire que ces 10 milliards, c'est fini, c'est ça ?

2:34
Présentateur

Ça, c'est ce qu'on espère, mais je doute qu'elles disent que c'est fini. Je doute qu'elles disent que c'est fini parce qu'effectivement, il y a des enjeux économiques derrière. On croit encore que l'agriculture intensive, c'est ce qui nourrit la population et c'est ce qui rapporte de l'argent. Le problème, c'est que l'agriculture intensive, ça détruit la terre, les pollinisateurs et l'eau qui sont nécessaires à sa richesse. Donc, l'agriculture intensive se détruit elle-même.

2:59
Invité

Vous dites, justement, enjeux économiques, c'est là toute la difficulté, c'est d'intégrer la biodiversité aux modèles économiques. Et ça, c'est justement un des volets que doit détoyer Elisabeth Borne tout à l'heure, c'est mobiliser les entreprises. Comment on fait pour les mobiliser, pour les embarquer dans ce combat pour la biodiversité ?

3:15
Présentateur

Oui, c'est notre objectif. Pour la première fois, la stratégie nationale biodiversité va reconnaître que les entreprises ont un rôle à jouer. Et l'idée, c'est de pouvoir embarquer un maximum d'entreprises, les grandes évidemment, mais aussi les petites, pour qu'elles prennent conscience de leur impact sur la biodiversité. Et qu'elles s'engagent dans des démarches qui permettent de réduire cet impact. Ce qui, évidemment, pose beaucoup de questions. Ça veut dire d'aller voir vos fournisseurs, par exemple, et de s'assurer qu'ils ne pratiquent pas la déforestation.

Ça veut dire vous assurer que l'eau que vous rejetez en tant qu'usine ne va pas polluer les cours d'eau de l'ensemble de la population. Donc, évidemment, c'est des démarches très englobantes. Que nous, chez VVF, on pratique de longue date avec une méthodologie qui s'appelle SBTN. On va essayer d'embarquer un maximum d'entreprises. Dès cette semaine, on devrait, avec le ministère de la biodiversité, rencontrer des entreprises, leur présenter nos méthodologies et essayer de faire cette prise de conscience qui est le préalable à la prise de décision.

4:05
Invité

On sait bien que l'argent, c'est le nerf de la guerre. Est-ce que vous savez, vous connaissez le montant de l'enveloppe que va dévoiler Elisabeth Borne ou pas ? Pour défendre cette biodiversité ?

4:16
Présentateur

On devrait être aux alentours de 260 millions d'euros. Donc, c'est très bien puisque c'est la première fois qu'on a des moyens attachés à une stratégie nationale biodiversité. Après, est-ce suffisant quand je vous parlais des 10 milliards d'euros qu'il faut mettre au regard de ces 264 millions ? Évidemment, non. Et malheureusement, on n'en fera jamais assez pour la biodiversité. Vu les dégradations qu'on a, vous l'avez cité, ce million d'espèces prêts à disparaître. En France, on a 13 000 espèces, 20% sont menacées de disparition. Donc, il reste beaucoup à faire.

4:47
Invité

Oui, et puis on l'a vu récemment, l'extrape difficulté en France, vous l'avez dit, qu'il y a appliqué l'objectif de zéro artificialisation des terres. Au niveau européen, la plupart des derniers grands textes qui pouvaient concerner la biodiversité, que ce soit la restauration de la nature, la réduction des plastiques, ces textes ont été amoindris ou rejetés. L'autorisation du glyphosate a été prolongée de 10 ans. Est-ce qu'on prend réellement le bon chemin ?

5:08
Présentateur

On ne prend pas le bon chemin, non. Non, on ne prend pas le bon chemin. Mais il y a quelques signes positifs qu'on commence déjà à en parler. On commence à parler de restauration. On commence à penser que le glyphosate, c'est de trop. Je crois qu'il reste quand même la crainte, le mythe, qu'on veut mettre la nature sous cloche et qu'on a besoin de la nature. Nous, on ne dit pas qu'il faut mettre la nature sous cloche, mais on dit que l'homme ne peut pas vivre dans une bulle, qu'on a besoin de la nature et qu'on ne pourra pas réinventer la nature.

5:35
Invité

Personne sous cloche, ni l'homme ni la nature, en gros, c'est ça.

5:36
Présentateur

Exactement.

5:37
Invité

On vit tous ensemble. Vivre en harmonie. Et bien voilà, la conclusion est parfaite. Merci Jean Burcart, directeur du plaidoyer du WWF France. Vous étiez l'invité du 5-7. Merci.

5:47
Locuteur

Merci. Merci. Merci.