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interviewPublic Sénat — Bonjour chez vous ! (sur Podcast)· 8 décembre 2025 31 min

Budget de la sécu : Lecornu toujours en quête de voix

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:00
Présentateur

Vous écoutez Bonjour Chez Vous, un podcast de Public Sénat.

0:05
Invité

L'actualité dans nos régions grâce à nos partenaires de la presse quotidienne régionale. Direction aujourd'hui la ville de Rennes pour parler de narcotrafic. Nous sommes avec nos partenaires de la chaîne de télévision locale TVR et avec Stéphane Bényer, directeur de l'information de TVR. Bonjour Stéphane. Bonjour Alex. Alors on va parler de narcotrafic malheureusement. Rennes qui a été le théâtre d'un nouveau meurtre par balle dans la nuit de samedi à dimanche. Que sait-on de cette nouvelle affaire ? Eh bien écoutez, à nouveau, vous l'avez dit, nouvelle scène très violente ce week-end.

Dans la nuit de samedi à dimanche, un homme de 25 ans a été tué par une dizaine de balles dans le quartier du Blône alors qu'il circulait à bord de son véhicule sur un parking. Le procureur de la République a ouvert très vite une enquête judiciaire pour meurtre aggravée. Et pendant ce temps-là, un autre quartier de Rennes, Villejean, a essuyé, lui, deux épisodes de tir ce week-end également. Alors la CRS 82, qui a pour mission première de lutter contre les violences urbaines et le trafic de stupéfiants, a été déployé dans ces deux quartiers de la capitale bretonne. La maire de Rennes rencontre, à l'heure qu'il est le nouveau préfet de région, Robyn.

Elle va lui demander que de nouvelles forces, mais surtout significatives, soient présentes au quotidien pour lutter contre ce narcotrafic qui gangrène la ville de Rennes maintenant depuis trop longtemps. Alors Stéphane, la lutte contre le narcotrafic sera donc du coup malheureusement un enjeu de ces élections municipales. Oui, on peut le dire, ce sera vraiment peut-être l'enjeu principal de ces élections de mars prochain. Et ce panorama des élections est en train de se dessiner. Même si la maire de Rennes, Nathalie Apéret, a dit officialiser sa candidature en janvier prochain, ils sont aujourd'hui sept à partir à l'assaut de la mairie.

Donc Nathalie Apéret, maire socialiste de Rennes, qui souhaite partir pour un troisième mandat, elle sera rejointe et c'est une première depuis toujours. Les écologistes vont partir dès le premier tour avec la maire de Rennes dans une alliance très élargie. PS, écologistes, place publique, parti communiste français ou encore Génération. Il y aura également une candidature de la France insoumise indépendante. C'est Marie Mesmer, la députée de la première circonscription d'Île-et-Vilaine, qui va se lancer à l'assaut de la mairie de Rennes. Tout comme Ulysse Rabaté, ancien militant LFI, qui lui va partir pour une liste vraiment seule. Sinon, il y a à gauche encore R.L. Duclos.

C'est une militante de la gauche radicale, candidate de révolution permanente. Alors pour la droite, à droite, Charles Compagnon, élu d'opposition Horizon, sera le chef de file d'une liste de centres, centre droit. Il aura à ses côtés l'ex-candidate Renaissance, Carole Gandon, elle aussi élu d'opposition. Thomas Rousseau, le président du mouvement Rennes à droite et membre du parti LR de Bruno Rotaillot, s'est déclaré candidat à la mairie de Rennes. Il ira vraisemblablement seul au premier tour. Enfin, Julien Masson a été investi par le Rassemblement national pour mener campagne dans la capitale bretonne.

Il y avait eu une forte poussée du RN aux dernières élections européennes en région Bretagne. À Rennes également, il faudra suivre ses scores avec une grande attention. Et on suivra ses élections municipales à Rennes. Merci beaucoup Stéphane Beignet. Je rappelle que vous êtes directeur de l'information de la chaîne TVR. Allez, c'est l'heure de la revue de presse des territoires. Avec vous, Clémentine, et on commence avec le journal La Voix du Nord. À l'occasion de la journée mondiale sur le climat aujourd'hui, La Voix du Nord questionne les jeunes du Nord-Pas-de-Calais.

4:05
Présentateur

Oui, et 69% des 18-30 ans du Nord-Pas-de-Calais disent bien maîtriser le sujet du changement climatique. Mais beaucoup d'entre eux expriment un sentiment d'impuissance. À l'horizon 2050, 64% d'entre eux se disent pessimistes. Et l'une des principales conséquences du changement climatique dans le Nord-Pas-de-Calais, ce sont les inondations. En 2023 et 2024, les crues ont durement touché les Hauts-de-France. Et c'est justement là-bas... Ah bah pardon, excusez-moi, ça a touché les Hauts-de-France. C'est notamment une petite commune qui s'appelle Blindec dans les Hauts-de-France. Et c'est là-bas que La Voix du Nord s'est rendue et a rencontré une fratrie.

Une fratrie parmi laquelle Léo, 10 ans, explique que désormais, il a peur que l'eau revienne. Et quand il pleut, il dit « je regarde dehors ou je monte dans ma chambre pour ne plus entendre la pluie ». Et son père confie au journal que désormais, le petit garçon regarde les bulletins météo tous les soirs pour voir s'il y aura des précipitations dans la semaine.

5:05
Invité

Et plus à l'ouest, le journal Ouest-France s'inquiète de la flambée des prix sur la façade atlantique.

5:10
Présentateur

Oui, en disant la hausse moyenne des prix dépasse les 45% et même plus de 50% dans le Finistère, les Côtes-d'Armor et le Morbihan. Ouest-France nous explique que cette envolée est due à la croissance de la population. Un peu plus de 0,8% par rapport au 0,3% pour la moyenne nationale. Conséquence, de plus en plus de personnes n'arrivent plus à accéder à la propriété. Leurs revenus ne leur permettent plus. À Fouenand, par exemple, c'est à côté de Quimper. Le prix du mètre carré est passé de 2 000 à 4 000 euros en l'espace de 10 ans.

5:43
Invité

Et attention à vos sapins. Les vols de sapins de Noël se multiplient, notamment dans le département du Maine-et-Loire.

5:48
Présentateur

Oui, c'est le titre du courrier de l'Ouest ce matin. Alors ne prenez pas peur, il ne s'agit pas des sapins qui sont installés dans vos salons, mais plutôt des sapins qui sont dans les communes, par exemple sur les ronds-points. Et c'est ce qui est arrivé, par exemple, dans la commune de Concourson-sur-Léon. C'est entre Saumur et Cholet. Et le sapin a disparu dans la nuit du 3 au 4 décembre. Et malgré des postes sur les réseaux sociaux, le sapin est toujours porté disparu pour le plus grand malheur des enfants du village qui avaient décoré le sapin de la commune.

6:18
Invité

Alors ce n'est pas très discret de voler un sapin de Noël. À la lune de la Provence, c'était l'événement du week-end pour les Marseillais.

6:25
Présentateur

Oui, la bonne mer brillait de mille feux hier soir après 10 mois de travaux de restauration. La basilique Notre-Dame de la Garde fait son grand retour et des milliers de personnes étaient rassemblées pour assister aux illuminations pour célébrer bien sûr cette figure protectrice des habitants de la cité phocéenne.

6:43
Invité

Et c'est le retour saisonnier d'un sport et d'une passion, le ski forcément.

6:46
Présentateur

Oui, bien sûr, 35 000 skieurs ce week-end et c'était dans les Pyrénées. Le Grand Tourmalet, Péragut, Cotteret ont fait carton plein pour leur réouverture. Les stations ont accueilli 5000 skieurs de plus que l'an dernier. Et ces stations pyrénéennes se réjouissent de réussir à capter une clientèle espagnole qui représente 8% de la clientèle totale.

7:07
Invité

Merci beaucoup Clémentine d'avoir fait le Tour de France de la presse régionale. C'est l'heure du club. On va parler forcément du budget de la sécurité sociale. Le Premier ministre Sébastien Lecornu va-t-il réussir à faire passer ce texte demain à l'Assemblée nationale ? Sébastien Lecornu tente le tout pour le tout pour sceller un compromis avec la gauche alors que le bloc central et la droite se crispent de plus en plus. Nicolas Dandré.

7:31
Sébastien Lecornu

Il était samedi face aux députés dans le cadre des discussions sur le budget de la sécurité sociale. Sébastien Lecornu sait qu'il doit trouver une majorité pour le vote de demain. Le Premier ministre a même fait une publication sur Facebook samedi à l'aube pour annoncer qu'il continuerait à faire des propositions d'amendements et ce jusqu'au dernier moment.

7:52
Locuteur non identifié

Mardi se tiendra encore un dernier débat essentiel, le budget de nos hôpitaux. Le gouvernement fera une dernière proposition transparente et responsable qui devra être financée par des mesures structurelles.

8:05
Sébastien Lecornu

Des doutes commencent même à émerger au sein du bloc central et chez les Républicains, le président du parti Bruno Retailleau appelle ses députés à ne pas voter en faveur du budget. C'est un des pires PLFSS depuis des années. Toujours plus de déficit, plus d'impôts et c'est une politique aussi antilibérale. Je pense notamment aux médecins libéraux. Donc pour moi, ce texte n'est pas votable. De leur côté, la France Insoumise et le Rassemblement National restent sur leur position en mettant en cause la méthode du gouvernement et en espérant sa chute.

8:36
Invité

Sur l'article 53, un amendement du gouvernement qui a été défendu. On ne sait même pas comment a été défendu. Quelle que soit notre position, on ne sait même pas ce qu'il y avait dans cet article. Pourquoi le gouvernement le dépose ?

8:48
Locuteur non identifié

Sérieusement, ce n'est pas responsable. Pourquoi il faut une dissolution ? C'est qu'il faut vraiment un autre plan politique pour faire des économies, pour rétablir les comptes et relancer notre pays. Vous souhaitez toujours aujourd'hui cette dissolution ? Mais plus que jamais parce que les débats budgétaires que nous avons montrent que la Macronie est complètement agonisante non seulement politiquement mais intellectuellement. Il n'y a plus de ressorts, il n'y a plus d'idées.

9:10
Sébastien Lecornu

En cas d'échec du vote du projet de loi de finances de la sécurité sociale, ce serait un désaveu pour Sébastien Lecornu. Une absence de texte sur cette partie pourrait entraîner un déficit de 30 milliards d'euros l'année prochaine selon le ministère de l'économie.

9:23
Invité

Et pour parler de ce débat budgétaire à suspense à l'Assemblée nationale, j'accueille sur ce plateau Aurore Malval. Bonjour. Bonjour. Vous êtes grande reporter au service politique du magazine Marianne et j'accueille également comme chaque lundi Yves Tréhard. Bonjour. Directeur adjoint de la rédaction du Figaro. Aurore Malval, est-ce que Sébastien Lecornu peut réussir son pari et faire passer sans majorité ce budget de la sécurité sociale ?

9:47
Présentateur

Alors en tout cas, il s'y emploie. Au moins...

9:49
Invité

Il mouille la chemise.

9:50
Présentateur

Il mouille la chemise Sébastien Lecornu et c'est vrai qu'il... En tout cas, il semble avoir réussi des petits pas là où on ne donnait pas grand chair de sa peau il y a encore quelques semaines. Alors tout est possible. C'est-à-dire qu'on a quand même un suspense, une dramaturgie qui est soigneusement entretenue d'ailleurs par tous les acteurs qui participent à un petit peu ce pantomime du budget. Mais en fait, on pourrait en rire mais ce n'est pas très drôle parce que c'est l'avenir aussi des Français qui est concerné. Est-ce que ça va passer ou pas mardi ? C'est difficile de le dire puisque tous les groupes politiques n'ont pas encore arrêté leur position.

On voit que le budget, enfin ce vote du projet de loi de financement de la sécurité sociale, il est menacé à la fois sur sa gauche et sur sa droite. Et lorsqu'on fait un geste, lorsque Sébastien Lecornu fait un geste pour ramener un peu à gauche, eh bien mathématiquement, il perd aussi ce qu'il y a à droite. Donc va-t-il réussir ou pas ? C'est très compliqué de le dire aujourd'hui. En tout cas, il est arrivé à un point où beaucoup n'auraient même pas réussi à aller.

10:56
Invité

En tout cas, vendredi dernier, le Premier ministre a réussi à faire passer la première partie de ce budget de la sécurité sociale sur les recettes, notamment après un compromis entre la gauche et la droite sur une hausse de la CSG sur le capital. Yves, est-ce que Sébastien Lecornu quand même maîtrise cet art du compromis ? Est-ce que ça pourrait le faire réussir ?

11:12
Locuteur non identifié

Ah oui, il maîtrise, il est assez fort là-dessus. On peut dire qu'il s'y prend, il y met beaucoup d'énergie, mais il est malin, il est rusé comme un vieux briscard alors qu'il est quand même plutôt jeune. C'est un jeune Premier ministre et il est assez doué. Alors après, si vous voulez, il y a l'exercice de la politique, l'art de la négociation, du compromis, ce qu'il maîtrise parfaitement et puis il y a le résultat de la copie. Et on ne va pas se mentir, la copie, elle est nulle. C'est une copie qui est dépensière, c'est une copie qui n'a pas tellement de logique non plus puisque...

11:49
Invité

C'est un budget de compromis avec la gauche.

11:50
Locuteur non identifié

Un budget de compromis entre la gauche, la droite, enfin bon, c'est quand même un équilibre qui est très très précaire et ce n'est pas comme ça, je veux dire, qu'on va redresser notre pays. Simplement, bon, je pense que le vote demain, il est assez essentiel parce qu'il conditionne tout le reste. C'est-à-dire que si demain ça passe, bon, il y a des chances pour que le budget de l'État aussi passe, enfin, la prochaine loi de finances passe dans la foulée, ça voudra dire beaucoup de choses. Donc, c'est vrai que l'expression est très galvaudée mais on est vraiment, c'est l'heure de vérité là. Pour le coup, ce n'est pas galvaudé du tout, c'est vrai.

12:26
Invité

L'heure de vérité pour Sébastien Lecornu, d'autant qu'il n'est pas vraiment aidé par son propre camp quand on entend les déclarations d'Edouard Philippe, des députés Horizon qui estiment que ce budget est invotable, tout comme celle des LR et de Bruno Rotaillot, pareil, et qu'il ne veut pas que les députés LR votent ce budget, c'est compliqué pour le Premier ministre.

12:46
Présentateur

Oui, c'est compliqué mais en fait, c'est compliqué de par la période et en fait, chaque semaine qui passe, chaque jour qui passe nous amène encore plus près d'échéance électorale. Les premières, ce sont les municipales et évidemment, il y a aussi la présidentielle de 2027 qui est dans toutes les têtes mais ça, on le répète à peu près depuis la dissolution de juillet, enfin, de juin 2024. Ce qui se passe avec Horizon et d'ailleurs, là, Sébastien Lecornu a quand même tapé du poing sur la table parce qu'Édouard Philippe qui veut se présenter un petit peu comme le candidat de ce bloc central, tout d'un coup, fait défaut.

Et Sébastien Lecornu a dit, enfin, entre les lignes, il aura quand même du mal à être notre candidat si là, il ne nous accompagne pas. C'est vrai que ce socle commun, bon, déjà, il n'existe plus, factuellement, les LR, même s'ils sont encore au gouvernement, mais presque en dissidence, accompagnés de façon relative par les députés à l'Assemblée nationale et effectivement, même au sein du bloc central, ça se fissure un petit peu.

Et je vais vous donner un exemple simple, par exemple, il y a le côté droit, donc c'est Horizon et les LR qui sont difficiles à convaincre parce qu'ils ont le sentiment que c'est le Parti socialiste qui a tenu la plume de ce budget qui a rédigé toute la copie, ce qui n'est pas franchement exact parce que ce budget n'est pas un budget de gauche et de l'autre côté, par exemple, les écologistes, les écologistes dont le gouvernement espère et puis leurs alliés socialistes aussi espèrent l'abstention et qui, pareil, ont dit mais non, Sébastien Lecornu ne nous écoute pas, nous n'avons pas pu peser sur ce budget et tout se joue sur l'ondame.

L'ondame, c'est justement la trajectoire des dépenses prévues pour le budget de la sécurité sociale et notamment pour les moyens alloués aux hôpitaux. Et cet ondame, il était d'abord prévu à 2%, 2% d'augmentation, il est maintenant à 2,5%. Les écologistes le souhaiteraient à 3%.

14:35
Invité

Donc l'ondame, c'est l'objectif national des dépenses d'assurance malice.

14:37
Présentateur

C'est ça, exactement. Et donc, les écologistes le souhaiteraient à 3% et dans le même temps, un amendement, le gouvernement voulait proposer un amendement justement pour le faire passer à 3% et pour essayer de salier le vote des écologistes. Cet amendement n'a pas été déposé, il a été tout de suite retiré lorsque Gabriel Attal a appris que telle était la volonté du gouvernement. Et là, le bloc central, les macronistes et évidemment Horizon ont dit oh là là, mais si cet amendement est déposé par le gouvernement, c'est sans nous, nous allons voter contre. Donc là, on voit bien la situation un petit peu inextricable dans laquelle est Sébastien Lecornu.

15:09
Invité

Justement, du côté des macronistes, on va écouter leur chef à l'Assemblée nationale, Gabriel Attal, qui contrairement à Edouard Philippe, dit quand même il faudrait voter ce budget.

15:19
Locuteur non identifié

On dit d'abord qu'on s'est battu et qu'on a travaillé pendant plusieurs semaines ou plusieurs mois dans l'hémicycle pour défendre nos positions, parfois avec succès. Je vous donne deux exemples. Le gouvernement, dans le budget, proposait de taxer les tickets restaurants pour les salariés, les Français qui ont des tickets restaurants. On a réussi à empêcher que cette mesure soit mise en place. Je vous donne un deuxième exemple. Le gouvernement souhaitait baisser le salaire des apprentis, des jeunes qui sont en apprentissage, en augmentant les charges salariales sur l'apprentissage. On a réussi à faire supprimer cette mesure.

Il y a d'autres mesures qu'on n'a pas réussi à faire supprimer parce que le compromis nécessite que d'autres groupes qui sont aujourd'hui dans l'opposition et puis défendre un certain nombre de mesures qui leur tiennent à cœur. Évidemment que ce budget n'est pas parfait, mais je crois qu'un budget parfait en pareilles circonstances ne peut pas exister.

16:06
Invité

Yves, dans le même camp, au sein du Bloc central, on a un décompté, Edouard Philippe, qui dit, hors de question de voter ce budget, et de l'autre, Gabriel Attal, qui dit, il faut faire un effort, il faut faire le compromis.

16:14
Locuteur non identifié

Comme ils sont rivaux. Quand il y en a un qui dit blanc, l'autre dit noir, et le contraire. C'est un peu le principe. C'est assez malheureux, d'ailleurs. Non, mais c'est vrai que je pense qu'Edouard Philippe a été inspiré par sa chute dans les sondages où il s'est dit il faut que j'arrive à exister. Et c'est ça qui est problématique, si vous voulez, c'est que dans ce maestrum budgétaire, les uns et les autres cherchent à exister de façon la plus distincte possible. Et je dirais qu'il avait pris cette position qui est une position assez radicale. Je pense que le problème d'Edouard Philippe, c'est qu'il veut marquer des points à droite.

Je pense qu'il a compris que c'était là que ça se jouait pour lui, politiquement, qu'il n'avait rien à gagner sur la gauche, que face au Rassemblement National, eh bien, il fallait qu'il incarne une droite solide, forte, où Bruno Rotaillot semble avoir beaucoup de mal. Et donc, eh bien, je ne sais pas si vous avez remarqué, mais il y a déjà eu l'épisode des retraites où il est allé très loin, puisque les retraites, il a proposé qu'on aille, que l'âge de départ à la retraite soit repoussé à 67 ans. Il prend des mesures comme ça, qui sont des mesures assez radicales pour se distinguer, mais est-ce que ça va être bénéfique pour lui ? Je ne sais pas.

On verra très vite si ça sera bénéfique pour lui ou pas. De toute manière, ce qui est sûr, si vous voulez, c'est que de se poser en héritier d'Emmanuel Macron, je ne dis pas que Gabriel Attal fasse ça, mais je ne suis pas sûr que ça soit une bonne chose non plus.

18:00
Invité

Alors, autre actualité politique, ce week-end, dans son dernier livre écrit à la prison de la Santé, Nicolas Sarkozy affirme avoir assuré à Marine Le Pen qu'il ne s'associerait pas à un front républicain contre le Rassemblement National aux prochaines élections. Regardez ce que lui répondent Xavier Bertrand, le président de la région Hauts-de-France, et Michel Barnier, l'ancien Premier ministre.

18:21
Locuteur non identifié

Je préfère les positions politiques de Nicolas Sarkozy de 2007

18:24
Invité

que les positions politiques

18:27
Locuteur non identifié

de Nicolas Sarkozy en 2025. C'est-à-dire ? C'est-à-dire ? Qu'est-ce qui vous fait dire ça ? À l'époque, combattaient le Rassemblement National et par l'action et par des convictions et par une fidélité aussi à ce qu'est le mouvement à l'époque de l'UMP, le mouvement de Jacques Chirac, aucune collusion avec les extrêmes. Il n'y aura pas d'alliance ni d'association avec les partis d'extrême droite. Je suis sur cette ligne qui a toujours été celle de ma famille politique. Pas d'alliance, pas de compromission. En revanche, parler aux électeurs qui nous ont quittés, beaucoup viennent de chez nous.

Tous ces partis sont dans l'Assemblée nationale, donc quelque part, ils sont des partis qui participent au travail républicain, mais nous n'avons pas la même idée de la République.

19:08
Invité

Aurore Malval, Nicolas Sarkozy essaye d'enterrer un peu plus cette idée du Front républicain ?

19:13
Présentateur

Alors, il l'avait déjà attaqué un petit peu, déjà en rencontrant justement Jordan Bardella et c'est vrai que Nicolas Sarkozy, bon, j'avais le sentiment d'ailleurs à l'époque de cette rencontre qu'il faisait aussi beaucoup pour embêter un petit peu Bruno Retailleau. Ça avait été assez mal vécu, en tout cas dans le camp de Bruno Retailleau, lorsqu'il avait dit qu'il n'y avait aucun candidat naturel pour la droite actuellement et qu'effectivement, elle devait rassembler plus largement et qu'il n'était pas question de ce cordon républicain, de ce cordon sanitaire qui avait été théorisé d'ailleurs par Jacques Chirac après l'élection de 2002 contre Jean-Marie Le Pen.

C'est vraiment là où il y a un basculement, je dirais, en bloc de la droite républicaine vis-à-vis du Front national à l'époque parce qu'avant, dans les années 80-90, ce n'était pas du tout aussi clair et cette union des droites, elle existait de façon sporadique justement lors d'échéance locale. Donc effectivement, Nicolas Sarkozy il donne un coup de plus de canif, il parle de cette conversation qu'il a eue avec Marine Le Pen, il la rassure et on a le sentiment effectivement qu'il enterre un peu plus l'union des droites mais surtout qu'il dit...

20:22
Invité

Le Front républicain, l'union des droites n'est pas vraiment enterrée.

20:25
Présentateur

Et que justement, en fait, cette union des droites, il continue à laisser entendre qu'elle doit se faire mais toujours au profit quand même de la droite et il n'entend pas que la droite se range derrière le Rassemblement national parce qu'en fait, c'est un petit peu ce qui se passe dans sa famille politique depuis la victoire de Nicolas Sarkozy en 2007 et puis surtout depuis sa défaite en 2012, les leaders de droite continuent à penser qu'ils vont pouvoir réaliser la même OPA sur les voies de l'extrême droite qu'a réalisé Nicolas Sarkozy.

20:52
Invité

Car quand même, Yves, Nicolas Sarkozy écrit dans ce livre, je le cite, le chemin de la reconstruction de la droite ne pourra passer que par l'esprit de rassemblement le plus large possible sans exclusives et sans anathèmes. C'est un pas vers l'union des droites

21:05
Locuteur non identifié

avec le RN. Oui, oui, simplement, comme ça a été dit, là, il ne faut pas se faire d'illusions. C'est le Rassemblement national qui absorbe les LR. C'est-à-dire, si les LR vont dans cette direction, je ne donne pas cher de leur peau. Ils disparaissent très, très vite et M. Retailleau peut passer à autre chose, faire autre chose et puis les uns et les autres peuvent dissoudre leur mouvement parce que c'est comme ça que ça va se passer. C'est-à-dire que si jamais il y a cette union qui se profile, eh bien, elle se fera au bénéfice du Rassemblement national. Est-ce que c'est ça qu'une partie de la droite française veut ?

J'en suis pas persuadé parce que, je suis désolé, mais il y a une partie de la droite aussi qui regarde quel est le programme économique du Rassemblement national et le programme économique du Rassemblement national, il n'est quand même pas très fréquentable. C'est un programme qui est pas très loin de quoi qu'il en dise de la France insoumise par certains aspects. D'ailleurs, ils ont voté pour le PLFS, pour le projet de loi de finances certaines dispositions qui ressemblent à des hausses de fiscalité de fiscalité complètement déraisonnables.

Donc, je ne suis pas persuadé, si vous voulez, à commencer par l'invité que vous aviez avant nous, je ne suis pas persuadé que ce soit cette droite-là qui les inspire.

22:31
Invité

Finalement, l'objectif du patron du Parti Les Républicains, c'est d'essayer de capter l'électorat du Rassemblement National. Le dit, faire l'union des droites mais sur le terrain.

22:40
Présentateur

Exactement. Mais d'ailleurs, c'est aussi l'objectif qui est un petit peu au Rassemblement National également. C'est-à-dire qu'aujourd'hui, Marine Le Pen, qu'est-ce qu'elle dit ? D'ailleurs, elle dit que son parti n'est ni de gauche ni de droite donc elle ne va surtout pas prôner une union des droites à la différence, par exemple, des hémouristes du parti Reconquête. Et elle espère qu'elle va finir de ramasser les derniers électeurs de la droite traditionnelle qui lui manquait pour justement passer au-dessus de la barre des 50%. Bruno Retailleau, lui, il espère aussi pouvoir ramener dans son giron les électeurs LR qui sont partis au Rassemblement National.

Et c'est vrai que sur le programme, il n'y a quand même pas grand-chose qui les différencie aujourd'hui. Il y a beaucoup de thématiques sur la question de l'immigration, sur la question aussi du régalien globalement, de la restauration de l'autorité de l'État, etc. où le Rassemblement National et les LR ont des positions assez similaires.

23:38
Invité

On finit en parlant de laïcité puisqu'on fêtera demain les 120 ans de la loi de 1905 sur la laïcité qui garantit, je le rappelle, la liberté de conscience, le libre exercice du culte et la neutralité de l'État. Et hasard du calendrier, Jean-Luc Mélenchon était auditionné ce week-end par la commission d'enquête de l'Assemblée Nationale sur les liens supposés entre son parti, la France insoumise, et l'islamisme radical des accusations qu'il a rejetées en bloc. On l'écoute.

24:07
Locuteur non identifié

Évidemment que notre mouvement n'acceptera jamais l'entrisme religieux ni de confier des responsabilités à quelqu'un qui dirait je le fais parce que je suis catholique et je vais expliquer les vertus catholiques ou les vertus juives ou les vertus protestantes qui sont des vertus respectables et qui n'ont rien à faire dans notre organisation ni dans nos candidatures. Donc sur ce plan je ne crois pas mais si vous avez des difficultés à nous signaler faites-le.

24:34
Invité

Yves Tréard, Jean-Luc Mélenchon qui n'a pas été vraiment inquiété par cette commission d'enquête lancée par Laurent Wauquiez sur de supposer les atteintes à la laïcité de la France insoumise. Pour vous, Jean-Luc Mélenchon fragilise vraiment la laïcité aujourd'hui ?

24:47
Locuteur non identifié

Je ne sais pas s'il fragilise la laïcité et ce qui est sûr c'est qu'il ne décourage pas je dirais une certaine forme de militantisme à caractère islamiste qui s'apparente quand même à une action politique je dirais et à un entrisme qui est flagrant et on ne peut pas dire que la France insoumise s'y oppose de façon claire et nette. Je veux dire le discours de Jean-Luc Mélenchon aujourd'hui est radicalement différent de celui qu'il tenait il y a 10-15 ans.

Donc on ne va pas nous raconter d'histoire on n'est pas complètement idiot et Jean-Luc Mélenchon qui est un politique madré s'est manié je dirais l'entourloupe mais en tous les cas ce qui est sûr c'est qu'il faut défendre la loi de 1905 qui est une loi cathédrale je dirais pour employer un oxymore mais qui est une loi tout à fait essentielle pas toujours comprise c'est vrai notamment aux Etats-Unis dans beaucoup de pays émergents également mais qui est une loi tout à fait nécessaire essentielle et il faut vraiment que la France se fasse respecter à partir aussi de cette loi.

26:06
Invité

Aurore Malval sur la France insoumise Jean-Luc Mélenchon je vais peut-être poser même la question à l'inverse quand on a du côté de la droite des propositions d'interdiction du port de signes religieux dans l'espace public notamment pour les mineurs de moins de 18 ans quand la France insoumise s'oppose à ce type de proposition au titre de la liberté d'exercice du culte dans l'espace public justement est-ce que ce n'est pas une défense de la laïcité ?

26:30
Présentateur

Alors oui enfin encore une fois la laïcité elle est souvent mal comprise et aujourd'hui elle est aussi je dirais sujette à des instrumentalisations de part et d'autre la laïcité n'est pas une fin en soi la laïcité est la condition justement de réalisation de la promesse républicaine française de la devise liberté, égalité, fraternité c'est grâce à la laïcité justement qu'on y parvient c'est parce qu'on enlève on sépare l'état de la religion et des influences que la religion pourrait avoir sur l'état qu'on peut justement faire émerger des citoyens libres et égaux et effectivement lorsqu'il y a des mesures et aujourd'hui une partie de la droite et je pense que Laurent Wauquiez se range un petit peu dans cette catégorie lorsqu'il fait ses propositions s'appuie sur la laïcité pour porter des coups systématiques contre la même religion qui est l'islam et lorsqu'on propose effectivement d'interdire le voile dans l'espace public ça n'a pas grand sens au regard de la laïcité parce que la laïcité justement protège l'exercice aussi des cultes et n'interdit pas les sites religieux dans l'espace public il l'interdit pour les représentants de l'État dans les services publics ou dans les lieux qui sont des sanctuaires républicains comme l'école effectivement c'est hors de propos et quand on voit cette loi si on l'appliquait je vois mal encore une fois ce serait peut-être pas une entorse à la laïcité mais en tout cas à la promesse républicaine de liberté et d'égalité des citoyens si des policiers venaient contrôler les papiers d'identité de jeunes femmes dans l'espace public pour savoir si elles sont majeures ou non et si elles ont le droit de porter le voile

28:01
Invité

donc ça ne bénéficierait pas à la laïcité et puis en ce moment on parle beaucoup de laïcité à propos des crèches de Noël dans les mairies dans certaines villes notamment à Béziers la ville dirigée par Robert Ménard c'est un problème de laïcité quand un maire met une crèche de Noël dans sa mairie ?

28:17
Locuteur non identifié

Écoutez il ne faut pas quand même non plus être ridicule on est d'une culture judéo-chrétienne la France est un pays judéo-chrétien le fait moi sincèrement qu'il y ait une crèche ici ou là dans une ville ou dans un bâtiment public sincèrement ça ne me choque pas du tout bon on sait aussi pourquoi Robert Ménard le fait pour provoquer un peu il a aussi son côté son caractère provocateur on le connait mais bon cela dit il n'est pas le seul il y a d'autres maires j'imagine qui font ça en toute en toute bonne foi et moi sincèrement ça ne veut pas je veux dire il ne faut pas qu'on renie non plus nos origines judéo-chrétiennes on est un pays judéo-chrétien on ne va pas dire le contraire donc il ne faut pas exagérer non plus

29:04
Invité

aurore des crèches installées dans les mairies par des maires dans nos communes est-ce que ça vous pose problème en termes de neutralité de l'état

29:10
Présentateur

oui je pense qu'aujourd'hui on a du mal à faire comprendre et appliquer cette loi de 1905 et le problème c'est que ces initiatives prêtent le flanc ensuite à justement un petit peu l'expression d'un deux poids deux mesures alors effectivement que la région la religion catholique est sur le sol français depuis très longtemps et n'a pas du tout l'histoire l'historique qu'a l'islam cependant on voit bien qu'il y a à chaque fois à la fin de l'année cette espèce de concours de qui fera la plus grosse crèche dans sa collectivité entre certains maires de droite et je trouve que c'est dommage parce qu'en fait ça jette le discrédit et bien sur ensuite tout ce qui peut se passer parce qu'à ce titre-là c'est une brèche c'est un petit coup de canif alors on dira c'est pas très important mais c'est quand même c'est quand même important

30:01
Invité

alors on reste dans le thème de la crèche de Noël pour finir avec l'histoire du jour qui d'ailleurs Yves est racontée par le journal Le Figaro à propos de la foire aux santons de Marseille les santons ces petites figurines qui viennent décorer les crèches de Noël et les maisons pendant les fêtes de fin d'année et la foire aux santons de Marseille c'est une institution elle s'organise chaque année sur le Vieux-Port depuis plus de 220 ans 400 000 visiteurs y sont passés l'an dernier cette année 21 artisans centonniers y sont présents pour vendre leurs créations et il y en a pour tous les goûts vous avez les santons classiques pour la crèche les santons historiques comme Napoléon Charles de Gaulle mais aussi les santons originaux Jean-Claude Duss le fameux personnage des bronzés fondusquis dans sa célèbre combinaison orange à son santon le professeur Raoul bien sûr à son santon depuis la période du Covid mais aussi le santon de Bernard Tapie à beaucoup de succès cette année dans la cité phocéenne alors Claude un santonnier interrogé dans le journal Le Figaro l'affirme je le cite tous les santons de la foire de Marseille sont faits en Provence il faut d'abord les mouler puis les faire cuire avant de les peindre à la main il faut une journée pour peindre environ 4 santons et donc pour les enfants qui voudraient apprendre ce savoir-faire ancestral tous les mercredis une santonnière vient à la foire de Marseille et montre comment mouler ses propres santons la foire des santons de Marseille c'est jusqu'au 4 janvier 2026

31:18
Présentateur

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