Loi "séparatisme", polémique à Trappes, vaccination en Seine-Saint-Denis... Le "8h30 franceinfo" d'Alexis Corbière
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Bonjour Alexis Corbière, petite patte de réveil ce matin. Il y a de ça, et non vraiment je m'excuse platement, je félicite le monsieur qui m'a amené gentiment ici, qui a été fort rapide. Et merci à vous d'avoir un peu décalé ce rendez-vous. Il n'y a pas de malice, au même moment j'avais d'autres de mes amis sur d'autres antennes, et ceux qui nous suivent peut-être ont pu faire les deux. Mais je m'excuse vraiment platement, et voilà, en dix ans ça ne m'est jamais arrivé. Et bah moi non plus, je crois depuis que je suis là, mais il fallait bien que ça arrive un jour.
Vous venez d'écrire Alexis Corbière au Premier Ministre au sujet de la campagne de vaccination dans votre département, celui de la Seine-Saint-Denis, où les prises de rendez-vous pour se faire vacciner sont encore plus compliquées qu'ailleurs, pourquoi ? C'est la question qu'on pose, on est à peu près à 3,5% je crois de vaccination générale, on est autour de 1, 1,5% en Seine-Saint-Denis, alors que c'est un département qui a été particulièrement touché, on le sait bien, lors du premier confinement. On avait des taux de mortalité, c'était terrible, plus de 130% par rapport aux années précédentes. Alors certes j'entends l'argument, c'est une population plus jeune, etc.
Mais enfin quand même, on a beaucoup de personnes âgées qui sont là, dans des files d'attente. Moi c'est très concret, je suis dans une circonscription, Montreuil-Bagnolet pour ceux qui connaissent, le préfet m'avait annoncé au mois de janvier 3 centres de vaccination, puis on a réduit à un seul, l'hôpital André-Régoire de Montreuil. On est à 200 doses par semaine pour une population de 180 000 habitants. Enfin bref, on est vraiment... Et là il y a eu un petit accrochage, alors je ne veux pas que le ton monte avec le préfet, mais il y avait plutôt un choix de permettre à ce que les médecins de ville vaccinent des gens qui leur sont proches.
Vous voyez, ça ne passe pas nécessairement par Doctolib, et le préfet veut que ça passe par Doctolib.
Justement pour qu'on comprenne, qu'est-ce qui ne marche pas ? En fait, c'est certaines des populations en Seine-Saint-Denis n'ont pas accès à Internet pour pouvoir prendre rendez-vous, c'est ça ?
C'est un constat, ça mérite d'être fouillé. Nous, on a le sentiment, quand je dis nous, c'est les élus locaux, que comme les gens sont peut-être moins habiles pour plein de raisons, plus âgés, moins accès à Internet, c'est plus difficile d'avoir accès à Doctolib. Et on constate des chiffres à préciser qu'il y a au moins 30% de nos doses de Seine-Saint-Denis qui vaccinent des gens d'autres départements qui viennent parce qu'ils arrivent à attraper un rendez-vous en Seine-Saint-Denis. Alors pourquoi pas, on est accueillants, mais du coup ça réduit et on a plutôt le sentiment que des gens qui sont plus experts, peut-être plus branchés, arrivent à trouver des rendez-vous en Seine-Saint-Denis.
Bon, il y a un petit problème.
C'est quoi, c'est les Parisiens qui sont venus se faire vacciner en Seine-Saint-Denis ?
Peut-être, oui, Hauts-de-Seine, Paris, etc. Non mais en soi, je ne veux pas faire un truc cocardier, mais ça pose un petit problème parce que du coup on a encore moins de doses. Alors, du coup, il y a moins de vaccins qui sont mis à disposition de Doctolib. Et M. le Préfet l'a mal pris, a dit, ça ne peut pas passer comme ça, ça continue. Oui, parce que plusieurs maires ont décidé de se passer de la plateforme de Doctolib de réservation pour faire leur propre liste d'attente. Et ça, pour être sûr, entre guillemets, que nos vieux, nos personnes âgées soient bien vaccinées. D'accord ? Bon, ça vaut ce que ça vaut comme raisonnement, mais pour le mieux des habitants de Seine-Saint-Denis. Et M.
le Préfet, apparemment, dans une réunion de travail, puis un petit mec l'a envoyé, il a dit, attention, ne faites pas comme ça. Et si ça continue, j'en tirerai les conséquences. Bon, alors, moi, j'espère avoir les meilleures relations avec M. le Préfet. Je lui ai écrit, je dis, on ne peut pas se parler comme ça. Enfin, je veux dire, ça veut dire quoi ? Qu'on ait moins de doses à l'avenir ? Et puis, par ailleurs, les doses, on ne les stocke pas pour... C'est pour être sûr, vous savez, on a des personnes âgées, des gens d'origine étrangère, enfin des étrangers même, etc. Il faut cette médecine de proximité pour s'assurer que les gens soient bien vaccinés.
Et Doctolib, bon, je ne sais pas si vous avez essayé, ou si vos parents ont essayé. Moi, les miens, en province, c'est compliqué, quoi. On passe du temps. On passe, merci de le dire comme ça. Bon, donc voilà, là, il y a... Et tout ça est surplombé par de toute manière, je pense, nous n'avons pas assez de doses. Il y a un problème.
Mais alors, qu'est-ce qu'il faut faire là ? Vous avez écrit au Premier ministre. Qu'est-ce que vous lui demandez ? Vous lui demandez, en fait, que seuls les habitants de Seine-Saint-Denis se fassent vacciner en Seine-Saint-Denis ?
Moi, j'aimerais que déjà, le plan qui était prévu au point de départ, qu'il y ait plus de centres de vaccination, soit assuré.
Mais ça ne changera pas le nombre de doses.
Oui, non, mais vous avez raison de le dire, soit assuré par le fait qu'il y ait le nombre de doses. Si on a réduit, c'est qu'il n'y a pas cette dose et qu'on ait le nombre de doses suffisant. Donc, il faut faire appel sans doute à d'autres types de vaccins, pourquoi pas ? On reste pour l'instant à l'utilisation de moins de vaccins que ce qu'il y a dans d'autres pays. Vous savez, moi, j'ai de la famille en Amérique latine, via mon épouse que vous connaissez sans doute, c'est d'autres types de vaccins qui sont utilisés. Et ses parents, qui sont des gens de plus de 70 ans, sont déjà... Vous parlez du vaccin cubain ?
Là, c'est le chinois, je crois, le Sinovac, qui a l'air d'avoir des résultats qui ne sont pas inintéressants. Mais qui n'a pas fait sa demande d'homologation en Europe, ce qui est quand même le préalable. Oui, il faudrait les accompagner dans ce mouvement-là. Je veux dire, on a aussi, nous, on peut faire des choix qui amènent à ce qu'on ait un éventail de vaccins plus importants. Mais surtout, au-delà de la pénurie et du fait, sans doute, qu'on a fait des choix, à un moment donné... Enfin, vous connaissez nos critiques. Est-ce que je dois les dérouler à nouveau ? Par exemple, que Sanofi, auquel on a donné beaucoup d'argent, a quand même réduit ses centres de recherche.
On n'est pas ça une dizaine d'années... Non, mais là, sur votre problème de Seine-Saint-Denis... Non, mais c'est important parce qu'on est dans la main.
Ça ne règle pas le problème des habitants de Seine-Saint-Denis, ce que vous dites là. J'entends bien. Qu'est-ce qu'il faut faire concrètement ?
Moi, ce que j'aimerais, c'est m'assurer quand même que les habitants de Seine-Saint-Denis ont la même possibilité que ceux d'autres départements. Je trouve qu'on est quand même dans une sous-distribution de doses. Mais je suis bien conscient, pour ce que j'avance sur les oeufs, que le problème qu'on a, c'est pas assez de vaccins. Et sans doute qu'on est trop dépendant de groupes pharmaceutiques étrangers pour ces vaccins. Et on aurait aimé qu'un pays comme le nôtre, qui a quand même souvent été pionnier dans cette affaire, soit un peu plus musclé à cette occasion.
Et c'est pourquoi je vais me permettre de citer Sanofi, ce groupe auquel nous avons accordé beaucoup d'aides, crédits, d'impôts, recherches par le passé, qui a reversé 4 milliards d'euros à ses actionnaires de dividendes et qui a fermé ses centres de recherche. J'étais en train de dire qu'il y en avait 11, je crois, il y a une quinzaine d'années. On en a 4 aujourd'hui, ils vont en fermer en 3 heures, ils licencient. Bon voilà, on s'aperçoit que sur tous ces sujets, ça ne peut pas être uniquement la loi du marché. Je rappelle que le Président de la République voulait que le vaccin soit bien commun de l'humanité, c'est un peu peu ou prou sa formule.
On en est loin, on est dans une affaire de business alors qu'il s'agit d'abord de santé publique. Alexis Corbière, maintenant que vous êtes là, vous restez avec nous. Merci.
Et on se retrouve dans une minute, le fil info à 9h11 avec Mélanie Delaunay. Une baisse du chômage en trompe-l'œil en fin d'année dernière, moins 8% au dernier trimestre. Mais certains demandeurs d'emploi ont renoncé à chercher du travail à cause du second confinement, explique Lindsay. Ce matin, la ministre du Travail, Elisabeth Borne, indique que les taux actuels d'activité partielle sont prolongés pour le mois de mars. Après celui de Dax la semaine dernière, l'hôpital de Villefranche-sur-Saône, dans le Rhône, paralysé par une cyberattaque. Toutes les opérations prévues aujourd'hui sont reportées. Seul le standard des urgences fonctionne.
Le pourvoi déposé par la famille de Rémy Fraisse, examiné par la cour de cassation. Aujourd'hui, les proches du militant écologiste tués lors d'affrontements avec les forces de l'ordre dans le Tarn en 2014 veulent un procès. Ils n'ont pas accepté le non-lieu dont a bénéficié le gendarme auteur du tir de grenade. Et puis l'agence spatiale européenne cherche le nouveau Thomas Pesquet. Lance aujourd'hui une nouvelle campagne de recrutement d'astronautes, la première depuis 11 ans. Le procédus est long, les places sont rares. 4 à 6 candidats retenus la dernière fois. Il y a eu plus de 8000 prétendants.
France Info.
Toujours avec Alexis Corbière, députée de la France Insoumise de Seine-Saint-Denis. Le vote solennel du projet de loi confortant les principes républicains, c'est cet après-midi à l'Assemblée nationale. Quelle sera votre position ?
La même que celle que nous avons exprimée au début du débat, il y a 15 jours. Nous sommes contre ce texte.
Donc les débats n'ont pas fait évoluer votre...
Non, d'ailleurs on a présenté 106 amendements, aucun n'a été retenu. Ça aurait pu modifier éventuellement notre... C'est quoi le désaccord ? Déjà que ceux qui nous écoutent n'aient pas l'impression que ce texte renforce nos moyens de lutte contre le terrorisme. D'accord ? Je dis ça parce que c'est l'entrée quand même de tout ça. Beaucoup de gens se disent, ah ben il faut, face aux attentats que nous avons eu lieu, agir. Il n'y a pas plus de moyens pour nos services de renseignement. Il n'y a pas plus de moyens pour... Dans ce texte-là, pour notre système pharoque, par exemple, qui surveille la haine en ligne, etc. Je le dis pour ramener tout ça à une formule simple.
Le terrorisme, on lutte contre avec les méthodes de l'antiterrorisme. D'accord ? Et là on a un texte qui déjà, il y a un biais, un désaccord que j'ai.
C'est quoi ? C'est une loi inutile, inefficace ou dangereuse ?
C'est quoi ? Il y a texte et contexte. Ça fabrique un contexte qui donne l'impression que c'est en gros parce que les associations cultuelles musulmanes sont mal organisées que c'est là le foyer, le terreau du terrorisme. Et moi, intellectuellement, ou sur la base de ce que les spécialistes nous disent, je ne suis pas d'accord. Les mosquées, je vais le dire simplement à ce micro, globalement ne sont pas le lieu dans lequel s'organisent les terroristes. C'est pas vrai. Ce n'est pas exact. C'est où alors ? Même celles qu'on ferme. Pardon ? Même celles qu'on ferme.
Même celles qu'on ferme, entre guillemets, qui sont des lieux dans lesquels il y a des pratiques qui sont sans doute inacceptables parfois, des propos qui peuvent être dangereux, etc. Ça c'est une chose.
Vous dites que c'est sur internet en fait.
Voilà. Et ce que nous disent les spécialistes, c'est que là où les gens... Je parle de ceux qui prennent les armes. Après, il peut y avoir des pratiques rigoristes que nous n'acceptons pas, des propos intolérables. Mais je dis bien du terrorisme. C'est sur internet notamment. Et j'ai envie de dire, c'est surtout ceux qui ne trouvent pas dans les mosquées, ceux qui viennent chercher, qui vont ailleurs pour s'organiser. D'accord ? Donc, je trouve qu'il y a parfois un regard un peu paternaliste qui consiste à dire, ces musulmans, il faut qu'ils s'organisent autrement.
C'est le cas de l'article 24 qui demande à ce que, par exemple, les associations culturelles musulmanes, qui sont aussi, c'est sans doute perfectible la manière dont elles sont organisées, mais les autres cultes également. Après tout, on ne va pas mettre le nez pour savoir si nos amis de confession catholique, protestants, de confession juive sont bien ou pas organisés. Alors que là, il y a une suspicion. De la même façon, on dit qu'il y a des fonds étrangers. On a Traquefin qui nous permet de savoir quels sont les fonds étrangers. Pendant les débats, Alexis Corbière, Jean-Luc Mélenchon a dénoncé, je le cite, une loi qui stigmatise les musulmans.
Je voudrais vous faire entendre la réaction du garde des Sceaux, Eric Dupond-Moretti, à ses propos du leader des Insoumis, Eric Dupond-Moretti, qui était à votre place il y a quelques jours.
Je suis très à l'aise avec ce texte. Je pense que c'est un grand texte de liberté.
Ce n'est pas un texte anti-musulman, comme le dit Jean-Luc Mélenchon ?
Mais c'est un scandale d'entendre ces choses. Je vous explique. Moi, j'ai eu beaucoup de peine quand j'ai entendu Jean-Luc Mélenchon raconter ça à l'Assemblée nationale. Il y a des gamins qui écoutent ça. Il y a des jeunes qui sont mal à l'aise, on le sait. Et on est en train de leur dire que le gouvernement prépare un texte anti-musulman. Et si on dit à des gamins, la République vous rejette, elle vous stigmatise, où est-ce qu'ils vont ? Ça, c'est possiblement pour moi, renforcer l'attraction que certains gamins peuvent avoir pour le séparatisme. Je trouve que c'est scandaleux comme propos.
Alexis Corbière, est-ce que vous pourriez nous dire très clairement ce qu'il y a d'anti-musulmans aujourd'hui ?
J'étais en train de vous le dire. J'étais en train de vous le dire, c'est-à-dire qu'on a fait un texte qui, comment dirais-je, n'a aucun rapport, selon moi, avec le terrorisme, qui a eu pendant trois jours de discussion. Qui n'est pas à la portée de ce texte. Quoi ? Non, mais j'entends bien. La loi sur le séparatisme. Non, mais c'est important. Rappelons-le. Rappelons-le. Parce que ceux qui nous suivent, ceux qui nous écoutent, pensent parfois que ce texte permettait d'être plus efficace contre le terrorisme. Ce que je souhaite que l'on soit plus efficace, d'accord ?
Deuxièmement, dans ce texte, j'étais en train de vous le dire, c'est-à-dire que c'est en gros l'idée qu'il y a un foyer, notamment dans le mouvement associatif du terrorisme, ce qui n'est globalement pas exact. On va demander aux associations de, vous l'évoquiez avant que, dans mon retard, je vous ai entendu, vous l'avez rappelé, de signer à l'ensemble des associations qui touchent une subvention, de contrats d'engagement républicain, qui ne changent pas strictement en rien, pour pouvoir toucher des subventions publiques. Pour pouvoir toucher des subventions publiques. Oui, mais c'était déjà le cas depuis 2014. Celles qui ne veulent pas de subventions, n'auront pas à signer.
Mais voilà, et puis de toute façon, ceux qui agissent contre la République et qui s'organisent, ne touchent pas de subventions. Donc c'est du baratin. Chartes dans lesquelles on dit des choses, qu'il ne faudra pas qu'il y ait de prosélytisme abusif. Moi, je vais vous dire une chose, je ne suis pour qu'on subvention pas du tout des gens qui font du prosélytisme. Donc qu'est-ce que ça veut dire, prosélytisme abusif ? Donc c'est une loi plus inutile, si on vous suit bien, que dangereuse. Mais qui produit, notamment ce qu'on a vu à l'Assemblée nationale, et vous avez cité M. Ciotti, deux jours durant lesquels des gens ont dit qu'il faut interdire le foulard, interdire le foulard partout.
Qui n'est pas dans la loi. Qui n'est pas l'intention du gouvernement, mais qui vraiment ouvre la porte à ce débat. Et alors plus personne n'y comprend rien. On en vient à avoir un débat à l'Assemblée, à Sur France 2 l'autre jour, vos collègues du service public, entre M. Darmanin et Mme Le Pen, où on a une heure et demie de discussion pour savoir s'il faut le foulard ou pas dans l'espace public. Où Mme Le Pen dit du livre de M. Darmanin, ce livre, j'aurais pu le signer. M. Darmanin terminant la discussion en disant, je le trouve un peu molle pour lutter contre l'islamisme. C'est ça que je trouve qui n'est pas utile.
Qui participe à fracturer le pays plutôt qu'à faire de la concorde nationale et à cibler les vrais problèmes. Sur le voile, Alexis Corbière, est-ce que vous considérez aujourd'hui que c'est un objet de soumission de la femme ? Mais moi je n'ai pas à juger ce qui est un signe religieux. Je dis qu'à l'heure actuelle, le voile est autorisé. On a le droit d'avoir des signes religieux dans la rue. Un fonctionnaire et un élu, c'est ce que moi j'ai demandé au débat, tout le monde l'a refusé. Un élu ne doit pas participer à des cérémonies religieuses. On m'a ri au nez. Moi je continue à penser que quand on est élu, on doit être neutre, un fonctionnaire doit être neutre.
Mais dans la rue, on fait ce qu'on veut. Si on veut mettre une kippa, on porte une kippa. Si on veut mettre un voile, on porte un voile.
Si on veut mettre un voile intégral, on met un voile intégral.
Non mais après la loi interdit certaines choses. Mais soyons délicats. Ce n'est pas la même chose le foulard musulman ou le foulard méditerranéen, j'ai envie de dire, qui était porté, y compris par Anne-Italie, par les femmes catholiques, etc. Bon, très bien, on peut en penser ce qu'on en veut. Moi j'ai mon opinion intime sur tout ça. Mais comme élu, je n'ai pas donné mon opinion sur les religions. Qui n'est pas la même opinion que celle de l'élu de la République ? Votre opinion sur le voile ? Mais moi j'ai à garantir aussi la liberté de conscience. Et donc la liberté de culte. Vous savez, la question des religions a déchiré ce pays pendant des siècles.
La laïcité, ce n'est pas née comme ça dans un colloque. C'est l'idée d'abord qu'il faut arrêter de s'affronter sur les questions religieuses. Donc on va faire la claire distinction entre ce qui est la sphère privée et la sphère publique. L'État. Je voudrais terminer s'il vous plaît. L'État et donc ses fonctionnaires et ses élus doivent être notes. Et le citoyen, lui, après il peut pratiquer sa religion, voilà, dans la mesure où il respecte la loi. Mais il n'est pas interdit, je le répète, dans l'espace public d'avoir des signes religieux. Donc quand je dis ça, qu'on m'écoute bien, je ne dis pas vive la kippa, vive le foulard, je ne sais trop quoi.
Je n'ai pas à exprimer une opinion là-dessus. Mais par contre, j'ai à assurer des libertés publiques. Voilà, bon, est-ce que c'est pro-ceci ou pro-cela que de dire les choses ainsi, c'est un point de vue républicain et laïc ?
Ce qui est surprenant lors des débats, c'est qu'on a vu par exemple Jean-Luc Mélenchon se poser en défenseur des religions, là où il était plutôt parfois anticlérical, parfois laïciste même.
Je ne sais pas ce que ça veut dire laïciste, mais ce n'est pas grave. Moi, je connais la laïcité qui s'exprime dans la loi du 9 décembre 1905. Vous connaissez Jean-Luc Mélenchon mieux que nous. Oui, mais justement, pendant les débats, je comprends l'idée. Du moins, c'était un laïc convaincu. Anticlérical. Jamais, je ne crois pas qu'il l'a tenu dans les débats. Quoi ? Il l'a même revendiqué en disant « j'ai été comme ça dans ma jeunesse ».
Est-ce que ça veut dire que, qu'est-ce que vous répondez là à ceux qui disent, votre posture là, clairement, pendant ces débats, elle était clientéliste, elle était même électoraliste, purement électoraliste, parce que des échéances arrivent, et que vous, le but de l'opération, c'était de défendre les musulmans pour gagner des voix.
Bon, déjà, il y a eu des attaques, les gens n'ont rien suivi. Je suis le seul à demander à ce que la laïcité s'applique sur tout le territoire. Est-ce qu'on peut dire à ce micro qu'il y a trois départements en France où la laïcité ne s'applique pas ? C'est le Concordat. C'est le Concordat. Ça coûte 62 millions d'euros que vous payez, que vous payez, que je paye. On peut en discuter. Là-bas, on finance les religions. Je crois qu'on le paye uniquement, je crois que c'est uniquement les habitants de l'Alsace et de l'Alsace. Non, non, c'est tous. 60 millions, non, mais... Il me semble que c'est pris sur les... Après ce qui est pris sur le revenu local, non.
Comme vous dites, c'est le droit local, le droit bismarckien, qui fait que quand vous allez chez le médecin... Vous êtes meilleur que moi sur Bismarck, j'abandonne. Mais quand bien même, de toute manière, on peut discuter du fait qu'il y a trois départements où la laïcité ne s'applique pas. On m'a rayonné. On m'a dit, ah non, tradition locale, histoire locale, ce que je pense être extrêmement... C'est un autre endroit, Alexis Corbière, où les... Aussi, c'est en Guyane, dans les prisons, dans les armées. Aujourd'hui aussi, les aumôniers de toutes les confessions sont payés par l'État. Ça, c'est la loi de 1905. Là aussi, vous revenez là-dessus. Écoutez-moi, ça c'est la loi de 1905.
Lorsqu'on est privé de liberté, on doit assurer la liberté de culte. Donc, dans les lieux clos, évidemment qu'il faut que les aumôniers puissent rentrer. Comme l'armée, quand elle est en opération, les gens ne vont pas aller à la messe, ou à la synagogue, ou à la mosquée, les soldats. Donc, dans les lieux... Parfois, l'État peut payer. Surturer la liberté de culte et la liberté de conscience dans les lieux de privation de liberté. Bien sûr qu'il faut y aller. Mais je vous parle dans la vie. Donc, moi, je suis un laïc, un vrai laïc.
Et ce qu'a relevé Jean-Luc Mélenchon, c'est qu'il fallait se féliciter, je termine là-dessus, sur le fait que, notamment, l'Église catholique avait dit qu'ils étaient défenseurs de la loi de 1905. Et Jean-Luc, qui a le goût de l'histoire, disait « Quelle victoire que, plus d'un siècle plus tard... » Alors que l'Église catholique avait refugié en 1905, cette fois-ci, ils disent que c'est une loi de liberté. C'est 9h21, le fil info avec Mélanie Delaunay. On vous retrouve dans un instant. Alexis Corbière.
Un mois après les aveux de Jean-Marc Reiser, une reconstitution organisée ce matin dans son ancien appartement près de Strasbourg, dans l'enquête sur le meurtre de l'étudiante Sophie Le Tannes en 2018. Après deux semaines de débats, vote solennelle aujourd'hui à l'Assemblée nationale sur le projet de loi contre le séparatisme. Parmi les mesures, l'instruction en famille qui sera soumise désormais à autorisation préalable. La progression du variant anglais du Covid constatée dans les laboratoires, il représente en moyenne 35% des cas positifs, d'après les données du groupe Serba, un peu plus encore en Ile-de-France, sur la Côte d'Azur, en Aquitaine ou dans les Hauts-de-France.
Le PSG de retour au Camp Nou, 4 ans après la remontada du Barça, 8e de finale allée de la Ligue des champions de football à 21h. Et puis cet exploit à l'Open de tennis d'Australie, le 114e joueur mondial qualifié pour les demi-finales, le russe Aslan Karadzev a sorti le bulgare Grigor Dimitrov.
France Info.
Alexis Corbière, plusieurs élus de droite en réclament la révocation du maire de Trappes, Ali Rabé, après qu'il soit entré dans un lycée, celui a exercé le professeur de philosophie Didier Le Maire, qui se plaint de la montée de l'islamisme dans la ville et de ses difficultés d'enseigner dans l'établissement en question. Ali Rabé s'est donc rendu devant son lycée, a distribué des tracts aux élèves et puis est entré dans l'établissement pour discuter avec les élèves. Est-ce que c'est son rôle de maire de faire ça ?
Il est membre du conseil d'administration de ce lycée. Il est rentré dans l'établissement sans que quiconque ne lui a empêché et que les choses soient claires sur ce dossier compliqué. S'il y a un problème, que M. Blanquer qui est monté au créneau pour dénoncer M. Rabé porte plainte contre Ali Rabé. Et il ne le fait pas M. Blanquer parce qu'il ne fait qu'une attaque politicienne, comme Mme Pécresse. Ce dossier, petit temps, il est hors de question qu'un enseignant soit menacé. M. Le Maire a le droit de dire ce qu'il veut et s'il a une protection policière, tant mieux. De manière générale et en particulier depuis l'affaire Samuel Fati, on ne va pas jouer avec ça.
Il a des propos très durs, très polémiques, mais il doit être protégé et il est hors de question que ce monsieur se sente menacé. Ça, c'est petit temps. Ceci dit, de la même façon que lui s'exprime, on a le droit de lui répondre. Et M. Rabé, qui vient juste d'arriver, qui n'est pas responsable de la situation particulière de Trappes, qui est une ville dans laquelle beaucoup de gens étaient partis pour le djihad, très particulière, mais il vient d'arriver Ali Rabé. Et il fait un travail, moi je ne le connais pas personnellement, que je trouve courageux. M. le préfet a pris la défense d'Ali Rabé en disant, nous travaillons bien avec ce monsieur. Ce qu'a fait Ali Rabé, c'est ceci, cette lettre.
Vous l'avez peut-être vu, qui est une lettre tout à fait apaisée, qui dit aux jeunes... C'est la lettre qu'il est allée distribuer dans l'établissement. Voilà, distribuer, ce n'est pas une lettre politicienne qui dit aux jeunes, restez calme, le libre débat doit avoir lieu, etc. On a le droit de... Bon, c'est une lettre, comment dirais-je, de concorde et de tranquillité. Qu'il soit rentré après dans l'établissement, pour aller voir le chef d'établissement. Mais il est membre de ce CA, et quand même dans l'ordre des choses, de mon point de vue, de ce que l'on m'a raconté. Et que d'un seul coup, Mme Pécresse, accompagnée de quelqu'un qui est aussi un opposant de droite locale à M.
Rabé, fait de la politique politicienne, en nommant M. Rabé comme étant responsable du problème, et en déchaînant contre lui les réseaux sociaux, et un flot de paroles racistes contre M. Rabé, je trouve ça intolérable. Alors, M. le maire doit être protégé, mais M. Rabé aussi. Et je vais dire à ce micro, oui, M. Rabé est victime d'un racisme intolérable. Parce qu'il est d'origine, je ne sais trop laquelle, je crois qu'il est d'origine marocaine, mais qu'importe qu'il a un nom maghrébin, immédiatement, tout le monde se déchaîne avec des propos intolérables, qu'il n'aurait pas contre notre élu. C'est proprement scandaleux, et cela me révolte. Et attention, M.
Moretti, notamment, c'est une manière de lui répondre, s'il ne comprend pas que dans ce pays, il y a une catégorie de la population, sitôt qu'elle ouvre la bouche, on lui trouve tous les défauts, tous les défauts. Et là, on en vient quasiment à accuser M. Rabé d'être responsable de la situation parfois compliquée de la ville. On en viendrait immédiatement, parce qu'il est rentré dans un établissement avec des tracts, à vouloir le révoquer. Mme Pécresse, elle a distribué des ordinateurs à tous les élèves de la région Île-de-France. Dès qu'on l'allume, il y a un message de Mme Pécresse. Un message de la région. D'accord, président de la région.
Donc, dans le genre, je rentre dans les lycées et je fais de la propagande avec son visage, elle est quand même champion du monde. Donc, il faut arrêter. Et ce climat, moi, je le trouve insupportable. Parce que vous le prenez souvent sur beaucoup de sujets. Dès que c'est un de nos compatriotes d'origine du Maghreb qui prend la parole, on lui trouve tous les défauts quasiment complices du terrorisme. Et on en revient à ce que je disais tout à l'heure. Il faut faire attention. C'est le même sujet. On n'a pas le droit de parler loi contre le terrorisme, parler foulard et parler association culturelle musulmane avec légèreté.
Parce que tous ces signes égaux qu'on met dans la tête de beaucoup de gens, au bout d'un moment, ça fait système. Alors que ça n'a rien à voir. Donc, le maire de Trappes, moi, je dis, M. Blanquer, portez plainte contre Ali Rabé si vous avez quelque chose à lui dire. Sinon, taisez-vous. Taisez-vous. Et je crois que ça ferait du bien. Et s'il a fait une faute à Ali Rabé, il sera sanctionné. Mais moi, des aisément que j'ai, il n'en a fait aucune. C'est un homme digne qui défend sa ville. Et franchement, moi, j'ai plus envie d'aller accorder ma solidarité, que le débat se calme. Les histoires de coiffeurs non mixtes, c'est du baratin. Il l'a reconnu lui-même.
Les enfants qui chantent sur la chorale. Merci de le dire, Marc Fauvel. Quand vous dites ça, vous n'êtes pas du côté de ceux qui menaceraient. Je suis du côté de personne. Non, mais j'entends bien. Non, mais ce que je veux dire, c'est que...
Le professeur lui-même a reconnu qu'il l'avait... Merci. Mais là, je vous félicite.
Ce que je veux dire, c'est que moi, je trouve qu'il y a des hebdomadaires, je ne vais pas les nommer, qui ont été un peu légers. En laissant publier des tribunes, c'est comme gratter une allumette au-dessus d'un baril exclusif. Vous pensez à l'hebdomadaire qui a publié la première tribune de Didier Le Maire ? Oui, je pense que dans laquelle il dénonçait le point. Non, mais le fait qu'on dise à la légère, il n'y a plus de quoi faire. Les enfants ne chantent plus à la chorale parce que leurs parents leur donnent une éducation rigoliste. Ce qui, M. Le Maire lui-même le reconnaît aujourd'hui, que c'est un peu du baratin.
Alors, vous savez qui c'est le premier, d'après ce que j'ai compris, il a demandé la protection de cet enseignant ? C'est M. Ramey. Quand il a vu cette tribune avec M. le Préfet, ils ont dit, au vu des mots là-dedans, ça peut entraîner une situation de tension. Donc, je sais bien qu'en disant ça, je ne veux pas être mal compris parce qu'il est hors de question. On a vécu le drame Samuel Petit, que les positions, même si elles sont assez affirmées de M. Le Maire, amènent à la suspicion. Mais j'invite M.
Le Maire, comme tous les autres profs, sur ces sujets, à dire des vérités, mais pas des choses qui sont tellement caricaturales qu'elles compliquent encore plus la situation dans une ville où se concentrent beaucoup de difficultés sociales, une difficulté de transport. Mais, je veux dire, il faut faire confiance à notre jeunesse et à des beaux élus, comme M. Ramey, qui d'après ce que je comprends, il vient de débarquer, il n'est pas responsable, fait un travail qui doit être plus soutenu que condamné. Merci Alexis Cambier. Merci à vous, à toutes mes excuses à ceux qui nous ont écoutés. Je vous jure que je ne serai pas en retard la prochaine fois si vous m'invitez. On surveillera tout ça.
Merci à vous dans un instant le journal sur France Info.
Alexis Corbière