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interviewC dans l'air· 15 octobre 2024 5 min

Spéciale USA - Les grands témoins : Raphaël Glucksmann - C dans l'air 13.10.2024

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

non seulement d'unités, mais de puissance et de poids Kissinger avait l'habitude de dire: "L'Europe? Qui dois-je appeler?" - On se retrouve sans arrêt avec des intérêts croisés partout qu'utilisent les Américains pour essayer de maintenir une influence forte. - Le député européen R.Glucksmann appelle à une révolution sécuritaire.

Il alerte: l'Europe doit mettre en urgence les moyens. "On ne peut plus dépendre de la puissance américaine." - C.Roux: Bonjour, R.Glucksmann.

Nous vous retrouvons au Parlement européen. Je vous demande un exercice de politique-fiction. D.Trump est de retour à la Maison-Blanche.

Est-ce que l'Europe est préparée à ce scénario? - R.Glucksmann: L'Europe pourrait se retrouver seule face à la guerre, avec cette élection, face à la guerre, face à V.Poutine, face aux menaces existentielles qui pèsent sur les Européens.

Aujourd'hui, on n'est pas prêts à l'affronter seuls. Pendant trop longtemps, on a touché les dividendes de la paix, sous investis dans nos capacités de défense autonome et parce qu'on est encore extrêmement dépendants des Etats-Unis. - C.Roux: Depuis le début de la guerre en Ukraine, on a entendu parler de l'Europe de la défense, de l'autonomie On a entendu parler de bouclier stratégique, d'achat d'armements en commun, même.

Tout cela semble encore enkysté. Pourquoi? - R.Glucksmann: L'intérêt général européen s'efface devant des intérêts particuliers, nationaux ou même sectoriels.

On manque d'argent pour investir dans les industries de défense. On a sous investis pendant très longtemps là-dedans. Il faut aujourd'hui un grand emprunt en commun pour investir dans les industries de défense.

Chacun construit une armée différente dans les 27 pays européens et pas qu'une armée européenne capable - C.Roux: Si on prend l'achat d'armements, en mai dernier, 8 pays ont acheté des F-35 américains. 2 seulement ont acheté des Rafale. - R.Glucksmann: Pourquoi est-ce que des Estoniens ou des Lettons préfèrent les F-35?

Ce n'est pas simplement parce qu'ils sont trop américains ou que c'est meilleur. Ce qu'il achète est meilleur en termes de garantie de sécurité. Paris et Berlin ont une forte responsabilité dans le fait que Varsovie et Vilnius se sont tournés vers les Etats-Unis.

C'est parce qu'on n'a jamais écouté leurs alertes. était une menace pour la sécurité européenne et pour leur propre sécurité nationale. Une cité libre est capable de se défendre elle-même.

Ce n'est pas une cité qui dépend de gens à des milliers de kilomètres de l'autre côté d'un océan pour se défendre. - C.Roux: E.Macron a dit: "L'Europe veut montrer qu'elle n'est jamais vassale des Etats-Unis." Qui nous suit sur cette ligne, aujourd'hui? - R.Glucksmann: Personne ne voudrait être le vassal des Etats-Unis pour une raison simple.

Personne ne veut dépendre de D.Trump s'il est élu président, pour sa sécurité, pour sa souveraineté. Elle devra aller voir les pays sur la ligne de front qui sont les plus menacés et leur dire: "Ensemble, nous allons protéger votre souveraineté et votre sécurité." - C.Roux: Le 5 novembre peut être une forme d'accélération pour l'Europe?

C'est ce que vous êtes en train d'exposer, que le retour de D.Trump à la Maison-Blanche mettrait l'Europe au pied du mur? - R.Glucksmann: Si le 5 novembre, D.Trump est élu président des Etats-Unis, nous serons toutes et tous face à une question existentielle: est-ce que nous voulons que l'Europe survive, oui ou non?

Il faut le faire pour les armes et arrêter de penser que nous serons, ad vitam aeternam, protégés par le parapluie américain. D.Trump président des Etats-Unis, c'est la fin de ce parapluie.

De toute façon, il faut se préparer à ce que les Américains se retirent progressivement... - C.Roux: Même si K.Harris, c'est ce que vous laissez entendre?

Ce sera "America first"? - R.Glucksmann: Ce sera de toute façon une évolution à long terme des Etats-Unis.

Nous, on doit s'interroger sur nous-mêmes. Est-ce que c'est décent, digne, adulte, pour un continent si riche